Je ne t'oublierai jamais

Auteur : junon2

Genre : drame/romance

Disclaimer : Tous les personnages et les lieux appartiennent à JRR Tolkien, une partie de l'intrigue du premier chapitre aussi, mais le personnage principal et son histoire m'appartiennent.

Résumé : rencontre entre deux êtres que tout sépare et qui vont s'entraider.

Avertissement : le premier chapitre respecte les événements racontés dans le livre et le film. Il est plus basé sur le film. Les autres chapitres ne se baseront pas sur l'histoire. Je profite du néant laissé sur le futur de Legolas pour écrire ma fic.

Note de l'auteur : Ce premier chapitre sera sûrement le plus triste. On est loin de la légèreté de Trois jours de vacances sur une île (enfin je crois) et du genre de Partir, pour ceux qui les on lus (pas très nombreux vu les review, snif)Si vous n'aimez pas les histoires tristes ou à l'eau de rose, je ne vous la conseille pas. Le personnage principal est une femme et ce sont ses pensées. Vous pouvez toujours me laisser des commentaires et remarques en review.

Je dédis cette fic à Ly (car elle est folle de Legolas, qui n'intervient pas dans le 1er chapitre) qui m'a prouvé qu'une fic pouvait être une belle histoire et bien écrite. Elle m'a donné envie d'écrire et a eu la gentillesse de lire mes fics pour me conseiller. Bon, voilà mon cadeau Ly, j'espère que l'histoire te plaira. Happy birthday (désolé pour le retard;)).

Pensées philosophiques (elle est de moi et j'ai mis un copyright dessus  ) : « Quand on crée quelque chose, un récit, une sculpture, une peinture, etc., on y met une part de soi. On offre à l'autre une partie de son âme, sans condition, et cette partie finit par vivre dans l'autre et demeure immortelle. Moi, je désire écrire pour offrir du rêve aux autres. »

Bonne lecture.

Désespoirs

« Je m'appelle Lorim et je suis une citoyenne du roi Théoden, une Rohirrim. Aujourd'hui, je vais mourir. Oh, pas de maladie ou de vieillesse. Non, je vais mourir parce que je le veux ; parce que je l'ai décidé. Je n'ai plus rien à perdre et j'espère rejoindre ceux que j'aime. C'est mon dernier désir.

Je les ai perdus tous et ils me manquent tellement que ça me fait mal. C'est comme si une lance me transperçait le cœur. Je n'arrive pas à me concentrer sur le combat que je mène. Mes pensées sont loin, très loin. Elles volent jusqu'aux temps heureux, juste avant cette maudite 'Guerre de l'Anneau'. À l'époque, tout n'était que joie et insouciance. Nous étions heureux et ce bonheur semblait ne devoir jamais finir.

J'étais mariée depuis trois ans et je vivais dans un petit village. On cultivait la terre. Tout était tranquille. Mes parents se portaient bien et m'aidaient. Je voyais mes deux petites sœurs grandirent et atteindre l'âge du mariage. Mon frère avait un beau domaine et trois beaux enfants, dont deux fils.

J'avais épousé mon amour d'enfance. Mon époux, malgré qu'il était soldat, restait à mes côtés et m'aidait à entretenir notre petit domaine car nous étions en paix. On vivait bien, on avait des réserves et on pouvait vendre le surplus. Il ne manquait plus à notre bonheur qu'un enfant. Tout était parfait.

Et puis, sans que l'on puisse le prévoir les nuages se sont amoncelés dans notre ciel si bleu. D'abord, notre roi a semblé perdre la raison. Puis mon époux a été rappelé par l'armée et il est parti pendant de nombreux mois. L'inquiétude a remplacé la joie dans mon cœur.

Un jour, nous avons vu des Orques envahirent nos terres. C'était le début de la fin. Nous n'avions aucun homme armé au village, et rien ne nous avait averti de leur arrivée. Ce fut un massacre. Je perdis mes parents, mes soeurs et mon frère, son épouse et deux des ses enfants.

