Titre : No mouth but some serpent

Auteur : Lightning on the Wave

Traductrices : Crazy-Snape, Chaola, Ange de Crystal, Spirituel Love, LlianeMyrddin, Doraline, Spirituel, Ariane Malfoy-Shinigami, Kameya, Mayu

Bêta correctrices : Phaine, Aléniore

État de la fic anglaise : Terminé( 33)

État de la fic française : 1; Traduit : 24,33; En cours : 25,26,27,28,30,31,32

Chapitre traduit par : Spirituel Love

&

Voici le deuxième tome de L'arc des sacrifices

Passez un bon moment et rendez vous au prochain chapitre!

Eni et Onarluca

&

Chapitre un : L'été pourri

« Harry, est-ce que tout va bien »

Harry retint un gémissement, et sourit à son frère, qui était assis sur son lit. Connor avait habituellement le sommeil lourd, et ne se réveillait pas quand on faisait du bruit dans la chambre. Harry devait s'être redressé plus vivement qu'il ne le pensait, ou avait laissé échappé un cri quand son rêve l'avait laissé tranquille.

« Je vais bien » murmura-t-il. « Juste un cauchemar. Je sors quelques instants. » Il jeta les couvertures sur le côté et vérifia que son pyjama était bien attaché. Il enfila le pull-over qu'il avait porté ce jour-là, qui avait été jeté au bout du lit plus tôt.

« Tu es sûr que tu ne veux pas que je vienne avec toi ? » Connor eut du mal à articuler cette phrase, et déjà laissa échapper un bâillement. Harry poussa un soupir de remerciement. Il était peut être réveillé, mais rien ne pourrait empêcher son frère jumeau de se rendormir.

« J'en suis sûr. Merci. »

« D'accord… » Connor se mit à ronfler avant de ne pouvoir finir sa phrase. Harry se glissa hors de la chambre, fermant la porte derrière lui, et descendit les escaliers. Aucun son ne provenait de la chambre de ses parents au-dessus des escaliers, et aucune lumière n'éclairait la cuisine. Juste pour être sûr, Harry utilisa le sortilège Lumos pour regarder l'horloge de la famille sur le mur. Les mains de tout le monde indiquaient AU LIT, celles de Sirius et Remus aussi même s'ils ne se trouvaient à Godric's Hollow actuellement. La main de Harry pointait EN TRAIN DE TRUANDERmais se dirigea vers ENTRAINEMENT quand Harry se décida à faire ses devoirs de vacances.

Il pourrait tout aussi bien s'y mettre, pensa-t-il alors qu'il sortait silencieusement de la maison, et se dirigeait vers la pelouse se trouvant devant la maisonIl ne pourrait plus se rendormir.

Cela faisait deux semaines qu'ils étaient revenus de Poudlard pour l'été, et chaque nuit Harry avait rêvé de deux personnages sombres et mystérieux. L'un se trouvait dans un endroit bien trop petit pour lui, gémissant de douleur et de peine. L'autre était battu dans un endroit à peine plus large, un flot continu de gémissements s'échappant de sa gorge. Harry ne savait quoi penser de ces rêves. Il supposait que ce devait être des bribes de sa confrontation avec Voldemort, mais il ne comprenait pas pourquoi ils l'attaqueraient lui. Il aurait pu comprendre que Connor devaient les avoir. Son jumeau était le Survivant, celui qui avait une cicatrice en forme de cœur et qui était connecté à Voldemort.

Mais Connor dormait, toujours imperturbable, chaque nuit, pendant que Harry faisait des cauchemars.

Il secoua la tête et essaya de penser à autre chose. Il avait eu d'étranges rêves pendant l'année scolaire, aussi, et s'inquiéter de ceux-ci ne l'emmenait nulle part. Quand et si la signification des deux personnes sombres se révèlerait d'eux-mêmes, il serait prêt à agir en conséquence ;

Mais pour l'instant, il allait passer en revue ses sortilèges sans baguette.

« Wingardium Leviosa » dit-il, se concentrant, et quand il retira sa main, sa baguette flottait dans les airs. Harry sourit et jeta un coup d'œil à la lueur des barrières qui entouraient leur maison, ce qui empêchait de bien apercevoir les étoiles. Les barrières avaient toujours été leur vie, prévenant une attaque de Mangemorts ou d'autres mignons de Voldemort qui auraient pu vouloir se venger. Elles empêchaient également le Ministère de détecter l'usage de magie d'une personne n'ayant pas l'âge réglementaire.

