Y a un truc que je vais vous promettre dès maintenant, c'est de plus jamais faire de promesse… Je les tiens pas, j'en viens à me détester moi-même… ToT. Pourtant, chaque fois que j'écris, je suis tellement dans l'histoire que j'ai envie de continuer tout de suite, je comprends pas…

Bref, désolée du retard !

En plus, mes chapitres sont courts, j'ai aucune excuse… N'hésitez pas non plus à reviewer pour réclamer la suite, ça me fait parfois réagir.

J'ai l'impression à part ça que mon style s'éloigne de plus en plus du script de base UU Vous me dites si c'est trop différent…

Je m'excuse aussi pour mes chapitres courts, mais bon, c'est des pov… Des pov à rallonge finiraient par être soûlantes, d'ailleurs je félicite ceux qui lisent tous les chapitres à la suite ! J'aurais pas ce courage :p

Bravo et merci !

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Attention, tadaaaam ! Changement de narrateur !

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Je n'ai jamais aimé Liven.

Ce sale prétentieux qui se pavanait à la tête de son groupe, au sein de son palais…

Il me regardait avec ses grands airs ; ses yeux affichaient un mépris indescriptible, une haine gratuite. Il me détestait lui aussi. S'il l'avait pu, sans doute m'aurait-il réduit en morceaux sans la moindre hésitation.

Liven était malheureux ? Et alors ? Je m'en fichais. Il voulait me voler mon trésor le plus cher. Mon Ewilan. Rien que pour ça, il méritait d'être exilé en enfer. C'était tout ce qu'il méritait. Je suis même sûr qu'il en bavait d'envie. Satané Liven.

Dès notre première rencontre, j'ai compris qu'il était dingue d'elle. C'était clair comme de l'eau roche, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Il lui parlait comme parle un gars qui veut une fille, qui la veut plus que n'importe quoi d'autre. Je suis assez bien placé pour reconnaître ce genre d'attitude. Moi aussi je suis une sorte de cinglé, dans mon genre.

Et quand deux fauves se retrouvent face à face, ça fait des étincelles. Surtout quand ils convoitent la même reine.

Mais le vrai prédateur, ici, c'est moi.

Lui, avec ses dons de dessinateur, il ne fait pas le poids contre moi. Il a beau être doué, friser le génie, il n'arrivera jamais à la cheville d'Ewilan sur ce point-là. Il ne lui sera jamais utile en rien.

Mais moi, je suis un loup. Je peux passer d'une forme à l'autre comme d'autres changent de chemise. Sous mon apparence animale, je représente une bête féroce, détentrice d'une force redoutable. Dans ma gueule, mes sabres luisent tels des quartiers de lune, tranchants, acérés ; ils ont déjà ôté plus d'une vie. Pas que j'en sois particulièrement fier, du reste ; mais ce Liven, je pourrais lui régler son compte en moins de deux.

Ce type est un minable. J'en suis sûr. Je veux en être sûr, en tout cas.

Et pourtant, je ne peux m'empêcher de voir à quel point sa disparition affecte son entourage. Nous sommes revenus à Gwendalavir en prenant notre temps, c'était un peu comme des vacances au cours desquelles nous redécouvrions tous ces paysages volontairement laissés en arrière, le jour où nous avons décidé de rejoindre les Fils du Vent pour vivre avec eux. Nous avons découvert une capitale prospère, où la vie coulait comme le plus tranquille des fleuves. Aucun trouble majeur n'avait agité le royaume depuis départ, aucune catastrophe ne l'avait frappé de ses maux. De temps à autre, une agression animale était à relever ; parfois, des brigands provoqué une ou deux émeutes, mais rien d'ingérable. Il était un capitaine capable de relever tous les défis et de régler le moindre problème en claquant des doigts. Liven.

