Titre : Parce que je ne veux pas regretter...

Auteur: Sahad

Note: Parce que je vois du yaoi partout... Petit détournement du scénario. Muahaha! S'il y a des choses qui ne collent pas, je suis désolée, je n'ai vu que 4 épisodes de la série pour le moment.

Chapitre :

Le 4 novembre approchait à grands pas, toute l'école était en effervescence, les garçons comme les filles. Akira soupira : il ne comprenait vraiment pas ce truc de déclaration d'amour, ni pourquoi ça mettait tout le monde dans un tel état. Quoique, pour une fois, il comprenait à peu près la raison de l'agitation : Kotani devait faire sa déclaration à Shuuji, il y avait de quoi être secoué. Mais bon... Le jeune garçon regardait vaguement les élèves de sa classe, buvant son lait de soja, pensif... Shuuji était le genre de garçon qui attachait énormément d'importance à l'apparence, il voulait toujours avoir l'air d'être un type cool et être populaire... Pourquoi ? Cela Akira ne l'avait jamais compris, il trouvait que la popularité était une véritable prise de tête.

Mais ce qui lui occupait l'esprit en ce moment c'était le remord : il avait dit certaines choses qu'il aurait préféré taire, mais comme il ne réfléchissait pas spécialement avant de parler, ça sortait tout seul. Ainsi, il avait dit à Shuuji ce qu'il pensait, il l'avait accusé d'avoir peur que sa réputation en prenne un coup et qu'il était mesquin. Maintenant, il le regrettait, parce qu'il avait bien vu au visage de son ami que ça l'avait touché... Est-ce qu'un ami ferait ça ? Non, probablement pas, même s'il n'avait pas une idée très nette de ce qu'était un ami, puisqu'il n'en avait pas souvent eu à cause de son comportement, de sa personnalité... Akira soupira, il n'avait pas envie de perdre son premier ami pour des histoires aussi futiles. Aussi... Pourquoi ne pas aller l'ennuyer ?

Akira sortit rapidement de la salle et parcourut les couloirs de l'école à la recherche de son ami, Shuuji était assez populaire mais pas lui, autant ne pas demander aux autres où il pourrait le trouver, ils seraient capables de l'envoyer balader. Il se rendit donc là où il avait le plus de chances de le trouver : le toit.

« Shuuuuuji-kuuuuuun ! » appela-t-il.

Mais seule une légère brise lui répondit. Le toit était désert. C'était bien sa chance, lui qui voulait s'excuser. Il alla s'asseoir sur la table qui leur servait en général pour pique-niquer ou pour discuter... L'avait-il beaucoup blessé en prononçant ces mots ? Il se posait encore la question. Il soupira, pourquoi tout était-il aussi compliqué et prise de tête ?

« Oi. Tu pourrais au moins t'asseoir sur une chaise. »

Akira se retourna, reconnaissant la voix de son camarade de classe. Celui-ci s'approchait, les mains dans les poches, un pas un peu trainard comme à son habitude mais son visage était fermé ; son vis-à-vis ne prononça pas un mot, attendant que Shuuji arrive à sa hauteur. Ceci fait, les deux garçons observèrent un moment de silence, puis Shuuji le brisa :

« Je... Je vais probablement renverser de l'eau sur Kotani. »

« Tu l'as déjà dit, ça. » lui fit remarquer son interlocuteur.

« Je sais mais... C'est pour que vous ne vous fassiez pas d'idée. » murmura-t-il.

« Mais on ne s'en fait pas. » répliqua Akira du tac au tac.

« Ah... C'est bon alors... » souffla son camarade de classe.

« Bon pour toi, oui. » rétorqua l'adolescent. « Ta popularité en sortira indemne. »

Shuuji releva de grands yeux vers son vis-à-vis. Akira se faisait presque peur lui-même : où était passée son envie de s'excuser ? Pourquoi s'entêtait-il à faire des reproches à son ami ? Le garçon populaire parut réfléchir très rapidement et finit par hausser les épaules avant de s'en aller. Akira soupira et s'en alla à son tour quelques minutes plus tard, il recroisa Shuuji dans les couloirs, en grande conversation avec Mariko, son flirt ; il passa à côté d'eux sans s'arrêter, sans jeter ne serait-ce qu'un regard à son ami. Shuuji lança un coup d'oeil en arrière mais ne fit rien pour le retenir : Mariko était là, il n'était pas question d'appeler Akira devant elle.

