Disclaimer :

Les personnages de Harry Potter ainsi que les « décors, mots et créatures » sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. Il n'y a aucune intention de contre-façon ou de violation de ses droits d'auteur. Cette histoire est écrite pour le plaisir de l'écriture et ne rapportera aucun centime à son auteur.

Cette fanfic se déroule pendant la sixième année de Harry à Poudlard mais ne prend pas en compte le tome 6 de Harry Potter.

Couple : Draco / Hermione, pas de slash !!


J'avoue, ce chapitre fut long à poster alors qu'il était prêt depuis longtemps. J'ai eu quelques problèmes personnels (qui ne sont pas réglés) du style déménagement, déprime, problèmes au boulot et de santé... Bref des choses qui amassées ensemble ne motivent pas franchement pour s'occuper de tout ce qui concerne l'écriture.

Ceci explique pourquoi je ne suis pas dans le Troisième Oeil n°7, je n'arrivais pas écrire la suite de « mariage sorcier ». Par contre je serai dans le TO 8 et aussi le 9.

Actuellement, je suis en train de cogiter pour mon fanzine qui sortira cet été. En effet, comme je l'ai indiqué dans ma bio le Magic Diary n°1 est toujours disponible et comprend notamment deux one shot sur le sortilège de la St-Valentin, le premier sur la mise en place du sortilège, le second sur le couple Helga/Salazar. (Envoyez-moi un mail pour connaître les tarifs)

Pour le Magic Diary n°2 (Japan Expo 2008), il y aura deux autres one shot (dont j'espère celui sur Lily et James), la suite du Harry/Draco et de ma fic originale, et peut-être un one shot HPSS.

Enfin pour mes autres fics en cours, je vais essayer de me botter les fesses. Il ne faut pas hésiter à me rappeler à l'ordre... !

J'ai répondu aux reviews comme d'habitude. Pour Phaine, Slyth, Melissa, Lou-la-Vénusienne, Cathy, Solenn M, Le quatro Malfoyien, Hermionegranger06, Flora, Sheryne, Marika, Elana, Chalix, LoLo, Nyna, Nanou, Lorane, Clementine, OupsLove, Alice, vous trouverez la réponse à vos reviews ici : melindra . livejournal . com / 21395 . html

Pense-bête de l'auteur : Draco a la main droite collée à la main gauche de Hermione.


Chapitre 6

1

Albus Dumbledore était seul dans son bureau. Il rangea son appareil photo avant de feuilleter d'un air satisfait un vieil album de photographies. Il existait depuis l'invention de l'appareil photo et sur presque chacune de ses pages jaunies, il y avait la photo d'un jeune couple. Certains s'embrassaient, d'autres se contemplaient presque béatement. Oui, que des photos de couples... sauf une : oui, une jeune femme semblait sourire comme à une secrète ironie, toute seule sur la photo. Bellatrix Lestrange, la seule à sa connaissance qui avait mis en échec le sortilège de la Saint-Valentin de Poudlard et qui cachait avec sa main gauche. Et pour cause... Albus ne put retenir un soupir peiné en se remémorant cette malheureuse Saint-Valentin de 1968.

Puis il tourna une autre page pour contempler une photo qu'il avait toujours apprécié : celle de James et de Lily. Et comme si les personnages de la photo se sentaient observés, ils arrêtèrent, très gênés, de s'embrasser.

- La prochaine fois j'espère que ce sera Harry... Il mérite tant quelqu'un pour lui, murmura Albus pour lui-même en effleurant la photo du bout des doigts.

Le couple sur la photo s'enlaça tendrement en souriant et Albus ferma lentement l'album. Bon maintenant, il ne lui restait plus qu'à développer la photo qu'il avait prise alors que le jeune Malfoy et Hermione étaient... occupés. Il n'avait pas besoin de faire de nouvelles photos : le jeune Colin Crivey semblait très productif.

En tout cas, leur idée pour le « distraire » pendant que la jeune fille empruntait le Choixpeau était originale. Lui-même n'y avait pas pensé à l'époque.

2

Hermione referma la porte de sa chambre derrière eux. Elle était heureuse de retrouver son univers familier, mais malheureusement, elle n'était pas toute seule. Elle ne retrouverait la solitude studieuse de sa chambre seulement lorsque Malfoy ne serait plus collé à elle.

- Jolie chambre, Granger, commenta simplement Draco. Très... colorée.

Hermione aimait sa chambre et se moquait de l'avis forcément partial d'un Serpentard. En tant que Préfet, elle avait le luxe inouï d'avoir une chambre pour elle seule, dans un internat surpeuplé. Au début, cela avait signifié des soirées d'études calmes. Mais l'ambiance de la salle commune lui manquait, alors elle y était rapidement retournée pour y travailler : il y avait à l'époque les jumeaux et leurs plaisanteries, et puis Harry et Ron qui avaient besoin d'elle pour les devoirs. D'ailleurs c'était son devoir de Préfet d'être présente là-bas, non ? Par contre, elle avait pris le temps d'aménager sa chambre, en ramenant plusieurs photos de ses parents et plusieurs bibelots. Elle avait même accroché au mur une lithographie représentant un bouquet de fleurs rouges. Sa décoration était toutefois quelque peu compromise par les piles de livres posées ça et là en vrac. Son bureau était quant à lui recouvert de pochettes contenant tous les cours qu'elle suivait. Et les tiroirs de sa commode n'étaient pas correctement fermés car ils débordaient de vêtements. Même si elle était contrainte de porter un uniforme, la jeune fille aimait avoir d'autres vêtements pour sortir à Pé-au-Lard.

