Auteuze : Bobu-chan « pipistrelle des cachots »

Titre : Le royal amant de Beauxbâtons

Rating : M, présence de slash, homophobes s'abstenir

Pairing : DM/HP et quelques autres...

Disclaimer : nous nous excusons auprès de J.K Rowling pour l'usage détourné de ses personnages (qui sont rien qu'à elle pas à nous hélas).

Résumé : SUITE TOME 6. Harry part à la recherche des horcruxes… Nouvelles alliances, nouvelles rencontres et nouvelles amours

Notes de l'auteuze : Le troisième chapitre, la réunion de l'ordre enjoy ! (enfin j'espère )


Chapitre trois

Harry attendait nerveusement dans le salon du Terrier aménagé pour la réunion. Il s'était levé tôt et déjà, la journée d'hier lui paraissait loin. Aujourd'hui devaient commencer les choses sérieuses et pas très agréables. C'était la première fois que l'Ordre se réunissait depuis la mort de Dumbledore, la première fois également que Harry assistait véritablement à ces réunions. Et il était stressé. Stressé parce qu'on allait attendre beaucoup de lui, qu'il allait devoir prendre des décisions et qu'il n'avait pas l'habitude. Il était seul. Avant, Dumbledore était toujours là pour aiguiller ses choix, mais plus maintenant. Il devait se débrouiller. Il enviait Fred et George qui avaient dû regagner leur magasin dès ce matin.

Enfin, les membres de l'Ordre entrèrent un à un. Hermione se plaça à la droite d'Harry et Ron à sa gauche, comme pour le protéger. Neville et Luna n'étaient pas placés bien loin. Puis vinrent Tonks et Rémus, Molly et Arthur, avec Ginny, Charlie, le professeur Macgonagall, suivie par Hagrid, Kingsley Shackelbott, et fermant la marche, Maugrey Fol-Œil. Ce dernier s'occupa, une fois tout le monde installé de verrouiller la porte et d'installer des sorts insonorisant la pièce.

Un silence tendu s'installa, personne n'osant prendre la parole. Hermione regardait fixement devant elle, Ron fixait ses pieds, Neville faisait de même, Luna dessinait sur une feuille blanche qu'elle avait sortie pour prendre des notes. Tonks et Rémus, assis côte à côte se tenaient la main, Molly serrait et desserrait ses mains nerveusement, tandis qu'Arthur ne cessait de taper du pied le sol. Tous semblaient très préoccupés par quelque chose n'ayant rien à voir avec le but de leur rassemblement. Ils restèrent un long moment ainsi jusqu'à ce que Minerva MacGonagall prenne la parole. Tous l'avaient acceptée, par un accord implicite, comme nouveau chef de l'Ordre, au moins pour le moment.

« Je pense qu'il est temps de commencer. Je sais bien que c'est difficile, pour nous tous, d'y voir clair maintenant, mais il faut continuer à nous battre dans ce qui est devenu une vraie guerre. Nous avons perdu quelqu'un de vraiment important et que nous aimions tous. Mais ce n'est pas le sujet de cette réunion et nous savons qu'il faut agir et vite, avant qu'il ne soit trop tard. Ensemble, nous avons le pouvoir d'agir. Et tout ce qu'a accompli Albus Dumbledore … » Sa voix trembla tandis qu'elle prononçait son nom. « Doit nous servir et nous permettre de ne pas perdre de vue l'espoir d'un monde en paix. »

De nouveau, le silence retomba. Mais Minerva le rompit presque aussitôt.