OoOoO

La nuit était tombée et, pour la première fois depuis longtemps, il était rentré chez lui. Son oncle s'était inquiété de cette soudaine décision mais il ne l'avait pas empêché de partir... Ils étaient à la veille du grand jour et Akira était rentré directement après avoir menacé Shuuji de le démolir s'il aspergeait leur amie. Il avait encore mal à la main mais il s'en moquait un peu.

Il s'allongea sur son grand lit à baldaquin, lâchant un profond soupir : cette chambre avait tout du gosse de riche, ses parents l'avaient aménagée de façon à pouvoir la montrer à leurs amis lorsque ceux-ci venaient chez eux. C'était un côté tape-à-l'œil qu'il n'aimait pas, il ne se sentait pas à l'aise dans cet endroit. Alors pourquoi était-il venu là ? Il n'en savait rien lui-même. Ses yeux vagabondaient dans ce grand espace luxueux... Mais il se souvenait aussi d'autre chose : il n'y avait qu'ici qu'il se sentait aussi seul... Peut-être était-il venu instinctivement en punition pour ce qu'il avait fait endurer à Shuuji ces derniers jours : reproches, remarques sarcastiques, menaces, méchancetés... Il ne lui avait rien épargné. Et il ne s'était pas excusé non plus.

Un bruit le fit sortir de sa torpeur : c'était l'interphone. Il se leva, intrigué : son père ne rentrerait pas et sa mère n'était pas du genre à sonner ; s'approchant de l'appareil braillard, il décrocha :

« Nani ? »

/Kusano-san, un ami à vous désire vous voir. / l'informa la voix du réceptionniste.

« Un ami ? » répéta Akira sans comprendre.

/Il se fait appeler Kiritani Shuuji. Le fait-on entrer /

L'adolescent écarquilla les yeux, c'était comme si son cœur avait donné un violent coup dans sa poitrine pour soudainement cesser de battre... Shuuji... ? Il hésita un long moment, les mots lui manquant, ce fut la voix du réceptionniste qui le ramena sur Terre :

/Monsieur /

« Ah, oui, faites-le entrer. » lâcha-t-il finalement.

Il raccrocha et demeura un long moment immobile. Shuuji... ? Ici ? Dans cet endroit si... Bizarre ? Ce coin empestant la richesse à plein nez ? Il ne le comprenait pas... Et puis, pourquoi venait-il ? Un long moment passa durant lequel Akira ne sut que penser, puis la sonnette l'appela ; il s'approcha de la porte et, après une légère hésitation, l'ouvrit. Shuuji était en vêtements ordinaires, les mêmes que ceux qu'il portait lorsqu'Akira était venu le menacer... Il n'affichait pas ce même air qu'à l'école, lorsqu'il était avec ses prétendus amis ou avec Nobuko et lui. Non, il avait l'air... Gêné, comme s'il se sentait tout petit...

« Tu... Vas me laisser à la porte ? » murmura-t-il finalement.

« Ah. Non, entre. » l'invita son vis-à-vis.

Lui tournant le dos, Akira le guida jusque dans sa chambre, s'attendant aux murmures d'admiration que lâchait de temps en temps son ami. Ils arrivèrent finalement dans la chambre où Akira se laissa tomber sur le lit. Shuuji n'en croyait visiblement pas ses yeux :

« Sugoi... C'est super grand... Uwa ! T'as même un tableau d'un peintre connu ! »

« Je l'aime pas. » soupira son ami.

« Hein ? » son vis-à-vis ne comprenait visiblement pas.

« C'est ma mère qui l'a mis là pour faire croire à ses ami(e)s que je m'intéressais à la peinture. Mais j'en ai rien à foutre... » répondit-il.

« Kusano... » souffla l'adolescent. « Tu devrais être content, t'as la chance de pouvoir avoir tout ce que tu veux... »

« Shuuji... Quand tu veux quelque chose et qu'on te l'apporte toujours sur un plateau, tu finis par plus avoir envie de rien. » répliqua Akira. « Moi, je préfère vivre chez mon oncle, au magasin... C'est plus simple. Plus sympa... »

« Kusano... »

« Mais au fait, comment t'as fait pour savoir où j'étais ? Parce que tu me cherchais visiblement... »

« Ah... J'ai demandé à ton oncle. C'est lui qui m'a dit que t'étais rentré chez toi. » l'informa son camarade de classe. « J'étais persuadé qu'on me laisserait pas entrer. »

« Pourquoi tu es venu me voir ? » l'interrogea alors Akira.