Leur mère avait toujours prétendu que c'était un effet purement accidentel. Harry en doutait. Lily Potter faisait rarement quelque chose par accident. Cependant, c'était quelque chose qui n'avait jamais été rapporté au Ministère.

Il passa facilement en revue les sorts sans baguette qu'il avait pratiqués si souvent qu'il pouvait presque les utiliser pendant son sommeil, ce qui était bien utile durant le court moment de faiblesse survenant entre le sommeil et le réveil. Nox, Lumos, Finite Incantatem, Wingardium Leviosa, Incendio, Accio, Protego, Reducto, le Sort d'Explosion, et plusieurs autres, sortirent ainsi rapidement de sa bouche, produisant leurs effets, et le laissant plus réveillé que détendu.

Harry fronça les sourcils, alors qu'ils les avaient tous revus. Il savait quel sort il voulait améliorer : le sort de la Cage que Voldemort avait utilisé durant leur bataille à la fin du moi de mai, Cavea. Harry voulait voir s'il pouvait le reproduire, et le plus important, s'il pouvait le contrer. Si durant la bataille, il pouvait le contrer, il pourrait ainsi épargner Connor.

Mais la dernière fois qu'il l'avait essayé, il n'avait réussi à produire qu'un faisceau aveuglant de lumière bleue qui avait rayonné à travers les fenêtres et réveillé leurs parents. Harry avait dû s'excuser et inventer une histoire d'accident dû au somnambulisme pour James, qui n'était pas au courant de l'entraînement de Harry et son serment à protéger son frère. Leur mère l'avait pris à part après cet incident et l'avertit de ne recommencer qu'en sa présence.

Elle n'était pas présente en ce moment.

Harry ferma les yeux et pensa à un autre sort, Diffindo. Il était sur le point de le lancer quand une voix lui parvint de l'herbe à côté de lui, le surprenant.

« Qu'est-ce que tu fais ? Ta magie perturbe mon sommeil. »

Harry se retourna et focalisa sa magie sur un seul point, érigeant un bouclier d'un Protego. Cela le protègerait de la plupart des sorts, et après tant d'expérience, il était aussi rapide qu'il le pensait.

Mais il ne vit personne sur l'herbe, et il cligna des yeux, ne sachant que faire. Peut-être Connor était-il sorti pour jouer avec lui, mais il ne pensait pas que son frère pouvait se cacher si bien.

Ça pouvait être une plaisanterie de Sirius, pensa-t-il, puis il sourit. Son parrain venait souvent leur rendre visite à Godric's Hollow, et il pensait sûrement que venir dans le noir et faire peur à Harry comme cela était une bonne blague.

« Très drôle, Sirius, » répondit-il. « Tu peux sortir de ta cachette maintenant. Tu m'as eu. Je m'ennuyais et j'exerçais ma magie. »

« Qui est Sirius ? »

Harry remarqua cette fois-ci un mouvement grâce au Lumos. Il regarda attentivement l'herbe et un serpent ondula sur celle-ci, s'arrêtant pour le regarder d'un air interrogateur. Sa langue fouetta l'air comme pour sentir son odeur.

Harry respira avec peine. Il reconnut les marques du serpent, des rayures noires sur un corps doré. S'il inclinait la tête sur le côté, il aurait pu voir la forme d'une tête de mort aux tibias croisés, qui se répétait plusieurs fois. C'était un serpent de la race des Locusta, une créature magique rare en Grande-Bretagne. Une simple morsure pouvait tuer un homme, et un seul serpent possédait assez de poison pour tuer une baleine. Le pire était que le venin était magique en lui-même, empêchant toute action possible d'un anti-venin ; de plus, les serpents étaient assez intelligents et assez sadiques pour traquer des enfants en bas âge quand ils étaient en colère, et ils distillaient leur poison afin de faire durer l'agonie le plus longtemps possible.

Harry ne savait pas comment un Locusta avait pu franchir les barrières de Godric's Hollow. Il ne savait pas comment il pouvait lui parler. Mais il savait qu'il ne voulait pas que celui-ci se trouve près de Connor.

