Je sais que ça fait longtemps mais bon on va rien dire!

Voila le dernier chapitre et oui vous m'avez bien entendu c'est la fin de cette fiction et c'est mon cadeau pour la Saint Valentin (bande de veinard!) je suis très à la bourre pour un rendez-vous donc je le poste en vitesse.

La chanson est de Zazie

Bonne lecture


Le soleil vint balayer le corps dénudé de Severus, cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas senti aussi bien, un souffle balayé son oreille alors qu'une main caressait légèrement son bas ventre, il l'attrapa avec dextérité et l'embrassa.

« Déjà en manque ? »

Un rire presque murmuré lui répond, puis des lèvres tendres et chaudes se posèrent sur sa peau pale, juste au dessus de sa clavicule.

« Toujours ! »

Un sourire mutin se grava sur les lèvres de son amant, bien décidé à recommencer cette incroyable expérience vécue la veille, mais il du le repousser pour raison professionnelle, il devait donner cours à une classe de gamins braillards de première année, cela ne l'enchantait guère mais il se voyait mal aller donner comme raison de son absence, à Albus : une envie impérieuse de faire l'amour au survivant. (Quoique rien que pour voir la tête que ferait ce dernier !)Mais non il avait une réputation à préserver, il n'avait jamais manqué une seule heure de cours et ce n'est certainement pas maintenant que cela allait commencer.

« Désolé, mais je dois y aller, on compte sur moi au collège. »

Evidemment il comprenait, cela faisait partie de la vie de son compagnon et il devait l'accepter, même si, égoïstement, il aurait voulu le garder pour lui, le retenir à ce lit pour le reste de la journée et pourquoi pas de la vie ? Maintenant il savait que ces bras un peu maigres, cette peau pâle, ces yeux d'onyx, ce corps fragile serait son futur, il s'enchaînait volontairement à ce condamné, il se condamnait lui-même, mais Harry s'en foutait des autres, de lui, du monde autour, tout ce qu'il voyait c'était son ancien professeur.

Alors il l'embrassa à en perdre haleine, il le serra aussi fort que possible contre son corps pour lui faire comprendre, mais ce dernier avait saisi depuis quelques heures déjà que leur amour était à protéger et à chérir et qu'il pourrait en naître de grandes choses.

Severus se rhabilla et transplana devant les portes de Poudlard, étrangement aujourd'hui le soleil brillait plus fort que jamais et les oiseaux enchantaient ses oreilles, incroyablement il croisa des élèves et leur adressa un sourire sincère, il se sentait enfin en accord avec lui-même comme s'il avait atteint son but ultime et reposait dans un paradis enchanteur, il faisait encore froid mais il ne râla pas comme il le faisait habituellement, son directeur et en quelque sorte ami fut surpris de le rencontrer à cette heure dans une tenue qui ressemblait à celle de la veille (il était le seul à savoir faire la différence entre les robes du maître potion alors qu'elles étaient rigoureusement identiques, il courra donner cette information capitale à Minerva qui adorait les potins !)

Dans le couloir désert menant à ses appartements, il esquissa même un léger pas de danse, il entra chez lui prit une douche, se changea et partit vers sa classe, les Gryffondors et les Serpentards attendaient sagement le long du mur, dans ces premières années aucune personnalité forte ne s'était détachée du groupe, la guerre ancestrale entre les deux maisons n'avait donc pas encore touché les plus jeunes, le cours s'annonçait calme, il les fit entrer en intimant le silence enlevant quelques points aux représentants de Godric.

Finalement la journée passa vite pour lui et dés 16h, alors qu'il venait de fermer sa classe, il décida d'aller rejoindre son ancien élève chez lui, ce matin ils n'avaient rien dit sur la possibilité de se retrouver, mais ils n'en avaient pas besoin, leur relation n'en était qu'à ses balbutiements mais ils traçaient leur route, sans s'encombrer l'esprit pour ne pas regretter.

Harry quant à lui avait rencontré son premier protégé et ses parents, ils avaient parlé de longues heures de ce monde si différent du leur mais qui leur offrait tellement de possibilité, l'enfant, plus qu'éveillé pour son age, avait souri en apprenant que les sorciers pouvaient voler sur des balais, il lui promit de lui apporter un peu plus de documentation sur cette future école qui lui tendait les bras.

Il rentra souriant chez lui et un éclat de bonheur apparut dans ses yeux en voyant son amant attendre devant la porte.