« Ben... Heu... »

Shuuji ne savait pas trop quoi répondre, il avait bien une idée en tête quand il était parti de chez lui mais il ne s'en souvenait plus. Son ami le considéra un moment avant de soupirer :

« Si tu ne renverse pas l'eau sur Nobuta, t'as pas de quoi avoir peur. »

« Pourquoi tu défends tellement Nobuta ? » voulu-t-il savoir.

« Parce que les filles ont un cœur fragile, et que Nobuta est en train de remonter à la surface, je ne veux pas que tu la fasses toucher le fond à nouveau juste parce que ta popularité est en jeu. » répondit le jeune garçon.

Shuuji hocha la tête, signe qu'il avait compris. Il reporta les yeux sur son ami, étendu sur le lit, qui semblait comme perdu dans ses pensés ; il se mordit la lèvre inférieure, cherchant à dire quelque chose mais il s'en abstint et murmura :

« Bon, je vais rentrer... »

Akira hocha la tête et l'accompagna jusqu'à la sortie de l'immeuble. Shuuji traversa les rues désertes en vélo, pédalant dans l'obscurité tout en pensant à autre chose. Il revoyait le visage de son ami, pensif, comme s'il n'allait plus jamais sourire... Quelle était cette impression ? Pourquoi Akira ne sourirait-il plus ? Il secoua la tête : il avait des idées bizarres !

OoOoO

Plusieurs heures étaient passées depuis que Shuuji avait rendu visite à son camarade de classe, il était minuit passé, presque une heure, pourtant, il n'arrivait pas à dormir. Il revoyait son ami, le visage dépourvu de sourire, c'était pourtant rare... Et cette phrase :

''Shuuji... Quand tu veux quelque chose et qu'on te l'apporte toujours sur un plateau, tu finis par plus avoir envie de rien.''

Akira n'avait-il donc plus envie de rien ? Shuuji soupira, il n'en savait rien, mais il n'arrivait pas à s'imaginer n'ayant envie de rien. Cette vie serait bien triste à son goût... Akira était-il triste au fond de lui ? Comme lui devant les autres, portait-il un masque ? Un petit bruit sec le fit tout à coup sursauter, l'adolescent se redressa dans son lit, se demandant ce que c'était ; le petit bruit se fit à nouveau entendre, puis encore un... Comprenant que ça venait de la fenêtre, il se leva et l'ouvrit, il reçu un petit projectible à la figure et poussa une exclamation de surprise. Se remettant de cela, il se pencha à la fenêtre mais tout ce qu'il perçu, ce furent des pas s'en allant à une allure rapide.

OoOoO

Le soleil s'était levé. Le soleil de ce jour maudit. Shuuji avait pourtant tellement souhaité qu'il n'arrive jamais. Dieu n'entendait-il donc pas ses supplications ? Il se prépara d'un air maussade, traînant le pied. Puis revenant prendre son sac dans sa chambre, il remarqua quelque chose de brillant par terre : il s'agissait d'une petite perle qu'il attrapa entre deux doigts, elle était à peine plus grosse que les pierres du gravier. Songeant aux coups répétés contre sa fenêtre, il descendit et fouilla le sol du regard : trois petites perles reposaient dans les failles du bitume. Les ramassant, il les examina plus minutieusement : elles étaient plutôt jolies...

FLASH BACK

« C'est quoi ça ? Un bracelet de perles ? » lâcha Shuuji en se baissant pour ramasser l'objet qui reposait sur le bitume.

« Ah ? Ouais... » acquiesça Akira. « Passe. »

« Tu vas pas mettre ça ! » ricana son ami.

« Bah, pourquoi pas ? » sourit son vis-à-vis en glissant le bracelet à son poignet.

« Mais c'est un truc de fille ! » se moqua Shuuji.

« Ah ouais ? Bah, c'pas grave... J'trouve ça drôle, moi. »

FIN FLASH BACK

Ces perles... Elles ressemblaient beaucoup à... Mais alors, la personne de la veille était... Akira ? Mais si c'était le cas, dans quel but ? Pourquoi en plein milieu de la nuit ? Et puis... Pourquoi était-il parti en courant ? Et pourquoi...

« Merde ! Je vais être en retard ! » se réveilla-t-il soudain.

