Chapitre 13

En lisant les journaux, le lendemain matin, Lucinda Douglas, l'ex-madame Williamson, poussa un gros soupir de soulagement. Son ex-mari étant mort, elle allait enfin pouvoir voir ses petits amis sans se cacher. Elle n'aurait plus à craindre que Jonathan cherche à se venger.

Bien que n'étant que superficiellement touché Largo avait passé le reste de la nuit et une bonne partie de la journée en observations. Les médecins avaient insisté et Joy les avait soutenus. Il n'avait eu aucun moyen d'échapper à son sort !

Kerensky alla le chercher à sa sortie de l'hôpital. Il avait insisté auprès de Joy et de Simon pour y aller seul. Il voyait là un excellent moyen pour bavarder en tête-à-tête avec son patron. Largo ignorant tout de ses intentions, le remercia chaudement pour avoir prit la peine de venir le chercher.

- Tu sais Largo, mon action est loin d'être désintéressée. J'aimerais te poser deux ou trois questions et je voudrais que tu y répondes sincèrement.

Largo était un peu mal à l'aise. Que pouvait bien vouloir connaître Kerensky qu'il ne savait déjà ?

Kerensky voulant une réponse précise posa une question précise :

- Que ressens-tu pour Joy ?

Largo fut surpris par la question (c'était le genre de discussion qu'il avait avec Simon) mais il fut encore plus surpris par la conviction avec laquelle il y répondit.

- Je l'aime. Je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne et comme je n'aimerais plus jamais.

Kerensky devait reconnaître qu'il avait été très clair dans sa réponse !

- Et que comptes-tu faire ?

- Je compte me battre pour elle s'il le faut. Je la ferai quitter son copain pour moi !

- Peut être, mais est ce que tu te sens prêt pour te contenter d'une seule femme ?

Il ne laissa pas à Largo le temps de répondre à cette question. Il enchaîna tout de suite :

- Je veux que tu saches Largo. Joy est mon amie et même si elle se donne des airs de dure, je sais qu'elle est fragile. Bien que tu sois un type bien, je pense que pour l'instant tu ne la mérites pas. Alors si tu compte la faire souffrir, je te conseille de ne rien tenter, sinon…

Il ne termina pas sa phrase.

- Est-ce que ce sont des menaces ? Demanda Largo.

- Oui, je crois que tu peux le prendre dans ce sens.

Après un instant de silence, Largo déclara :

- Ne t'en fais pas, je ne la ferai pas souffrir.

Kerensky était satisfait des réponses que lui avait fourni Largo.

Le reste du trajet se fit en silence.

L'ascenseur s'arrêta à l'étage du bunker pour Kerensky. Largo montait au penthouse et attendait que les portes se referment. Au moment où elles se mettaient en actions, Georgi passa une main entre les deux battants et la porte se rouvrit automatiquement.

- Au fait, Largo. Peut être te sera-t-il utile de savoir que Joy n'est plus avec son copain ?

Dès qu'il eut fini sa phrase, il tourna le dos à Largo et prit la direction du bunker.

Au moment où les portes se refermaient pour la deuxième fois, Largo lui cria :

- Tu sais qu'elle a de la chance d'avoir un ami comme toi ?

Il ne vit pas le sourire qui s'était dessiné sur le visage du Russe.

Kerensky attendait que Joy passe chercher ses affaires avant de rentrer chez elle. Il savait bien que leur histoire devait se terminer maintenant. Il allait souffrir de cette rupture mais il le savait : ça n'avait pas été une bonne idée de tomber amoureux d'une femme qui en aimait déjà un autre !

Quand il fit part à Joy de sa décision de rompre, elle ne dit rien. Même si elle n'en était pas ravie, elle n'en était tout de même pas fâchée. Par contre elle fut touchée par ce qu'il lui dit avant qu'elle ne parte :

- Tu sais, je crois que tu devrais laisser une chance à Largo. Je crois qu'il ne demande qu'à changer, pour toi.

Sur le coup, elle ne sut pas quoi lui répondre. Elle s'approcha de lui et lui déposa un chaste baisé sur les lèvres.

- Tu sais que tu es un type bien Georgi ?

Et elle le laissa seul dans le bunker.

Il se laissa aller un instant à la nostalgie mais se reprit bien vite. Il avait du boulot et ça n'allait pas se faire tout seul. Il devait retrouver le grand frère de Joy.

The End.