Auteur : Luna Denree

Titre : Jusqu'à la fin des temps

Rating : PG-13 pour violence et quelques allusions sexuelles

Catégorie : Drame, suspence

Pairing : Aucun en particulier, mais si vous voulez imaginer un Claire/Arnaud, ça peut coller à l'histoire ;)

Commentaires : Et voilà déjà la fin de cette histoire ! J'espère sincèrement que vous aurez apprécié !

Disclaimer : Rien à moi... (pas encore :P) Mais un jour, je me rendrai dans les studios et j'enlèverai Chris et Marek... Marek pour moi et Chris pour ma seule revieweuse de ce chapitre :P Muahahahahaha... :)

RAR :

LiLy Jolie : Merci beaucoup :) Non, malheureusement, je ne peux pas les faire apparaître puisqu'ils sont retournés dans le futur... Peut-être qu'un jour je ferai quelque chose d'un peu moins collé au script original :) Mais en attendant, tu peux faire semblant que le petit Chris est l'équivalent du plus vieux, puisque j'ai toujours vu ça comme ça dans ma tête ! (Relis ce qu'elle vient d'écrire) (Soupire de soulagement) Ouf ! Une chance que ce n'est pas François, ton préféré ! ;) J'aurais bien été scalpée :P

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Chapitre 3 : Destinée

Lorsque Claire s'éveilla, la nuit tirait à sa fin. Le ciel passait lentement du noir d'encre coutumier au bleu profond, puis au bleu lavande qui précédait le lever du soleil. Nerveuse, la jeune femme avait peu dormi. Elle s'habituait quelque peu à son teint blême et aux larges cernes qui encerclaient ses paupières inférieures.

Prise de fébrilité, elle se leva et se toiletta. Elle savait que d'une minute à l'autre, le soldat Maxward viendrait la chercher avec ses enfants et la mettrait en sécurité. Elle n'emporterait rien, sinon la miniature montée sur chaîne la représentant avec son défunt mari au temps de leur jeunesse, ainsi qu'une dague que son frère lui avait remise afin d'assurer sa vertu si elle en ressentait le besoin.

Lorsqu'elle fut prête, elle s'assied sur le banc qui jouxtait sa fenêtre préférée. L'horizon était encore peu éclairé, mais déjà elle distinguait les ombres d'hommes dans la cour du château. Intriguée, elle observa plus attentivement. Il lui sembla soudain absurde que les gardes soient si nombreux avant le lever du soleil. Alarmée, elle se pencha pour mieux voir…

Un énorme fracas suivi de cris féroces et d'hurlements d'agonie emplit si brusquement le silence que la jeune femme sursauta et perdit l'équilibre. Se rattrapant de justesse à la rambarde, elle tenta de calmer sa respiration précipitée. Que se passait-il donc ? Il faisait encore trop sombre pour qu'elle puisse en avoir la certitude, mais il lui semblait bien que la forteresse était assiégée.

Dans un état de nervosité intense, elle se précipita vers la porte, uniquement pour la trouver close et barrée. Ramenée une fois de plus à sa sinistre réalité de prisonnière, Claire fut à nouveau confrontée à l'attente.

Heureusement, celle-ci fut de courte durée. Le vacarme déborda dans le couloir jouxtant sa chambre et elle se redressa d'un bond, prête à partir. Mais à sa grande surprise, ce ne fut pas Maxward qui enfonça la porte.

-Arnaud !, s'écria-t-elle, des larmes de joie perlant sur ses joues empourprées.

-Claire ! Dieu soit loué, tu es sauve !, dit-il en la saisissant dans ses bras. Où sont les enfants ?

-Je n'en sais rien, gémit-elle, Christophe s'est enfui !

La mine du jeune homme s'assombrit. Il fit tournoyer sa sœur une dernière fois avant de la redéposer au sol. Agrippant sa main, il l'entraîna dans le couloir au travers du dédale des passages peu fréquentés. Ils firent attention, se dissimulèrent complètement lorsque la bataille passait trop près d'eux, enjambèrent les corps de ceux qui étaient tombés au combat. Parfois, une brève expression de douleur traversait le visage d'Arnaud lorsque celui-ci reconnaissait un frère d'armes parmi les morts. Mais ils poursuivirent leur route sans relâche, craignant qu'avec moins de précipitation ils n'arrivent trop tard.

Mais la porte de la chambre des garçons était déjà ouverte lorsqu'ils y parvinrent. Arnaud ne fit qu'y jeter un coup d'œil avant de se retourner très rapidement vers Claire pour l'empêcher d'entrer. Celle-ci n'eut pas l'occasion de demander la raison d'un tel comportement car des vociférations se firent soudain entendre.