Attrapant son vélo, il pédala comme un fou pour arriver à temps à son école, à bout de souffle ; il attacha son vélo et courut, gravissant les marches quatre à quatre, il s'arrêta quelques instants pour se calmer. Il regarda sa montre, il n'était pas en retard, heureusement pour lui. Il reprit tranquillement sa respiration et entra dans la salle de classe :

« Konnichi getsu, ka, sui, moku, kin !(1) »

« Ohayô, Shuuji ! »

« Ohayô ! »

« Ne ! Tu as eu le courage de venir aujourd'hui ? » s'exclama l'un de ses amis.

« Bien sûr ! » sourit Shuuji.

« Ne, ne, t'as pas peur de la déclaration de Kotani ? » s'étonna un autre.

« Moi ? Bien sûr que non ! » rit le jeune garçon, bien que le cœur n'y soit vraiment pas. « Ah, attendez, j'ai un truc à faire pour le cours de maths. »

Ceci étant dit, il fit un signe discret à Akira, lui demandant de le suivre ; quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent sur le toit. Là, Shuuji soupira :

« Qu'est-ce que je peux faire ? »

« Laisse tomber les fleurs sur Nobuta. » répondit calmement son vis-à-vis.

« Mais tu ne comprends pas ? Ce n'est pas que ma popularité qui est en jeu ! » s'exclama son ami. « Même si ça ne me plaît pas, j'ai un fan club et ces filles n'hésiteront pas à emmerder Nobuta ! »

« Tu t'inquiètes pour elle ? »demanda Akira.

« Bien sûr que je m'inquiète ! »

Shuuji s'assit à même le sol, les genoux ramenés contre lui, y noyant son visage. Akira le considéra un long moment : jamais il n'avait vu Shuuji dans cet état ; l'élève cool aussi désemparé... Dans un sens, c'était intéressant. Il se pencha et posa une main sur son épaule, lui faisant sentir qu'il était là :

« Fais ce que tu juges le mieux. Mais essaye de ne jamais le regretter par la suite. »

Son ami hocha vaguement la tête. Ça ne l'aidait pas spécialement, mais l'intention y était, c'était déjà quelque chose. Akira allait le laisser lorsque Shuuji eût envie de lui demander :

« Kusano... »

« Hn ? Nani ? »

« Pourquoi tu ne souris plus ? »

Akira marqua un temps de pause, dévisageant son vis-à-vis. Il sembla hésiter un bref instant avant d'esquisser une grimace :

« J'essaye de sourire comme Kotani ! »

« Baka... » soupira son ami en se levant. « Tu crois franchement que je vais gober ça ? »

Kusano haussa les épaules en signe de possibilité. Shuuji s'éloigna à grands pas, conscient qu'il fallait faire un choix.

OoOoO

« Bienvenue à ce nouveau spectacle du jour 114 ! » s'exclamèrent en cœur les Destiny.

Heureusement pour Shuuji, personne ne pouvait entendre ses lamentations mentales. Il s'avança sous l'ordre des deux guignols, tout le monde était chaud, ils s'attendaient tous vraisemblablement à un fait qu'ils pourraient raconter encore longtemps plus tard. Il devait être maudit.

« Shuuji-kun, avez-vous bien compris les règles du jeu ou souhaitez-vous qu'on vous le réexplique ? »

« Non, merci, ça ira. » sourit l'intéressé, tentant de conserver son air cool habituel.

« Un commentaire, Kotani-san ? » lança Hasegawa.

« ... » Nobuko dévisagea un long moment Shuuji avant de murmurer. « Les gens peuvent changer. »

« Heh ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Serait-ce un mot de passe ? » s'amusa le Destiny.

« Bien, dans ce cas, vous allez pouvoir choisir une corde ! » renchérit son complice.

Un lourd silence s'était soudain installé dans la salle, tous avaient les yeux rivés vers Shuuji, attendant avec impatience quelle corde il allait choisir. Lui, n'entendait plus rien, même pas la respiration des autres, il n'entendait que son cœur battre à la chamade, ses mains tremblaient...

« Fais ce que tu juges le mieux. Mais essaye de ne jamais le regretter par la suite. »

Ces paroles, elles avaient tout leur sens. Shuuji rouvrit les yeux et les porta vers son ami, Akira. Celui-ci brisa une baguette en guise de rappel de sa menace de la veille. Ce geste fit sourire son camarade de classe, il s'était décidé, il fallait choisir. Sa main enserra la corde et allait la tirer lorsque :

« Pardon, Kotani-san, vous souhaitez dire quelque chose ? »

« Je peux changer ? » murmura-t-elle.