- Presque rangée, enfin sauf pour les livres, ajouta-t-il en prenant un cadre de photo puis en le reposant.

- J'attends une bibliothèque pour ça, répondit distraitement Hermione.

Elle posa le Choixpeau sur son lit et s'assit en face de lui. Draco resta obstinément debout :

- Et maintenant, amour ?

Elle l'ignora et fit à l'intention de l'objet :

- Comme tu peux le voir, nous sommes victimes du sortilège de la Saint-Valentin. J'ai lu dans l'un des ouvrages de la bibliothèque tu étais l'un des éléments essentiels pour que ce sortilège fonctionne.

Le bout de chiffon resta muet. Hermione poursuivit :

- En fait, la famille de ce Serpentard me tuera sans hésiter dès qu'ils seront informés de la situation. Ce n'est pas du tout ce que je souhaite, ça parait évident.

- Tu es sûre que ce chiffon crasseux t'entend ?

- Je me demandais si tu pouvais nous indiquer comment mettre fin au sortilège, ou alors au moins nous indiquer où se trouvent les tableaux perdus des fondateurs : eux pourraient peut-être nous aider.

- Ca ne sert à rien...

Hermione se mordit les lèvres tout en réfléchissant.

- Arrête de te faire ça, tu t'abîmes les lèvres, amour.

- Il faut peut-être le porter, dit-elle tout à coup. Qu'est-ce que tu disais ?

Elle prit le Choixpeau tout en parlant avant de le poser sur sa tête, dans ce geste qu'elle avait eu de six années plus tôt.

- Rien du tout amour. Rien du tout.

Draco était fasciné par l'intelligence et la capacité de concentration de la jeune sorcière. Et puis si quelqu'un pouvait les sortir de là, il était forcé de reconnaître que cela ne pouvait être qu'elle...

- Allez, aide-nous, implora-t-elle.

- Ah, Hermione Granger. Je vois que Gryffondor te convient parfaitement.

- C'est vrai, pensa Hermione sans parler. Mais lui, il ne me convient pas du tout.

- Les unions les plus durables ne se construisent pas en un jour, répondit le Choixpeau. Et celle-ci sera très réussie... Je pense que vous êtes l'un de mes meilleurs choix...

- Je vais mourir, vous croyez vraiment que c'est le but du sortilège ? Allez, dites-moi comment faire ou alors dites-nous où se trouvent les tableaux des fondateurs.

- Les tableaux des Fondateurs ? Tu es sûre ?

- Certaine ! Tout plutôt que de rester collée avec cet idiot.

- Mmh... Non. De toute façon, ils refuseront de vous aider : ils ne l'ont jamais fait en mille ans, alors... Fais confiance au jeune Malfoy, il te protégera. Il n'est pas pareil que son père. Enfin, je crois.

- Quoi, mais non ?!, s'exclama-t-elle à haute voix.

- Il n'a rien voulu dire, je suppose.

Draco s'était assis près d'elle.

- Exact.

Elle enleva le Choixpeau et il le lui prit :

- Laisse-moi essayer.

- Vous êtes têtus tous les deux.

- Elle va mourir si vous ne vous aidez pas, fit Draco en silence. Et la soirée risque d'être longue pour toi si tu ne nous réponds pas... Nous ne sommes pas prêts d'abandonner !

- Pourquoi t'en soucier, ce n'est pas ton problème, si ?

- ... Un cadavre collé à ma main, ça fait désordre. Bon plus sérieusement, si tu ne peux pas nous aider, tu peux nous dire où trouver les tableaux des Fondateurs.

- Ben tiens. Juste comme ça.

- Exactement.

- Oh ça va, vous me fatiguez tous les deux ! Faites marcher vos méninges, vous savez déjà où ils sont. Mais je suis certain que Hermione trouvera avant toi en tournant la bonne poignée de porte avec la bonne pensée... Maintenant, laissez-moi tranquille, je dois travailler ma chanson pour la prochaine rentrée.

Draco enleva le Choixpeau, furieux :

- Cette loque poussiéreuse passe son temps à parler par sous-entendu ! Il a parlé de « tourner la bonne poignée de porte avec la bonne pensée... »

- Ca ne veut rien...

Elle s'interrompit, tout en mordillant à nouveau ses lèvres.

- Ecoute, on verra ça après le bal. J'ai une petite idée...

- Le bal, c'est vrai..., soupira Draco. Nos robes de bal sont chez moi, lui rappela-t-il d'un ton grinçant. Et puis j'ai faim, il est tard.

- J'ai l'impression que tu es vraiment comme Ron en ce qui concerne la nourriture : tu as toujours faim.

- La ferme Granger.

Les rares réserves de patience de Malfoy s'amenuisaient à l'inverse que sa faim augmentée surtout quand on parlait de Ron.

Hermione secoua la tête, incapable de le comprendre : il semblait apprécier leurs réparties tout en se plaignant de la situation. Elle le fixa, tout à coup plus tranquille qu'elle ne l'avait jamais été auparavant devant elle, comme si d'une certaine façon, les choses se mettaient doucement en place. Comme s'ils trouvaient tous deux leur rythme avec ce sortilège abominable.

- Dis, je crois que j'ai une idée. Et si, avança-t-il, on trouvait un autre moyen de nous séparer ?

- Quoi, avouer notre amour profond et sincère ?, ironisa Hermione.

- Se couper la main.

- Malfoy...

- Attends, faisons ça sous la forme d'un pari ! Celui qui perd le fera, et puis ira à l'infirmerie pour prendre une potion de régénérescence.

Hermione le regarda à la fois choquée et attirée par cette solution radicale :

- Oui, mais les membres que l'on fait repousser par magie ne sont que des...

