Salut tout le monde,

Me voici de retour avec une nouvelle traduction. Nous devons cette petite merveille d'écriture à Azrael Geffen qui m'avait déjà permis de traduire « Snape en vente ». Merci Az. Vous trouverez le lien avec la fic originale dans ma bio.

Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : Falyla

Disclaimer : Les personnages de cette fic appartiennent à JK Rowling, l'intrigue, la trame et le talent sont à Azrael Geffen, je ne revendique que la traduction.

Titre : The Darkness

Paring: HP/HG au début, puis HG/SS et HP/DM

Rating : M

Avertissement : Cette histoire est une hétfic et un slash. Le slash implique des relations homosexuelles entre hommes, si vous faites déjà la grimace, cette histoire n'est pas pour vous. Homophobes, passez votre chemin.

Avertissement (bis) : « The Darkness » est une fic très, très sombre qui pourrait choquer certaines âmes sensibles. La trame de l'histoire est basée sur des meurtres rituels pratiqués sur des enfants. Si cette idée vous met mal à l'aise, même traitée par le biais de la fiction, ne lisez pas.

Voilà, pour celles et ceux qui ne sont pas partis en courant en lisant le paragraphe juste en dessus et qui me font confiance quant à la qualité de cette histoire, bonne lecture. J'attends vos commentaires avec impatience.

The Darkness

Prologue

Peu importe à quel point les agents de police peuvent être expérimentés ou bien entraînés, occasionnellement, un cas sans précédent surgissait et défiait toute compréhension. La découverte du corps d'un jeune enfant flottant dans la Tamise s'avérait justement être un tel cas.

C'était un jour qui avait commencé comme une journée parfaitement ordinaire et en la regardant rétrospectivement, personne n'aurait pu croire que ça arriverait.

Deux filles, toutes les deux étudiantes sans argent à mettre pour devenir membres d'un club de sport, faisaient leur jogging matinal avant que le soleil ne monte trop haut dans le ciel. L'été était torride, c'est-à-dire, torride pour l'Angleterre, et elles étaient habillées de la même façon, haut bleu piscine, caleçons trois-quarts noirs et chaussures de sport. Elles avaient plaisanté sur le fait qu'elles s'entraînaient pour le marathon bien que ni l'une, ni l'autre ne croyaient vraiment qu'elles s'en préoccupaient. Elles avaient débuté leur matinée de course à pied six mois auparavant quand le temps était inhospitalier et froid et elles avaient économisé pour partir en vacances en bikini sous le soleil de Grèce. Maintenant elles continuaient leur rendez-vous quotidien avec une ferveur quasi religieuse. Elles discutaient de choses et d'autres ; des petits amis sur lesquels on ne peut pas compter, des films qui étaient passés en salle pendant l'été et leur excitation partagée pour le début imminent de l'année scolaire. Tout en cherchant l'insaisissable niveau qui pourrait être réalisé en pratiquant de vigoureux exercices physiques.

Puis l'une des filles commis l'erreur de regarder vers les bords pollués de la rivière et la journée en fut irrévocablement changée.

Plus tard, elle maudit sa curiosité, mais elle l'avait immédiatement remarqué. Parmi la vase sombre et l'eau qui clapotait, il y avait quelque chose qui ressortait des divers débris et détritus. Cette chose était plus large et plus solide et enveloppée dans un drap orange vif, ce qui était, sans aucun doute, ce qui avait attiré son attention. Elle ne pouvait pas dire ce qui avait causé qu'elle escalade le mur de pierres qui descendait vers la rive dégoûtante du fleuve ; elle savait seulement qu'elle devait y aller, comme si elle avait été appelée par une force inconnue.

Et, au milieu de la saleté, elle trouva ce qui lui garantit de ne plus jamais courir. Un torse. Un torse d'enfant.

Deux heures plus tard, les deux filles étaient assises sur le par-choc d'une ambulance, enveloppées de couvertures pendant qu'un jeune agent de police parlait de la disponibilité de conseiller des personnes comme elles. Des personnes qui avaient découvert des choses aussi terribles que celles-ci.