« Changer ? Vous ne voulez plus de Kiritani Shuuji ? » s'étonna l'un des deux Destiny.

La jeune fille se contenta d'hocher la tête. Shuuji n'en croyait pas ses oreilles, mais il était sauvé ! Il descendit donc de l'estrade, se demandant tout de même comment allaient changer les choses. Il s'assit auprès de ses connaissances de classe et porta toute son attention vers la scène, qui Kotani allait-elle choisir ? Il manqua toutefois de tomber de sa chaise en entendant le nom que prononça son amie : Bando Kozue. Elle avait choisit Bando ! Shuuji ne comprenait plus rien, il adressa un regard interrogateur à Akira qui, vu sa tête, ne semblait pas comprendre non plus.

La jeune fille se leva, marchant vers l'estrade, les bras croisés comme à son habitude. A quoi pensait Kotani ? Il était clair que Bando allait tirer sur la corde qui ferait tomber le seau d'eau. Les secondes s'écoulaient lentement, plus aucun son ne se faisait entendre, tout le monde avait retenu son souffle. Nobuko ferma les yeux, prête à recevoir le seau d'eau qui se déverserait sur elle...

« Comment... ? » souffla alors Shuuji avec les yeux écarquillés.

« C'est... Un miracle... » murmura Akira.

Nobuta n'osait pas rouvrir les yeux, mais en entendant les murmures, la curiosité se fit plus forte et elle leva la tête, recevant une quantité impressionnante de pétales. Une pluie multicolore planait autour d'elle. Bando, de son côté, descendit de l'estrade sous l'applaudissement de l'audience, sans aucun sourire ni commentaire.

« Bravo à l'heureux couple de cette année ! » s'exclama Honda, l'un des Destiny.

« Oui, nous les applaudissons tous chaleureusement ! » renchérit Hasegawa, l'autre Destiny.

« Et Shuuji, alors ? » demanda l'un de ses amis. « Il ne va pas participer ? Aaaah, c'est pas drôle ! »

« C'est vrai, ça ! » gémit un autre. « Je voulais savoir ce qui allait se passer ! »

Shuuji se sentit pâlir, les regards des deux Destiny ayant convergés vers lui. Non... Il n'était donc pas tiré d'affaire ? Tout à coup, une voix couvrit les cris :

« On pourrait en faire deux cette année, exceptionnellement, non ? »

« Brillante idée ! » s'exclama Hasegawa.

« Vous êtes tous d'accord ? » lança à son tour Honda.

Toute la foule clama son accord sous un tonnerre de cris et d'applaudissement. Shuuji n'en revenait pas : il nageait en plein cauchemar ! Et en plus, tel qu'ils les connaissaient, il allait sûrement se retrouver face à Mariko ! Non ! Tout mais pas ça ! Et cette voix qui avait lancé cette ''brillante idée'', il l'avait reconnue ! C'était Catherine, la vice principale... Il lui lança un regard noir, n'obtenant en réponse qu'un sourire narquois, victorieux. Se levant donc péniblement, il monta sur scène et se plaça sous les seaux.

« Ah non, Shuuji-kun. » le rattrapa Hasegawa. « Toi, tu es aux cordes! »

Décidément, tout était bon pour lui pourrir sa journée ! Il esquissa un sourire crispé et alla se mettre derrière les deux cordes. Et maintenant ? Qu'est-ce que ces deux tarés allaient encore inventer pour lui démolir son image de mec cool ?

« Bien ! Qui va donc venir se déclarer à Kiritani Shuuji ? » s'écria Honda.

Non ! Ils ne parlaient pas sérieusement... ? Ils n'allaient quand même pas lui faire ça... ! Son regard se porta sur la salle et ce qu'il redoutait le plus était en train d'arriver : les amies de Mariko l'incitaient à prendre son courage à deux mains et à aller se déclarer. Il baissa la tête en serrant fortement les poings. Non, il ne pouvait pas avoir à faire ça ! Non ! Qu'on le sorte de là par n'importe quel moyen !

« Moi, je suis candidat. » lança une voix dans l'assemblée.

Shuuji releva la tête, écarquillant les yeux : Akira s'était levé et avait devancé Mariko dans l'allée menant à l'estrade. Il avançait de son pas nonchalant habituel, montant sur scène.

« Heu... Vous ? Kusano-san ? » s'étonna Hasegawa.

« Et pourquoi pas ? » répliqua Akira.

« Mais... Mais vous êtes deux garçons... ! » lui rappela le Destiny.