« Je voulais avec vous faire une proposition. Albus tenait énormément à Poudlard. C'était toute sa vie. Je sais que beaucoup d'élèves ne voudront plus jamais remettre les pieds dans l'école, par peur… Mais j'aimerais reprendre la direction de Poudlard, permettre à ceux qui le veulent de recevoir l'enseignement de l'école. »

« Je ne sais vraiment pas si c'est une bonne idée, Minerva, » lui dit Arthur, après un court moment. « Tu cours un trop grand danger, Voldemort sait que tu es du côté de l'Ordre, tu as toujours été proche d'Albus. »

« Je sais me défendre Arthur, et je n'ai pas d'autre endroit que Poudlard où je me sens chez moi. Albus m'a confié quelques uns de ses secrets pour faire fonctionner l'école, en cas d'accident disait-il. »

Elle sourit tristement avant de reprendre :

« Je suis la seule qui peut le faire. »

« Mais les élèves ? » L'interrompit Maugrey. « Si les parents les laissent aller à Poudlard, c'est qu'ils se montrent de notre côté. Non seulement il faut protéger les enfants, mais aussi les parents et toute la famille, c'est une responsabilité extrêmement lourde. Nous ne sommes pas prêts à y faire face. »

« Nous ne sommes que fin juillet, Alastor, il est encore temps de s'organiser. Et nous enverrons une lettre détaillée aux parents pour qu'ils sachent à quoi s'attendre. Je pense que nous pouvons arriver à protéger tout le monde, mais j'ai besoin de l'aide de l'Ordre. »

Elle regarda toutes les personnes présentes avec un air grave.

« Les élèves de Serpentard, vous y avez pensé ? Comment va-t-on pouvoir gérer ça ? Il peut y avoir des élèves Mangemorts. » Lança Arthur, l'air préoccupé.

« C'est un risque, effectivement. » Le regard de Minerva s'était assombri. « Mais je pense que détecter la Marque devra faire partie des nouvelles normes de sécurité… »

« S'il vous plaît » Reprit-elle, « Réfléchissez bien. Ce projet peut paraître fou et irraisonné, mais nous avons besoin de garder un peu de normalité et rouvrir l'école peut nous apporter ça. Je ne le ferai pas sans votre accord. Mais s'il y a une petite chance pour que cela puisse se réaliser, nous devons le faire. »

Personne ne répondit. Tous semblaient ruminer leurs pensées. Même Maugrey n'avait plus d'objection. Il commençait visiblement à réfléchir à l'organisation des Aurors pour la protection de Poudlard et des familles des élèves. Macgonagall se tourna alors vers ses cinq élèves.

« Qu'en pensez-vous ? Vous n'avez rien dit jusque là… »

Hermione prit aussitôt la parole : « Je pense que vous devriez le faire, Professeur. »

« Moi aussi » Dit Neville. Harry, Ron et Luna acquiescèrent également. Comme elle l'avait dit, Poudlard avait toujours été un élément stable dans la vie des jeunes sorciers. On ne pouvait pas le supprimer de cette façon. Beaucoup d'élèves allaient sans doute faire leur scolarité à Beauxbâtons ou ailleurs. Mais si l'école restait ouverte, beaucoup garderaient l'espoir d'y retourner.

« C'est possible, Minerva » Dit Maugrey, ayant pris sa décision. « Je suis prêt à faire mon possible pour assurer la protection de tous. »

Tout le monde fit ensuite un mouvement de tête, signant leur accord. Minerva soupira de soulagement, même si la tâche qui lui incombait venait de s'imposer à elle. Hagrid sembla reprendre un peu de vie, il allait retrouver son chez soi. Même s'il manquait le personnage principal. Il faisait son deuil à sa façon, en ne parlant à personne mais en écoutant. Dès qu'on aurait défini son rôle dans l'Ordre, il s'y tiendrait.

Maugrey entreprit de lancer un nouveau sujet : « Il faut réorganiser l'Ordre, puisque je pense que notre manière d'agir est connue de Voldemort. »

Harry frémit de rage en devinant à qui il faisait allusion.