- Succédanés affreux de l'original, oui je sais. Mais entre ça et rester toute notre vie comme collés...

- Quel serait l'objet du pari ?

- Je ne sais pas...

- Malfoy, tu es un Serpentard, tu sais forcément ce que tu comptes proposer !

- Celui qui abandonnera... je veux dire, qui ne cherchera même plus à trouver une autre solution pour mettre fin à tout ça, devra se couper la main. Cela me paraît... raisonnable.

- Ca parait logique... et équitable. Sauf si nous arrivons à convaincre les Fondateurs. Donc tu penses que la situation va durer longtemps ?

- Je ne sais pas. Simplement le premier de nous deux qui craque et l'accepte devra se couper la main. Comme ça, tu pourras arranger les choses avec Weasley.

- On verra. J'imagine qu'il existe un sortilège que devra utiliser le gagnant de ce « pari » pour... décoller la main.

- Un sortilège de Découpe Chirurgicale devrait faire l'affaire.

- Tu as pensé à tout Malfoy.

Il aurait aimé dire c'était le cas. Il y avait juste une inconnue dans l'équation qui venait de tout bouleverser : ce baiser. Car plus que la réponse d'Hermione, c'était la sienne propre qui l'avait surpris. Une part de lui souhaitait à tout prix récidiver l'expérience, tandis que l'autre, la froide et terrifiante Serpentard, s'en désintéressait totalement, lui disant qu'il était un Malfoy. Et c'était tout.

- Tu acceptes le pari ?, demanda-t-il enfin.

Hermione contempla leurs mains liées, main gauche et main droite. Si jamais elle perdait, elle mettrait un gant sur sa « nouvelle » main pour la cacher, voilà tout. De toute façon, elle n'avait aucune raison de perdre ce pari : Malfoy devenait trop dangereux pour elle. Beaucoup trop depuis ce baiser.

- J'accepte. Et toi ?

- J'accepte aussi.

- Voilà une décision que je ne pensais jamais avoir à prendre, commenta la jeune fille un peu décontenancée par la situation.

- La vie est faite de choix : tout ce qui compte est de faire les bons, fit-il avec un bref haussement d'épaules.

- Sans doute.

La cloche du dîner les interrompit. Hermione se leva :

- Il va falloir aller manger devant tout le monde...

Son ton était rien que moins enthousiaste.

- Hors de question : en plus, on doit encore s'habiller pour ce maudit bal et si les robes ne conviennent pas, je vais devoir modifier l'une des miennes pour pouvoir la porter.

Hermione fronça les sourcils :

- Comment ça ?

Il la fixa de ses yeux gris et glacés :

- Je suis un Malfoy : tu crois vraiment que je vais ouvrir un bal dans des guenilles sur le dos ? Désolé, mais j'ai une image à entretenir. On devrait se dépêcher d'aller chez moi.

Hermione en avait un peu assez de subir les changements d'humeur du jeune homme : par moment, il semblait presque sociable, à d'autres son ironie mordante avait vite fait de la blesser, et puis enfin, il pouvait être effrayant. Comme lorsqu'il avait suggéré ce pari, avec une froide logique : à l'entendre, se couper la main semblait presque normal...

Elle le suivait en silence après avoir pris soin de prendre un pyjama au cas où elle ne puisse pas revenir dans sa chambre pour la nuit. Elle n'était pas surprise qu'il ne lui ait même pas demandé si elle avait de son côté une robe de bal convenable. De toute façon, elle n'en avait pas racheté depuis le bal des Trois Sorciers en quatrième année et sa robe était devenue bien trop serrée.

3

Les couloirs étaient à nouveau et par chance déserts : les élèves se trouvaient déjà dans la salle à manger, s'attendant sans doute à les y trouver tous les deux, pour jouer leur rôle de victimes de la Saint-Valentin. Le supplice d'être dévisagé par plusieurs centaines d'élèves leur était encore épargné. Pour l'instant, car lorsqu'ils ouvriraient le bal, seuls au milieu de la piste de danse ce serait une autre histoire.

Elle fut distraite un moment par la découverte de leurs robes de bal. Elle s'était attendue un peu à tout. Des robes avec trop de dentelles, comme la robe de Ron en quatrième année. Ou encore avec des couleurs de mauvais goût, ou avec des motifs de décoration surchargés.

Les deux robes étaient posées sur le lit du jeune homme. Elles étaient blanches, très blanches avec des attaches et de boutons argentées, qui leur donnaient un air de robe de marié du plus mauvais aloi. Il n'y avait aucune autre fioriture. Hermione fit un effort de mémoire et se rendit compte qu'elles étaient semblables à celles de tous les couples des autres années qui avaient du se soumettre à l'obligation d'ouvrir le bal... Elles semblaient impossibles à mettre mais en les essayant, Hermione découvrit qu'un sortilège - certainement créé par une sorcière couturière - permettait de les enfiler même lorsque vous aviez la main collée à celle quelqu'un. Draco avait fait la grimace en voyant les robes, mais cet immense avantage l'avait convaincu de porter la sienne.

Comme pour le midi, leur dîner avait été servi dans le petit salon des préfets. Et comme pour le midi, les petits pois et l'entraide étaient de rigueur... Ils mangèrent en silence, un peu tendus d'être bientôt le point de mire de tous les élèves.

- Si jamais... si le sortilège perdure, finit par demander Hermione, comment va-t-on faire pour dormir ?

- Comme pour les toilettes : ensemble, répondit Draco tout en finissant sa troisième part de dessert.

- Il est hors de question que je dorme dans la chambre d'un garçon, d'un Serpentard avec toutes ces couleurs hideuses et glauques, fit-elle franchement.

