Disclaimer:

L'univers de Harry Potter et ses personnages n'appartiennent qu'à J.K. Rowling et à nul autre. Je ne tire aucun profit de cette fanfiction, si ce n'est le plaisir de l'écriture et d'être lu.

Merci à tous ceux qui m'ont soutenu dans l'écriture de cette histoire et à tous ceux qui la liront.


Epilogue

Arriva le jour tant redouté par Harry. Molly Weasley ne le lâcha pas d'une semelle de toute la matinée, s'échinant à arranger ses cheveux, trouvant toujours une infime particule de poussière ou un poil de Pattenrond sur sa robe neuve. Harry avait du mal à dissimuler sa nervosité grandissante. Tous au 12, Square Grimmaurd savaient à quel point les apparitions publiques lui déplaisaient et chacun fit de son mieux pour apaiser son malaise. Le professeur McGonagall ne revint pas sur l'importance de sa présence aux côtés du Ministre de la Magie. Lupin l'encouragea par un sourire chaleureux, Ginny l'entourait de mille attentions pour lui faire oublier le difficile moment à passer.

Vers midi, Percy vint chercher Harry pour l'emmener au Ministère. Sur le chemin, le jeune fonctionnaire lui rappela les grands traits de son intervention. Harry fit mine de ne pas être agacé par l'insistance de Percy, mais intérieurement il bouillait contre les formules toutes faites qu'il lui avait fallu apprendre par coeur. Il avait bien sûr apporté ses propres idées quant au discours, mais la mise en forme apportée par Percy le rendait plutôt insipide. Il ne se reconnaissait pas là-dedans.

Percy le fit pénétrer dans les bureaux du Ministre. Ils passèrent devant plusieurs assistants et conseillers qui fixaient sans scrupules Harry. Arrivés devant la porte de Scrimgeour, Percy céda le pas à Harry.

- Nous y voilà, Harry. Bon courage. Je ne me fais pas de souci, tu t'en sortiras comme un chef.

Harry, dont la nervosité n'avait pas diminué, ne répondit que par un hochement de tête et un sourire crispé. Il frappa à la porte qui s'ouvrit dans la seconde. Rufus Scrimgeour se trouvait sur le seuil. La promptitude de sa réaction laissait penser qu'il était resté à attendre derrière sa porte avec une certaine inquiétude, à moins qu'il ne s'agisse d'impatience.

- Harry ! Mon jeune ami ! Entrez donc, s'empressa de l'inviter le Ministre.

Harry pénétra dans le bureau de Scrimgeour. Rien n'avait changé depuis sa dernière visite, sinon le ciel peut-être plus bleu à travers les fenêtres magiques. Encore un signe du changement, la victoire est dans toutes les têtes, pensa Harry.

- Les journalistes et les officiels ne devraient pas tarder à se rassembler dans la salle de conférence, l'informa l'ancien Auror. Puis-je vous offrir quelque chose à boire en attendant ? Une Bièraubeurre ou peut-être quelque chose de plus fort ?

Harry se laissa tenter par un verre de Whisky Pur Feu. Il avait bien besoin d'un remontant avant d'affronter les questions du public réuni pour l'entendre. Il y trempa les lèvres avant de prendre son courage à deux mains et d'avaler tout le contenu du verre cul sec.

- Nerveux, mon garçon ? Allons ce n'est pas si terrible que ça. Les journalistes ne vont pas vous manger ! tenta de plaisanter le Ministre. Quand on a affronté tant de Mangemorts et défait Voldemort lui-même, ce ne sont pas quelques phrases en public et quelques questions qui peuvent vous abattre.

Mais Harry ne goûtait pas le sel de la plaisanterie. Il coupa court au verbiage du Ministre.

- Allons-y. Plus vite ce sera fait, mieux je me sentirai.

Scrimgeour parut un peu désarçonné par l'aplomb du jeune Potter, mais se ressaisit rapidement:

- A la bonne heure. Vous verrez, à la longue, je suis sûr que vous y prendrez goût.

