Rattraper le temps perdu.

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Disclaimer: malheureusement, je ne possède aucun des personnages ni quoi que ce soit d'autre lié à Harry Potter (-soupirs-). C'est encore une de mes stupides histoires Rogue/Lupin.

NdT: c'est une fic signée par Lordhellebore et intitulée « To regain lost time ». Et non, ce n'est pas une histoire stupide! Merci à son auteure de m'avoir donné son accord.

Joyeux Noël, et bonne lecture.

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Chapitre 1.

C'est Albus qui m'annonça qu'ils l'avaient trouvé, une semaine après que le Seigneur des Ténèbres ait été anéanti pour de bon. Il était porté disparu depuis six mois ; une nuit, durant une mission pour l'Ordre, il avait tout simplement disparu. Personne ne sut jamais où. Nous n'avions aucune possibilité de savoir si il était libre ou pas, si il était vivant ou mort -ma trahison avait été découverte quelques mois auparavant, et j'avais dû abandonner mon espionnage à l'encontre de celui qui s'était fait appeler Lord Voldemort.

Quelques jours plus tard, c'était dans tous les journaux. Remus Lupin, membre de l'Ordre du Phénix, retenu prisonnier pendant six mois par les Mangemorts. Trouvé dans un cachot sous l'une des dernières cachettes du Seigneur des Ténèbres, avec douze cadavres lacérés et à différents stades de décomposition.

Les journaux donnèrent tous les détails, satisfaisant ainsi la fascination morbide du public: il était nu quand ils l'avaient retrouvé, roulé en boule parmi les excréments sur le sol tâché de sang. Á en juger par son apparence, il avait dû mourir de faim. Il avait été tellement torturé qua sa colonne vertébrale avait été touchée, le laissant paralysé à partir de la taille. Á présent, il était toujours inconscient à Sainte-Mangouste, où il avait été transporté pour plus de soins.

Une semaine après, un électrochoc parcourut la presse. Lupin avait repris conscience. Si vous choisissiez d'appeler cet état « conscience ». Si vous préfériez dire qu'il était toujours conscient.

Sous l'influence du Veritaserum, un Mangemort qui avait pris part à la capture et à la torture révéla l'histoire, étanchant la soif de renseignements de tout le monde. Au tout début de la guerre, le Seigneur des Ténèbres avait essayé de convaincre les loups-garous de rejoindre son camp. Heureusement pour nous, Albus l'avait prévu et avait envoyé Lupin pour devancer notre ennemi. Il était revenu victorieux et quand il fut capturé quelques semaines plus tard, le Mage Noir voulait se venger.

Ils le tinrent prisonnier dans le même cachot pendant les six mois, et à chaque pleine lune ils lui envoyèrent deux autres prisonniers qu'il finissait par tuer, n'ayant pas accès à la potion Tue-Loup. Ils n'enlevèrent pas les cadavres, jubilant à la souffrance qu'il ressentait en voyant ceux qu'il avait tués. Entre chaque pleine lune, le Seigneur des Ténèbres prenait un malin plaisir à torturer mentalement Lupin en lui montrant encore et encore des images de lui tuant ses victimes. Ce qui le conduisit à la démence.

Pour la presse, il devint un héros qui avait sacrifié sa santé mentale pour la sécurité du monde sorcier. Ils le louèrent aux anges ; il fut récompensé de l'Ordre de Merlin première classe, et le Ministère lui alloua une pension. C'était proprement écoeurant. Ils le traitaient comme un bien public. D'une sous-espèce indigne de confiance, il était devenu « notre héros » -tant pis si ils reconnaissaient ses mérites maintenant que c'était trop tard.

Durant les semaines suivantes, un par un, ses amis, ses anciens collègues et les membres de l'Ordre vinrent lui rendre visite. Ça m'était égal. Je n'avais pas eu de relations avec lui en dehors des affaires de l'Ordre. Je ne l'aimais pas, au contraire, je détestais l'homme avec passion1-et j'avais mieux à faire qu'à aller rendre visite à quelqu'un qui ne me reconnaîtrait même pas. Du moins, c'est ce que je me disais.