« Nous devons réattribuer à chacun un rôle précis et nous devrons être efficace. Les Mangemorts prennent beaucoup trop de pouvoir en faisant régner la terreur. Nous devons limiter leurs actions. Et surtout assurer notre propre protection. »

« Je pense que nous devons continuer notre action au Ministère. » Proposa Arthur. Molly avait fermé les yeux un instant alors qu'il parlait. Elle espérait sans doute inconsciemment que son mari soit hors de danger quelques temps au moins.

« En étant le plus discret possible, bien entendu. Nous devons absolument savoir qui est Mangemort et qui ne l'est pas, ou au moins qui est à la solde de Voldemort. Si quelqu'un essaie d'infiltrer le Ministère, nous devons savoir qui avant qu'il ne puisse avoir assez d'influence pour diriger en partie les opinions, au profit de Voldemort. »

Le silence se fit. Arthur avait raison, bien entendu. On ne devait en aucun cas négliger le Ministère. Sinon, l'influence de Voldemort serait telle qu'il serait encore plus difficile de le faire chuter. Voldemort, plus personne n'hésitait à prononcer son nom, remarqua Harry. Il était revenu, avec toute sa puissance et aucune superstition n'y pouvait rien changer à présent.

Le silence fut rompu, par Rémus qui poussa un soupir de découragement.

« Nous n'y arriverons pas, Arthur. Tous les Mangemorts savent à présent nos méthodes pour découvrir les traîtres. Même en étant le plus discret possible, ils sauront se glisser dans les mailles de nos filets, et nous mettre en danger. »

« Il ne faut pas se décourager, Remus ! Pas si facilement ! » Le sermonna Minerva et sa voix claqua « Je te croyais plus avisé que ça. Nous sommes ici pour chercher des solutions, et non pour ressasser les problèmes que nous avons ! »

Kingsley choisit ce moment pour intervenir :

« Cependant Minerva, Rémus a raison. » Il se dépêcha de continuer alors que Minerva le foudroyait du regard. « Dans le sens où nos noms et ceux de nos espions au Ministère sont connus. »

Il marqua un temps d'arrêt, comme s'il rassemblait ses idées avant de continuer : « La solution serait peut-être de faire comme si nous avions complètement abandonné. Montrer un visage abattu et défait mais en profiter pour renouveler les équipes, introduire de nouveaux espions au ministère, et travailler dans l'ombre. Ça endormira la méfiance de Voldemort. »

Tous l'écoutaient avec intérêt, et attendaient avec impatience la suite de son plan.

« Pour ce qui est des attaques de Mangemorts, nous ne pouvons évidemment pas y aller à visage découvert. Mais nous pouvons faire croire, maintenant que le retour de Voldemort est connu de tous, à des groupes de Résistance formés spontanément. En pensant avoir affaire à plusieurs groupes, sans vraiment d'organisation, ils ne tenteront pas de démanteler un réseau qui pour eux n'existe pas, ou alors, ils s'égareront sur des pistes que nous fabriquerons à leur intention. Je suis convaincu que ça peut marcher ».

« De toute façon, je ne vois pas d'autre solution… » Soupira Maugrey.

« Je te suis, Kingsley ! » Dit Tonks

" Et je pense que ce plan peut parfaitement coller au mien"

Tout le monde leva un regard étonné vers Harry dont les yeux brillaient de détermination. « J'ai peut-être les moyens de tuer Voldemort. Mais il me manque des informations et il me faut du temps et des recherches pour cela. Je ne peux pas vous en dire plus, de toute manière vous n'en avez pas besoin. » Il se tourna vers Minerva MacGonagall « Je ne pense pas continuer mes études cette année à Poudlard… » Il reporta son regard sur les autres membres « Si vous décidez de tous adopter une attitude défaitiste, je peux passer pour un trouillard. Nous n'avons qu'à divulguer l'information que Dumbledore mort, je me suis enfui avec mes amis. Voldemort est trop sûr de lui et de son pouvoir sur moi qu'il ne mettra jamais en doute l'article et ne se méfiera pas. »

« Mon père peut s'occuper de divulguer toutes les informations que vous voulez » Dit Luna, rompant le silence qui avait suivi le discours de Harry. « Il a des contacts avec des journaux, et petit à petit, toutes ces fausses informations arriveront à la gazette, qu'elle le veuille ou non. »

La tension présente depuis le début de la réunion sembla se relâcher d'un coup. Tout le monde se mit à parler en même temps. Ils avaient quelque chose à faire maintenant, et devaient réfléchir pour que leur mission soit menée à bien. Des conseils, des suggestions aussi bien que des refus catégoriques fusaient dans la pièce.

