Je suppose que vous êtes étonnés de la réapparition de Cher Bienfaiteur mais je reçois encore des courriels me demandant où trouver cette histoire et si j'allais la continuer. Parce que quelqu'un m'a dit qu'il serait dommage de priver ma fic de lecteurs, j'ai été convaincue par cet ami de la remettre à votre disposition ici, après tout, Fanfiction. Net est un site d'archive, alors ici ou sur mon ordinateur… Il y a peu de différence.

Encore une chose, j'ai mis le dernier chapitre que j'avais écrit mais qui pour des raisons diverses n'a jamais été publié ni corrigé. Quoi qu'il en soit, ce chapitre n'est pas terminé et ne le sera jamais, mais bon, si cela vous intéresse il est là. Après tout, je l'ai déjà envoyé à plusieurs personnes par courriel, je ne voyais donc pas de raison de l'omettre.

Enfin, pour ceux qui auront lu, Harry Potter and the Half-Blood Prince, cette histoire est complètement AU désormais.


Disclaimer : L'univers de Harry Potter dans son intégralité appartient à JKRowling ! Aucun profit n'est tiré de la publication de fanfiction inspirée par son œuvre.

Note : Je me suis inspirée du challenge "Daddy long legs" (Papa-Longues-Jambes, livre de Jean Webster) proposé par certains membres de WIKTT. J'y réponds en français, mon anglais n'étant pas au meilleur de sa forme pour écrire une histoire correctement. J'espère que vous apprécierez.


D'une main tremblante, Hermione tenait sa lettre d'Hogwarts. Elle sentait à l'intérieur le badge de préfète en chef que Dumbledore, le directeur, lui avait promis à la fin de l'année passée. Hermione ne prit même pas la peine d'ouvrir la lettre verte aux armoiries de Hogwarts. Elle donna un morceau de toast au hibou pour le faire attendre. D'un seul coup, tous les événements qu'elle venait de vivre dans les semaines passées lui revinrent en mémoire.

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La journée avait pourtant si bien commencé.

Le soleil avait enfin daigné faire son apparition. Jamais depuis de nombreuses années, l'été n'avait été si pluvieux. Il ne lui restait qu'un peu plus de deux semaines avant de retourner à Hogwarts et Hermione n'avait même pas pu commencer une seule toile. Elle adorait peindre, cela lui procurait un sentiment d'apaisement. Surtout en extérieur, elle se sentait alors en harmonie avec la nature, depuis toujours la peinture avait fait partie de sa vie.

Enfin jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle était une sorcière, dès lors, elle avait du laisser le monde des moldus, c'est-à-dire les non sorciers, derrière elle. Seul l'été lui permettait de renouer avec certains aspects de la vie moldue et des choses simples qu'elle aimait. Tout le monde pensait qu'elle était un rat de bibliothèque, ce qui était vrai en un sens, mais que faire d'autre à Hogwarts lorsque l'on déteste le quidditch et que le monde de la sorcellerie est si impressionnant, palpitant ? Et puis, il y avait eu Voldemort, un mage noir, qui avait provoqué une guerre civile au sein du monde sorcier, elle avait combattu comme tant d'autres pour la lumière. Et maintenant tout était fini. Voldemort avait été démis au printemps dernier au terme d'une bataille difficile. Elle pouvait enfin profiter des joies de la vie. Ses parents, cibles de choix pour Voldemort dont l'un des objectifs déclaré était d'exterminer les sorciers d'origine moldue et leur famille, avaient été protégés par l'Ordre du phénix, organe de la résistance dirigé par Albus Dumbledore, directeur de l'école de sorcellerie de Hogwarts.

Hermione avait profité, avec bonheur, des rayons de soleil pour aller peindre dans la forêt près de chez elle. Tellement absorbée par son travail, elle avait perdu en quelque sorte la notion du temps. Lorsque qu'une légère pluie commença à tomber, Hermione rangea précieusement ses pinceaux et protégea sa toile. Sa peinture était presque terminée. Seules quelques touches restaient à faire. Elle aimait les couleurs vives de l'été. Jamais elle n'avait été aussi heureuse depuis la fin de la guerre. Elle avait tout oublié, plongée dans son art. L'horreur du champ de bataille s'était éclipsée, les horreurs de la guerre ignorées l'espace d'une belle journée d'été. Et ce n'était pas un peu de pluie qui lui gâcherait le moral, au mieux se disait-elle, il n'y a rien de plus agréable qu'une pluie d'été. D'ailleurs, elle pouvait deviner un arc-en-ciel un peu plus loin au travers des arbres.

