Titre : laaaaaaapin ! oué

Auteur : Zif'

Personnages + Fandom : Saki Asakura + son volontairement anonyme galant / I'll

Court Résumé : Saki attend... attend... attend...

Note : fic réalisée pour le challenge n°7 de la communauté LJ "4 temps"... ai eu la deuxième place °w° (je gagne à chaque fois que je participe, chu trop douée XD)

oooooOOOOOooooo

Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline

De l'attendre avec un petit bouquet d'églantine

J'ai cueilli des fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu

J'ai attendu attendu elle n'est jamais venue

Zaing zaing zaing zaing…

C'était la chanson pourrie qui trottait dans la tête de Saki depuis au moins trois quarts d'heure. Trois quarts d'heure qu'il l'attendait. Sauf que là, ce n'était pas "elle", mais "lui".

Se rendait-il au moins compte de ce qu'il faisait ? Depuis le temps qu'il en rêvait, Saki s'était limite fait dessus de bonheur il y avait deux jours, quand il avait enfin réussi à lui demander un rendez-vous. Et qu'il avait accepté, en prime.

Et là, il osait être en retard ! Alors que Saki lui avait gracieusement laissé le choix de la date, du lieu, de l'heure, de ce qu'ils allaient faire… de tout en fait.

Il était même pas cap de se pointer à l'heure. Un comble, pour leur premier rendez-vous. Tout de même. Saki était contrarié. Il tssssssssa histoire d'évacuer un tant soit peu son agacement mais ne réussit qu'à se faire remarquer par une vieille et son yorkshire. Il détestait les vieilles, il détestait les yorkshires, il le détestait, lui. Comment osait-il…

Saki se secoua. La mémé sursauta. Elle n'avait toujours pas disparu de son champ de vision, la fripée ? A l'allure où elle avançait, ça n'avait rien d'étonnant. Enfin, elle pressa quand même un peu le pas, passant de un à deux kilomètres/heure, en tirant sa merde à poils qui jappait furieusement.

En plus, il commençait à faire froid. Saki avait voulu s'habiller sexy, il avait mis son fut d'été favori et une chemisette qui ne se fermait pas bien haut. Il regrettait à présent de ne pas s'être sapé comme les Esquimaux. Et il ne fallait pas qu'il tremble, toute la classe qu'il s'efforçait de garder en tenant la pose tout en serrant discrètement les poings dans ses poches allait partir en même temps, sinon.

Il eut un bref instant l'envie / la pulsion de désespoir / la tentation de fumer une clope mais il se dit qu'il aurait mauvaise haleine après, pour l'embrasser. Si tant fut que ce mou du genou se pointât un jour, crénom de Dieu.

Saki commençait à jurer, voilà qui devenait mauvais pour son karma et sa zenitude pleinement affichée –mais intérieurement sérieusement effritée.

Et en plus de faire froid, voilà qu'il commençait à faire nuit. Si ça continuait comme ça, Saki aurait l'air sacrément con avec ses lunettes de soleil sur le bout du pif. Il ne pourrait même pas le voir arriver. Il fallait faire quelque chose, de toute urgence… Saki sortit bravement une main de sa poche –non elle ne tremblait pas- et enleva ses lunettes d'un geste souple et sexy qui, à défaut de bénéficier d'un public adéquat et donc béat d'admiration devant tant de style, constituait un bon entraînement. Il accrocha les binocles à sa chemisette et renfila presto la mimine au chaud.

Et puis, il commençait à avoir envie de faire pipi… Le froid lui stimulait la vessie et en plus il avait bu un thé "Taille de guêpe" pour chasser le poil de cul de ventrounet qui osait apparaître après qu'il ait eut succombé à un croissant. Maintenant, c'était son réservoir à pisse qui était en bonne voie d'explosion. Malin.

Il attendait encore cinq minutes, et après il n'attendrait plus. On ne collait pas un lapin à Saki Asakura impunément, et sa vengeance serait terrible. Il allait le castrer, lui percer les tympans, lui crever les yeux, lui extirper les boyaux, lui…

"-Saki ?"

Saki sursauta et se retrouva devant son galant. Une colère de pouf l'envahit.

"-Espèce de goujat, gros balourd ! Ca fait trois quarts d'heure que j'attends ! Il est 18h45 !"

"-Mais, c'est l'heure que je t'avais fixée…"

"-Et depuis quand on arrive à l'heure aux rendez-vous ? Etre à l'heure, c'est être en retard ! Pour être à l'heure, il faut être en avance ! J'étais en avance, moi ! Donc à l'heure !"

Takuya haussa les épaules.

"-Désolé de ne pas avoir ton mode de pensée, poufinette chérie. Je t'emmène au resto, alors ? Et après au ciné, ça marche ?"

Saki couina, les yeux en cœur, et s'agrippa au bras de son viril et mâle Takuya-san. Quelle autorité et quelle classe ! Tout serait obligatoirement parfait pour leur première fois.

… Sinon, il le castrerait, lui percerait les tympans, lui crèverait les yeux, lui extirperait les boyaux, lui…

FIN