« Va-t-en » chuchota-t-il, souhaitant savoir lancer l'Avada Kedavra, et préparant sa magie à utiliser le sortilège d'explosion. « Juste va-t-en. »

« Pourquoi le devrais-je ? Je viens juste d'arriver. Et j'apprécie plutôt ta compagnie. » Le serpent se rapprocha un peu plus. « Ce n'est pas si fréquent de trouver un mortel pouvant parler aux serpents. J'en ai connu une une fois, mais elle est moi n'avions pas grand-chose en commun. Elle m'a dit de partir après avoir passé trois saisons avec moi. » Le serpent leva la tête, et effectua une sorte de danse, « Ne suis-je pas magnifique ? »

« Je ne vois pas de quoi tu parles », dit Harry. « Je ne peux pas parler aux serpents ». Le fait qu'il le pouvait commençait sérieusement à le perturber. Il décida de ne pas se laisser faire. L'important, comme toujours, était de protéger Connor.

« Bien sûr que tu le peux », dit le Locusta, semblant amusé. Elle baissa la tête et ancra ses yeux dans les siens. Ils étaient d'un vert brillant, comme ceux de Lily quand elle était en colère. « Tu le pouvais également il y a peu de temps, quand votre bataille a dérangé la Forêt dans laquelle j'habitais, et je t'ai vu combattre l'autre personne qui parle aux serpents. Il a donné un ordre au sien ». Le Locusta siffla d'une manière colérique ce à quoi Harry pensa qu'elle se comportait tout à fait comme un sang-pur qui aurait été offensé. « C'est une créature dégradante. Elle se laisse donné des ordres par lui ! Je mourrais avant de me soumettre à un tel contrôle. »

« Tu as vu Connor se battre avec Voldemort ? » souffla Harry. Il se souvint du Mage Noir parlant à Nagini, lui ordonnant d'attaquer, mais – « Il parlait Anglais. »

« Il ne le faisait pas », dit le Locusta, qui se rapprocha de Harry. « Il le commandait en Fourchelangue. Tu l'as compris. Tu peux parler le Fourchelangue, mais à tes oreilles, tu le comprends comme ton propre langage. Je ne sais pas pourquoi ». Elle ne semblait pas non plus s'en soucier. « Je t'ai suivi parce que j'étais curieuse de savoir qui tu étais, et d'après ce dont j'ai pu voir, tu te débrouilles très bien. »

« Je me débrouille bien en quoi ? ». Harry garda sa baguette dirigée vers elle, et se souvint de certaines choses à propos des Locusta. Ils frappaient très vite, et étaient presque aussi rapide que des runespoors. Ils étaient autonomes, ne servant aucun maître. Les sorciers qui gardaient les serpents pour se reproduire ou pour les observer, ou pour leur venin étaient presque tous morts, faisant de la possession d'un Locusta, un crime de la plus haute importance en Grande-Bretagne.

Bien sûr, d'après les souvenirs d'Harry, aucun des sorciers qui les avait étudié n'avaient jamais été Fourchelangue.

Et moi non plus, pensa-t-il, était sur le point de devenir hystérique. Seuls les mages Noirs ont ce talent, et je ne suis pas mauvais. Je ne le suis pas. Le Choixpeau m'a mis à Serpentard, mais Connor a dit que j'étais encore bon. Je dois l'être.

« Occupe-toi de moi », dit le Locusta, attirant son attention. Harry s'en voulut d'avoir oublié sa présence. Qu'il soit Fourchelangue ou non, ce n'était pas comme s'il allait utiliser ce don, donc il n'avait pas à s'inquiéter. « J'ai besoin que quelqu'un prenne soin de moi, qu'on polisse mes écailles et qu'on me nourrisse avec la meilleure nourriture. J'aime les œufs. Et le lait. Et les oiseaux. Et les bonbons. Et - »

« Je ne vais certainement pas m'occuper de toi ! » siffla Harry en retour, et pendant un moment, il pensa avoir entendu sa voix comme elle devait l'entendre, pleine de sifflements. Il ne parlait certainement pas anglais.

Il arrêta d'y penser. Il n'était pas mauvais. Il s'empêcherait de le devenir.

« Bien sûr que tu vas le faire, » dit le Locusta. « Je t'ai observé. Ta possession la plus chère est ce garçon qui partage ton nid. Si tu ne le fais pas, je le mordrai ».