« Je crois qu'il nous reste un autre point important à régler » Dit Maugrey, faisant taire tout le monde.

« Il nous faut un autre lieu de rendez-vous pour l'Ordre. Nous ne pouvons nous permettre de rester au square Grimmaud, ils doivent connaître ce lieu, même s'ils ne peuvent pas le voir et nous tendre une embuscade à la sortie. Ce serait inconscient. »

Avant que Minerva ne prenne la parole, il reprit « Non Minerva, je sais que tu penses à Poudlard, mais c'est un lieu très compliqué à protéger et nous ne pouvons prendre le risque, si nous avons un autre traître dans nos rangs de livrer à la fois le lieu de l'Ordre du Phoenix, et les secrets de protection de Poudlard. »

Molly intervint alors : « Eh bien, peut-être que le plus simple serait de rester ici, au Terrier. Après tout, toute ma famille est dans l'Ordre, à part Percy ». Elle marqua un temps d'arrêt avant de poursuivre : « Nous avons déjà établi beaucoup de remparts de sécurité autour de la maison pour le mariage, et nous pouvons les renforcer… »

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Molly » L'interrompit Kingsley. « Tu es déjà bien trop impliquée dans cette guerre. Comme tu l'as dit, toute ta famille est dans l'Ordre. Et puis, je pense que le Terrier est trop connu, ce serait un des premiers lieux surveillés par les Mangemorts. Il nous faut un autre lieu… »

« Pourquoi pas la maison de mes vacances de mes parents à Newcastle ? » Lança Hermione. « C'est peut-être un peu loin, mais ils n'y vont presque jamais… »

Une nouvelle fois, Kingsley secoua la tête. « Non, ce n'est pas possible. C'est gentil de le proposer Hermione, mais c'est beaucoup trop loin si pour une raison ou une autre, on ne doit pas utiliser de moyens de transport magique. En fait, l'idéal serait une maison ayant déjà quelques protections magiques. Mais où pouvons-nous trouver ça ? »

Plusieurs hypothèses furent proposées, mais après quelques réflexions, elles furent toutes rejetées. Chacun réfléchissait dans son coin, découragé à l'idée que l'organisation de l'Ordre pouvait être mise en péril juste pour une histoire de lieu de réunion. Soudain, Maugrey se tourna vers Harry : « Harry, je crois que la seule solution serait de faire notre lieu de réunion chez toi… »

« Chez moi ? Mais nous venons de dire que c'était impossible ! » S'exclama Harry « Que ce serait trop dangereux, qu'on pourrait nous tendre facilement des embuscades ! »

« Harry, je ne pensais pas au square Grimmaud… Je pensais au 4 Privet Drive… »

« QUUUUUUUOOOOOOOOOOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ??? » Harry devait sûrement avoir mal entendu, ou Maugrey était devenu fou, ou il était sous l'emprise de quelque sortilège impardonnable. Il ne pouvait pas avoir entendu ce qu'il avait entendu. Tous le fixaient maintenant avec insistance, comme s'ils attendaient une réponse. Il rêvait, ce n'était pas possible. Il se pinça le bras de toutes ses forces mais se rendit à l'évidence quand il remarqua avec horreur que même Hermione et Ron le regardaient, avec l'air de l'interroger.

Il reprit ses esprits. S'il récapitulait, on lui demandait de prêter une maison qui ne lui appartenait même pas, mais qui était à sa « famille » qui le détestait et qui ne voulait jamais plus entendre parler de magie, ni de lui d'ailleurs.