Je les ai vus se faire égorger et le sang se répandre en grande mare autour de leur corps. J'ai vu mon village natal brûlé, j'ai entendu les cris de peur, de souffrance de ses habitants. J'ai cherché après mon neveu et j'ai fuis vers l'est. Ensemble, nous avons gagné Edoras, la capitale du Rohan, dans l'espoir de retrouver mon époux. J'avais besoin de lui, de son amour, de sa protection, de ses bras autour de mon corps.

La nouvelle a été rude et s'est enfoncée comme un pique glacé dans mon cœur : il était mort. Mort pour protéger notre prince qui ne devait pas survivre longtemps à ses soldats. Mort et laissé sur place avec les autres soldats. Mort et abandonné aux charognards. Il n'aurait pas de tombe, de sépulture où l'on puisse se recueillir et prier pour lui.

Mes larmes ont coulé abondamment et j'ai senti mon cœur se serrer. J'ai compris que plus jamais je ne pourrais aimer et que je ne surmonterais pas cette souffrance. Je voulais mourir.

Est-ce que tous aller m'abandonner ? Il ne me restait plus que le fils aîné de mon frère. Même si je voulais tout laisser tomber et mourir, et que je me sentais abattue, pour ce petit garçon de 11 ans, j'ai fait face. Je me suis relevée et je me suis battue car je ne pouvais pas l'abandonner. Il était tout ce qui me restait, tout ce qui me retenait en vie. Nous avons trouvé une maison où loger et j'ai cherché un travail.

Quelques jours plus tard, nous avons vu quatre étrangers pénétrer dans Edoras. Je me suis demandée ce qu'ils venaient y faire. Mon neveu m'a fait remarquer que ça n'augurait rien de bon. Et il avait raison. Le même jour, on enterrait notre défunt prince et on quittait la cité pour le gouffre de Helm. Un voyage d'une journée qui ne fut pas de tout repos.

Après l'attaque des Orques, peu de guerriers sont venus nous rejoindre. En les voyant entrer dans notre refuge mon cœur s'est serré et j'ai eu un mauvais pressentiment. Dans mon âme, je sentais que bientôt je n'aurais plus rien. Pourquoi ? D'où cela venait, je n'en ai aucune idée. J'ai fixé mon neveu et prié pour qu'on me le laisse. Il était tout ce qui me restait.

En me retournant, mes yeux ont croisé un regard bleu. Ce qui m'a étonné chez l'étranger, c'est l'impression qu'il avait vécu très longtemps et qu'il était sage, mais il était aussi très triste. La politesse voulait qu'on ne regarde pas un homme dans les yeux, j'ai donc détourné mon regard. J'ignore qui il était et pourquoi il m'a intrigué au point de ne pas quitter mes pensées de la journée.

Mon pressentiment s'est réalisé. La nuit même, nous dûmes nous battre contre une armée sortie d'Orthanc. Le roi a fait réquisitionner les enfants et les vieillards. Ils m'ont arraché mon neveu, malgré mes larmes et mes supplications. J'ai passé la nuit avec les autres femmes, enfants et la princesse Eowine dans les grottes sous le gouffre. J'ai prié de tout mon cœur et de toute mon âme pour que les Valars me le laisse, pour qu'il vive. Il était encore si jeune !

On a gagné la bataille. La joie a envahi le cœur de mes compatriotes. Moi, je venais d'apprendre la mort de mon neveu. Une voix monocorde et froide me l'a annoncé, pour toute consolation, elle m'a dit qu'il était mort pour le royaume. Je suis restée brisée sans voix mais mon cœur hurlait que ça m'était égal qu'il soit mort pour sauver le roi et le royaume, il hurlait sa rage et sa colère contre ces hommes sans sentiments responsables de sa mort, tout comme celles de tous les miens. J'avais tout perdu.