« Ça fait longtemps que tu m'attends ? »

Severus surpris se retourna violement.

« Non, quelques minutes. »

Puis le professeur se pencha pour l'embrasser tendrement, leurs lèvres se trouvèrent instinctivement et ils entamèrent un doux et lent baiser sur le pas de la porte.

« On ferait mieux de rentrer, si on veut pas que cela fasse la une de la presse demain. »

Le Gryffondor emmena son compagnon à l'intérieur, ils s'installèrent sur le canapé étroitement enlacé, regardant la nuit tomber par la fenêtre avec un peu de blues en fond sonore. Si cela devenait leur quotidien, ils s'en contenteraient avec plaisir.

SSSSS

Ils firent les gros titres des journaux deux mois après cette première nuit, un reporter les prit malencontreusement en photo se tenant la main dans le jardin des parents de Ron.

Cette simple image qui n'avait pourtant rien de bien explicite, avait suffi pour mettre le feu aux poudres, le monde sorcier n'était pas plus évolué que celui des moldus concernant l'homosexualité, la confusion entre cette sexualité et la pédophilie avait encore cours parmi certaines familles, ils avaient gardé la tête haute contre vents et marées tout en priant pour qu'ils ne découvrent pas que Severus était atteint par le sida, ce dernier tremblait en recevant les journaux le matin, il ne les lisait qu'après avoir croisé le regard rassurant de son directeur. Certains essayèrent de faire pression sur ce dernier afin de renvoyer le maître de potion, mais celui-ci n'avait guère l'habitude de se laisser dicter sa conduite.

Leur couple ne s'en était que renforcé, ils avaient appris à chérir un peu plus cette relation qui tous les jours s'épanouissait.

La santé de Severus se maintenait, il réagissait plutôt bien à un nouveau cocktail de médicaments et les effets secondaires ne semblaient plus lui peser autant qu'auparavant. La présence du jeune homme à ses côtés semblait lui faire énormément de bien, il s'ouvrait un peu plus au monde, à la grande de joie du Gryffondor.

SSSSS

« Harry tu sais ou est rangé le grimoire de Travor Gendil ? »

« Je crois qu'il est encore dans ton appartement à Poudlard. »

Depuis deux heures, le Survivant et son compagnon déménageaient les affaires de ce dernier dans le petit appartement du plus jeune, ils avaient besoin d'intimité loin de Poudlard et du regard trop protecteur de Dumbledore. Alors sur un coup de tête après une énième remarque de ce dernier au petit déjeuner auquel participait Harry, ils avaient décidé d'essayer de vivre ensemble.

Harry avait peur il n'avait jamais partagé son intimité avec quelqu'un, ses relations précédentes s'étaient terminées avant même qu'il ne se pose la question, il aimait sincèrement son amant même si son caractère « particulier » provoquait parfois quelques frictions, mais il savait s'en accommoder et ils se réconciliaient toujours sur l'oreiller.

Ron Hermione et Draco étaient venus leur donner un coup de main, les grimoires fragiles de Severus ne pouvaient être minimisés, ils avaient donc été obligés de les porter au grand dam du blond et au grand plaisir de la jeune fille qui avait découvert de nombreux ouvrages, elle avait d'ailleurs déjà fait la liste de ceux qu'elle désirait emprunter à son ancien professeur.

Ils étaient tous là, affalés qui sur le canapé, qui sur le tapis, fatigués par les efforts fournis, discutant joyeusement de la place des meubles et de l'agencement de la décoration alors qu'Hermione suppliait le plus âgé de lui laisser jeter un coup d'œil sur ses livres, ce que ce dernier refusait y tenant comme à la prunelle de ses yeux.

« Vous êtes sûrs que c'est assez grand pour deux personnes ? »

La réponse étonna surtout venant de Ron.

« Enfin ce que je veux dire c'est que vous auriez pu acheter quelque chose d'un peu plus spacieux. »

Harry se coula entre les bras de son compagnon et déposa un doux baiser sur sa mâchoire, mal rasée.

« C'est largement suffisant. »

Le roux réprima un rictus de dégoût, il était encore mal à l'aise face au couple, de part le fait qu'ils étaient homosexuels mais aussi parce qu'un de ses membres étaient « le vieux bâtard graisseux » et l'autre son meilleur ami, mais pour ce dernier il faisait un effort, il n'avait jamais vu Harry aussi heureux que maintenant et cela était grâce à Snape.

