Avant-propos : Bon. Il faut d'abord que j'explique deux-trois petites choses. Sous ce titre très mystérieux, "Des petits riens", je regroupe tout un tas de one-shots, appelés "ficlets" parce que ce ne sont pas vraiment des fics, ni des drabbles parce que ça fait plus de 500 mots. Il y a pourtant à chaque fois un thème, qui est le fil conducteur de l'histoire. Ca part un peu dans tous les registres, du comique de situation au tragique le plus larmoyant, et il n'y a pas forcément des couples (même si, autant vous prévenir tout de suite, il y aura régulièrement du HeeroxRelena, parce que c'est un couple que j'apprécie beaucoup ! Voilà, tout est dit.)
Logiquement ça n'aura pas de fin, vu que les idées viennent toujours. Tout plein de petits textes, quoi ! Mais quand j'estimerais que j'ai fait le tour, que ça devient carrément répétitif et lourd, j'arrêterai, évidemment (vu mon délai à publier, c'est pas demain la veille...). J'en ai une vingtaine en stock, qu'il me faudra retravailler un peu avant de les mettre ici.

Thème 1 : C'est mignon, les histoires où un couple se retrouve sous un merveilleux coucher de soleil, avec les violons, les yeux brillants de bons sentiments et les lèvres encore rougies du patin qu'ils viennent d'échanger mais... Ca ne colle pas vraiment avec l'univers de Gundam, n'est-ce pas ? Alors comme 'ouverture', voici ce que j'imagine être une sorte de suite à la série, au film, aux mangas, avec le destin de deux personnes qui ne sont unis que lors des guerres... Ils veillent l'un sur l'autre et c'est leur façon de vivre dans la paix. (argh, ça fait très philosophique, tout ça... désolée, c'est le vendredi matin... !)

Résumé : La vie ne réunit pas toujours ceux qui ont un destin commun. L'un est fait pour la guerre, l'autre pour la paix. La nouvelle année, pour eux, symbolise la croisée des chemins, leur choix... et leurs espoirs en un monde meilleur, même s'ils doivent faire le plus grand des sacrifices pour ça...


Ficlet 1 - La croisée des chemins

Au loin, un clocher sonna les douze coups de minuit. Ce fut le début des festivités, feux d'artifice, pétards, embrassades et autres réjouissances bruyantes. Tout ce brouhaha confus tira Relena Peacecraft de son rêve. Elle étira mollement ses membres ankylosés, guère concernée par la fête qui se déroulait en bas du ministère et dans toutes les rues de la ville.

C'était le nouvel an AC198, mais elle n'était allée nulle part. A toutes les invitations, elle avait répondu qu'elle passait la soirée avec sa mère adoptive. C'était faux, bien sûr. Elle n'avait juste pas envie de célébrer la nouvelle année, d'autant plus que les festivités coïncidaient avec l'anniversaire de la fin de la guerre. Sa décision n'était ni purement égoïste ni simplement une coquetterie de sa part. Elle avait encore beaucoup de travail et trop peu de temps pour tout terminer. Les dossiers étaient trop importants pour qu'elle puisse les mettre de côté plus longtemps. Alors elle ne participait à aucune fête et travaillait dans un ministère désertique.

Sur ses épaules était posée une couverture. Voilà qui était surprenant. A sa connaissance, elle ne l'avait pas avant d'enfouir fort peu élégamment sa tête dans ses bras pour se reposer deux minutes. Les deux minutes s'étaient transformées en deux heures. Et elle était positivement certaine qu'elle n'avait pas eu la délicatesse de se couvrir de cette mystérieuse couverture.

Quand elle se redressa, ses yeux rencontrèrent un regard fixe, qui regardait dans sa direction. Elle se vit elle-même, un peu échevelée, les joues rougies par le sommeil et l'air surpris. Puis un sourire naquit sur son visage.

- Toi, tu ne devrais pas te trouver là, murmura-t-elle en prenant entre ses mains le petit ours en peluche fièrement posé sur son bureau.

Il n'avait pas pu arriver ici tout seul, de même que la couverture, mais l'intrusion trouvait enfin un nom. Le seul qui aurait pu savoir ce qui signifiait pour elle ce précieux petit ours et le seul qui avait très certainement deviné tout de suite le lieu de sa retraite. Laissant là couverture et ours, la jeune fille se leva et alla à la fenêtre pour contempler les rues brillamment éclairées dans lesquelles déambulaient des fêtards. Presque inconsciemment, sa main se posa sur la surface glacée.

- Heero.

Lui aussi travaillait à éviter les conflits. Ils n'avaient pas les mêmes méthodes mais oeuvraient pour une même cause, celle qui leur tenait à cœur : la paix. Plus de six mois qu'ils ne s'étaient pas vus, leur dernière vraie entrevue remontait au coup d'état de Mariemaia, un an auparavant. Quelque part, elle ne souhaitait pas le revoir. Cela signifiait un échec, une nouvelle guerre en préparation. Tant qu'ils n'avaient plus affaire l'un à l'autre, Relena estimait qu'il y avait toujours un espoir. Peut-être un jour lui reviendrait-il pour une autre motivation que préserver la paix. Elle venait d'avoir la preuve qu'il était venu la voir au moins ce soir.

- Bonne année pour toi aussi, murmura-t-elle en levant les yeux vers le ciel. Qu'elle puisse t'apporter la paix que tu cherches en toi depuis si longtemps.

Et elle retourna à son travail, le cœur enfin léger. En instaurant une paix totale, elle se séparait définitivement de lui... mais c'était la vie qu'ils avaient choisie.

F I N