Auteur : Cette histoire se passe durant "le Tome 5" ou plutot "la cinquième année" à Poudlard mais ne prend en compte aucun de ses événements. Ni du tome 6 ou du 7. Pas de spoilers. Harry Potter dans cette histoire vous semblera un peu...machiavélique. Ou peut-être juste...humain ?
Couple : Severus Rogue X Hermione Granger.
Bonne lecture !


Note de février 2020 : Je relis mon histoire et je corrige, modifie des phrases…j'espère que cette fois, ce sera parfait. (Ou presque). J'ai changé la mise en page. Je fais de mon mieux pour que cette histoire soit "lisible". Mes excuses de ne pas l'avoir retravaillé de fond en comble.
J'ai aussi changé énormément de phrases, de passages.


Chapitre I : « Fichue Grosse Dame »

Hermione Granger finissait doucement son devoir de potions assise à une table de la bibliothèque de l'école de sorcellerie. Il y avait éparpillé sur cette table située entre deux allées — celle des créatures nocturnes et celle des sorts de premiers niveaux — des parchemins où des ratures avaient été faites par rage ou par découverte d'une erreur. Il était bientôt minuit et la jeune fille ne désirait pas retrouver son lit avant d'avoir recopié son devoir.

Oh, bien sûr, le devoir n'était pas prévu pour le lendemain. Il était demandé pour la semaine prochaine. Cependant, qui cela étonnerait-il que la jeune sorcière le fît le jour même de sa demande ? Qui s'exclamerait : « Oh ! Tu as fait vite ! »

Personne, bien sûr. C'était de notion publique que Miss Granger faisait les devoirs avant tout le monde. Son ami Ron Weasley avait ri en disant qu'un jour elle arriverait à faire un devoir avant que le professeur ne le demande.

Les yeux fatigués par la faible lumière de la bibliothèque, l'estomac vide depuis plusieurs heures, Hermione Granger avait du mal à écrire lisiblement les ingrédients pour un filtre d'invincibilité. Elle était surprise qu'en année de BUSE, une potion si complexe pût être demandée comme premier devoir de cinquième année. Comme tout était possible avec le professeur Rogue, la surprise n'était pas aussi grande que, si, par exemple, le professeur McGonagall avait demandé les phases de transformation d'un animagus. Toujours était-il que la jeune fille terminait doucement, mais sûrement son devoir.

Après avoir gratté le dernier point de ponctuation de son parchemin, elle se mit à le relire. D'abord en diagonale comme toujours puis consciencieusement. L'encre fraîchement achetée au Chemin de Traverse s'accordait bien avec le parchemin de couleur brun très pâle. Hermione peaufina un « six » qui aurait pu être confondu avec un « huit » ou un « cinq » avant de replier doucement ses modestes parchemins.

Six parchemins.

Le professeur de potions et directeur des Serpentard avait pourtant demandé que deux parchemins. Que cela ne tienne. Il ne pourra pas dire qu'elle ne fut pas précise dans ses réponses ! Mais peut-être trop je-sais-tout.

Elle quitta la bibliothèque, ses parchemins sous les bras ainsi que son livre de potions, et se dirigea d'un pas fatigué vers la salle des Gryffondor. Les couloirs étaient silencieux. La plupart des tableaux dormaient ou leurs occupants souhaitaient « bonne nuit » avant de s'endormir presque aussitôt. Sa baguette magique à la main avec le sort « Lumos » enclenché, Hermione arpenta un long couloir avant de déboucher vers les escaliers. Dans le creux de sa tête, elle avait encore des notions de son devoir qui la hantaient. Avait-elle tout mis ? Avait-elle parlé de cette plume de phénix à traiter avant de la faire bouillir ou avait-elle écrit qu'il faille la cuire avant de la traiter avec le sang d'un hippogriffe adulte ? Elle posa un pied sur la première marche de l'escalier menant à la maison des Gryffondor.

Et si elle avait omis son nom ? Faire des devoirs si tard la rendait encore plus maniaque et perfectionniste que d'habitude. Elle pouvait regarder le jour d'après ? Non. Elle n'en dormirait pas. Elle déposa doucement son livre de potions sur la troisième marche de l'escalier, s'assit juste à côté et déplia son premier parchemin : nom et classe mis, écriture lisible et assez mécanique. Elle rangea de nouveau avec précaution son parchemin et se leva lentement.

Arrivée à la hauteur de la Grosse Dame, elle sursauta en entendant le tableau lui demander le mot de passe. Hermione inspira un grand coup et murmura :

— Chaussons aux pommes.

La Grosse Dame ne fit aucun mouvement. La jeune fille comprit qu'elle n'avait pas entendu. Elle parla donc plus fort. Cette fois-ci, la dame répondit très poliment :

— Mauvais mot de passe.

La Gryffondor étonnée regarda d'un air bête le portrait de la Grosse Dame en rose. Comment cela « mauvais mot de passe » ? Avaient-ils changé le mot de passe pendant qu'elle était à la bibliothèque ? Non, c'était impossible. Elle était restée presque trois heures sans voir personne et Harry et Ron étaient entrés dans la salle commune quand la jeune fille s'était dirigée vers la bibliothèque.