- Et tu crois que le rouge et or tapageur c'est mieux ?

- Non c'est chaleureux, mais c'est un mot que tu ne peux pas connaître.

- Bon écoute puisque tu ne veux pas dormir dans ma chambre et moi dans la tienne, il ne nous reste plus qu'à dormir dans le couloir : au moins nous serons mécontents tous les deux ! Et je suis sûr que Rusard sera ravi…

- Comment, mais comment arrives-tu à… à prendre les choses avec autant d'indifférence !, finit par crier Hermione. Comme si rien n'avait d'importance !

Draco s'essuya posément les lèvres avant de poser sa serviette.

- Tu n'es jamais contente, que veux-tu que je te dise !, dit-il en haussant les épaules. Et quand j'essaie d'être conciliant, tu me cries dessus !

- Ce n'est pas ça dont je te parle, corrigea Hermione excédée. Comment fais-tu pour être si… indifférent ?

- Je ne le suis pas, fut la réponse immédiate. Mais j'essaie de rationaliser ce qui se passe. Et j'attends que ça passe, voilà tout. On a apprend très vite à se contrôler dans ma famille. Bon, on a encore un peu de temps avant le bal...

- N'essaie pas de changer de sujet, Malfoy. Et c'est tout ? Comme ça ? Alors que tu peux être si insultant la plupart du temps...

- Ah tu crois que la situation a changé parce que je ne te lance pas du « Sang-de-Bourbe » à toutes les phrases, peut-être ?, releva Draco avec énervement. Tu veux me dire à quoi ça servirait ? Tu ne sais pas que tout l'art de l'insulte est de la placer au bon endroit, au bon moment ?

- Non parce que tu ne l'as jamais fait par le passé, alors tu comprendras que je ne te crois pas !

- Là tu es en train de m'insulter !

- Et c'est seulement maintenant que tu t'en aperçois ?, ironisa Hermione. Tu devrais te couper la main pour ton manque d'observation.

- Je sais que nous avons fait un pari, mais quand même ! Enfin, je crois que je vais gagner.

- Ah oui, et comment ?

- Laisse-moi un peu de temps, amour...

- Arrête de m'appeler comme ça !!

- Pourquoi, amour ?

- Parce que toi en train de dire ce mot, c'est une incohérence. Comme si tu étais capable d'aimer !

Les mots moururent et le silence s'installa. Draco se laissa tomber sur le lit et s'allongea dans un soupir las. Hermione dut s'asseoir elle aussi :

- Tu es vexé par ce que j'ai dit ?

- De temps en temps j'aime apprécier les qualités du silence. Alors, je t'en prie amour, à moins que tu en sois incapable, j'aimerais goûter à nouveau à ce silence qui m'est refusé depuis que nous sommes collés, expliqua-t-il avec une certaine emphase.

Mortifiée, Hermione se tut. Tant et si bien, qu'elle entendit la respiration de Draco devenir de plus en plus paisible. Pour finalement s'endormir. Pendant plusieurs minutes, elle se contenta d'écouter sa respiration, lente et profonde, tout en le dévisageant attentivement.

Elle ne l'avait jamais trouvé beau. Quand il était éveillé, il avait toujours cette arrogance qui transparaissait dans chacun de ses mots, de ses gestes et qui le rendait souverainement déplaisant. Mais là, dans l'abandon du sommeil, elle reconnut à contre coeur qu'il avait les traits fins et réguliers. Ses lèvres entrouvertes qui n'étaient plus pincées et ne laissaient plus sortir d'inepties, semblaient esquisser un sourire vulnérable, tout en exprimant une certaine sensualité. Son nez droit, la marque de sa famille, avait une certaine beauté. Et ses cheveux toujours noués en catogan adoucissaient encore le tableau, car lorsqu'il les avait courts et coiffés en arrière, cela appuyait son arrogance innée.

Elle finit par détourner le regard, presque troublée, chassant de son esprit le souvenir de ce baiser : ce n'était pas encore le moment pour y penser. Quand elle serait seule, pas avant. Et comme pour se venger d'avoir trouvé Malfoy « regardable », elle se dit pour elle-même :

- Et pendant que Môssieur dort, on perd du temps. On devrait déjà être habillés.

Elle se tourna à nouveau vers le jeune Serpentard endormi.

- Et pourquoi est-il fatigué ? Mauviette, grommela-t-elle.

- Je ne suis pas une mauviette, murmura Draco sans ouvrir les yeux, mais il se trouve qu'un problème dans les dortoirs m'a empêché de dormir une partie de la nuit. Alors je suis fatigué.

- Que s'est-il passé ? Tu m'as déjà dit que les élèves de Serpentard se blessent régulièrement tout à l'heure, lui rappela-t-elle.

- Crois-moi tu ne veux pas savoir ce qui se passe dans les cachots la nuit…

- Bah de toute façon je finirais bien par le savoir, dit Hermione en levant leurs mains collés.

- C'est vrai... Bref en journée je récupère souvent. Et je manque certains cours. Snape me le permet parce que nous avons tous les deux besoin de sommeil. Nous prenons une nuit de « garde » chacun notre tour.

- Eh bien, si demain nous sommes toujours collés, tu ne manqueras plus de cours.

- Je peux être insupportable quand je n'ai pas assez dormi.

- Je n'en doute pas un seul instant. Je te signale que c'est pareil pour moi lorsque je manque des cours ! En attendant, si on ne se dépêche pas...

- Je sais, ce satané bal, fit le Serpentard en se levant lentement.

Ils mirent un certain moment à mettre leurs robes, mais ce qui prit plus de temps, ce fut bien Draco devant son miroir. Il lissa d'une main sa chevelure aux boucles souples pour tirer ses cheveux en arrière : son visage retrouva aussitôt sa dureté coutumière.

