Résumé : Et oui, puisque tout a une fin… Voici l'épilogue de cette opération un peu spéciale… Sev s'est finalement agenouillé devant son Harry qui a répondu un oui on ne peut plus enthousiaste à sa demande… Alors, le grand JOUR (en majuscule s'il vous plaît !) est enfin arrivé ! Bonne lecture à tous pour cet épilogue…. Et un grand merci à tous ceux qui m'ont soutenu et encouragé par leur message… Bisous… Lilywen.

Opération Marions-le

EPILOGUE

Chapitre 15 : Opération : Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup…

En ce jour magnifique où l'on célébrait la fin de l'hiver et le retour tant attendu du printemps, où la nature s'éveillait si doucement dans la lointaine et mystérieuse Ecosse, l'école de sorcellerie de Poudlard, universellement réputée pour la qualité rare de son enseignement, connaissait une effervescence toute inhabituelle. D'ailleurs, les cours avaient été exceptionnellement suspendus en ce jour festif. Les plus jeunes élèves absolument enchantés de la sage décision prise par la très respectée directrice, Minerva Mac Gonagall, avaient pris d'assaut le vaste terrain de Quidditch et avaient aussitôt improvisé un tournoi amical entre les différentes maisons. Leurs cris, pour le moins enthousiastes parvenaient jusqu'à l'entrée du collège mais si vous permettez, chers moldus, laissons donc là ces charmantes têtes blondes à leurs occupations sportives bien innocentes pour rejoindre en toute discrétion le lieu où se jouera dans les prochaines heures rien de moins que la paix et l'avenir du monde magique. Allez, jeunes curieux intrépides, hâtons-nous vers le château et mêlons nous à la foule compacte, à l'agitation furieuse de ce jour si peu ordinaire…

En effet, le parc de la prestigieuse institution était littéralement noir de monde. Sorciers et sorcières de toutes origines et de tout âge arrivaient d'Angleterre, d'Irlande, d'Ecosse... Vêtu de tenue de cérémonie aussi somptueuse qu'extravagante, aux couleurs parfois extrêmement criardes, le gratin de la haute société sorcière anglaise semblait particulièrement impatient d'assister à ce qui s'annonçait déjà comme l'événement du siècle, un bouleversement, un cataclysme qui reléguait la vie et l'œuvre du terrifiant et abominable Lord Voldemort a une simple historiette sans grand intérêt, un vague accident de parcours dans la marche grandiose de l'humanité. Certains imploraient même Merlin avec force et conviction pour être placés au plus près de l'autel magique et ainsi profiter au mieux de la cérémonie de mariage qui lierait à tout jamais les destinées du célèbre survivant à la cicatrice, Harry James Potter et son ténébreux amant, espion de Dumbledore, le sombre Maître des Potions de Poudlard, connu et craint de tous, Severus Snape. L'union de ces deux hommes devait réconcilier pour toujours les deux clans ennemis, les Lions de Godric Gryffondor et les Serpents de Salazar Serpentard, mettant fin à une guerre ancestrale. L'heure était donc historique.

Il s'était en effet écoulé un mois, presque jour pour jour depuis que le merveilleux, sublime et séduisant brun aux yeux d'émeraude, idole incontestée de ce monde, avait répondu –hurlé serait un terme plus réaliste d'ailleurs - un 'oui' éperdu et enthousiaste au Maître des Potions agenouillé devant lui et même les amis les plus proches du jeune homme avaient alors semblé littéralement sidérés, estomaqués par cette nouvelle mais qui ne l'aurait pas été ? Depuis sa victoire inespérée contre celui dont on osait enfin prononcer le nom, chacun s'accordait sur le fait que le magnifique enseignant en défense contre les Forces du Mal était le plus convoité des célibataires, qu'il s'amusait à butiner avec plaisir d'homme en homme sans se soucier le moins du monde du quand dira-t-on. On lui prêtait d'ailleurs moult liaisons aussi brèves que tumultueuses. Encore seulement quelques jours avant la prestigieuse soirée au manoir Malefoy qui avait marqué les débuts de cette ère nouvelle, des rumeurs folles, répandues largement par Rita Sketeer dans la Gazette des Sorciers, avaient prétendu que le cœur du beau survivant avait été ravi par son ancien amant, le splendide métis, Blaise Zabini au cours d'une escapade inoubliable à Paris. Pourtant, force est d'admettre qu'il n'en était visiblement rien. La presse s'était largement fourvoyée car Harry Potter n'avait jamais paru aussi heureux et rayonnant que lorsque le Maître des Potions lui avait demandé sa main et depuis cette fameuse soirée, les journaux n'avaient eu de cesse de titrer sur le bonheur parfait qui unissait les directeurs actuels des deux prestigieuses maisons de Poudlard. Ils allaient finalement prononcer leur vœu et officialiser leur amour devant pratiquement l'ensemble de la société magique, sous le regard bienveillant et attendri de leurs plus proches amis…

