La quête continue

Voyage vers la mer de l'Ouest

Mendoza, Pedro et Sancho regardaient toujours vers le ciel, là où le grand condor avait disparu à l'horizon quelques heures plus tôt. Maintenant, c'était vrai : Esteban, Tao et Zia étaient bel et bien partis par leurs propres moyens sur le chemin de l'aventure à la recherche des six autres cités d'or.

Viraccocha s'approcha de Mendoza et posa une main sur l'épaule droite du navigateur. L'espagnol se retourna et lui sourit.

« C'est toi Viraccocha, je me demandais qui se trouvait derrière moi, dit-il.

-Ne t'en fais pas pour eux Mendoza, dit le jeune Inca.

-Que veux-tu dire par là? demanda Mendoza.

-Il ne faut pas que tu t'inquiètes pour Esteban, Tao et Zia. Ils se tireront très bien d'affaire, tu verras.

-Tu dois avoir raison. Toutefois, je dois t'avouer que ça fera bizarre de ne plus les avoir près de moi. Je m'étais habitué à leur présence et à être là pour eux.

-Je comprends. Ils nous ont surpris plus d'une fois, mais ils ont leur propre route à suivre pour vraiment grandir, dit Viraccocha.

-C'est vrai, ce sera bien calme sans les enfants, avoua Pedro. Ils étaient parfois énervants, mais c'est souvent grâce à eux qu'on s'est sortis de toutes sortes de situations.

-Allez, venez mes amis. Tout ce que nous pouvons faire à présent est de prier pour eux et d'espérer que tout aille bien. »

Les trois espagnols suivirent Viraccocha vers le village du Nouveau Soleil.

Pendant ce temps, Esteban, Tao et Zia étaient à bord du grand condor et survolaient à présent la grande mer de l'Ouest.

« Voilà donc la fameuse mer de l'Ouest, dit Tao. Mendoza avait raison. C'est vrai qu'elle semble assez vaste.

-Je suis d'accord, répondit Esteban. Mais nous n'avons malheureusement pas le temps d'aller faire trempette dedans. Il nous fait trouver la deuxième cité d'or.

-Où peut-elle se trouver cette deuxième cité d'or à votre avis? demanda Zia.

-Nous n'avons qu'à faire confiance au grand condor, il nous conduira bien quelque part, dit Tao.

-C'est pas bête du tout. »

Tao se retourna vers la vitre à côté de lui. Il était fasciné par l'immensité de la mer de l'Ouest. Le jeune homme mourrait d'envie de se jeter dans la mer et de se laisser submerger. Il ressentait comme un grand vide en lui. Depuis qu'il avait fait la connaissance de Maïna, plus rien n'était comme avant. Il n'arrivait pas à chasser la jeune fille de ses pensées. C'était la première fois qu'une telle chose lui arrivait. Il ne savait même pas s'il la reverrait un jour, et s'il la revoyait, qu'allait-il lui dire? Il poussa un soupir de soulagement.

« Qu'est-ce qui ne vas pas, Tao? demanda Zia, soucieuse de voir son ami dans cet état.

-Je suis juste un peu déprimé, c'est tout, répondit Tao.

-On t'écoute, dit Esteban. Tu peux tout nous dire.

-Je n'arrête pas de penser à Maïna.

-Tu l'aimes bien, pas vrai?

-Ouais, dit Tao. C'est la première fois que ça m'arrive, vous savez. Je ne m'intéressais pas vraiment aux filles avant.

-Normal, tu étais seul sur ton île, plaisanta Esteban.

-Ce n'est pas drôle du tout. Je ne me suis jamais senti comme ça.

-Tao, je crois que tu es amoureux de Maïna, dit Zia.

-Après tout, c'est bien possible. Elle est tellement jolie. Mais, ça ne marchera jamais, elle est promise à Viraccocha.

-Rien n'est impossible, dit Esteban. Les choses peuvent changer, tu sais. Oh! Regardez! Le soleil va bientôt se coucher. »

Effectivement, le condor se mit aussitôt à descendre vers le sol. Esteban le dirigea vers l'une des berges de la mer, en pilote expérimenté qu'il était.