Je suis tombée à genoux, et les larmes ont coulé traçant des sillons sur mes joues amaigries. Je n'avais plus rien. Une femme m'a relevé et m'a emmené me reposer à l'abri. Puis ce fut le retour à Edoras. J'avais l'impression ne pas être présente. J'étais dans un état second loin de l'agitation qui m'entourait, plongée dans mes souvenirs heureux, loin de cette guerre.

Bien sur, il y eut une fête et j'y ai été invitée comme tout le monde. J'y ai été par obligation. J'étais toujours dans mon état second. J'ai parcouru la salle pour me cacher dans un coin sombre derrière des piliers de pierre. Et là de nouveau mes larmes ont souillé mes joues. Je me suis laissée glisser sur le sol et j'ai caché ma figure dans mes mains. Je me suis recroquevillée comme un enfant apeuré qui se cache. Mon esprit comprenait enfin que j'avais tout perdu et que j'étais seule au monde.

Au bout de quelques heures, quand je me suis relevée, j'ai traversé la grande salle. J'ai bousculé un homme. J'ai relevé les yeux et me suis excusée auprès de l'étranger blond. À ce moment-là, j'ai remarqué ses oreilles pointues. Je suis restée plantée là à fixer les oreilles de cet homme. Sa voix m'a sorti de ma contemplation. Il voulait savoir si j'allais bien. J'ai répondu oui et j'ai tourné les talons. Je me suis presque enfuie en courrant.

Quand notre roi a décidé d'aider le Gondor, j'ai pris ma décision. Plus rien ne le retenait et mon défunt époux m'avait appris à me battre, alors j'ai enfilé des vêtements d'homme et j'ai pris son épée que l'on m'avait rendue pour tout souvenir. J'avais décidé de me battre aux Champs de Pelennores avec l'armée. Pas par compatriotisme et non plus parce que je voulais me venger, non c'était pour mourir, pour rejoindre les miens dans les grottes de Mandos dans l'espoir d'être à nouveau tous réuni pour l'éternité.

C'est pour cette raison que je suis là face à cette armée sortie du cœur du Mordor. Je me bats plus ou moins bien, du moins pour une femme. Je viens de me faire mettre au sol, mon cheval apeuré a rué. Je me relève et ramasse mon épée.

Qu'ai-je à perdre ? Mon envie de vivre est morte avec mon neveu au Gouffre d'Helm. Mon cœur est mort avec mon époux et repose là où il est tombé pour sauver notre prince. Ma famille a été tuée par ces monstres, ils me dégoûtent.

Je les hais, tous sans exception : les Orques, le Seigneur des ténèbres, les hommes du Rohan et du Gondor, mon roi et son neveu, ces trois étrangers, les Valars… .

J'ai perdu le goût des aliments et je n'ai rien mangé depuis des jours. Je suis restée prostrée des heures sans bouger à repenser aux temps heureux où nous étions tous ensemble. Dans ces temps-là, tout semblait simple et jamais nous n'aurions imaginé être séparé si brutalement. Mais aujourd'hui, la tristesse a remplacé le bonheur et la joie.

La douleur est si forte dans mon âme que je ne la supporte plus. Pourquoi les Valars se sont-ils acharnés sur moi ? Pourquoi a-t-il fallu que tous tombent ? Qu'avaient-ils donc fait pour mériter une mort aussi atroce ? La seule chose qui vit dans mon âme, c'est l'incompréhension et le doute : le doute en notre roi, en notre combat, en nos dieux, en la vie tout simplement.

Bien sur, les gens qui m'entouraient ont essayé de me convaincre que c'était la guerre qui les avait arrachés à moi et que la vie était ainsi. Mais moi, je tenais pour responsable tous nos dirigeants et les Valars. Je n'ai plus foi en rien. C'est fini. Je ne pourrais plus jamais faire confiance à notre roi et à son armée : ils ont été incapables de nous protéger. Qu'est-ce un chef s'il laisse mourir son peuple sous ses yeux sans rien faire ?