« Et alors ? Vous venez bien de mettre deux filles ensemble. Pourquoi pas deux mecs ? C'est tabou ? » répondit-il du tac au tac.

« Heu... Non, c'est juste... » souffla le hérisson noir.

« Bien ! Dans ce cas, veuillez prendre place sous les seaux, Kusano-san ! » s'exclama Honda, sentant qu'il était temps de couper court à cette discussion.

Akira hocha la tête et se plaça sous les seaux, ils étaient tous les deux à nouveau pleins afin que chacun puisse mieux profiter du suspens. Shuuji fixait son ami avec des yeux exorbités. Pourquoi avait-il fait ça ? Il était sûr de recevoir l'eau, non ? Il jeta un coup d'œil circulaire à la salle : tous riaient en imaginant la suite, se moquant de ce pauvre type qui allait prendre une bonne douche ; sauf les professeurs, surtout Catherine qui semblait porter un intérêt particulier à la suite des évènements. Mariko et ses copines ne faisaient pas exception à la règle, même si Mariko ne riait pas, lançant simplement un regard meurtrier à celui qui avait osé lui voler sa place. Mariko... C'était pour ça... C'était pour ça qu'Akira s'était porté volontaire : pour lui épargner ce truc stupide envers Mariko...

« Shuuji-kun... Vous devez faire un choix. » lui rappela Honda.

L'intéressé hocha la tête. Il porta son regard sur son ami, celui-ci attendait patiemment, les mains dans les poches, regardant le sol... Akira se donnait souvent en spectacle, mais il devait avoir fait un effort important pour monter sur scène en sachant pertinemment qu'il allait passer pour encore plus stupide avec cette douche...

« Gomen... Kusano... » souffla Shuuji en tirant la corde.

Tous retinrent leur souffle, un mince sourire aux lèvres,mais ce fut une exclamation de surprise et d'incompréhension qui s'éleva du premier rang, Mariko écarquilla les yeux de stupéfaction, les professeurs en étaient bouche bée ; seule Catherine semblait apprécier ce qu'il se passait. Akira, qui fixait le sol, écarquilla les yeux en apercevant un pétale rentrer dans son champ de vision, il leva la tête et en attrapa un ; son regard se posa ensuite sur Shuuji, intrigué. Ce dernier affichait un sourire gêné mais sincère :

« Gomen... Je voulais pas faire quelque chose que je risquais de regretter par la suite. »

« Shuuji-kun ! Approchez-vous ! Un commentaire !» l'invita Honda, visiblement plus vite remis que les autres.

Shuuji hocha la tête et s'avança vers le milieu de la scène, s'approchant ainsi d'Akira. Ce dernier le fixait toujours, intrigué ; Shuuji murmura :

« Arigatô. »

Pour toute réponse, Akira esquissa un sourire et hocha la tête...

OoOoO

Le lendemain, Shuuji avait espéré que les choses se seraient tassées d'elles-mêmes mais les évènements avaient visiblement marqué les mémoires pendant un bon moment. Il s'était réfugié sur le toit où Akira était venu le rejoindre.

« Ohayô, Shuuji-kun. » lança-t-il, appuyant sur le ''uu'' comme à son habitude.

« Ohayô... » répondit l'intéressé, non sans un soupir.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » voulu savoir son ami.

« Cette connerie d'hier m'ennuie... Mariko m'a giflé en public, le journal de l'école m'a pris pour cible... Je me demande bien ce qui pourrait être pire... Si je tenais cette Catherine, je la... » grogna Shuuji.

« Bah, d'après ce que j'ai vu, tu es toujours aussi populaire... » remarqua son vis-à-vis.

« Ouais, personne ne croit que c'est du sérieux alors ça passe... » souffla Shuuji.

« Ah, ouais, c'est normal... Vu tous les trucs que j'ai démenti... » lâcha Akira en s'asseyant.

« Quoi ? Comment ça ? » s'étonna son ami.

« Je passe mon temps à dire qu'on est qu'amis et que c'était un pari... Tu sais, un cap ou pas cap... ça marche plutôt bien... »

Shuuji dévisagea Akira avec de grands yeux surpris. Pourquoi avait-il fait ça ? Il n'y gagnait rien à par passer pour plus bête qu'il ne l'était déjà... Son ami s'assit à même le sol, épousant le coin du toit, jambes écartés, bras appuyés sur les genoux, il releva la tête et lui adressa un sourire :

« Comme ça, ta popularité est sauvée. »

« Kusano... » Shuuji s'agenouilla, le plus près possible de son vis-à-vis, entre ses jambes. « Akira no baka. »

Sur ces mots, il se pencha et posa ses lèvres contre les siennes. Akira écarquilla les yeux : non seulement son meilleur ami l'appelait par son prénom, mais en plus il... L'embrassait. Il resta interdit jusqu'à ce que son vis-à-vis ne s'écarte de lui, son regard chercha le sien mais Shuuji regardait ailleurs, le regard fuyant.

