Chapitre 10 : chapitre non terminé, non corrigé, écrit en avril 2005

« Hermione comment allez-vous ? » s'écria Nettie Harrington, une gentille petite sorcière, fort âgée mais toujours pleine d'entrain. Elle possédait le manoir d'Harrington en Cornouailles, sa pension de famille était appréciée par tous les sorciers de Grande-Bretagne mais aussi d'Europe et d'Amérique.

Elle était venue accueillir, comme toute hôtesse respectable, Hermione Granger, la préfète en chef de Poudlard, envoyée par la puissante famille Rochester pour les vacances de Printemps. Nettie considérait Hermione comme sa protégée, elle se faisait un devoir de veiller sur elle, après tout, elle connaissait celui qu'elle considérait comme son fils, Severus Snape.

Hermione sourit gentiment, elle embrassa la vieille sorcière, longuement.

Nettie ne dit rien mais elle remarqua le regard triste de la jeune fille, cela lui ressemblait si peu.

Hermione était encore hantée par le hibou qu'elle avait reçu le matin même. Il avait brisé tous ses projets. Anéanti en un seul instant, un moment de bonheur à venir.

Chère Miss Granger,

Il est hors de question que vous passiez vos vacances au camp MacWood en Haute Ecosse.

Vous passerez comme convenu vos vacances de Printemps au Manoir de Harrington en Cornouailles. Votre Bienfaiteur souhaite que vous vous reposiez. Vous n'ouvrirez pas un seul manuel, Nettie Harrington y veillera. « Caius » souhaite que vous profitiez du grand air, en un mot que vous profitiez de vos vacances.

Je vous souhaite d'excellentes vacances,

Théodorus Rochester

Le matin même, il était encore question qu'elle aille à MacWood, la propriété des Patil. Padma avait gentiment invité Ginny et elle à venir s'y reposer pour les vacances. Tous ses amis y étaient, y compris Bill Weasley qui avait été son partenaire au combat pendant la guerre. Il était revenu d'Egypte pour les cérémonies commémoratives et comptait repartir après ces vacances… Elle ne le reverrait plus avant si longtemps. Il lui manquait, il la comprenait si bien, d'ailleurs Dumbledore ne les avait pas réunis pour rien. Ils étaient complémentaires, en digne représentant de la maison Gryffondor. Ils avaient été un duo de choc enfin jusqu'à ce que Bill soit blessé, elle l'avait ramené en base arrière et alors…

Hermione secoua la tête, ravalant ses larmes, ce bienfaiteur, ce Caius lui avait ôté la joie de revoir cet ami. Et ce de la manière la plus terrible qui soit. Elle lui avait écrit plusieurs fois à ce sujet dans le carnet vert de l'invitation de Patil. Et il avait osé attendre le dernier moment pour briser tous ces espoirs, tous les projets qu'elle avait eus. Tout ce qui aurait pu faire de ces vacances une période inoubliable. Et au lieu de cela, elle se retrouvait en Cornouailles, loin de tout. Oh bien sûr, elle aimait bien Nettie mais personne n'avait dit que la compagnie d'une vieille sorcière, aussi joviale soit-elle, était plus agréable que passer quatorze délicieux jours à s'amuser et à rire entre amis.

« Ma petite, ne vous inquiétez pas, ce n'est quand même pas un drame de passer deux semaines ici. » Nettie lui pinça la joue comme on l'aurait fait à un enfant. « Si Monsieur Severus a pu survivre plusieurs mois ici, enfant, alors vous pourrez ! » ajouta-t-elle en souriant.

La pensée d'un Severus Snape en culottes courtes jouant avec Nettie fit sourire Hermione malgré elle, elle n'arrivait pas à imaginer l'austère maître des potions autrement qu'abhorrant sans cesse cette célèbre mine renfrognée.

« Alors, vous voyez, ça va déjà mieux ! » s'exclama Nettie dont les yeux pétillaient autant, si ce n'est plus que ceux de Dumbledore. « Allez, je suis sûr que vous allez aimer les petits travaux réalisés pendant l'hiver. Et puis, Rochester n'est pas censé recevoir un rapport détaillé de vos activités. » Et avec cela, Nettie se prit à lui compter par le menu comment elle avait modernisé les laboratoires alors qu'elle l'entraînait, bras dessus, bras dessous, en direction du manoir.