- Tu devrais éviter de faire ça, ne put s'empêcher de dire la jeune fille.

- Et c'est toi, l'experte aux cheveux en bataille qui me dit ça ?, se moqua-t-il aussitôt sans s'interrompre.

Hermione contempla son visage dans le miroir où Draco se mirait comme à la recherche de la plus petite imperfection après s'être rasé avec soin : il avait raison, ses boucles folles et indisciplinées encadraient son visage comme pour l'étouffer. Quoi qu'elle fasse, elle ne serait jamais belle... sauf si elle utilisait plusieurs flacons de Mise-en-Plis comme en quatrième année. Et encore.

- Aide-moi plutôt à les attacher.

La jeune fille, vexée, répliqua :

- D'accord et tu dormiras par terre.

- Quoi ?

- On jouera à pile ou face juste pour savoir dans quelle chambre on dort. Après tout puisque tu aimes les paris, cette idée devrait te plaire.

- Pourquoi ne pas...

- Non, on ne pariera pas sur celui des deux qui dort par terre.

- J'allais dire « pourquoi ne pas en reparler tout à l'heure », fit Draco avec une parfaite mauvaise foi. Et puis avec nos mains collées, cela me parait difficile à mettre en oeuvre. De toute façon peu importe, on va être en retard.

Hermione ne répondit pas, trop occupée à gérer sa brusque angoisse : elle allait devoir danser en public - ce qui en soit n'avait pas une grande importance - mais surtout avec Malfoy. Tout le problème était là.

4

Albus faisait les cents pas, très ennuyé : les deux vict... Non, élus de la Saint-Valentin étaient très en retard et les élèves s'agitaient de plus en plus, impatients de profiter du bal. Il eut un soupir de soulagement lorsqu'il les vit enfin franchir le seuil de la Grande Salle décorée pour l'occasion. Albus était très satisfait des centaines de petits coeurs qui volaient par magie et des angelots qui se baladaient avec leur arc doré : on lui avait suffisamment reproché ses nains déguisés en cupidon lors du Bal des Trois Sorciers. Cette année, il avait veillé à tous les détails sauf un : ses victimes étaient en retard. Il prit le Choixpeau des mains d'Hermione qu'elle lui tendit puis demanda, quelque peu énervé :

- Dites-moi un peu ce qui vous a retenu. Vous avez plus d'une demi-heure de retard !

- Son séjour dans la salle de bain, répondit Draco avant même qu'Hermione ait pu ouvrir la bouche. Vous savez ce que c'est.

Il jeta un regard éloquent à la jeune fille.

- Non mais, tu crois que...

Albus avait déjà fait signe au groupe des Bizarr'Sisters de commencer à jouer.

- Dansez : tous les élèves ont suffisamment attendu comme ça pour s'amuser, ordonna le directeur tout en les poussant vers la piste de danse.

Il s'écarta pour amplifier sa voix d'un sortilège et déclarer à toute la salle :

- Bienvenue à notre bal annuel de la Saint-Valentin qui va enfin commencer. Je vous prie de nous excuser pour ce retard, mais je vous rassure, le bal s'achèvera un peu plus tard ! Et comme chaque année, le couple uni cette année par l'antique sortilège de Poudlard va ouvrir le bal, seul sur la piste ! Voici Draco Malfoy et Hermione Granger, notre nouveau couple de la Saint-Valentin, applaudissez-les comme il se doit !

Si les élèves de Poufsouffle et de Serdaigle applaudirent poliment, ceux de Gryffondor s'arrêtèrent très vite. Et un lourd silence régna parmi les élèves de Serpentard, car aucun ne voulut applaudir... Au contraire, l'une d'elle en particulier détailla en sourdine plusieurs techniques de meurtre à ses camarades qu'elle envisageait de mettre en application très rapidement.

Hermione accrocha brièvement le regard noir de rage de Pansy Parkinson tout en marchant vers le centre de la piste : elle comprit immédiatement que les ennuis ne faisaient que commencer.

- Au fait, tu sais danser ?, demanda son cavalier.

- Je ne te marcherai pas sur les pieds si c'est ce que tu veux savoir. Même si ce n'est pas l'envie qui m'en manque !

- Tu es sûre que c'est tout ce que tu veux me faire ?, susurra Draco avant de l'enlacer contre lui.

Hermione ne put contrôler une brusque rougeur qui envahit ses pommettes.

- Arrête ça, répliqua-t-elle sèchement.

- Comme tu veux, amour.

Et il prit la main libre de la jeune fille pour lui faire un baise main.

- Tu rougis encore, constata-t-il infiniment satisfait.

- Qu'est-ce que tu cherches à faire ?, fit-elle furieuse et gênée. Démontrer que je suis amoureuse de toi pour gagner ce fichu pari à cause d'un simple baiser ? Eh bien non, alors arrête ça et dis-moi : qu'est-ce que tu veux de moi ?

- Je ne sais pas, murmura Draco surpris par sa réaction si vive.

Cet instant ne dura que quelques secondes, mais Hermione eut l'impression d'apercevoir le véritable Draco, celui qui se cachait parmi tous ces masques. Comme s'il était lui-même surpris de sa propre obstination à la provoquer, et que cette surprise l'avait dévoilé un instant, montrant sa vulnérabilité.

Elle n'eut pas le temps de répondre car quelqu'un venait de lui taper doucement sur l'épaule. Elle se retourna pour faire face à Albus : c'était la première fois qu'elle le voyait aussi contrarié.

- Vous devez danser, je vous le rappelle ! La chanson est commencée depuis un moment !

