Roy coucha Andrew, et le regarda s'endormir. Demain il allait devoir le ramener chez sa mère. La maison allait être bien vide sans lui. Une fois que le petit se fut endormi, Roy éteignit la lumière. Il repassa tous les évènements de la semaine, de l'arrivée d'Andrew chez lui à la soirée d'aujourd'hui. Il n'avait pas vu le temps passer, pourtant cela avait comme un rayon de soleil dans sa vie. Roy prit soudain conscience que sa vie était plutôt vide. Chaque soir, lorsqu'il rentrait il n'y avait personne pour l'accueillir. Personne pour le réconforter après une dure journée, ou pour lui remonter le moral. Il était seul.Très seul. Trop seul.

La plupart de ses aventures ne dépassaient pas la semaine. Jusqu'où comptait-il aller comme ça ? La retraite ? Il avait 29 ans, et sa vie n'allait nulle part. Il était grand temps qu'il se pose, et se construise un avenir un peu plus stable que ça.

Finies les conquêtes à tout bout de champ, pour passer le temps. Il devait désormais trouver la femme de sa vie.

Roy sentit ses yeux se fermer sur ces bonnes paroles. Il rêva d'une jeune femme aux cheveux d'or qui lui tendait la main. Roy ne voyait pas son visage, mais sa présence lui faisait beaucoup de bien. Il sentait, il savait qu'elle serait toujours là pour lui. Mais qui était-ce ? Le réveil l'empêcha de le deviner. Roy éteignit le réveil. Andrew pleura, et Roy le prit dasn ses bras pour l'emmener à la cuisine. Il le fit manger, lui lava la figure et l'habilla. Non sans le faire rire au passage.

Puis Riza vint les chercher. Roy attrapa le couffin du bébé et la rejoignit.

" Est-ce que ça va ?" demanda-t-elle d'une voix douce.

" Moui." répondit Roy.

Riza eut un sourire compatissant, puis enclencha la première. Roy regarda défiler le paysage en silence. Quelques instants plus tard, ils arrivèrent devant la maison des Norton. Riza prit le couffin et Andrew le temps que Roy sorte de la voiture. Ensuite, Roy reprit Andrew et suivit Riza chez les parents du petit.

Elle frappa. Eléanore ouvrit, et eut un cri de surprise en voyant son fils.

" Nous avons arrêté Rondo. Votre enfant ne craint plus rien et votre mari non plus." annonça Roy.

Il lui donna l'enfant et posa le couffin par terre.

" Chad ! Viens vite !" cria Eléanore.

Ledit Chad arriva et fut aussi heureux de revoir son enfant. Il tendit une main aux soldats.

" Je ne sais vraiment pas comment vous remercier. Je suis le père d'Andrew." dit-il.

" Colonel Roy Mustang, et voilà le lieutenant Riza Hawkeye." répondit Roy.

Chad serra la main de Riza. Andrew se tourna vers Roy. Le colonel s'approcha.

" Au revoir petit bout de chou. M'oublie pas hein ?" dit-il en le chatouillant.

" Woy !" répondit Andrew en lui touchant le nez.

Riza s'approcha elle aussi :

" Au revoir Andrew."

" Viza !"

" Il vous connaît on dirait." fit Eléanore.

" Oui ! Si ... si vous avez besoin de quelqu'un pour le garder, n'hésitez pas à m'appeler. Je vais vous laisser mon numéro." proposa Roy.

" Nous ne voudrions pas vous déranger. Vous devez avoir une vie bien remplie." dit Chad.

" C'est vous qui voyez, je vous le laisse au cas où."

Roy griffona son numéro sur un bout de papier, et le leur tendit. Puis lui et Riza commencèrent à s'éloigner, tout en faisant des signes à la petite famille. Roy s'enferma dans le silence durant tout le trajet. Et au bureau, il ne pipa mot de toute la journée non plus. Un peu plus tard dans la soirée, Riza se rendit au stand de tir. Ayant terminé lui aussi, Roy alla flâner dans les couloirs. Au détour d'un couloir, il percuta Riza. La jeune femme avait ôté sa veste et détaché ses cheveux. Une fenêtre ouverte laissa entrer une brise légère qui joua dans sa chevelure.

" Excusez-moi colonel." dit-elle.

Roy fut ébloui par cette vision, et ne l'entendit pas. Il revit une scène de son rêve. La femme aux cheveux d'or ... dont la présence l'apaisait ... ce serait Riza ? Il songea qu'elle avait toujours été là pour lui, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Comme dans son rêve.

" La femme que je recherche, c'est elle ? Riza ? Et pourquoi pas ? Elle a tout ce qui faut : belle, intelligente, courageuse, attentionnée ... oui, elle me convient. Très bien même." se dit-il.

