Titre : Les Amants Maléfiques.

Auteur : Otisïana Malfoy

Date : 29/04/06

Rating : M (fic contenant des scènes sexuellement explicites, interdit aux moins de 16 ans)

Disclaimer : les personnages et leur univers appartiennent à J.K. Rowling, seule l'histoire m'appartient.

Genre : Romance

Et voilà la suite et fin de ma mini fic :-) J'espère qu'elle vous plaira.

Enjoy !

oOoOoOo

« - Repartons sur de bonnes bases, tu veux ? », demanda Fleur avec un maigre sourire. « Tu dois avoir faim, on va aller au restaurant, d'accord ? Va te préparer, la salle de bain est juste au bout du deuxième couloir en partant de la droite. Dans le placard il y a d'anciens vêtements de Lucius, vous faites à peu près la même taille alors n'hésite pas.»

Sans attendre de réponse, le vampire partit s'enfermer dans sa chambre pour récupérer une liasse de billet et maquiller un peu sa peau trop pâle pour éviter d'attirer l'attention.

Théodore soupira et se dirigea tristement vers la salle de bains. Dans quel bourbier s'était-il encore fourré…

oOoOoOo
Chapitre 2 : Des sentiments hors norme.
oOoOoOo

Quelques minutes plus tard, Théodore et Fleur arpentaient les rues de Paris, baignés par l'éclat trop orangé des lampadaires. Le vampire avait passé son bras sous celui de son compagnon. Ils avaient l'air d'un vieux couple très banal finalement… Pourtant le jeune homme ne pouvait effacer de ses orbes cuivrés cette petite étincelle de crainte qui ne le quittait pas depuis que Lucius l'avait enlevé dans la ville de Trondheim.

Fort heureusement, si Fleur l'avait remarquée, elle ne semblait pas s'en préoccuper outre mesure… D'ailleurs, elle avait l'air de beaucoup s'amuser de la situation, riant à gorge déployée pour un oui ou pour un non, sautillant comme une adolescente légèrement éméchée…

Etrangement, Fleur avait l'impression de renaître. Elle devait bien avouer que Lucius avait tout à fait raison en l'incitant à ne pas se complaire éternellement dans sa lugubre solitude. La blonde appréciait sincèrement la compagnie du jeune Nott, même s'il n'était guère volubile. Le seul fait d'avoir quelqu'un avec qui converser l'emplissait d'un bonheur simple trop longtemps refoulé.

Elle entraîna ensuite son jeune captif dans un dédale de ruelles plus sombres les unes que les autres et s'arrêta devant une lourde porte d'acier. Théodore dansait nerveusement d'une jambe sur l'autre et elle lui offrit un gentil sourire qui se voulait rassurant avant de toquer fortement. 'Où m'a-t-elle donc emmené ?', s'inquiétait le jeune homme. 'Cet endroit sordide semble désert…J'espère qu'il l'est vraiment et que nous allons partir rapidement d'ici !'

Malheureusement pour lui, la porte s'ouvrit lentement en grinçant sur ses vieux gonds rouillés. Un homme de haute stature apparut mais Théodore n'eut que peu de doutes quant à sa nature profonde… De longs cheveux noirs rehaussaient un teint d'une extrême pâleur, des yeux d'une étrange couleur, presque grenat, qui semblaient sonder au plus profond de votre âme, et surtout, de fines lèvres exsangues sur lesquelles on pouvait distinguer deux extrémités anormalement pointues.

Il eut un moment de recul alors que l'homme dardait sur sa personne deux orbes en fusion qui semblaient rechercher la partie la plus savoureuse de son pauvre corps. Il sentit alors les deux bras de Fleur l'enlacer gentiment mais ne se sentit absolument pas soulagé pour autant. Il tenta de s'en défaire, néanmoins la jeune femme l'en empêcha en raffermissant son étreinte. Elle gratifia l'étrange apparition démoniaque d'un sourire radieux et lui dit doucement :

« - Rabastan Lestrange, mon cher ami… Cela fait longtemps n'est-ce pas ? »

Le susnommé se tourna vers elle et lui rendit son sourire, occultant totalement Théodore :

« - Fleur… La divine Fleur Delacourt… La dernière fois que tu es venue ici, la quatrième république se créait laborieusement… »

La blonde éclata d'un rire perlé :

« - Toujours aussi passionné par la politique des mortels à ce que je vois ! »

« - En effet… Mais tu sais, lorsqu'on est immortel, il est facile de perdre complètement le sens des réalités… Je préfère garder un lien avec le temps qui passe… Un moyen comme un autre de rester lucide… »

Il reporta subitement son regard de braise sur le pauvre Théodore et demanda d'une voix suave :

« - Et celui-là ? Qui est-ce ? Ton dîner ? »

Le jeune homme tressaillit violemment alors que le vampire persistait à l'enlacer d'une poigne de fer.

« - Non », répondit-elle doucement. « C'est un cadeau de Lucius, et je n'ai pas du tout l'intention de lui faire du mal… Ni laisser qui que ce soit l'approcher… »

Fleur espérait que son 'nouvel ami' serait un peu plus à l'aise en entendant ses paroles et visiblement, elles eurent l'effet escompté. Le cœur de Théodore diminua un peu sa folle cadence angoissée pour reprendre un rythme presque régulier.

Rabastan se caressa le menton pensivement…

« - Lucius… C'est vrai que tu faisais plus ou moins partie de son clan il fut un temps… C'est d'ailleurs lui qui t'a faite, si mes souvenirs sont bons. Un vampire d'une puissance colossale ce Lucius Malfoy. »

La jeune femme baissa les yeux tristement.

« - Il est reparti avec ses hommes, quelque part dans les fjords… Il s'est trouvé une nouvelle compagne… », dit-elle amèrement.

Son affliction était tellement flagrante que même Théodore la ressentit. Il fut d'ailleurs légèrement attristé par cette aura de peine qui semblait entourer la jolie blonde à chaque évocation de son ancien amant. Rabastan parut le réaliser aussi car il changea brusquement de sujet et demande d'une voix faussement enjouée :

« - Au fait, vous n'allez pas rester dehors ! Je suppose que vous êtes venus vous restaurer ? »

Le jeune Nott pâlit. Décidément, il n'appréciait que modérément toutes les allusions alimentaires provenant des vampires. Fleur, quant à elle, releva ses merveilleux yeux bleus sur son vieil ami et hocha la tête en souriant :

« - C'est exact, nous aimerions une table un peu à l'écart. J'ai envie de passer un bon moment avec mon invité. Et le plus intimement possible, je n'ai aucune envie de voir les autres… »

Lestrange s'inclina et leur enjoignit de le suivre.

oOoOoOo

Quelques minutes plus tard, Théodore et Fleur furent installés dans un coin isolé de la salle de restaurant, ignorant autant que possible les regards curieux des autres clients. Le jeune homme était subjugué par la beauté des lieux. Il n'aurait jamais cru que derrière cette porte austère se cachait un tel palace, débordant de luxe, et d'une propreté exemplaire !

Le sol était recouvert d'une agréable moquette rouge uniforme, parfaitement entretenue pour un tel lieu. Les murs de bois peints dans les mêmes tons écarlates étaient ornés de somptueuses sculptures murales dorées servant par endroits de chandeliers. Certaines tables, comme celles qu'ils occupaient actuellement, étaient isolées de la salle centrale grâce à une élégante arche d'ébène recouverte entièrement d'une lourde tresse de roses pourpres ou noires.

Rabastan tira Théodore de sa contemplation en leur demandant ce qu'ils désiraient manger. Le jeune Nott parcourut rapidement la carte préalablement posée sur la table. Il fronça les sourcils :

« - Euh, excusez-moi », demanda-t-il. « Mais pourquoi n'y a-t-il aucune explication quant au contenu des différents plats ? Il n'y a que les titres : 'menu irlandais', 'délices scandinaves bien mûrs', 'brochettes allemandes',… Comment puis-je faire mon choix dans ces conditions ? »

Le vampire éclata de rire mais Fleur répondit à sa place, non sans une note d'amusement dans la voix :

« - Laisse, mon beau Théodore, je vais choisir pour toi et tu comprendras bien assez tôt. », dit-elle avec un sourire énigmatique. « Je prendrai un menu irlandais et pour mon jeune ami… Faites-lui simplement cuire un poulet, et bien cuit n'est-ce pas ? »

Le brun la toisa avec des yeux ronds tandis que le vampire partit en maugréant un 'mais quel gâchis' à voix basse.

Fleur lui sourit tristement :

« - Je sais que tu as l'impression d'être dans un restaurant tout ce qu'il y a de plus banals, mais n'oublie pas que la plupart d'entre nous sommes des vampires… Peu de mortels s'aventurent jusqu'ici, à moins d'être le futur repas d'un être des ténèbres désireux de savourer son dîner avec quelques amis… »

Théodore frissonna, soudain peu sûr de vouloir comprendre les étranges paroles de la blonde. Ils bavardèrent un petit moment de tout et de rien, Fleur ne voulant en aucun cas brusquer son jeune captif, ni l'effrayer outre mesure.

Soudain, Rabastan en personne revint vers eux accompagné d'un jeune homme blond au visage angélique. Interloqué, Théodore observa le vampire déposer l'assiette de poulet devant lui et pousser sans ménagement le frêle garçon entre les bras grands ouverts de Fleur. Il leur souhaita un bon appétit et repartit prestement vers les cuisines.

Fleur Delacour entreprit de déposer de multiples baisers dans le cou et sur le visage du blond sous le regard ahuri de son invité. D'un mouvement involontaire, elle retroussa la manche ample du jeune homme et Théodore ne put retenir un petit cri d'effroi et de surprise mêlée : la peau de cet être à l'apparence si fragile était parsemée de cicatrices et de traces de morsures plus ou moins profondes. Visiblement, il avait déjà été mordu au cours de la soirée, et pas qu'une fois… Ainsi, toute l'horreur de la situation apparut au pauvre Nott alors qu'il plongeait ses orbes mordorés dans les yeux blasés da la victime. Fleur s'en aperçut et lui sourit tristement :

« - Je pensais que tu avais compris, joli mortel… J'espère que ça ne te coupera pas l'appétit… De toute façon je ne peux pas me nourrir autrement… »

« - Vous… Vous allez le tuer ? »

« - Le tuer ? Oh mais non ! », répondit-elle. « On ne tue pas la nourriture appartenant au restaurant ! »

Théodore leva un sourcil perplexe et elle s'adressa alors à son futur repas :

« - Dis-moi bel éphèbe irlandais, comment t'appelles-tu ? »

« - Seamus Finnigan, madame… », dit-il d'une voix lasse mais dans un français impeccable.

« - Alors Seamus, si tu disais à mon jeune ami depuis combien de temps tu nourris mes semblables en ces lieux ? »

« - Cela va bientôt faire huit mois, monsieur », dit-il en fixant le jeune Nott de son regard calme.

« - Et ce n'est pas trop difficile, n'est-ce pas ? »

« - Oh, c'est toujours mieux que de faire le trottoir dans des ruelles sordides… Je suis bien traité et bien payé… Le seul inconvénient réside peut-être dans l'indispensable solitude… Nous autres 'menus pour vampires' n'avons plus le droit de fréquenter d'autres mortels en dehors du restaurant. C'est une question de sécurité, en quelque sorte… »

La Française sourit et resserra son étreinte autour du blond. Elle l'embrassa alors fougueusement et Théodore remarqua qu'un léger filet de sang s'échappait des commissures de ses lèvres. Lorsqu'il vit que Fleur léchait d'un air gourmand son menton pour ne pas perdre une goutte du liquide de vie, il détourna le regard.

Le jeune Nott tenta de se concentrer sur son poulet et d'ignorer le spectacle inquiétant qui se déroulait en face de lui. L'espace d'un instant, il crut que les exactions du vampire lui couperaient l'appétit, mais c'était sans compter la faim presque animale qui lui vrillait les entrailles depuis maintenant deux jours !

Il dévora avidement son repas, occultant presque la présence des deux autres personnes lorsqu'un gémissement étouffé lui parvint. L'étudiant de Trondheim releva brusquement la tête et écarquilla les yeux devant la scène qui se déroulait devant lui.

Seamus Finnigan avait la chemise largement ouverte et Fleur caressait sensuellement son torse pâle sans quitter ses lèvres qu'elle butinait amoureusement. Ses longs doigts fins effleuraient les multiples cicatrices présentes et venaient par instants torturer des tétons durcis par le désir. En effet, l'entrejambe gonflé de l'Irlandais déformait allègrement son pantalon, ne laissant aucun doute sur son excitation déjà bien avancée. A chaque baiser sanglant de la blonde, Seamus gémissait et grognait tout en se tortillant entre ses bras. Un halètement rauque jaillit brusquement d'entre ses lèvres lorsque Fleur posa une main blanche sur la toile fort tendue de son pantalon.

L'érotisme évident de la scène ainsi que les geignements de plaisir du jeune Irlandais firent une forte impression sur Théodore qui ressentit une étrange chaleur irradier au creux de ses reins. Il ne pouvait s'empêcher d'envier la place du blond, lui qui, quelques instants auparavant, anticipait avec horreur le déroulement du repas vampirique. Il fixait béatement la scène, comme hypnotisé tantôt par le mouvement voluptueux des longs doigts blancs sur la chair martyrisée, tantôt par les lèvres délicatement rosées et la langue mutine qui explorait sans relâche la bouche de l'Irlandais.

Soudain, Fleur serra fortement sa victime dans ses bras et l'embrassa plus goulûment encore, aspirant son sang avec frénésie. Seamus étouffa un grognement rauque alors que son corps tout entier semblait pris de spasmes incontrôlés. Ses hanches mimaient involontairement l'acte sexuel jusqu'à ce qu'il se raidisse violemment, jouissant à longs traits dans son pantalon.

Fleur sourit et l'embrassa doucement une dernière fois avant de le déposer dans les bras d'un serveur qui passait par là. Littéralement épuisé, le jeune Finnigan sombra dans un sommeil bien mérité.

La blonde observa quelques instants son jeune invité dont les joues s'empourprèrent. Il baissa les yeux mais la Française avait tout de même eu le temps d'y entrevoir la lueur de désir qu'ils renfermaient. Elle sentit alors un lourd poids s'envoler de son cœur. Visiblement, il réagissait plus que bien au comportement des créatures de la nuit. Etant donné ses premières réticences, elle craignait un rejet total de sa nature lorsqu'il l'aurait vue se nourrir… Dans ce cas, elle n'aurait pas eu d'autres alternatives que de le tuer, même si cela devait l'attrister et la hanter pendant de nombreuses nuits.

Rassurée et satisfaite, Fleur déposa quelques billets sur la table et invita le jeune Nott à quitter le restaurant, non sans avoir remercié et félicité Rabastan pour la qualité culinaire de son établissement (nda : hum lol !). Ils rentrèrent au caveau de la blonde et durant le trajet, cette dernière lui glissa à l'oreille : 'J'espère qu'un jour ce sera toi…', ce qui fit rougir encore davantage le jeune Théodore.

oOoOoOo

Les nuits se succédèrent à une vitesse folle. Peu à peu, Théodore s'habitua aux rituels nocturnes de sa geôlière, qu'il ne considérait d'ailleurs plus en tant que telle, mais plutôt comme son aimable hôtesse. Il ne lui jetait plus des regards apeurés lorsqu'elle revenait de sa chasse quotidienne, les joues rosies par l'afflux du sang de ses victimes. Il ne frissonnait plus au contact glacé de sa peau lorsqu'elle lui prenait la main sans s'être abreuvée. Il ne baissait plus le regard d'effroi quand elle semblait scruter aux tréfonds de son âme en dardant sur lui ses orbes couleur d'azur.

Au contraire, le jeune homme commençait indéniablement à apprécier le vampire, attendant impatiemment le coucher de l'astre solaire pour pouvoir débattre de sujets divers. Il avait prit le rythme de Fleur, se couchant à l'aube et s'éveillant peu de temps avant le crépuscule. Dès que la blonde s'éveillait, tous deux partaient dans de longues conversations intellectuelles ou sortaient admirer les splendeurs de la nuit.

