Titre : Confessions d'un homme

Auteur : Panthere

Résumé : Peter s'explique. Il explique sa vie, ses décisions, ses peurs, ses hontes, et le calvaire que furent ses années de mangemort.

NDA: Désolée pour le retard, j'ai tout simplement...oublié... Voici donc la seconde et dernière partie!

Bonne lecture !

2ème partie: La Chute

L'écho de leurs voix ne me parvenait plus. Une haine profonde monta en moi, coulant dans chacune de mes veines, m'inondant de rage. J'avais perdu tout contrôle de mon corps. Tout ce que je sais, c'est que plusieurs heures plus tard, je suis sorti satisfait de la salle commune des Serpentards.

Je dois dire que j'ai particulièrement honte de ce passage de ma vie. Si j'avais le choix, ce serait sans doute ces années-là que je n'aurais jamais souhaité vivre. Effacer les mauvais souvenirs de ma mémoire comme on efface une tâche d'un coup de « Récurvite ».

Pour en revenir à mon récit, c'est à partir de ce jour là que j'ai commencé à les espionner, à trahir leur confiance inexistante en moi.

Je dois vous avouer que durant ces années de scolarité, je n'ai éprouvé aucun regret, aucune culpabilité à les espionner. Je dirai même que cela me procurait un plaisir malsain, celui d'une douce vengeance pourtant si douloureuse.

Mais jamais je n'ai révélé ne serait-ce qu'une information sur Remus Lupin. J'avais trop de gratitude envers lui et je sais que s'il lui arrivait quelque chose, je n'aurais plus jamais pu me regarder en face. Pareil pour Lily Evans.

D'ailleurs, j'ai envie de vous raconter notre rencontre. Elle était comme Remus, mais avec un tempérament plus fougueux. Elle était d'une gentillesse incomparable et infinie, aidant même des inconnus sans regarder s'ils étaient blancs, noirs ou moldus. Et elle était d'une beauté !

Ne grimacez pas en pensant que moi, Peter Pettigrow, était amoureux de Lily Evans. Car l'amour est un sentiment incontrôlable.

Nous nous sommes rencontrés de la manière la plus naturelle possible. J'avais fait tomber mes livres, maladroit que j'étais, sous les rires de mes prétendus amis -hormis Remus qui s'était précipité pour m'aider. Lily est également intervenue. Elle m'a aidé à porter mes livres durant toute la journée, et le lendemain, elle m'a offert un sac que je possède toujours.

Elle était l'unique personne qui comptait pour moi. Le monde aurait pu s'écrouler, tant qu'elle était vivante, je continuais de sourire. C'est aussi en partie de ma faute si James est tombé amoureux d'elle.

Je ne cessais de passer du temps avec elle et un jour, sans doute contrarié de ne plus avoir son « admirateur » derrière lui, il est venu et a aperçu Lily. Je crois qu'il a eu le coup de foudre. Pourtant, ce n'est pas pour cela que je lui en voulais. Je suppose que j'ai ressenti ce que toute personne ressent lorsque quelqu'un tombe amoureux de son amour.

Mais je ne lui en veux pas pour ça. L'amour est incontrôlable. Je dirai que j'avais déjà le sentiment que Lily était à moi. C'est comme si on me volait mon amie et celle que j'aime.

Les années qui suivirent, James avait désespérément tenté de devenir le petit-ami de Lily. Elle avait toujours refusé, à ma plus grande satisfaction. J'étais alors son confident et jamais Voldemort n'eut vent d'un seul de ses secrets. Ni vous d'ailleurs. Je les emporterai dans la tombe avec moi. Mes lèvres resteront closes à jamais.

J'ai toujours eu une perception assez spéciale de l'amour. Pour moi, rien ne pourrait me faire plus plaisir que de voir l'être aimé heureux. C'est pour cela que je me suis « retiré » de la course lorsque j'ai su qu'elle l'aimait.

Si Lily était heureuse, alors j'étais heureux. Mais si Lily était malheureuse, je la réconfortais. Et cela arrivait souvent. James semblait incapable de maîtriser ses paroles et leur couple avait été maintes et maintes fois brisé puis recollé.

Cela ne s'est stabilisé que lorsqu'on a appris que Lily était enceinte de lui. Il est subitement devenu plus raisonnable. Sans doute qu'il ressentait déjà la pression que représentait un enfant. En bref, les deux amoureux ont commencé à faire des projets de mariage, de maison à deux etc.

Assez parlé de la vie sentimentale de James, parlons un peu de la mienne. Vous le savez déjà, j'étais amoureux de Lily depuis mes 11 ans. Mais lorsqu'ils se sont mis ensemble, j'ai commencé à chercher ailleurs.

Parallèlement, c'est à partir de la 7ème année que j'ai commencé à rencontrer Vous-savez-qui. Auparavant, je faisais un rapport à Lucius Malfoy qui le donnait à son père qui le donnait au Maître. Je croyais avoir mon importance au sein de la société des mangemorts. Moi, espion inconnu de tous, respecté pour son rôle, pour les informations que je colportais au prix de la sécurité de Potter et Black. Le fait qu'ils étaient particulièrement imprudents avait grandement aidé Vous-savez-qui dans ses plans. Je ne pense pas que, durant la majorité de ma scolarité à Poudlard, je n'ai été très utile à Vous-Savez-Qui. Ce n'est que quand James est devenu plus responsable, durant et après la grossesse de Lily, que ma tâche est devenue plus ardue.

