Bon, voilà ma première fic. J'espère qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews, ça fait plaisir à recevoir et les critiques permettent de s'améliorer. N'hésitez pas non plus à me signaler les fautes d'orthographes, c'est dur de toutes les retrouver en se relisant soi-même.

J'essaierai de poster tous les trois jours, mais ça dépendra aussi du lycée...

DISCLAIMER : Une fois pour tous les chapitres, aucune personnage n'est à moi à part Sythelia, Rhiannon et Shruikan (et encore Shruikan est très nettement inspiré d'Eragon, de Christopher Paolini). Tout est à JKR.

Chapitre 1 : Observation

Severus Rogue prit une profonde inspiration. Il savait qu'il n'avait pas le droit de faire ce pour quoi il se préparait, mais il savait aussi que quelqu'un devait le faire. Il sourit intérieurement, un sourire qui serait apparu comme ironique et amer. Après tout, n'avait-il pas l'habitude de transgresser les règles et de jouer un double jeu ? Il prit une grande inspiration visant à l'encourager – lui si maître de lui d'habitude ! – et attrapa la fiole sur son bureau. Une potion d'invisibilité, modifiée par ses soins pour que son effet dure plus longtemps. Trois jours où il serait totalement invisible… Il avait dû utiliser tout son art pour réussir cette potion.

Il avait attendu le début des vacances pour mettre son projet à exécution, afin que nul ne remarque son absence. Aussi furtif qu'un fauve en chasse, il traversa le vieux château de Poudlard. Il espérait ne croiser aucun de ses collègues. Il ne voulait pas être vu…pas cette fois. Lorsqu'il atteignit les grilles de Poudlard, il transplana.

Il arriva dans une petite ruelle sombre, dans la banlieue de Londres. Avant que quiconque n'aie le temps de le voir, il attrapa la fiole et l'avala. Pour être sûr, il regarda son corps. Il était bien invisible. Il sortir alors de la ruelle et arriva dans une rue – Magnolia Road. Il était au bon endroit. Marchant d'un pas rapide et assuré, silencieux pour que les passants ne remarquent pas sa présence, il se dirigea vers une rue voisine.

On était le 3 juillet 1986, et le petit garçon qu'il venait observer allait bientôt avoir six ans.

Il arriva devant le 4, Privet Drive et s'arrêta. Incrédule, il observa le spectacle qui s'offrait à lui. Un petit garçon sortait de la maison et se dirigeait vers la voiture garée dans l'allée. Il titubait en portant, ou plutôt en traînant, un lourd seau d'eau rempli à ras bords. Le professeur Rogue reconnut immédiatement le petit garçon. Ces cheveux noirs en bataille, ceux de son pire ennemi lorsqu'il était lui-même étudiant…

Arrivant enfin à la voiture, le garçon posa le seau et redressa la tête. Comme en réponse, le professeur sursauta. Harry Potter – car c'était lui – avait des yeux d'un vert extraordinaire. Si semblables à ceux de Lily Potter, et pourtant si différents. La forme et la couleur étaient bien les mêmes. Mais alors que les yeux de la mère étaient toujours emplis de vie et brillaient d'une joie non contenue (sauf en cas de colère, et à ce moment-là mieux valait courir vite), ceux du fils paraissaient ternes, effacés. Comme ceux des gens qui avaient trop souffert. Voir un tel regard chez un garçon aussi jeune était terrible. Même pour le sévère professeur de Potions. Et même s'il s'agissait du fils de son ancien ennemi.

Mécaniquement, Harry Potter avait levé le bras et nettoyait la voiture. Il faisait vite tout en s'appliquant à n'oublier aucune trace et jetait des coups d'œil furtifs vers la maison. Severus Rogue ne croyait pas ce qu'il voyait… le gamin avait dû faire une grosse bêtise et il était puni, voilà tout. Mais son esprit lui disait que non, que c'était toujours ainsi. Il décida de rester la nuit. Après tout, il avait prévu trois jours d'observation avant de se décider. Mais si tu es ici, n'est-ce pas parce que tu t'es déjà décidé ? Il tentait d'ignorer la petite voix qui lui soufflait ces mots. Mais c'était vrai, d'un côté il s'était déjà décidé.

Lorsque la vieille Arabella Figg, la cracmol chargée de veiller sur Harry, avait dit que le garçon n'était pas heureux, il avait cru que le petit garçon montrait déjà le principal trait de caractère de son père, à savoir ne jamais être content de ce qu'il avait. Cependant, il avait réfléchi aux nombreux rapports de Mrs Figg, qui à chaque fois suppliait le directeur de retirer Harry de la garde de cette "famille obèse qui maîtrise l'hypocrisie jusqu'à sa dernière extrémité ". Le directeur avait toujours refusé, arguant que le petit Harry n'était en sécurité que chez les Dursley.