Tout s'annonçait donc sous les meilleurs auspices quand soudain un cri bouleversant, déchirant interrompit toutes les conversations qui allaient bon train dans le hall de l'école. En effet, quelque part, en haut de la tour ouest de Poudlard, dans son appartement, le charmant et magnifique jeune homme aux yeux d'émeraude hurlait de désespoir :

« NON ! NON ! NON ! JE NE PEUX PAS Y ALLER ! EN TOUT CAS, PAS AVANT D'AVOIR TROUVE UNE SOLUTION ! C'EST IMPOSSIBLE !

- Potty, par pitié ! Serais-tu assez obligeant pour épargner mes chastes oreilles ?

- Tu plaisantes, j'espère, il n'y a jamais rien eu de chaste chez toi, Malefoy !

- Touché !

- ET CELA NE ME DIT TOUJOURS PAS COMMENT JE VAIS FAIRE !

- Pitié ! Tu me fatigues vraiment, amour de mon parrain, alors cesse tes simagrées ou je te jure que je pourrais réellement devenir violent et je suis certain que tu ne le souhaites pas du tout, nous sommes d'accord ?

- MAIS SEAM A DIT…

- Oui, je sais ! Seamus a dit… »

Le blond se retourna vers le jeune enseignant aux Etudes Moldues avec un air furieux sur le visage avant de reprendre aussitôt :

« D'ailleurs, toi, en passant, je préfère largement lorsque ta bouche est occupée sur ma petite personne…

- EH ! Inutile de t'en prendre à moi. Je ne pouvais pas penser qu'Harry serait autant attaché à ce genre de superstitions. C'était juste pour discuter un peu de ces vieilles coutumes moldues …

- C'est exactement ce que je te dis, évite de parler Seamus… Contente-toi d'utiliser ta langue sur certaines parties de mon corps absolument parfaites, c'est très largement suffisant. »

Drago fixait avec un regard de prédateur sa proie, l'adorable et timide gryffondor. L'irlandais avait aussitôt furieusement rougi devant les attaques un peu trop directes de son… ami… petit-ami… amant… compagnon… Aucun des mots classiques ne semblait réellement correspondre à la relation qui l'unissait désormais au blond prétentieux même si en à peine un mois, il était incontestable qu'ils avaient établi entre eux une liaison des plus particulières. Harry souffla bruyamment et immédiatement, les deux autres hommes se lâchèrent du regard :

« Dites le tout de suite si je dérange, ma chambre est libre…

- Pas la peine de devenir désagréable, amour de mon parrain…

- Arrête avec ce surnom ridicule, filleul de mon amour…»

Sans prêter plus attention au soupir un brin exaspéré et condescendant du Serpentard, le survivant continua aussitôt :

« Reprenons. D'après ce que tu m'as expliqué, Seam, je dois impérativement porter sur moi quelque chose d'ancien, quelque chose d'emprunté, quelque chose de neuf et enfin quelque chose de bleu pour que mon mariage soit parfaitement réussi. J'ai bien compris, n'est-ce pas ?

- Oui, 'Ry, c'est une vieille coutume moldue mais ce que je…

- C'est RI-DI-CULE.