« Peut être, plus tard, nous achèterons une maison mais, pour le moment, ça nous va.»

Les invités laissèrent le couple profiter de cette première soirée chez eux et donc s'éclipsèrent tôt, refusant l'offre de partager le repas.

« Enfin seuls ! »

Severus venait de s'assoire sur le canapé en velours noir, entraînant avec lui son petit ami, qui riait tendrement la tête calée dans son cou, les mains du maître s'attaquaient déjà à la peau tendre du bas des reins de son compagnon.

« J'ai envie de toi. »

Harry obligea l'homme à la chevelure corbeau à s'assoire correctement puis s'installa à califourchon sur lui, non sans s'être au préalable délesté de son propre pantalon.

« Je n'avais pas remarqué. »

Le sourire mutin de Harry et sa semi nudité excitèrent au plus haut point l'ancien Mangemort, une de ses mains vint se poser sur la nuque du jeune homme et l'obligea à se plier afin que leurs lèvres se rencontrent pour un baiser sensuel et exigeant.

« Accio préservatif. »

Harry n'avait aucune intention de poursuivre les préliminaires, il désirait ardemment sentir ce membre palpitant en lui, il ouvrit la main, la pochette en aluminium atterri dans sa paume, il l'ouvrit rapidement, baissa la fermeture éclaire du pantalon de son ancien professeur et déroula le latex sur cette chaire tendue. Puis soulevant son bassin, il s'empala lentement sur cette colonne tout en laissant échapper un cri ou douleur et plaisir s'entremêlaient étroitement. Severus le laissa faire il avait l'habitude de l'impulsivité de son jeune amant et s'en accommodait avec joie. Harry entama de lents mouvements, tout en empêchant les mains de son amant de se poser sur lui, il se pencha vers l'oreille pâle recouverte d'un rideau de cheveux sombres et en lécha le lobe arrachant un gémissement de pure extase à son compagnon, la jouissance les emporta rapidement et ils s'endormirent sur l'étroit canapé, ils venaient de commencer leur vie ensemble.

SSSSS

Durant l'été le couple prit la décision de chercher une maison ou s'installer, plus sûr à propos de leurs sentiments ils semblaient aussi plus sereins concernant leur avenir commun, même si l'ombre du Sida planait toujours au dessus d'eux et que Severus craignait tous les deux mois d'apprendre que la trithérapie n'était plus aussi efficace et que la maladie prenait le dessus.

Ils visitaient ensemble les maisons, le maître de potion ayant besoin d'une pièce qu'il puisse transformer en laboratoire et ne voulant pas laisser son amant trop longtemps alors qu'ils étaient en vacances.

Ainsi en une journée ils découvrirent trois maisons à vendre mais aucune n'éveilla chez eux l'impression d'être à la maison, ils continuèrent donc avec leur agent immobilier à chercher la perle rare.

La quatrième était en fait une ancienne école, vieille de près de deux cents ans aux poutres apparentes et très humide, avec un immense jardin ou Harry n'eut aucun mal à imaginer des enfants s'époumonant et courant dans tous les sens. Severus fut agréablement surpris de découvrir un laboratoire, certes un peu obsolète, mais qu'il pourrait aisément moderniser.

Ils s'attardèrent dans les lieux, s'imbibant de cette atmosphère si particulière.

Ils rentrèrent et installèrent au tour d'une bonne bouteille de vin ( Severus faisant parfois quelques incartades concernant les recommandations de son médecin).

« Sev', je sais que cet endroit te plait, alors pourquoi ne veux tu pas que je l'achète ? »

L'interpellé regardait dehors voulant éviter le regard de son compagnon.

« D'abord parce qu'il n'est pas habitable en l'état… »

« Sev', nous sommes sorciers, ce n'est pas un problème. »

L'homme ne fit même pas attention à ce que venait de dire son amant.

« Ensuite parce qu'il n'y a aucune protection magique, enfin toutes celles qui restent sont inutiles, et donc il va falloir créer entièrement un bouclier pour assurer notre sécurité et protéger notre vie privée. »

« Quelque soit la maison que nous allons acheter, il faudra revoir les barrières de protections et puis je suis sûr que Dumbledore se fera un plaisir de nous aider. »

Harry se glissa derrière son homme et entoura son torse de ses bras avant de poser sa tête entre ses deux omoplates.

« Tu vas me dire ce qui te tracasse réellement ? »

« Rien, Harry, je ne suis pas certains que ce soit une bonne idée c'est tout. »

Harry savait qu'il lui cachait quelque chose, il était déterminé à découvrir ce que c'était.

