Remanié car carrément mal foutue. La suite a venir. Fic en chantier pour la énième fois. Je l'ai écrite il y a quatre ans, voir cinq. J'ai changé de goûts, de fandom, de tout. Mais j'assume ce gros délire sans queue ni tête, absurde, parfois un peu neuneu, les fillers et les blagues pourries. Je me suis bien marrée a l'écrire a l'époque, et je trouve qu'elle mérite au moins d'être un peu améliorée. Ah oui pour la confesse, j'ai vu que le film 1 et 2 de HP, aucuns souvenirs. Quand au livres, arrêtés la série au quatre. Pas grands souvenirs non plus. Ils devaient être plus vif quand j'ai écrit ce truc. Mais c'était surtout une satyre affectueuse de la sacralisation hystérique de harry potter de l'époque, intouchable icône, mâtinée d'un peu de yaoi. La chair est faible quand on a 17 ans.


Draco POV
19H31

Je suis un jeune homme respectable.

Doué de manières et d'élégance princière, d'un intellect plus que satisfaisant, et d'une situation familiale que bien du monde envierait.
De noble origines. Un patrimoine génétique et financier exceptionel. Oui, bien des gens rêveraient d'être a ma place. Le nom de Malfoy fait des jaloux. Et pourtant, en ce jour, je souhaiterait qu'il n'en fut rien.

Je céderais volontier ma place a quiconque viendrait m'en faire la demande, pour qu'IL cesse de me regarder ainsi. IL m'est devenu intélorable. Harry Potter. IL me regarde. IL m'observe sans relâche, depuis que nous nous sommes attablés. Je ne connaitrais personne en cet instant qui puisse trouver ma situation enviable. Ses yeux verdâtres me fixent avec une insistance malsaine qui me donne une irrésistible envie de lui plonger la tête dans son assiette. Cette fixation se fait au fil des secondes on ne peut plus intolérable.

- "Bon sang, Potter, tu pourrais pas te concentrer sur ce que tu es en train de manger? "

Il me sourit béatement. Et c'est à ce moment que je remarque qu'il s'en est mis partout sur le pull. Bien sûr. Quand on mange sa soupe avec une fourchette, évidemment.
Merlin, il n'était déjà pas très intelligent auparavant. Mais c'est à croire que ce maudit élixir a liquéfié le peu de cervelle qu'il possédait au départ.

- "Je n'y peux rien, tu es si fascinant. "

Me recoule-t-il, stupide. Je refrène mon poing destructeur, et redirige avec peine ma colère grandissante vers l'instigatrice de ma douleur (Dans le seul but de n'être pas taxé d'homicide volontaire en plein repas et de ne pas salir les tapis). Maudite Weasley. Si je la tenais, celle la, je la pendrais a la plus haute poutre du château avec ses propres cheveux roux jusqu'a l'inévitable scalp... age?

Non, moi, Draco Malfoy, envié de tous, respecté autant que possible, je n'ai jamais eut de chance. Pourquoi faut-il toujours que les ennuis s'acharnent sur moi?


CE QUI S'EST PASSE AVANT CETTE LITANIE, HIER APRES MIDI


POV Lucinda, serveuse "affriolante" au "Leaky Cauldron"(Et escort a ses heures perdues mais seulement pour les initiés)
16H25

La journée d'aujourd'hui est plutôt tranquille. Pas de quadragénaire a moitié bourré pour venir vous pincer l'arrière train entre deux pintes de bierraubeurre. Pas de mémère hystérique engoncée dans leur graisse pour venir pester sur la longueur de votre mini jupe, ou vos activités privées derrière le comptoir. Il faut avouer qu'en pleine période scolaire, les clients se font plutôt rares. Du principal défaut d'être hype, ou un constant repaire a ados éméchés.

A part quelque habitués, deux paumés, trois pelés, un tondu, et deux samouraïs en goguettes, l'endroit rappelle dangereusement l'Arizona sauvage en plein période estivale. A la table sept, bavassent tranquillement trois gosses du collège local, qui n'ont probablement rien a faire ici.