Le détective en chef Wyatt était en train d'escalader le mur de la rivière qui menait à la route en aboyant plusieurs ordres aux hommes vêtus de cuissardes de pêcheur qui plongeaient leurs bras dans les profondeurs à la recherche d'autres ballots enveloppés de drap, espérant que l'un d'eux contiendrait une tête, des bras ou des jambes.

Sur la route, l'agent Turner était en train d'observer les progrès de Wyatt. Elle était passée quand les deux filles hélaient quelqu'un désespérément. Turner avait tiré à la courte paille et travaillait en équipe de nuit pendant un mois, elle rentrait au poste quand elle avait vu les filles et elle savait qu'elle n'allait pas repartir de sitôt.

Une partie déraisonnable et sexiste de la mentalité de Wyatt lui donnait envie de protéger Turner de la vue du corps mutilé. Turner avait un visage juvénile qui la faisait paraître plus jeune que ses trente-quatre ans et alors il décida qu'elle ne devait pas être dans la police depuis longtemps. Il ne pouvait pas imaginer une pire façon d'être initié au côté le plus sombre du travail de la police. A son âge, pensa-t-il, elle aurait dû s'occuper des disputes de base et des plaintes de vols à l'étalage. C'était un point discutable. L'agent Turner avait gravit le mur de la rivière et vu le torse avant de demander de l'aide par radio.

Turner, elle-même, sentait une étrange combinaison de nausée et d'excitation. Elle avait déjà vu des cadavres avant, elle avait même déjà vu des enfants morts mais ça, c'était entièrement différent.

Au début, elle avait pensé que l'enfant avait été victime d'un accident de bateau. Etait-il tombé d'un pont ou d'un bateau et attrapé par des hélices ? Mais un enfant disparu aurait été quelque chose dont elle aurait entendu parler. On en aurait parlé au poste, on en aurait parlé dans les journaux. Et l'enfant avait été enveloppé dans un drap, alors, il était certain que le corps avait été placé là, dans l'eau. Il y avait d'autres choses aussi. D'autres blessures sur le corps, bien au-dessus de celles qui avaient, de toute évidence, tué l'enfant. D'étranges marques qui indiquaient que quelque chose de fou était arrivé pour amener le petit corps dans son état actuel.

Mais l'agent Turner savait qu'une fois qu'elle aurait quitté le bord de la rivière pour rentrer au poste principal, qu'au-delà de quelques formulaires rudimentaires, son rôle dans cette enquête serait terminé et elle en était reconnaissante. Elle n'avait jamais nourri le désir de travailler aux homicides et plus elle voyait le corps dans la rivière, plus elle était sûre de cette décision. Elle voulait seulement retourner chez elle et oublier ce qu'elle avait vu.

Le temps que les résultats de l'autopsie reviennent, il était devenu évident que l'enfant avait été la victime d'une meurtre rituel. Le détective en chef Wyatt n'avait jamais rien vu de pareil, mais il résista, au début, au besoin d'appeler une aide extérieure. La décision lui fut retirée des mains cependant lorsque la Faculté Nationale du Crime et des Opérations fut appelée pour soutenir Wyatt dans son enquête. Ils suggérèrent vigoureusement qu'il contacte Scotland Yard, l'informant qu'ils avaient un petit département qui pourrait l'aider dans ce genre de cas. Wyatt n'était pas idiot. Il vit que son temps sur le cas était passé et décida qu'il serait mieux pour sa carrière s'il s'inclinait gracieusement.

°°°§§§°°°

En 1951, Le Décret sur la Sorcellerie fut abrogé en Angleterre. Après les poursuites judiciaires réussies de Helen Duncan en 1944, le Premier Ministre avait inopinément avancé un projet de loi pour débarrasser la Grande-Bretagne de ce qu'il avait nommé une loi périmée et idiote. La vérité était que le pauvre homme connaissait enfin la vérité. Le même soir où Ducan débutait sa condamnation, le Premier Ministre fut gratifié de sa première visite du Ministère de la Magie qui lui expliqua, en termes on ne peut plus clairs, que le Décret sur la Sorcellerie était complètement inutile. Les vrais sorcières et sorciers ne se laisseraient jamais attraper – et s'ils le faisaient, c'était généralement exprès parce qu'ils s'amusaient à tourmenter les Moldus avant de disparaître dans un pop.