« Sev', s'il te plait ? Dis moi la vérité ! »

L'homme se retourna, il voulait fuir, en fait ses raisons étaient stupides, il le savait, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

« Je ne veux pas que TU achètes cette maison, et ce n'est pas avec mon salaire que je pourrais nous l'offrir. »

Harry fut estomaqué, il s'attendait à tout mais pas à ça.

« Je vois pas ou est le problème : que j'achète cette maison ou que ce soit toi ça revient au même non ? Du moment qu'on y vit ensemble, qu'est-ce qu'on en a à foutre de savoir qui l'a payé, mes parents m'ont laissé de l'argent, afin d'assurer mon avenir, mais celui-ci je ne le vois qu'avec toi, alors laisse-moi nous offrir ça. »

Severus avait besoin de réfléchir, ce que venait de dire Harry était juste mais son orgueil ne semblait pas prêt à fléchir, il décida de sortir pour réfléchir, sous le regard inquiet de son compagnon.

Il marcha pendant près de deux heures, histoire de clarifier ses pensées, lorsqu'il rentra toutes les lumières étaient éteintes, il se dirigea vers la chambre, Harry était recroquevillé dans le lit, il ressemblait à un enfant perdu, peut être avait-il pleuré ? Severus se glissa contre lui, il referma ses bras autour de ce corps tremblant et lui chuchota.

« Demain on ira revoir la maison, d'accord ? »

Harry murmura un faible oui et s'endormit contre le torse pâle.

Et effectivement ils retournèrent visiter la bâtisse et le coup de cœur du couple se confirma, ils n'avaient aucun mal à s'imaginer évoluant dans ces murs, Harry se voyait déjà inviter ses amis Gryffondors alors que Severus avait trouvé la pièce parfaite pour y installer sa bibliothèque. Ce dernier savait qu'ils seraient heureux ici et qu'il devait mettre son orgueil de côté.

« Alors ? »

Harry était inquiet, il pouvait voir l'hésitation dans les yeux de son amant, même s'il savait au fond qu'il désirait y habiter autant que lui.

Severus l'entraîna dans le jardin par la main, Harry docile le suivit, il ne comprenait pas vraiment ce qui se passait.

Les mains pâles et douces se posèrent sur sa nuque, un souffle balaya ses lèvres et un murmure se fit entendre.

« On la prend. »

Leurs langues se rejoignirent avec empressement avant de se séparer tout aussi vite, le regard de l'agent immobilier se faisant très, voire trop, insistant.

SSSSS

Harry préparait ses protégés à leur rentrée, ces derniers étaient en même temps surexcités et effrayés, il tentait en vain de les rassurer et les calmer, il passait ses soirées dans leur nouvelle maison à la nettoyer et l'aménager.

Ce soir il s'attaquait à ce qui serait certainement une chambre d'ami, son cœur se serra inexplicablement en imaginant un enfant évoluer ici, il avait tiré un trait sur ses envies de famille, il savait que jamais on ne leur accorderait jamais l'autorisation pour adopter, si seulement le monde sorcier n'avait pas su qu'ils étaient homosexuels, il aurait pu adopter en tant que célibataire, mais maintenant c'était foutu.

Il avait un peu de mal à imaginer cette grande maison sans rires, sans cris, sans les courses poursuites dans les escaliers, bien sur il y aurait les enfants de ses amis qui égailleraient ponctuellement le lieu. N'allez pas penser, qu'il regrettait pour autant sa relation avec son ancien professeur, ils s'aimaient sincèrement et il ne voyait plus sa vie sans lui.

SSSSS

Severus préparait ses prochains cours, il faisait l'inventaire de ses ingrédients, préparait des potions de base, vérifiait l'état de son matériel, à son grand dam il passait plus de temps dans ses cachots qu'avec son compagnon, le matin il s'accordait quelques heures dans leur nouvel maison, il était toujours surpris par les miracles que son jeune amant avait réalisé la veille, il découvrit ébloui, une chambre pour enfant, aux douces couleurs pastels, au parquet blanc, aux meubles en pin (dont un berceau avec une parure blanche et jaune pâle).

« Désolé Sev', je vais changer ça. »

Un Harry ensommeillé était apparu derrière lui, le jeune homme leva sa baguette dans le but de faire disparaître cet hologramme (en réalité seul les murs et le sol étaient réels), mais Severus l'en empêcha.