Il ne s'éloigna que lorsqu'ils se mirent enfin à danser.

Hermione sentait la paume chaude de Malfoy sur sa hanche, son souffle tout proche et ne comprit pas : elle avait déjà dansé auparavant et la proximité que nécessitait la danse ne l'avait jamais dérangé. Jusqu'à maintenant. Draco faisait le même constat : il avait dansé régulièrement lors des réceptions de ses parents. Alors aucun d'eux ne dit un mot avant la fin du morceau, chacun muré dans ses pensées.

Et au moment où ils s'éclipsaient à la fin de la danse, Albus leur dit d'un ton narquois :

- Quoi pas de baiser pour la fin de la danse ?

Aucun des deux ne sut que répondre, mais tous deux rougirent dans un bel ensemble...

5

Harry était à côté de son meilleur ami lorsque le couple de la Saint-Valentin fit une entrée d'autant plus remarquée qu'ils étaient très en retard.

Lorsque les jumeaux avaient acheté un nouveau costume de soirée à leur frère pour respecter la promesse faite à Harry l'année précédente, Ron avait choisi avec beaucoup de soin. Il comptait alors sur cela pour oser inviter Hermione et danser avec elle au bal de la Saint-Valentin. Il avait longuement hésité pour choisir, comme beaucoup d'élèves, un smoking simple et très élégant. Lorsqu'il avait revêtu ce costume, dans le miroir il avait vu un homme et non plus un gamin qui commençait à se raser. Il s'était dit que, puisqu'il se voyait autrement, elle le ferait aussi.

Alors quand Ron vit Hermione, sa main gauche collée à celle de Draco, il pâlit tout à coup. Puis il rougit. Ils marchaient d'un pas égal, presque harmonieux. Il était trop loin pour se rendre compte de l'attitude crispée de la jeune fille ou le pli rageur des lèvres de jeune Serpentard. Il rougit sous la colère et la déception, puis il pâlit à nouveau lorsqu'il réussit à s'approcher et à voir l'expression de Hermione. Il restait partagé entre sa peine pour elle et sa jalousie.

Le tout sous le regard perplexe mais attentif de son meilleur ami, celui qui essayait de lui remonter le moral depuis qu'il savait. La seule chose que Ron trouva à dire fut :

- Bon, je ne vais pas pouvoir danser avec elle ce soir, je crois bien.

- Non effectivement, approuva Harry avec sérieux.

- Mais je suis sûr de gagner mon pari : ils sont comme sur les photos, mal à l'aise.

Harry se retint de lui dire que les « collés » étaient toujours mal à l'aise les premiers temps.

- Bien sûr Ron.

- Je n'ai pas attendu si longtemps pour rien, n'est-ce pas ?

- Mais non !

- Parce que ce serait trop bête. Vraiment trop bête.

Le couple était seul sur la piste et semblait discuter âprement au lieu de danser, jusqu'à ce que Dumbledore vienne gentiment les rappeler à l'ordre.

Et lorsque enfin, ils se lancèrent, eh bien... Ils dansaient ensemble certes, mais avec une certaine raideur et visible manque d'enthousiasme.

- Viens Ron, allons danser.

- Pas ensemble, grommela Ron.

Harry éclata de rire :

- Mais non voyons, qu'est-ce que tu croyais ? Allez, crois-moi, Hermione est plus à plaindre qu'autre chose ! Si quelqu'un peut se sortir d'un sortilège pareil, c'est bien elle et tu le sais.

Si c'est possible, pensa Ron sans oser le dire à haute voix.

Pour le moment, son seul espoir, c'étaient les photos : sur elles, tant Hermione que ce rat de Malfoy cherchaient à tout prix à se dégager. Il fallait faire confiance à la volonté de la jeune sorcière... et ne pas gâcher le seul bal de toute l'année qui était donné à Poudlard. Ron finit donc par danser, car de toute façon, les « collés » disparurent dès la première danse achevée, sous le regard quelque peu courroucé du directeur...

6

- Viens !, lui intima Hermione.

- Mais où...

- La Salle sur Demande, évidemment : les tableaux des Fondateurs sont là-bas ! Tu viens ou je fais finir par croire que tu ne veux pas être « décollé » ?

- La Salle sur... Oh bien sûr « la bonne pensée, la bonne poignée de porte », hein !

- Bien sûr. Je pensais que tu avais deviné depuis longtemps.

Le regard du jeune homme s'étrécit sous la contrariété :

- Arrête ça.

- Quoi donc ?, fit-elle presque avec naïveté.

- De me prendre pour un idiot.

- Non pas pour un idiot, Malfoy, mais pour quelqu'un qui n'y avait pas pensé, tout simplement. Arrête plutôt de tout prendre comme une attaque personnelle, j'ai l'impression que c'est un réflexe chez toi !

Hermione continua à monter les escaliers, très satisfaite de sa remarque, à laquelle il ne saurait répondre, elle en était certaine. Draco soupira et fait remarquable, ne dit effectivement rien. Il contrôlait tout simplement sa colère. Quand votre pire ennemi est sur le point de vous aider, la chose la plus intelligente à faire est de le laisser faire...

- Je me rappelle que les elfes de maison appellent cette salle, la Pièce Va-et-vient, murmura Hermione pour elle-même lorsqu'ils arrivèrent enfin sur le palier du septième étage.

Ils faisaient tous deux face au mur vide, la tapisserie de Barnabas le Follet derrière eux.

- A toi l'honneur puisque c'est ton idée, fit alors Draco.

Tout en se disant qu'il était possible que les Fondateurs, même sous leur forme de tableaux ne se laissent pas si facilement approcher. Il serait particulièrement intéressant de la voir échouer, même s'il ne le souhaitait pour rien au monde.