Jusqu'à aujourd'hui je ne sais pas pourquoi finalement, deux mois après son retour, je me retrouvai devant une impressionnante porte blanche dans la partie fermée de Sainte-Mangouste, n'écoutant qu'à moitié les explications de la nurse.

La première chose que je remarquai fut qu'il était bien plus petit que dans mon souvenir. Il avait toujours été mince, mais maintenant il était au-delà de tout. Il y avait beaucoup plus de gris dans ses cheveux que quand je l'avais vu la dernière fois, et les lignes qui traversaient ses traits finement ciselés lui donnaient un air triste et fatigué. Des traces de larmes parcouraient ses joues. Mais ce qui était pire, c'était le regard vide dans ces grands yeux ambrés qui parcouraient l'espace sans parvenir à se focaliser sur un point précis.

Je ne savais pas à quoi m'attendre exactement en le voyant. Était-ce la simple curiosité qui m'avait conduit jusqu'ici ? Est-ce que je m'attendais à éprouver de la satisfaction à voir que mon ancien ennemi avait finalement reçu ce qu'il méritait ? Je dois admettre que l'idée m'a quelques fois traversé l'esprit. N'était-ce pas ironique que ce qui lui avait fait perdre la raison fût le sort qu'il m'avait réservé vingt-deux ans plus tôt ?

Cette pensée me laissa malgré tout un goût d'inachevé. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être désolé pour Lupin, même si je l'avais détesté avant. Et en voyant la coquille vide qu'était devenu cet homme intelligent et spirituel, je me sentis soudain comme un intrus, ne valant pas mieux que les reporters qui essayaient toujours en vain de s'introduire dans sa chambre pour prendre une photo. Aurait-il voulu que moi, par-dessus tous les autres, je le voie dans cet état-là ? Je quittai rapidement la pièce en n'ayant aucune intention d'y revenir.

Cinq semaines plus tard, un lundi soir, je me retrouvai assis sur une chaise à côté de son lit. Je ne saurais dire pourquoi j'étais revenu. J'avais essayé de me distraire dans le travail, j'avais tenté de tirer de la satisfaction de toutes les retenues que je donnais à mes odieux élèves, mais depuis ma première visite son image m'avait poursuivi sans cesse, même si j'essayais de me convaincre que ce n'était pas mon affaire.

Maintenant, dans le silence qui nous entourait, je ne pouvais m'empêcher de me poser la question. De me demander quelle étrange ironie du destin m'avait permis à moi, ancien Mangemort, de sortir de cette guerre saine et sauf tandis que lui, qui n'avait pas fait les mêmes erreurs que moi, avait été puni d'une façon qui aurait tout à fait convenu à mon cas. J'avais tué des innocents, j'en avais torturé bien plus encore, en condamnant certainement quelques uns d'entre eux au même sort que celui que Lupin subirait pour le restant de ses jours -libre, mais prisonnier de son esprit brisé.

Je restai encore quelques minutes, me battant contre ma culpabilité, et quand la nurse entra et dit qu'il était l'heure de dîner, je quittai la chambre, laissant derrière moi l'image d'un enfant en train d'être nourri.

Environ un mois plus tard, je reçus un hibou du bureau d'un notaire, m'informant que l'après-midi suivant, le notaire me rendrait visite. Je fus hautement agacé. Que pouvait-il bien attendre de moi, moi qui n'avais entretenu que peu de relations avec son client ? Il apparut que Lupin lui avait laissé une lettre à mon intention, lettre qu'il devait me remettre en cas de décès, de disparition durant plus de un an et de folie, auquel cas la lettre devait m'être remise quatre mois après que le diagnostic ait été confirmé. Après m'avoir expliqué sa tache, il me donna la lettre et sortit, me laissant seul et plus confus que je ne l'avais été avant.