Un petit rouquin hébété, une frisottée qui n'en finit pas de raconter sa vie, et Harry Potter. Celui là, on le repère de loin. J'ai lu dans le dernier potin que ce pôv' môme aurait des tendances alcoliques, mais vu sa commande d'aujourd'hui(un grand chocolat chaud avec deux morceaux de sucre), j'ai des doutes. Et j'ai bien regardé, pas une goutte de gin ajouté en douce dans la tasse. Clean, je vous dis. Décevant a souhait.

Je connais les poivrots sur le bout des doigts. Au fond, (mal) planquée sous une table, il y a une gamine rousse d'environ onze ou douze ans, qui tient dans sa petite main tremblante une petite fiole arrondie. Et ça, j'aime pas du tout. Vu son air déconfit, y'a du rififi dans la cambrousse. Peut-être bien qu'elle prévoit d'empoisonner quelqu'un? L'un des gosses? Le Survivor? Nah. Cette pauvre fillette n'a rien d'un Mangemort (Ou bien il recrute vachement large et c'est plus la peine de les prendre au sérieux), et attenter a la vie du Sauveur (Halleluya!) équivaudrait a signer au monde un contrat de suicide collectif sans son accord. Hypothèse écartée.

Et puis bon, la mort du pauvre gosse sera, a mon humble avis, bien plus sanguinolente. Et sale. Et lente. Huh. C'est pas mes affaires. Mais ça nuirait sûrement à la réputation de l'établissement si l'un des clients tombait raide mort entre les tables, Sauveur-Du-Monde-Et-Ses-Environs-Immédiats ou pas. Question de déontologie. Et surtout d'hygiène. Ce sera au patron de voir. Surtout abstient-toi d'intervenir, ma fille. On sait jamais.


POV Ron Weasley

Je me suis brûlé. Septième fois depuis ce début de semaine. Je sais pas ce qui prends aux gens ici de servir des boissons aussi chaude. Vraiment, on pourrait modeler du métal dans leurs fichus bols. Et 'Mione m'a tellement fatigué avec ses histoires que je m'en suis effondré sur ma table. Une fois de plus. Le menton dans mon chocolat bouillant. Et bien sûr, elle se fout de moi. Harry ne tarde pas a suivre, et se moque gentiment, comme toujours. Tu peux rigoler, mec, moi au moins je me suis pas éclaté un tympan a tenter de maitriser le volume sonore des ronflements de mes camarades de dortoir. Foutue Magie et sa Science Exacte.

Herm cause toujours. Ouais mais ce qu'elle sait pas, c'est que ça fait un bon moment qu'elle pagaye dans le vide, ma jolie Intello. Harry et moi commençons a donner de sérieux signes de faiblesse. Il la regarde en hochant la tête de temps a autre. Comme s'il croyait que je n'avais pas remarqué le sortilège "silencio" qu'il s'était auto-appliqué pour échapper au bavardages intensifs de notre intarissable copine. Puis il s'excuse, et quitte la table, direction les commodités. Je serais prêt a parier qu'il est bon pour un autre tympan éclaté. Harry est mon meilleur pote, mais question dosage des sorts, ça laisse a désirer.

Je me retrouve abandonné, chargé de ponctuer a moi seul de « tu m'étonnes » et autres « c'est dingue » le flot de paroles imperméable de ma bien aimée. Sans me rendre compte qu'elle avait cessé de parler depuis de deja plusieurs secondes.

Mione me regarde avec ses beaux yeux marrons. Mais elle ne fait que faire une pause avant de recommencer. Ca va pas tarder a repartir. Il faut que j'agisse vite. J'avale ma salive, et profite qu'elle reprend sa respiration pour me jeter à l'eau. Au fait, je sais pas ce que fabrique Ginny sous la table, mais si elle se croit discrète, c'est raté.


POV Ginny

Plus question de reculer maintenant, Harry, mon amour, tu m'aimeras, de gré ou de... magie? Hihihi... C'est vraiment trop bête ce que je viens de dire... Ah! Non! C'est pas le moment! Vite! Je m'approche de la table à quatre pattes. Oh! Voilà mon abruti de frangin qui se jette sur sa copine! Oh! Ils s'embrassent! Hiiiiiii! Dégoutant! Mais une chouette distraction quand même! Aller du courage! Parfait, ils ont... heu... roulé sous la banquette. Vite-vite! Verser la potion dans la tasse de mon chéri!