— Gryffondor ou pas, mot de passe refusé, on n'entre pas.

Non, elle devait entrer. Elle avait besoin de sa nuit de sommeil déjà bien entamée. Qu'allait-elle faire ? Aller dans le bureau de McGonagall et lui dire que personne ne lui avait dit le nouveau mot de passe ? Elle ne savait même pas où dormaient les professeurs.

Un vent de panique la traversa tandis que la Grosse Dame fredonnait un air de jazz.

CHAUSSONS AUX POMMES ! hurla Hermione à tel point qu'elle réveilla la moitié des portraits proches de la Grosse Dame.

— Des problèmes, Miss Granger ? retentit une voix doucereuse juste derrière la plus brillante élève de Poudlard.

La Grosse Dame bâilla. Hermione Granger eut un haut-le-cœur. Rien n'était plus humiliant que d'être là en pleine nuit coincée devant le gardien de sa propre salle commune avec tous ses livres, tous ses devoirs bien entamés dont un déjà terminé le jour même de sa demande. Et celui qui avait fait cette demande, plus ou moins cinq heures auparavant, était juste derrière elle, sa baguette avec le sort « Lumos » enclenché, son habituel costume aussi noir que ses cheveux. Elle déglutit avec peine, sentant venir les cent points de moins — au moins cent points de moins, pensa-t-elle — pour Gryffondor pour cause de « cris en pleine nuit », « mot de passe oublié », « ou impertinence à vouloir faire les devoirs le jour même ».

La jeune fille dont la fatigue la rendait moins arrogante qu'à l'accoutumée se retourna vers son professeur de potions. Le teint pâle, ses livres et ses parchemins contre son cœur, elle leva les yeux vers cet homme au regard froid, au visage insondable. La lumière du sortilège de « Lumos » lui faisait mal aux yeux tandis que le professeur descendit sa baguette afin que la jeune fille cesse de faire cette grimace digne d'un teckel. Des tâches bleutées et brunâtres se mirent à danser devant les yeux d'Hermione Granger.

— Que faites-vous, hors des dortoirs à cette heure de la nuit, Miss Granger ? demanda Severus Rogue d'une voix terne.

— Elle ne se souvient plus du mot de passe ! ricana presque la Grosse Dame avant qu'Hermione ait pu répondre.

— Vraiment ?

— Elle a changé de mot de passe et l'on ne m'a pas averti ! se défendit Hermione bien qu'elle sût que la version de la Grosse Dame était plus alléchante de point de vue de moqueries futures pour les Serpentard.

— Sur le nombre d'élèves de Gryffondor… une seule qui ne soit pas au courant… bien étrange, dit Rogue d'un ton dégagé.

Hermione avait les larmes aux yeux. Elle savait au fond d'elle que ni Rogue ni la Grosse Dame ne voudrait l'aider à ne serait-ce dormir dans un lit décent.

Elle fut prise de frissons en pensant à la longue journée du lendemain : cours de potions toute la journée. Et rien ne ferait plus plaisir à son professeur de trouver le moyen de lui faire rater des potions. Peut-être était-ce lui qui avait fait changer le mot de passe à son insu. Qui donnait les mots de passe déjà ? Le directeur de maison ou les portraits eux-mêmes ?

— Suivez-moi, Granger, lança soudainement Rogue en faisant volte-face.

Surprise, la jeune fille ne bougea pas.

— Vous voulez un mot de passe pour que vous bougiez, Miss Granger ou des points en moins à Gryffondor ?

La Miss je-sais-tout se réveilla et emboîta le pas pour suivre le directeur de Serpentard. La Grosse Dame regarda cet étrange duo s'éloigner. Un portrait à côté d'elle, celle d'une sorcière en haillons, lui murmura :

— C'était le bon mot de passe pourtant... ?

— J'en avais assez qu'elle me dérange à des heures pareilles tout ça parce qu'elle reste à la bibliothèque ou à la Grande Salle jusqu'à des heures impossibles ! Cela lui apprendra…

— Cela peut devenir intéressant…

Hermione Granger suivait timidement son professeur de potions sans avoir eu la moindre indication de l'endroit où ils étaient censés se rendre. Quelque part au fin fond de son esprit, elle avait une ébauche d'idée. Mais pourquoi en plein milieu de la nuit ? Elle fut confortée dans son idée quand ils descendirent des marches de pierres brutes avant de s'engouffrer dans des couloirs aussi sinistres que la cape du professeur.

Arrivé au donjon, là où les élèves étudiaient les potions, le professeur Severus Rogue alluma d'un coup de baguette des chandelles par-ci par-là dans la salle afin d'être suffisamment éclairé. Hermione trouva cela étrange qu'il n'allumât pas le donjon de cette grande lumière comme il le faisait pendant les heures de cours. La jeune fille posa discrètement ses affaires sur un des bureaux et attendit. Elle joignit ses mains derrière le dos tandis que son professeur sortit d'une des armoires un livre qui paraissait dépassé de plusieurs siècles à en juger par la tonne de poussière ou la couverture mangée à divers endroits.

