Loin des yeux, l'oubli du coeur

Le soleil se leva lentement sur un petit village d'Écosse, laissant ses doux rayons ramener un pauvre malheureux à la raison. Remus Lupin tomba au sol, blessé, avant de se relever et de se traîner jusqu'à la porte. Pomfresh devrait bientôt arriver pour venir le chercher, mais il ne pouvait pas la laisser le gaver de potions de sommeil. Il devait avant s'expliquer. Essayer de comprendre. Il devait régler cette histoire. Il suivit lentement le passage le menant de Pré-au-Lard jusqu'au parc de Poudlard. Pomfresh n'était toujours pas en vue. Il réussit à se rendre jusqu'à la porte de Poudlard, entra dans le silence du château, puis supplia les escalier de le monter au 3ème étage, et se traîna de peine et de misère jusqu'à une porte, où il cogna, avant de s'y appuyer.

-Entrez !

Mais Remus était incapable de pousser la porte. Lorsque la porte finit par s'ouvrir, Remus tomba sur celui qui lui avait ouvert, et le Pr Erik sursauta en voyant un Remus couvert de sang lui tomber dans les bras.

-Remus ! Mais que fais-tu ici, bon sang ! Tu devrais être à l'infirmerie ! Tu a besoin de soins, et tu le sais !

-S…Sev… Je dois voir Sev… Erik… S'il te plait… Je dois voir Sev… Il est ici… Hein ? Il est ici ?

-O…Oui, il est ici, mais…

-Je veux le voir… S'il te plait… S'il te plait Erik… Je veux le voir…

Des larmes coulaient à présent sur les joues pales de l'adolescent, nettoyant le sang qui lui barbouillait le visage, et Erik se dit qu'il avait eu de la chance, aucun élève de Poudlard ne l'avait vu ainsi.

-Assis-toi Remus… J'appelle l'infirmière…

-Non ! Je veux voir Sev ! Je veux savoir ! Je veux savoir ! Pourquoi il était dans la cabane hier ! Pourquoi il est venu ! J'aurais pu le tuer !

-Il y a été parce que Black lui a dit d'y aller.

Remus figea, alors qu'Erik l'installait dans un fauteuil de son bureau. Il se dirigea ensuite vers un miroir accrocher sur le mur.

-Infirmerie.

Le miroir se troubla, et il vit la pauvre Mme Pomfresh en train de courir dans tous les sens.

-Mme Pomfresh ?

-Pr Erik ! Ce n'est pas le moment ! Remus Lupin a disparu !

-Il est ici, ne vous inquiétez pas.

-Merlin ! Que fait-il dans votre bureau ?

-Cela ne concerne que lui, je crois… Pourriez-vous venir le chercher ? Il a besoin de soins…

-Oui, bien sur… J'arrive…

Elle s'éloigna, et le miroir redevint opaque.

-P…Pourquoi Sirius a fait ça ?

-Je l'ignore Remus… Ce sera à toi de lui demander…

Remus entendit des bruits de pas provenant des appartements d'Erik, dissimulés derrière un mur de son bureau, et il vit une trappe s'ouvrir pour laisser entrer son amoureux, l'air encore endormit.

-Il me semble avoir entendu SA voix…

-Severus… commença Erik.

Mais il ne put finir que le Serpentard se figeait en voyant Remus sur le fauteuil.

-Sev ! Tu vas bien ? T'es pas blessé ? Mais dis quelque chose bon sang ! Est-ce que je t'ai fais du mal ?

-Qu'est-ce que tu fiche ici ? cracha t'il, tremblant.

-Je…

-C'est pas assez que t'a essayer de me tuer ? Fiche ton camp d'ici sale monstre ! T'approche plus de moi !

Remus figea à son tour, regardant son petit ami avec de grands yeux blessés, ses larmes elles-même ayant cesser de couler sur ses joues, trop choqué qu'il était pour parler.

-Severus… tenta Erik.

-Comment est-ce que tu peux encore le laisser t'approcher ? explosa t'il. Il a voulu me tuer ! Tu t'en fou ou quoi ? C'est un danger publique !

-Mais tu n'a rien !

-C'EST PAS UNE RAISON ! NE M'APPROCHE PLUS JAMAIS LUPIN, PARCE QUE SINON ÇA VA ALLER MAL !

Et il sortit en vitesse du bureau d'Erik renversant l'infirmière qui arrivait. Après s'être relevée, elle s'approcha de Remus et commença à l'examiner, et lui la laissait faire, choqué par les paroles de son (ex) amoureux. Lorsqu'il apparut à Pomfresh qu'il allait plutôt bien, elle l'allongea sur une civière.

-Que s'est-il passé, Pr Erik ? Pourquoi M. Lupin est-il venu ici, et pourquoi ais-je entendu des cris, et vu M. Rogue sortir dans cet état de fureur ?

Erik soupira.

-Remus voulait savoir comment allait Severus, que M. Black a envoyé cette nuit dans la Cabane Hurlante. Il voulait s'expliquer avec lui, mais Severus n'a rien voulu savoir… Il a dit des paroles terribles à Remus, et ne lui pardonneras peut-être jamais, sans vouloir comprendre que Remus est innocent dans cette histoire…

-Et cela ne fera qu'augmenter la haine qu'il ne ressentait pour lui à l'origine… soupira Pomfresh. Et puis, s'il sait la maladie de M. Lupin, il s'empressera de la révéler à tout le monde, afin que Remus soit renv…

-Haine ? Ils ne se haïssaient pas ! Au contraire ! Vous avez assister à ce qui doit être la scène finale de la plus belle histoire d'amour que cette école ait jamais connue.

-Je vous demande pardon ?

-Severus savait déjà l'état de Remus, et depuis longtemps. Je le connais, et je sais que, peu importe quels sont les sentiments qu'il a pour Remus à présent, il ne fera rien pour le faire renvoyer. Leur séparation étant déjà une punition pour Remus, si ce n'est pas la pire…

Erik s'approcha de la civière pour caresser les cheveux du loup-garou, qui tourna la tête vers lui, le regard fixe, des larmes coulant à nouveaux sur ses joues.

-Erik… pleura t'il. Sev… Il…

-Je sais… murmura le professeur. Je sais… Tu dois être fort maintenant Remus. Très fort… Je vais essayer de parler à Severus, lui faire entendre raison… Mais toi… Tu ne dois pas abandonner… Il finira bien par comprendre l'erreur qu'il a fait… Ne t'inquiète pas Remus… Tout ira bien… Tout vas s'arranger…

Remus agrippa une main du professeur, une main froide comme l'hiver, et la serra fort, fermant les yeux en réprimant des sanglots.

-Je dois l'emmener rapidement à l'infirmerie, dit Pomfresh. Il a perdu beaucoup de sang en se traînant jusqu'ici, avec toutes ces blessures.

-Je crois que je suis obligé de vous y suivre, dit Erik, puisqu'il ne semble pas vouloir me lâcher…

-Étrange d'ailleurs. Il n'est pas vite à donner sa confiance, et vous qui n'êtes même pas là depuis un an…

-Il faut croire que… que j'ai fais mes preuves, dit Erik avec un pauvre sourire en regardant l'enfant à l'âme brisée étendu sur la civière.


Lorsque les Maraudeurs entrèrent dans l'infirmerie pour voir Remus, ils trouvèrent leur ami fixant le plafond au dessus de lui, son visage n'exprimant aucune expression.

-Lunard ?

-Salut.

Dans sa voix, aucune émotion. Lorsqu'il tourna le regard vers eux, ils furent surpris du regard vide.

-Remus… souffla Sirius. Je suis désolé… Tellement désolé… J'ai pas réfléchi… Pardonne-moi…

-Ça n'a plus aucune importance maintenant…

Et Remus retourna à la contemplation du plafond.

-Dis pas ça Remus… Je m'en veux tellement…

-T'a pas à t'en vouloir, Sirius… Ça m'a juste fais comprendre…

-Comprendre quoi ? demanda James, inquiet.

-Que j'étais seulement un monstre…

-Non Remus ! C'est pas vrai et tu le sais très bien !

-Il me l'a dis…

-Qui ça ? Rogue ? Bon sang, Remus ! T'a faillis le tuer, par la faute de Sirius, c'est normal qu'il te traite de monstre en sachant ce que tu es ! Mais on s'en fou de ce qu'il pense ! C'est Rogue ! Son avis n'a jamais compté !

Remus ne répondit pas et ferma les yeux. Les Maraudeurs, désemparés devant son silence, sortirent de l'infirmerie. Une fois que la porte fut fermée, une unique larme coula de la joue du lycanthrope.


Ce soir-là, soit deux semaines après le terrible incident, Severus se dirigea vers le bureau de son père, pour son cours de chant quotidien du mercredi. Il entra dans le bureau, s'installa sur une chaise, et attendit que le professeur n'arrive, ce qu'il ne tarda pas à faire.

-Bonsoir, Severus…

-Bonsoir. Tu arrive tard, dis-moi… Je suis arrivé avant toi.

-Mmm… J'étais dans un dortoir.

-Un… dortoir ?

-Si… Parti voir un élève à l'âme brisée.

-Ah bon. On commence ?

Erik soupira et s'installa au piano, mais une demi-heure plus tard, il s'arrêtait.

-Severus, nous devons parler.

-Je sais très bien de quoi tu veux me parler, et ne souhaite pas en discuter.

-Severus, assis-toi immédiatement et ouvre tes oreilles.

-Tu n'as pas…

-D'ordre à te donner ? Et bien si. Je suis non seulement ton professeur, mais aussi ton père, tu te rappelle ? C'est doublement mon devoir de veiller à ce que tu ne fasse pas d'erreurs, et là, tu en fais une énorme !

-C'est une erreur que d'éloigner un monstre qui a voulu me tuer ?

-Remus n'a jamais voulu te tuer !

-Il était de mèche avec Black et Potter ! Depuis le début ! Et moi, comme un con, j'ai cru qu'il m'aimait réellement ! Mais tout ça, c'était qu'un plan ! Un plan pour se débarasser de moi, pour me tuer !

Erik se leva, tremblant de colère, ses yeux d'or lançant des éclairs.

-Severus Alexandre Rogue ! Comment oses-tu prononcer de tels mensonges ! Comment oses-tu prétendre que tous ces mois où vous vous êtes battus pour cacher votre relation n'était enfin qu'une vile comédie afin de te blesser ! Si tel était leur but, Remus aurait tenu à rendre cela publique, afin que tous puisse rire de toi après qu'il t'ai laissé tomber ! Si réellement Remus aurait voulu te tuer, il aurait été plus prudent pour lui de montrer votre relation au grand jour, ainsi il aurait été moins soupçonner ! Alors que si tu étais mort, les Maraudeurs auraient été les premiers accusés ! Et si toi tu peux douter des sentiments de Remus à ton égard, moi je n'en ai jamais douter, et n'en doute pas maintenant non plus ! Il est en train de se laisser mourir ! Peux-tu comprendre cela ? IL SE LAISSE MOURIR PARCE QUE TU N'ES PLUS AVEC LUI ! Depuis deux semaines, c'est à peine s'il touche à de la nourriture, il ne sort plus guère de son dortoir que pour les cours, cours où il n'écoute absolument pas d'ailleurs ! Et tu veux me faire croire que tout cela est encore une mascarade ! Veux-tu savoir ce qui s'est réellement passer ?

-…Quoi ?

-Ce n'était qu'une mauvaise farce de Black ! Il voyait bien que tu tournais autour de Remus, mais il croyait que c'était afin de trouver son secret, et de le faire renvoyer ! Il a cru, à tord, que si tu te retrouvais face à Remus pendant sa transformation, tu aurais tellement peur que tu les laisserais tranquille, de peur que Remus ne te fasse du mal ! Remus n'était au courrant de rien, et a paniquer en se souvenant au matin de ce qui s'était passé ! C'est ainsi qu'il s'est traîné, profondément blessé, jusqu'ici au petit matin, afin de savoir si tu étais blessé ! Et toi, comment l'as-tu accueilli ? En le traitant de monstre et en t'enfuyant !

-…Il… Il ne savait pas ?

-Je puis te jurer sur ma propre tête qu'il ne le savait pas. Jamais ses sentiments pour toi n'ont été inspiré d'une quelconque comédie. Severus ! Il suffisait de voir ses yeux pour savoir qu'il t'aimait ! Il suffisait de voir ses yeux pour savoir qu'il n'aurait jamais monter un plan pareil ! Il suffisait de le connaître pour savoir que jamais il ne t'aurais fait du mal… De toute façon, ça aurait été sa perte que de te blesser… Pourquoi aurait-il risquer sa vie dans une plaisanterie ?

Severus fixait son père d'un air incertain.

-Ce n'est pas une plaisanterie que tu me fais ?

-Severus ! Ais-je l'habitude de plaisanter sur les sentiments ? Moi qui t'ai toujours recommandé d'y être fidèle ?

-…Non.

-Pour l'amour du ciel, va le voir, va le rassurer ! Je sais bien qu'il te manque, que tu l'aime toujours ! Tu n'aurais pas pu oublier en deux semaines tous ces mois où vous aviez été ensemble ! Combien de fois t'ais-je vu, dans la Grande Salle, regarder à la table des lions, et fixer sa place vide ? Combien de fois t'ais-je vu, dans mon cours, lever les yeux dans sa direction, avant de détourner la tête subitement ?

Severus se leva précipitamment, et se dirigea vers la porte. Erik le saisit par le bras, et regarda son fils dans les yeux. Ses lèvres tremblaient, il semblait tout à coup inquiet.

-Tu n'as pas le mot de passe.

-…Merde !

Erik murmura trois mots, et lâcha l'adolescent qui fila aussitôt dans le corridor.


Severus se pointa devant la Grosse Dame, qui le regarda un moment.

-Vous n'êtes pas de ma maison.

-C'est vrai, mais j'ai le mot de passe.

-Et qui vous l'a donné ?

-Le Pr Erik. J'ai un message de sa part pour un élève.

-Ah bon ? Et qui ça ?

-Remus Lupin.

-Ah ! Le pauvre enfant. Il ne va pas très bien, depuis deux semaines. Il passe toutes ses pauses ici, il ne vas même plus manger à la Grande Salle. J'ignore ce qu'il a, il ne sort que pour ces cours, alors qu'avant, je lui ouvrais toute les nuits.

-J'ai… Euh… Une nouvelle qui devrait lui remonter le moral…

-Vraiment ? Donnez-moi le mot de passe et allez-y.

-Brotucs et branchiflores.

-C'est exact.