Il avait réussi terminé ses études, alors, et obtenu ses examens haut la main. Lentement, mais sûrement, il avait tracé son chemin au sein de la garde du pays, jusqu'à obtenir le plus haut poste. Il était régulièrement envoyé en mission, et en revenait toujours victorieux. C'était un homme très occupé, sans cesse à courir à gauche à droite ; ses responsabilités en auraient rendu fous plus d'un, mais on aurait dit qu'il était invincible. Il finissait souvent ses journées sur les rotules, mais ne s'en plaignait jamais. Non, en fait, ce n'était pas tout. Il semblait avoir besoin de cet épuisement quotidien, comme s'il se fut agi d'un exutoire nécessaire.

Les gens autour de lui ne le comprenaient pas, ils le voyaient s'esquinter. Bien sûr, il était efficace et accomplissait ses tâches à la fois vite et bien, mais c'en était effrayant en vérité. Parfois, il parlait tout seul, son regard divaguait complètement, ses yeux luisaient d'un étrange éclat métallique. Et puis la nuit, il lui arrivait de gémir et de haleter. Apparemment, il ne s'en était jamais aperçu. Et nul n'avait jamais osé lui en souffler mot.

Liven n'allait pas bien, et tout le monde s'en était aperçu. Mais s'en était-il aperçu lui-même ? Ça, c'est la question dont personne ne connaît la réponse. La question que tout le monde se pose aujourd'hui.

Le summum avait eu lieu au moment de notre arrivée. Nous étions à cheval, moi et ma petite famille, on avait hâte de retrouver Alicia, Altan et tous les autres, pour leur donner de nos nouvelles ainsi que ceux de nos amis qui nous avaient accompagnés chez les Fils du Vent.

Ewilan avait aussi hâte de revoir ses anciens compagnons, ceux avec lesquels elle avait étudié et traversé maintes épreuves. Elle se demandait ce qu'ils étaient devenus, quelles fonctions ils exerçaient à présent.

Bien sûr, elle se souvenait de Liven, mais son souvenir ne provoquait plus chez elle le même émoi que par le passé, cet émoi qui me rendait tellement jaloux quand je voyais son cœur se faire hésitant. S'il me l'avait volée à l'époque, j'aurais sûrement perdu la raison, peut-être que je l'aurais tué, que je l'aurais tuée, que je me serais tué après. Un grand drame passionnel comme on en voit dans les films. Mais ça aurait été vrai… Je n'aime pas me poser la question. Penser à ce qui aurait pu arriver.

Tout ce que je sais, c'est que jamais, au grand jamais je n'aurais pu renoncer à elle. Je l'aimais trop, je l'aime trop.

Mes sentiments n'ont pas changé.

Aujourd'hui encore, ils n'ont pas changé d'une once. Ils sont toujours aussi fous et déchaînés. J'ai la chance de l'avoir près de moi, mais si seulement je pouvais ériger autour d'elle une barrière qui la protègerait de tous les regards… Mais non, je ne pourrais jamais faire cela. Elle est bien trop lumineuse pour ne pas être remarquée.

Mon Ewilan.

Aujourd'hui, mon cœur se déchire. Je ne l'avais pas vue pleurer depuis bien longtemps. Je lui ai dit de ne pas se sentir responsable de tout mais elle est trop gentille. Et une fois de plus, je sens brûler en moi les affres terribles de la jalousie. Je ne supporte pas qu'elle se mine ainsi pour un autre.

Liven… Ce Liven est cinglé.

Déjà, nous présenter un visage bouleversé au lieu d'un sourire, c'était purement malpoli. Vous en direz ce que voudrez, mais c'est mon avis, et rien ne m'en fera changer.

Nous avons fait tout ce chemin pour lui montrer notre trésor. Et voilà son accueil.

Ensuite, faire un pas sur le côté et ne plus donner de nouvelles pendant une semaine, c'était carrément une insulte. Non seulement toute la ville est en état d'alerte, mais Ewilan se ronge les sangs. Elle n'en dort plus la nuit, elle pleure, elle se dit que tout est de sa faute alors qu'elle n'y est pour rien.

Même quand il n'est pas là, ce type ne sait que créer des problèmes. Je le hais.

Je le hais.

Liven…

Peu importe le temps que ça prendra. Je te retrouverai, je te le jure, et je te ferai payer ta lâcheté.