Titre : War room
Auteur : ylg
Base : Ultimate X-Men (set during #54)
Genre : bref focus interne
Gradation : je ne suis pas sûre mais je dirais PG-13 / T parce que Peter porte un regard sur lui-même très dur.
Disclaimer : Colossus et le reste des X-Men appartiennent à Marvel. Et j'aimerais bien que les scénaristes aident un peu Peter à faire la paix avec lui-même…

Parce qu'il y a encore de par le monde, de gens pour qui certains désirs sont une abomination… que ce soit ceux des autres, ou les leurs.


Peter jeta un coup d'œil sur le côté et perdit aussitôt le fil du discours du professeur. Il contemplait le tableau et se prit à regretter son vieux carnet de croquis. Il ne savait plus bien s'il avait renoncé au dessin en entrant dans la mafia, ou en se rendant à l'évidence de son… 'orientation'. Mais c'était à peu près la même époque et il avait banni cet aspect de sa personnalité. Il s'était mis à voir sa sensibilité artistique comme une faiblesse, un indice honteux…

Développer son pouvoir mutant, pas de problème. Cultiver ce don, c'était une autre affaire. Toutes les différences ne sont pas évidentes à assumer.

Mais secrètement… très rarement, juste de temps en temps… comme cette fois, il regrettait le dessin.

Il était sans doute le seul dans cette assemblée, à percevoir la scène de cette façon. A moins bien sûr, que Jean tellement discrète, épiât une fois de plus ses pensées.

Il observa la façon dont les corps s'inclinaient l'un vers l'autre. Les deux garçons, l'un derrière l'autre… l'un s'appuyait sur le rebord du dossier, se penchant sur son compagnon et l'autre y répondait inconsciemment.

Les boucles blondes étaient à moins d'un pouce de caresser les courtes mèches noires en bataille. Le mouvement des ailes avait quelque chose de protecteur. La queue sur le sol décrivait des courbes paresseuses, comme celle d'un chat qui s'abandonne à ronronner.

L'image était parfaite. La plastique des corps, la sensualité qu'ils dégageaient malgré eux… jusqu'au symbolisme involontaire qu'ils recréaient.

Il s'en voulut de penser comme ça. Il voudrait ne pas voir les choses ainsi. Ce n'était vraiment pas le moment, en plus.

Il imagina le crissement léger du crayon qui caresse le papier, traçant la courbe de l'épaule nue, à la place de ses doigts qui, eux, n'oseront jamais s'y poser... Il se demanda si froisser une poignée de plumes rendrait le même son.

Et le prof continuait son laïus.

Tout ce qu'il pouvait voir, c'était l'abandon lascif de ces deux corps. Ils auraient dû, tous, être sur le qui-vive. Mais eux étaient si détendus, à l'unisson… et lui, laissait son esprit vagabonder sur des chemins interdits.

Il n'était pas censé les voir ainsi, non. Quelque part, il se dit que peut-être, en admirant leur beauté, il la salissait.

Il se détestait de penser à ça. Il s'enrageait lui-même.

Quand Scott intervint, interrompit le prof, Peter se força à se concentrer sur leur conseil de guerre.

Il se dégoûtait. Il était furieux. L'envie monta en lui de tout casser. Les pulsions qu'il refusait de canaliser trouvaient d'autres échappatoires…

La colère montait et il n'allait plus tarder à exploser.