Et elle pivota, laissant le passage libre à Severus. Il pénétra donc dans la taverne des lions, ses pires ennemis, où il devait néanmoins aller s'il voulait retrouver cette personne si chère à son cœur, qu'il avait lui-même éloigner par… par peur excessive, irréfléchie et particulièrement stupide ? Heureusement que son père avait su lui parler et régler ce problème ! Severus regarda autour de lui un moment. Trop de rouge et or. Leur salle commune était cependant reposante, et accueillante, pas comme la salle commune des Serpentard, qui était froide et austère, et humide, puisqu'elle était située sous le lac. Il monta des escaliers, qui se dérobèrent sous lui. Oh, zut, escaliers des filles. Il prit donc l'autre escalier, et le grimpa rapidement. Là, plusieurs dortoirs. Arggg lequel était celui des Maraudeurs ? Il essaya de se rappeler des indications que Remus aurait pu lui donner, mais il lui fut inutile de chercher plus loin dans ses souvenirs, car il vit sur l'une des portes un écriteau. « Bienvenue dans l'antre des Maraudeurs ! ». M'oui. Pas besoin de se casser la tête… Il entra donc pour être assailli par deux ronflements. Potter et Pettigrew qui faisaient encore leur concours, ce même concours qui avait emmener Remus dans la Tour d'Astronomie, la nuit même où ils étaient tombés amoureux. Étranges. C'était grâce à Potter et Pettigrew qu'ils en étaient venus à se voir, et à tomber amoureux, et c'est à cause de Black qu'ils s'étaient laissés.

Il se dirigea vers un lit silencieux… pour découvrir Black qui dormait du sommeil des justes en serrant son oreiller dans ses bras. Il se dirigea donc vers l'autre lit duquel ne s'élevait aucun bruit. Il y découvrit Remus étendu sur le dos, immobile, n'ayant que ses épaules qui tressaillaient légèrement lorsqu'il était parcouru de sanglots silencieux. Il avait dans son sommeil un air si malheureux que Severus se demande comment il avait pu ne pas remarquer le désespoir de Remus pendant ses cours. Peut-être parce qu'il ne le regardait pas ?

Doucement, il se pencha pour embrasser son ex (et peut-être en même temps futur) petit ami, le temps d'y puiser le courage de le réveiller et de s'expliquer avec lui. C'était sans compter les sens du loup-garou qui éveillèrent Remus, qui eu la surprise d'être éveillé par un baiser de celui qui ne voulait plus le voir la veille encore. Sans demander d'explications( après tout, s'il était là, dans son dortoir, en train de l'embrasser, il devait avoir compris que Remus n'y était pour rien, non ? ) Remus l'agrippa par le cou pour approfondir le baiser, et Severus sursauta en essayant de s'éloigner.

-Je…

Il ne pu commencer a parler que le loup-garou l'embrassait à nouveau. Il réussit à s'éloigner un peu, le temps de souffler :

-Tes amis… Allons dans la Salle sur Demande, je dois te parler…

Remus hocha la tête, et se leva pour le suivre, se serrant contre lui, de peur qu'il ne s'éloigne encore de lui, l'embrassant fougueusement en se disant que, peut-être, s'il arrivait à démontrer à Severus a quel point il a besoin de lui, le Serpentard oublierait qu'il était un monstre, et l'aimerait à nouveau…

La Grosse Dame les regarda s'éloigner dans les corridors en s'embrassant, se demandant si c'était réellement cela qui allait remonter le moral du petit Gryffondor.


La porte de la Salle sur Demande se referma, et Remus sauta au cou de son amoureux pour l'embrasser encore et encore, ne lui laissant même pas le temps de dire un mot, trop abasourdis pour former l'idée de parler.

-M'abandonne pas encore… murmura le lycanthrope entre deux baisers. J'ai besoin de toi… M'abandonne plus jamais… S'il te plait… Je ferai tout ce que tu veux… Je t'aime… Me laisse pas… S'il te plait… S'il te plait… Même si je suis un monstre… Me laisse pas… M'abandonne pas…

-Remus…

Mais il ne pu le rassurer, trop occupé à répondre aux baisers du Gryffondor qui pressait son corps contre le sien, et qui allait décidément le rendre fou. Il réussit finalement a reprendre ses esprits et à éloigner Remus, qui le regarda l'air malheureux.

-Ok, on va mettre quelque chose au clair tout de suite. Je ne t'abandonnerai plus, et je t'en veux pas. Ok ? J'ai eu peur pour ma vie, j'ai paniquer, j'ai cru que tu étais de mèche avec Black pour me tuer, j'ai pas réfléchis une seule seconde avant que mon père ne me remette les idées en place, il y a quelques minutes encore. Tu n'a pas à t'en vouloir, t'es pas un monstre, et tu n'a pas à faire tout ce que je veux.

-Tu…Tu m'aime encore ? demanda Remus d'une petite voix.

-J'ai jamais cesser de t'aimer. J'étais juste trop stupide pour le comprendre.

Doucement, presque craintivement, Remus s'approcha pour se blottir dans ses bras et se mettre à pleurer. Severus le serra tendrement dans ses bras, l'embrassant sur la tête, le berçant presque contre lui.

-Je t'aime Remus… Je t'aime tellement…

-Je croyais que je t'entendrais plus jamais le dire…

-Et bien tu vois, t'es encore pris avec moi…

-Je ne vais pas m'en plaindre… murmura t'il en levant la tête pour prendre doucement les lèvres de son amoureux.

Un baiser doux, léger, court, pour marquer le début de leur réconciliation. Ils ouvrirent les yeux en souriant, et Severus essuya doucement les larmes qui coulaient sur les joues du loup-garou. Puis il regarda autour de lui et haussa un sourcil en voyant le lit derrière eux.

-Remus ?

-Oui ?

-Tu veux bien me dire à quoi tu pensais lorsqu'on est passé devant la salle ?

-Eum…

-Parce que moi, je n'ai jamais penser à un lit…

-Je… J'ai penser… Que si… Que si je te montrais à quel point je t'aimais… A quel point j'avais besoin de toi… Que peut-être… tu arrêterais de m'en vouloir…

-Remus… Tu pensais que parce que tu coucherais avec moi que j'arrêterais de t'en vouloir ?

-Je…

-C'est un raisonnement complètement stupide.

Remus pencha la tête.

-…mais ça peut pas être pire que moi qui croyait que tu avais prévu de me tuer… Alors…

-Sev…

-Et puis je veux pas te forcer à quoi que ce soit. On le fera quand tu seras prêt, c'est tout. Même si c'est dans longtemps. Je veux pas te forcer à quoi que ce soit.

-Sev ?

-Mmhh ?

-Je t'aime. T'aurais pas besoin de me forcer à quoi que ce soit.

Il avait prononcer ces paroles comme si de rien était, seul un léger rougissement indiquait une certaine gêne. L'autre rougit à son tour.

-Remus…

-Si tu crois que j'ai pas envie de toi, t'es vraiment aveugle.

-Je…

-Pourtant, il me semble que j'étais assez collé pour que tu le remarque !

-Quoi, que tes pantalons te serraient ? J'ai remarquer ! Mais ça voulait pas dire que… C'était pas une raison pour…

-Et pourquoi on aurait besoin d'une raison ? L'amour est irrationnel !

-Oui, ça je sais… Si l'amour était rationnel, tu serais pas avec moi…

-Sev ! Dis-le donc que c'est toi qui est pas prêt, plutôt que de te trouver des défaites !

-Je me trouve pas des défaites !

-Menteur !

Pour lui prouver, le Serpentard le poussa vers le lit et s'étendit sur lui pour l'embrasser furieusement, le serrant contre lui. Les mains du loup-garou se firent baladeuses, et une petite voix, quelque part dans le cerveau de Severus, lui dit que s'envoyer en l'air après une dispute pour savoir s'il fallait une raison ou non pour s'envoyer en l'air, c'était vraiment idiot. Mais tant pis !

Remus était aux anges(Nd/a : Personnellement, je ne trouve pas que Severus ressemble à un ange, mais bon… Chacun ses goûts, hein !) . Non seulement il s'était réconcilier avec son amoureux, mais en plus, ils étaient sur la bonne voie pour réaliser son fantasme depuis quelques mois. Seulement un élément l'asticotait, et le loup-garou en lui était indigné. Donc, Remus se décida à régler le problème.

Severus n'eut pas conscience du mouvement du loup-garou avant que sa tête ne s'enfonce dans l'oreiller. Là, il remarqua le loup-garou allongé sur lui pour l'embrasser.

-Remus ?

-Mmmhh ?

-J'espère que t'es à l'aise, installé sur mon ventre comme ça ?

-Quand c'est toi qui m'écrasais tantôt, j'ai pas fais de sarcasme…

-Mmm…Coté loup-garou dominant qui ressort ?

-Ouaip.

-Tu trouve pas que s'envoyer en l'air après une simili-dispute pour savoir si on va le faire ou non, c'est un peu ironique ?

-Non, ça prouve juste que tu ne sais rien me refuser…

-Ah… Voyez-vous ça… fit le Serpentard, ironique. Et qu'est-ce qui te fais dire de tels propos ?

Remus, prouvant ses dires, se pencha pour embrasser longuement son amoureux, une main derrière son cou, l'autre main appuyée à un endroit stratégique afin de déterminer l'effet de son baiser. Et il lui apparut bien vite qu'il avait raison. Severus sentit bien qu'il était inutile de résister(de toute façon, l'envie d'arrêter le Gryffondor semblait s'être dissipée, comme par enchantement) et il céda finalement à la douce folie qui prenait rapidement possession de lui. Bientôt, le haut de pyjama de Remus (non, pas de petits nounours, désolée, c'est celui de Peter…), la chemise et la cravate de Severus (il avait passé la soirée chez Erik a se faire sermonner) finirent au sol.

-T'es sur que…

-La ferme.

Comment ne pas obéir, quand il y a un loup-garou assis sur votre ventre qui vous embrasse, et dont les mains aventurières caressent des zones sensibles que vous-même ne connaissiez pas ? Il n'y a qu'une chose à faire, se taire, pour laisser les choses évoluées. C'est ce qu'il fit donc, se laissant aller au plaisir qui montait, au fur et à mesure que la bouche du Gryffondor descendait. Arrêtant de titiller son nombril avec sa langue, Remus releva la tête vers lui.

-Tu veux toujours qu'on arrête ?

-Si tu t'arrête, je te tue…

-C'est bien ce que je pensais…

Remus remonta pour embrasser à nouveau son petit ami, se serrant bien gentiment contre lui.

-Qu'est-ce que tu fiche ? demanda l'autre, agacé.

-Et bien, c'est une expérience…

-De quoi tu parle ?

-Je teste l'une de mes théories. Tu sais, quand il y a un gros gâteau au chocolat devant toi, et que tu ne peux pas le prendre, tu en a soudainement envie plus que tout, non ? Et quand tu peux enfin le goûter, il te semble être le meilleur gâteau du monde, non ?

-Et tu crois que le sexe, s'est pareil ?

-Bah ! Pourquoi pas ?

-Vires-moi cette théorie débile tout de suite ou je ne réponds plus de rien !

-Y'a pas à dire, toi face à la tentation, le jardin d'Eden est perdu… fit Remus d'un air faussement désolé.

-Cesse de me torturer, tu veux ? Maintenant que tu m'a convaincu, tu passe ton temps à t'arrêter !

-Je te l'ai dis, je teste ma théorie.

-Non. Tu teste ma patience.

-Je croyais que tu n'en avais pas ?

-EXACT !

Et le Serpentard l'attrapa par le cou pour l'embrasser, furieux de voir Remus si peu pressé. Bientôt, pantalons rejoignirent les hauts au sol, et seuls les boxers faisaient encore office de barrière, barrière bien peu résistante qui n'avait pas empêcher quelques caresses timides. Caresses qui avaient attiser encore plus le désir, et qui les laissait l'esprit hagard et les reins en feu. Folie d'une nuit, euphorie due à leur retrouvailles ou simplement concrétisation d'un projet repoussé par chacun par peur ? Nul ne saura la réponse. Ceci n'empêchant pas cela, les deux boxers finirent leurs courses sur le plancher, les laissant rougissants, n'osant pas trop se regarder. L'un deux, assurément plus courageux, finit par lever les yeux vers l'objet -ou plutôt, la personne- de tous ces désirs, et eut un petit sourire, tout en rougissant de plus belle. L'autre fit un geste pour attraper ses vêtements, évitant toujours de regarder le corps de son amoureux, sans pouvoir ignorer les cicatrices qui trahissaient l'état de Remus.

-Finalement, c'est pas une bonne idée. On… On pourrait le regretter, et…

-Le regretter maintenant, ou le regretter plus tard…

-C'est pas si simple… Et… Et puis je veux pas te décevoir.

-Et pourquoi est-ce que tu me décevrais ?

-Non mais tu m'a vus !

-Oui, après des mois à en rêver, j'ai enfin la vérité devant moi… et je ne suis pas déçu.

-Arrête de faire comme si tu me trouvais beau, bon sang !

-Tu voudrais que je mente, peut-être ? Je t'aime, je te trouve beau, qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ?

-Y'a que… Que… Que tout le monde va te juger !

-…et alors ? Pour le moment, personne ne le sait, sauf ton père, et il ne nous juge pas. Et les autres… Je m'en fiche. Ils peuvent penser ce qu'ils veulent, ils ne te connaissent pas. Ils ne te connaissent pas comme moi je te connais. Et même s'ils me traitent de noms ! Tu crois que ça me feras quelque chose ? J'ai l'habitude avec mon père, ça ne me fait plus un pli ! Les seuls qui arrivent encore à me blesser avec les mots sont les cinq personnes les plus importantes pour moi. Ça m'étonnerait bien que tu me traite de noms parce que je t'aime, ça m'étonnerait aussi de la part d'Erik. Quant aux Maraudeurs… Ils vont bien devoir comprendre que je t'aime plus que tout, et que sans toi, je n'existerais plus ! S'ils ne le comprennent pas, tant pis ! Je t'aime plus que tout, mais…

-Mais ?

-Mais si tu remets ces vêtements, je ne réponds plus de rien !

Severus eut un mince sourire.

-Tu veux vraiment de moi ?

-Merlin ! Il vient de s'en rendre compte !

-Je suis pas SI stupide… Seulement… Surpris…

-Après tout ce temps, ça te surprends encore que je t'aime ?

-Bah, après tout… « Une très belle personne a toujours le droit d'aimer le plus horrible monstre. » .

-Tu parle de toi ou de moi quand tu dis monstre ?