« Shuu... Shuuji-kun... » articula finalement Akira.

« Ah... Je dois te rendre ça. »

Son ami lui tendit le petit agenda noir qu'il avait ramassé la veille. Akira hésita quelques instants avant de le prendre en hochant la tête :

« Thank you. »

« Tu peux me rendre le mien, s'il te plaît ? » murmura son camarade de classe.

« Ah, c'est pas moi qui l'ai, ça doit être Nobuta... » répondit-il.

« Ah... Oui... Je... Je vais la chercher. »

Shuuji se redressa dans le but de se lever mais deux mains puissantes lui immobilisèrent les épaules, lui soutirant un petit cri aussi bien de surprise que de douleur, il releva les yeux vers Akira, lui adressant un regard interrogateur. Les lèvres de ce dernier s'entrouvrirent dans le but de formuler un son, une phrase, toutefois, seul le silence se fit entendre. Akira baissa finalement la tête et lâcha son meilleur ami qui continuait de le contempler.

« Aki... Kusano... »

Oui... ça ne pouvait pas durer. Il avait déjà repris ses anciennes habitudes... Mauvaises habitudes... Shuuji se mordilla la lèvre inférieure, hésitant, puis se leva.

« Je... Je vais voir si je ne trouve pas Nobuta... » souffla-t-il.

Puis il s'écarta. Les deux silhouettes sur le toit s'éloignaient l'une de l'autre. Akira demeurait immobile, assis, tête baissée, fixant le sol ; Shuuji, lui, marchait droit devant lui, en direction de l'escalier. Pourquoi Akira ne le retenait-il pas ? Pourquoi Shuuji s'entêtait-il toujours à s'éloigner de la sorte ? Pourquoi ne l'appelait-il pas ? Pourquoi ne le poursuivait-il pas ? Ce baiser avait-il définitivement instauré une distance entre eux deux ? Pourquoi le laissait-il partir ? Pourquoi partait-il ? Pourquoi est-ce que...

« Shuuji ! »

Deux mains l'attrapèrent par les épaules et le retournèrent tout en le poussant. Shuuji se retrouva adossé au mur, Akira face à lui, ses deux bras contre le mur, de chaque côté de sa tête, son visage à quelques centimètres à peine du sien ; il pouvait sentir son souffle glisser sur la peau de son visage, se mêler au sien... Son regard était plongé dans ses yeux... Puis, tout doucement, leurs visages se rapprochèrent, très doucement, timidement. Shuuji ferma lentement les yeux, son corps se crispant légèrement au contact de ces lèvres douces.

Il frissonna en sentant ce corps se rapprocher du sien, le plaquant un peu plus contre le mur froid. Mais il ne le sentait pas, ce froid ; tout ce qu'il parvenait à sentir, c'était ce corps contre lui, ces lèvres qui l'embrassaient, ce cœur qui battait à l'unisson avec le sien.

« Shuuji... »

« Akira... »

Leurs regards se croisèrent à nouveau, front contre front. Shuuji se sentait comme hypnotisé, perdu dans ces deux lacs couleur d'ébène... Mais tout à coup, la chaleur que lui apportait ce corps s'estompa, Akira s'écartant de lui... Pourquoi... ?

« Akira ? »

« Gomen, ne, Shuuji-kun... Mais tu es Shuuji, le mec cool et populaire. Tu as une réputation à entretenir. »

Un triste sourire étira les lèvres d'Akira qui s'écarta un peu plus, libérant son ami de son étreinte. Il partit en direction de l'escalier... Il s'éloignait... Shuuji ne comprenait pas. Avait-il fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? Dit quelque chose ? Pourquoi cela devait-il se finir ainsi ?

« Tu es Shuuji, le mec cool et populaire. Tu as une réputation à entretenir. »

Ces paroles résonnaient encore dans son esprit alors que la tête de son ami disparaissait derrière le muret... Pourquoi... ?

« Kiritani... » chatonna une voix derrière lui.

