Cette fic est un cadeau pour l'une de mes bêtalectrice et padawan… Elle n'aime pas spécialement les song fic, mais elle voulait absolument une fic sur ce paring… alors je l'ai fait.

La chanson, c'est "Veiller tard" de Jean Jacques Goldman.

Bonne lecture.

Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève,

La plainte douloureuse d'un chien qui aboie,

Le silence inquiétant qui précède les rêves,

Quand le monde a disparu, on est face à soi,

J'ouvre les yeux, le soleil vient de se coucher.

Je sais que tu es levé depuis quelques temps déjà.

Je dors toujours plus longtemps que toi.

Le monde est calme autour de moi…

Bientôt nous sévirons tous les deux sur la ville.

Les frissons où l'amour et l'automne s'en mêlent,

Le noir où s'engloutit sous notre foi nos lois,

La faim me taraude.

Je quitte ma crypte et te rejoins dans le salon.

Que tu es beau. Tu es la créature la plus magnifique qu'il m'a été donné de voir.

Et tu ne mourras jamais.

Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines,

Qui nous saisit même après les plus grandes joies,

Sans un mot, je pose mes lèvres sur les tiennes.

C'est comme un fragile satin sur lequel je pose mes canines…

Mais je n'ose pas le percer.

Tu le fais pour moi et ton sang coule dans ma gorge.

Le plaisir m'envahit…

Des images de mon passé se dessinent sur mes prunelles…

Ma vie d'humain…

Ces visages oubliés qui reviennent à la charge,

Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois.

Je m'agrippe à toi dans un grognement.

Tu as pris ma vie. Je te l'ai donnée.

Je t'aime.

Mais l'éternité ne sera pas suffisante pour te le faire comprendre.

Tu es tellement… toi.

Chacune de mes nuits t'es dédiée, mais tu ne t'en rends pas compte…

Ces raisons là qui font que nos raisons sont vaines,

Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Je romps le baiser.

Si tu savais comme j'adore ta manière de me regarder…

Mon enfant, mon amant… mon amour…

Tous ces mots que je n'ose prononcer… heureusement que mon esprit t'est fermé.

Ces paroles enfermées que l'on n'a pas pu dire,

Ces regards insistants que l'on n'a pas compris,

Ces appels évidents, ces lueurs tardives,

Ma fierté me nuit. Je connais tes sentiments…

Mais je ne peux pas y répondre autrement que comme ça.

Je t'attire sur mes cuisses, contre moi.

Et plonge mes crocs dans ton cou.

Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit,

Tu t'éloignes de moi.

- Allons chasser.

Ta voix suave m'envoûte.

Je te suis.

Nous errons dans la Nouvelle Orléans…

Les ruelles les plus sombres, comme toujours…

Tu fais quelques pas devant moi…

Ces solitudes dignes au milieu des silences,

Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées,

La lune a éclairé ton visage un instant.

Des sillons sombres marquent tes joues.

Je sais.

Je sais que mon indifférence te fait souffrir…

Mais m'aimeras-tu toujours autant si je te réponds ?

Quand je t'ai vu, mortel, j'ai tout de suite voulu te faire mien…

Ces ambitions passées mais auxquels on repense,

Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés,

Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres,

Je te rejoins et te serre contre moi.

Ma langue lèche tes larmes de sang.

Je ne veux plus te voir triste.

Plus jamais…

Ces désirs évadés qui nous feront aimer.

Ces raisons là qui font que nos raisons sont vaines,

Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard