Epilogue

Améthyste

« Lui que j'aime, je souhaite qu'il soit libre… même de moi. » Ann Morrow Lindbergh


Je devais l'éloigner. Je le devais. Et c'est plus que le fait que je suis à présent officiellement Toa Genjyo Sanzo Hoshi Sama, le moine le plus haut placé dans le monde, que j'ai été ces dix dernières années, et je n'ai pas l'intention de profaner le saint temple avec des séances de pelotage frénétiques et furtives dans l'ombre comme un adolescent stupide…

C'est plus le fait que ses baisers me rendent toujours faible, si faible et désespéré, et me conduisent doucement au point de fusion dans ses bras, enflammant le sang dans mes veines et faisant tonner mon cœur dans ma poitrine…

C'est la manière qu'il a de gémir mon nom, comme s'il se noyait… Ce sont les mots, les mots qui s'échappent presque de ces lèvres encore une fois coupables ; Les mots que je ne peux supporter de l'entendre dire, de peur que mon cœur se broie devant le pur désespoir de tout ça.

Putain, qui j'essaie de tromper… Je donnerais n'importe quoi, tout, pour la liberté de l'entendre chuchoter ces mots encore et encore dans mon oreille, autant qu'il le veut ; pour le droit de s'allonger chacun dans les bras de l'autre nuit après nuit ; pour le doux privilège de le posséder et d'être possédé par lui, pour toujours.

Mais les choses sont comme ça. Et j'ai mal pour lui, j'ai mal pour la réelle futilité de sa dévotion tacite. Je suis furieux contre lui du fait qu'il refuse de m'écouter, de m'oublier et d'aller de l'avant.

L'indéniable bâtard égoïste et hypocrite que je suis attends toujours. Chaque fois qu'il part, je compte les minutes, les heures, les jours. Et j'attends. J'attends pour celui qui donne du sens à ma vie. Qui est le sens de ma vie. Qui a été et ma faiblesse et ma force, depuis qu'il a ouvert sa porte une nuit pluvieuse et déroba mon âme, sans que je m'en rende compte sur le moment. J'attends pour celui qui m'a rendu mon âme ce jour triste et sans espoir il y a dix ans, et ouvrit mes yeux à la réalité de mes sentiments pour lui. Et ce même jour, je lui ai confié la garde de mon âme.

Je vis pour le jour où je pourrai voir cette figure familière, bien aimée et espiègle se tenant en bas dans la cour, me regardant avec de l'adoration dans de ses yeux. J'attends le jour où je descendrai doucement et je l'accueillerai avec modération, avec mon cœur battant furieusement dans ma poitrine à chaque seconde. Mon âme est revenue.

Tu es venu.

Bien sûr que je suis venu.

Tu n'aurais pas du. Tu ne dois pas.

Je t'ai choisi.


Rubis

« La plupart des choses se brisent, incluant les cœurs. Les leçons de la vie ne nous apportent pas la sagesse, mais des tissus cicatriciels et des cals. » Wallace Stegner


Merde ! Une semaine, sept putains de jours, et tout mon self-contrôle a été réduit en miettes. J'aurais pu passer encore trois mois à ses côtés ; trois longs, agonisants et tortueux mois partageant sa table, discutant avec lui, m'asseyant silencieusement près de lui pendant qu'il mène les affaires qui lui sont demandées, jusqu'à ce qu'il soit libre de passer quelque temps avec moi, à fumer dans une relation amicale paisible, buvant, parlant, se remémorant…

… Se volant des regards brûlants de désir, se battant contre l'incommensurable envie de serré son corps contre le mien, de presser des baisers affamés et enflammés sur toute la surface de ce visage impossiblement parfait, d'écraser ses lèvres sous les miennes, de le faire mien en une douce possession…

Enfin, je suis certainement devenu cinglé, ne le suis-je pas, stupid, BAKKA erokappa. Certes, j'ai sans le moindre doute cédé la nuit dernière ; et oh c'était bon, si bon de l'avoir une nouvelle fois dans mes bras, après tellement de temps… La dernière fois c'était il y a cinq ans, quand j'avais immédiatement disparu pendant un an et demi après l'incident. A ce moment là, c'était lui qui s'était effondré ; c'était lui qui m'avait poussé violemment contre le pilier, dans les douces ombres de la cour que dessinait la lune. Sans avertissement, j'ai été coincé entre la pierre froide et inflexible et son corps dur et brûlant, sa bouche ravageant la mienne, gémissant désespérément.

C'était lui qui avait capitulé ; Cependant, ce fut encore moi qui le ramena à lui, inintentionnellement, quand je gémis contre sa bouche, comme je l'ai fait la nuit dernière. « Sanzo… Mon dieu, comme je t'aime… » Seulement, comme la nuit dernière, je n'ai pas pu finir ma phrase cette fois-là non plus. Je n'ai jamais pu la finir.