Le silence entre les deux individus devenant trop pesant, la jeune fille eut le courage de le rompre par cette simple question :

— Que faisons-nous ici, professeur ?

Le professeur ne répondit pas, se contentant de parcourir les pages du vieux livre, penché sur une des tables. Après quelques minutes de recherches, il s'arrêta à une page. D'un coup de baguette, il fit sortir des instruments et des ingrédients de l'armoire du fond. À la vue du nombre d'ingrédients, Hermione eut un haut-le-cœur : il y en avait une bonne trentaine. Elle reconnut quelques-uns comme des langues de dragons ou des griffes d'hippogriffes. Intriguée au plus haut point, elle s'avança vers la table où le professeur parcourait les instructions d'une ou de plusieurs potions. Peut-être voulait-il confectionner une potion pour que la miss-je-sais-tout de Poudlard se rappelle des mots de passe oubliés ? Ou peut-être une potion qui rendait ignare ? Ou une qui assommait la personne qui l'engloutissait ? Pourtant, aucune de ces potions ne demandait autant d'ingrédients. Hermione en était quasi certaine.

— Coupez les griffes d'hippogriffes et celles de gobelin en fine poudre, ordonna Rogue de sa voix doucereuse sans même se retourner vers la jeune fille, bien conscient qu'elle se trouvait à quelques mètres derrière lui.

Sans même lui répondre, mais toujours aussi fatiguée, Hermione se mit à l'ouvrage. Tout en écrasant les griffes de gobelin qui — une fois écrasées — émettaient une odeur pestilentielle, Hermione se demanda pourquoi faire une potion à une heure aussi tardive. Peut-être que Rogue voulait la fatiguer le plus possible avant les cours du lendemain. Pourquoi ne pas lui avoir demandé de faire le tour du jardin de Poudlard au pas de course ? Cela aurait été plus simple.

Pendant la demi-heure qu'avait pris Hermione pour écraser toutes les griffes, aucun des deux n'avait prononcé le moindre mot. Rogue s'était contenté de peser quelque ingrédient avant de les ajouter à un chaudron avide de recettes étranges. Risquant un coup d'œil, Hermione se pencha vers le livre de potions que Rogue était en train de consulter. Profitant du fait qu'il eut le dos tourné, elle se pencha un peu plus pour lire à l'envers « Luna… », mais elle n'eut pas l'occasion de lire la suite, car son pied gauche glissa sur un des tentacules posés sur la table — un tentacule dont « elle-ne-voulait-pas-le-savoir-l-origine » — et s'écroula sur la table des ingrédients en écrasant la seule chose « normale pour un moldu » : une prune qui devait être utilisée pour la préparation de ladite potion, elle aussi.

Rogue se retourna en un instant et, d'un coup de baguette magique, il fit voler Hermione de la table et remit les ingrédients en place.

— Luna Mula. La potion de la Lune. Est-ce maladif chez vous ou est-ce de l'arrogance de ne pas m'avoir demandé ce que nous faisons ici ?

— Je vous l'ai demandé tout à l'heure, professeur.

Hermione retira un morceau de tentacule resté coller sa robe de sorcier.

— Je ne connais pas cette potion, avoua Hermione.

— Grand bien vous fasse.

Granger resta bouche bée. Qu'avait-il dit ?! Pas de « 10 points en moins pour votre ignorance » ? Elle se mit à l'observer depuis l'autre côté de la table où se trouvaient les ingrédients.

Elle se surprit à le trouver si sérieux dans son travail que cela devînt presque hilarant ou… charmant. Il coupait chaque ingrédient avec une précision chirurgicale. Rien à redire : c'était bien le maître des potions. Chaque geste, chaque coup de louche étaient fins et méticuleux.

Hermione se rapprocha du chaudron pour en apercevoir sa couleur : jaune doré. C'était une chose chez les potions qu'elle trouvait merveilleuse : peu importait la couleur des ingrédients, la potion pouvait être d'une tout autre couleur. Aucun des ingrédients qui se trouvaient dans la pièce n'avait une couleur aussi vive.

La fatigue gagnait de plus en plus la jeune fille. Elle manqua de s'endormir au bord du chaudron. Heureusement, les gestes de louche et les coups de couteau sur la table la faisaient réagir au quart de tour.

La potion avait changé de couleur. Elle était devenue d'un gris métallique.

— Quels sont les effets de cette potion ? se risqua Hermione Granger.

Le professeur Rogue prit tout son temps pour lui répondre. Il dit d'une voix remplie de mystère tandis qu'il ajoutait à la mixture le dernier ingrédient :

— N'avez-vous jamais rêvé de toucher les étoiles ?

Cette réponse fit secouer d'un air ahuri la tête d'Hermione.

— N'avez-vous jamais rêvé de chanter au firmament ?

Une potion en rapport avec le ciel ?

— N'avez-vous jamais rêvé de regarder les autres d'une autre manière ?

Hermione ne put entendre la suite de son discours : elle s'écroula morte de fatigue sur le sol du donjon. Le professeur s'agenouilla près d'elle et conclut :

— N'êtes vous jamais tombé amoureux… de quelqu'un d'interdit ?