Harry avala sa salive. Il savait qu'elle le ferait. Il ne pourrait jamais surveiller Connor jour et nuit, et à moins de la tuer maintenant, elle trouverait un moyen de le mordre.

Á moins que je ne la tue maintenant.

Il leva sa baguette, sur le point de lui jeter un sort, mais le Locusta bougea, se précipita en avant, s'entortilla autour de sa jambe, puis s'enroula autour de son bras gauche. Harry se prépara à être mordu, et changea l'angle de sa baguette. Il la tuerait quand même, même s'il devait mourir pour cela. Il avait toujours été préparé à sacrifier sa vie pour Connor. Il pouvait le faire maintenant.

Le Locusta ne le mordit pas. Au lieu de cela, elle brilla, puis elle était partie.

Harry ramena sa baguette plus près, pour regarder son bras à la lumière du Lumos. Le Locusta était devenue une tache noire et dorée sur son avant-bras gauche. Harry la toucha de sa baguette. Il ne sentit que de la peau.

Comme la Marque des ténèbres, pensa-t-il, et pendant un moment il trembla de dégoût.

Mon nom est Sylarana, dit la voix du Locusta d'un ton suffisant dans sa tête. Tu t'occuperas de moi et très bien, je resterai avec toi comme cela, ou je reviendrai à la vie et mordrai ce garçon. Ou n'importe qui.

« Comment as-tu fait ? » murmura Harry. « Je n'ai jamais entendu dire que les Locusta pouvait faire cela ».

Nous le pouvons, avec ceux qui peuvent parler aux serpents. Et je le veux. Maintenant, prends bien soin de moi.

Harry caressa la peau de son bras, se sentant ridicule, mais n'osant en faire plus. Il pensa à quelques compliments et les lui murmura.

Les sifflements de contentement du reptile résonnèrent dans son esprit durant un moment.

Harry combattit son envie d'être malade, et recommença à la caresser.

« Maman, Maman ! »

Harry observa la scène avec un sourire. Lui et Connor avait passé la plupart de la journée dehors – Harry faisant les devoirs supplémentaires que le Professeur Snape lui avait donné pour les vacances, Connor étudiant les livres de l'histoire du monde de la Magie imposés par Lily – et la chaleur s'était abattu sur Connor, le rendant presque malade. Harry n'avait pas du tout été surpris, quand le vieil hibou des Weasley, Errol, avait trébuché lors de son passage dans le trou spécial créé pour lui dans les barrières. Connor avait alors saisi et Errol et la lettre qu'il transportait.

D'après la voix de son jumeau, Harry pensait que la lettre apportait de bonnes nouvelles.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Lily Potter, sortit de la maison. Harry se détendit un peu. Leur mère était la seule qui savait tout à propose du fait que Harry s'entraînait, et l'avait encouragé à devenir le Gardien du Secret de Connor, que Harry pouvait sacrifier sa vie pour son frère si cela devait être nécessaire, et restait dans l'ombre, le protégeant. Elle ne connaissait pas tout de Harry, mais elle en savait la plupart, et il pouvait baisser sa garde avec elle et laisser tomber son masque.

« Les Weasley m'invite à faire des courses avec eux sur le Chemin de Traverse le 31 juillet ! » dit Connor, sautant sur place. Il s'arrêta un long moment, puis ajouta, comme si Lily pouvait oublier cette date, « C'est le jour de notre anniversaire ! »

« Je sais », dit Lily, et regarda Harry. Celui-ci cligna des yeux, faisant comprendre à sa mère qu'il était d'accord avec le fait que Connor aille au Chemin de Traverse, du moment qu'il fût bien protégé. Leur mère se retourna vers Connor, dont les yeux noisette brillaient avec espoir. « D'accord, Connor. Tu peux y aller. Ton père, Harry et moi allons venir. Nous pouvons certainement acheter tes affaires scolaires ce jour-là aussi. »

« Ouais ! » dit Connor, et serra contre lui les jambes de Lily. « Merci, Maman ! Je vais aller répondre à Ron tout de suite ! »

Il rentra dans la maison, probablement pour trouver une plume et du parchemin. Harry secoua la tête. Connor avait laissé derrière lui le nécessaire d'écriture qu'il avait utilisé pour prendre des notes, et aurait pu l'utiliser.