Il ouvrit la porte de son bureau et invita Harry à sortir dans le couloir menant à la salle de conférence. Les quelques secondes de trajet qui séparaient les deux pièces suffirent à Scrimgeour pour asséner à un Harry silencieux, une logorrhée de conseils sur l'art oratoire et la façon de s'y prendre avec les journalistes. Harry n'écoutait pas. Les mots de Percy tournaient et viraient dans sa tête. Tout s'emmêlait dans son esprit. Il avait des notes mais ne voulait pas y avoir recours.
Lorsqu'ils parvinrent à la tribune, des tonnerres d'applaudissements s'abattirent sur eux.

Mais Harry savait bien que les applaudissements n'étaient que pour lui. Pour la presse, il était clair que le rôle du Ministère avait été minime, et cela malgré toute la propagande déjà mise en place pour persuader les citoyens sorciers du contraire. Toute cette intoxication du public donnait la nausée à Harry. Il n'était pourtant pas au bout de ses surprises:

- Sorciers et Sorcières, merci d'être venus. M. Potter et moi-même avons une déclaration à faire. Il s'agit pour nous d'éclairer les circonstances de la défaite de Vous-Savez-Qui, commença le Ministre de la Magie.

Harry réprima un rictus d'exaspération en entendant que Scrimgeour ne parvenait toujours pas à prononcer le nom Voldemort.

- Comme nous l'avions annoncé tous deux avant la victoire, c'est grâce à la coopération de M. Potter et de sa milice, l'Ordre du Phénix, avec le Ministère, que l'armée sombre de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et ses alliés ont pu être défaits. Je laisse à M. Potter le crédit de la mort du plus infâme des mages noirs.

Harry aperçut Hermione se pencher vers Ron et Ginny au dernier rang du public. Il se doutait un peu de ce qu'elle leur disait. Le temps passé avec Percy à décrypter les discours politiques lui avait appris à lire entre les lignes. Elle devait être en train de leur expliquer la subtile différence qu'il y a entre la coopération et l'alliance. En l'occurrence, le Ministre sous-entendait que l'Ordre s'était presque rangé sous les ordres du Ministère. Mais cela passait inaperçu du moment qu'on appuyait sur le fait que c'était Harry qui avait tué Voldemort.

- Dans ce combat pour notre liberté, beaucoup sont tombés au champ d'honneur. Souvenons-nous toujours de leur sacrifice pour un monde sorcier meilleur. Le Ministère honorera leur mémoire en érigeant un monument à leur gloire, continua Scrimgeour.

Harry réprima un soulèvement de sourcil étonné devant cette décision honorable. Scrimgeour, malgré son passé d'Auror, restait un politique, il devait avoir quelque chose derrière la tête en faisant ce geste. Mais lequel ?...

Puis le Ministre enchaîna sur un récit très édulcoré de la bataille. Il ne citait pas les noms de la nouvelle génération de Mangemorts, accablait les créatures magiques entraînées dans le combat et les plus célèbres des Mangemorts, dont certains n'avaient même pas participé au combat pour avoir été tués bien avant. La propagande continuait et faisait monter en Harry un sentiment de colère difficilement contrôlable. Il croisait de temps à autres le regard de Percy, au premier rang, l'invitant au calme.

Finalement, Scrimgeour parvint au chapitre de la mort de Voldemort:

- Mais je pense que M. Potter sera plus à même de raconter comment il a battu Voldemort.

Harry bouillait de rage. Le Ministre venait de le piéger. Il n'avait jamais été question de cela. Le visage de Percy reflétait la déception vis-à-vis de son patron et en même temps l'inquiétude face à la réaction de Harry qui montait à la tribune.

- Je n'aime pas ça, marmonna Ron à l'oreille d'Hermione.

- Moi non plus. Tu as vu son regard, chuchota la jeune fille. Il est froid comme de la glace.

- Ça va barder, sourit narquoisement Ginny.