« Je ne vois pas en quoi… chez moi, comme vous dites », dit enfin Harry, d'un air dégoûté « pourrait mieux convenir que la maison de vacances d'Hermione ou même ici. Tout le monde sait que j'ai habité au 4 Privet Drive ! Et même si je voulais bien faire de cette maison le siège de l'Ordre, il reste mon très cher oncle et ma très chère tante à convaincre. Ils ne voudront jamais ! »

« Harry, réfléchis ! » Dit alors Maugrey. « Depuis la première année à Poudlard, tout le monde sait que tu détestes tes parents d'adoption et qu'ils te le rendent bien. Tu ne voulais qu'une seule chose, partir de chez eux. Penses-tu vraiment que si Voldemort voulait te trouver ou nous chercher, ils iraient chercher chez les Dursley ? »

Harry devait bien admettre que non…

« De plus, la maison des Dursley est depuis longtemps, 17 ans à vrai dire, protégée par de nombreuses protections. Il nous resterait un travail minime et nous avons peu de temps. Ensuite, pour ce qui est de convaincre ton oncle et ta tante, je pense que nous saurons nous montrer persuasifs. De plus, ta tante au moins a l'avantage de savoir ce que représente Voldemort pour le monde sorcier et pour le monde moldu. Elle saura évaluer les conséquences de son refus. »

Harry devait s'avouer vaincu. Privet Drive était le lieu rêvé pour le siège de l'Ordre. Si improbable que même le Seigneur des Ténèbres ne s'en douterait pas. Hermione posa sa main sur le genou de Harry.

« ça va aller Harry, on est là, et puis, ce n'est pas si terrible ! »

« Oui, ça va aller. De toute façon, c'était louche. Je ne pouvais pas quitter quelque chose que je déteste dans ma vie aussi facilement. »

« Hey ! Ne parle pas comme ça, si ça se trouve, tu ne seras même pas obligé de les voir ! Et puis on sera tous là, nous ! »

Harry ne répondit pas. Ce n'était pas comme s'il avait le choix de toute façon… Il devait l'accepter. Il n'aurait voulu pour rien au monde devoir retourner chez son oncle. Mais il ne pouvait pas laisser tomber l'Ordre. Et puis peut-être qu'il ne serait pas obligé d'endurer les humiliations avec autant de sorciers dans la maison. Il était majeur maintenant, chez les sorciers, il pouvait utiliser la magie comme il le souhaitait… Peut-être que ça suffirait à ce qu'ils le laissent tranquille. Il se décida à prendre la parole, on lui demandait son accord. Même s'il n'avait pas le choix, il pouvait au moins faire comme s'il l'avait.

« C'est bon, je veux bien que vous parliez à ma tante. Je vous conseille Pétunia plus que Vernon, lui il ne voudra rien entendre. » Dit Harry d'une voix dont il espérait qu'elle ne tremblait pas.

« D'accord Harry, merci, nous irons leur parler dès demain, pour pouvoir nous installer au début de la semaine prochaine. »

Harry pensait la réunion terminée, mais Minerva s'éclaircit encore une fois la voix.

« Je pense nos problèmes les plus urgents réglés. Il nous reste encore un détail… » Elle fit une pause, comme si elle s'interrogeait sur la meilleure façon d'annoncer le « détail ».

« J'ai reçu la visite de deux personnes, qui voudraient échapper aux Mangemorts. Et je les ai poussés à venir se présenter devant vous. Je les ai acceptés et j'espère que vous ferez de même. » Elle marqua une dernière pause et plongea son regard dans chacun des élèves présents en reprenant « J'ai confiance en eux. Je vous demande de ne pas se fier aux apparences ; tout le monde ne naît pas dans la bonne famille. Je vais leur ouvrir, ils attendent dans le couloir… »

Tandis qu'elle se levait et sortait, Harry était très nerveux, il avait un mauvais pressentiment. A côté de lui, Hermione était plongée dans ses pensées.