-Les voilà ! Attrapez-les !

Aussitôt, le jeune homme poussa sa sœur dans la direction opposée. Il tira son épée, se mit en garde.

-Cours !, cria-t-il.

La jeune femme, malgré son inquiétude, obéit aussitôt. Elle était parfaitement consciente du fardeau qu'elle représenterait pour son frère si celui-ci devait la défendre tout en tenant les soldats en respect. Relevant légèrement sa robe afin de fuir plus vite, elle regretta momentanément l'époque où elle pouvait toujours se travestir.

« C'eut été bien pratique… », se dit-elle.

Les poursuivants, retenus plus haut dans le couloir, ne la suivirent pas. Elle poursuivit toutefois sa course à en perdre haleine à travers les méandres du château anciennement sien. Au loin, elle entendait des cris et des bruits de choses tranchées. Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ne s'agisse pas d'un membre de sa famille.

Elle courut tant et si bien qu'en ne regardant pas où elle allait, elle fonça directement dans un homme de haute stature au détour d'un mur.

-Dame Claire !

Ces paroles de stupéfaction furent prononcées et entendues avec le plus grand ébahissement mutuel. La jeune femme, sonnée, resta au sol, ressentant en son for intérieur les tremblements qui auraient dû n'agiter que la terre. Lorsque ses esprits furent un peu plus clairs, une main secourable gantée de noir était tendue devant elle. Confuse, elle la saisit.

-C'est vous, Stanley ?

-Que faites-vous ici, madame ?, lui demanda-t-il en fronçant les sourcils. Vous deviez rester dans votre chambre !

-Vous ne veniez pas et il y a eu ce fracas… Arnaud est venu me chercher !

-Arnaud est ici ?

Le teint déjà pâle de Maxward devint si blême que la jeune femme craignit qu'il ne perde conscience.

-Voilà qui explique tout… Venez ! Il ne faut pas rester ici !

Il empoigna son bras et l'entraîna d'où il venait. Mais Claire n'avait pas l'intention de lui obéir si docilement.

-Je ne partirai pas sans mes enfants !

L'homme aux cheveux d'ébène ne ralentit toutefois pas la cadence.

-Je vous amène à eux, madame. Courrez !

Le cœur si léger qu'elle en volait presque, la jeune mère perdit toute velléité de rébellion. Pour la première fois en quarante-huit heures, elle était heureuse et à tout le moins soulagée.

Curieusement, ils traversèrent le champ de bataille sans attirer l'attention de qui que ce soit. Tous étaient trop occupés à s'entre-déchirer pour remarquer un homme et une femme sans intentions belliqueuses franchir tranquillement la salle en gardant leurs yeux sur la porte. Même lorsqu'ils l'ouvrirent et sortirent, nul ne vit leur départ.

Dehors, l'homme aux yeux cruels hâta leurs pas afin de contourner la muraille qui cerclait le château. Claire n'osait jeter de regard en arrière, de crainte de se voir poursuivie. Elle s'en remit entièrement à l'homme qui, quelques heures auparavant, était encore son ennemi.

Celui-ci la guida jusqu'à une charrette qui semblait abandonnée. Un énorme tas de paille dont plusieurs branches semblaient moisies était entassé à la pelle dans le compartiment arrière. En y regardant de plus près, il lui sembla même que la paille bougeait. Dégoûtée, elle détourna le regard et croisa celui, amusé, de Maxward.

-Qu'avez-vous ?, chuchota-t-elle.

Pour toute réponse, il lui indiqua à nouveau la paille. C'est alors qu'elle s'aperçu que dans un monticule se trouvait des yeux. Des yeux qu'elle connaissait bien.

-Christophe ! Catherine !, laissa-t-elle échapper malgré elle.

Les petits sortirent de leur camouflage improvisé. Le garçon sourit.

-Maman !

-Taisez-vous tous les deux !, maugréa l'homme aux cheveux d'ébène. Vous allez nous faire repérer !

-Oh, Stanley, vous les avez retrouvé ! Comment pourrais-je jamais vous remercier ?

Claire, les larmes aux yeux, avait saisi ses enfants dans son étreinte et les tenaient serrés contre elle. Mais l'homme, refusant le compliment, lui fit à nouveau signe de se taire.

-Cachez-vous dans la paille. Je m'occupe du reste.

Il se détourna et s'éloigna. La jeune femme s'enfonça à la suite de ses petits dans le chargement de la charrette. Ils n'échangèrent aucune parole, comprenant finalement l'importance de leur silence, tandis que l'homme aux yeux cruels harnachait un cheval de trait au chariot de bois. Mais lorsque leur véhicule improvisé s'ébranla, elle s'aperçu que quelque chose clochait. Sa fille tremblait sans cesse, ses yeux mouillés et rougis n'étaient pas rassurés et…

-Stanley, appela-t-elle. Où est François ?