-En sachant que je ne peux pas être la très belle personne, quel rôle tu crois qu'il me revient ?

-Arrête de te traiter de noms… Et c'est bizarre, mais cette phrase me dit quelque chose…

-Fantôme de l'Opéra, p. 271.

-Je me disais aussi…

Remus s'approcha, et s'appuya contre le dos de son amoureux assis sur le bord du lit, et noua ses bras autour de son torse, le serrant contre lui.

-Je t'aime, Sev… Si je suis là, c'est parce que je veux… Alors arrête de penser à ce que les autres pourraient penser… Les autres ne sont pas à notre place. Ça ne les regarde pas. Les seuls que ça regarde, c'est toi et moi. Pour ce qui est de moi, tu devrais être rassuré, depuis tantôt, et pour toi… Tu me menaçais il y a pas si longtemps de me tuer si j'arrêtais.

-Je… Je sais, mais…

-Si t'es pas prêt, t'a qu'a le dire…

-Si tu savais, Remus… Si tu savais…

-Si je savais quoi ?

-Non… Pas maintenant…

Il tourna la tête pour regarder son amoureux.

-Je te parlerai de tout ça une autre fois… Pas maintenant… Je suis pas prêt à te dire toute la vérité…

-D'accord…

Remus sourit tristement avant de fermer les yeux, toujours appuyé contre le dos de son petit ami, ses mains caressant doucement son ventre.

-Je t'aime, Sev…

Il soupira, et s'étendit pour prendre le loup-garou dans ses bras.

-Je sais… Je sais pas pourquoi, mais je le sais…

Il ferma les yeux et serra Remus contre lui, avant de l'embrasser dans le cou. C'est alors qu'il remarqua que leur intimités étaient plus ou moins( plus que moins) en contact, du au rapprochement phénoménal qui venait d'avoir lieu. Remus, les yeux fermés, profitait du moment, se demandant s'il finirait par connaître autre chose un jour. Quelle ne fut pas sa surprise en sentant son amoureux l'embrasser tendrement, tout en se frottant doucement contre lui. Finalement, peut-être que ça allait arriver ! Il s'installa un peu mieux, allongé sur lui, pour répondre à son baiser tout en accompagnant le mouvement de hanche de son amoureux. Leur respiration se fit erratiques, il était hors de questions d'arrêter à nouveau (Nd/a : Malheureusement pour l'auteur qui fait tout pour repousser ça depuis tantôt, quitte à rendre le texte long et plate, mais qu'est-ce qu'on ferait pas pour un paris !). Lorsque le rapprochement radical se fit plus pressant, mais surtout obligatoire, et ce pour les deux, Remus humidifia ses doigts, avant d'en insérer un en Severus, qui se crispa légèrement, avant de se détendre. Après tout, il avait l'habitude, et savait que cette douleur ne permettait que d'apprécier d'avantage le plaisir que lui procurerait Remus. Ce dernier inséra un second doigt, et sourit en voyant la cambrure dans le bas du dos de son amant, puis le mouvement des hanches. Il se pencha pour embrasser doucement Severus dans le cou, et sourit en voyant son visage enfoui dans l'oreiller, ce qui n'empêchait pas l'ouie ultra-dévellopée de Remus d'entendre son souffle devenir de plus en plus difficile. Il bougea légèrement ses doigts, et rit en entendant le petit cri que poussa son petit ami. Après un moment, il retira ses doigts, et se recula, nerveux. Son amoureux était-il prêt ? Allait-il le blesser ? Il fut un peu rassuré par le principal intéressé, qui murmura son nom, d'une voix altérée par le désir. Hésitant quelques secondes, Remus s'approcha de son petit copain, et le pénétra doucement. Il s'arrêta en entendant le cri, et attendit un peu avant de commencer à bouger, bientôt suivit par Severus, et se firent entendre des gémissements de plaisir peu de temps après.

Le préfèt-en-chef, qui inspectait dans les corridors voir si aucun élève ne contreviendrait aux règlements en se promenant après le couvre-feu, passa devant la porte et sursauta en entendant de bruit. Comment pouvait-il y avoir du bruit derrière un mur, alors qu'il n'y avait aucune salle dans le coin, donc aucun endroit pour se cacher ? Il se promit d'aller parler au directeur de ce mur étrange qui gémissait.

Pour les deux amants, rien ne comptait plus que l'autre, que le plaisir à donner et à recevoir, se fondre en l'autre, mourir à chaque coup de reins et renaître aux gémissements de sa moitié. Et malgré le manque de sang qui permettrait d'irriguer convenablement leur cerveaux, ce qui leur permettrait de réfléchir, il y avait, quelque part dans leur tête, une petite voix qui leur disait qu'après cette nuit, rien ne serait plus jamais comme avant.

Lorsque, ce qui leur sembla une éternité plus tard, Remus retomba contre le dos de son amant, épuisé, comblé (ayant apaisé ses maudites hormones qui le travaillaient depuis quelques mois), ils restèrent un moment en silence pour reprendre leur esprits, et retrouver leur souffle. Severus attira Remus dans ses bras et embrassa le lycanthrope dans le cou, encore un peu humide de sueur ayant fait légèrement frisé les cheveux sur la nuque du châtain, sur l'ancienne cicatrice de la morsure. Remus frissonna au baiser sur cette marque maudite.

-Remus ?

-Mmmhhh ? demanda t'il en faisant un effort pour garder les yeux ouverts, ses deux semaines sans vraiment dormir et l'effort physique qu'il venait de faire l'ayant vidé de toute forces.

Severus sourit en voyant que Remus était épuisé. Il l'embrassa doucement, puis le serra contre lui, et Remus blottit son visage contre lui.

-Tu dois sûrement être le meilleur amant au monde… murmura le Serpentard.

Remus sourit, avant de finalement glisser dans le domaine des songes, et il devait faire un très beau rêve car il avait un sourire aux lèvres. A quoi rêvait-il ? A Severus, à quelques mauvais coups à jouer avec ses amis, a des chocogrenouilles, à un café vanille française ou alors à une mousse aux framboises ? Avec le Gryffondor, impossible de savoir… Son amant resserra son étreinte, apaisé de toute crainte. Y avait-il quelque chose de plus rassurant que de s'endormir avec, contre soi, le corps chaud de la personne aimée ? Sûrement peu de choses pouvaient égaler cela.

Combien de fois Severus avait-il du donner son corps contre de l'argent ? Trop souvent pour qu'il ne s'en souvienne. C'est ainsi, lorsque l'on se retrouve à la porte à 14 ans. C'est ainsi, lorsqu'on a un père violent et sans cœur. Il avait du vendre son corps pour survivre, et si ses clients s'étaient prit du bon temps, jamais Severus n'avait apprécier ces contacts, ces messieurs étant trop occupé à leur propre plaisir, certains étant de plus sado-maso. Cela lui faisait étrange, avec Remus. S'il couchait avec ses clients, il faisait l'amour avec Remus. Lui qui n'avait jamais vu une différence entre les deux termes en voyait une, et de taille ! Remus n'avait pas été égoïste (Remus, égoïste ? Le serait-il un jour ? Au contraire, il pensait trop aux autres, et pas assez à lui-même.) , et s'était soucié de lui, de lui donner du plaisir. Il l'avait clairement sentit hésiter, de peur de le blesser. Severus ayant(malheureusement) de l'expérience, il pouvait l'affirmer sans mentir; Remus était le meilleur amant au monde.

C'est sur ces bonnes paroles qu'il rejoignit à son tour le pays des songes, où pour une fois, ses rêves n'appartenaient pas au futur potentiel-et-il-ne-faut-pas-y-penser-ça-va-pas-dans-ta-tête-Remus-est-pas-prêt, mais bien au passé, passé pourtant encore si présent si l'on tenait compte des deux corps blottit l'un contre l'autre sous la chaude couverture que le Serpentard avait rabattu sur eux avant de s'endormir.


Le lendemain matin, Severus s'éveilla complètement hagard, n'ayant qu'un seul mot dans la tête.

-Cafféééééé…

-Bonjour quand même… sourit Remus avant de l'embrasser doucement.

-Quelle heur'qui yé ?

-7h40, les cours commencent dans 20 minutes.

-MERDE !

-T'a a peine le temps de retourner à ton dortoir pour te changer et prendre tes livres.

-Et toi, tes vêtements, tes livres ?

-La Salle sur Demande peut me procurer des vêtements, concernant mes livres les Maraudeurs vont me les emmener. Ils savent très bien que je ne raterai pas un cours, et que si je n'ai pas pris mes livres, c'est que j'ai un empêchement…

-Mmm mmmm.

Le Serpentard se leva du lit et s'habilla en vitesse, sans regarder le loup-garou, qui se leva, inquiet, en serrant les draps contre lui.

-Sev ?

-Mmmhhh ?

-On… On se rejoint aux cuisines à la pause ?

-D'acc.

Et il se dirigea vers la porte, mais fit demi-tour à la dernière minute pour aller embrasser Remus, qui sourit.

-On se revoit à la pause, lui murmura le préfet Serpentard affectueusement.

-Oui… A la pause…

Cette fois, Severus sortit pour de bon, et Remus sortit la tête par la porte vérifier si le corridor était vide et sortit à son tour après avoir ramassé son pyjama. Il passa devant le mur trois fois en demandant un endroit où s'habiller, et il entra pour trouver une quasi réplique de son dortoir, avec des vêtements identiques aux siens, sinon qu'ils étaient neufs. Il s'habilla en vitesse, roula son pyjama et le rétrécit avant de le cacher sous sa cape, et se précipita vers la classe de Métamorphose, et arriva au moment où Minerva McGonagall ouvrait la porte. Les Maraudeurs arrivèrent peu de temps après, et donnèrent à Remus ses livres et une brioche.

-Mais où t'étais passé ? lui demanda Sirius.

-Cornedrue et Queudver ont recommencer leur concours de ronflement, alors j'ai été me promener, et je me suis endormi dans un corridor, répondit Remus en engloutissant la brioche sous le regard content de Sirius qui avait peur que son ami ne repousse encore une fois la nourriture.

-Faudrait vraiment que vous ailliez consulter, mecs, rit Sirius.

Ils s'installèrent à leur place, et trente seconde avant que le cours ne commence, Severus entra en courrant, essoufflé, et alla s'asseoir à sa place à l'avant, sans regarder Remus. Ce dernier passa le cours dans la lune, avec un sourire un peu niais sur le visage.

« Remus ? Est-ce que ça va ? » demanda James par billet.

« Bien sur »

« Qu'est-ce que la prof vient de dire ? »

« Euh… J'ai pas vraiment écouter… »

« Veux-tu bien me dire où tu as la tête ? »

« Eum… Quelque part entre le sixième et le huitième ciel… »

« HEIN? »

Remus ne répondit plus, et ignora les messages de ses amis, car bien entendu, James s'était empressé de correspondre avec Sirius et Peter pour leur dire où était la tête de Remus. Le loup-garou, quant à lui, fixait le tableau d'un air absent, sans rien comprendre à ce qu'expliquait McGonagall, qui vit bien que quelque chose s'était passé; non seulement son élève ne l'écoutait plus, mais il arborait un sourire rêveur au lieu du visage fermé et malheureux des deux dernières semaines.

-Le cours est terminer. M. Lupin, puis-je vous parler ?

-Eum… Oui, professeur…

Remus s'approcha et Minerva McGonagall attendit que tout le monde soit sorti pour parler à son élève.

-Quelque chose ne vas pas, M. Lupin ?

-Tout vas très bien, professeur. Très bien.

Elle fut frappé par l'air sincère du jeune homme. L'avait-elle déjà vu aussi sincère ? Elle finit par s'autoriser un sourire.

-Je suis heureuse de voir que vous allez mieux, Remus. Les professeurs commençaient à s'inquiéter de vous voir dans un tel état de détresse, depuis deux semaines. Ce qui s'est passé avec M. Rogue n'était pas de votre faute, vous n'aviez pas à vous en vouloir. M. Black est le seul responsable de cette regrettable histoire. Je suis heureuse de voir que vous avez réussi a surmonter cela.

-Tout vas très bien pour moi, professeur.

-M'oui, on dirait… Mais je vous conseille d'écouter en classe, M. Lupin. Il serait dommage que vous baissiez votre moyenne parce que vous n'écoutiez pas en classe. Vous avez bien assez de temps en dehors des cours pour votre vie amoureuse.

-Je vous demande pardon ? sursauta Remus.

-Allons… Allons… Je ne suis pas née de la dernière pluie, sourit la professeur. J'ai déjà été jeune, et je reconnais dans votre visage les traits d'une personne amoureuse. Ce regard ne trompe pas, M. Lupin. Allez maintenant profiter de votre pause pour déjeuner, on ne vous a pas vu à la Grande Salle ce matin.

Remus rougit, puis acquiesa.

-Merci, professeur…

Et il sortit de la classe en courrant, pour trouver les Maraudeurs au bout du corridor.

-Ah, Remus ! Qu'est-ce qu'elle te voulait ? demanda Sirius.

-Oh, elle voulait savoir si j'avais réussi a surmonter ce qui s'est passé il y a deux semaines.

-Oh… Et ? demanda Peter.

-J'ai décidé de ne plus me laisser surmonter par ça ! Bon, moi je vais aux cuisines, je meurs de faim !

-On vient avec toi ! s'exclama James.

Oups…


C'est avec déplaisir que Severus vit son loup-garou arriver avec le reste des Maraudeurs. Et lui qui voulait lui parler de la dernière nuit, c'était raté !

-Tiens donc ! Si c'est pas Servilus ! railla James.

-James ! intervint Remus. Tu sais que Sirius a plus le droit de l'écœurer !

-Je ne suis pas Sirius…

-Non, mais il va vouloir te suivre. Tu veux quoi, qu'il se fasse renvoyer ?

-N…Non…

-Que de considération pour ton très cher ami, Lupin ! fit Severus avec un rictus.

-Il y en a qui ont des amis, tout monstre qu'ils sont, et d'autres qui sont normaux et qui sont seuls, cingla Remus.

Dans leur regard, des milliers de pardons, que les Maraudeurs ne comprirent pas. Chacun a leur table respective, ils mangèrent en silence. Alors que les Maraudeurs parlaient à voix basses, Severus faisait semblant de chercher quelque chose dans son sac, et la tête penchée ainsi, cachée derrière ses cheveux, il voyait très bien Remus. Puis, il décida de tenter le coup.

-Lupin ?

A l'autre table, le silence. Puis :

-Qu'est-ce que tu veux ?

-Quand est-ce qu'on doit remettre le travail en Arts Moldus, et combien de centimètres ?