- Merci Monsieur le Ministre... dit Harry en s'installant au pupitre.

Le jeune homme laissa passer quelques secondes de silence avant de reprendre sur un ton glacial :

- ... Merci de m'obliger à revivre des moments pénibles devant tant de gens réunis. Merci également de continuer à instiller la peur d'un simple nom, du nom d'un sorcier mort dont on n'a plus rien à craindre pourtant. Vous ne voulez pas le prononcer ? Alors je vais le faire pour vous: VOLDEMORT!!!

L'assistance sursauta en entendant le nom tant redouté, sauf Ron, Hermione et Ginny.

- Voldemort ou devrais-je dire Tom Elvis Jedusor est mort. Cela ne vous suffit-il pas? Vous faut-il aussi des détails morbides et excitants sur la façon dont il a passé l'arme à gauche pour pouvoir écrire quelques articles à sensation ?

Quelques réprobations indignées parcoururent la salle de conférence.

- Malheureusement pour vous, je ne suis pas venu pour ça. Lorsque le Ministre m'a invité à parler en public, il m'a demandé de vous rassurer, pas de l'accabler avec des détails sordides. Je suis venu vous parler d'avenir, pas du passé. Aujourd'hui le monde sorcier est entré dans une nouvelle ère. Nous n'avons plus à avoir peur en sortant de chez nous, les parents peuvent à nouveau laisser sortir leurs enfants. C'est une ère de renouveau et d'ouverture.

Les journalistes ouvraient de grands yeux étonnés à l'écoute du discours du jeune Potter.

- Contrairement au discours de M. le Ministre, ce ne sont pas les sorciers britanniques qui ont gagné cette bataille, c'est tout le monde sorcier et même le monde Moldu. Oui les Moldus. Nous avons allié nos forces : Ministère de la Magie, Ordre du Phénix, sorciers étrangers, et le premier ministre moldu pour vaincre un homme qui incarnait ce qui gangrène notre monde sorcier: l'intolérance, le sentiment de supériorité... Je pourrais en citer des dizaines encore. Il est temps de changer tout ça, de changer les mentalités et les systèmes pour faire barrage à de nouveaux Voldemort.

Harry appuyait chacun de ses mots. Percy n'en reconnaissait aucun, et pour cause, ce n'était pas le discours qu'il avait écrit. Mais il devait bien admettre que le talent oratoire du garçon le fascinait. La colère l'avait libéré de sa nervosité.

- Voulez-vous dire que Rufus Scrimgeour est incompétent ? demanda un journaliste du Chicaneur.

Le Ministre le foudroya du regard, mais le journaliste tint bon. Harry se laissa un instant de silence avant de répondre:

- Non, M. Scrimgeour a fait ce qu'il pouvait avec ce qui était à sa disposition dans un système dépassé.

Hermione n'avait cessé de lui répéter cela lorsqu'il s'était mis à douter lui-même de la compétence de l'ancien Auror.

- Alors quel système préconisez-vous ? l'interrogea un autre rédacteur, venu pour la Gazette du Sorcier.

- Ce n'est pas à moi d'en juger. Je ne suis pas compétent en la matière. Mais je constate que le nôtre est loin de fonctionner correctement. Il ne laisse la place qu'à des sorciers jugés sages à cause de leur grand âge. Je ne nie pas que certains le soient, mais d'autres en revanche sont restés avec les principes de l'époque dans laquelle ils ont grandi.

Hermione souriait intérieurement. Harry avait pioché dans tout ce qu'il avait entendu pendant certaines discussions de l'Ordre. Un peu de Tonks pour les questions d'âge - même si elle ne l'exprimait pas de façon aussi châtiée, un peu de ses idées quant à Scrimgeour...

Bientôt viendraient les idées de Remus sur le sujet des loups-garous et des créatures humanoïdes, peut-être même les siennes encore, sur la condition des elfes.