Le soldat ne répondit pas. Un terrible pressentiment l'envahit lorsque la petite, cachant le peu de son visage visible à travers le foin, se remit à pleurer.

-Maman !, chuchota Christophe. Qu'est-ce que tu fais !

-Stanley !, hurla-t-elle. Vous avez oublié François !

-Taisez-vous ! Nous arrivons à la barrière !

N'écoutant que son courage, la jeune femme ne voulut rien entendre. Cahotant au gré de la route, elle tenta de rejoindre l'air libre sans se laisser découvrir. Mais au moment où elle y serait parvenue, le chariot s'arrêta. Figée de terreur, presque visible dans la paille, elle cessa tout mouvement.

-Alors, manant, que fais-tu sur cette route ?, entendit-elle.

-Je reviens chez moi, dit Maxward d'une voix étouffée et nasillarde. Après avoir livré mon avoine au nouveau seigneur en allégeance.

-Tout seul ?, demanda une seconde voix.

Claire n'entendit pas la réponse. Le temps lui parut soudainement distordu et beaucoup trop long. Pourquoi n'étaient-ils pas encore repartis ? Quand le véhicule se remit en marche, son soulagement fut si grand qu'elle en pleura presque. Mais celui-ci fut de courte durée car à ce moment, un cri retentit.

-Arrêtez ! Personne n'a reçu l'autorisation de passer !

La tension de Maxward était si forte que les trois passagers clandestins la sentirent jusque dans les tréfonds de leur âme.

-Ne vous êtes pas aperçus que la forteresse avait été assiégée ?, hurla la voix.

-Oui monsieur, c'est bien pour ça que je pars, dit le soldat déguisé.

-Descendez de votre charrette !

Las jeune femme serra convulsivement ses enfants contre elle. Elle n'entendait plus les paroles échangées mais sentait instinctivement que les choses se passaient mal. Puis, un bruit de déchirure et des exclamations résonnèrent dans l'air ambiant.

-Seigneur Maxward !

-C'est vous ?

-Déserteur ! Aux arrêts ! Fouillez le chargement !

Désemparée, Claire ferma les yeux. Tout était fini.

-Voyons, qu'avons-nous là… Dame Claire ! Quelle surprise !

Le garde lui empoigna la taille, laissant Catherine et Christophe aux soins des autres. La jeune femme reconnut avec horreur le soldat malodorant du premier jour. Elle se débattit, sans succès. L'homme la tenait fermement.

-Quel dommage que le seigneur offre une prime pour vous… Car c'est la deuxième fois que l'occasion de vous détrousser m'échappe !

Riant grassement, il la ramena au château. Devant elle, des hommes encadrèrent celui qui avait tenté de les sauver. Abattu, il semblait avoir perdu toutes sa fougue, confronté à l'échec une seconde et dure fois dans sa vie. Elle voulut l'appeler mais au moment où elle ouvrit la bouche, sa tête fut ramenée si violemment en arrière qu'elle se mordit la langue. Visiblement, ils voulaient qu'elle se taise. Ses enfants étaient silencieux également.

Dans la grande salle, la bataille était terminée. Une fois de plus, le sang brunâtre maculait les murs de taches psychédéliques atroces. Des corps déchirés gisaient au sol, formant un tableau à faire vomir un habitué. Le trajet fut de courte durée, heureusement. Claire ignorait combien de temps elle aurait pu tenir ce cauchemar.

Ils revinrent tous les quatre vers les quartiers où s'était installé Caldwell. Ils n'eurent pas à se rendre à l'intérieur. Au bout du couloir, l'anglais mettait en joue un homme de son épée rougie de sang. Cet homme était Arnaud.

Le visage réjoui du seigneur donna la nausée à la jeune femme. Ses dents aussi jaunes que ses doigts juraient avec la grisaille des murs de pierre et des cottes de mailles. Sinistre, son ombre couvrait celle de son frère dans un présage affreux. Le jeune homme, la tête basse, semblait à peine conscient de son entourage.

Elle se débattit tant et si bien qu'elle fut retenue par trois gardes qui profitèrent à nouveau de son impuissance. Grimaçante, la jeune mère alterna coups de pied, morsures féroces, cris enflammés qui firent regretter à ses agresseurs leurs mains baladeuses, elle hurla, incita ses enfants à faire de même, évita des coups et ne s'arrêta que lorsqu'un garde plus intelligent que les autres tira sa dague et la lui pointa sous le menton. Mais elle était satisfaite. Le seigneur anglais s'était détourné de son frère.

