Voilà une OS, pour le moins étrange... Je ne sais pas ce qui m'a pris d'écrire ça... En tout cas, j'en suis fière !! pour ceux qui reconnaitrons, c'est un peu un mélange de Matrix III et de Charmed. En espérant que ça vous plaise... OS en deux parties.


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L'Ange de la Mort

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Douloureux choix

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L'herbe est poisseuse de sang et la terre en a pris la teinte rougeâtre. Les vautours s'installent sur la plaine, dans un concert de piaillements aigus. L'odeur de mort flotte doucement dans l'air, comme un ruban de parfums et la poussière retombe lentement sur le sol, en de milliers de particules.

Un hurlement déchire le silence et paniqués, les charognards s'envolent, avec maladresse. Sous un saule pleureur, un homme est agenouillé. Ses épaules tressautent tant les sanglots sont violents.

L'homme rejette la tête en arrière et hurle une nouvelle fois. Sa haine et sa douleur se déversent en même temps que ses torrents de larmes. La nuit tombe lentement sur ce paysage désolé. Des cadavres recouvrent la plaine, homme, femme et enfants confondus.

L'homme embrasse le front blanc d'une femme allongée sur l'herbe. La femme ne respire plus. Seuls ses cheveux roux virevoltent autour de sa tête. L'homme lui enlève ses mèches du visage, dans un geste tremblant et ses doigts sales font des tâches de boue et de sang sur les tempes de la morte. Il se redresse lentement, le corps sans vie dans ses bras. Il niche sa tête dans le cou froid.

- Gin…. Gin, réveille-toi, je t'en supplie….

L'homme avance, titubant sous le poids du cadavre.

- Pose la à terre.

Il sursaute et se retourne. Une silhouette sombre apparaît clairement dans le brouillard. L'homme sort sa baguette et, toujours silencieux, jette un sort. L'inconnu agite une main désinvolte et le sort dévie. Le jeune homme lâche sa baguette, serre étroitement le corps de la femme et gémit :

- Qui êtes-vous ?...

Il pleure, las de la guerre, tandis que ses doigts se crispent sur les épaules dénudées de la jeune femme.

- Pose le corps de Ginny Weasley sur le sol, ordonne l'ombre.

- C'est ma fiancée, murmure l'homme.

Mais, il s'exécute. Il allonge la jeune femme sur la terre et lève la tête vers l'ombre. Doté d'une nouvelle colère, il se jette à corps perdu dans l'esprit de l'inconnu.

- N'essaie pas de pénétrer mon esprit, Harry Potter. Je ne suis pas humain.

Harry se retire lentement.

- Qui êtes-vous ? Répète-t-il à voix basse.

- Je suis l'Ange de la Mort. Je suis une créature neutre dans le combat opposant le Bien au Mal. Tu n'as rien à craindre de moi.

L'homme apparaît, distinctement. Sa peau transparente laisse entrevoir des veines bleutées, ses cheveux noirs virevoltent, bien qu'il n'y est pas assez de vent, et ses yeux d'ébènes, sans une once de blanc, restent fixes, comme ceux d'un mort. Vêtu de noir, rehaussant le teint irréel de sa peau, il a l'air humain.

- Que me voulez-vous ?

- Je suis l'envoyé des Dieux et je viens te proposer un marché.

Harry ricane tristement.

- Les Dieux ?... Je ne crois en aucun dieu. Ils brisent les humains comme des marionnettes, abandonnent le monde dont ils ont la charge.

- Au contraire…. Les Dieux ont décidé cette guerre.

Harry cligne des paupières et sa respiration se fait saccadé. Un moment, l'Ange s'attend à le voir tomber mort, sur le sol, mais, le Survivant se reprend.

- Il y a des million d'années, les Dieux ont passé un accord avec le Mal. Tout les 500 ans, aurait lieu une grande guerre, décidant de l'avenir de la Terre.

- Que ce serait-il passé si j'avais perdu ?

- Rien, réponds l'Ange. Le Bien gagne toujours, les Dieux s'en arrangent. Si Lord Voldemort t'avait tué, il serait mort, quelques jours plus tard, d'un mal incurable. Malédiction des Dieux. Ils n'aiment pas perdre.… Cette guerre a été plus sanglante que les précédentes, en raison de l'évolution des mentalités des Hommes, Sorciers et Moldus. Vous vous battez, même sans l'aide des Dieux…. A croire, que c'est dans votre nature de vous tuer….

L'Ange regarde un instant le jeune homme qui semble mortifié.

- Harry Potter, tu es l'Elu du Bien et tu as triomphé. Les Dieux t'offrent une récompense.

- Je ne veux aucune récompense ! Crache Harry, soudain animé de la flamme de haine, qui le guidait, depuis plusieurs mois, maintenant. Allez dire à vos.… Dieux que je les hais ! Allez-vous en !