-Aujourd'hui, et 30 centimètres.

-Merci.

Et Severus s'éloigna. Le message était passé, Remus le rejoindrait dans 30 minutes, chez Erik. Laissant les Maraudeurs parler entre eux, il se dirigea vers le bureau de son père, et entra discrètement. Erik était assis à son piano, mais regardait par la fenêtre, le visage préoccupé.

-…Papa ?

Erik se retourna rapidement, et sourit en voyant Severus.

-Alors ? As-tu parler à Remus ?

-Oui, mais il ne m'a pas laissé m'expliquer…

-Je comprends… fit Erik en perdant son sourire. Il doit t'en vouloir de l'avoir abandonné… Mais il en souffre plus que tu ne le crois, c'est son orgueil qui…

-Non… Tu comprends pas… Il m'a pas laissé parler… Il m'en a empêcher… Eum…

-Oh… Je vois…

-On a été dans la Salle sur Demande, et ça a prit un moment avant que je ne puisse lui parler… Disons qu'il avait d'autres idées en tête…

Erik demeura silencieux, et Severus se demanda s'il n'avait pas dégoûté son père.

-Je… Je peux t'en parler, ou tu préfère que je t'épargne ? Je comprends tu sais que tu sois…

-Non, non, ça va… Seulement… Épargnes-moi les détails, tu veux ? Je ne tiens pas à savoir…

-Non ! Non, je ne veux pas te parler de…

A présent ils avaient une belle teinte rouge. Severus finit par dire, avec un peu de difficulté.

-Pas du plan technique… Juste… Émotionnel ?

-D'accord, fit Erik, soulagé. Si c'est sur le plan émotionnel, ça me va. Que dirais-tu de parler de cela devant des pâtisseries, et du thé ?

-D'accord.

Erik disparut dans ses appartements, alors que Severus prenait place dans le fauteuil devant le bureau de son père. Ce dernier revint avec un plateau et le déposa sur ledit bureau, en souriant à son fils.

-Ça me rassure, que vous vous soyez réconcilier.

-Comment j'ai pu être aussi stupide ?

-La peur et le désespoir entraînent beaucoup d'actes stupides, Severus. Ne t'en fais pas. Tu n'a pas à t'en vouloir si Remus lui-même t'a pardonner. Mets cela sur le compte des erreurs de la jeunesse…

-Une erreur qui a faillit me priver éternellement de l'une des deux personnes que j'aime le plus au monde.

-Allons, allons… Tout vas bien, cesse de t'en soucier. Remus et toi êtes à nouveau ensemble, pour le meilleur et pour le pire.

-Eh, sourit Severus, amusé. On s'est réconcilier, pas marier…

Erik se mit à rire.

-C'est pour cela que je n'ai pas ajouter « jusqu'à ce que la mort vous sépare. ».

-M'ouais.

-Enfin, vous êtes ensemble à nouveau, c'est l'essentiel. Tu vas cesser de croire qu'il a voulu te tuer, et lui cesseras de se laisser mourir. Vous viendrez à nouveau me déranger dans mon bureau avec votre enthousiasme débordant de jeunes gens amoureux. Vous continuerez votre idylle loin du regard de ceux qui peuvent vous juger, et ma foi, tout redeviendra comme avant.

-Parlant de te déranger dans ton bureau… Remus est censé venir tantôt.

-Ah ! Très bien. Tu veux peut-être que l'on commence a parler, avoir finit avant son arrivée ?

-Oui…

Severus attrapa une viennoiserie et en mordit un bout, avant de faire descendre le tout avec une gorgée de thé. Puis il appuya sa tête contre le dossier du fauteuil et sourit.

-Tu… Tu sais ce que j'ai du faire pour survivre ?

-Oui, répondit Erik, le regard dure. Et je te jure que plus jamais cela n'arriveras, j'y veillerai.

-Merci… Les clients n'étaient pas… Enfin, ils étaient rares ceux qui étaient doux. Tout ce qu'ils voulaient, c'était prendre du plaisir, peu importe la manière. Ils se moquaient de moi, comme si j'étais un objet…

-Mais c'était différent avec Remus.

-Complètement. Comme s'il voulait que je ressente la même chose que lui, qu'on… partage ce moment…

-Cela devrait toujours être ainsi. L'amour, c'est donné et recevoir. Et puis ? Tu a mieux apprécier qu'avec tes « clients » ?

-Aucune comparaison possible. Ça a été… Sincèrement… L'expérience la plus intense de toute ma vie. Je n'ai jamais rien vécu de semblable, c'était… Troublant, toutes ces émotions qui me traversaient en même temps… Et puis plus tard, m'endormir avec Remus blottit dans mes bras… J'aurais été incapable de te nommer quelque chose que j'aurais souhaité à ce moment. Rien ne me venait à l'esprit, sauf ce qui venait de se passer, et le corps de Remus dans mes bras…

-Tu étais comblé, voilà tout. Voilà pourquoi tu ne souhaitais rien d'autre.

-Tu crois que lui et moi, ça durera longtemps ?

-Aussi longtemps que vous vous investirez dans cette relation. Pourquoi cette question ?

-Parce que… Je crois que je pourrai plus me passer de Remus. Juste de devoir éviter de le regarder pendant le cours de Métamorphose, c'était dur.

Erik se mit à rire.

-Ah, l'amour, l'amour… Tu sais, Severus, un jour, il vous faudra affronter le regard des autres. J'espère que ce jour, vous vous souviendrez de vos sentiments, et qu'ils seront assez fort afin que pour eux, pour vous, vous vous battiez jusqu'à ce qu'on vous laisse vous aimer.

-Ne t'en fais pas, fit Severus, sérieux. Si jamais on se sépare, ce ne seras pas à cause des autres.

-Je l'espère, Severus. Je l'espère.

Le père, souriant doucement, posa sa main froide sur celle chaude de l'adolescent.

-Vous méritez d'être heureux, tous les deux. Et si votre unique chance de bonheur, c'est d'être ensemble… Il serait dommage que vous passiez votre vie malheureux, faute d'avoir écouter des gens qui ne comprennent pas vos sentiments.

-Oui…

Un coup toqua à la porte, et Erik leva la tête.

-Ce doit être Remus… Entrez !

En effet, le châtain poussa la porte.

-Salut Erik ! Sev est là ?

-Severus ? Devrais-je l'avoir vu ? Vous n'étiez pas supposé vous séparer dans la discorde et la haine ? demanda Erik, amusé.

Remus s'approcha, intrigué, et sourit en voyant son amoureux sur le fauteuil qui faisait dos à la porte. Sans attendre salutation ou invitation, il s'installa sur les genoux du Serpentard en le serrant fort dans ses bras. Ledit Serpentard se plu à imiter une tomate, et le professeur d'Arts éclata de rire.

-Voilà quelqu'un qui sait ce qu'il veut ! Je reviens, je vais chercher d'autres pâtisseries et d'autre thé pour Remus.

Ce dernier regarda Erik disparaître derrière la trappe, puis se tourna vers son amant.

-Tu voulais me voir ?

-C'est comme qui dirait… réciproque…

-Ah ça, oui !

Et Remus l'embrassa longuement.

-Comment t'es-tu débarrasser de tes pots de co… euh, de tes amis ?

-James et Sirius ont un entraînement de Quidditch, et j'ai con vaincu Peter d'aller les encourager.

-Et ton excuse ?

-Des questions à poser à Erik, sur le devoir.

-D'accord.

-Vous vous amusiez bien, sans moi ?

-Mmm… Disons qu'indirectement, tu étais là…

-Ah oui ? Vous parliez de moi ?

-De toi, de moi, de nous deux…

-Tu lui a pas dis ce qui s'était passé…

-Dans des termes purement sentimental, répondit le Serpentard. Quand même, il est de la vieille école, faut pas lui en demander trop… Il est ouvert, mais pas assez pour m'entendre parler de nos ébats…

-Ça ne te semble pas surréaliste, ce qui s'est passé cette nuit ?

-Mmmm… Non ?

-Non ?

-Dans mes rêves, c'était encore moins réaliste.

Remus rougit.

-Tu rêvais de ça ?

-Pas toi ?

-Euhh…

-Ne me mens pas, Remus.

-Bin… Si… Un peu…

-Juste un peu ?

-…D'accord, d'accord ! J'y ai rêver aussi !

-Ah, voilà qui est mieux…

-De quoi parlez-vous donc ? demanda Erik en revenant avec un second plateau. Remus, si tu veux bien t'asseoir sur la chaise à coté, je vais pouvoir te servir ton thé sans peur d'ébouillanter mon fils…

-Mais pourquoi tu veux que je me sépare de Sev ? demanda Remus innocemment. Je suis bien là, moi ! Pas toi, Severus ?

-Euh… Pas que je n'aime pas t'avoir aussi près, mais tu m'écrase les jambes, là…

-…Désolé… Moi et mon enthousiasme débordant…

Remus se leva pour s'asseoir sagement sur la chaise plus loin.

-Voilà. Je suis bien sage.

-Oui, mais malheureusement, cela ne dureras pas, sourit Erik, amusé. Tu es incapable de rester en place bien longtemps.

-Pourtant, en cours, je suis sage comme une image.

-Et dès que tu sors, c'est la pagaille, tu te mets à faire le fou avec tes amis. Enfin… Si en apparence tu es calme, je sais que dans ta tête, c'est la fête.

-Même p…

-N'essaie pas, Remus. Je suis aussi un joueur de mauvais tour, tu ne m'auras pas ainsi.

-Bon… D'accord… finit par avouer Remus. Mais juste là, maintenant, je vais être bien sage.

-Mmmm… Je te laisse le bénéfice du doute. Alors, heureux d'avoir retrouver ton petit ami ?

Remus lui adressa un grand sourire, avant de regarder Severus avec tout l'amour qu'il était capable de transmettre par son regard.

-Ça oui… Merci, Erik. Je sais que c'est toi qui lui a parler, et je ne sais pas comment te remercier.

-Soyez heureux, tout les deux. Ce serait la meilleure manière de me remercier. Ne laissez pas les évènements vous séparé sans vous battre d'abord. Il y a toujours une explication, songez à cela la prochaine fois que quelque chose vous sépareras. Savez-vous à quoi vous me faites penser ? A deux fleurs poussant dans les ténèbres, se fléchissant, se courbant par manque de soleil, et qui s'est développée, qui a grandit, fleurit, quand elle a été exposée à la lumière.

-Et notre lumière, c'est l'autre, c'est ça ? demanda Severus. C'est ce que tu veux nous faire dire ? Qu'il nous manquait seulement l'autre pour devenir meilleur ?

-Non pas meilleur. Complet. J'ai vu Remus ces deux dernières semaines se laisser littéralement mourir. J'ai vu Severus perdre son calme habituel, s'énerver pour des broutilles, devenir impoli, ironique. Parce que vous aviez perdu votre bonheur, votre équilibre.

Les deux adolescents se regardèrent, les joues roses, puis finirent par sourire.

-Erik ? demanda Remus.

-Oui ?

-Heureusement que tu étais là… Parce que sans toi qui essayait de me remonter le moral et de me rassurer… J'aurais été encore pire…

-Et tu m'a ouvert les yeux, aussi, continua son fils. Je crois que… D'une manière… On a besoin des deux autres pour… Être complet. Alors ne t'avise pas de nous abandonner.

Erik sourit aux deux enfants devant lui.

-Je ne vous abandonnerai pas. Le jour où je partirai de vos vies, c'est parce que vous l'aurez choisis.

-Pourquoi est-ce que je voudrais que mon père disparaisse ?

-Je l'ignore, Severus… Je l'ignore…


Severus attendit patiemment que son directeur de maison lui fasse signe de passer, puis il entra dans le bureau de Dumbledore. Celui-ci l'accueillit en souriant.

-M. Rogue ! Quelle surprise ! Pourrais-je savoir le but de votre visite ? Un peu de thé ?

-Non… Merci… Monsieur, je voulais vous parler… De Remus Lupin.

Le regard de Dumbledore se fit dure.

-Je suis au courrant de ce qui s'est passé, M. Rogue, mais il est hors de question que je renvois M. Lupin pour quelque chose contre quoi il ne peut rien.

-Je ne veux pas que vous le renvoyiez. Je veux que vous le protégiez.

-Je vous demande pardon ?

-Je veux que vous le protégiez. Lucius Malfoy m'a proposé de me joindre à une sombre organisation lorsque je quitterai Poudlard. Protégez Remus dès ce jour, et je vous ramène des renseignements sur Vous-Savez-Qui.

-Pourquoi risquer votre vie en échange de sa protection, M. Rogue ? demanda Dumbledore, intrigué.

-Parce que je n'y survivrais pas s'il devait lui arriver quelque chose.

-Je ne comprends pas…

-Oh bordel ! J'ai pas le droit de vouloir protéger la personne que j'aime ? C'est interdit dans ce putain de pays ? Je veux juste que Remus soit protéger ! C'est pas cher payer contre des infos, non ?

-Vous… Oh, voilà qui explique bien des choses…

Dumbledore finit par sourire.

-Très bien. Dès la fin de sa septième année, Remus Lupin sera sous la protection de l'Ordre du Phénix, et vous travaillerez comme espion pour nous chez Voldemort. Cela vous convient ?

-Vous me jurez qu'il ne risqueras rien ?

-Je vous le jure.

-Bien.


-Je dois vous parler. C'est urgent.

Les Maraudeurs se regardèrent, puis suivirent Remus dans le dortoir, et le regardèrent alors qu'il fermait la porte et lançait des sorts d'insonorisation.

-Remus ? demanda James. Qu'est-ce qui se passe ?

-C'est quelque chose de… De très important pour moi.

Remus s'assit sur son lit, triturant sa couverture nerveusement. Depuis une semaine, depuis son retour avec Severus, il se préparait pour cela.

-Bin… On t'écoute Lunard. Qu'est-ce qu'il y a, parle, dit Peter.

-J'ai rencontrer quelqu'un.

Il y eu un moment de silence.

-Et alors ? demanda Sirius, surpris. On rencontre chaque jour des nouvelles personnes, faut pas en faire un drame…

-J'ai rencontrer quelqu'un, comme dans le genre « Sirius a rencontré une Serdaigle de sixième la semaine dernière ».

Le-dit Sirius rougit, se rappelant ce qui était arrivé avec ladite Serdaigle.

-Oh. Bah au moins, tu peux pas l'avoir mit enceint… Quoique… C'est vrai, cette histoire de potion qui permet à des hommes de porter des enfants ?

-SIRIUS !