Enfin, Minerva reparut : « Bien, je présente à ceux qui ne les connaissent pas… » Harry n'entendit pas la fin de la phrase, il s'était levé d'un bond. Que faisaient-ils ici ? Hermione le força à se rasseoir mais il continuait à fixer les nouveaux venus d'un air rageur.

Blaise Zabini était entré le premier, d'une démarche nonchalante. Il portait un jean bleu foncé et une chemise blanche qui mettait en valeur sa peau noire. Son calme légendaire ne lui faisait pas défaut. Mais il avait visiblement vécu des jours éprouvants si on en jugeait aux cernes qui marquaient son visage. Ses yeux passaient sans cesse de l'un à l'autre, seul signe de son inquiétude. Il s'était assis en bout de table, près de Kingsley.

Pansy Parkinson était entrée à sa suite. D'abord hésitante, elle reprit tout de suite son air hautain habituel. Son air peu aimable et fatigué lui donnait plus que jamais l'air d'un bouledogue. D'autant plus qu'elle mâchait ostensiblement un chewing-gum. Elle refusait de croiser le regard de quiconque et s'assit entre Minerva et Blaise.

Un grand silence s'installa. Il était de ceux qui précédaient la tempête. Au grand étonnement de tous, ce fut Molly qui réagit la première.

« Comment as-tu osé, Minerva ? Amener ces deux… » Elle se retint au dernier moment. « … Serpentards sous MON toit, sans même me prévenir… Tu ne penses pas que j'avais mon mot à dire là-dessus ? Mais non, tu ne m'as rien dit. Ma famille et l'Ordre ne courent pas un assez grand danger ? Qui peut certifier que ce ne sont pas des espions, comme … »

« Moi, je vous l'assure, Molly » Intervint Maugrey, gravement. « J'ai procédé à tous les tests de vérification sur eux. Croyes-moi, je ne les aurai jamais laissé entrer sinon. »

Les deux intéressés étaient restés de marbre pendant le discours de Molly, mais Minerva avait pâli.

« Je suis désolée, Molly. » Reprit Minerva « J'aurai dû vous prévenir mais je tenais à ce que le moins de monde soit au courant pour notre bien à tous. Je ne voulais en aucun cas nous mettre en danger. J'ai confiance en leur bonne foi. »

Molly ne répondit pas. Minerva la laissa réfléchir, elles en reparleraient plus tard. Elle s'en voulait de ne pas l'avoir prévenue, mais il lui avait semblé sur le moment que ce n'était pas nécessaire. Minerva était convaincue de la sincérité de Blaise et de Pansy. Blaise était venu la voir quelques jours après l'enterrement de Dumbledore. Elle avait été très méfiante au début, mais il lui avait expliqué qu'il n'aurait jamais pensé que la mort du Directeur l'aurait touché à ce point. Et de savoir que c'était son propre directeur de maison qui l'avait tué avait été dur à accepter. Il n'avait jamais pris position. En serpentard typique, il se laissait vivre en essayant de déterminer quel côté serait le plus bénéfique pour lui. Mais il avait été mis au pied du mur par ses parents… Ils lui avaient dit qu'enfin il pourrait devenir mangemort dès le début de l'été. Il avait réalisé qu'il ne tenait en aucune façon à être mangemort. Et il était venu la voir, pensant qu'elle pouvait le conseiller. Elle avait été prudente et n'avait rien dit de compromettant pour l'Ordre puis avait réalisé qu'il était sincère… Et elle lui avait proposé de se présenter à l'Ordre. Il avait hésité, puis avait accepté en affirmant qu'il voulait participer à la lutte contre Voldemort. Quelques jours auparavant, c'était au tour de Pansy de lui demander son aide. Elle avait une allure bien différente de celle qu'elle avait aujourd'hui. Elle était arrivée en pleurant, les cheveux défaits, et la voix tremblante. Elle lui avait raconté comment ses parents l'avaient obligée à participer à une réunion d'initiation à laquelle devaient participer une bonne partie des enfants des mangemorts de son âge. Mais quand elle avait vu quelle douleur on devait endurer la marque, un tatouage et ensuite un sortilège très douloureux, elle avait paniqué et s'était enfui. Le seul lieu –relativement- sûr qu'elle connaissait était Poudlard. Elle ne souhaitait participer à aucune question pendant la guerre, juste être protégée, et Minerva ne pouvait pas lui jeter la pierre…