L'Ange reste impassible devant tant de haine.

- Chaque demi millénaire, reprend-t-il. Les Dieux élisent un homme. Un enfant. Cet enfant se bat des années durant. Il gagne la bataille, devenu homme ou même vieillard. Tu es le premier à avoir réussi en 17 ans.

- Quelle joie ! Lance, Harry, amer.

- Tu es aussi celui qui a le plus perdu.

Harry se raidit et ses yeux se posent sur le corps sans vie de sa fiancée. De nouveau, les larmes envahissent son regard émeraude.

- Elu, voici ta récompense, déclare l'Ange d'une voix forte.

Il fait un geste circulaire de la main et huit silhouettes nacrées apparaissent sur sa gauche. Harry titube en reconnaissant les traits des personnes. Il y a cinq hommes et trois femmes, tous de cette couleur argent, le regard un peu vide, le sourire aux lèvres. Il approche une main tremblante vers la femme la plus proche de lui.

- Gin, dit-il d'une voix cassée.

La jeune femme sourit et s'écarte légèrement, évitant sa main tendue. Harry se tourne vers la Mort, et la souffrance qui se lit dans ses yeux est insoutenable. Même l'Ange qui chaque jour, vient chercher des dizaines d'hommes, n'a jamais vu autant de détresse, dans un seul regard.

- Qu'avez-vous fait ? Murmure Harry.

- Ce sont des Ames, dit l'Ange. Je les ai fait venir des limbes. Pour toi.

- Que me voulez-vous ? Gémit le jeune homme.

- Les as-tu tous reconnu ? Voici Albus Dumbledore, Remus Lupin, Sirius Black, James et Lily Potter, Hermione Granger, Ronald et Ginevra Weasley.

- Taisez-vous.… Arrêtez….

- Tu as le pouvoir de vie sur l'un d'entre eux.

Harry se redresse et croise les yeux noirs de la Mort. Aucune expression, aucune étincelle n'y brillent.

- Je peux en ressusciter un ? Un seul ?

Sa respiration s'accélère tandis que l'Ange hoche la tête.

- Non…. Vous… vous ne pouvez pas me demander ça….

Il se plaque les mains sur le visage, dans un signe évident de chagrin.

- Enfant, fais le bon choix. Ils sont neuf à attendre.

Harry relève la tête, les joues marquées par le sang, le nez saupoudré de terre. Il se tourne vers les semblants de vie et semble les compter.

- Ils sont huit….

- Non, neuf.

Mais Harry ne l'écoute déjà plus et s'approche doucement de ses parents.

- Maman… Papa…

Il tend la main vers eux mais ils s'écartent en souriant.

- Tu ne peux les toucher.

- Sirius.… Remus.… Oh ! Professeur Dumbledore.… Je suis désolé…. Pardonnez moi, sanglote Harry, alors qu'à chaque fois ils s'écartent de lui. Ron, Mione, mes…. mes meilleurs amis…. Je vous ai tués…. Ma Gin, je t'aime tant….

Il tombe à genoux et pleure. Il crie au désespoir et les Ames sourient de son malheur.

- Ils ne savent pas qui tu es, apprend l'Ange, en avançant d'un pas vers eux. Moi, ils me connaissent.

Et il prend le bras de Dumbledore, qui incline la tête avec respect. Les autres s'approchent de la Mort, avec avidité, espérant, l'effleurer.

- Arrêtez, je vous en prie….

- Fais ton choix, maintenant, dit l'Ange, d'un ton sec, en retournant à sa place.

- Vos Dieux sont… sont le Mal incarné !

- Le Mal n'est aucunement représenté par une divinité. Il est le noir et le néant. Il n'est rien et tout à la fois. Aucune description ne lui correspond. Choisis, à présent.

Harry garde les yeux sur la petite fleur, plantée sur le sol. Il la découvre à l'instant et est fasciné de la voir encore vivante sur cette plaine où la Mort est présente. Avec délicatesse, il coupe la tige et croie entendre le petit cri de douleur de la plante. Mais avec tous ceux qui résonnent déjà dans son esprit, ce n'est rien. Il se traîne à genoux jusqu'au corps de Ginny Weasley, couchée à quelques pas de lui. Il remet tendrement une mèche de cheveux roux derrière son oreille et y dépose la fleur. Le blanc se détache de sa chevelure de feu.

Le choix s'impose à son esprit.

Il pose ses lèvres sales sur celles, glacées, de la jeune femme et se remet debout avec difficulté. Il embrasse du regard, les Ames, qui lui sourient.

- Pardonnez-moi, tous….

Et il fait de nouveau face à l'Ange de la Mort.

- Alors, Enfant. As-tu fait ton choix ?


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