-Ok. Tu prends pas la blague. Tu sais Lunard, c'est pas nécessairement mal d'avoir des envies… Et si l'autre était consentant… Parce que tu sais que rencontrer quelqu'un et violer quelqu'un, c'est pas la même chose.

-Ok, je vais dire les choses autrement… Je fréquente quelqu'un.

-Voilà qui est plus clair, fit James. Depuis quand, dans quel but, qui ?

-Depuis… Euh… Octobre…

Nouveau moment de silence.

-Depuis 9 mois, fit Peter.

-Oui…

-Et… Tu nous a cacher ça… fit Sirius. Pourquoi ?

-J'avais… peur que vous le preniez mal…

-Si t'es heureux, je vois pas pourquoi on le prendrait mal…dit James. Tu l'aime vraiment ?

-Oui.

-Et lui ?

-Idem.

-Alors où est le problème, Lunard ? On sait depuis la troisième que t'es gai, on a eu deux ans pour s'en remettre…

-C'est… que…

-Oui ? demanda Sirius.

Remus hésita un moment, puis soupira.

-Je vous interdis de gueuler. Je ne veux rien entendre, c'est clair ? Je ne vous ai rien dis parce que vous le détestez.

Ils le regardèrent sans comprendre.

-Bon sang ! Je vois pas comment je peux vous annoncer ça ! Mais j'en peux plus de vous le cacher ! Je me sens mal de vous mentir, et j'ai mal de devoir me cacher, qu'il croit que j'ai honte de lui ! Mais… Merde ! Sirius a voulu le tuer il y a trois semaines, et maintenant, je dois vous apprendre ça !

Sirius avait blanchit, James s'était étouffé, et Peter les regarda sans comprendre.

-R…Remus… C'est… pas… murmura Sirius.

-…oui… Je sors avec… Severus…

Peter ouvrit de grands yeux, avant de s'écrouler au sol, inconscient.

-Remus… Tu vas… nous expliquer ce que tu trouve à ce type… demanda James, le teint rouge de colère, les narines frémissantes.

-… Il me comprends. Peu importe ce que je lui dis, il me comprends. Il m'accepte comme je suis.

-Il te comprends mieux que nous ? demanda Sirius.

-…Oui. Parce que malgré toute l'amitié que j'ai pour vous, malgré que je vous considère comme des frères… je ne vous ai pas tout dit. Je vous ai cacher beaucoup sur moi, sur ma famille… Sur qui je suis réellement. On a vécu tellement de chose semblables tous les deux que je me sens à l'aise de parler avec lui… Il se moque que je sois un loup-garou… Il le savait déjà avant qu'on se mette à parler de manière civile… Il a quand même accepté qu'on soit amis… Et ça a… évoluer… Plutôt vite… On savait tout les deux que l'autre avait le même intérêt des garçons, et… Au début, je voulais pas, vu que j'étais un loup-garou, et que j'avais pas le droit, mais… Il m'a convaincu de lui donner une chance… Je me sens tellement bien avec lui… Me jugez pas d'aimer et d'être aimé… S'il vous plait…

-Quand… Tu déprimais… Après que je l'ai envoyer dans la cabane… commença Sirius.

-Il m'avait plaquer. Il croyait que j'étais de mèche avec toi pour le tuer, que je ne l'avais jamais vraiment aimer… Il était sur le « mode panique »… Erik lui a parler, et on s'est réconcilier, il y a une semaine…

-Remus… C'est Rogue ! plaida Sirius. Le type anti-sociable, plongé dans la magie noire jusqu'au cou, laid comme tout avec ses cheveux graisseux, incapable de gentillesse et…

-Sirius ! Il est pas anti-sociable, il est timide. Et puis à le persécuter comme vous le faites depuis maintenant cinq ans, tu crois que ça lui a permis d'être apprécier des autres, de se faire des amis ? Tout le monde avait peur de vous avoir à dos ! Il n'est pas plonger dans la magie noire, il adore seulement la Défense, tout comme vous deux, et moi aussi ! Il est plongé jusqu'au cou dans la musique, les Arts, et pas la magie noire ! Concernant le physique… C'est juste une apparence, il n'y a aucun rapport entre le physique et l'intérieur, et ce, chez personne. Je suis parmi les mieux coté, et regardez ce que je cache en moi ! Un monstre assoiffé de chair ! Et c'est personnel à chacun d'abord, moi, je ne le trouve pas laid ! Loin de là ! Bon d'accord, c'est pas un mannequin, mais il a son charme, et je l'aime comme ça ! Et il est capable de gentillesse et d'amour, et je le sais mieux que n'importe lequel d'entre vous, étant donné que c'est moi qui sort avec lui depuis 9 mois !

-C'est… C'est un Serpentard !

-Et moi un Gryffondor. Et alors ? Ce sont des maisons. Des stupides maisons. Comme je m'efforce de vous le faire comprendre depuis un an, la maison des Serpentard était, à la base, la maison de la ruse et de l'ambition. C'est avec le temps et les PRÉJUGÉS qu'elle est devenu la maison de l'hypocrisie, de la traîtrise, du mal et etc. ! Et vous savez ce que je pense des préjugés.

-Remus… C'est pas sérieux… fit Sirius faiblement. T'es pas vraiment… Amoureux de Rogue…

-Si. Et encore plus maintenant que je ne l'ai jamais été. Et j'en ai marre de devoir me cacher. Vous avez deux choix, les gars. Accepter de le connaître avant de le juger, et que je sois heureux, avec mes frères ET mon petit ami, ou alors refuser la réalité, et que je doive faire un choix entre vous.

-Et qui choisirais-tu ? demanda James avec défi.

-James, les deux semaines où il m'avait laissé, j'ai failli en mourir, même si vous étiez là. Je suis désolé.

-Tu choisirais de rester avec ce sale serpent plutôt qu'avec nous, qui te soutenons depuis cinq ans, qui sommes devenu des animagus non-déclaré pour toi ?

-Je ne vous avais rien demander ! Je ne vous ai jamais demander de braver le Ministère pour moi ! C'est vous qui avez décidé de ça ! Ne me remettez pas la faute sur le dos maintenant ! Oui, vous avez été là pour moi pendant cinq ans, m'avez aidé, accepter ! Mais ce qu'il m'apporte depuis un an est très différent ! Ne serais-ce que du coté affectif ! Il sait aussi ce que c'est d'être détesté par son père et…

-Quoi ? interrompit Sirius. Je te demande pardon ? Ton père te…

-Oui, mais je vous expliquerai tout plus en détail plus tard, d'accord ? Vous devez seulement comprendre qu'il m'a aider à vivre avec ça, alors que vous n'en saviez rien ! Il m'a fait comprendre que toutes les lois sur les loup-garous, c'était idiot, ça avait seulement pour but de m'empêcher de vivre ! Vous m'avez cru sur parole, sans chercher à en savoir plus, lui a passer je ne sais pas combien de jours à la bibliothèque, à lire la réglementation sur les loup-garous, à apprendre celles que je n'avais pas jugé bon de lui parler ! Quand je n'allais pas bien, quand j'avais envie d'abandonner, c'est lui qui m'a remonter le moral, qui m'a réconcilier avec la vie ! Sans lui, je serais encore dans mon coin, à ruminer mes pensées noires, et à croire que l'amour n'arrive qu'aux gens normaux, que moi je ne le mérites pas, que je suis un monstre qui ne vaut pas le moindre regard ! Je ne saurais pas non plus ce que c'est de… de…

-Oh. Bordel. Vous… avez… coucher ensemble ? demanda Sirius.

-…oui… Comme toi avec la Serdaigle de la semaine dernière…

-Je vais être malade…

Il quitta la chambre pour la salle de bain, et James sortit, l'air furieux. Remus resta seul avec le corps inanimé de Peter par terre.


Dans les jours qui suivirent celui où Remus apprit la vérité à ses amis, les élèves de Poudlard virent ce qu'ils croyaient impossible; la séparation des Maraudeurs. James Potter ignorait hostilement Remus Lupin, et si Sirius ne faisait que regarder au sol lorsque son regard croisait celui du loup-garou, il ne lui parlait pas. Peter Pettigrew lui souriait tristement, avant de suivre les deux autres. Remus mangeait seul à un coin de la table des Gryffon, alors que les Maraudeurs s'assoyaient à l'autre bout, ou alors il allait manger aux cuisines. Les élèves eurent aussi la surprise de le voir marcher dans les corridors, s'asseoir en cours, et parler, avec Severus Rogue, le souffre-douleur de ses amis-avec-qui-il-était-en-dispute-mais-ça-allait-passer-c'est-les-Maraudeurs-non, et ils furent plusieurs à se demander à Poudlard si le châtain n'était pas tombé sur la tête. Après une semaine, Lily Evans apostropha Remus à la fin d'un cours et lui sourit.

-Remus ? Je peux te parler ?

-Euh… D'accord…

-Allons plus loin, on sera tranquille.

Remus se tourna vers Severus et lui fit signe de continuer seul, puis suivit Lily dans les corridors.

-Remus ? Tu peux m'expliquer pourquoi tes amis ne sont plus avec toi, et pourquoi tu reste avec Rogue ?

-Je…

-Tu peux me le dire, tu sais…

Remus hésita, puis soupira.

-Parce que je l'aime et qu'ils ne l'acceptent pas.

Lily resta sans voix un moment.

-Tu… l'aime ?

-Oui.

-Aimer dans le sens aimer d'amour ?

-Aimer dans le sens passer sa vie avec cette personne, vouloir se réveiller dans ses bras chaque matin, oublier le reste du monde quand elle est là. Oui, aimer dans ce sens là.

-Je savais pas que… euh… Tu aimais les garçons…

-…Disons que je ne le cris pas sur tous les toits…

-Et pourquoi… Rogue ?

-…Parce qu'il est spécial. Très différent de ce que tout le monde croit. Merde Lily ! Tu le sais qu'il est pas ce que tout le monde croit, t'a quand même été son amie l'année passée, même si cette année tu l'a laissé tomber, sans explication !

-J'ai surtout vu qu'il avait trop de problèmes, et qu'a essayer de l'aider, j'allais me noyer dans sa propre tempête. Remus, je ne sais pas s'il t'a tout raconter, moi-même ça a prit un an et quelques avant qu'il ne me dise la vérité, mais… Je ne pouvais rien faire pour l'aider, et toi non plus, tu ne peux rien faire. Tu vas te tuer, à l'aider.

-C'est pas vrai ! Parce qu'on s'entraide, tous les deux ! Je sais qu'il a des problèmes ! Mais moi aussi j'en ai, et quand on en parle ensemble, ça semble moins pire ! On cherche des solutions, ensemble ! Et si tu a vu de lui que son coté sombre, mélancolique, c'est toi qui a passé à coté de ce qu'il était vraiment, comme tous les autres ! Comment l'as-tu vu ? Comme un pauvre type associable ? Comme quelqu'un que ta grande âme pourrait aider dans sa grande charité ? Merde ! C'est pas une œuvre de charité, c'est une personne ! Il n'a pas que des problèmes à régler ! Oui, il a une grande noirceur en lui, un passé difficile, je dirai pas le contraire, jamais ! Mais il n'est pas que ça ! C'est lui manquer de respect de mentir ainsi !

-Wow Remus ! Veux-tu bin te calmer ! Pourquoi tu t'énerve comme ça ? Je voulais être son amie, je voulais l'aider, c'était pas dans le but de montrer que j'étais charitable !

Remus se mit à trembler, respirant difficilement. La pleine lune était dans deux jours, et cela l'énervait plus qu'il n'aurait du.

-Désolé, Lily. Mais ça l'a blessé que tu disparaisse du jour au lendemain, sans explications. Toute sa vie, les gens qu'il aime ont disparus, alors maintenant, il ne le supporte plus… Lily, c'est vraiment quelqu'un de bien, de très réfléchi, d'intelligent, talentueux et tendre. Faut seulement le connaître pour le savoir. Mais les Maraudeurs ne veulent pas essayer de le comprendre.

-Tu sais Remus, ils ont leur paire de lunette à eux.

-…de quoi tu parle ?

-Dans leurs lunettes, ils voient Rogue comme ils te le décrivent. Tu ne peux pas leur demander du jour au lendemain d'enlever leurs lunettes pour mettre les tiennes ! Laisses-leur le temps.

-Je veux bien, moi, mais… Ils ne veulent même plus me parler…

-Non, mais ils t'observent. En cours, dans les corridors, à la table. Surtout quand vous êtes tous les deux ensembles, et alors là, ils vous observent, sûrement pour essayer de voir comment Rogue agit avec toi. Ils doivent s'inquiéter, croire qu'il te manipule. Quand ils verront que tu es heureux, qu'il est gentil avec toi, peut-être qu'ils comprendront…

-Je crois que Sirius et Peter s'en remettent… C'est James qui…

-Je m'occupe de Potter. Je vais lui parler. Si ce que vous me dites est vrai et qu'il m'aime, je vais lui faire comprendre ce que c'est d'aimer quelqu'un réellement.

-Non, Lily. Stp. Ils doivent comprendre par eux-même. Ça servira à rien de les forcer. Le Pr Erik m'a déjà proposer de m'aider à leur expliquer, mais je veux qu'ils comprennent d'eux-même.

-Le Pr Erik ? Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans ?

-Il sait tout, depuis le début ou presque… Il nous a aider plusieurs fois, nous a donner des conseils et à toujours été ouvert quand on a voulu se confier. Et puis… C'est le père adoptif de Sev, alors… Il est vraiment super, et nous aide du mieux qu'il peut.

-Je vois… Laisses-leur un peu de temps, Remus. Ça vaudrait mieux.

-Mmm…

-Bon, j'ai Aritmancie… Toi, tu vas en Arts Moldus, non ?

-Oui.

-Pas déçu d'avoir changer de cours ?

-Absolument pas !

-Bon, et bien on se revoit au repas ?

-D'accord. Salut Lily.

-A plus, Remus !

Remus se dirigea vers la classe d'Erik, et trouva Severus dans le corridor désert, devant la classe.

-Tu m'attendais ?

-Ouais… Ça va ?

-Mmm. Ça va.

-On dirait pas.

Severus déposa son sac par terre et s'approcha de Remus pour le serrer dans ses bras.

-Tout ira bien, Remus. Tes amis vont revenir… Et en attendant, je suis là, moi…

-Heureusement… Je t'aime Sev… Je t'aime tellement…

-Moi aussi je t'aime… Plus que tout…

Il releva le visage du lion, qui lui sourit, avant de l'embrasser doucement. Ils entendirent un cri, puis des bruits de pas précipités, et lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle pour le dîner, toute l'école était au courrant qu'on avait surpris Remus Lupin et Severus Rogue en train de s'embrasser.