Dans le calme revenu, un soldat s'approcha de celui qui s'était autoproclamé roi.

-Monseigneur, nous avons arrêté le seigneur Maxward qui tentait de franchir la barricade avec Dame Claire et ses enfants.

-Eh bien, eh bien… Je t'avais averti cousin , dit-il d'un ton narquois en s'approchant de lui. Tu es sur MES terres ! C'est MA loi qui prime ! Je vais devoir te punir…

-Fais ce que tu veux, Gunther… Mais épargne les enfants !, gronda l'homme aux cheveux d'ébène.

Un rire sinistre fut le seul écho offert en réponse à sa supplique.

-Ils te plaisent, ces enfants, Stanley ?, le nargua son cousin en s'approchant de lui. T'imagines-tu passer la nuit avec eux ? Le garçon est suffisamment blanc et doux, petit et tendre… La fille n'est pas encore sortie de l'enfance ! Et ils ressemblent tant à tes enfants chéris… Deux êtres innocents livrés à ton bon plaisir ! Ça te plait, cousin ? Ça t'excite ?

-Tait-toi ! C'est faux !, hurla Maxward, l'horreur parfaitement visible au fond de ses prunelles de jais.

Claire, effondrée, n'en croyait pas ses oreilles. Était-ce la seule raison pour laquelle le soldat avait souhaité l'aider ? Parce qu'il était attiré par ses enfants ? Elle savait que de telles pratiques étaient parfois acceptées dans le royaume et ailleurs. Une attitude semblable n'aurait pas dû la surprendre et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir les affres de la déception envahir son cœur en sondant le visage de celui qui lui avait porté secours. Il semblait tout nier, mais qui devait-elle croire ?

Méprisant, Caldwell poursuivit sa rengaine sans se préoccuper du drame intérieur que vivaient ses vis-à-vis.

-Et l'autre, Stan ? Ça t'a plu de le retrouver dans son sang ? Tu avais sûrement imaginé ses boucles noires sur ta poitrine, contre ton sexe ?

Il empoigna le revers du vêtement du soldat et susurra ses dernières paroles.

-Ça t'a excité de voir combien il était à la fois poisseux, rigide et malléable dans la mort ?

Maxward, se libérant de ses entraves, frappa violemment le seigneur anglais qui s'écrasa au sol. Les gardes le maîtrisèrent aussitôt, le tabassant au sang pour son impudence. Derrière eux, la bouche figée en un cri terrible, la jeune mère comprit le sens de ses paroles.

François était mort.

Prise de folie, elle se débattit férocement, perdant conscience des gens autour d'elle. Soudain libre, elle se précipita vers le monstre par terre, la bête qui avait assassiné son fils. Elle portait toujours la dague qu'Arnaud lui avait confiée. Avant que quiconque ne puisse l'en empêcher, elle enfonça l'arme vengeresse sous le bras gauche de l'homme, dans la jonction entre le plastron de l'épaule et la cotte de maille.

Un grand silence tomba sur l'assemblée. Lentement, Claire se releva, hébétée. Des flots de sang coulaient sur le sol, provenant du corps affalé de Caldwell. Celui-ci, un air surpris sur son visage ingrat, n'avait pas conscience d'agoniser.

-Tu… Tuez-les, souffla-t-il, à bout de force, avant de retomber contre les pierres érodées.

La jeune femme sentit aussitôt une brûlure, un déchirement terrible dans son dos. Elle tomba à la renverse, tournant son regard vers ceux qu'elle aimait. Elle vit les soldats embrocher Arnaud qui, bien que ne proférant aucun son qui parvienne à ses oreilles, n'en avait pas moins les bras tendus dans sa direction. Elle vit Maxward se libérer de ceux qui l'entravaient. Elle tenta de lui dire de protéger ses enfants. Il se retourna vers elle, mais l'avait il entendue ? Elle l'ignorait.

Christophe et Catherine avaient été laissés sans surveillance. Elle vit l'homme aux cheveux d'ébène se diriger péniblement vers eux. Elle le vit tuer et repousser les anglais qui formaient autrefois ses frères d'arme, sa patrie. Puis elle sombra dans l'inconscience, mêlant son sang aux nombreux guerriers agonisants avec elle.

Sa dernière pensée consciente fut pour ses enfants.

« Je vous en prie, mon Dieu, faites qu'il vivent heureux jusqu'à la fin des temps ! »

Fin

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Réjouissez-vous ! Vous êtes délivrés de la LOURDE tâche de me faire des reviews :P Bien qu'une dernière serait bien appréciée tout de même... ;)