« Tu as dormi ici ? »

« Oui, j'étais fatigué et je me suis endormi comme une masse, tu n'as pas remarqué je n'étais pas chez nous hier ? »

« Non, j'ai dormi à Poudlard. »

Severus attira son amant dans ses bras et cala sa tête dans le cou de ce dernier.

« Tu veux un enfant ? »

Harry refoula ses larmes et essaya de lui adresser un sourire sincère.

« Évidemment mais toi et moi savons que c'est impossible. »

Severus l'obligea d'un mouvement de main, à le regarder.

« Je te promets qu'un jour un enfant occupera cette chambre et que ce sera le notre. »

Les larmes coulèrent le long des joues, plus pâles qu'habituellement, du jeune homme.

« Ne fais pas de promesse que tu ne pourras pas tenir. »

Puis le Survivant transplana sans laisser le temps à son amour de répondre.

SSSSS

Ils emménagèrent deux jours avant la rentrée, la fatigue, le stress, les ayant rendus plus irritables que jamais, ils avaient décidé de repousser à plus tard une possible pendaison de crémaillère, juste pour profiter de cette soirée en tête à tête, moment qu'ils n'avaient pas vécu depuis prés de deux mois.

Severus avait préparé un repas romantique pour son homme, un bouquet de roses blanches agrémentaient la table parfaitement dressée, des bougies flottaient dans le salon, répandant une douce odeur de lavande dans la pièce, lorsque Harry rentra il pensa que Severus n'était pas encore là, quasiment toutes les lumières étaient éteintes et de nombreux cartons envahissaient encore le hall, mais un doux fumé lui affirma le contraire.

Il avança dans la cuisine et eut le plaisir de voir son amant s'y affairer tout en chantant une chanson moldue, ce dernier ne l'avait pas entendu rentrer et sursauta lorsque deux mains se posèrent sur ses yeux.

« Déjà là ? Je pensais que tu devais terminer de briefer tes petits protégés ? »

Severus attrapa une des mains de Harry et y déposa un baiser.

« Ça a été plus vite que prévu. Tu ne vas pas t'en plaindre ? »

« Hum, laisse-moi réfléchir…….. »

Il l'embrassa, puis le mena jusqu'au salon et l'y installa.

«Je reviens dans deux minutes. «

Et c'est ce qu'il fit, tenant deux cocktails dans ses mains (dont l'un sans alcool pour lui), ils trinquèrent à cette nouvelle maison, ils dînèrent tranquillement profitant de ce moment de calme.

Puis ils s'installèrent sur la terrasse des lucioles leur apportait le peu de lumières dont ils avaient besoin, étroitement enlacés sur une vieille couverture, ils discutaient de tout et de rien, de leur futur, du passé, de leurs amis….

Rapidement pourtant Harry fit basculer son amant sur le dos et s'installa à genoux à coté de lui, il déboutonna sa chemise et fit glisser voluptueusement ses doigts sur la poitrine ainsi découverte, jusqu'à la ceinture, gênante, du pantalon qu'il détacha d'un tour de main, ses lèvres allèrent à la rencontre de celle de son compagnon, entamant ainsi une longue et sensuelle danse, Severus inversa les rôles basculant au-dessus de l'homme qui partageait sa vie, lui ôtant par la même occasion ses vêtements d'une formule ô combien utile !

Harry prit en main le sexe à semi érigé et y imprima un rapide mouvement de va et vient afin de lui prendre toute sa superbe, ce qui ne manqua pas d'arriver, alors que Severus allait fouiller dans les poches de son pantalon afin de trouver un préservatif, mais Harry l'en empêcha.

« Pas ce soir ! »

Severus se releva ne croyant pas ce qu'il venait d'entendre.

« Quoi ? Mais qu'est-ce qui te prend ? »

Harry s'assit en tailleur, le dos calé contre le mur.

« J'en ai marre, je ne veux plus de ça, faisons juste l'amour comme deux personnes normales. »

« Non ! As-tu oublié ce que tu risques ? Je ne veux en aucun cas te donner la mort, pour moi aussi c'est dur de te faire l'amour à travers un morceau de latex, moi aussi j'aimerai que notre relation soit plus normal, mais ça n'arrivera pas tant que cette maladie coulera dans mes veines, je ne veux prendre aucun risque pour toi, je te veux sain et en vie à mes côtés aussi longtemps que cela sera possible. »

Severus se leva et fit apparaître une robe de chambre dans laquelle il s'enveloppa dedans avant de rentrer dans la maison, il passa une mauvaise nuit dans une des chambres d'amis, au matin il transplana rapidement grossièrement Poudlard, il ne voulait pas voir Harry. Evidemment quelques fois, il avait aussi eu envie d'envoyer promener cette capote anglaise et c'était dur de refreiner certaines envies car ils n'en avaient pas sous la main.