Une semaine passa. La lettre resta close. Pour quelque étrange raison, je n'avais pas pu me résoudre à briser le sceau. Aussi ridicule que ça puisse paraître, j'eus le pressentiment que j'aurais souhaité ne jamais la recevoir. Finalement, après une autre semaine, je me retrouvai une nouvelle fois à côté de son lit.

- Que dit-elle que tu ne puisses me dire toi-même ?

Bien sûr, je n'attendais pas de réponse. Je ne savais pas vraiment pourquoi j'étais revenu. Á la fin, j'ouvris l'enveloppe et lus.


Cher Severus,

Je ne sais même pas si tu liras ça ou pas. Peut-être jetteras-tu cette lettre au feu au moment où tu la recevras. Je ne t'en blâmerai pas. J'espère néanmoins que tu ne l'as pas fait.

Tu te demandes probablement pourquoi je t'ai laissé une lettre. Qu'aurais-je à te dire que je ne pourrais pas faire personnellement ? Pourquoi te dirais-je quelque chose, d'abord ? Nous n'étions pas amis, nous n'avions même jamais vraiment été en bons termes -au moins autant que tu puisses l'être. Il y a pourtant quelque chose que je voulais que tu saches, et comme tu ne m'aurais pas écouté, une lettre me semblait la seule solution possible.

Je veux que tu saches que je suis désolé. Je suis désolé de ce qui s'est passé pendant notre sixième année, quand j'ai failli te tuer. Je sais que tu ne me croiras probablement pas si je te dis que Sirius ne m'a pas laissé entrer comme il avait prévu de le faire, mais c'est la vérité. Je ne savais pas. Il n'en avait parlé à personne, ni à Peter, ni à James, ni à moi. Je n'aurais jamais permis une telle chose.

Quand je me suis réveillé le lendemain matin et qu'Albus m'a raconté ce qui s'était passé, la seule chose que j'ai pu faire a été de penser à toi. Je t'avais blessé bien malgré moi -et je ne voulais rien de plus que te dire que je savais ce que Sirius avait fait. Te dire combien j'étais désolé. Mais tu ne me parlais pas. Quand j'ai essayé de t'expliquer, tu m'as dit de partir. Tu disais que tu me détestais. Tu étais si froid… Je n'ai jamais oublié l'expression dans tes yeux. Ça me déchira, parce que je t'aimais et que j'espérais que tu ressentais la même chose.

Plus tard, Sirius a reconnu avoir imité mon écriture pour te faire passer un message te demandant de venir me voir à la Cabane Hurlante et comment y aller. Il n'avait pas conscience du danger. Je ne comprendrai jamais comment il a pu être aussi stupide, et notre amitié en a beaucoup pâti. Mais je ne pouvais pas l'en blâmer entièrement -j'avais la plus grande part de responsabilité de ce qui s'était passé. J'avais peur que tu me rejettes si je te disais ce que j'étais. C'était une faiblesse de ma part, et je ne peux pas te dire combien je le regrette. Rien de tout ça ne serait arrivé si je n'avais pas été aussi lâche, et je ne peux pas t'en vouloir de me détester. Tu as sûrement dû penser que ce qu'il y avait eu entre nous durant les mois précédents n'avait été rien d'autre que du vent. Que mes amis et moi nous étions moqués de toi d'avoir été suffisamment naïf pour croire que je t'aimerais. C'était pourtant vrai, je t'aimais.

Severus, je t'ai aimé et je t'aime encore. Je ne veux pas partir sans que tu saches la vérité. Bien que j'aie longtemps désiré t'entendre dire que tu me pardonnais, je sais que je ne le mérite pas parce que j'ai détruit tout ce qui aurait pu exister entre nous.

J'espère de tout mon cœur que tu trouveras quelqu'un qui te rendra aussi heureux que tu mérites de l'être.

Á toi,

Remus.