Maintenant, je trace, et je reviens me cacher sous la table. Héhé, mon coeur bat a toute allure! Je ricane toute seule en pensant à l'effet que ma potion va faire sur mon Harry adoré. Trois jours que je m'acharne dessus pour le réussir, ce filtre d'amour! Et c'était pas simple, oh bhé non! Toutes ces balades en forêt a réduit mes jolies chaussures en bouillie, et mon « altercation » avec une licorne énervée a fichu ma permanente en l'air. Mais c'est pas grave, le filtre est réussi! Wiii! Et quand il l'aura bu, alors je me présenterai devant lui, et... KKYYYAAAAA!


POV Harry

Ouf, j'ai réussi à me débarrasser de ce foutu sortilège silencio qui me tenait bon depuis ce matin. Celui la m'a collé aux basques pendant deux plombes. C'est vrai qu'en cours de Magie pratique, les profs se font une joie de nous enseigner la façon d'enclencher un sortilège, tout en oubliant avec un sadisme tout particulier de nous préciser la façon de s'en débarrasser. C'est pas la première fois. Je les soupçonne de le faire exprès.

Je suis un garçon-supposément-prudent (A qui je vais faire croire ça?). J'hésite vachement a utiliser un sortilège comme ça, au pif, lorsque je ne suis pas sûr du résultat (BLIP mauvaise réponse). Mais la c'était une urgence, et je n'avais carrément plus le choix (Comme toujours!). Cette urgence avait un but bien défini:Echapper au pouvoir somnifère du prof d'histoire, sous peine de m'écrouler de tout mon long entre les rangées de chaises. Ce type pourrait sans problèmes entamer une brillante carrière dans l'hypnotisme. Pas que ca le dérange tant que ça. Après tout dépends de qui viens vous ramasser a la fin des cours. Ca peut mal se passer ou très mal se passer. Et comme je brille de malchance, j'ai passé tout le cours suivant (Potion, ca vous étonne?) dans le silence le plus total. Ce qui serait vachement, vachement, vachement risqué pour n'importe qui d'a peu près normal. Et fatal pour moi. Et la, va, va feinter Dracula avec des "tu m'étonnes".

Remarque, voyons le bon côté des choses. Ca fait des vacances de ne pas entendre la douce voix d'assiette ébréchée de ce cher Snape. Par contre, si au prochain cours il m'interroge sur ce qui a été dit en classe (Et ca VA arriver. Pas besoin de pensine. Ca VA arriver.), je peut numéroter mes abbatis, les décompter, les multiplier puis les soustraire et les enterrer au fond du jardin pour qu'ils fleurissent au primptemps, je serais cuit.

Bah, ne songeons pas a tout ça, apprécions plutôt l'instant présent avec un bon bol bien chaud de chocoargh. Ah, d'accord. Inutile de chercher plus loin. Mon cher ami ron a décroché la timballe. Et si ça continue, se sera littéralement jusqu'au bout. Bon, je me rasseois le plus discrètement possible. La dernière chose que je voudrais étant les déranger dans leurs... Oui, je crois qu'à ce niveau la, on peut commencer à appeler ça des ébats.

Autant aprécier mon chocolat en silence, sans se soucier du fait qu'ils ne se sont même pas aperçu de mon retour. Ou bien même serait-ce le cas, ca ne ferait pas grande différence, a part se voir taxé de voyeurisme involontaire. J'avais toujours soupçonné chez hermione une nature emportée et passionnée en ce qui concerne l'amour. J'étais loin de me douter qu'elle donnait dans l'apprenti cannibalisme. Ce pauvre ron est sur le point de se faire dévorer vivant par une furie frisottée. Mais ca ne semble pas lui poser de problèmes majeurs.

Alors je ne m'en mêle pas, je bois dans mon coin, je regarde ailleurs. La porte, par exemple. La sonnette s'enclenche, d'autres clients s'engouffrent. Parfait. Tout pour ne pas regarder a mes pieds. Le fond sonore me suffit largement.

Entre Draco Malfoy deuxième (?) du nom, Empereur de l'Antarctique, Roi des glaçons.