Heureuse et en paix, Hermione regagna tranquillement le chemin de la maison.

Soudainement, Hermione aperçut les gyrophares. Elle fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas. Et puis elle comprit.

Non.

Elle devait avoir une hallucination.

Non, ce n'était pas possible.

Hermione lâcha brutalement ses affaires de peinture qui roulèrent dans l'herbe. Et elle se mit à courir aussi vite que possible.

Il ne restait plus rien. Plus de maison. Une explosion de gaz lui avait dit un des pompiers. Elle avait cherché du regard ses parents, ils ne devaient pas être bien loin. Lorsqu'elle vit des ambulanciers sortirent des décombres deux sacs noirs, Hermione se laissa glisser avec facilité dans l'inconscience.

Elle se réveilla chez une voisine. Une vieille dame fort charmante. L'espace d'un instant, elle avait tout oublié. Et puis elle se rappela. Ses parents étaient morts. Ils avaient échappé à Voldemort et sa clique de Mangemorts pour être finalement tués dans un banal accident moldu si l'on pouvait dire. Même Crookshanks semblait avoir péri dans l'accident puisqu'elle ne l'avait pas revu depuis.

On lui dit qu'elle avait eu de la chance de ne pas être restée chez-elle ce jour-là. Comme si l'on pouvait être considéré comme chanceux le jour de la disparition des êtres que l'on aime le plus au monde.

Les jours passèrent assez vite, personne ou presque ne vint aux funérailles de ses parents, ils n'avaient plus d'amis, par sa faute, pensait Hermione, ils avaient du vivre cachés pendant plus de deux ans ; elle n'avait plus de famille non plus. Elle n'avait pas non plus eu le courage d'en faire part à Harry ou Ron. Elle avait pensé à ses amis, ils n'avaient pas besoin de la voir s'apitoyer sur son sort. Les Weasley avaient perdu Arthur durant la bataille, et Harry, bref Harry, pour la première fois depuis longtemps se sentait libre. Elle n'avait pas eu le courage de les déranger, chacun méritait un peu de tranquillité, elle n'allait pas les accabler avec cela.

Lorsqu'elle reçut la visite de l'homme de loi de ses parents, elle ne pouvait pas imaginer que sa situation pourrait être pire. Sa gentille voisine avait accepté de l'héberger jusqu'à ce que l'école recommence. Après, avait pensé Hermione, il sera toujours temps pendant l'année de trouver un logement. Hermione savait que ses parents n'étaient pas très riches, après tout, ils n'avaient pas travaillés pendant plus de deux ans et vivaient sur leurs économies. Mais elle avait escompté sur l'assurance-vie qu'ils avaient souscrite sur la tête de leur fille unique. Cela lui permettrait grandement de payer ses frais de scolarité. Hermione avait tout calculé. Il s'agissait de sa seule erreur. L'homme de loi lui indiqua que, malheureusement, la compagnie refusait de payer puisque dans le cas des Granger, on ne pouvait déterminer avec exactitude s'il s'agissait ou non d'un suicide. Bref, une des clauses du contrat stipulait qu'en cas de doute, il n'y aurait pas de versement.

Hermione était démunie. Seule au monde et exclue du monde sorcier. Elle n'avait pas les moyens de poursuivre ses études.

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Hermione regarda tristement la lettre de Hogwarts. Elle ne prit pas la peine de l'ouvrir, elle ne le pouvait pas mais surtout elle ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie.

Les yeux remplis de larmes, Hermione prit un morceau de papier sur le secrétaire de Mme Benett sa voisine. Elle prit une grande inspiration et se mit à écrire, d'une main tremblante, une lettre à Albus Dumbledore.