- Le monde sorcier est devenu un monde de castes où tout ce qui n'est pas humain et doté de pouvoirs magiques est rejeté au bas de l'échelle. Parmi ces parias, certains se sont révoltés et ont écouté le seul qui leur a prêté l'oreille : Voldemort. Pas dans leur intérêt, mais dans le sien. Il est temps à présent de briser tous ces tabous et de leur tendre la main.

Le public parut choqué par les propositions de Harry. Certains le regardaient comme un fou bon à interner à Sainte Mangouste. Scrimgeour transpirait à grosses gouttes. Il voyait sa carrière politique torpillée en quelques phrases. Il avait pensé se servir de Potter comme mascotte pour le Ministère, mais il n'était pas encore trop tard, en s'appuyant sur les bons journalistes, il pourrait sauver sa peau :

- Manifestement, M. Potter souffre encore de traumatismes dus à sa confrontation avec Vol-de-mort, constata-t-il en annonant le nom du mage noir avec difficulté. Il serait préférable de le laisser se faire ausculter par des Médicomages au plus tôt.

- Vous ne vous en sortirez pas comme ça, Scrimgeour ! tempêta Harry.

- Vous voyez, il me prend pour un ennemi maintenant. Pauvre garçon, feint de s'apitoyer le Ministre. Nous savons tous que les épreuves qu'il a traversées au cours de sa jeune vie ont pu laisser des blessures profondes dans son esprit.

- Depuis quand êtes-vous qualifié pour faire un diagnostic ?!! s'écria le jeune Potter. Vous voulez simplement sauver votre poste de Ministre. Vous êtes pathétique !

- Il est vrai que Harry Potter a souvent montré des troubles de la personnalité. Mes articles l'ont montré il y a quelques années, clama Rita Skeeter en regardant Hermione d'un air de défi. Il est même parvenu à embrigader certains autres mythomanes dans son délire paranoïaque.

- Espèce de sale petite cafarde ! s'exclama Hermione.

Ginny fit un pas en avant, s'apprêtant à lancer un Chauve Furie sur la journaliste lorsque Harry intervint:

- Ça suffit. Manifestement, je ne parviendrai pas à vous convaincre que je ne suis pas un jeune homme déstabilisé par les horreurs de son passé. Soit. Je délire totalement en faisant de grands discours. Soit.

- Qui nous dit qu'avec un cerveau aussi dérangé vous n'allez pas en plus devenir un mage noir ? Qui nous dit d'ailleurs que vous n'en êtes pas déjà un ? l'agressa un autre journaliste.

Ron ulcéré allait abattre son poing sur la figure de ce sinistre crétin, mais une fois de plus Harry intervint.

- C'est ce que vous pensez de moi ? s'exclama-t-il, profondément blessé. Si le monde sorcier pense ça de moi alors je n'ai plus qu'une chose à faire.

Il ne laissa à personne le temps de dire quoi que ce soit. L'instant d'après Fumseck se tenait sur son épaule. Et tous deux disparurent dans un tourbillon de flammes.

Il fallut du temps à l'Ordre pour retrouver Harry. Ginny découvrit sa cachette. Il était à Poudlard. L'école, vidée de ses occupants n'était plus que l'ombre d'elle-même, un château sombre et silencieux. Elle trouva Harry assis sur son lit dans les quartiers de Gryffondor, conversant avec Nick Quasi-Sans-Tête. Le fantôme tentait de le décharger de sa colère et de sa déception, mais rien n'y faisait.

Sentant l'orage venir, Nick disparut à travers le plancher du dortoir. Ginny avança d'un pas ferme et décidé vers son petit ami et lui asséna une claque retentissante.

- Ça c'est pour m'avoir laissé sans nouvelles pendant deux jours ! s'écria-t-elle.

Puis elle l'embrassa passionnément avant d'ajouter:

- Et ça c'est parce que tu as été superbe au Ministère, quoi qu'en disent les autres.