Les jours ne passaient pas vite, Hermione n'avait rien à faire. Confortablement installée dans un des fauteuils de la bibliothèque, un livre ouvert dans les mains, Hermione réfléchissait. Que pouvait-elle faire dans cette demeure transformée en prison dorée ?

Elle était à jour de toutes ses révisions, elle avait tout planifié pour être libre pendant ses vacances. Elle n'avait pas non plus le cœur à s'enfermer dans un laboratoire, elle n'avait plus vraiment l'habitude d'avancer dans ses recherches seules. Le professeur Snape était constamment avec elle pour la guider, l'orienter, lui suggérer deux ou trois choses. Et puis, il y avait ces débats qui comblaient les moments d'attente, de merveilleuses discussions portant sur les potions sur les potions mais sur un tas d'autres choses encore, qui eut cru que Severus Snape lisait la littérature moldue ? Bref, elle n'avait pas le cœur à l'ouvrage. Et surtout, elle n'avait toujours pas pardonné à Caius. Il avait transformé ses vacances en cauchemar.

Hermione ferma brutalement le livre qu'elle tenait, gagnant au passage un ou deux regards irrités de la part des autres pensionnaires. Elle allait faire savoir à Caius tout le bien qu'elle pensait de sa décision.

Hermione sortit par une porte fenêtre. Elle allait tout le moins profiter du beau temps. Elle avait repéré, il y a peu, une jolie tonnelle qui semblait abandonnée au fin fond du domaine. Elle y serait bien, pour écrire son mécontentement.

Tranquillement, elle prit un sentier escarpé en direction des hauteurs, derrière la maison. Elle arriva un peu essoufflée à destination. Immédiatement, elle sourit. Cette tonnelle était si romantique. Elle était complètement dans le style modlu du 19ème siècle. Un banc de pierre ici, une petite fontaine avec des angelots au centre. Bref un petit paradis. Hermione s'assit sur ce banc de pierres face à la mer. Elle ferma un instant les yeux, profitant de l'air du large lui faisait du bien, s'imaginant ailleurs, s'imaginant mouette et volant libre ailleurs.

Une paire de main lui couvrit les yeux soudainement.

Hermione laissa échapper un petit cri de surprise. Qui ?

Une voix douce lui murmura à l'oreille « Alors, chaton, on perd ses réflexes ? »

Hermione bondit et se retourna. Derrière elle, en chaire et en os se trouvait Bill, il souriait comme jamais. Folle de joie, elle l'enlaça. « Bill ! Tu ne me peux pas savoir comme je suis heureuse ! ».

L'aîné des Weasley retourna l'étreinte avec vigueur mais bien vite Hermione le regarda dans les yeux, l'air interrogateur.

« Ecoute, chaton, Gin m'a fait part de tes mésaventures. Tu sais, je pars aujourd'hui et j'ai été déçu de ne pas voir ma petite Hermione à MacWood. Alors je me suis dit que je pourrais, sur le chemin du retour faire un saut en Cornouailles, après tout, tous les chemins mènent en Egypte. » plaisanta-t-il.

Le sourire sur le visage d'Hermione lui en dit long.

« Je crois que j'ai bien fait n'est-ce pas ? »

Hermione le repoussa, feignant la colère, « Oh toi, tu es impossible » avant d'éclater de rire.

Hermione s'était rassise sur le petit banc« Tu sais, tu sauves ma journée. Alors Bill, dis-moi que deviens-tu ? ». D'un geste de la main, elle lui fit signe de s'asseoir à son côté.

Bill cligna de l'œil. « Et bien tu sais, Maman a beaucoup de mal avec la mort de Papa. Elle s'en remet mal alors, moi, tu sais, ça ne compte pas vraiment. Non réellement, on a tous été fier que tu aies refusé cette médaille. Papa la méritait plus que quiconque après tout ce qu'il a fait pour l'Ordre, son sacrifice n'a pas été vain. » Doucement, il lui prit la main « Hermione, regarde moi bien dans les yeux, ne change jamais, reste telle que tu es. »

Hermione se perdit un instant dans son regard bleu, elle y lut quelque chose mais bien ce fut bien vite terminé, Bill relâchait déjà sa main.

« Sinon, pour moi, tu sais, c'est la routine. Gringotts, Gringotts et encore Gringotts. Mais j'adore ce que je fais. C'est un merveilleux moyen que de pratiquer l'arithmancie. D'ailleurs, tu peux venir quand tu veux, cet été, ça te dit ? En souvenir du bon vieux temps ? »

Hermione hocha de la tête avant de se rétracter « Tu sais, je dois d'abord obtenir la permission, si je ne peux pas aller à MacWood, je crains que l'Egypte soit hors de question » plaisanta-t-elle.