En sécurité mais certainement pas heureux… Le directeur me tuera quand il saura ce que je fais… Le professeur décida de rester jusqu'à ce que tout le monde se couche, pour être sûr. Si ce qu'il voyait n'était pas un cas particulier, il irait la voir. En espérant que cela ne la rendrait pas furieuse et qu'elle accepterait de l'écouter.

Pendant son monologue intérieur, le petit garçon n'avait pas chômé. La voiture était impeccable. Il souleva le seau, toujours aussi difficilement… Severus Rogue sorti sa baguette. Un petit sort d'allègement ne se remarquerait sûrement pas. Mais il s'arrêta net dans son geste. Deux problèmes se posaient à lui. Tout d'abord, il redeviendrait visible. Et apparaître en plein milieu de la rue, vêtu de ses robes de sorcier, n'était pas forcément une bonne idée. Et aussi, si quelqu'un utilisait la magie près de chez Harry Potter, le vénérable Albus Dumbledore serait immédiatement au courant. Et il ne mettrait pas longtemps à savoir que c'était son professeur de potion qui l'avait fait. Pas de magie, mais qui m'empêche d'utiliser mes bras ?

Il franchit le muret, et posa sa main sur celle du petit garçon. Mais qu'est-ce que je fais ? C'est le fils de mon pire ennemi, le fils de James Potter ! Harry sursauta mais, sentant que la main portait le seau, n'osa rien dire. Et oui, gamin, ça doit être surprenant de sentir une main invisible sur la tienne... Le jeune Potter sursauta encore plus lorsqu'il sentit le frôlement des robes du sorcier près de lui. Puis il se dirigea vers la maison, toujours suivi par "l'homme invisible". La porte s'ouvrit juste avant qu'il n'y parvienne et une femme apparut, sa tante d'après les informations que le sorcier avait. Severus dut retenir un éclat de rire. Un long cou, des dents proéminentes… ne lui manquaient que les petites taches noires sur la peau jaunâtre, des petites cornes et on aurait eu une parfaite girafe…

La femme, elle, ne riait pas du tout.

Enfin fini, grinça-t-elle d'une voix insupportablement aiguë.

Et, quand elle remarqua que son neveu portait le seau sans effort, elle baissa brutalement la voix.

- J'espère que tu ne te sers pas de ta … monstruosité pour porter ce seau !

Monstruosité ? De quoi parle-t-elle ?

Mais Harry semblait paniquer et se mit à essayer de détacher la main de Severus. Ne comprenant pas, Severus lâcha le seau.

- C'est mieux…mais ne crois pas t'en tirer comme ça. VERNON ! Il s'en est encore servi !!!

Severus ne comprenait plus rien. Il l'avait aidé à porter le seau, soit. Cela pouvait passer pour un acte de magie involontaire, à la limite. Mais pourquoi monstruosité ? Tous les enfants sorciers faisaient de la magie instinctive, particulièrement quand ils souffraient.

- COMMENT AS-TU PU OSER ?? EST-CE UNE MANIERE DE NOUS REMERCIER DE T'AVOIR ELEVE ? ET RENTRE DANS LA MAISON AVANT QUE QUELQU'UN NE TE VOIE !

Le professeur eut tout juste le temps de se glisser à l'intérieur avant que la porte ne claque. La tirade était repartie de plus belle maintenant que le dénommé Vernon semblait être sûr de ne pas être entendu. Mais le summum fut atteint lorsque Vernon attrapa le jeune Potter par le bras et le traîna à travers la maison, avant de le mettre dans un…placard. Le tout sans cesser de hurler.

- ET SI LES VOISINS T'AVAIENT VU ? QU'AURIONS-NOUS DIT ? MAIS TU TE FICHES DE CE QU'IL SE PASSERAIT, N'EST-CE PAS ? TU RESTERAS DANS TON PLACARD JUSQU'A NOUVEL ORDRE ! ET PAS LA PEINE DE DEMANDER À MANGER ! CA NE SERVIRA A RIEN !!!

Sur ces derniers mots, la porte du placard claqua. Severus était sidéré. Le Survivant, traité comme ça, sous prétexte de le laisser en sécurité. Il expira bruyamment. Il se fichait d'être entendu désormais. De toute façon Harry Potter allait quitter cette maison, foi de Severus Rogue. Et si le directeur n'était pas d'accord, cela se ferait sans lui. Après tout, elle s'était toujours fichue des règles et elle était toujours en vie, non ?

Le professeur s'approcha du placard après que son oncle s'en soit éloigné, approcha sa bouche de la fente et murmura :

- Dans moins d'une semaine tu seras sorti de là. Promis.

Il ne savait pas si le jeune garçon l'avait entendu. Peu importait. Il sortit de la maison, sans se soucier de son invisibilité. Personne n'était dans le couloir. Heureusement, parce que voir une porte s'ouvrir toute seule avait de quoi perturber. Une fois sorti du jardin du 4, Privet Drive, il transplana.