Et aujourd'hui qu'ai-je à perdre ? Rien. Alors, pourquoi encore vivre ? Pourquoi encore se lever le matin ? Pour qui ? Je n'ai plus rien, alors j'ai choisi le meilleur moyen de mettre fin à ma souffrance : la mort.

Mes larmes m'aveuglent, je ne vois plus rien. Et cette souffrance devient de plus en plus insupportable, elle me tue lentement. Mais c'est elle qui me porte, qui me fait tenir debout. C'est elle qui m'a donné ma résolution. C'est elle qui m'a amené ici, pour qu'elle cesse et pour retrouver le calme dans mon âme.

La douleur morale est la pire de toutes les morts. Elle empoisonne et fait sombrer dans les ténèbres. C'est ça, je suis plongée dans les ténèbres. Et cela si profondément que je sais que je n'en ressortirai pas, que pour moi c'est fini. Elle est là à toujours vous ramener vers vos souvenirs heureux, à vous montrer ce que vous avez perdu, à vous rappeler que vous avez été incapable de protéger ceux que vous aimiez.

Je suis face à un Orque, il est laid à faire peur comme tout ces semblables. Il rie en me regardant. J'ai l'air si frêle et l'armure pèse si lourd sur mes épaules. Je tremble, il a un aspect si terrifiant. Je sais que sans cheval, je ne m'en sortirai pas. J'ai trop peu de chance. Le combat est inégal et perdu d'avance pour moi.

Je me lance sur lui l'épée levée. Il a esquivé et m'a frappée à la nuque avec le plat de sa main. Je tombe à genoux. Je fais un effort surhumain pour me remettre sur pieds. Mais je chancelle. Il continue de rire, son rire est si énervant.

Puis sans que je m'en rende compte, quelque chose transperce mon ventre, la hanche pour être exacte. La douleur est immense. L'épée vient de toucher mes os, elle ne peut pas s'enfoncer plus. Il retire son épée. Je lâche la mienne et porte mes mains à mon coté. Le sang coule abondamment. Il est chaud et salissant, il représente le flux vital qui s'épanche à l'extérieur de mon corps meurtri.

Je sais que je ne pourrais plus rien faire. Je sais maintenant ce que mon époux et mon neveu ont ressenti quand le métal leur à prit la vie.

Je tombe à genoux. J'essaie de récupérer une épée mais mes mains tremblent de trop pour la tenir. J'ignore si on gagne ou si on perd cette guerre et je m'en fiche complètement. J'ignore si je retrouverais les miens au-delà des grottes de Mandos. Mais je ne peux m'empêcher de sourire, de penser à la délivrance. Mon ennemi lève son épée de nouveau prêt à me frapper.

Je tombe par terre. Mes paupières deviennent lourdes, j'ai du mal à rester éveillée. Je suis heureuse car bientôt nous seront tous ensemble de nouveau. Je me souviens de ce que tu m'as dit avant de partir mon amour : tu as promis de revenir et de penser à moi pendant ton éloignement. À ta mort, je me suis jurée de ne jamais t'oublier.

Mais j'ai fait mieux, je vais te rejoindre et plus rien ne nous séparera. Ce n'est pas ce que tu aurais voulu, je le sais au plus profond de mon être. Toi, tu m'aurais poussé à continuer à vivre et à me souvenir de toi. Mais c'est trop dur, je ne peux pas. Sans toi, je ne suis qu'une écorce vide sans raison d'être.

Mes yeux se ferment et mes pensées deviennent floues. Ton image se brouille. Je sais que je suis entrain de partir. Je plonge tout doucement dans les ténèbres et j'en suis heureuse. J'ai de plus en plus de mal à lutter contre l'engourdissement. Je ne sais plus parler, ni penser. … »

À suivre.

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