Une fois ce décret aboli, la Division des Enquêtes Magiques fut crée à l'intérieur de Scotland Yard. Le rôle de la division était d'enquêter sur ce qui s'appliquait, ironiquement par quiconque la connaissait, aux crimes magiques réels. Le petit bureau terriblement étroit était si éloigné et si profondément situé à l'intérieur du complexe qu'il y avait des gens qui travaillaient là depuis vingt ans sans avoir même réalisé que ce bureau existait.

L'agent David Thomas était à la tête de la Division des Enquêtes Magiques depuis quinze ans. Lorsque sa division avait été surnommée Warlock, Thomas avait hérité brusquement du titre de « Mulder ». En fait, sa vie n'était pas aussi passionnante, et de loin, que dans X-files. Il passait la plupart du temps à attendre des communications du Ministère de la Magie lui disant qu'une chose ou une autre était arrivée puis un suivant lui disait comment il devait traiter ça en conséquence. Plusieurs années auparavant, il y avait eu la guerre dans le Monde Magique et tout ce que Thomas en avait vu était les mises à jour hebdomadaires qui lui parvenaient à la patte d'une chouette. Avec pour résultat qu'il savait tout ce qui se passait durant leur guerre sans même jamais avoir rencontré de sorcier. Après quinze ans, il pouvait dire qu'il était un expert en histoire de la magie et en classement des dossiers – et presque rien d'autre.

Aujourd'hui était un jour différent, cependant. Aujourd'hui n'était pas seulement la première fois qu'il allait rencontrer un sorcier mais c'était aussi la première fois qu'il avait pris l'étrange vieille pièce de monnaie – selon les instructions de son prédécesseur – de son bureau afin de s'en servir.

La délégation des sorciers seraient là à une heure et demie de l'après-midi et il espérait seulement qu'ils apprécieraient le plat d'amuse-gueules qu'il avait commandé chez un traiteur sur Caxton Street. C'était la première fois qu'il avait dû puiser sur son compte de dépenses et il n'avait pas manqué de s'assurer qu'il avait commandé un bon festin. Ce n'est qu'une fois qu'il eut passé commande qu'il se demanda si les sorciers mangeaient des amuse-gueules ou si il mangeaient des choses inconnues jusqu'alors.

Il ouvrit le dossier qu'on lui avait envoyé quelques jours auparavant. C'était vraiment écoeurant mais il était un vétéran des forces de police de Londres et il avait déjà vu nombre de crimes épouvantables avant. Néanmoins, ça faisait un bon moment qu'il n'avait pas vu quelque chose comme ça. Les photos de ses plus récents dossiers étaient pour la plupart des corps étrangement intactes sans cause visible de mort.

Thomas ne s'était pas attendu à ce que quatre agents arrivent directement du bureau du Premier Ministre juste avant une heure et insistent pour assister à la réunion. Thomas n'avait que peu de choix sur la question et donc il ne put que se féliciter d'avoir commander de la nourriture supplémentaire.

13 heures 30 arriva et passa mais personne ne se montra dans le bureau de David Thomas, pas plus qu'il ne fut appelé pour qu'on lui dise que la délégation était arrivée. Après une demi-heure d'attente nerveuse, une jeune interne paniquée descendit en courant lui annoncer que trois personnes à l'allure la plus étrange qu'elle n'ait jamais vue, étaient dans la salle de conférence.

Ça lui prit une minute complète pour enregistrer que les sorciers étaient arrivés et qu'ils étaient vraiment allés dans la salle de conférence pour éviter d'être regardés comme des clowns.

Les trois sorciers dans la salle de conférence s'étaient transformés en deux sorciers et une sorcière et ils étaient tous habillés de longues robes noires et de chapeaux pointus qu'ils enlevèrent poliment quand les agents entrèrent dans la pièce. Thomas pouvait à peine le croire, ils ressemblaient exactement à ce qu'il avait imaginé, comme s'ils étaient simplement sortis d'un conte de fée.