Je suis également relativement peu fier de ma première rencontre avec celui que je servais en secret : Vous-Savez-Qui. C'est pourquoi je tais ce moment.

Ne dites rien. Ceci est mon choix. Dans ce livre, je ne consigne que ce que je souhaite.

Je disais donc que ma tâche était devenue plus ardue. J'ai dû ruser pour parvenir à obtenir des informations. L'ambiance du moment ne m'aidait pas. La menace de Voldemort rendait tout le monde plus suspicieux, plus prudent, plus renfermé. Seuls les amis les plus proches étaient conservés. Je dois dire que j'ai eu peur d'être écarté, considéré à nouveau comme un paria.

Ah ! J'ai oublié de vous narrer l'histoire de Remus. James pense qu'il est celui qui l'a découvert. À vrai dire, je pense que c'est Lily. Mon rôle d'espion m'avait rendu plus attentif aux choses. J'avais remarqué les absences, la fatigue, les blessures et les « aptitudes » de Remus. J'avais confié mes doutes à Lily et quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre la nature de mon ami par la bouche de Lily. Je crois que malgré tout, James l'a découvert quelques mois après. Il l'a aussitôt dit à Sirius puis à Remus.

Ils ont pris la décision commune de devenir des animagi et je les ai suivis. Je suis parvenu à devenir un animagus. J'étais parvenu à devenir un rat. Vous pensez que c'est peu glorieux ? Je trouve au contraire que c'est un honneur.

Le rat est une espèce robuste, capable de se développer à une allure ahurissante. Elle ne s'éteindra pas avant longtemps et je doute même qu'elle s'éteindra un jour. Nous sommes petits mais nombreux et bien plus discrets qu'un cerf ou un chien.

Je tais la nature de Remus, même si je suis certain que nombre d'entre vous ne l'ignorent pas. Je tiens à préserver les secrets de Remus même si ses secrets sont des secrets de polichinelle.

Revenons à la fin de ma scolarité. Car nous parlons avant tout de moi. J'ai eu mes ASPICS et je pouvais entreprendre mon métier de journaliste si la guerre ne faisait pas rage.

Dès la sortie de James et Lily de Poudlard, ils ont été placés sous haute surveillance puis plus tard sous le sortilège de Fidélitas. J'ai été choisi comme Gardien du Secret. James voulait Sirius mais Sirius l'a fait changer d'avis et ce fut moi qu'il choisit. Pas Remus en qui il n'avait plus confiance.

Le soir même où le sort a été lancé, il y avait une réunion de mangemorts. À cette époque, c'était un Vous-Savez-Qui glorieux, beau, charismatique, charmeur, qui semait la terreur. Il était également extrêmement manipulateur et passé depuis longtemps maître dans l'art d'obtenir ce qu'il voulait.

Il n'a donc eu aucun mal à me soustraire l'information après m'avoir promis d'épargner Lily, la seule qui comptait pour moi. Je n'avais jamais fait preuve d'autant d'audace, de folie. Il ne m'a pas paru contrarié. La survie de Lily lui importait peu. Qu'elle vive ou qu'elle meure, sa vie ne changerait pas. Il avait tort.

Il est donc parti le soir d'Halloween vers leur demeure. Il a tué James et Lily. Il est « mort » aussi. Je me souviens de la colère qui s'était emparée de moi lorsque j'avais appris la mort de celle que j'aimais et également de ce sentiment de peur qui m'avait submergé.

Qu'allais-je devenir ?

Le lendemain, Sirius m'a retrouvé. Je ne saurais expliquer ce que j'ai ressenti à cet instant. Etais-je fâché ? Apeuré ? Tremblant ? Je ne me souviens pas. Tout ce que je voyais était Sirius qui m'accusait de la mort de James et Lily. J'aurai voulu crier qu'il avait tort mais il ne se trompait pas ? J'étais effectivement responsable de leur trépas. Même si je ne souhaitais pas celui de Lily. Mais cela il l'ignorait.

J'aurais voulu lui arracher la bouche, le tuer pour qu'il se taise enfin. J'ai ressenti une haine telle que j'ai perdu tout contrôle de moi. Je me refusais de le tuer. Remus en aurait souffert. J'ai donc tout fait pour m'enfuir tout en me garantissant la tranquillité.

J'ai tué plusieurs moldus, crié qu'il était coupable, puis je me suis coupé le doigt et enfui. Je trouve que c'était relativement bien mis en scène. Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite. J'étais dans les égouts. J'ai pensé qu'une vie souterraine serait trop périlleuse alors, je me suis glissé dans l'animalerie du chemin de traverse.

J'ai entendu le jugement de Sirius par la vendeuse et je me suis senti coupable. Il purgeait une peine à ma place. Je m'étais répété cela en litanie durant la nuit et j'avais fini par m'endormir, enfin je crois.

Lorsque j'ai à nouveau ouvert les yeux, j'étais face à plusieurs têtes rousses.

Il n'y a pas de suite. Ce fut plusieurs années d'ennui total et de vengeance ruminée. Les années suivantes ne méritent guère d'être mentionnées.

Oh ! Ma marque me brûle. Je dois vous laisser. Vous-Savez-Qui m'attend. C'est la bataille finale. J'y survivrai mais le cas échéant, je vous remercie d'avoir lu ma vie, de ne pas me juger trop durement alors qu'à l'heure où vous lirez ceci, je serais soit mort, soit emprisonné. Soit en fuite, soit glorieux.

Peter Pettigrow