Severus se dirigea vers l'infirmerie pour voir Remus, comme convenu. Il fronça les sourcils en voyant le rideau tirer autour du lit. A cette heure, Remus aurait du avoir sa lotion anti-cicatrice depuis longtemps ! Il s'approcha doucement, et sursauta en voyant le rideau s'ouvrir pour laisser passer Pomfresh.

-Ahhh ! M. Rogue ! Vous m'avez fait peur…

-Vous m'avez fait peur aussi…

-Vous venez voir Remus ?

-Comment vas t'il ?

-Mal… Très mal…

-Quoi ?

-J'ignore ce qui s'est passé cette nuit, mais le loup a été plus violent que jamais… Si Remus a été gravement blessé les premières années, cela fait un bon moment qu'il ne présentait plus de blessures graves. J'ignore ce qui s'est passé, mais cela ne doit pas se reproduire, cela pourrait être dangereux pour sa santé… voire, sa vie.

Severus déglutit. Son amoureux risquait sa vie à cause de cette fichue lycanthropie.

-Est-ce que… je peux le voir ?

-J'ignore si c'est une bonne idée que vous le voyiez dans cet état…

-Qu'est-ce que vous croyez ? Que je vais l'abandonner après avoir vu quelques cicatrices sur son visage ? Ça ne pourra jamais être pire que ce que 10 ans ont fait à son corps…

Pomfresh regarda le Serpentard un moment, puis lui fit signe de passer.

-Prévenez-moi s'il se réveille.

-D'accord.

Severus passa le rideau pour découvrir son loup-garou étendu sur le lit de l'infirmerie, pâle comme il ne l'avait jamais vu, des griffures énormes couvrant son visage. Des griffures, aussi grosses que les cicatrices qui ornaient à présent le corps de son amoureux. Blessures des griffes d'un loup. Les draps blancs avaient plusieurs tâches de sang, et après avoir soulever ledit drap, Severus vit le corps de son amoureux couvert de pansements. Il s'approcha, pour déposer un baiser sur une parcelle du front du Gryffondor qui ne présentait pas de blessures.

Sur la table de chevet, plusieurs potions, plusieurs lotions… et une boîte de chocolat. Accompagnée d'un petit mot : « Remets-toi vite, mon beau Remus. Il ne t'a pas encore eu cette nuit. Erik » Erik avait déjà passé faire son tour, et cela ne surprenait qu'à moitié le Serpentard.

Remus se mit tout à coup à se débattre, poussant des petits cris de douleur. Severus s'approcha pour le prendre dans ses bras, prenant garde à ne pas le blesser, afin de le calmer. Le Gryffondor ouvrit les yeux et plongea son regard dans celui de son amant, les mains crispées à la chemise blanche du Serpentard. Severus lui sourit doucement, avant de l'aider à s'étendre, puis lui prit la main, l'embrassa, et s'assit sur le bord du lit.

-C'est pas la forme, hein ?

-N…Non…

-Remus… Dis-moi la vérité… Pourquoi a t'il été pire, cette nuit ? Ça a un rapport avec les Maraudeurs ?

Remus le regarda, effrayé.

-Comment le sais-tu ?

-Je ne sais rien. Je me doute.

-De quoi te doute tu ?

-Qu'ils ont fait quelque chose pour t'aider, ces dernières années. Je ne sais pas quoi. Quelque chose qui calmait le loup. Et qu'à cause de votre dispute, ils ne l'ont pas fait, et maintenant, tu es dans cet état… Pomfresh dit que si cela se reproduit, tu pourrais ne pas t'en remettre…

Remus hésita un moment, puis soupira.

-Ne les balance pas.

-R…

-Ils ont fait ça pour m'aider, même si c'est illégal…

-Illégal ?

-Ne leur fais pas de tord, je t'en prie ! Même s'ils sont désagréables avec moi dernièrement ! Ils ont tellement, tellement fait pour moi, toutes ces années… Ils ont tant sacrifier pour m'aider, quand ils ont su ce que j'étais… Je t'en prie, ne leur fais pas de tords…

-Expliques-moi, Remus. Qu'est-ce qu'ils ont fait pour t'aider ?

-S…

-Je ne les trahirai pas.

Remus hésita un long moment, tordant ses mains avec angoisse.

-Ils sont devenus animagi.

-…Quoi ?

-Ils sont devenu des animagi non déclaré. Ils viennent me rejoindre les nuits de pleine lune, et leur présence calme le loup. Les vrais animaux ne me supportent pas, mais les animagi… C'est pas pareil… James se change en cerf, Sirius en…

-Chien, et Pettigrew en rat.

-Oui… Comment le sais-tu ?

-Quand Potter m'a sorti de la cabane hurlante… Il y avait un chien noir et un rat qui allait en sens inverse… Direct sur toi…

-Ils venaient me calmer… Je… Ils s'entraînait depuis la première année, depuis qu'ils ont apprit ce que j'étais… Et en début de quatrième année… Ils ont réussit… Ils calmaient le loup, le promenait, le retenait lorsqu'il voulait s'éloigner, ou s'énervait… La nuit dernière, il les as attendu toute la nuit… Et quand il a compris qu'ils ne viendraient pas… Il a retourné sa fureur contre lui-même…

-Remus… Je…

-Remus ! Tu es éveillé ?

Pomfresh passa le rideau.

-Il me semblait bien avoir entendu ta voix ! M. Rogue, je vous avais demander de me prévenir quand il se réveillerait ! Compte tenu de son état, il doit prendre ses potions de soins et de sommeil afin de pouvoir guérir.

-Je suis désolé, Mrs Pomfresh… Remus, je… Je vais y aller…

-Tu me promets de ne pas faire de tord ?

Severus regarda le visage angoissé de son amoureux, et hocha la tête.

-Je te le promets.

Il se pencha pour l'embrasser doucement, un petit baiser innocent, puis s'éloigna, sans quitter son amoureux des yeux. Pomfresh s'approcha du Gryffondor et le releva à moitié, pour lui faire boire différentes potions. Puis, il tourna résolument le pas et sortit de l'infirmerie. Il se dirigea vers la tour des Gryffondor, et attendit au pied du portrait de la Grosse Dame que les Maraudeurs ne sortent. Ce qu'ils ne tardèrent pas à faire pour aller déjeuner.

-Dis Cornedrue… Tu crois pas qu'on devrait aller voir Remus ? Je veux dire… Après ce qui s'est passé hier…

-Il est hors de question que je lui reparle, Patmol ! Il a osé préféré Servilus à nous ! Tant pis pour lui !

-Est-ce qu'il mérite la mort pour autant ? demanda le Serpentard.

Les trois lions s'arrêtèrent d'un même mouvement et se tournèrent vers lui.

-Qu'est-ce que tu fiche là ? s'écria James Potter, le regard flamboyant de haine.

-Je… Je suis là pour Remus.

-Ça c'est mal passé ? demanda Sirius, inquiet.

-Si… Si la prochaine est comme ça… Il ne survivra pas.

Le silence se fit.

-Et alors ? demanda James. Tant pis pour lui. Il avait qu'a choisir dans son intérêt !

Le Serpentard s'approcha d'un pas vif, et la gifle retentit dans tout le couloir.

-Parce que tu pense que les sentiments se contrôle ? Je peux te dire que Lily Evans n'est qu'une intellectuelle de Sang de Bourbe, hypocrite et au caractère ambivalent, ça ne t'empêcheras pas de l'aimer ! Parce que tu te moque de ce que dise les autres, et même si le monde entier était contre toi, tu es heureux de l'aimer !

-Quel est le rapport ?

-Le rapport… C'est que peu importe ce que vous pouvez dire, Remus m'aime… Et ça le rends heureux… Et vous n'avez pas le droit de mettre sa vie en danger maintenant qu'il est heureux…

-Mettre sa vie en danger, tu exagère !

-Non ! Parce que ses trois « amis » n'étaient pas là, la nuit dernière, et qu'il les a attendu toute la nuit !

Le silence se fit.

-Tu… Tu sais ? demanda Sirius.

-J'ai poser des questions à Remus. Je voulais savoir pourquoi il était plus blessé qu'il ne l'avait jamais été. Il m'a fait promettre de ne pas vous faire de tord.

-Les promesses des Serpentard, on les… commença James.

-Je ne trahirai JAMAIS une promesse faite à Remus.

-Et une promesse SUR sa tête, tu la trahirais ? demanda le meneur de la clique.

-Non.

-Très bien. On iras voir Lunard, on se réconcilieras avec lui… si tu jure sur sa tête de ne plus le revoir.

-James !

Le cri de Sirius avait fait s'approcher les gens. Ils devaient faire vite.

-Très bien. Je le jure sur sa tête. Mais avant de m'éloigner, je veux vous voir vous réconcilier.

-Très bien, Rogue. Suis-nous à l'infirmerie.

-Il dort.

-On vas le réveiller.

Et James, suivit d'un Sirius tourmenté et d'un Peter horrifié, entra dans l'infirmerie. Pomfresh, dans son bureau, ne les entendit pas. James ouvrit en grand le rideau, et sursauta en voyant les griffures sur le visage de son ex-ami. Il se pencha soudain vers le loup-garou endormi et… lui souffla dans le nez ! Remus sursauta en s'éveillant, et fixa son camarade de chambre avec de grands yeux.

-C…Corn…

-Et bien mon loup, il ne t'a pas rater, cette fois ! fit James en souriant. Ne t'en fais pas, maintenant que tonton Corny est là, tout va s'arranger !

-Mais… James ! Qu'est-ce que…

-Oh, allez Remus, fais-moi un beau sourire.

-Vous… Vous me pardonnez ?

-Tout est réglé, sourit James. Tout vas redevenir comme avant. Comme au bon vieux temps !

Remus regarda alternativement ses trois amis. Seul James semblait de bonne humeur, Sirius et Peter avait plutôt l'air honteux et mal à l'aise.

-Sirius ? Peter ?… Qu'est-ce qui se passe ?

-Rien du tout, Lun' ! Maintenant qu'on est réconcilier, les INDÉSIRABLES peuvent débarrasser le plancher !

Remus releva la tête vers la porte en y voyant du mouvement, et fut surpris de voir Severus s'éloigner.

-Sev ? Qu'est-ce que tu…

-T'occupe Lunard, on a tout régler comme des grands. Nous on te reprends dans notre petite bande, on t'aide à survivre à toutes tes lunes, on s'occupe de toi, et Rogue, lui, disparaît de la surface de notre monde.

-QUOI ? SEVERUS ROGUE ! COMMENT T'A PU ACCEPTER ÇA ? REVIENS ICI TOUT DE SUITE !

-Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ? s'exclama Pomfresh.

-ILS ONT FAIT UN PACTE PAS NET AVEC MON AMOUREUX POUR L'ÉLOIGNER DE MOI !

Pomfresh croisa le regard décidé de James, puis ceux hésitant de Sirius et Peter.

-Est-ce vrai, jeunes hommes ?

-Ouais, fit James. Remus mérite bien mieux que Rogue.

-Qu'en savez-vous ?

Ils se tournèrent vers la porte pour voir le Pr Erik derrière Rogue. Ce dernier pencha la tête après avoir croiser le regard de son père.

-Qui êtes-vous pour juger des sentiments des autres ? Vous souhaitez tellement le malheur de votre ami ? Peut-être voyez-vous ses sentiments comme une trahison à votre égard ? Il n'a jamais voulu vous trahir. Ce n'était pas prémédité d'aimer votre ennemi. C'est arrivé, et il vous faut l'accepter. Remus a eu la franchise de vous dire la vérité, au sujet de leur relation, mais aussi du fait que s'IL DEVAIT faire un choix, l'amour serait plus fort que l'amitié. Et vous l'avez forcer à faire un choix. Vous l'avez forcer, tout en sachant à quel point votre amitié comptait pour lui. Vous avez même été jusqu'à mettre sa vie en danger ! Ne faites pas ces grands yeux, je sais depuis longtemps la vérité au sujet de votre pouvoir, et je n'ai pas eu besoin de quelqu'un pour me le dire. Vous avez mis sa vie en danger lorsqu'il a préféré rester fidèle à ses sentiments. Depuis des années, vous lui répétez que c'est idiot, qu'il trouvera bien quelqu'un pour l'aimer malgré sa lycanthropie. Vous n'avez pas réagit en apprenant qu'il préférait les garçons. Et maintenant qu'il a quelqu'un qui l'accepte comme il est, encore mieux, qui l'aime réellement… Vous refusez d'accepter cette partie de Remus qu'est son cœur. Cette partie qui est la plus importante d'un être humain. Et vous osez vous prétendre des amis ! Encore pire, vous faites un marché avec son amoureux afin de l'éloigner, comme si Remus n'était qu'un objet sujet à une transaction ! Vous rendez-vous compte ? Vous avez voulu échanger la vie contre l'amour, alors que la vie sans amour n'est qu'une demi-vie ? Vous avez profiter du fait que Severus aimait Remus pour l'éloigner, sachant que s'il ne le faisait pas, Remus avait de fortes chances de mourir ?

Severus avait la tête penchée, n'osant pas regarder dans la pièce, un bras d'Erik autour de ses épaules pour l'empêcher de fuir. Remus était figé, bouillant de rage contre ses prétendus amis, stupéfait que Severus ait accepter ce sombre marché. Peter et Sirius regardaient le sol, mal à l'aise. James fixait Erik sans qu'aucune expression ne paraisse sur son visage. Pomfresh regardait tout ce petit monde, et finit par hausser les épaules et retourner à son bureau, se disant que si quelqu'un pouvait convaincre les Maraudeurs d'accepter les sentiments de Remus, c'était bien le Pr Erik ! D'autant plus qu'il avait intérêt à les convaincre, pour le bonheur de son fils.

-Vous voulez savoir la vérité ? La vérité, c'est que vous ne souhaitez pas que Remus soit heureux. Ou plutôt, vous êtes jaloux. Jaloux qu'il ait trouver quelqu'un, que votre présence ne lui suffise plus. Dès que Remus se liait d'amitié avec quelqu'un, vous éloigniez la personne, en disant qu'elle ferait du mal à Remus, si elle apprenait son secret. En réalité, vous aviez peur qu'il ne vous abandonne. Vous désirez le garder pour vous. Égoïstement. Et après cela, vous vous étonnez que Remus vous ait caché la vérité pendant tout ce temps ?

Sirius se tourna lentement vers Remus.

