Mille mercis pour toutes vos reviews !

Si j'ai mis sept chapitres en ligne d'un coup, c'est que la fic était écrite depuis un moment… je triche ! Mais elle n'était pas finie, et comme vous l'avez constaté, je ne suis pas si rapide que ça, désolée !

Je suis contente que la partie avec Bates vous ai plu, je la trouvais un peu improbable vu le personnage, mais bon !

Pour le slash, j'ai cherché à être un peu originale, j'espère que ça va vous plaire.

A votre avis, une suite avec le coming-out de notre couple vedette, ça vaut la peine ? Attention, j'ai tendance à être un peu idéaliste sur le point de la tolérance à l'homosexualité et la toute-puissance de l'amitié… mais bon, si on ne peut pas rêver un peu dans les fics, à quoi ça sert ?

Chapitre 8 :

John se tournait et se retournait dans son lit sans trouver le sommeil. Il se sentait coupable de n'être pas allé voir McKay à son retour de mission. Et de l'avoir ignoré dans la salle de débarquement quand ils s'étaient croisés. Il était furieux et frustré, et il s'était vengé comme il avait pu. Plus ou moins consciemment, il avait cherché à blesser le scientifique, et il avait sans nul doute réussi son coup. N'y tenant plus, il se leva soudain et enfila à la hâte son uniforme, sans un regard pour l'horloge digitale qui indiquait une heure franchement indécente pour une visite nocturne. Il traversa rapidement la cité endormie, se demandant vaguement si McKay dormait, et ce qu'il allait bien pouvoir trouver à lui dire. Arrivé de la porte des quartiers du Canadien, le major n'hésita pourtant pas une seconde avant de frapper. John Sheppard n'était pas homme à se laisser impressionner par les circonstances, au besoin, il improviserait des excuses.

Il s'était attendu à devoir insister, mais la porte s'ouvrit presque tout de suite, comme si l'habitant des lieux avait attendu sa visite toute la nuit, ce qui était probablement le cas. Prenant une grande inspiration, John entra d'un pas conquérant dans la chambre et la porte se referma derrière lui. Il se retourna pour faire face au scientifique, des phrases d'explication et d'excuse se formant déjà sur ses lèvres, mais ce qu'il vit lui ôta toute envie de tenir des discours. Rodney se tenait à côté de la porte, vêtu d'un caleçon bleu et de son stupide T-shirt « I'm with Genius » à propos duquel John le taquinait tellement qu'il n'osait plus le mettre. Ses cheveux étaient en bataille et ses yeux tellement rougis qu'il avait dû pleurer pendant des heures pour en arriver là. L'encolure de son T-shirt témoignait d'ailleurs de la quantité d'eau salée qui avait coulé durant la nuit. Alors que John ne savait plus quoi dire, Rodney se remit doucement à sangloter, essuyant le bout de son nez tout rouge d'un revers de main. John s'approcha de lui et le prit délicatement dans ses bras, lui murmurant des paroles apaisantes. Rodney s'agrippa à lui avec force et lova tout contre sa poitrine. Ils restèrent ainsi debout au milieu de la pièce pendant plusieurs minutes, le temps que les sanglots du scientifique se calment. Puis John le conduisit vers le lit et le fit s'asseoir, un bras toujours passé autour de ses épaules. Rodney se tourna vers lui avec un regard suppliant, avant de finalement rompre le silence.

- Je suis tellement désolé pour hier soir.

Cette déclaration acheva d'anéantir John. L'espace d'un instant, il se trouva au bord des larmes lui aussi. Il songea que c'était la deuxième fois en quelques semaines que le Canadien le faisait pleurer, un record absolu en la matière. Il aurait voulu trouver une remarque drôle à faire à ce moment-là, mais rien ne lui venait à l'esprit. La culpabilité en lui le disputait au sentiment d'avoir été stupide comme jamais : il n'avait tout simplement pas réfléchi à ce que cette relation pouvait représenter pour Rodney, tellement inexpérimenté en la matière. Il s'était cru malin en jouant au chat et à la souris pour titiller le scientifique, et il n'avait pas réalisé combien celui-ci était encore fragile. Il tenait dans ses bras le plus grand génie de deux galaxies, mais ce n'était après tout qu'un adolescent attardé qui vivait sa première expérience sentimentale. Mal à l'aise, John se racla la gorge avant de répondre maladroitement :

- C'est moi qui suis désolé Rodney, je ne pensais vraiment pas… je ne voulais pas te faire de mal.

