Dans une chambre d'hôpital, une jeune femme pleure en silence, on pourrait croire que ce sont ses blessures qui l'affectent, mais non, c'est une toute autre douleur qui l'accable. Une douleur plus profonde et plus difficile à soigner, le genre de douleur qu'on ne devine qu'aux larmes glissant lentement le long de ses joues.

Quelqu'un arrive, les larmes sont séchées, les paupières se ferment, simulant un sommeil paisible. L'homme qui vient d'entrer est dupe, il fait le moins de bruit possible, prend place sur la chaise et attend.

Elle, sent sa présence, elle sait que c'est lui, mais ses paupières restent clauses. Si elle ouvre les yeux, de nouvelles larmes s'en suivront, alors elle n'en fait rien.

Il l'observe, il pense qu'elle dort, il n'ose pas la réveiller.

Pourquoi reste-t-il là ? Les calmants ne font plus effet, elle ne souhaite plus parler …

Il se décide, pose sa main sur la sienne, espérant que ce contact la sortira du sommeil.

Elle ne tient plus, ses yeux s'ouvrent, et avec eux les vannes qui retenaient toujours des larmes.

Il voudrait la prendre dans ses bras, pour lui montrer que jamais plus il ne la laissera.

Dans une chambre d'hôpital, enlacés, un homme et une femme pleurent, on pourrait croire qu'ils sont tristes, mais non, en cet instant, cet instant bien précis, ces deux personnes sont heureuses.

trois semaines plus tard

Déclan et Miranda se faisaient une petite soirée pizza/télé, c'est Déclan qui en avait eu l'idée, depuis l'agression de Miranda il passait un maximum de temps avec elle, essayant de lui remonté le moral. L'enquête n'avait pas vraiment progressé, il fut impossible de retrouver la jeune fille pour qui Miranda avait risqué sa peau, et aucune trace non plus de ses agresseurs, bref Miranda avait plus que jamais besoin de soutient.

Ils avaient pris l'habitude d'aller chez Déclan, c'est donc sur son canapé que se trouvaient les deux amis :

- Bon et bien ce soir nous avons le choix entre un western ou bien … tadam ! Dit Déclan tout en tendant à son amie le DVD

- Da Vinci Cod ! Depuis le temps que je voulais le voir !

- Merci Déclan, dit celui-ci en imitant Miranda

- Bien entendue, répondit-elle avec un petit sourire.

Ce sourire réchauffât le cœur de Déclan, il était tellement difficile de la faire sourire …

Alors que les images défilaient devant ses yeux, Miranda n'arrivait pas à suivre le film, son esprit n'arrêtait pas de cogiter. Depuis l'incident, elle s'était énormément rapprocher de Déclan, il semblait vouloir la protéger, il devais sûrement se sentir coupable, mais il n'y était pour rien, c'est elle qui avait insistée pour « rentrer à pied », c'est elle qui avait foncé tête baissée, elle aurait pu prévenir quelqu'un, elle aurait du faire plus attention, en fait tout ça était sa faute, elle attirait les ennuis. Mettre Déclan dans la confidences, c'est ce qu'elle avait décidée de faire ce soir, et elle ne se défilerait pas, et puis de toute façon avec l'enquête il finirait par être au courant ce n'était plus qu'une question de jours et peut-être même d'heures, si elle ne lui disait pas ce soir, il l'apprendrait peut-être demain de la bouche d'un flic, quel poisse !!

Poste de police, bureau du lieutenant Clean

Mr Clean, nouvellement arrivé, commençait à prendre ses marques. A son arrivée il avait trouvé ce bureau immonde, mais après quelques touches personnelles – dont une photo de son fils – il se sentait un peu plus chez lui.

En ce moment, il n'avait pas grand choses à faire, hormis cette affaire d'agression c'était plutôt calme, cela il ne s'en plaignait pas, il n'allait pas souhaiter des morts où autre, juste pour s'occuper quand même … N'empêche qu'un petit meurtre un peu corsé m'aurait distrait, aussitôt il se gifla mentalement pour avoir pu penser une chose pareil ! S'il n'y a qu'une affaire en cour, se dit-il, et bien je m'en contenterais ! Il allait donc résoudre cette affaire, dans les règles de l'art…

En réalité, cette simple affaire d'agression était plutôt complexe, le seul témoin était la victime, pas la moindre trace de ses agresseurs, alors que ses blessures auraient pu la tuer ! Il y avait aussi cette deuxième victime supposée, elle aussi introuvable… Le plus bizarre dans cette affaire était la scène de crime : plus aucune trace de sang ou autre, comme si rien ne s'était passé... Cela sentait le professionnalisme, et ça sentait mauvais… La victime n'était sûrement pas « sans histoire », il faudrait lui rendre une petite visite…