Le p'tit mot d'Owlie :
Si vous n'aimez pas Percy Weasley et Pénélope Deauclaire, j'aurais tendance à dire que vous vous êtes égarés ici. Mais avant de partir, pourquoi ne pas essayer?
Ce recueil d'OS regroupera les textes écrits pour la communauté 30 baisers. Comme son nom l'indique, son principe est simple. Après avoir choisi un couple, le participant aura à décrire trente baisers entre les deux personnages, selon les thèmes de la communauté.

Pour les courageux ou les intéressés, je vous recommande d'aller jeter un oeil à "Ulysse et Pénélope" (le baiser 27 sur le thème "Le bruit des vagues") qui, pour avoir été écrit et posté très longtemps avant l'inscription à la communauté, ne figurera pas dans ce recueil. (lien via mon profil)

Disclaimer :
Ces deux personnages hauts en couleur sont la propriété exclusive de Mrs Rowling et le thème de l'OS revient à la communauté 30 baisers. Ma petite cervelle n'a fait mélanger tout ça.

Thème du jour: # 30 "Baiser"


Esprit mal placé

Doucement, non chalamment, il approcha du lit où sa bien-aimée gisait étendue, telle la Belle au Bois Dormant, pétrifiée depuis maintenant deux mois par le monstre échappé de la Chambre des Secrets. Il ne fallait pas que cela se sache. Il ne voulait pas que les autres le devinent.

Prétextant une visite à sa sœur, elle aussi à l'infirmerie suite à sa rencontre avec le souvenir de Vous-Savez-Qui, il avait observé du coin de l'œil Mme Pomfresh lui administrer l'antidote. Percy avait ensuite sagement attendu que Fred et George commencent leurs bêtises pour divertir au mieux leur benjamine (ce qui ne prit que quelques secondes) et que l'infirmière n'aille s'occuper de la petite Granger deux lits plus loin. Il n'avait que quelques secondes pour cela, il en était conscient. Devant les portes de l'infirmerie s'étaient déjà massés curieux et amis des victimes qui attendaient le feu vert de l'infirmière pour se ruer au chevet des malades. C'était une mesure qu'il pouvait comprendre. Qui apprécierait de sortir d'un coma profond sous les yeux d'une cinquantaine de personnes ? Lui avait eu aujourd'hui un passe-droit.

Malheureusement pas parce qu'il était le petit ami de Pénélope…

Non, ça, personne ne le savait. Sauf bien sûr quelques rares personnes qu'ils estimaient être dignes de confiance… ou qui à défaut avaient su tromper leur vigilance. Après l'agression de la Serdaigle et de la petite Hermione, le directeur avait choisi d'interdire les visites aux pétrifiés. Ne pouvant justifier son désir e la voir sans aussitôt dévoiler la vraie nature de leur relation, il s'était résigné à attendre… restant ainsi seul en proie à ses angoisses dans le plus grand silence. Il avait pensé à de nombreuses reprises à dire la vérité. La peur l'en avait empêché. Peur de ce qui pourrait se passer, de ce que les gens en penseraient…

Il s'approcha un peu plus du lit, sous un dehors de curiosité. Voyant que personne ne semblait s'en étonner, ni même le remarquer, il vint se placer à ses côtés. Elle était là, étendue, comme endormie en fait, les yeux et la bouche légèrement entrouverts. Seule la position de ses bras, pour le moins curieuse, et celles de ses longs cheveux bouclés étonnamment rigides qui semblaient aujourd'hui forgés dans l'acier, trahissaient son état. Son cœur se serra alors. Il n'osait la toucher. Elle ressemblait à ces poupées de cire, trop fragiles pour être exposées aux yeux de tous. C'était idiot mais il avait peur qu'elle ne se brise définitivement. Ses yeux s'attardèrent sur son visage, pâle comme le marbre. Seules deux tâches colorées l'égaillaient un peu, deux marques rouges et or que des supporters surexcités avaient tenu à lui faire porter. Pourquoi n'avait-elle pas accepté de les garder ? Après tout, c'était sur le chemin des toilettes que le drame était arrivé.

L'émotion qu'il tentais de contenir jusque là, savant mélange de languissement et d'angoisse, menaça de le submerger et il dut, pour maîtriser le tremblement de ses jambes, s'asseoir sur le lit d'à côté. A peine posées, ses fesses rencontrèrent un obstacle.

- Aïe, fit une petite voix.

Le Gryffondor fit volte-face pour s'apercevoir qu'il venait de s'asseoir sur la main du jeune Poufsouffle tout juste revenu à la vie. Il se répandit aussitôt en excuse et tenta d'avoir l'air le plus naturel possible.