Ayant terminé de lire, je le regardai silencieusement. Il n'avait pas l'air d'avoir pris du poids depuis ma dernière visite trois mois auparavant. Sa peau pâle, à peine distinguable contre les draps blancs, lui donnait une apparence éthérale. D'une certaine façon que je ne peux décrire, il avait l'air jeune et innocent, malgré ses cicatrices, ses traits fatigués et ses cheveux grisonnants. Plus jeune que bien des années auparavant, quand il y avait eu les baisers, les caresses et les douces promesses d'amour, quand je pensais qu'il était la personne la plus merveilleuse que j'aie jamais rencontrée et combien j'étais chanceux de pouvoir en être si proche. Avant que j'aie rencontré son autre lui. Avant que j'aie réalisé que je ne signifiais rien pour lui.

- Laissons le passé au passé, Lupin, dis-je en essuyant avec mon mouchoir une trace de bave qui coulait sur son menton depuis ses lèvres entrouvertes. Je te crois, mais ça ne change rien. C'était il y a plus de vingt-deux ans.

Après ça, je m'enfermai dans mon travail. Je cherchai à croire ce que j'avais dit. Laissons le passé au passé. Même si il avait été capable de me le dire en personne, ça n'aurait rien changé. Trop de choses avaient été détruites. Ça n'aurait pas été pareil. Et quand bien même ça l'aurait été, ça n'aurait rien fait.

Pendant trois mois, ça fonctionna. Jusqu'à ma dernière nuit sans sommeil en août, quand les rayons de la lune tombèrent sur moi à travers la fenêtre de ma chambre, dans la vieille maison où je me retirais pendant les vacances. Cette nuit-là, je ne pus m'empêcher de penser à lui, à l'état dans lequel il pouvait bien être. Aussi atteint sous sa forme lupine qu'il l'était en tant qu'homme, incapable de bouger et sans moyen de comprendre ce qui lui arrivait, pourquoi il devait subir la souffrance insupportable de la transformation. Seul.

Cette nuit-là, je ne dormis pas.

Deux jours après, je me retrouvai devant sa porte. Quand j'entrai, une nurse était en train de le nourrir. Elle bavardait joyeusement à propos de comment « nous » nous sentions aujourd'hui, et je sentis un agacement que je n'éprouvais habituellement qu'en présence de Harry Potter monter en moi. Utilisant mon air le plus mauvais, je la fis sortir de la chambre.

La façon de nourrir Remus était terriblement lente. Il avait un bavoir, parce que ses réflexes de mastication étaient partiellement endommagés et qu'il s'étouffait avec la nourriture broyée. Chaque cuiller qu'il avalait était une petite victoire, puisque son poids était toujours nettement insuffisant.

Quand il devint évident qu'il ne pourrait pas manger plus -l'assiette n'était même pas à moitié vidée- je lui nettoyai le visage et m'assis à nouveau à côté de lui, prenant avec précaution sa petite main tremblante. Les tremblements étaient une des conséquences de son exposition prolongée au Doloris et ils ne cesseraient jamais complètement. Massant le dos de sa main avec mon pouce, je ne fis rien d'autre que de le regarder, et je réalisai progressivement que je m'étais trompé. Même si le passé ne pouvait pas être changé, même si les vieux sentiments ne pouvaient pas être ravivés et le temps perdu rattrapé- ça m'importait que j'aie finalement appris la vérité. Je venais d'apprendre quelque chose de moi dont je n'étais pas fier.

Quand la nurse revint pour ramasser les assiettes, elle fut plus que surprise à la vision que je lui donnai. D'après elle, Remus était effrayé du moindre contact physique et se mettait à pleurer et à trembler violemment dès que quelqu'un le touchait. Je ne sais pas ce que je ressentais à ce moment-là en l'entendant. Était-ce de la joie parce qu'il réagissait différemment avec moi ? Ou était-ce de la tristesse parce que c'était un souvenir de ce qui aurait pu être si le destin avait choisi une autre voie pour nous deux ? Je pense que ça devait être un peu des deux.

