Ni dieu
Ni maître

Au début ils étaient sept. Les Sabreurs de la Brume.
Ils étaient sept et servaient leur village, leur Kage. Tuaient pour l'un ou pour l'autre si tels étaient les ordres. Et ils aimaient cela.
N'étaient ils pas des ninjas ?
Des armes dans la main de leur maître, ni plus ni moins. Tout comme la Shamehada était une arme entre les mains de Kisame, tout comme le Zanbato en était une entre celles de Zabuza, tout comme Katsuko maniait les doubles lames des Teretsu avec une efficacité inhumaine.
Juste des armes, plus aiguisées que d'autres. Plus létales certainement. Et que ce soit au cœur de la Brume, au pays de l'Eau ou au-delà, chacun savait que les Sabreurs désignaient la mort, une mort probablement sanglante, inutilement longue peut-être aussi, si Sakatse était d'humeur joueuse.
Ils étaient des armes, l'escadron mortel de la Brume. Mais cela n'aurait pu durer.

Ils étaient trop forts tous, trop sauvages.
La Brume était notoirement le plus dur des villages cachés, le plus radicalement indifférent à la valeur d'une vie humaine. Au tout début le village était né du rassemblement de ninjas déserteurs, et ceux-ci avaient fondé des familles, et ce qui n'avait été qu'un repère pour les apatrides était devenu une puissance que les autres pays n'avaient pu ignorer. La Brume accueillait sans état d'âme les traîtres d'autres nations, pour peu qu'il soient fort et prêt à tuer, à mourir.
Mais même dans ce village Zabuza était considéré comme un démon, et la crainte qu'inspiraient Saito et la lame noire de sa Shine dépassait tout entendement.

Ils étaient des sabreurs, tous, et ils savaient que parfois certaines lames forgées dans des conditions particulières ont une personnalité, un pouvoir qui leur est propre. Une volonté presque.
Et aucun d'entre eux n'ignorait la puissance de telles lames qui peuvent transfigurer leur porteur, armer son bras d'une force sans précédent. Et ils savaient aussi qu'elles peuvent également se retourner contre celui qui les manies si ce dernier ne se montre pas assez prudent. De telles armes peuvent être apprivoisées, habituées à la main de leur gardien. Mais elles ne vous appartiennent pas, jamais. Et que vous relâchiez votre prise ou ne leur apportiez pas assez de sang, et elles peuvent fort bien vous échapper.
Ils étaient trop fort tout simplement, et la main qui les tenait n'avait pris conscience de cela que trop tard.
On pouvait les utiliser, mais pas s'en rendre maître.

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Le sourire de Kisame avait lui étrangement sous la lune pâle ce soir-là. Un peu trop figé, un peu trop cruel. Le visage de Katsuko était fermé, concentré, mais dans ses yeux avait dansée une lueur féroce, étrangement semblable à celle qui transparaissait chez Kisame, et sa nervosité avait été perceptible dans la manière dont elle faisait passer les pommeaux de Teretsu d'une main à l'autre, machinalement.
Saito avait été égal à lui-même froid et tendu, comme une corde d'arc pouvant rompre à tout moment, comme un serpent prêt à frapper, Shine pendant à son flanc, pour l'instant captive de son fourreau de cuir.
Zabuza avait été appuyé contre un mur les bras croisés sur sa poitrine, paraissant somnoler, mais c'était lui qui avait tourné la tête le premier lorsque Kô les avait rejoint d'un geste invisible, apparaissant au milieu d'eux comme si elle avait toujours été là. Elle avait porté sa lame sanglée dans son dos, la seule d'entre eux à n'avoir pas donné de nom à son âme d'acier.
Elle s'était laissé glisser accroupie non loin de Zabuza, minuscule même par rapport à Katsuko, et avait sourit.

Pas un seul d'entre eux n'avait parlé, ils étaient seulement restés immobiles non loin les un des autres, écoutant la nuit et le bruissement du ruisseau tout proche, attendant.
Jusqu'à ce que Tsuishou les rejoigne enfin, puis Sakatse qui n'avait pas même pris la peine de masquer la présence crépitante et vorace de son chakra.