Harry était déboussolé par ce qui venait de se passer en moins de dix secondes. Il se laissa emporter par le baiser de Ginny et oublia pour un moment la déception qui le rongeait.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Ginny après une heure de retrouvailles passionnées.

- Toi tu vas reprendre tes études à Poudlard. Ron et Hermione aussi, j'ai entendu Hermione en parler.

- Mais toi ? demanda Ginny avec un brin d'angoisse dans la voix.

- Moi, je quitte le monde sorcier. Ils ont bien assez de cinglés pour se passer de moi.

- Qu'est-ce que tu racontes ?!! Tu dis n'importe quoi !!! se révolta Ginny.

- Ne me prends pas pour un idiot. J'ai lu la Gazette et d'autres journaux cette semaine. Je me suis caché mais pas complètement isolé non plus. Je suis déclaré officiellement fêlé et ce sans avoir passé un seul examen. Il vaut mieux que je disparaisse.

- Eh bien moi, je refuse ! Le monde sorcier, c'est ton monde, Harry. Le monde que tu as sauvé !

- Regarde comme ça m'a réussi. Tout ça me dégoûte, je ne veux plus entendre parler de sorciers ou de sorcières, à part mes amis qui ne me savent pas fou. Et puis de toute façon je n'ai sauvé personne... Personne à part moi.

- La première claque n'était pas suffisante ? Tu en veux une autre peut-être ? fulminait Ginny. Tu ne m'as pas sauvée moi peut-être ? Et si tu n'avais pas tué Voldemort, tu sais combien d'autres gens seraient morts ?

- Peu importe ce que tu diras. Ma décision est prise, je ne reviendrai pas dans le monde sorcier. J'en ai assez de toujours me battre. Je veux vivre, seulement vivre Ginny. Tu peux comprendre ça ?

Il plongea son regard émeraude dans les yeux de Ginny. La jeune fille sentit toute la peine qui pesait sur son coeur. Elle l'embrassa tendrement et le prit dans ses bras avant de murmurer :

- Si c'est comme ça que tu veux vivre, alors je vivrai comme ça aussi... avec toi.

Il fallut beaucoup plus de temps pour convaincre les autres membres de l'Ordre du Phénix du bien fondé de sa décision. Tous se succédèrent dans la petite maison que Harry avait achetée dans les Highlands pour rester proche du seul lieu magique qui lui tenait à coeur et de Ginny quand elle serait de retour à Poudlard. Un mois avait passé depuis l'altercation entre Harry et Scrimgeour et les titres des journaux étaient passés des accusations de folie douce aux interrogations sur sa disparition. Certains rédacteurs se demandaient quels plans machiavéliques il était en train de préparer pour renverser le bon Ministre de la Magie, quand d'autres préféraient saluer la sage décision du Survivant de se retirer du monde magique, pour éviter de gêner Scrimgeour et ses merveilleuses réformes.

Le 2 septembre, la lande écossaise brunissait en des tons variés et mélancoliques. Les monts d'écosse au loin barraient l'horizon pour former ce paysage sauvage et presque vierge. Une seule petite maison perchée sur la côte rocheuse d'un loch s'y distinguait. La cheminée fumait paresseusement sous une bise naissante. Remus était le seul à n'avoir rien tenté pour convaincre Harry de revenir sur son choix. Aussi, le jeune Potter fut étonné de le voir sur le seuil de sa porte le lendemain de la rentrée à Poudlard.

- Remus ?

- Bonjour Harry, le salua le loup-garou en souriant. Jolie maison. Et je vois que tu n'as pas totalement renoncé à la magie.

Il désigna du menton l'Eclair de Feu rangé dans l'entrée.

- Un petit vol de temps en temps pour me détendre, admit Harry.

- Je crois que cela va bien au-delà du simple balai, Harry. Ta maison est magique, je peux le sentir.

Le jeune homme haussa les épaules:

- Il faut croire que je ne sais rien faire sans, maintenant, soupira-t-il.

Harry invita son ami à prendre un siège dans le petit salon.