Bill, lui, ne fut pas satisfait de sa réponse « Hermione, honnêtement, tu es majeure, tu seras diplômée de Poudlard, tu fais ce que tu veux ! »

« Oui, mais c'est encore ma famille qui décide et- »

Elle fut interrompue par Bill, visiblement agacé « Hermione, arrête s'il te plait, tu ne peux pas jouer la comédie avec moi, je sais que tes parents sont morts. J'ai vu l'annonce dans ce journal moldu à l'automne. Je sais que les orphelins sont la honte du monde sorcier, qu'ils sont des parias presque, qu'ils sont le déshonneur. Mais Hermione, tu dois m'écouter, tu es un héro de la guerre, tu es intelligente, tu es la sorcière la plus brillante de ta génération, tu es l'amie de Harry Potter, un des membres du Trio et plus que tout, tu as osé tenir tête à Fudge… Alors excuse-moi mais tu n'as rien à craindre. » Hermione allait répondre mais il posa un doigt sur la bouche pour la faire taire « Néanmoins, si tu préfères te taire, je le comprends aussi. Tu es une Née-de-Moldue, et les préjugés ont la peau dure, je comprends que tu ne veuilles pas alourdir ton cas. Tu n'as pas à te justifier auprès de moi»

Puis, comme si de rien n'était, Bill se leva en offrant son bras « Viens prendre un verre avec moi, ils ont un joli salon de thé dans ce village moldu. En souvenir de notre tandem ! »

Son sourire parlant pour elle, Hermione accepta gentiment le bras du rouquin.

L'après midi passa si vite qu'Hermione fut presque triste lorsque le moment de se quitter arriva. Bill ne pouvait retarder plus encore son départ, il était attendu en Egypte.

Ils s'étaient dirigés vers le point de transplanage, un peu en dehors du village.

Une fois les paroles d'usage échangées, alors qu'il allait prononcer la formule pour transplaner, Bill se pencha doucement vers elle, et l'embrassa tendrement sur le front avant de lui murmurer à l'oreille « Chaton, on garde contact, les hiboux me trouvent toujours ». Ne lui laissant pas le temps de réagir, il disparut en un éclair. Hermione resta bouche bée, jamais Bill n'avait pas paru si étrange, elle mit cela sur le compte de son attitude fraternelle envers elle. Après tout, tout le monde la considérait comme faisant partie de la famille Weasley. Ginny n'était plus la seule petite sœur sur qui il fallait veiller.

Ce même soir, Hermione s'endormit le cœur léger, ne s'en rendant même pas compte que pour la première fois depuis des mois, elle n'avait pas écrit une seule fois à Caius en dix jours.

Ce n'est que le lendemain, alors qu'elle mettait de l'ordre dans ses affaires qu'elle vit le petit livre vert. Hermione se mit à le feuilleter… déjà sept mois qu'elle racontait tout ou presque à cet inconnu qu'elle prenait presque pour un grand-père quand bien même elle ne l'avait jamais vu ?

Plus calme que la veille, elle remercia Merlin pour la visite providentielle de Bill. Il était temps qu'elle agisse en Gryffondor, en préfète en chef, bref en adulte, elle se devait d'écrire à Caius. Hermione s'assit sur son lit, le livret sur les genoux, jouant nerveusement avec une plume. Il fallait qu'elle réfléchisse. Le comportement de Caius était odieux, comment avait-il pu la priver, au moment de son départ en vacances avec ses amis mais en même temps, au fond d'elle-même, elle s'avait que Caius avait agi pour son bien, il voulait qu'elle se repose, Harrington House étant le meilleur endroit pour cela.

Cher Caius,

Voilà presque deux semaines que je ne vous ai pas écrit, ce qui n'est pas très gentil de ma part, je le reconnais. Mais je dois vous avouer que je ne vous ai pas tellement porté dans mon cœur ces derniers jours. Ce n'est pas très gentil de votre part, mon cher Caius, que de me priver de la compagnie de mes amis. Vous ne pouvez pas vous imaginer comme cela est terrible que de voir un hibou arriver quelques minutes avant le départ du Poudlard Express vous intimant l'ordre de partir ailleurs. Et de voir le train partir alors que vous restez seule, comme une idiote avec votre valise sur le quai, n'est pa pour vous adoucir l'esprit.