- On se passera bien de tes commentaires sans intérêt, Dray. Ma vie avec Sev est en jeu et absolument rien ne doit venir contrecarrer cette journée. TOUT DOIT ETRE PARFAIT ! PARFAIT ! VOUS ENTENDEZ !

- Malheureusement oui, Potty… Je ne vois d'ailleurs pas comment nous pourrions ignorer ta douce et mélodieuse voix, vraiment pas !

- JE SUIS SERIEUX, DRAGO !

- Merlin et dire que Partemonia est persuadée que je suis dangereux pour la société. Je constate avec inquiétude qu'il y a largement plus effrayant que ma légère tendance mégalomaniaque digne de Voldemort... »

Pour faire taire Drago, Seamus donna un coup de coude bien peu discret à son… ami… petit-ami… amant… compagnon… Il faudrait d'ailleurs qu'il songe à éclaircir ce point très rapidement avec le Serpentard avant de devenir aussi cinglé que le survivant… Trois ans d'incertitude dans sa relation avec Snape avaient visiblement atteint bien plus gravement qu'il ne l'avait craint de prime abord le brun aux magnifiques yeux d'émeraude. Il n'eut cependant pas le temps de pousser plus avant sa réflexion car Harry reprenait avec un sérieux des plus alarmants :

« Bien, j'ai d'ores et déjà quelque chose d'ancien et d'emprunté.

- Et qu'est-ce que c'est, 'Ry ?

- Par Salazar, Seamus, quelle importance ! Arrête d'user ta salive aussi futilement…

- Pourtant, Dray, ça devrait t'intéresser au plus haut point car c'est grâce à ton père… Il est passé il y a moins d'une heure et m'a remis ce magnifique bracelet en or. »

Harry tendit son poignet droit où se trouvait un splendide bijou, aux motifs finement ciselés, deux serpents entrelacés dont les yeux étaient deux émeraudes scintillantes.

« C'est vraiment sublime, Harry.

- Merci, Seam... Apparemment, il appartient aux Black depuis plusieurs siècles et la tradition veut que tous les héritiers de cette famille le portent lors de leur mariage.

- Et pourquoi Père t'aurait-il confié cet objet si précieux alors ?

- Voyons, tu sais que j'ai reçu Grimmaurd à la disparition de mon parrain, par conséquent, je suis moi aussi un descendant des Black. Lucius me l'a donc apporté mais il tient absolument à ce que je le lui rende après la cérémonie pour l'union future de son fils avec…

- POTTY ! »

Drago regardait avec une envie furieuse d'étrangler l'enfant chéri du monde sorcier. Seamus, lui, semblait encore un peu plus rouge et mal à l'aise. Curieusement, le blond se surprit à vouloir protéger l'Irlandais des sarcasmes du survivant :

« Je doute très sincèrement que ce soit le moment pour évoquer ce point très particulier, Potty.

- Euh… Bien, si on reprenait… 'Ry, tu portes déjà quelque chose de vieux et d'emprunté avec le bracelet des Black et la semaine dernière, tu as acheté chez Madame Guipire ta robe pour la cérémonie, c'est donc quelque chose de neuf.

- Il ne me manque plus que quelque chose de bleu et tout sera vraiment parfait ! »

Le blond arrogant ricana. La vengeance était un plat cruel dont se régalait toujours le Serpentard et il asséna au brun aux yeux d'émeraude :

« C'est entièrement de ta faute, amour de mon parrain. Si tu n'avais pas respecté cette autre stupide tradition moldue prétendant que les futurs mariés ne doivent pas se voir la nuit précédant leur mariage, tu aurais pu profiter de quelques petits moments sulfureux et sensuels avec mon parrain et ton petit corps parfait serait probablement couvert de bleus à l'heure qu'il est… »

Seamus dévisageait le blond, attendant avec appréhension, le moment où Harry exploserait de rage contre le Serpentard. Le cri ne tarda d'ailleurs pas :

« MAIS C'EST UNE IDEE GENIALE, DRAGO ! »

Les deux amants se regardèrent médusés. Ce n'était apparemment pas la réaction qu'ils attendaient du sublime survivant.