Ils arpentèrent trois fois cette partie du couloir, Hermione se concentrant à chaque pas. Mais la porte n'apparut pas.

- Flûte, qu'est-ce qui peut bien clocher ?

La jeune fille se tapotait les lèvres de sa main libre, essayant de trouver la raison de leur échec. Draco aurait apprécier qu'elle trouve un autre moyen de réflexion, car il semblait qu'elle adorait martyriser ses lèvres sous l'effet du stress ou de la concentration. Et il se souvenait parfaitement de ces lèvres-là... Trop même.

- A quoi tu as pensé ?, fit-elle à tout trac.

- Que tu avais les lèvr... Que tu avais l'air concentré.

Elle fronça les sourcils :

- Donc tu n'as pensé à rien.

- Rien de spécial, oui.

- Tous les deux Malfoy, nous devons nous concentrer ensemble sur les Tableaux !, le sermonna-t-elle.

Si seulement elle pouvait perdre l'habitude exaspérante d'avoir souvent raison !

Ils refirent le même trajet et cette fois la porte apparut. Porte qu'Hermione ouvrit avec soulagement.

La pièce dans laquelle ils entrèrent était étrange, toutes les fenêtres étaient en hauteur et chacune d'elle était positionnée de manière à ce que la lumière du jour ne touche jamais les tableaux exposés. Car si à Poudlard il faisait nuit, ici on était en milieu de journée. Peut-être que les elfes de maison avaient raison : toutes les salles que l'on peut obtenir correspondaient à une salle qui existait quelque part et que c'était juste un « échange » de salle.

- On dirait un musée, fit tout à coup Hermione.

- Où il n'y aurait que deux tableaux ? Ca m'étonnerait.

Deux immense tableau recouvrait chacun un mur : l'un représentait Rowena Serdaigle et Godric Gryffondor, le second Helga Poufsouffle et Salazar Serpentard. Et chaque couple était dans la même situation que leurs malheureux spectateurs : leurs mains étaient « collées » ensemble.

Hermione fit un pas vers le tableau où se trouvait Godric, et au même moment, Draco s'avança vers le tableau de Salazar. Et comme le matin, ils tombèrent sur le sol pavé de marbre blanc.

Rowena leur jeta un bref coup d'oeil dédaigneux et reprit sa lecture.

- Charmant, commenta Helga. Vraiment charmant. Ah ce sortilège est une véritable réussite !

Salazar consentit à les regarder, juste le temps de lancer :

- Helga... Je ne parviens pas à croire que ce sortilège existe toujours. Il n'aurait pas du s'affaiblir avec le temps ?

- Bien sûr que non, mon choupinet, répliqua la fondatrice de la maison des Poufsouffle.

- Bon sang, arrête de m'appeler comme ça. Je suis un sorcier pratiquant la magie noire, tu comprends, pas quelqu'un qu'on appelle « choupinet ». Tu sais combien de fois mes confrères se sont moqués de moi avec ça ?

- D'accord mon doudou, renchérit Helga. Je t'appellerai autrement. Je suis sûre que je vais trouver quelque chose d'aussi mignon et adorable que toi.

- Cette femme me rend folle, grommela Salazar. Et ça fait mille ans que ça dure.

- Je sais, fit Helga avec une intense satisfaction.

- Tu pourrais avoir l'air moins contente de toi.

Hermione se racla la gorge et lança, tout à coup très timide :

- Dites... Nous sommes désolés de venir vous déranger, mais en fait on se demandait s'il existait un contre sortilège au sortilège de la Saint-Valentin.

Helga lui sourit gentiment :

- Pourquoi cela, chère petite ?

Pour tout réponse, Hermione leva leurs mains jointes :

- Sa famille va me tuer pour cela.

- Pourquoi ?, demanda Salazar tout à coup intéressé.

- Parce que je suis née dans une famille de simples mortels, des moldus.

- Ce qui justifie la peine de mort dans ma famille, compléta Draco.

Helga eut un large sourire :

- Par Merlin ! Ce que c'est romantique ! Vous me faites penser à Roméo et Juliette !

- Euh... Pas vraiment et puis, je n'ai pas envie de mourir, fit Hermione quelque peu désarçonné par l'attitude d'Helga. Et puis comment connaissez-vous Roméo et Juliette ? La pièce a été bien écrite il n'y a que quelques siècles ?

Salazar lui fit un clin d'oeil :

- Il y a d'autres tableaux dans ce musée, et beaucoup contiennent des livres... Et puis Helga est toujours comme ça. Romantique et enthousiaste.

- Trop romantique et trop enthousiaste, oui, corrigea Rowena d'un ton aigre.

Elle avait fermé son livre : de toute façon, elle avait de grandes difficultés à lire avec une main. Godric lui, paraissait complètement indifférent à la conversation plongé dans l'étude d'un vieux parchemin. Hermione se demandait même s'il avait remarqué que sa main était collée à celle de Rowena... Certainement, mais il semblait complètement s'en moquer. Il ne ressemblait pas du tout à l'idée qu'elle se faisait de lui.

- Mourir n'est pas romantique, lâcha Draco. Et se trimballer un cadavre non plus, notez bien.

- Eh bien, vu comme ça, j'imagine que non, concéda Helga.

- Toi tu es un élève de la maison de Serpentard, devina Salazar. Et toi, jeune fille ?

- Gryffondor.

- Un couple intéressant, commenta Godric le nez toujours dans son parchemin. Pas facile, mais intéressant.

- Bon, est-ce que vous pouvez nous aider ?, demanda Hermione.

