Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty. Lien vers la fic originale dans mes favoris.

Chapitre premier

Hermione Granger était tranquillement assise à sa table, dans son appartement, fixant la feuille de papier qu'elle avait devant elle. Elle n'était pas sûre de bien comprendre ce qu'elle lisait, ses yeux venaient, revenaient toujours sur les mêmes lignes de texte.

« Alors ? Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ça dit ? » demanda Ron Weasley. Ne recevant pas de réponse, il tendit la main par dessus la table et lui prit le papier des mains. Elle ne répondit rien, mais attrapa son verre de whisky et but une gorgée alors qu'il commençait à lire à voix haute.

« Vous êtes affectée à Poudlard. Vous occuperez le poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal pour l'année à venir. Hein ? »

Hermione lui lança un regard acéré, comprenant enfin pleinement la portée de ces mots. Elle retournait à Poudlard. « Continue. »

« Votre partenaire actuel se verra affecter un nouvel équipier. Harry ? Réassigné ! Est-ce qu'il est au courant ?»

Elle haussa les épaules, sans le regarder. « Je ne sais pas. Il est toujours en Allemagne, et je n'ai pas de nouvelles. Aucun contact, tu te souviens ? Fudge le lui dira certainement en personne. »

« Mais à quoi est-ce qu'il peut bien penser, pour séparer la meilleure équipe d'Aurors que nous ayons jamais eue ! A vous deux, vous avez capturé plus de Mangemorts… »

« Oui, je suis au courant. Lis la fin de la lettre. Je dois me présenter à Dumbledore demain matin. » Elle finit son verre et s'en servit un autre.

« Demain matin ! » S'exclama Ron. « Mais les cours reprennent dans une semaine ! Est-ce que Dumbledore ne devrait pas déjà avoir trouvé un professeur ? Ça ne peut pas se passer comme ça ! »

« Si Harry était là, ça ne se passerait pas comme ça. »

« C'est probablement pour ça que Fudge a envoyé Harry en mission solo, pour pouvoir vous séparer pendant qu'il était trop loin pour faire quoi que ce soit ! J'ai toujours su que Fudge avait une dent contre toi ! »

Hermione leva les yeux au ciel. « Ecoute, je suis sûre qu'il y a une explication parfaitement rationnelle à tout ça. En fait, Dumbledore est sans aucun doute au courant de tout, et il m'expliquera la situation demain. »

Il fronça les sourcils et dit lentement, « Oui, j'imagine que tu as raison. Mais si tu veux que je te donne mon avis, c'est toujours une putain de mauvaise idée. » Il marqua une pause et sirota son whisky à son tour. « Mais au moins tu seras en sécurité. »

« Tu veux échanger ? Je préférerais affronter un millier de Mangemorts. Tu te souviens comment on était quand on était à Poudlard ? »

Ron sourit à ces mots. « Mais tu as déjà un avantage ! Harry m'a donné la carte des Maraudeurs il y a quelques années, il voulait que je la conserve. Elle pourrait t'être utile maintenant. »

« Pour attraper les élèves qui ne sont pas dans leur lit, à défaut d'autre chose, » rit Hermione, se sentant un peu mieux. « J'imagine qu'il y a des missions pires que celle-là pour un Auror. »

« Bien sûr. Tu te souviens du printemps dernier, quand j'ai essayé d'attraper Wilford Jones ? »

« Tu veux parler de celui qui t'a rétréci après que tu l'aie attrapé ? » demanda t'elle avec un sourire moqueur.

« Comment est-ce que j'aurais pu deviner qu'il avait mis de la solution rétrécissante dans sa vodka ? » protesta Ron.

« C'est vrai. Heureusement que j'avais insisté pour venir avec toi. »

« Oui, buvons à ça, » affirma Ron en les resservant tous les deux.

Ils burent en silence pendant un moment, jusqu'à ce que Ron se mette à parler de Quidditch. Hermione écouta avec patience. Quand celle-ci fut à bout, elle plaida la fatigue et Ron se prépara à partir.