Et donc je m'en vais une fois de plus, avec ses mots qui font écho dans mon esprit depuis si longtemps, « C'est ainsi que ça doit être… » Et il me jette toujours à la figure que j'ai un choix, le fichu bâtard. Mon moine corrompu. Ne peut-il pas voir ? Le seul choix c'est lui. Quelque soit la manière dont je peux l'avoir. C'est pourquoi je réapparais, c'est pourquoi je reviens à lui, encore et encore. C'est pourquoi je reviendrai une fois de plus, quand les coupures de mon profond désir pour lui se feront trop profondes et quelles deviendront impossibles à supporter.

Je l'ai choisi. L'intouchable, énigmatique et délicieux homme qui peut avoir qui il veut – Enfin, il voudrait, s'il n'était pas le plus saint des saints – et lui, qui pourrait avoir n'importe qui de son choix, pour dieu sait quelle raison, veut uniquement moi. Peu importe que ce soit interdit. Chaque fois que nos regards se croisent, il s'ouvre et me laisses voir à l'intérieur de son âme, et là… Je ne vois que moi.

Vraiment incroyable. Mais c'est une vérité que je me réserve jalousement, que je garde secrètement pour moi. Sanzo vit pour moi. Et il est ma rédemption. Parce qu'il n'aime que moi – Il aime ces cheveux rouges, et ces yeux rouges, et ces cicatrices qu'il a caressé la nuit dernière oh si tendrement. Sanzo m'aime, Sanzo aime Sha Gojyo.

Il n'a jamais dit les mots, comme il ne me permettra jamais de les lui dire, mais je sais. Je sais. Parce qu'il continue de vivre, jour après jour, comme il me l'a promis, il y a si longtemps dans la forêt avec les étoiles pour témoins. Il continue, même si la vie de reclus du temple doit incontestablement le tuer.

Il continue. Pour moi.

Et c'est assez.

… Ne l'est-ce pas ?


Soleil dans la nuit

Lighthouse Family

Combien de fois durant ta vie

As-tu eu le sentiment que

La manière dont tu vie est insensée

Et qu'il doit y avoir autre chose

Quand tu regardes le ciel

Ca ne te traverse pas l'esprit

Qu'il peut y avoir une chose que tu as oublié

Qui ne s'en ira jamais

Comme le soleil

Dans la nuit

Comme le soleil

Dans la nuit

Tu seras toujours avec moi, mon amour

Là dans mon âme

Tu seras toujours avec moi

Où que j'aille

J'ai obtenu trop après longtemps

Essayer de toujours dissimuler tes sentiments

Quand le monde devient fou

Et que tu les gardes pour toi

Combien cela fait mal

Pourtant tu essayes, essayes de continuer ta vie

Tu te dis que de mauvaises choses arrivent

Et espère juste que ça passera

Comme le soleil

Dans la nuit

Comme le soleil

Dans la nuit

Tu seras toujours avec moi, mon amour

Là dans mon âme

Tu seras toujours avec moi

Où que j'aille


« Les plus belles histoires d'amour sont celles que nous n'avons jamais eues. » Norman Lindsay

Rubis/ Améthyste

Attends-moi. Je reviendrai. Cette fois, il se pourrait que ça prenne plus de temps avant que je règne de nouveau sur moi-même, mais je reviendrai.

Je sais que tu le feras. Tu m'as choisi. Je sais.

Je t'aime.

Je sais.

Est-ce que tu m'aimes ?

Ne le sais-tu pas, baka erokappa ? C'est la seule chose qui me garde en vie.

Je sais, mon beau moine dépravé. Je sais.

Qu'arrivera-t-il quand je partirai ? Qu'arrivera-t-il quand tout ce qui restera lorsque tu apparaîtras de nulle part, ne sera plus qu'une tombe glaciale ?

Ah. Peut-être qu'à ce moment-là j'aurais le droit de terminer ma phrase, ne ?… Et alors le Smith & Wesson tirera sa dernière balle.

Sou ka.

Me le donneras-tu, la prochaine fois que je viendrai ?

Non.

Satané bonze égoïste…

Je te le donnerai quand je sentirai que le temps sera proche. Je te le donnerai.

Tu me le promets, mon amour ?

…Croix de bois, croix de fer, baka erokappa…

« Je dois dire ceci avec un signe, quelque part entre ici et l'éternité -

Deux routes divergent dans une forêt, et moi – j'ai pris celle qui a été la moins empruntée,

Et ça fait toute la différence. »

Robert Frost

-owari-


Note : Voilà, c'était ma toute première traduction. J'espère vraiment qu'elle vous a plu ! Lorsque j'ai lu pour la première fois cette histoire en anglais, elle m'a vraiment remué l'estomac, j'ai même versé ma petite larme (si, si, je suis très sensible…) Et j'aimerai vraiment savoir comment vous trouvez ma traduction, surtout est-ce que j'ai réussi à exprimer toute l'émotion contenue dans cette émouvante histoire… De plus, ça a été un très long travail (j'ai effectivement passé de nombreuses heures avec mon dictionnaire français/anglais, et je me suis vraiment pris la tête à essayer de formuler des phrases correctes…)

Alors s'il vous plaît, faites-moi part de ce que vous en pensez… si vraiment vous avez aimé, alors peut-être que je traduirai 'Longing 3' ( le deuxième acte étant une série de poèmes)

Enfin, si des personnes ont des suggestions concernant la traduction elle-même, n'hésitez pas à me les envoyer…