Pourtant, si je n'ai pu aller à MacWood, MacWood est venu à moi. Et oui, cher Caius, j'ai reçu la visite d'un ami hier, ma journée en a été illuminée. Vous ne devinez pas de qui il s'agit ? Non, il ne s'agit pas de Ginnyn Ron ou Harry ! Bien essayé pourtant. Allons, vous êtes sûr, vous n'avez aucune idée ? Et bien, il s'agit de Bill ! Bill Weasley, mon alter ego, enfin, sur le champ de bataille. Sa visite a été une véritable surprise, il repartait en Egypte… Je ne pensais pas le voir, il devait être à MacWood mais il a eu la générosité de faire un détour pour visiter son « chaton »

A Caius, je n'ai pas grand-chose à vous raconter hélas, mais c'est de votre faute. C'est vous qui avez voulu que je ne fasse rien ici, alors je ne fais rien. Rien. Je compte avec impatience les jours me séparant de mon retour vers Poudlard. A la joie de retrouver mes amis, la bibliothèque, le labo de potions…

Sincèrement vôtre,

Hermione Granger.

A peine Hermione eût-elle refermé son carnet qu'un bruit sec à la fenêtre la fit sursauter.

Tap. Tap. Tap.

Une chouette noire semblait s'impatienter, elle lançait à Hermione des regards indignés, comment osait-elle la faire attendre ?

Hermione sourit un instant, elle fouilla dans ses poches et trouva un petit morceau de gâteau qui calmerait certainement la chouette. La jeune fille s'approcha de l'oiseau perché sur le rebord de la fenêtre. D'un coup de baguette magique adroit, Hermione transforma son encrier en petit bol d'eau et le proposa à la chouette. L'animal se désaltéra longuement, regardant de temps en temps Hermione de ses yeux noirs. Il fallait une réponse. Hermione détacha adroitement le parchemin de la patte de l'animal avant d'en caresser distraitement le plumage.

Un parchemin portant une écriture qu'elle ne connaissait que trop bien et frappé du sceau des Serpentards.

« Blackus, le fait que ton maître m'écrive pendant les vacances ne me semble pas de bon augure ». Et en effet, la voix de l'Hermione trahissait une pointe d'inquiétude. Que pouvait bien lui vouloir Snape ? Non, il ne pouvait pas remettre en cause son apprentissage pour l'année en cours ! Avait-elle commis une erreur lorsqu'elle avait préparé les commandes de Madame Pomfresh pour l'infirmerie ?

Hermione s'assit sur le rebord de la fenêtre tout à côté de blackus, la chouette du Maître des Potions de Poudlard. Elle la regarda un instant, craignant le pire… Après tout Severus Snape n'était pas reconnu comme quelqu'un de facile.

Elle déroula le parchemin et en lut rapidement le contenu. Elle n'en croyait pas ses yeux.

Elle le relut une seconde fois avant de s'adresser à l'oiseau.

« Blackus, tu es sûr que c'est pour moi ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

Elle n'obtint pour seule réponse que le hululement agacé de la chouette. Oui c'était bien pour elle.

Hermione se précipita sur son bureau, prit une plume mais la reposa bien vite, elle n'avait plus d'encre, et pour cause… Elle se saisit d'un simple crayon de papier, et s'arrêta un instant. Qu'allait-elle pouvoir répondre ?

Un bruissement d'aile la fit sursauter, Blackus venait de se poser sur son bureau comme pour lui dire de se dépêcher. Ses yeux noirs la fixaient étrangement. Parfois, les hiboux sorciers semblaient par trop humains, si l'on pensait à Edwige par exemple, la petite chouette blanche de Harry semblait omnisciente, comme si elle savait si les nouvelles qu'elle apportait, étaient bonnes ou mauvaises.

« Tu as raison Blackus, pas besoin de faire compliqué. » Hermione griffonna rapidement une réponse qu'elle tendit à l'oiseau. Celui-ci la regardait comme s'il avait pu lire sa réponse ce qui bien sûre était impossible. Une chouette ne savait pas lire, ce n'était qu'un animal.

Hermione regarda longtemps la chouette noire voler dans le ciel jusqu'à ce qu'elle ne devienne plus qu'un petit noir avant de disparaître complètement.