Sursautant, il se retourna d'un bond pour identifier cette personne qu'il n'avait pas sentit approcher, bien qu'il n'y en ait qu'une qui parle de cette manière dans tout le lycée :

« Catherine... » souffla-t-il.

« Kiritani, Kiritani, Kiritani... » marmonna-t-elle s'appuyant contre le mur, non loin de lui. « Est-ce que tu es stupide ? »

« Hein ? » l'adolescent la dévisagea avec incompréhension.

« Je te demande si tu es stupide. » répéta la vice principale.

« Je... Non, je ne le suis pas. » répliqua presque sèchement le jeune garçon.

« Tu sais... Certaines choses ne se produisent qu'une seule fois dans toute une vie. L'homme lucide sait quand cette chose se présente à lui. L'homme stupide la laisse filer... Es-tu stupide, Kiritani ? »

Le lycéen la considéra un moment, ses yeux s'agrandissant alors qu'il comprenait ses dires ; il baissa la tête en la secouant négativement. Non... Il ne pouvait pas...

« Je ne suis pas stupide... Mais... »

« Alors cours. » lui ordonna la femme. « Cours même si tes poumons te font mal et même si tu te casses une jambe en dégringolant cet escalier. Cours à n'en plus pouvoir pour rattraper cette chose que ta stupidité a laissé filer. Cours avant qu'il ne soit trop tard. »

« Catherine... » souffla-t-il. « ... Arigatô gosaimasu. »

Il se redressa et partit en courant. Il dévala les marches quatre à quatre, manquant de tomber au moins deux fois et poursuivit sa route ; il courait à en perdre haleine, dépassant des élèves qui sortaient de cours. Son regard cherchait cette silhouette qu'il connaissait si bien pour l'avoir côtoyée pendant un bon moment, pour l'avoir effleurée quelques minutes plus tôt. Il aperçut enfin celui qu'il cherchait et, ne prêtant guère attention à tous ceux qui l'entouraient, il cria de toutes ses forces :

« AKIRA ! »

L'intéressé sursauta et se retourna, cherchant qui pouvait bien l'interpeler de la sorte, il haussa les sourcils et écarquilla les yeux en voyant un Shuuji à bout de souffle courir vers lui. Tous les regardaient, n'en avait-il pas conscience ? Lui qui passait son temps à se soucier de ce qu'ils pensaient de lui, qui faisait tant d'efforts pour entretenir son image... N'avait-il pas conscience de tout ça ?

« Akira... » arrivant à sa hauteur, le jeune garçon s'arrêta, visiblement fatigué d'avoir courut aussi vite. « Tout est possible... Les gens... Peuvent changer. »

Et sur ces mots, il s'approcha et plaqua ses lèvres sur celles de son vis-à-vis devant tout le monde. Les exclamations n'échappèrent pas à Akira mais pourtant, il n'avait pas la force ni l'envie de repousser son ami pour tenter de le raisonner. D'ailleurs, pourquoi le ferait-il ? Il ferma donc les yeux et passa ses bras autour du corps de son ami pour l'attirer un peu plus contre lui. Il lui sembla entendre le flash d'un appareil photo, inutile de dire qu'ils allaient sûrement faire la une du journal du lycée le lendemain. Et ce baiser qui n'en finissait pas, Akira était aux anges. Lorsqu'ils se séparèrent, il conserva un long moment son regard planté dans le sien, puis murmura :

« Mais... Ta popularité... »

« Akira... » soupira Shuuji d'un ton qui se voulait las. « Tu sais... Certaines choses ne se produisent qu'une seule fois dans toute une vie. L'homme lucide sait quand cette chose se présente à lui. L'homme stupide la laisse filer... Et tu n'es pas stupide, pas vrai ? »

Son interlocuteur esquissa un sourire amusé et secoua négativement la tête avant de se pencher pour lui rendre son baiser. Finalement, il aimait bien les us et coutumes des élèves, même si certaines étaient vraiment stupides, il commençait à affectionner particulièrement le jour 114. Une excellente idée...

OWARI !

Sahad : Et voilàààà ! Un petit couple auquel je pensais depuis un moment. J'hésite encore à écrire une séquelle mais ça risquerait fortement de tourner au PWP. Quoique y en a au moins une qui m'encourage, héhéhé... Je vais y réfléchir. Etant donné que j'ai pas mal de fics sur le feu... Nous verrons. Tcha !

Note(s) :

(1) L'équivalent de "bonjour lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi!"