Théodore était subjugué par l'immense culture du vampire. Tout comme il l'avait été pour Lucius Malfoy. Lorsqu'il lui avait fait remarquer, elle avait éclaté de rire, rejetant sa longue chevelure blonde en arrière.

« - Tu sais mon jeune ami », avait-elle répondu. « Si tu avais l'éternité devant toi, je doute fort que tu la passes en flemmardant sans te préoccuper de ce qui t'entoure… La mort serait alors d'un tel ennui… »

« - Je comprends mieux pourquoi tu m'as parlé en norvégien le tout premier soir… Tu connais sans doute une multitude de langues ! », s'était-il exclamé.

« - C'est fort possible », avait-elle admis en souriant d'un air espiègle.

Dès lors, Théodore commença presque à regretter de n'être qu'un simple mortel. Le jeune homme avait toujours été attiré par les études, se délectant d'agrandir sa culture et collectionnant les passions cérébrales. Lorsqu'il entrevoyait les impressionnantes connaissances de Fleur, accumulées sur plusieurs siècles, il ne pouvait que s'attrister d'avoir une vie si courte. En étant mortel, jamais il ne pourrait assister lui-même aux grands bouleversements de l'humanité… Jamais il ne pourrait comparer les époques grâce à ses propres souvenirs… Parfois il hésitait presque à demander à la blonde de lui donner l'immortalité…

Fleur ressentait son trouble, mais à chaque fois elle lui disait de ne pas perdre espoir, qu'ils avaient tout leur temps… 'C'est facile à dire pour elle', ronchonnait-il alors dans son fort intérieur. Cependant, il n'osait jamais insister… Il s'était finalement attaché à elle et la respectait beaucoup. Peut-être même plus qu'il ne devrait…

oOoOoOo

Ce soir là, Fleur et Théodore s'étaient rendus dans les jardins du Luxembourg, célèbre parc parisien. Assis côte à côte dans l'herbe humide, tous deux contemplaient les étoiles tout en devisant sur la complexité de la nature humaine. Fleur s'extasiait de la candeur innocente du jeune homme alors qu'elle lui expliquait son point de vue à travers quelques anecdotes personnelles.

Un vent froid caressa les bras nus du jeune homme qui regretta d'être sorti simplement vêtu d'un tee-shirt. Le vampire s'en aperçut et l'enlaça gentiment.

« - Il fait frais ce soir, mon bel Adonis », dit-elle d'une voix suave.

Théodore rougit… Cela faisait quelques nuits que la proximité de la blonde le troublait plus que d'ordinaire. Sa beauté glacée provoquait en lui une sorte de fascination, sublimée par la douceur et la tendresse qu'elle lui prodiguait. Parfois, elle lui déposait un chaste baiser sur la joue ou sur le front, et le simple contact de ses lèvres emplissait son corps d'une douce chaleur.

Habituellement, Fleur s'en amusait, consciente du désir refoulé qui hantait le jeune Théodore. Elle n'allait jamais plus loin, se contentant d'attiser son désir en le gratifiant de regards brûlants. Mais ce soir… Elle n'avait plus envie de jouer… Ce corps juvénile et parfait dont la peau se grêlait sous la fraîche caresse du vent était une bien trop forte tentation !

Collant sa poitrine sur de le dos du jeune homme, Fleur entreprit de déposer de doux baisers dans son cou. Surpris, Théodore se raidit, ne sachant pas vraiment comment réagir à cette soudaine démonstration d'affection. Enhardie par son trouble, la blonde lécha et mordilla le lobe de son oreille, soupirant un vague 'Oh si tu savais comme j'ai envie de toi…'

Le souvenir de leur première soirée au restaurant revint alors brusquement dans l'esprit de Théodore qui se dégagea, choqué.