-…J'suis désolé, Lun'…

-…C'est correct Pat'…

-Désolé aussi… fit Peter.

Seul James resta silencieux un moment.

-T'aime vraiment ce connard ?

-De qui tu parle ?

-Fais pas l'idiot.

-Je ne fais pas l'idiot. Je ne connais de connard que Malfoy. Et je le hais.

-Tu aime vraiment Rogue ?

-Oui.

Sa voix était ferme.

-Je croyais que tu avais compris, depuis le temps.

-Et rien de ce qu'on diras ne te fera changer d'avis ?

-Rien. Vous êtes mes amis, je vous adore, vous avez beaucoup fait pour moi, et votre avis compte beaucoup pour moi… Mais j'aime réellement Severus, ce qu'il m'apporte depuis neuf mois, c'est… J'ai l'impression d'avoir attendu ça toute ma vie. Et je ne veux pas le laisser, même si c'est contre l'avis du monde entier.

James le fixa du regard un moment, avant de regarder le Serpentard.

-Et toi ? Tu aime réellement Remus, ou alors c'est juste pour le sexe ?

-JAMES !

-Je ne dirai pas que la partie sexuelle est particulièrement déplaisante… Mais compte tenu que ça ne fait que trois semaine que cet élément s'est ajouté, non, je ne suis pas avec Remus que pour ça.

-Sev ! T'étais pas obligé de répondre ! Ça ne le regarde pas !

-Alors, t'aime vraiment Lunard ? Même si c'est un loup-garou ?

-C'est juste une fois par mois où il est énervé, une nuit par mois où on doit faire chambre a part, et une journée par mois où il dort comme un bébé. Ça change quelque chose ?

-Même si tu dois voir Remus avec ce visage une fois par mois ?

-James ! s'exclama Sirius.

-Ce n'est qu'une question de temps avant que Pomfresh ne lui donne sa lotion qui fait disparaître les cicatrices.

-Mais imagine qu'un jour, la lotion ne fonctionne plus ? Ou que l'école n'en achète plus ? Ou qu'en sortant d'ici, Remus n'ait pas les moyens d'en acheter ? Tu l'aimerais quand même, le visage couvert de cicatrices ?

Severus se détacha de son père, s'avançant vers James, le visage furieux.

-Je ne suis pas avec Remus seulement pour son apparence ! Remus est beau, magnifique, sexy, je ne dirai jamais le contraire ! Mais ce qu'il y a à l'intérieur… C'est trop beau, d'une beauté fragile, indéfinissable. Et ça, aucune cicatrice ne viendra le changer, si jamais son visage est marqué par la souffrance comme il l'est aujourd'hui. Alors pour répondre à ta question, Potter, oui. Même si je dois voir Remus défiguré ainsi une fois par mois. Même si, un jour, je dois le voir à tous les jours ainsi. Parce qu'accepter le fait qu'il soit un loup-garou, c'est accepter sa condition. Ses bons jours comme ses mauvais. Ses particularités. C'est accepter de voir les marques de la souffrance sur son corps chaque jour. C'est accepter toute sa personne. Intérieur et extérieur. Humain et loup. Qualités et défauts. Et j'ai déjà tout accepter.

-Pourquoi ?

-Parce que je l'aime.

James hésita un moment, puis fit un mince, mince sourire.

-Je t'avertis, Servilus… Si jamais tu fais souffrir Lunard, tu auras les Maraudeurs contre toi, et ce sera pire que toutes ces années.

Le Serpentard hocha la tête.

-Ce n'est pas dans mes intentions de le faire souffrir.

Seulement à ce moment, James se dégagea d'un pas, laissant le champ libre à Severus jusqu'au lit. Remus cligna des yeux, puis tenta de calmer les larmes qui glissaient sur ses joues. Quelques instants plus tard, le Serpentard serrait son amoureux dans ses bras, et Remus s'accrochait à lui, tout en souriant aux Maraudeurs et à Erik. Ce dernier soupira.

-Avec tout ça, je suis épuisé. Heureusement, tout est bien qui finit bien. Je prendrais bien un petit café, pas vous ?


Ils étaient près du lac, le soleil allait bientôt terminer sa course et rejoindre son lit. Severus était couché sur le dos en train de lire, et Remus, assit à coté de lui, dessinait tranquillement le paysage. Tout était calme. Paisible. Pour une fois depuis longtemps, Remus se sentait l'âme en paix. Il avait son petit ami. Il avait ses amis. Que demander de plus ? Ah. Si. Que l'année scolaire ne finisse jamais… Qu'il reste à jamais dans ce cocon de tendresse.

Severus déposa son livre et se redressa sur ses coudes, regardant le garçon à coté de lui. Il finit par s'asseoir et passa ses bras autour des épaules de Remus, l'attirant contre lui. Le loup-garou se mit à rire, essayant de s'échapper.

-Sev ! Arrêtes ! Tu vas me faire rater mon dessin !

-J'ai pas le droit de désirer de la tendresse de mon petit ami ?

-Bien sur que si… Faut juste le demander… sourit Remus, avant de déposer son cahier à dessin, et de se vautrer dans l'étreinte de son amoureux.

Ils restèrent un moment enlacés, regardant M. Soleil disparaître derrière le lac, laissant place à la fraîcheur de la nuit.

-Tu a froid ? murmura le Serpentard en caressant un bras de son petit copain.

-Non… Je veux qu'on reste encore un peu… répondit le lycanthrope, avant de sourire en sentant un baiser dans ses cheveux.

-Tu sais Remus…

Severus se tu un instant, regardant devant eux le paysage.

-…Quoi ?

-J'ai reçu une proposition.

-Une proposition ?

Le châtain haussa les sourcils.

-Oui… De mon père…

-Ah bon ? Qu'est-ce qu'Erik te propose ?

-Un voyage dans le Sud cet été.

Remus accusa le coup, courageusement. Alors que son copain et son beau-père se la couleraient douce sur les plages du Sud, lui serait enfermé dans sa chambre, chez ses parents, puis dans une cage en argent dans les bois à la pleine lune. Il devrait réciter à nouveau toutes les règles sur ceux de sa race. Il devrait se rappeler le nom de toutes les victimes de loup-garous. Les années. Les endroits dans le monde entier. Il devrait subir les coups, les injures, sans pleurer, sans crier, car un animal n'a pas de sentiments, pas d'âme. Il craignait que les apprentissages qu'il avait fait avec Erik et Severus ne se perdent, s'il retournait chez ses parents pour l'été. Au retour des vacances, il ne serait plus le même. A nouveau, il douterait de lui. A nouveau, il tenterait de les éloigner, pour les sauver. A nouveau, il se considérerait comme un monstre.

Severus sentit le trouble de son compagnon, mais surtout, le sentit trembler entre ses bras. Qu'est-ce qui lui prenait ?

-Remus ? Qu'est-ce que tu en pense ?

-Je crois… Que c'est une bonne idée, Sev.

-Tu es sur ? Pourtant…

-Ça va vous faire du bien, des vacances loin de l'Angleterre, et des tracas de la vie routinière. Ça te fera découvrir un peu ce qui se passe ailleurs, et puis, ça va vous permettre de passer du temps ensemble, comme un père et un fils doivent le faire…

La lumière se fit dans la tête de Severus. Remus croyait qu'il n'était pas du voyage ! C'est vrai que dit comme il l'avait fait… Il resserra son étreinte sur son amoureux, et lui murmura à l'oreille.

-Mmm… C'est vrai que ce sera une bonne idée… Hôtel, bonne nourriture, des plages de sable blancs… Mais tu sais ce que je vais préféré ?

-Quoi ?

Il ne devait pas pleurer. Il devait être fort. Il ne pouvait pas laisser Severus culpabilisé, et finalement annuler le voyage. Ça ne l'empêcherait pas, lui, de passer un été merdique.

-Ce que je vais préféré par-dessus tout… C'est la vision d'un beau loup-garou en maillot de bain sur la plage, à qui je vais apprendre à nager en le suivant pas à pas une fois qu'il aura mit le pied dans l'océan…

Remus cessa de bouger un moment, puis se tourna pour regarder son amant dans les yeux. Ce dernier se mit à rire, et prit le visage de Remus entre ses mains.

-Qu'est-ce que tu croyais ? Qu'on allait te laisser chez ce fou ? Tu croyais qu'on allait se faire griller au soleil en te laissant recevoir les coups de ce malade mental ? Bien sur que tu viens avec nous, Remus ! C'est tous les trois qu'on va partir en voyage ! Erik, toi et moi. Notre famille.

-Mais… Et mon père…

-Mon père en fait son affaire. Tu crois sincèrement qu'un vulgaire ancien Exterminateur de loup-garou empêchera le Fantôme de l'Opéra d'emmener sa famille en vacances ?

Des larmes coulèrent sur les joues du Gryffondor alors qu'il fermait les yeux pour essayer de les empêcher de tomber, des soubresauts secouant ses épaules. Severus sourit tendrement et le serra dans ses bras, le berçant tel un enfant, embrassant ses joues mouillées.

-Alors, tu veux venir avec nous pour les plus belles vacances de ta vie ?

Remus hocha la tête vivement, le visage contracté par l'effort qu'il faisait pour ne pas pleurer. Son amoureux sourit, puis l'embrassa sur la temple, le serrant fort contre lui.

-Tu peux pleurer Remus, si tu veux… C'est pas interdit de pleurer… Et tant que c'est des larmes de joie, je ne peux pas m'inquiéter…

Cette simple phrase, Remus ne l'avait jamais entendue en quinze ans. Jamais on ne lui avait dit qu'il était permis de pleurer, au contraire, on lui avait dépeint cela comme un acte de faiblesse, lorsqu'il était petit. Et « les Lupin ne sont pas faible, John. Les Lupin sont des combattants. Ne t'avise jamais d'être faible devant moi ! ». Puis, pire, il était devenu un monstre. Et les monstres n'avaient pas de sentiments, donc pas de larmes à verser. Remus ne pleurait pas en public. Il attendait d'être seul dans son lit, ou enfermé dans la salle de bain, ou seul dans un endroit. Et s'il lui arrivait de s'échapper devant des gens, il essayait toujours de se retenir, du mieux qu'il pouvait.

D'apprendre qu'il avait le droit de pleurer, c'était une nouveauté pour lui. C'était libérateur, d'une manière. Il avait le droit d'être triste, de le montrer. Il avait aussi le droit de pleurer quand il était heureux. Ça aussi, c'était nouveau. Des larmes de joie.

Severus sourit, attendrit, en voyant Remus s'agripper à lui en blottissant son visage contre son torse, des sanglots le parcourrant en entier. Le Serpentard lui caressa le dos doucement, ne disant rien, souriant doucement.

Lorsqu'Erik s'approcha, voulant savoir si Severus avait fait part de la proposition à Remus, et quelle était la réaction du loup-garou, il fut surpris de le voir en larmes.

-Remus ? Qu'est-ce qui ne vas pas ? Tu ne veux pas aller dans le Sud ?On peut changer de destination, si tu veux… Ou bien, on est pas obligé de voyager, tu sais. On peut rester en Angleterre et faire des sorties ici même. L'idée, ce n'était pas de voyager, c'était d'être tous les trois ensemble…

Il ne reçut pas de réponse, sinon un corps fragile serré contre le sien, et le visage en larmes du lycanthrope levé vers lui.

-C'est vrai Erik ? Tu veux bien m'emmener aussi ? Tu veux bien ?

-Mordious ! Tu en doutais réellement, Remus ? Tu croyais que je te laisserais aller risquer ta vie dans la maison de ce psychopathe qui ose prétendre être ton père ? Pour qui me prends tu, ventrebieu !

Malgré ses plaintes, il voyait bien le soulagement et la reconnaissance dans les yeux de Remus, et cela lui faisait chaud au cœur de penser que le petit réagissait ainsi à cause de LUI ! Jamais il n'aurait cru cela possible, mais pourtant, le fait était là. Un adolescent préférait passer l'été avec lui, Fantôme de l'Opéra, meurtrier de son passé, plutôt que de retourner chez ses parents. Malgré ce qu'il pourrait dire ou penser, Erik faisait face à la vérité. Il était aimé, il avait une famille à présent. Et il ferait tout pour la préserver.

Il embrassa le front de Remus, lui caressa la joue afin d'essuyer les larmes qui coulaient de ses yeux, et sourit.

-Allez, fais-moi un beau sourire, Remus. Que je sache que tu veux vraiment faire ce voyage, et non que tu n'accepte pas seulement pour faire plaisir au vieillard que je suis.

Et Remus lui fit son plus beau sourire, accompagné d'un regard plein d'amour pour son fantastique beau-père.

Severus les regardait, souriant. Il n'avait pas à se plaindre. Les deux personnes les plus importantes dans sa vie s'entendait à merveille. Son père et son petit ami. Et il allait passer un été entier avec eux. Les plus belles vacances qu'il n'aurait jamais.


-Remus ?

Le loup-garou se retourna et sourit en voyant son amant s'avancer vers lui.

-Bon, Lunard, on t'attend dans le compartiment ! dit James en montant dans le train.

-D'accord !

Sirius resta un moment a fixer ses pieds, puis fit un léger signe de tête à Severus, avant de monter dans le train, suivit de Peter.

-Si la madame du chariot de bonbons passe, est-ce qu'on te prends quelque chose ?

-Non, ça iras Peter. Merci.

-De rien, Lun' !

Et bientôt, les deux amoureux furent seuls au milieu de la marée grouillante d'élèves parlant avant le départ du train.

-Tu es sur de vouloir rentrer avec les Maraudeurs ?

-Oui, ne t'en fais pas. Vous allez venir me chercher ?

-Compte sur nous, sourit le Serpentard avant de se pencher pour l'embrasser. Tu fais attention à toi, n'est-ce pas ?

-Ne t'inquiète donc pas, murmura Remus avant de répondre à son baiser. Allez, file rejoindre ton père.

-Oui, et toi, fais attention au tien…

-Ça iras. Vous venez me chercher demain matin, après tout… Il ne me feras pas de mal sitôt après mon arrivée. Il croit qu'il a tout l'été pour ça. Ne t'inquiète pas.

-J'ai raison de m'inquiéter, Remus, fit son amoureux avec sérieux. Cet homme est fou et n'a qu'une envie, c'est de te tuer.

-Le train se prépare, je dois y aller.

Remus l'embrassa une dernière fois, avant de courir à la porte ouverte, d'y jeter sa valise avant de lui-même embarquer… quelques secondes avant que le train ne se mette en marche. Severus sourit, puis se retourna pour retourner au château, les mains dans les poches. Il monta au bureau de son père, et passa dans ses appartements. Erik finissait ses mâles. Déjà, la valise de Severus attendait sagement à coté de la cheminée du salon.