Zabuza s'était décollé de son mur, avait fait quelques pas. Kô s'était remise sur ses pieds, avait enfoncé ses mains dans ses poches. Tous s'étaient redressés, gardant une distance salutaire entre eux mais en alerte dans la nuit. Ils étaient là, tous les sept à présent.
Ça pouvait commencer.

Ils s'étaient consulté du regard, en silence, examinant le 'vous en êtes ?' muet entre eux.
La question ne se posait pas vraiment à vrai dire. Ils avaient tous senti l'instant ou la main du maître avait glissé. Le village n'avait jamais été vraiment suffisant, aujourd'hui moins que jamais. Le maître avait pris peur. Avec raison.
Ce n'était même pas une question de pouvoir, ou ils se seraient entretués pour décider qui aurait la position suprême. C'était plus… comme une question de principe, aussi étrange que soit ce terme appliqué à des êtres comme eux. Une décision commune pour des créatures très différentes, qui se supportaient bon gré mal gré et dont le seul point commun était leur lame et le sang versé.

Le lien du sang, une dernière fois encore, pour le défi qu'ils s'apprêtaient à lancer dans la brume naissante du petit matin, qui s'arrachait de la terre autour d'eux en volutes paresseuses.

Ils étaient des armes peut-être.
Mais le sang versé ce jour au village de la Brume le proclamerait : on pouvait les utiliser mais non pas les posséder.
C'était un pari fou, un geste inutile alors qu'ils auraient simplement pu disparaître dans le voile montant du brouillard. Mais ils étaient des créatures d'acier et de sang, et leur vie importait peu.
Le Kage avait pris peur, et essayé de se débarrasser d'eux.
Et échoué, ce qui était fort dommage pour lui.

Ils n'étaient pas de simples ninjas, pas de simples armes que l'on pouvait mettre au rebus.
Ils étaient les sept Sabres de la Brume et, le Mizukage et le conseil avaient fait l'erreur de l'oublier.
Ils n'avaient ni dieu ni maître.

Et demain ils seraient au pouvoir, ou morts, ou déserteurs.
Mais ils seraient libres.

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En ce moment j'ai une montagne folle de boulot.
J'ai réalisé que je n'avais plus que trois mois avant mon bts et je commence à paniquer serieusement.
Et puis surtout j'ai une sérieuse baisse d'inspiration, que ce soit pour Konoha Gaiden ou pour Clair Obscur. Je sais ce qui doit ce passer, je sais a peut près comment ça doit se passer.
Mais les mots ne viennent pas.
C'est peut-être dû à l'entrée en scène de nouveaux personnages que je ne maitrise pas encore bien (tant que je n'ai pas une bonne idée de leur fonctionnement interne, j'ai du mal à simplement les "poser" sur la scène et à les laissr agir comme j'ai tendance à le faire d'habitude). Ou alors j'ai perdu de vu la dynamique générale et je m'enferre dans des détails.
En tout cas pendant des semaines le peu que j'ai réussit à écrire a manqué de fluidité, de naturel.

Enfin bon, j'ai l'impression que ça va un peu mieux puisque j'ai recommencé à écrire un peu Gaiden avec du succès aujourd'hui, mais il ne faut pas attendre de chapitre avant deux semaines.

Tout ça pour dire que quand j'ai eu cette idée plutôt bizarre a partir d'un vieux proverbe anarchiste, et qu'elle s'est mise a proliférer j'ai sauté sur l'occasion et je l'ai écrite.
Ce n'est pas très long, c'est un peu étrange et revoilà mon obsessions des métaphores lamesques pour les ninjas, mais j'en suis plutôt satisfaite. Et puis il y a un vivier de méchants /personnages secondaires potentiel qui me plait. J'en réutiliserais sans doute au moins un iu deux, peut être dans Clair Obscur.
Le point de départ est que si un ninja normal à un maître, par contre, les nukenins... Ce qui a donné cette tranche de vie des épéiste de la brume et éclat d'explication de leurs motivations, juste avant qu'ils ne prennent leurs cliques et leurs clacs et leurs sabres, et ne décident d'essayer de renverser le Kage.