Ils ne se revirent qu'au soir de la rentrée, Severus se tenait fier et droit à la table des professeurs, alors qu'Harry surveillait du regard ses premiers protégés de l'autre bout de la salle.

Le directeur de Serpentard s'éclipsa après la cérémonie de répartition, promptement Harry le suivit jusqu'à sa salle de classe.

« Severus, je suis désolé, je ne voulais pas, mais tu dois comprendre que c'est dur pour moi, je t'aime et j'aimerai pouvoir vivre pleinement cet amour mais ce n'est pas le cas, je sais que je suis égoïste, que je ne devrais pas me plaindre, que ce que tu endures est beaucoup plus difficile, mais je ne peux pas m'en empêcher. »

Severus l'attira contre son torse.

« Tu es la personne la moins égoïste que je connaisse et je peux très bien comprendre que ce n'est pas facile à vivre pour toi, mais si jamais un jour tu décides que c'est trop que tu ne peux plus supporter tout cela, je comprendrai que tu rompes. »

Des poings sans grandes forces s'abattirent sur sa poitrine.

« Je ne compte pas te quitter, quand te rentreras tu ça dans la tête ? C'est bien simple, je ne peux quasiment plus rien faire sans toi. »

Dans la nuit qui suivit ils baptisèrent dignement leur nouvelle maison en faisant l'amour avec protection.

La lune de miel dura deux ans, vingt-quatre mois d'amour fou et de passion, puis Harry s'enferma dans une dépression latente dont même Severus n'arrivait pas à le sortir malgré tout les efforts qu'il pu fournir pour lui faire retrouver le sourire. En fait il savait exactement les raisons de cet état et jusqu'à présent, en vain, il avait tiré toutes les ficelles qu'il pouvait, se servant de l'aura entourant encore Harry et sa victoire contre Voldemort. Non, il devait changer l'opinion publique et pour cela il leur faudrait beaucoup de courage et de ténacité.

Alors ensemble, ils entreprirent cette croisade, au prix de longs mois d'efforts et de discussions, le nouveau ministre accorda aux couples gais la possibilité d'adopter, à condition bien sur de rentrer dans certains critères, Severus trembla en entendant parler de procédures et de mesures restrictives craignant que sa maladie ne les fasse passer à côté de cette chance formidable d'être pères. Mais finalement ils furent les premiers à accueillir au sein de leur foyer un enfant dont il se partageait l'autorité parentale.

C'est ainsi qu'une petite Lola Potter Snape, occupa un jour cette chambre que ses deux pères avaient rêvée pour elle.

Severus avait fait en sorte d'alléger ses horaires pour être plus souvent auprès de sa fille, d'ailleurs la première fois qu'il l'avait appelé comme telle une larme s'était écrasée sur la minuscule main de ce nourrisson, il passait des heures à la regarder dormir, à la bercer tout en lui chantant cette chanson :

Dors, ma rage, ma douleur
Dors, de moi je n'ai plus peur
J'ai goûté le bonheur
En Lola majeure

Dors, et va-t'en voir ailleurs
A d'autres raconter mes malheurs
Tu n'es plus à la hauteur
De Lola majeure

Dès lors, je peux bien te laisser
Dehors, puisqu'au fond j'ai trouvé
De l'or tout à l'intérieur
En Lola majeure

Dors, ma peine, ma douleur
Tu as perdu de ta couleur
La seule qui porte bonheur
C'est Lola majeure

Dès lors, légère, je m'envole
Mon âme ne touche plus le sol
Et plane en apesanteur
Sur Lola majeure

Oh dors, mon ange, ma douceur
En toi, ce qu'il y a de meilleur
En nous, fait battre mon coeur
En Lola majeure

Tu fais battre mon coeur
En Lola majeure

Il savait pertinemment que pour cette puce rien ne serait simple, qu'elle devrait affronter les quolibets de ses petits camarades, mais il savait aussi que chez elle, elle ne manquerait jamais d'amour.

Pour elle aussi, il se promit de vivre encore quelques années.