L'intéressé le regardait toujours, l'air mal assuré, et il aquiesça lentement. John le poussa sur le lit et s'allongea à côté de lui, le tenant toujours dans ses bras. En moins de cinq minutes, Rodney s'était endormi, nerveusement épuisé. John resta éveillé un peu plus longtemps pour veiller sur le sommeil de son protégé, mais il finit par s'endormir également, bercé par la respiration régulière et la douce chaleur du corps dans ses bras.

Ce fut le changement dans la respiration du Canadien qui réveilla John. Il ouvrit les yeux pour les plonger dans le regard bleu qui lui faisait face. Rodney était réveillé et lui souriait. Le sommeil avait presque totalement effacé les traces de larmes de ses yeux, et quelque chose d'indéfinissable avait remplacé le désespoir de la veille dans son regard. Il remua dans les bras de John et s'approcha pour l'embrasser goulûment. Ce baiser aussi avait quelque chose de différent, sans que John puisse dire quoi exactement. Il profita du baiser, mais il sentait l'excitation commencer à le gagner, et il ne voulait pas recommencer la mauvaise scène de la veille. Il essaya donc d'écarter son corps de la source de cette excitation, mais Rodney ne l'entendait pas ainsi : il se colla d'avantage à lui, l'empêchant se s'éloigner, et l'embrassa de plus belle. John fut surpris par la fougue nouvelle de son amant. Il chercha des traces de l'habituel malaise du scientifique, mais n'en trouva aucune. Il se détendit alors, décidé à profiter de l'instant, quand des mains baladeuses commencèrent à défaire sa ceinture. Inquiet, il s'écarta et repoussa les mains du Canadien avec les siennes.

- S'il te plaît, laisse-moi faire.

La voix de Rodney était langoureuse et son ton décidé. Il n'avait visiblement plus peur. John haussa mentalement les épaules et décida de se laisser faire. Les mains baladeuses reprirent leur travail, et bientôt il fut débarrassé de son pantalon et de tout le reste. Rodney était très excité, ses yeux brillaient de désir. John ne l'avait encore jamais vu comme ça, et cette découverte décuplait les sensations liées aux caresses involontaires du corps qui manipulait le sien. Ils étaient nus tous les deux à présent et se faisaient face dans le lit, leurs deux corps enchevêtrés.

- Est-ce que je peux… ?

John ne comprit pas tout de suite le sens de la question. Quand il saisit l'allusion, son cœur se mit à battre plus fort sous l'effet de la panique. Il avait eu de très nombreuses expériences sexuelles, tant avec des femmes qu'avec des hommes, même s'il préférait nettement ces derniers, mais il avait toujours gardé le même rôle. Quelque chose au fond de lui avait peur de perdre sa virilité s'il laissait un homme avoir le dessus sur lui de cette manière. Il se demanda brièvement si Rodney lui demandait ça par esprit de revanche, mais le visage qui lui faisait face ne montrait aucune trace de malice. Il y lisait du désir, tout simplement. John n'était pas un très grand romantique quand il ne jouait pas le jeu de la séduction, et jamais il n'aurait accepté de le faire comme ça avec personne, mais du fait que c'était pratiquement la première fois pour Rodney, il eut soudain envie d'en faire une première fois pour lui aussi. Il accepta d'un sourire qui fut accueilli avec soulagement, puis il se retourna dans le lit, à la fois inquiet et curieux de ce qui allait suivre.

Les premiers gestes de Rodney furent un peu maladroits, mais il s'adapta rapidement à la situation. Passé une certaine gêne physique, John prit plaisir au contact incongru de ce corps à l'intérieur du sien. Le scientifique accompagnait ses mouvements de gémissements, à peine audibles au départ, puis de plus en plus forts. D'abord amusé et excité par ces débordements, John commença lui aussi à perdre le contrôle à mesure que Rodney s'enfonçait plus profondément en lui. Alors que l'excitation était à son maximum, Rodney prit le membre dressé de John dans sa main et serra. John sentit le plaisir éclater à l'intérieur de son corps et il ne put se retenir de crier. L'espace d'un instant, le monde se réduisit à cette sensation de plaisir intense dans laquelle il flottait, puis il redescendit doucement sur Atlantis. Rodney était toujours dans la même position. Il reprenait son souffle, à la fois surpris et heureux des réactions de John. Aucun des deux n'eut besoin de demander à l'autre comment ça avait été. Après quelques minutes de récupération des deux côtés du lit, la voix de John s'éleva dans le relatif silence de la chambre.

- Je dois dire que ça valait la peine d'attendre !