-Tu sais qu'on revient dans deux mois et demi ? rigola le Serpentard.

-Severus ! Mordious ! Tu m'a fais peur. Tu es déjà de retour, Remus est parti ? Oui, je sais bien que l'on revient dans deux mois et demi… Mais il me semble qu'on aura besoin de tellement…

-L'hôtel sera à cinq minutes d'un centre commercial ! On pourra aller chercher ce qui nous manque. Ne t'inquiète pas.

Erik s'arrêta et regarda son fils un moment, avant de sourire.

-Tu es vraiment heureux de ces vacances, n'est-ce pas ?

-Oui, très heureux. Ça nous fera du bien, du temps juste pour nous trois, et loin d'ici. On aura pas de rôle à jouer, on pourra être nous-même, sans avoir peur des représailles, parce qu'on ne reverra jamais ces gens.

-Bien sur… Et le fait de passer des moments tout seul avec Remus, sans ses amis dans les parages, ne t'enchante absolument pas…

Le plus jeune se contenta de sourire.

-C'est vrai que de savoir que je vais m'endormir avec mon chéri dans mes bras à tous les soirs, ça a de quoi me mettre de bonne humeur…

-Je ne crois pas réellement que vous n'allez QUE dormir, mais je te laisse le bénéfice du doute là-dessus…

-Bien sur qu'on ne feras pas QUE dormir ! Ce serait du gâchis d'avoir une chambre d'hôtel juste pour nous et de ne pas en profiter !

-…Des fois, je me demande comment tu peux être aussi obsédé…

-…Obsédé ? C'est pas être obsédé que de désirer passer du bon temps avec la personne qu'on aime. C'est juste… normal.

-De mon temps, une telle discussion n'aurait jamais eu lieu. On ne parlait pas de cela.

-De ton temps… C'était quand même il y a 100 ans…

-Oh ! Rappelle-moi encore à quel point je suis un vieux croulant !

-J'ai pas dis ça.

-Non, mais tu le pensais.

-Non. Je disais juste que les choses ont changé depuis ce temps-là. Regardes, à ton époque, un homme ne pouvait pas embrasser sa femme en public, c'était mal vu. Aujourd'hui, la donne est un peu différent…

-En ce temps-là, les hommes ne faisaient pas pleurer les femmes, et les courtisaient.

-Maintenant, ils les séduisent, et se font traiter de salauds par les copines quand il la fait pleurer !

-Remus nous attends demain matin ?

-Ah ah ! Tu change de sujet ! Tu vois bien que j'ai raison !


Severus sortit de la cheminée, sa valise à la main, et resta un moment figé à regarder autour de lui. L'appartement d'Erik était vraiment magnifique. Le propriétaire sortit derrière son fils et sourit en voyant son air.

-Viens, je vais te montrer ta chambre. Ce soir, nous nous couchons de bonne heure. Nous aurons beaucoup de préparation demain. Et le plus important, aller délivrer Remus de cet horrible homme.

-Il doit avoir tellement peur qu'on l'oublie…

-Comment pourrions-nous ?

-Bien sur qu'on ne peut pas, mais il doute quand même. C'est normal, quand même…

Erik sourit, puis conduisit son fils à sa chambre.

-Dis… Pourquoi Dumbledore t'a donné un appartement avec deux chambres, alors que tu étais seul ?

-Et bien… Il semblerait que le directeur ait vu plus de choses que nous aurions pu penser… Il semblait prévoir depuis un longtemps ce qui se passe présentement.

-Tu veux dire… qu'il se doutait que tu allais m'adopter ?

-Qui sait ? Aller, installes-toi, mais ne sort pas tout ! Nous ne resterons que peu de temps ici. Je vais préparer un petit quelque chose à manger vite fait. Cet après-midi, nous allons acheter ce qui nous manqueras pour notre voyage.

-Au fait… Tu as un passe-port ?

-Un passe-port ? Non.

-…Alors comment on ira ?

-Oh, tu croyais qu'on irait par avion ? Et bien non, désolé, nous irons par portoloin. Moins long, et moins problématique. Tu me vois vraiment poser pour la photo du passe-port ? Ils voudront m'enlever mon masque, et…

-J'avoue…


Severus sortit de la cheminée en toussant. Il semblerait qu'elle n'avait pas été utilisée depuis longtemps. Devant lui, un couple était assit à la table. Un homme avec une forte carrure lui faisait dos, ses longs cheveux châtains aux mèches caramels retombant sur ses épaules. Il se tourna et regarda Severus d'un air mauvais, de ses yeux bleus furieux. La femme s'était levée, surprise. Ses cheveux noirs tressés retombaient sur sa hanche et ses grands yeux verts pales le regardaient d'un air indécis. Severus sourit. Remus devait avoir les mêmes yeux que sa mère, avant sa morsure. S'il en avait garder la forme, la couleur avait par contre changée.

-Qui êtes-vous ? s'écria M. Lupin.

Severus le regarda en silence. Il comprenait pourquoi Remus avait peur de cet homme. Aussi large qu'un ours, et très grand, il lui était facile d'effrayé le petit et fragile Remus.

Erik sortit de la cheminée à son tour, et Severus cru que M. Lupin allait les jeter dehors.

-Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous faites ici ?

Erik essuya la suie sur sa manche, avant de s'avancer vers l'homme en lui tendant la main.

-Je suis le Pr Erik, et voici mon fils, Severus. Nous sommes ici pour vous parler de Remus.

L'air devint lourd, et le temps sembla se figer. Puis…

-SALE BÊTE ! JE SAVAIS QU'ELLE NOUS ATIRERAIT DES PROBLÈMES !

Et il monta l'escalier à une vitesse étonnante, prenant tout le monde de surprise. Mme Lupin s'effondra au sol en pleurant, et alors qu'Erik s'approchait pour voir si elle allait bien, ils entendirent des cris venir de l'étage. Les cris d'une voix qui leur était bien connue…

-REMUS !

Ils se précipitèrent tous deux à l'étage pour voir le père de Remus armé d'une ceinture, le fils au sol, essayant de protéger son visage.

-QU'AS-TU FAIS ENCORE, SALE MONSTRE ! RÉPONDS SALE BÊTE ! QU'AS-TU FAIS ?

Alors que Severus se précipitait vers son amoureux, Erik se plaçait devant eux, faisant place à M. Lupin, et enleva son masque. John Ulric Lupin poussa un cri en reculant, et Severus prit un Remus tremblant dans ses bras.

-S…Sev…

-Tout vas bien… On est là… Il ne te toucheras plus… Remus… Je suis désolé… Tellement désolé…

Le lycanthrope cacha son visage contre son amoureux pour mieux pleurer, agrippé fortement au devant de sa chemise. Severus le serra contre lui, regardant le spectacle désolant de cette chambre poussiéreuse où traînaient des jouets cassés. Seuls les livres, dans une haute bibliothèque, semblaient avoir été épargnés. Après vérification, c'était les livres d'école de Remus, des années précédentes.

Erik replaça son masque, satisfait de voir l'homme adossé contre le mur de la chambre, l'air dégoûté et effrayé.

-Je n'aurais pas cru que vous feriez une colère au seul nom de votre fils…

-Ce n'est pas…

-Je suis donc venu ici pour vous parler de Remus, comme je vous le disais. Mon fils et moi partons en voyage, et nous aimerions fortement que Remus nous accompagne.

M. Lupin eut un sourire.

-C'est une plaisanterie ? Vous ignorez donc ce qu'il est ?

-Nous le savons très bien, le contredit Erik. Je vous rappelle que je suis professeur, et que les professeurs sont au courrant de l'état de Remus.

-On s'en moque qu'il soit un loup-garou, dit Severus en caressant les cheveux de Remus. C'est juste une nuit par mois où il s'enferme, et une journée où il dort…

-Non. C'est un danger perpétuel. Ce monstre n'ira nul part ! Il restera ici !

-Exactement, fit Erik. Nous ne voulons pas de monstre avec nous, c'est pourquoi je ne vous ai pas invité.

-JE…

-Maintenant si vous voulez bien nous laisser, nous aimerions préparer les bagages de notre Loupiot, afin de partir le plus rapidement possible de votre horrible baraque.

M.Lupin fit un pas, et aussitôt, les baguettes d'Erik et de Severus furent braquer sur lui.

-Je vous conseille de coopérer… Mon fils a créer certains sortilèges qui ne sont pas appréciés de leur victime, habituellement… Moi-même, j'en connais des plutôt bien… Ou mal, dans votre cas…

Severus aida son petit ami à s'asseoir sur le lit, puis fit ses valises, faisant des plaisanteries pour faire rigoler Remus, ce qu'il réussit plutôt bien.

-Est-ce qu'on a oublier quelque chose ?

Remus secoua la tête en souriant. Severus réduit les valises, les mit dans sa poche, puis aida Remus à se lever. Le loup-garou se tourna vers Erik alors que Severus l'entraînait vers l'escalier, et dit silencieusement « Ma baguette! » .

Le sang d'Erik ne fit qu'un tour dans ses veines. Alors non seulement il démolissait Remus, aussi bien physiquement que mentalement, mais en plus, il le privait de son unique moyen de défense ? Il attendit calmement d'entendre Severus prononcer leur adresse et disparaître dans le feu, puis il descendit l'escalier. Une fois en bas, il croisa Mme Lupin, qui semblait agité.

-Je… Ulric… R…Remus a disparut avec l'autre garçon et… Je n'ai pas pu les empêcher…

-Isabella ! Qu'est-ce que t'a dans la tête, hein ? Plus capable d'utiliser un simple stupéfix ?

Erik s'approcha du feu.

-M. Lupin, auriez-vous l'obligeance de me donner la baguette de votre fils ?

-Hors de question.

-M. Lupin… Ne me forcez pas à employer la manière forte…

Il fit un geste vers son masque, et le père de Remus recula. Puis il se dirigea vers une armoire, l'ouvrit d'un coup de baguette, et en sortit la baguette de Remus ainsi qu'un vieil album photo, qu'il jeta sur Erik.

-Tenez. Je ne veux plus jamais revoir ce monstre. Faites ce que vous voulez, gardez-le, tuez-le, je m'en moque.

-Vous avez bien raison. Depuis 10 ans, Remus Lupin est mort civilement. Vous n'aviez aucun droit sur lui, et encore moins celui de le détruire comme vous l'avez fait. Sortir de sa vie est assurément la meilleure chose que vous puissiez faire pour lui. Vous lui tenez rigueur de n'avoir pu reprendre le flambeau familial, mais vous étiez trop aveugle pour voir que le flambeau c'était éteint le jour où le Ministère a reconnu que les loup-garous avaient le droit de vivre.

Erik sortit dehors, et marcha jusqu'au cimetière. Si chez lui, il faisait un gros soleil dehors, chez Remus, il y avait une petite pluie et le ciel était gris. Le genre de campagne où le soleil n'est pas souvent au rendez-vous. Triste vie que Remus avait passé dans cet endroit. Une fois au cimetière, Erik chercha un moment avant de trouver la pierre tombale blanche où était inscrit deux noms. La photo de deux enfants é avait été encastrée, et Erik se pencha pour voir les deux visages d'enfants souriants. Une gamine aux cheveux noirs et aux yeux bleus, aux rondeurs encore enfantine, et un petit garçon a l'air doux, aux cheveux châtains et aux grands yeux verts emplis d'innocence.

-Espérons que cela fonctionne… Je ne suis pas vraiment sur de moi, sur ce coup-là…

Erik leva sa baguette, en priant pour que cela fonctionne.

-Veritas.

Lentement, les lettres qui formaient le nom de « Remus John Lupin » s'effacèrent, comme aspirer par la roche. La photo se découpa d'elle-même, et la partie supérieure, la photo de Remus, glissa au sol, telle une feuille de papier. Erik l'attrapa, puis se recula.

-Vérité est rendue.

Il s'éloigna de ce lieu sinistre où reposait une enfant qui affrontait seule la mort, car son frère, malgré la croyance, ne l'avait jamais rejointe. Erik cogna à une maison voisine des Lupin. Une femme lui répondit, l'air surprise de voir un homme masqué sur son perron.

-Madame… la salua Erik. Puis-je emprunter votre cheminée ? J'étais de passage, et malheureusement, la cheminée dans laquelle je suis arrivé m'a été interdite…

-Je suis désolée, monsieur… Je suis Moldue, ma cheminée n'est pas connectée au réseau… Nos voisins, par contre…

-Merci, madame…

Erik s'éloigna vers lesdits voisins, un sourire sur les lèvres. Malgré la présence des Lupin, malgré la grisaille, ça devait avoir été spécial, un village ainsi où sorciers et Moldus vivaient en cohabitation. Selon Remus, c'était le cas de plusieurs villages dans les environs. Composés majoritairement de sorciers, les Moldus venus s'installer n'avaient eu d'autres choix que de s'habituer à ces étranges voisins… et d'accepter leur différence.

Une fois entré chez les voisins, Erik les remercia grandement, et retourna bien vite chez lui. Il découvrit les deux adolescents dans la chambre de Severus, l'aîné serrant son cadet dans ses bras.

-Tout vas bien, Remus… T'es en sécurité, maintenant. Tu vas rester ici, avec nous, le temps de tout préparer, et ensuite, on part en vacances ! Tu vas voir, ce seras génial…

-Oui…

-Tout iras bien… Ne t'inquiète pas… Ce malade ne t'approcheras plus… Je l'empêcherai de te faire du mal… Mon père aussi…

-Je sais… Heureusement que vous êtes là… Je sais pas ce que je ferais sans vous…

-Mmmm… fit Erik. Quelque chose me dit que tu serais encore au début de l'année, a croire qu'il n'y a aucun espoir, et que personne ne t'aimeras jamais, que tu es un monstre...

Remus fit un petit sourire triste à Erik, qui lui rendit sa baguette.

-Au fait, regarde ce qu'on nous a donné… Des souvenirs !

-Quoi ?

Erik s'assit près des deux enfants, et ouvrit l'album photo. Remus rougit aussitôt alors que Severus se mettait à rigoler.

-C'est toi, ça ? Mais quel mignon bébé !

-Oh, te moque pas, tu veux…

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Voici la première partie de Loin des yeux, l'oubli du coeur. tant donné qu'elle m'a prit trois mois à écrire, vous pouvez compter encore trois mois pour la deuxième partie... Qui sera beaucoup plus drôle ! Les vacances, et la protection de Remus, à la fin de la septième...