" Colonel ? Est-ce que tout va bien ?" demanda Riza.

" Hein ? Aeuuuuh ... oui ! Tout va bien, j'étais juste perdu dans mes pensées." fit Roy embarrassé.

" Si vous le dites. Je vous laisse, je vais y aller." reprit-elle.

Roy s'écarta pour la laisser passer. Il eut un sourire : il l'avait trouvée, la femme de sa vie. Maintenant, il devrait la conquérir. En attendant, lui aussi devait rentrer. Comme il s'y attendait, sa maison lui parut étonnament calme sans Andrew. Roy soupira et accrocha sa veste. Il dîna seul cette fois, et son repas lui parut étrangement fade. Le seul point positif dans tout ça, c'est qu'il n'avait pas à cavaler dans toute la maison.

" Positif ? Vraiment ?" ironisa-t-il mentalement.

Roy alla s'écrouler sur son canapé. Tiens, pensa-t-il, il faudrait enlever ces taches.

" Il manque vraiment une présence féminine dans cette maison. Je dirais aussi qu'il en manque une enfantine."

Holà ! Serait-il en train de penser à avoir un enfant ? Roy s'étonna lui-même. Eh bien, Andrew avait laissé plus de traces que prévu. Et pas que de nourriture.

Toutefois, il eut la vision d'un certain lieutenant enceinte. Roy ne put s'emprêcher de sourire à cette idée. Sûr que Riza serait magnifique avec un ventre arrondi par une vie naissante. Mais avant ça, il allait devoir la faire tomber dans ses filets. Et l'y empêtrer solidement, qu'elle ne puisse plus lui échapper. Il la voulait, et il l'aurait. Peu importe combien de temps ça lui prendrait.

Le téléphone le tira de ses pensées. A l'autre bout du fil, l'objet de ses songes.

" Je voulais savoir comment vous alliez." annonça Riza.

Roy se mordilla la lèvre inférieure en souriant, touché qu'elle pense à lui en dehors du bureau. S'il savait ... Riza ne pensait à lui qu'une fois par jour, mais ça durait vingt-quatre heures.

" Je vais bien merci Riza." répondit-il d'une voix plus câline qu'il ne l'aurait voulu.

" Tant mieux, je redoutais que vous ne déprimiez."

" C'est une idée ça. Je parie que vous seriez accourue ventre à terre."

Riza rougit. Heureusement qu'il ne la voyait pas.

" Euh ..."

Roy sourit à nouveau. Touché.

" Si je vous dit que je déprime vous viendrez ?" reprit-il.

Mais qu'est-ce qui lui prenait de dire ça ? Il était lus subtil d'habitude. Mais Riza avait le don de lui faire perdre ses moyens.

" Oui mais ce n'est pas le cas." répliqua Riza.

" On peut changer d'avis non ?"

Décidément, elle avait beau le connaître depuis des années, il arrivait à être indéchiffrable parfois. Que cherchait-il ? A la faire venir chez lui ?

" Je ne viendrais que si vous avez réellement besoin d'aide." reprit Riza.

" C'est de toi dont j'ai besoin. Et pas que pour un soir." pensa Roy.

" Bon, si tout va bien je vais vous laisser."

" Oh non, non ! Je t'en prie continue à parler, même si c'est pour ne rien dire. Je veux juste entendre le son de ta voix."

Il fallait qu'il trouve quelque chose pour la faire parler avant qu'elle ne raccroche.

Soudain, l'idée vint. Roy lui demanda comment allait son chien. Riza pouvait se montrer intarissable quand il s'agissait de Black Hayate. Gagné. Roy ferma les yeux et l'écouta raconter la vie de son animal. Il posa les pieds sur le meuble où était posé le téléphone, et bascula en arrière, retenu par le mur.

" Hmmm quel bienfait ! Ne t'arrête surtout pas mon ange."

Quand elle eut fini, il lui demanda de lui parler de son autre passion, les armes. Riza repartit pour un tour. Et Roy aussi.

" Bon, je crois qu'il faut je raccroche cette fois." conclut Riza.

" Quoi déjà ? " émergea Roy.

" Comment déjà ? Ca va faire une heure que je vous parle non-stop. Vous n'en avaez pas marre ? " s'étonna Riza.

" Pas du tout, vous avez une voix merveilleuse."

Oups ! Roy rougit à son tour. Un petit silence s'installa, au bout duquel ils raccrochèrent en même temps. Roy resta allongé sur sa chaise. Bon. Ca lui avait échappé. Mais c'était vrai. Il aurait quand même intérêt à se maîtriser. En tout cas, vivement demain qu'il puisse à nouveau la voir et l'entendre.