- Ahem… Alors ? demanda-t-il d'un ton badin, vérifiant que personne d'autres ne les regardait. C'était comment ?

Finch-Fleytchey eut un faible haussement de sourcils avant de préférer se détourner du préfet. Percy avait dans l'intention de réparer sa maladresse quand un grognement émis dans son dos lui fit oublier la moindre des politesses. Ses yeux se fermèrent et son estomac se noua. Pénélope revenait à son tour à la vie. D'un mouvement lent, il se tourna vers elle et vint s'installer au bord de son lit. Oubliant le lieu dans lequel il se trouvait, il riva ses yeux sur sa belle. Les joues de la jeune fille reprirent peu à peu des couleurs et il observa avec une fascination presque religieuse ses lèvres s'empourprer. Sa poitrine se levait à présent légèrement et ses mains étaient agitées de quelques tics nerveux.

Elle lui avait tellement manqué. Durant son absence, il ne s'était pas écoulé un jour sans que les souvenirs heureux du début de leur histoire ne viennent le harceler. Il l'aimait… Il en était dingue. Hélas, il était la seule personne à qui il osait l'avouer.

Il ne lui avait jamais dit. Il n'avait pas pu. A chaque tentative, ces mots restaient bloqués quelque part dans sa gorge. C'était comme dire à sa mère que son ragoût était raté… Il avait pourtant voulu prendre son courage à deux mains, tenter pour une fois de faire honneur à la bravoure qu'on avait cru déceler en lui. C'était sans compter sur la sale manie qu'il avait de toujours tout intérioriser.

Elle n'était pas comme ça. Elle en avait toujours souffert. Et au fond, c'était pour cette raison qu'ils étaient en froid ce jour-là… Vivre sans elle avait été mille fois pire qu'il n'aurait pu l'imaginer.

Les yeux de Pénélope se mirent à rouler sous ses paupières. Sans même le réaliser, Percy tendit la main pour lui caresser la joue.

- Elle revient vers nous, fit une voix dans son dos.

Le bond qu'il fit à cet instant aurait pu valoir au jeune Weasley une médaille d'or en d'autres temps et d'autres lieux.

- Ah mais… bégaya-t-il une fois sur ses pieds. Non, elle…

Mme Pomfresh eut un sourire incrédule.

- Evitez de trop la fatiguer, suggéra-t-elle à voix basse.

Percy tenta de démentir avec véhémence mais l'infirmière avait déjà tourné les talons. Il se trouva alors face à ses frères qui avaient interrompu un instant leur représentation pour mieux l'observer.

- Je suis préfet, déclara-t-il en bombant le torse. Il est de mon devoir de…

A la simple mention du mot « devoir », l'ensemble des regardes se détournèrent et pour la première fois de sa vie, il se félicita d'être barbant à souhait. Un peu déçu par ce constat, il vint reprendre place auprès de sa petite amie. Les paupières de la jeune Serdaigle tressautèrent avant de se clore. Sa tête remua légèrement et la main qu'elle avait tendue dans le vide avant d'être pétrifiée commença à subir à nouveau les effets de la gravité. Comme persuadé que cela lui rendrait son retour plus facile, Percy s'en saisit discrètement et la prit dans la sienne.

- Pénélope… murmura-t-il doucement.

La jeune fille ouvrit les yeux à son nom et il put voir ses pupilles totalement dilatées se contracter sous l'effet de la luminosité. Son regard se perdit le temps d'une mise au point. La panique la saisit aussitôt et elle observa tout ce qui se trouvait autour d'elle afin de comprendre où elle était.

- Calme-toi Pénélope… dit-il d'une voix rassurante en lui caressant la main du pouce. Je suis là…

Elle posa les yeux sur lui et reprit ainsi doucement sa respiration. Sa bouche s'ouvrit alors, marquant sa volonté de parler, mais aucun son audible ne put en sortir.

- Ne dis rien pour l'instant, chuchota-t-il. Attends de reprendre quelques forces. Je pense savoir ce dont tu as envie de parler…

Percy se lança aussitôt dans un récit complet de ces deux derniers mots, reprenant tout depuis l'instant où elle avait été attaquée. Le match de Quidditch, l'arrêt de la saison, les conséquences que cela avait pu avoir pour leurs amis communs, les examens qu'ils avaient passés, l'enlèvement de Ginny, la fuite de Lockhart et ce que contenait réellement la Chambre des Secrets... En public attentif et conquis, elle ponctua son discours de sourire ou d'écarquillements d'yeux, toujours appropriés.