Le plus âgé était grand et mince avec de rares cheveux roux et un long nez. Il avait une figure ouvertement amicale et paraissait plutôt content quand Thomas et les quatre agents pénétrèrent dans la pièce avec les excuses de Thomas lui-même. Près de la fenêtre se tenait un jeune homme qui regardait dans la rue. Il semblait grand au début mais lorsque l'homme le plus âgé le conduisit à la table, Thomas put voir qu'il ne l'équivalait pas en taille. Thomas décida que sa hauteur pouvait bien être une illusion provoquée par le fait qu'il se tenait avec une droiture presque rigide. Il devait avoir dans les vingt-cinq ans, des cheveux noirs en désordre et de fines lunettes à montures métalliques. Il tourna son visage étroit vers les agents quand ils entrèrent et Thomas ne put manquer de remarquer une fine cicatrice qui descendait le long de sa joue gauche et ensuite, avec un petit frémissement d'excitation, Thomas vit la cicatrice en forme d'éclair en travers de son front.

Bien sûr, Thomas savait exactement qui il était. Il avait lu des dossiers dans son bureau depuis quinze ans et il reconnut Harry Potter quand il le vit. Il sentit un frisson courir sur lui. Dans tous les comptes-rendus, Harry Potter était le héros du Monde Magique et un homme très puissant. Pourquoi avaient-ils amené quelqu'un de ce calibre ici ? Est-ce que c'était, tous comme les quatre agents derrière lui, pour épater la galerie ?

Debout près de Harry Potter, il y avait une jeune femme à peu près du même âge. La plupart des hommes l'auraient qualifiée très sérieusement de mince et jolie. Elle avait une masse de cheveux bruns bouclés qui étaient tirés en arrière et entortillés dans un chignon plutôt indiscipliné derrière sa tête. Thomas se trouva assez fasciné par ses cheveux. Il lui semblait qu'ils allaient se rebeller d'un moment à l'autre et sauter du lien qui les retenait et démasquer la fille, la révélant loin d'être aussi sérieuse qu'elle semblait être. Elle était en train de dévisager les agents avec une méfiance non déguisée et Thomas put affirmer que sa gravité n'était pas un masque et qu'elle n'était pas contente d'être là.

- Agent Thomas ? demanda l'homme le plus âgé.

Ses yeux évaluèrent les agents réunis et se fixèrent sur la bonne personne, il tendit sa main, l'air affable.

- Je suis Arthur Weasley, c'est bien de vous rencontrer enfin en personne.

Depuis des années, Arthur Weasley avait envoyé à Thomas de nombreux rapports sur divers incidents dans le Monde Magique qui auraient pu les affecter, c'était bien de le voir finalement et Thomas serra volontiers la main offerte.

- Monsieur Weasley, c'est un plaisir. C'est une honte de ne pas se rencontrer en des circonstances plus agréables.

- Oui… bien.

Arthur fronça les sourcils, probablement un peu confus. Jamais un sorcier n'avait été appelé par Scotland Yard auparavant, il était plutôt alarmé.

- Permettez-moi de vous présenter deux de nos plus brillants Aurors.

- Je vous demande pardon, fit une voix à la fois sceptique et interrogatrice derrière Thomas, vous avez dit : Aurors ?

L'agent qui avait parlé avait été présenté à Thomas comme l'agent Winters. Il s'était montré agressif bien avant l'arrivée des sorciers, comme s'il ne croyait pas qu'ils étaient réels, mais maintenant qu'ils étaient là, il semblait l'être devenu plus encore. Le ricanement dans son ton était évident et Thomas grimaça à cette grossièreté.

Cependant, Arthur Weasley ne broncha pas face à l'attitude de l'agent. Il sourit simplement aimablement et répondit :

- Les Aurors sont notre équivalent à votre police, je crois. Je pense que vous les appelleriez des… dictectives ?