Lily resta debout à regarder l'intérieur de la maison un long moment. Puis elle se tourna et s'avança vers Harry, s'asseyant sur l'herbe près de lui.

Qu'est-ce qu'elle veut ?

Harry ignora la question de Sylarana, bien qu'il toucha son bras gauche pour l'apaiser. Sylarana semblait plus curieuse que menaçante quand elle posait des questions sur leurs parents. Et elle attendait visiblement la réponse à sa question, ce que lui apporta sa mère l'instant suivant, parlant d'une voix basse.

« Harry, qu'est-ce que tu penses de l'avancée de l'entraînement de Connor ? »

Harry soupira et laissa les dernières traces d'un sourire s'estomper. Quand il parlait avec Lily, presque d'égal à égal, et de gardien du Garçon-qui-a-Survécu à un autre, il ne pouvait pas mentir. « Pas aussi bien que je l'espérais, Mère. Il ne voit pas pourquoi il doit apprendre toute cette histoire et les règles de la politique, après que nous l'en aillions tenu éloigné si longtemps. J'ai parlé avec lui quelques fois, à propos du fait que le Garçon-qui-a-survécu avait besoin d'unir et de diriger le monde de la sorcellerie afin de se débarrasser de Voldemort, mais il ne le voit pas de cette manière. Il le voit comme une bataille dramatique entre lui et Voldemort, comme ce qui s'est passé en Mai. Il ne pense pas à ce qui arrivera après, ou d'avoir besoin d'aide. »

Lily soupira en retour et acquiesça. « Je le pense aussi », dit-elle. « Bien, je vais continuer à lui faire lire des livres et lui dire ce qu'il a besoin de savoir. Je dirai aussi à Remus de lui raconter quelques histoires à propos de sa vie parmi les loups-garous. Connor préfère les histoires à l'Histoire. »

Harry acquiesça, un sentiment d'affection l'envahissant. Connor préféraient les histoires à l'Histoire, et surtout ceux à propose de duels. Il préférait manger des bonbons qu'apprendre. Il connaissait les sortilèges de première année qu'il devait savoir, et les réussissait parfaitement, mais sans aucune volonté de posséder un grand pouvoir. Jusqu'à sa confrontation avec Voldemort, il en savait très peu du vrai Mal ; Voldemort était venu pour lui, et l'avait effrayé quand Connor avait renvoyé à son expéditeur, à un âge si avancé qu'il ne se rappelait de rien.

Mais Connor fut marqué pour la vie, et Harry n'allait pas laisser Connor se faire corrompre ou tuer. Il connaîtrait l'Histoire, les politesses des sangs-purs, les sortilèges – de magie noire ou autre – que Connor n'avait le temps d'utiliser. Peut-être que c'était pour cela qu'il avait été réparti à Serpentard, pour pouvoir trouver un chemin pour Connor parmi les Mages noirs. C'était la seule raison qui avait un sens pour Harry.

Tu es stupide, dit Sylarana dans sa tête.

L'aspect le plus dérangeant dans la relation avec le Locusta était le fait qu'elle pouvait lire dans ses pensées. Il lui dit qu'elle était aussi belle que la lumière du soleil dans l'herbe, elle siffla et se laissa distraire.

« Harry ? »

Il cligna des yeux et revint à sa mère qui était penchée au dessus de lui.

« Sirius va venir avec vous à Poudlard cette année », commença Lily.

Harry la regarda. Leur mère mit rapidement ses mains sur ses épaules et secoua la tête.

« Pas à cause de ça », dit-elle. « Pas parce que tu as échoué, Harry. Personne ne pouvait se douter que Voldemort se cachait dans la tête de Quirell. Personne. » Elle le secoua un peu. « Ne te blâme pas pour cela. »

Harry acquiesça, mais difficilement. Il pensait que la culpabilité qu'il ressentait était méritée. Il serait plus sur ses gardes dans le futur, quand le Seigneur des Ténèbres attaquerait son frère.

Un vrai imbécile, annonça Sylarana.