« QUOI ?

- C'est parfait… Et puis, ça ne va absolument pas à l'encontre de l'autre tradition, n'est-ce pas Seam ?

- Euh…

- Mais oui, techniquement parlant, ce n'est plus la nuit précédant mon mariage donc rien ne m'empêche de rejoindre Sev pour obtenir cette fameuse couleur bleue, j'ai bien raison Seamus…

- Euh… En fait… Je dirais… »

Mais le gentil enseignant aux Etudes moldues n'eut pas l'occasion de finir sa phrase car Drago le frappa assez durement avec son coude pour l'empêcher de contredire Harry qui trépignait déjà d'impatience :

« Drago, où est Sev ?

- Comment le saurais-je ? Mon petit-a… Enfin je veux dire… Seamus m'a appelé à la rescousse parce que les deux témoins de la princesse en détresse sont encore partis tester un quelconque coin sombre du château et qu'il y avait apparemment situation d'urgence puisque Mademoiselle paniquait à cause d'une stupide coutume moldue.

- On parle de nous, on dirait…

- Blaise, Charlie… Vous étiez où enfin ? On vous cherche depuis plus d'une heure.»

Dans l'encadrement de la porte, le métis tenait fermement son dresseur de dragon par la taille, ce dernier fit un adorable sourire d'excuse au survivant :

« Désolé, 'Ry, on n'a pas fait attention à l'heure…

- Vous avez vu Sev ?

- Euh… Oui, il y a un bon moment déjà, il me semble… On l'a aperçu avec Rem qui lui demandait de le suivre, apparemment, il insistait pour lui parler sérieusement.

- On les a croisés vers les cachots.

- Vers les… Mais qu'est-ce que vous fabriquiez là-bas ?

- Par Salazar, Amour de mon parrain, je pensais pourtant que tu étais intelligent… Tu es d'une telle naïveté par moment que c'en est presque rafraîchissant. Tu veux peut-être que Blaise te fasse un croquis détaillé pour t'expliquer plus concrètement leur retard.

- C'est bon, Malefoy, pas la peine d'insister, j'ai parfaitement compris ! Et d'abord, pourquoi Mus est-il avec mon Sev ?

- Merlin, Potty ! C'est incroyable, je pensais que tu étais un peu plus rapide… Reprenons calmement, Princesse… Qui doit te conduire devant l'autel magique tout à l'heure ?

- Mus ? Mais quel est le rapport, Drago ?

- Princesse, réfléchis un peu ! Pourquoi as-tu choisi Lupin pour accomplir cette si noble tâche ?

- Parce qu'il est comme mon père…

- Brillant, je savais que tu n'étais pas complètement irrécupérable… Et donc, si tu considères le loup-garou comme ton père, lui te considère comme…

- Son fils…

- Si tu veux… Enfin, plus sûrement comme sa fille.

- Hé !

- Bien sûr, Princesse. Poursuivons donc : que fait, à ton avis, tout père un peu inquiet de confier pour toujours son précieux trésor à un autre homme ?

- Je… Euh…

- Voyons amour de mon parrain, le gentil père trop protecteur et inquiet va bien évidemment parler franchement au prince charmant et quand il s'agit de Lupin et de Severus, je dirais que la conversation doit être assez difficile et houleuse. Remus a probablement expliqué à Severus que si d'une quelconque façon, la jolie princesse en détresse devait souffrir par sa faute, il viendra le dévorer pour le dîner un soir de pleine lune ! »

Harry avait blêmi à cette dernière remarque et reprit avec une voix légèrement chevrotante et paniquée :

« Tu penses qu'ils sont toujours aux cachots…

- Possible, effectivement. »

Harry n'attendit pas davantage et laissa les deux couples dans son appartement, le brun s'engouffra rapidement dans la cheminée, prenant au passage une pleine poignée de la poudre de cheminette. Il eut juste le temps de dire à tout à l'heure aux quatre hommes qu'il disparaissait dans un nuage verdâtre à destination des appartements du Maître des Potions. Lorsqu'il arriva assez brusquement aux cachots, le survivant manqua de tomber à la renverse et fut en fait retenu au dernier moment par son amant. Il releva son visage et les yeux d'émeraude se trouvèrent confrontés aussitôt au regard sombre et ténébreux.

« Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Sev…

- Harry. Je t'ai posé une question. Pourquoi es-tu là ? Je croyais que nous ne devions surtout pas nous croiser avant la cérémonie, c'était pourtant TON idée.

- Je… Désolé… J'ai… Mus est encore là ?

- Non. Comment sais-tu qu'il était ici ?

- Blaise et Charlie l'ont aperçu avec toi, vous vous dirigiez apparemment vers tes appartements.

- Et…

- Rien !

- Harry, qu'est-ce qui t'arrive encore ? Qu'est-ce que tu caches ?

- C'est Drago… Il…

- Pitié ! Qu'est-ce que mon si charmant filleul t'a encore fait croire pour que tu te précipites ainsi jusqu'ici ?

- Que… Mus… Enfin, il ne s'est rien passé entre vous… Rien de grave, je veux dire.

- Harry, Lupin et moi avons tiré un trait sur le passé il y a plus de trois ans maintenant. Il s'inquiète certainement un peu pour toi et j'ai sans doute plutôt intérêt à veiller sur son adorable petit bébé lion mais à part cela, je te garantis que nous avons eu une conversation civile et agréable, quoi qu'ait pu encore te dire mon cher filleul. »

Pendant un bref instant, le brun aux yeux verts si particulier avait craint le pire, une confrontation un peu violente entre son Sev et Mus. Il posa son front contre le torse ferme de son amant qui le tenait toujours par la taille et soupira de soulagement. Il sentait juste les bras de son amour le serrer fermement et se laissa gentiment aller à cette douce étreinte.

« Tu vas bien, Harry, tu m'as l'air… un peu nerveux ?

- Je… Je t'aime, Sev.

- J'avais bien compris mon ange. Qu'est-ce qui te tracasse tant ?

- Je… Je n'en sais rien… J'ai peur, je crois… J'ai tellement attendu ce jour, j'ai peur que tout ne se passe pas parfaitement, que tu…

- Je ne vais pas renoncer, je ne compte plus te laisser repartir si c'est ce que tu redoutes... »

Severus passa sa main droite sous le menton du brun et releva doucement son visage jusqu'à plonger dans le magnifique regard d'émeraude. Lentement, il se pencha vers le plus petit. La bouche du Maître des Potions redécouvrit avec patience celle de son vis à vis. L'ancien espion commença par effleurer les lèvres pulpeuses de sa langue, les caressant avec douceur et délicatesse. Dans un soupir, Harry entrouvrit légèrement sa bouche et leurs langues jouèrent ensemble, se frôlant sensuellement, longuement. Les bras de son amant glissèrent jusqu'à ses fesses, le pressant plus fermement contre lui. La seconde suivante, l'enseignant en défense contre les Forces du Mal se sentit simplement soulever et porter jusqu'au canapé. Les lèvres du Maître des Potions continuaient de le vénérer, elles suivaient inlassablement un chemin imaginaire le long de sa mâchoire, le long de son cou… Severus léchait, mordillait gentiment, aspirait la peau fragile de plus en plus franchement, laissant une marque bleutée et le brun aux yeux d'émeraude gémissait pitoyablement à ses assauts. Le son qui s'échappait de ce corps alangui était terriblement tentant, un véritable appel à la luxure.

« Harry… Nous n'avons vraiment pas assez de temps pour approfondir ce charmant intermède et je doute de pouvoir résister si tu récidives avec ce bruit absolument délicieux.

- Tu sais, Sev… D'un autre côté, ils ne pourront pas vraiment commencer sans nous, alors…

- Tu es absolument infernal, tu en as conscience, j'espère.

- Oui… »

Le survivant souriait sournoisement. D'un evanesco informulé, les habits respectifs des deux sorciers avaient disparu magiquement et il n'y avait plus que leur peau surchauffée, leur sexe tendu de désir pour l'autre. Le corps du plus grand recouvrait entièrement celui du plus jeune.