- Chourave a donc coupé les Mandragores en petits morceaux, conclut-il avec une grimace. Une vraie tuerie… Mais pour tout t'avouer, il y avait quelque chose d'assez esthétique à tout ça… Enfin bref, l'antidote a ensuite été réalise, et à présent te voilà réveillée…

La Serdaigle laissa sa tête s'enfoncer un peu plus dans son oreiller, reportant son attention aux alcôves de l'infirmerie. Percy dégagea alors les quelques mèches qui lui retombaient dans les yeux. Elle l'en remercia par un sourire.

- S'il y a quelque chose que je peux faire pour toi, n'hésite pas, proposa-t-il galamment.

Il la vit réfléchir un instant, rassembler ses forces avant de se lancer.

- … baiser…

Le sol sous Percy se mit soudainement à tanguer. Il dut s'agripper au sommier afin d'écarter tous risques de chute. Le sang déserta la partie supérieure de son corps et il éprouva aussitôt de grandes difficultés pour déglutir.

- M'enfin Pénélope… murmura-t-il horrifié. Moi aussi, j'ai… j'ai très envie de faire l'amour avec toi mais je pensais plutôt pour l'instant à aller te chercher un verre d'eau…

D'abord stupéfaite puis consternée, la jeune malade se mit à rire, rire qui dans son état ne tarda pas à se transformer en une violente quinte de toux. Son chevalier servant se précipita pour lui trouver de quoi boire sous le regard assassin de l'infirmière. Pénélope vida le gobelet d'un trait et attendit patiemment que les toussotements ne cessent.

- Un baiser, Percy, répéta-t-elle d'une voix éraillée.

- Ah… fit le jeune homme tentant de cacher sa déception. Tu veux qu'on s'embrasse ?

Il avait dit ces mots comme si l'idée lui paraissait totalement saugrenue. Pénélope esquissa un sourire et hocha la tête positivement.

- Tu m'as manqué, murmura-t-elle.

Le Gryffondor souhaita lui répondre de tout son cœur, mais aucun mot ne lui vint à cet instant précis.

- Je sais, finit-il par dire résigné. Tes parents ont été prévenus, ils devraient arriver dans la soirée.

- Génial, il ne manquait plus qu'eux, marmonna-t-elle sombrement.

Il n'avait pas encore eu la chance de les rencontrer mais il savait en revanche que leur fille et eux vivaient dans deux mondes totalement opposés.

- Faye ne va pas tarder non plus, reprit-il en espérant que le nom de sa meilleure amie la consolerait un peu. Et June, Patch et Olivier attendent déjà devant les portes pour te faire un petit coucou. Je crois même qu'ils ont env…

- Percy ! le coupa-t-elle en lui prenant la main. S'il te plaît…

Il lisait dans ses yeux que c'était tout ce dont elle avait besoin. De quelqu'un de présent, qui puisse la rassurer. D'un peu de chaleur et de tendresse… Le jeune Weasley desserra légèrement sa cravate, espérant ainsi apaiser la sensation d'étouffement qui l'assaillait.

- Maintenant ? demanda-t-il en jetant des regards tout autour de lui. Tu es sûre ? Ça ne peut pas attendre ?

- Je viens de perdre deux mois de ma vie, répondit-elle tristement. Je n'ai plus envie d'attendre à présent. Je sais que tu préfères que nous nous cachions. Je l'ai toujours compris et accepté, et même parfois souhaité également. Mais aujourd'hui, tout ce que je demande, Percy, c'est un simple baiser. Tu ne sais pas ce qui peut se passer dans la seconde qui va suivre. C'est ce que cet accident m'a appris…

Elle retira sa main de la sienne et tourna la tête de l'autre côté, vers le lit où Hermione Granger reprenait peu à peu ses esprits.

La mort dans l'âme, Percy se leva, prêt à partir, mais resta un instant indécis. Ces choses là ne devraient pas être si dures à faire, si dures à dire. Aujourd'hui plus que jamais, elle en avait besoin. Peut-être était-ce l'occasion qui lui avait toujours manqué. Ses poings se serrèrent et sa mâchoire se contracta. Peut-être cet instant deviendrait-il son grand moment de bravoure après tout.

Il fit volte-face et vint se rasseoir sur le matelas. Sentant la déformation causée par son poids, Pénélope se tourna à nouveau vers lui.

- Je le pense… Je le pense sincèrement, déclara-t-il tristement. Mais je n'y arrive pas. Le dire est hors de ma portée. J'en meurs d'envie sans y parvenir. Je le pense Pénélope, je t'assure…

Un sourire lui échappa.