Le soir suivant, je revins pour le dîner, comme le suivant, et celui encore après. L'équipe s'habitua à ce que je le nourrisse chaque soir, et moi je pris l'habitude de m'asseoir à côté de son lit et de regarder son corps menu et immobile tout en lui parlant et en caressant sa main mince et blanche.

Après quelques temps, je commençai à lui lire des livres que ses amis m'avaient dit être à son goût. C'est ce qu'ils avaient fait aussi durant leurs visites, mais ils avaient des vies à poursuivre, ils devaient s'occuper de leurs familles, d'autres amis à voir -des amis qui riaient à leurs plaisanteries, qui répondaient quand ils leur posaient une question et souriaient au lieu de pleurer eu moindre contact. Leurs visites s'espacèrent. Moi, je n'avais pas autant d'amis, pas de famille et pas de vie en dehors de mes cours, et ça ne me dérangeait pas de venir ici tous les jours.

En fait, je trouvai même que ça me manquait si je devais rester éloigné pour un ou plusieurs jours. Lui faire la lecture me manquait -aussi illogique que ça puisse paraître si vous considériez le fait qu'il n'y avait pas de différence avec faire la lecture à une chambre vide. Ça me manquait de ne pas lui parler des petits détails insignifiants et événements de tous les jours -la nouvelle robe de Dumbledore, plus laide encore que tout ce que j'avais vu avant, les demandes sans fin de Rusard pour pouvoir rétablir les chaînes pendant les retenues, du dernier animal stupide de Hagrid, des dernières frasques des élèves. La sensation de sa main dans la mienne me manquait, comme me manquait l'effet calmant qu'avait sur moi le simple fait de le regarder. Il me manquait.

Une nuit, il y a de ça quatre mois, je m'étais endormi sur ma chaise. Quand je me réveillai, la montre m'indiqua qu'il était déjà plus de minuit. Á travers la fenêtre, la pleine lune projetait ses rayons argentés sur le lit. Remus devait sûrement être aux prises avec un cauchemar, parce qu'il était parcouru de tremblements incontrôlables, de petits gémissements franchissant ses lèvres, des larmes semblables à des perles roulant sur ses joues pâles. Il était merveilleux, ressemblant à un enfant perdu.

Quelques instants plus tard, il se réveilla en sursaut, ses yeux errant frénétiquement. Il haletait et gémissait toujours entre deux souffles frémissants. Instinctivement, je me levai de ma chaise et m'allongeai à côté de lui sur le lit, tenant sa forme fragile dans une étreinte maladroite. Je n'avais jamais réconforté quelqu'un de ma vie, et je suis sûr que je le faisais pitoyablement, mais pour lui mon toucher et les mots doux sans sens que je chuchotais avaient l'air de suffire. Doucement, ses violents tremblements diminuèrent, et après quelque temps sa respiration se calma et il se rendormit.

Mon attention n'étant plus dirigée sur lui, je sentis alors une odeur âpre et déplaisante. Prudemment, je me détachai de sa forme endormie et me levai pour allumer la lumière. Ce n'est que là, quand je vis Remus dans son innocence et sa beauté déchue, les draps et le pyjama trempés d'urine, que je réalisai que je l'aimais toujours.

Je lançai doucement un sortilège de nettoyage sur lui, le lit et mes propres robes avant de m'incliner et de déposer un baiser sur son front blanc. Ce fut le seul que je m'autorisai jusqu'à aujourd'hui.

Le soir suivant, je commençai à lui caresser les cheveux pendant que je lui faisait la lecture, et l'ai toujours fait depuis. Je passai lentement mes doigts dans ses cheveux brun-doré et bien trop gris, les boucles douces caressant ma peau, comme elles l'avaient fait bien des années auparavant. Il avait l'air d'aimer ça -ou du moins c'est ce que je voulais croire- parce que quelques fois, et seulement quelques fois, il souriait.

C'est un des ces petits semblants de sourire qui me fit pleurer.


1 Il éprouve une profonde aversion pour Lupin. Du moins, c'est ce qu'il croit…