« Je crois que tu te débrouilleras très bien à Poudlard, Hermione, » dit-il avec sincérité en la prenant dans ses bras. « Et puis, ça emmerdera Snape plus que tout qu'une de ses anciennes élèves aie le boulot et pas lui. »

« Génial, exactement ce qu'il me fallait pour bien commencer l'année scolaire ! » Elle se serra contre elle, très fort. « Tu vas me manquer, Ronald Weasley. Tu prendras soin de Harry pour moi, d'accord ? Tu sais qu'il aime se fourrer dans les problèmes quand je ne suis pas dans les parages. »

« Comme si je valais mieux que lui ! » protesta Ron, en s'écartant d'elle. « Je t'enverrai la carte des Maraudeurs par hibou dès que j'aurai remis la main dessus. » Il s'immobilisa et la regarda intensément, comme s'il voulait mémoriser chaque ligne de son visage. « Hermione, fais attention à toi. Je sais que tu seras à Poudlard et près de Dumbledore, mais fais attention quand même. »

Elle eut un reniflement indigné. « Tu sais, je ne suis pas la petite fille sans défense que Harry et toi prétendez que je suis. Je peux prendre soin de moi. »

« Oui, je sais. C'est ce qui m'inquiète ! »

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Le lundi matin arriva bien trop vite. Hermione se cachait sous ses couvertures, essayant d'échapper aux rayons du soleil qui traversaient sa fenêtre, et à la gueule de bois qui menaçait. Elle finit par passer la tête au dehors et regarder l'heure au réveil mécanique posé à côté de son lit. L'effort que demanda le fait de se concentrer sur les petits chiffres lui donna mal à la tête. La lettre d'hier ne lui donnait pas d'heure spécifique pour rencontrer Dumbledore, mais elle ne voulait pas décevoir son ancien Directeur en arrivant en retard.

Par tous les dieux, merci au génie qui a inventé la potion contre la gueule de bois, pensa t'elle en titubant vers la salle de bains, fouillant dans l'armoire jusqu'à trouver la bouteille. Elle en but une bonne rasade et ferma les yeux, sentant la douleur et la nausée commencer à s'évaporer. Elle se doucha et s'habilla rapidement, rassemblant ses cheveux épais et en bataille en une queue de cheval, et commença à faire ses bagages.

Le Ministère avait fourni l'appartement meublé, et elle n'avait à se préoccuper que de ses affaires personnelles. Etre une Auror était tellement prenant qu'elle était rarement chez elle, et elle ne s'était pas préoccupée de s'acheter grand chose. A part des livres. Elle regarda la bibliothèque qui débordait, et décida de s'en occuper en premier.

« Adduco libri, » énonça t'elle, en pointant sa baguette vers les livres. Les livres furent réduits à la taille de miniatures, qu'elle envoya ensuite dans la besace de cuir qui attendait par terre. Elle attrapa le sac et alla dans sa chambre, où elle ouvrit sa garde-robe pour empiler tous ses vêtements sur le lit. Un autre sortilège de rétrécissement, et les vêtements rejoignirent les livres. Elle passa ensuite dans la salle de bain où elle répéta les mêmes opérations.

Une fois qu'elle eut fini, elle déposa le sac près de la porte et fit un dernier tour de l'appartement pour vérifier qu'elle n'avait rien oublié. Le Ministère enverrait des elfes avant de donner ce logement à un autre employé, alors même si elle oubliait quelque chose, on le lui enverrait rapidement. Elle s'arrêta un instant dans la cuisine, envisagea de se faire quelque chose à manger. Rapidement, elle décida d'attendre d'être à Poudlard, où elle pourrait avoir un merveilleux petit-déjeuner bien chaud sans avoir à lever le petit doigt.

Une fois sûre de n'avoir rien oublié, elle ramassa son sac et quitta l'appartement, le fermant derrière elle et érigeant des barrières de protection. Elle descendit rapidement les escalier et sortit, pour se glisser dans une ruelle déserte. Vérifiant qu'il n'y avait personne, Hermione se concentra et disparut.

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Hermione vit le château depuis l'autre rive du lac, émerveillée. Bien des années avaient passé depuis sa dernière visite à Poudlard, et soudain un flot de souvenirs la submergea. Elle s'accorda un moment pour reprendre ses esprits avant de poursuivre son chemin.

Elle poussa les lourdes portes du château et ne croisa personne en se rendant au bureau de Dumbledore, ravie de ne se tromper qu'une fois en chemin. Elle ralentit en approchant de la gargouille de pierre, se rendant soudain compte qu'elle ne connaissait pas le mot de passe. Elle fronça les sourcils, concentrée, en faisant les cent pas devant le gardien de pierre.

« Bonbons au citron ? » proposa t'elle, sans s'étonner que rien ne se passe. « Oursons à la guimauve ? Dragibus ? Pastilles de menthe ? Dragées… »

Le mur de pierre pivota, et pendant un instant Hermione crut qu'elle avait donné le bon mot de passe, jusqu'à ce que quelque chose – quelqu'un vienne la percuter, la poussant en arrière. Elle tituba un peu, mais resta debout, et se retourna pour voir le Maître de Potions en personne, Severus Snape, étalé sans grâce au sol.