Titre : Seul

Résumé : J'adore Rodney, mais il faut varier les plaisirs ! Alors voilà : Kavanaugh et Lorne. Pourquoi pas ?

Disclaimer : Les personnages principaux et la cité d'Atlantis ne sont pas à moi !

Le Dr Calvin Kavanaugh travaillait seul au laboratoire quand l'appel lui parvint sur sa fréquence personnelle. Le Dr Weir demandait à le voir tout de suite dans son bureau. Malgré lui, il sentit une certaine tension le gagner. Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, bien sûr, elle voulait seulement le voir pour éclaircir une question technique. Rien de personnel, juste un sujet professionnel : elle avait besoin de ses services et il était là pour ça, donc pas question de refuser. Il jeta un regard à sa montre et fut surpris de voir comme la journée était avancée. Il avait encore laissé passer l'heure du déjeuner. Etonnant comme les journées semblaient passer à une vitesse accélérée depuis quelques temps. Depuis que plus rien d'autre n'existait pour lui que les différents travaux en cours au labo. Il était le premier à arriver chaque jour, ce qui avait l'avantage de lui éviter la cérémonie des salutations matinales entre collègues, et, de plus en plus souvent, il était également le dernier à quitter la place. Il éteignit son ordinateur avec un soupir, assez travaillé pour la journée, il allait voir le Dr Weir, et puis il rentrerait dans ses quartiers pour faire… autre chose du reste de la journée, même s'il ne voyait pas bien quoi pour le moment.

Il arriva quelques minutes plus tard dans la salle de contrôle, grommela ce qui pourrait passer si nécessaire pour des salutations, en évitant soigneusement de croiser le regard des techniciens présents dans la pièce, même s'il était peu probable que l'un d'eux lui adresse la parole. C'était ainsi depuis l'affaire de la bombe placée sur Atlantis par un Goa'uld qui avait pris possession du colonel Caldwell. Il avait été suspect et il le restait aux yeux de la plupart des habitants de la cité, qui faisaient autant que possible comme s'il n'existait plus. A commencer par le grand Dr McKay, qui ne le regardait jamais dans les yeux, même les rares fois où ils étaient forcés de discuter boutique ensemble. Mais Kavanaugh se moquait de ça. Il était au-dessus de leurs mesquineries. Lui se savait innocent et il n'avait pas besoin d'eux. Il n'avait d'ailleurs jamais eu besoin d'eux, même avant ces événements, quand il était déjà le plus infréquentable des scientifiques de la cité.

Il se dépêcha de rejoindre le bureau du Dr Weir. Celle-ci lisait des dossiers à son bureau. Elle leva la tête lorsqu'il frappa à la porte entrouverte, et lui fit signe d'entrer avec un sourire. Il s'assit gauchement en face d'elle, fixant obstinément la porte des étoiles derrière elle d'un air aussi neutre que possible. Se trouver en présence de la cheffe de l'expédition, la femme qui l'avait accusé publiquement d'être un traître et avait donné l'ordre de le torturer, était toujours une épreuve pour lui. Mais en décidant de rester sur Atlantis plutôt que de rentrer sur Terre, il savait qu'il aurait à subir cette épreuve-là de temps à autre, pas trop souvent cependant, car elle ne semblait pas plus ravie de supporter sa présence que lui ne l'était de supporter la sienne. Enfin, jusqu'à aujourd'hui. Le Dr Weir avait en effet l'air contente de le voir cette fois-ci. Il se demanda ce que cela pouvait bien cacher.

Elisabeth entama la discussion sur un ton aussi peu formel que possible, interrogeant le scientifique sur ses travaux en cours aussi bien que sur ses relations avec ses collègues sur le ton de la simple conversation. Garder un air détendu et enjoué n'était pas facile pour elle, d'autant moins que le Dr Kavanaugh ne faisait aucun effort pour développer leur conversation. Il semblait méfiant, ce qui n'était pas pour la surprendre, et ses réponses étaient pratiquement monosyllabiques. Malgré les apparences, elle l'observaient attentivement, guettant ses réactions et décryptant son langage corporel. Il y avait effectivement de quoi s'inquiéter à voir un homme jadis aussi sûr de lui, arrogant même, afficher ce regard absent et ce ton neutre. Kavanaugh avait maigri, c'était visible même pour elle qui ne le connaissait pas bien, et ses yeux étaient cernés de noir, signe des nuits passées au laboratoire plutôt que dans son lit. Ainsi, les inquiétudes du Dr Zelenka étaient fondées. Le petit scientifique si discret avait dû sans doute faire un gros effort sur lui-même pour venir la voir et lui parler de ce qui était devenu, comme tous le savaient, un sujet tabou entre les membres décideurs de la cité d'Atlantis : « l'incident » relatif au Dr Kavanaugh et tout ce qui s'y rapportait. Elisabeth avait commis une erreur, et elle était prête à l'assumer, mais la présence de sa « victime » ne lui facilitait pas la vie. Il fallait pourtant qu'elle se décide à agir. Le scientifique n'allait pas bien, c'était une évidence, et il était de sa responsabilité, en tant que leader et responsable de la situation, de faire en sorte que ça change. La seule question qui demeurait était le comment.

Kavanaugh était déboussolé. Cette conversation ne menait nulle part. Quand soudain le Dr Weir le prit au dépourvu en évoquant la possibilité d'une mission sur une autre planète à laquelle il pourrait participer. Une mission ! Il en avait tellement rêvé à ses débuts sur Atlantis, mais il en avait fait son deuil depuis lors : avec tous les membres capables que comptaient cette expédition, quelles étaient les chances que l'on envoie en mission un traître potentiel comme lui ! Il avait perdu son air impassible pendant une instant, songeant à quel point ce serait merveilleux pour lui de pouvoir s'évader de la cité, même pour quelques jours.

Touché ! L'espace d'un éclair, le regard de l'homme assis en face d'elle s'était comme illuminé, réveillé par la perspective de cette mission loin de la cité et de tout ce qu'elle représentait. Elle pouvait presque voir ses pensées défiler : l'idée du départ, mais aussi celle de l'équipe avec laquelle il devrait partir, de l'objectif de la mission. Elle avait lancé l'idée sans y réfléchir, mais elle savait maintenant ce qui lui restait à faire. Kavanaugh avait demandé à participer à des missions depuis le début, et elle préférait ne pas réfléchir aux raisons qui l'avait poussée à l'en empêcher jusque-là. Elle avait trouvé le comment. Satisfaite, Elisabeth congédia l'homme en lui promettant de le tenir au courant de la suite dès que possible. Et pour une fois, cette expression diplomatique prenait tout son sens, car elle avait l'intention d'organiser cette mission toute affaire cessante.