« Officiellement, il sera l'assistant de Madame Bibine, et aidera à arbitrer les matches de Quidditch », continua Lily, souriant à Harry. « Officieusement, il aidera à surveiller Connor, même dans la tour de Gryffondor et les classes où tu pourrais avoir du mal à te rendre. C'est juste un peu d'aide supplémentaire. Il pensera qu'il est le seul gardien de Connor, bien sûr, mais nous savons tous les deux quel beau travail tu as accompli pour lui ». Elle l'enlaça et le tint contre elle un long moment.

Harry se détendit, petit à petit. Non, il n'avait pas échoué. Il avait sauvé Connor d'un troll, et des Lestrange, et l'avait aidé à vaincre Voldemort grâce à l'amour qui coulait dans ses veines. Il pouvait le faire. Il accepterait la présence de Sirius. Leur parrain était merveilleusement amusant, il l'aiderait avec Connor et il détestait tout ce qui était Serpentard ou mauvais. Si Harry se dirigeait un jour du côté obscur, alors Sirius le lui dirait, et le ramènerait vers la Lumière – par la peau du cou si cela était nécessaire.

« Remus ne peut pas venir ? » demanda-t-il. Remus était le parrain de Connor, et était aussi protecteur envers son filleul que Sirius, mais d'une manière plus douce. De plus, il était le meilleur pour enchanter Connor avec des histoires.

Lily secoua la tête. « Ils n'ont pas encore perfectionné la potion Tue-Loup. Jusqu'à ce que cela soit fait, les parents ne tolèreront pas Remus à Poudlard. »

Harry acquiesça. Il apprécierait quand même la présence de Sirius.

C'est quelqu'un d'autre que j'aimerais bien mordre, dit rêveusement Sylarana dans sa tête.

Harry ouvrit la bouche pour dire quelque chose, oubliant presque la présence de sa mère, puis l'entendit s'exclamer. Harry leva les yeux.

Un grand-duc noir voletait derrière les barrières de protection. Après un moment, il trouva le trou qu'Harry avait créé en prévision de son arrivée, puis descendit en flèche vers le sol, et se posa à quelques pieds de Harry. Il leva la patte, à laquelle était accrochée une lettre.

« Et qui est-ce ? » Les sourcils de Lily atteignaient presque ses cheveux.

Harry rougit alors qu'il libérait la lettre. Il avait pensé qu'il aurait eu le temps d'expliquer à sa mère avant que ça ne se produise – surtout qu'il n'avait pas pensé que cela arriverait. « Hum, Mère, voici Imperius, le grand-duc de Draco. »

Imperius regardait Lily de ses yeux jaunes et brillants. Lily le regarda en retour avec des yeux verts, qui se rétrécirent.

« Un hibou Malfoy peut passer à travers les barrières » dit-elle.

Harry tressaillit. « Hum. Oui ? »

« Harry, » dit Lily, de la voix douce qu'elle utilisait lorsqu'elle était très déçue. « C'était dangereux. »

Harry baissa la tête et rougit. « Je sais. Mais Draco voulait m'écrire, et je pensais qu'il était moins dangereux pour un hibou de venir, que de laisser Hedwige partir. On aurait pu la voir. »

« Tu pouvais refuser, » souligna sa mère.

« C'était dur, sans lui dire pourquoi, » admit Harry. Sa mère n'avait pas été présente pour entendre la voix suppliante de Draco, et elle n'avait pas été là non plus pour voir le choc sur son visage quand Harry avait laissé entendre qu'ils ne pourraient sûrement pas communiquer de tout l'été. « Et je ne pensais pas qu'il fallait lui dire pourquoi. »

« Oui, bien sûr que non, » dit Lily, qui se remit à regarder Imperius pendant un moment. Ensuite, elle secoua la tête. « Qu'est-ce que le jeune Malfoy dit ? »

Harry parcourut la lettre, puis ferma les yeux avec un soupir d'exaspération. « Il veut me voir au Chemin de Traverse. Le jour de notre anniversaire. »

« Bien sûr qu'il le veut, » murmura Lily. « Bien, maintenant il est impératif que nous venions avec toi et Connor. » Elle se releva. « Ecris-lui et dis-lui que tu viendras. »

Harry acquiesça, se remettant debout. « Et veux-tu vérifier la présence de sortilèges de traçage sur Imperius ? » demanda-t-il mais la baguette de sa mère était déjà sortie.