- Détectives, corrigea calmement la fille et l'agent Winters sourit d'un narquois.

Arthur ne sembla pas ennuyé par son erreur ; il rit et agita la main.

- Je mélange toujours les mots moldus, avoua-t-il facilement. Les Moldus sont des gens non magiques, juste au cas où vous le demanderiez.

- Oui, bien sûr, sourit Thomas, d'un air de compréhension, mais les autres agents ne semblaient pas enchantés par cet absurde dénomination.

- Voici Harry, continua Arthur, Harry Potter et cette dame est Hermione Granger.

Aucun des Aurors ne fit un geste pour serrer la main de quiconque ; à la place, ils se tenaient debout, en silence, attendant patiemment de découvrir ce qu'ils faisaient là.

Thomas se demanda s'il devait présenter les autres agents mais, à en juger l'expression des visages des Aurors, ils n'étaient nullement intéressés de les connaître.

- Je vous en prie, dit-il. Je vous en prie, asseyez-vous… Nous allons apporter de la nourriture.

Et comme s'il avait donné un signal, la fille curieuse qui avait la première repérer les sorciers, frappa à la porte et fit rouler le chariot de thé, chargé de nourriture. Pendant un instant, elle dévisagea de façon flagrante les trois personnes qui avaient une allure si étrange puis décidant qu'ils devaient s'agir d'agents impliqués dans une sorte d'opération sous couverture, elle offrit rapidement des tasses de thé et de café et s'en alla à pas précipités. Thomas sentit son estomac s'affaisser un peu quand il remarqua que chacun des agents et Arthur Weasley lui-même avaient pris une boisson mais les deux Aurors n'acceptèrent rien et s'assirent à la table de conférence, presque hérissés d'hostilité. Regardant vers eux, il commençait à se demander s'ils n'avaient jamais souri puis il décida qu'une fois qu'ils sauraient pourquoi ils étaient là, leur hostilité deviendrait probablement véritablement ouverte.

- Je ne sais pas si vous vous tenez au courant de ce que diffusent nos journaux ou si même vous regardez les nouvelles à la télévision, commença Thomas, en détournant ses yeux des deux jeunes gens vers Arthur Weasley qui était décidemment plus amical.

- Oh, oui, nous recevons vos journaux quotidiennement, confirma Arthur.

- Alors, vous devez avoir pris connaissance de ce corps qui a été repêché de la Tamise il y a quelques semaines.

Arthur sembla y réfléchir.

- Oui, dit-il avec hésitation. C'était un enfant, n'est-ce pas ? Des nouvelles choquantes, le journal disait quelque chose sur le fait qu'il avait été démembré ?

L'agent Thomas acquiesça et son visage devint sinistre. Il glissa le classeur contenant les détails du cas à travers la table pour permettre à Arthur de les voir.

Arthur jeta un regard à ses compagnons et ouvrit le classeur. Puis il eut un haut-le-corps et se carra dans sa chaise.

- Je…

Il prit une profonde inspiration.

- Je ne comprends pas.

Harry Potter tira le classeur vers lui et regarda la photographie sur le haut de la pile. Il jeta un œil vers Thomas avec un ricanement manifeste.

- Qu'est-ce que ça a voir avec nous ? demanda-t-il brusquement. C'est manifestement une espèce de meurtre moldu.

Thomas remua inconfortablement sur sa chaise.

- Nos experts ont examiné le corps, dit-il avec le même malaise, ils sont d'accord sur le fait qu'il y a certaines… marques… qui suggèrent que c'est une sorte de sacrifice humain.

- Est-ce que vous suggérez que c'est le travail d'un sorcier ? demanda Arthur, choqué à cette idée. Je peux vous assurer, Agent Thomas, qu'aucune sorcière ni sorcier n'aurait commis ce crime. Contrairement aux idées sur ce que notre espèce fait réellement, nous ne croyons pas au sacrifice humain… et même si une sorcière ou un sorcier avait tué cet enfant, vous n'auriez certainement pas trouvé le corps flottant dans la Tamise.