Car elle devinait qu'ils étaient capables de parler des heures, sans aucune notion du temps, en bons personnages de tableaux qu'ils étaient.

- Non, intervint Rowena. Nous en avons fait une règle : pas d'exception, aucune exception en fait. Même pour nous ! Le sortilège a gagné en puissance justement à cause de ça.

- Vous ne pouvez rien faire pour nous aider ?, balbutia la jeune fille.

Elle était devenue très pâle.

- Plus exactement, même si nous le pouvions, nous ne le ferions pas, précisa Salazar avec un sourire en coin. Cela fait partie du sort lui-même : si nous le défaisons, ne serait-ce qu'une fois, il y aura certainement des conséquences.

- Puisque ce sortilège est « ancré » dans le château, indiqua Rowena. Il participe à la magie de ce lieu et réciproquement. Si nous l'annulons, je pense que Poudlard tombera en morceaux. A mon avis, ce sortilège durera bien encore mille ans.

- Encore mille couples, donc, résuma Godric. Mille épreuves à surmonter...

- Elle risque de mourir et cela vous laisse indifférent ?

Salazar lui jeta un coup d'oeil acéré :

- Et toi visiblement, cela ne te laisse pas indifférent... En tout cas, tu seras là pour la protéger, n'est-ce pas ? Alors pourquoi voudrais-tu que nous intervenions ? Et puis si elle meurt, quelle importance pour toi ?

Draco ouvrit la bouche pour la refermer. Salazar venait de sous-entendre un certain nombre de choses déplaisantes en quelques questions percutantes, et il avait le sentiment qu'en y répondant, il ne ferait que renforcer les allusions du sorcier.

- Très bien, dit Hermione encore sous le choc de leur refus.

Elle était si sûre d'avoir réussi : après tout, elle était toujours parvenue à résoudre les difficultés sur sa route. Le sortilège de la Saint-Valentin n'aurait du être qu'un simple obstacle. Et puis il y avait Bellatrix...

- Vous être certain que le sortilège n'a jamais été mis en échec ?, insista-t-elle. Même avec Bellatrix Black ?

Les quatre fondateurs la regardèrent, une expression froide et sévère sur l'ensemble de leurs visages :

- Non le sortilège a parfaitement fonctionné, fit Helga. Mais elle... Elle !

- Cette femme est d'une rare cruauté, coupa Rowena.

- Il s'agit de ma tante, glissa Draco tout aussi froidement.

Un nouveau silence, mais cette fois, les Fondateurs regardaient Hermione d'un air compatissant.

- Comme je te le disais tout à l'heure, ce sera ton rôle de la protéger, dit enfin Salazar. Même de ta tante. Nous, nous ne pouvons rien faire. Nous sommes morts depuis longtemps, il faut bien le dire...

- Juste une dernière question : comment savez-vous ce qui s'est passé avec la tante de Malfoy puisque vous n'êtes plus à Poudlard ?

- Le crois-tu vraiment ?, fit en manière de réponse Godric. Après tout, nous avons créé cette école, tu sais...

Le sourire amusé du fondateur de Gryffondor indiquait qu'il y avait beaucoup de choses que la jeune fille ignorait. Visiblement, les fondateurs gardaient toujours un oeil sur ce qui se passait à Poudlard, mais sans pourtant intervenir...

7

Draco et Hermione restèrent un moment dans le couloir, bien longtemps après que la porte de la salle sur demande ait disparu.

Hermione finit par dire d'une petite voix fatiguée :

- Est-ce que... tu m'aideras ?

- Tu oublies juste une chose Granger ; après tout il reste notre pari, non ?, fit-il sans répondre.

- Justement : j'ai la vague impression que je serais davantage en sécurité si je reste près de toi : après tout, ni ta mère ni ta tante ne prendront le risque de te faire du mal, non ? Et toi non plus, puisque j'ai cru comprendre que tu ne voulais surtout pas attirer l'attention de Dumbledore cette année. Tu as donc tout intérêt à ce que les choses se déroulent normalement, comme chaque année. Je n'ai aucun intérêt à perdre ce pari, Malfoy.

- Figure-toi que moi non plus.

- Alors nous allons rester ensemble un bon moment, je crois bien, commenta Hermione.

Intérieurement, elle n'en menait pas large. Toute la journée, elle avait essayé de rationaliser la situation en se convainquant que cela ne durerait pas. Qu'elle trouverait une solution, car elle trouvait toujours une solution.

Draco bailla :

- Ecoute, allons dormir. On y verra plus clair demain. Et avant que tu ne dises quoi que ce soit, ce soir on dormira dans ma chambre.

- Pourquoi ?

- Parce que mon lit est plus grand que le tien.

- Tu vas dormir par terre, oui !

- Tu rêves Granger !

- Rappelles-toi ce que je t'ai dit aux toilettes : je te déconseille de dormir en ma présence.

- Ca marche dans les deux sens.

- Oui mais est-ce que tu prendras le risque, Malfoy ? C'est la véritable question.

Il la regarda, l'air mauvais.

- ... Très bien, lâcha-t-il du bout des lèvres. Pour une nuit, je veux bien faire un effort.

- Comment ça une nuit ?

- Parce que je suis certain que tu ne vas supporter longtemps la situation et que tu me supplieras qu'on te coupe la main !

- Alors tu me connais vraiment mal.

Intérieurement elle devait admettre que la possibilité était réelle : qui sait ce qu'elle serait capable d'accepter après plusieurs jours d'intimité forcée avec ce Serpentard moqueur ?

Ils marchèrent en silence jusqu'aux appartements de Malfoy.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE (nan, sans rire ! Je vais enfin attaquer la deuxième et dernière partie!)


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