- Je te sers quelque chose ?

- Non merci, ma visite sera courte, déclina Lupin.

- J'en déduis que tu n'es pas venu me convaincre de revenir sur ma décision.

- Je n'en ai aucunement l'intention, tant que je peux te rendre visite de temps à autres. Maintenant que j'habite près d'ici, j'aimerais en profiter pour venir te voir.

- Tu es redevenu professeur à Poudlard ? s'exclama Harry. Mais c'est formidable !!!

- Minerva m'a rappelé, malgré les protestations de certains parents d'élèves.

- Je serai ravi de t'accueillir à chacune de tes visites, Remus. Je suis très heureux pour toi. Qu'est-ce qu'en dit Tonks ?

- Elle est un peu déçue qu'on ne puisse pas se voir aussi souvent qu'on le voudrait... Déjà qu'avec ses gardes à répétitions ce n'est pas facile...

Remus parut se laisser porter par cette idée pendant quelques secondes avant de redevenir plus sérieux.

- Mais je ne suis pas venu pour te parler de moi, enfin pas que pour ça du moins.

Harry le regarda d'un air interrogateur.

- Je veux parler de ton avenir. Tu ne vas pas rester toute ta vie cloîtré dans ta maison, quand même.

- J'ai renoncé à l'idée de devenir Auror, Remus. Je ne travaillerai pas pour le Ministère.

- Qui t'a parlé de ça ? Je te demande ce que tu veux faire.

- Rien, répondit laconiquement le jeune Potter.

- Tu es un Potter, tu ne peux pas rester trop longtemps inactif sinon tu deviendrais fou.

- Tu parles comme Sirius, sourit Harry.

- Il n'y avait pas que du mauvais dans les conseils de Sirius, tu sais. Nous n'étions pas toujours d'accord, mais c'est parce que nous avions une vision différente des choses.

- Pour tout t'avouer, je ne sais pas. Je me suis déjà retourné la tête sur la question.

- Maintenant que tu n'as plus Voldemort en travers de ton chemin tu peux y penser sereinement, Harry. Il ne conditionne plus tes choix.

- Je sais, je sais... soupira le jeune homme.

- Tu trouveras, j'en suis certain.

- Moi pas...

- Harry tu es l'héritier de l'esprit de Gryffondor. Tu ne pourras pas rester caché toute ta vie. Tu as été choisi pour une bonne raison.

- Pour tuer Voldemort, ça me paraît évident, rétorqua Harry.

- Non. Pour répandre un esprit de justice et le insuffler le courage aux gens. Tu n'as pas encore trouvé la voie qui t'y mènera, c'est tout.

Sur ces mots, Remus se leva et enfila son manteau avant de se diriger vers la porte.

- Content de t'avoir revu, Harry. A bientôt, le salua le loup-garou en lui lançant un clin d'oeil.

La porte se referma sur Lupin et un crac sonore retentit dans le silence de la lande, laissant Harry seul avec ses pensées tournées vers un avenir incertain. Un avenir qu'il se devait de construire pour Ginny et lui, sans redouter de mages noirs, sans détracteurs aigris ou jaloux, sans craindre le réveil de sa cicatrice.

FIN ????


Ici se termine une aventure qui a duré un an et demi. Avant de poster cette fic sur ffnet, je l'ai publiée sur un autre forum qui a suivi son évolution semaine par semaine. Vous venez de découvrir un épilogue écrit et publié à peine un mois avant la sortie anglaise du véritable tome 7 et je dois dire que je me suis parfois amusé à comparer les deux tomes, le mien et celui de J.K.Rowling.

Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, d'avoir vibré avec ma version des personnages, de les avoir accompagner dans la bataille, la joie comme la tristesse, les épreuves commes les moments de célébrations.

Quant à ceux qui se demandent si je pense faire une suite à cette fic ou en écrire d'autres, je répondrais ceci, rien n'est écrit, mais tout est à écrire.

Amicalement

Metos