Ce n'était pas cette sorte de nouvelle qui insufflait de l'espoir aux agents réunis. Thomas s'éclaircit la gorge.

- Et où aurions-nous trouvé le corps si un sorcier avait fait ça ?

- Vous ne l'auriez pas trouvé, dit Potter. Les sorciers ne laissent pas de preuves derrière eux à moins qu'ils ne veuillent que vous trouviez quelque chose. Ils n'ont pas tendance à démembrer les corps. Notre sortilège de mort est rapide et sans douleur. Il n'y a pas de sang. Une fois la victime morte, en cas de meurtre, il y a de nombreuses façons de disposer du corps. Le plus commode est de métamorphoser le corps en quelque chose d'autre et de l'enterrer, ou de le laisser où il est… ça dépend de l'habileté du sorcier.

- Métamorphoser, l'interrompit Winters, comme s'il croyait que le sorcier n'avait pas utilisé le bon mot. Et qu'est-ce que ça donnerait ?

La fille se renfrogna et la tasse de café en face de Winters se mit brusquement à pousser des cris aigus et à sa place, se tenait un gros rat noir.

- Voilà ce que ça pourrait donner, répliqua Potter.

- Nous avons de la chance, dit Arthur avant que quiconque ne soit fâché, ces dernières années, nous n'avons pas été inquiétés par des meurtres dans notre monde. Nous souffrons surtout des personnes qui désirent le pouvoir et comme notre population n'est pas particulièrement grande, si nous commençons à nous tuer les uns les autres, il n'y aurait personne pour avoir le pouvoir.

Il sourit faiblement alors qu'il réalisait que son explication ne rassurerait probablement pas les Moldus.

- Mais vous avez eu une guerre, dit un autre agent sur un ton accusateur, Thomas pensa que son nom était Murkoff, je me rappelle qu'il y a eu plein de choses inexpliquées à cette époque, de toute sorte.

- Oui, mais la guerre est finie depuis huit ans, rétorqua Arthur, d'une voix plutôt tranchante, et nous n'avons plus eu ce genre de problème depuis.

- Et considérant le nombre de pays que vous les Moldus avez en guerre, je ne crois pas que vous avez le droit de commenter la nôtre, termina Potter.

- Mais vous devez avoir cette sorte de meurtre dans votre monde, insista Thomas, suppliant presque pour un retour au calme.

- Bien sûr, répliqua Arthur, son propre ton équivalait Thomas dans son désir de paix, mais ils sont généralement très subtils. Nous nous retrouvons souvent à élucider des disparitions inexpliquées, ce genre de choses.

Encore une fois, les agents ne semblaient pas confiants. L'idée que les trois personnes assises là pouvaient soudainement les faire disparaître les effrayait, penser qu'il y avait des milliers de gens comme eux à travers tout le pays était encore pire. Les quatre agents envoyés par le bureau du Premier Ministre paraissaient un peu incrédules ; en dépit du rat qui surveillait le chariot de nourriture.

Thomas ne semblait pas surpris du tout. Il avait passé quinze ans à les étudier et il savait qu'il valait mieux ne pas les sous-estimer. Il savait exactement ce que ses collègues pensaient. Ils étaient en train de regarder les deux jeunes Aurors et pensaient : « Ils sont à peine plus que des enfants, alors que peuvent-ils faire ? ». Mais Thomas savait exactement ce qu'ils pouvaient faire. A dix-huit ans, Harry Potter mis fin à la guerre susmentionnée et il n'avait aucun doute sur le fait que la fille était aussi puissante. Il était certain qu'ils pourraient faire beaucoup.

Potter passa les photos à sa compagne et ils les étalèrent en ordre devant eux afin de les examiner rapidement. La fille remarqua quelque chose qui fit tordre son visage en froncement désapprobateur ; elle regarda Weasley avec consternation.

- Ce sont nos runes, dit-elle, ayant l'air mécontente de le confirmer, là, peintes sur le drap et ici aussi ; ce sont nos runes.

- Tu es sûre ? lui demanda Arthur.

Il n'avait pas l'air à l'aise avec cette information.