Silencieusement, il rentra dans la maison, pour trouver de quoi écrire et nourrir Sylarana, qui lui disait que la chair fraîche de Connor devait avoir bon goût.

Lily soupira. Elle avait utilisé tous les charmes de détection qu'elle connaissait, mais elle ne trouva rien. Imperius lui lança un regard de pur dégoût, puis prit son envol pour rejoindre la volière derrière la maison, où les oiseaux de la famille passaient le plus clair de leur temps.

Peut-être que c'est stupide de s'inquiéter, pensa Lily, se rasseyant, et laissant le soleil et le vent caresser ses cheveux. Mais ce sont les Malfoy.

Elle était devenue quasiment hystérique après avoir reçu la première lettre de Harry l'année dernière, quand il avait écrit qu'il était devenu ami avec Draco Malfoy. Quel était le plan du jeune garçon ? De plus, qu'est-ce que Harry pensait qu'il était en train de faire ? Il savait que les Malfoy étaient des Mangemorts. Il avait étudié en détail, toutes les familles ennemies de Connor.

Mais la nécessité de conserver le pouvoir de Harry et sa position vis-à-vis de Connor secrets l'avait encouragé à accepter cette amitié. Et elle n'avait constaté aucune conséquence ; Harry avait survécu à une visite au Manoir Malfoy, Noël dernier.

Lily ferma les yeux. Les Malfoy avaient toujours été attirés par le pouvoir. Et Harry…

Harry était le plus puissant sorcier de son âge qu'elle n'avait jamais vu. Elle s'en était rendue compte la nuit où elle et James avaient atteint la maison vide quand le Seigneur des Ténèbres était censé retenir leurs fils en captivité, et réalisé dans un sursaut de panique, l'horrible tour que leur avait joué Peter. Ils retournèrent à Godric's Hollow pour retrouver les barrières abaissées et le Seigneur des Ténèbres mort ou même moins que mort. Le pouvoir de Harry flottait littéralement autour de lui, cherchant quelque chose à attaquer. Le Mage Noir pouvait facilement l'avoir entraîner vers les Ténèbres. Lily l'avait alors converti en protecteur pour son bien et ainsi il avait pu apprendre des sortilèges et même la magie sans baguette, travaillant pour la Lumière au lieu de se battre contre.

Mais seulement en partie pour sa santé. Connor était le Garçon-qui-a-Survécu, la figure la plus précieuse dans cette guerre. Harry représentait le sacrifice, le chevalier caché dans les ténèbres travaillant pour le roi Connor. Si Harry devait mourir, ou laisser tomber sa sécurité, sa santé ou une enfance normale pour surveiller Connor, alors il le ferait, ça, Lily le savait. Il le ferait avec plaisir même, après le long entraînement qu'il avait subi. Il pensait qu'il n'existait d'autre but plus important.

Elle savait que c'était la bonne chose à faire, la prophétie ayant désigné le plus jeune frère comme étant leur sauveur.

Lily Evans Potter hocha la tête et serra les poings.

Je sais que c'était la bonne chose à faire. Mais le soir, je reste toujours allongée dans mon lit en me demandant si c'était la chose la plus juste à faire.

Des pensées comme celles-ci étaient une autre chose qui l'encourageait à accepter l'amitié de Harry avec le jeune Malfoy. Jusqu'à ce que Draco fasse quelque chose pour blesser Connor, ce serait un lot de consolation pour un garçon qui avait abandonné tant de choses.

Mais le moment où il le fera…

Bien. Le moment où il essaiera de blesser Connor, Harry saurait quoi faire.

« Lily ? » appela la voix de James, provenant de derrière la maison.

Lily se leva et son visage redevint lisse, portant un masque, puis remit en place les barrières. Elle et Harry avaient abandonné leur innocence ; James et Connor avaient conservé la leur. C'était quelque chose qui devait rester en place. James ne devait jamais savoir que quelque chose n'allait pas.

« Je suis ici, James » répondit-elle, et laissa son mari faire le tour de la maison et l'enlacer.

Elle ferma les yeux alors qu'elle se reposait contre lui. Serre-moi fort, s'il te plaît, pensa-t-elle mais n'osant pas le lui dire. Quand tu me tiens comme ça, je peux penser que tout va bien se passer, et je n'ai pas à croire en l'existence de Mages Noirs.

À suivre