Et puis la réalité de ce qui venait de se produire la frappa de plein fouet. Elle avait un rendez-vous avec Severus Snape. Il serait dans deux jours. Enfin, ce n'était pas réellement un rendez-vous, plutôt une invitation à un Symposium « L'art des potions, dix siècles nous contemplent ». Elle avait tellement eu envie d'y aller mais Draco s'était fait un plaisir de lui répéter jour après jour, que son oncle lui avait promis de l'emmener, après tout, une Sang-de-Bourbe comme elle, n'avait rien à faire parmi la fine fleur des Maîtres en Potion d'aujourd'hui. D'ailleurs, elle n'était que l'assistante de Snape pour les basses besognes, la septième roue du carrosse, que lui-même ne le ferait pas pour rien au monde. Harry, Ginny et les autres lui avaient dit de ne pas s'en faire, que Snape l'avait choisie pour ses compétences, qu'il ne prenait jamais d'apprentie ou presque… elle en était la preuve vivante. Bien sûr, ses amis ne savaient rien de ses recherches solitaires, elle ne préférait pas compliquer les choses.

Et puis, ceci entraînant cela, son sang se glaça, et si Snape avait convié Draco aussi ? Toute une journée avec le ferret… quelle horreur… Non, Snape ne ferait pas ça… Enfin, elle espérait.

Mine de rien, cette petite lettre venait de donner un nouveau visage à ces vacances, quelques choses à préparer, à faire. Heureuse et ravie, Hermione se précipita vers la bibliothèque, il y avait une chose ou deux qu'elle devait revoir avant le symposium ! Ce n'était pas tous les jours que l'on rencontrait d'éminents scientifiques.

Severus Snape s'impatientait.

C'était bien une gryffondor. Elle était en retard. Non. Il ressortit de sa poche, une fois encore sa montre à gousset. Il ne lui restait que trois minutes. Il ne l'attendrait pas, les Portoloins étaient réglementés de façon stricte. Il n'avait pas voulu rentrer chez Nettie, elle les aurait retardés mais maintenant, il se demandait s'il n'avait pas eu tort, au moins il aurait pu savoir ce qu'elle fabriquait.

Plus qu'une minute trente.

Snape fronça les sourcils. Il avait eu tort. C'était une erreur, il aurait mieux fait de convier Draco. Au moins le petit bâtard connaissait ses limites.

Des bruits de pas saccadés coupèrent le fil de ses pensées. Hermione arrivait en courant, d'une main, elle empêchait que son chapeau ne s'envole, de l'autre, elle tenait un sac qui semblait bien trop lourd. Satanée Miss-Je-Sais-Tout, ils n'allaient qu'à un symposium, un cycle de conférences, de l'histoire ! Rien de plus.

En quelques secondes, elle fut à sa hauteur. Sa robe de sorcière, neuve à n'en pas douter, était d'un rouge profond, révélait son caractère Gryffondor…. Snape pinça les lèvres de dégoût même s'il devait reconnaître que cette robe mettait en valeur son teint et faisait ressortit ses grands yeux marrons. La jeune fille avait les joues rosies par l'effort, les yeux brillants, elle était adorable.

Severus regarda une dernière fois sa montre, il était temps.

« Toujours égale à vous-même Miss Granger, en retard comme d'habitude. Soyez heureuse que je ne vous retire pas de points. » grommela-t-il tout en lui attrapant le bras. Il leva sa baguette vers pierre de forme étrange qui se trouvait au sol en murmurant Portus.

Hermione qui n'avait pas eu le temps de réagir à la remarque acerbe de Snape sentit immédiatement une secousse familière au niveau du nombril.

En un instant, ils se retrouvèrent dans un endroit comme jamais Hermione n'en avait vu. Ils étaient dans une grande pièce circulaire donnant sur ce que les moldus pourraient appeler des amphithéâtres mais pas vraiment pareil non plus. Des dizaines, des centaines de sorciers se déplaçaient de salles en salles, certains portaient des chaudrons, d'autres des livres ou encore d'étranges choses qu'Hermione n'avait jamais vues.

Une voix riche et profonde lui murmura à l'oreille « Il n'est pas tant de rêver Miss Granger, venez par ici ».

Elle regarda son professeur, il avait un de ces indéchiffrables petits sourires coin. Sans s'en rendre compte, elle lui donna le bras, se laissant guider au travers des salles et des couloirs… elle en avait presque le tournis, elle se serra un peu plus contre Snape qui la guida à travers le bâtiment tout en lui expliquant ce qui se passait, ce qu'il y avait à voir, qui serait intéressant ou ennuyeux, quelles seraient les conférences auxquelles il faudrait assister.