- Je pense que oui, je devrais les étudier plus longuement mais elles ressemblent aux nôtres.

Elle prit les photos du drap orange vif et des bougies de table blanches.

- Où les a-t-on trouvés ? demanda-t-elle à Thomas avec plus d'agressivité qu'il n'aurait cru qu'elle en possédait.

Thomas lui prit les photos des mains et les inspecta.

- Je crois que le corps était enveloppé dans le drap. Les bougies faisaient partie du paquet.

Hermione parut troublée.

- Je ne comprends pas, dit-elle à Potter, ces runes sont les nôtres, j'en suis certaine, mais je n'ai jamais vu un rituel comme ça. Nous ne faisons aucun sacrifice humain. Nous ne faisons aucun sacrifice d'aucune sorte !

Elle examina encore davantage les photographies.

- Un Moldu, un qui nous connaît peut-être ? Un Cracmol ?

- J'en déduit d'après votre conversation que ce n'est pas si simple et définitif, demanda Thomas.

Il devait admettre qu'il avait espéré que ce serait une espèce de crime ignoble. Il ne voulait pas que ce soit un crime magique, parce que cette idée même lui glaçait le sang. Si un sorcier était en train de tuer des enfants alors personne n'était en sécurité. Cette pensée brisait son illogique fantasme que ces gens-là étaient liés d'une manière ou d'une autre au merveilleux monde des contes pour enfants.

- Il y a une différence entre ce que les Moldus appellent les runes et ce qui est écrit dans vos livres New Age et les véritables rune magiques, expliqua Hermione, ils paraissent identiques mais, pour un œil exercé, il y a des différences marquantes. Seul quelqu'un qui nous connaît et qui a étudié considérablement est capable d'écrire avec nos runes…

Hermione se carra dans sa chaise et soupira lourdement.

- Alors, c'est quelqu'un de votre… espèce, rétorqua l'agent Winters.

- Ce que l'agent Winters veut dire… l'interrompit Thomas.

- Nous savons ce que l'agent Winters veut dire, réplique immédiatement Potter.

Il fixa d'un air furieux l'agent et pendant un moment, Thomas pensa que ce pourrait être une sorte de combat. Les sorciers ne firent pourtant aucun mouvement de violence, en fait ils semblaient maintenir très bien leur appui collectif.

Arthur tapota le bras de Potter d'une manière paternelle et offrit un sourire forcé.

- Visiblement, ce meurtre malheureux requiert une enquête plus poussée de notre part. Comme je l'ai dit, Harry et Hermione sont deux de nos plus brillants Aurors et il n'y a aucun doute qu'ils iront au fond des choses mais peut-être qu'il serait mieux que nous retournions au Ministère de la Magie pour conduire notre propre enquête.

- Bien sûr, dit Thomas, mais je vous en prie, sentez-vous libres d'utiliser nos équipements. Nous avons une vaste banque de données informatisée, ce genre de chose.

Les sorciers étaient en train de le regarder comme s'ils n'avaient jamais utilisé un ordinateur de leur vie et il réalisa que c'était parfaitement possible qu'ils ne l'aient jamais fait.

- Nous n'en avons pas vraiment besoin, lui dit Arthur gentiment, nos Aurors travaillent mieux seuls et si c'est le travail d'un sorcier, votre ban-que-de-do-nées ne pourra pas être utilisée. Peut-être seriez-vous assez aimable pour nous fournir des copies de ces photographies et tout ce que vous avez à propos du corps, ça serait beaucoup plus facile.

- Certainement, et si vous avez besoin de voir le corps ou les preuves, vous le pourrez.

Les Aurors ne parlèrent pas. Dès qu'ils eurent fini leur travail, ils se levèrent et disparurent avec des craquements sonores.

Ceci choqua Thomas et les quatre autres Moldus dans la pièce. Cependant, Arthur Weasley resta et sourit, avenant. Il se dirigea vers le chariot de nourriture et examina les sandwiches du buffet et décida qu'il serait mieux de rester et obtenir l'échange de preuves prévues aussi rapidement que possible.