Draco POV

Maudite soit la gourmandise de mon père. Nul ne le sait, mais sous ses airs de Grands Seigneur, mon cher géniteur n'est au fond qu'un Grand Gamin dont le comportement capricieux m'afflige un peu plus de jour en jour. Ca doit être cela que les moldus appellent communément "la crise de la cinquantaine"? Toujours est-il que me voilà chargé d'une mission stupide, lui ramener une caisse de bieuraubeurre "spécifiquement venue du café d'Hogsmade". Et rien d'autre. Pas de refus en perspective. Disons que Lucius sait négocier sévèrement.

Oh, bien sûr, il me serait facile d'aller a l'épicerie du coin et de prétendre avoir fait le voyage spécialement jusqu'ici. Mais non. Son flair légendaire lui indiquerait en un instant la supercherie. Ce même flair dont il se sert pour évaluer la fiabilité des récentes -et sombres- accointances. Et il serait bien capable de me renvoyer les chercher a coups d'Eclair de Feux. Non, non, cette attitude n'est pas digne de son rang.

J'avise une espèce de grande dinde affublée d'un tablier ridicule (Rose bonbons a fraises imprimées, misère) et d'une jupe ressemblant davantage a une grosse ceinture.

- "Une caisse de bieuraubeurre. "

Elle me fixe comme si je lui avais proposé une nuit d'amour a peu de frais. Et ne bouge pas. J'insiste, et grogne, agacé:

- "Vous êtes sourde? "

Cette question impromptue la sort de sa torpeur. Ses lèvres peinturlurées se tordent en une moue contradictoire.

- "Chez nous on dit "bonjour, s'il vous plaît?" "

Je me cabre. Cette gourgandine ferait bien de se garder d'exiter ma fibre bagarreuse, sourtout en un jour pareil et en présence de cet imbécile de Potter, que j'ai aperçu bien malgrè moi, tandis que ses deux acolytes se livrent a des exactions étranges et répugnantes dans l'indifférence générale. Une telle animalité venant d'eux n'est guère surprenante. Autant laisser libre cours a une partie de ma rage. Les serveuses sont faites pour ça.

- "Mademoiselle, je vous prierais de vous adresser a moi sur un autre ton. J'ai le regret de vous déclarer que nous n'avons pas gardé les cochons ensemble!"

- "En effet! Je ne me rappelle pas t'avoir jamais gardé! Mais crois moi que j'aimerais bien t'avoir à charge, histoire de t'apprendre les bonnes manières puis de te jeter a la rivière! Sale môme!"

- "Insolente! Allez immédiatement me chercher ce que je vous demande, servante! "

Ma galanterie habituelle en prends un sacré coup. Je n'aurais pas été aussi désagréable envers une femme en temps normal, même envers une telle trainée. Du moins pas à ce point. Mais aujourd'hui, il valait mieux ne pas m'adresser la parole. Cette journée s'annonce néfaste, j'en veux pour preuve la présence même de Potter. Et ce sera encore pour ma pomme, tu vas voir.

La courtisane s'éttouffe de colère impuissante. Sa main droite récemment manucurée est agitée de tremblements nerveux. Il est fort probable que si elle ne résistait pas a la tentation de m'en retourner une, ses faux ongles en résine m'éborgneraient sans complexes. Mais elle n'en fait rien. Ma famille accumule dans ce taudis l'addition Fortunée + Bonne cliente. La meilleure des raison pour rendre les armes. Contrainte de m'obéir, elle me tourne le dos, hautaine, et file noyer sa colère dans la cave. Je reste seul, avec pour seule compagnie les regards désaprobateurs des clients alentours a mon égard.

Je répugne avoir a attendre. Surtout le bon vouloir d'une pareille bécasse. Bien obligé, je reste debout près du comptoir, à compter bêtement mes pieds. Quand un regard insistant me picote la nuque. Je me retourne, faisant face a deux yeux verts aux reflets glauques. Potter. Sinistre journée.

- "Qu'est ce que t'as, Potter, tu veux ma photo?"

Répartie d'anthologie. Ma brusquerie le heurte. Je le vois cligner des yeux, déstabilisé. Pendant d'interminables demi-secondes, il ne dit rien. Puis s'ébroue. Et sous mes yeux horrifiés, m'adresse un immense sourire.

- "Oh oui! Avec plaisir! "

J'ai quatorze ans. Bientôt quinze. Et en ce jour, le monde vient de s'écrouler sous mes pieds.