« - A quoi tu joues ! », s'énerva-t-il. « Tu cherches à m'ensorceler comme ce pauvre… euh comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, Finnigan ! »

Interloquée, Fleur chercha dans ses souvenirs et se rappela le jeune Irlandais à la chair si tendre… Elle lui prit la main et le força à la regarder dans les yeux. Elle-même se sentait perdre pied dans ces deux lacs cuivrés qui la fixaient si intensément.

« - Je ne ferais rien qui pourrait te causer le moindre tort », assura-t-elle. « Je ne te cache pas que j'ai envie de toi depuis le premier soir, lorsque je t'observais en train de dormir si paisiblement… Tu es d'une beauté hors du commun Théodore, même si tu ne sembles pas en avoir conscience. Et pourtant, t'ai-je déjà fait part de mes désirs avant ce soir ? J'estime avoir été extrêmement patiente au contraire ! J'ai adoré toutes ces nuits où nous apprenions à nous connaître, et je n'ai aucune envie de tout gâcher par un simple désir charnel… Pourtant je croyais que tu me désirais également… Bref, si j'ai mal interprété ton attitude, je te pris de m'en excuser, je n'avais pas l'intention de te blesser… »

Le jeune homme s'empourpra et regarda fixement ses pieds.

« - C'est vrai… Tu ne t'es pas trompée… Tu me plais beaucoup… Mais j'ai peur que ce soit une simple illusion et qu'en réalité tu me contrôles par je ne sais quel moyen ! »

Fleur s'approcha de lui et prit son visage en coupe.

« - Tu crois que je te contrôle d'une manière ou d'une autre ? Vraiment ? Alors que c'est moi qui ne me reconnais plus ! Jamais avant toi je n'ai été si heureuse de faire la connaissance d'un simple mortel ! Jamais je n'ai autant désiré me noyer dans tes iris mordorés ! Jamais je n'ai autant rêvé d'embrasser des lèvres si envoûtantes ! »

Etourdi par cette déclaration, Théodore se sentait encore plus perdu qu'auparavant. Lui-même n'osait espérer connaître l'extase dans ses bras, tout comme ce satané Irlandais qu'il jalousait inconsciemment. Et maintenant, elle lui criait presque son propre désir de le posséder ? Il ne pouvait y croire…

Inquiète de l'absence de réaction de son ami, Fleur pressa ses lèvres sur les siennes, priant que ce simple geste efface tous les doutes, toutes les craintes ainsi que les dernières réticences du jeune étudiant.

La douceur des lèvres du vampire envahit les sens de Théodore. Le jeune homme se sentait peu à peu dériver dans un océan de volupté. Et lorsqu'il entrouvrit les lèvres, Fleur n'hésita pas à y glisser sa langue, caressant sa jumelle avec passion.

Ils s'allongèrent dans l'herbe et se câlinèrent tendrement, sans brusquerie, apprenant à connaître les réactions de leurs corps respectifs tout comme ils apprenaient à connaître leurs esprits. La Française jouait avec le désir, allumant puis éteignant de nombreux feux sur le corps brûlant de son futur amant.

Et lorsque, hors d'haleine, ils arrêtèrent leur étreinte à regret, Fleur le regarda d'un air très sérieux et lui murmura d'une voix douce :

« - Un jour, tu seras prêt… Et ce jour là seulement, nous nous unirons réellement et je ferais de toi un vampire, traversant les époques en te nourrissant d'âmes humaines… Nous serons tous deux immortels, à tout jamais…»

Théodore frissonna mais se colla plus étroitement à la blonde. Il enfouit amoureusement son visage dans son cou, humant son doux parfum… Cette promesse signifiait beaucoup pour lui. Par ces simples mots, Fleur lui déclarait à la fois son amour et son désir de partager l'éternité à ses côtés. Décidemment, l'avenir semblait prometteur de grandes aventures…

FIN.

oOoOoOo

Bon ben voilà, c'est fini :-) Je n'avais pas envie que cette fic prenne de trop grandes proportions alors j'ai préféré m'arrêter là avant de ne plus pouvoir me contrôler, hihihi… J'espère quand même que ça vous a plu, sinon ben ma foi… Tant pis pour moi lol ! Bisous à tous !

Otisïana M.