« Je suis prêt à vous dire tout ce que vous voulez savoir » Commença Blaise, d'une voix un peu trop forte pour être naturelle. « Je ne suis pas un espion. Je sais que vous ne me ferez pas confiance tout de suite, mais s'il vous plaît acceptez-moi, je saurai me rendre utile. »

« Alors peux-tu nous dire comment un des meilleurs amis de… » Harry cracha son nom « … Malfoy se trouve ici ? » Ses yeux lançaient des éclairs. Il avait visiblement peine à contenir le flot d'émotions qui le submergeait.

Blaise refusa de répondre à la provocation. Il savait que ce n'était pas comme ça qu'il allait se faire accepter. Il devait ravaler sa fierté. D'ailleurs tout le monde devait avoir le point de vue de Potter. Il avait tressailli quand il avait mentionné Draco. Blaise ne savait pas le rôle que son ami avait tenu dans l'assassinat de Dumbledore jusqu'à ce que ses parents le lui apprennent. Il n'avait pas compris. Comment avait-il pu faire ça ? Pourquoi est-ce qu'il ne s'était pas tourné vers MacGonagall comme il l'avait fait, et comme cette idiote de Pansy.

Son regard se reposa sur Harry qui attendait une réponse. Il commença alors le récit, de la même façon qu'il l'avait fait avec MacGonagall. Au fur et à mesure qu'il parlait, il sentit la tension s'apaisait. Apparemment, on le croyait. Quand il finit de parler, Granger semblait enfin vouloir le regarder. Ron, Neville et Luna ne lui prêtaient pas d'attention. La sœur de Weasley regardait sa mère comme pour savoir quel comportement adopter. Harry semblait avoir abandonné toute envie de lui mettre des bâtons dans les roues. Tous semblaient réfléchir.

« Et toi Pansy ? » Questionna sans aucune douceur Tonks après un moment. « Que fais-tu là ? » Blaise poussa un soupir de soulagement. Ils l'avaient accepté. Ils ne lui faisaient peut-être pas encore confiance, mais ils ne l'avaient pas rejeté.

Pansy raconta à son tour ce qu'elle avait vécu et ce qui l'avait conduit à se tourner vers MacGonagall. Elle admettait sans aucune honte, et peut-être n'avait-elle pas à avoir honte, que la raison pour laquelle elle était ici était la peur. Elle n'avait pas envie d'avoir un rôle quelconque dans cette guerre, mais voulait rester en vie.

Le débat ne se prolongea pas. Pansy n'était visiblement pas dangereuse, elle était loin d'avoir la carrure d'une espionne…

La réunion se termina enfin. Harry sortit rapidement, en faisant comprendre à ses amis qu'il avait besoin d'être seul. Il n'eut pas un regard pour Blaise ni Pansy. Il n'était pas prêt encore à accepter leur présence dans l'Ordre. Et il avait tant de choses à penser. Il pensait qu'on attendrait beaucoup de lieu au début de cette réunion. Finalement, on avait déjà pris toutes les décisions pour lui. Comme d'habitude, pensa-t-il amèrement. Et il allait devoir supporter de retourner chez les Dursley…


Et voilà c'est fini pour cette fois Un chapitre un peu dense ...

Je vous retrouve dans quinze jours ! Biz!