- Alors prouve le moi…

Elle tendit la main en direction de son visage. Percy ouvrit la bouche pour protester mais le simple contact de sa paume sur sa joue suffit à le réduire au silence. Peu à peu tout ce qui l'entourait s'estompa. Les bruits s'affaiblirent, les couleurs se ternirent, les contours s'estompèrent. La seule chose claire et tangible était cette main posée sur lui, la chaleur qui s'en dégageait, la douceur qu'elle lui transmettait. Sa tête lui parut soudainement lourde et son cou vint à ployer sous son poids. La main se retira alors, entraînant dans son sillage le visage du jeune préfet.

Ses lèvres entrèrent alors en contact avec celle de sa fiancée. Le baiser fut chaste, maladroit… Exactement comme le tout premier, éphémère et éthéré. Percy recula doucement son visage et ouvrit à nouveau les yeux, juste à temps pour la voir sourire, pour voir ses yeux se plisser et s'embraser. Pour sentir un rire nerveux la faire tressauter et voir sa surprise quand il approcha à nouveau pour le lui reprouver.

Sentant les vieilles habitudes prendre le dessus et quelque chose en lui se libérer, le rouquin se laissa emporter dans ce baiser, nettement plus passionné. Aussi mit-il quelques instants à entendre les cris et les sifflets, ainsi qu'à sentir la présence d'autres individus à leurs côtés.

Ses yeux s'ouvrirent à nouveau pour se trouver immédiatement plongé dans ceux de Pénélope. Inquiète, la jeune fille guettait sa réaction, le front plissé. Lentement, ils tournèrent la tête le pied du lit où famille et amis s'étaient pour l'occasion réunis

- Où vous croyez vous ? s'indigna l'infirmière furieuse. Nous sommes dans une infirmerie ici pas dans un… dans une…

Elle n'eut pas besoin de finir sa phrase. Les grimaces naissantes sur chaque visage de l'assemblée tendaient à prouver que l'image était on ne pouvait plus claire.

- Finalement, tu n'es pas gay ? demanda Olivier Dubois totalement abasourdi.

Pénélope ne put retenir un éclat de rire alors que le joueur de Quidditch se faisait sévèrement réprimander par sa meilleure amie.

- Bien sûr que non, protesta le préfet indigné.

- C'est qu'on finissait par se le demander, grimaça l'un des Jumeaux dégoûté.

- Et franchement, tu aurais pu t'abstenir de faire ça devant ta jeune sœur, reprit le second tout aussi écoeuré. Il y a des chambres pour faire ça…

- ET MON INFIRMERIE N'EN EST PAS UNE !

Abattu mais soulagé, Percy rapporta son attention vers sa Pénélope, que tout cela semblait beaucoup amuser. Alors, ça y est… Ils l'avaient fait. Ce n'était finalement pas si terrible que ça. Ou peut-être était-ce parce le pire était pour les jours à venir…

Elle leva à nouveau les yeux vers lui et il devina qu'elle se faisait la même réflexion. D'un accord muet, ils décidèrent de mettre de côté les cris de l'infirmière, le traumatisme des jeunes Weasley et le débat sur une prétendue homosexualité, pour profiter encore quelques instants de ce nouveau bonheur qui leur était accordé.

Tout était réuni pour que ce baiser-là soit parfait…

- Mr Weasley, déclara le professeur MacGonagall en s'asseyant derrière son bureau, faisant ainsi face au jeune homme au visage écarlate, je dois avouer que si je ne l'avais pas vu de mes yeux, je ne l'aurais cru… Vous, capable d'un tel comportement ? Que vous est-il donc passer par la tête ?

Il se raidit aussitôt et après un rapide coup d'œil à son interlocutrice tenta une réponse.

- Euh… bafouilla-t-il gêné. En fait… rien…

- Oui, c'est bien là le problème ! rétorqua-t-elle avec l'ombre d'un sourire. En public en plus ! Vos frères sont évidements très choqués par ce qu'ils ont vu et je ne vous parle pas de l'état dans lequel vous avez mis notre infirmière…

Le préfet sembla se ratatiner sur sa chaise.

- Les lits de l'infirmerie ne sont pas faits pour ce genre de choses… Je pensais que vous le saviez. J'apprécierai qu'à l'avenir, vous vous maîtrisiez…


J'espère que cela vous a plu… Pour la review, c'est à votre bon cœur !
Prochain baiser: "De la difficulté de quitter le nid"