« J'ai bien retenu la leçon, Professeur Snape, n'est-ce pas ?

- Je crois que l'élève a surpassé le Maître sur ce point mais il te reste encore beaucoup à apprendre, tu devras étudier encore toute ta vie pour parfaire tes connaissances…

- Je serai un élève modèle, tu peux me croire, je vais être particulièrement curieux et attentif. Tu peux en être absolument certain.

- Je n'en ai vraiment jamais douté… De toute façon, les méthodes d'enseignement classique n'ont jamais vraiment marché avec toi, tu es bien meilleur en pratique. »

Les deux hommes se souriaient. Au fur et à mesure de son discours, Severus avait lentement glissé le long du corps du jeune brun, embrassant et mordillant passionnément, pinçant et titillant ses tétons roses et durcis par l'envie. L'ancien espion se retrouva juste au dessus du sexe tendu de son amant. Ce dernier se tortillait pour obtenir plus, le souffle tiède du Maître des Potions sur sa peau électrique était presque une torture, une douleur et il y eut un premier effleurement, un passage à peine esquissé de cette langue sur sa hampe fièrement dressée. Harry se mordit la lèvre pour ne pas hurler de frustration, juste une seconde car la main de Sev effleura sa bouche en une demande tacite et le survivant y répondit avec ferveur, léchant avidement chaque phalange. Correctement humidifiés, les longs doigts fins délaissèrent cette langue si déstabilisante et passèrent furtivement sur les cuisses du jeune homme, remontant doucement vers son intimité. Tandis que de la main droite, Severus taquinait son anus, un doigt le pénétrant avec une douceur exaspérante, la main gauche serra fermement la base de son sexe, remontant lentement le long de son sexe et cette fois, il ne put retenir un petit cri.

« Un problème peut-être ?

- Sev… Dieux… Plus…

- J'apprécie cette comparaison flatteuse mais votre travail manque toujours de précision, Monsieur Potter. Plus de quoi ? »

Un second doigt s'enfonça dans l'intimité du jeune brun aux yeux d'émeraude dont la tête roulait frénétiquement de gauche à droite. Le mouvement se fit plus profond et frappa sa prostate une première fois. Mais presque aussitôt, cette sensation inouïe lui fut retirée.

« Plus de quoi ? J'attends toujours votre réponse…

- Sev… Ta bouche, toi plus…

- Que d'imprécisions. Votre copie est à revoir, il faudra reprendre cette étude pratique dans un futur très proche, cela manque vraiment de clarté.

- SEV ! »

Il ne se passa guère plus d'une seconde et Harry se mordit férocement les lèvres, la bouche humide suçait son sexe, cette langue passait avec gourmandise et léchait comme s'il s'était agi d'une glace à la vanille en pleine canicule, un jour d'été. Elle remontait dans un bruit de succion, comme si son Sev voulait aspirait toute vie en lui. Parfois un raclement de dent venait rompre la douce caresse de ses lèvres et de cette langue. Brusquement, il sentit les doigts qui s'infiltraient à nouveau dans son corps, il se cambra pour plus… Pour suivre infiniment le mouvement de cette bouche… Pour venir à la rencontre de ces doigts et se perdre davantage. Harry murmurait des mots sans fin ni suite, juste des sons, il était perdu, quelque part dans un paradis merveilleux, un lieu où son Dieu était le Maître des Potions, son Sev, celui qu'il aimait plus que tout…

« Sev… Pitié… Toi… »

L'autre homme visiblement aussi à bout de patience grogna et se redressa légèrement, il déposa un simple et bref baiser sur les lèvres du survivant puis le pénétra d'une seule poussée, féroce et sauvage. Leurs mains étaient liées, leurs doigts entrelacés au-dessus de la tête du brun. Severus recula complètement, se décala légèrement puis avança à nouveau, leur danse était frénétique, le corps de l'un allant à la rencontre de l'autre. A chaque coup, la prostate d'Harry était maltraitée, irrémédiablement. Les yeux verts devenaient sombres, un voile apparaissant devant lui. Il se tendit une ultime fois. Sev plongea encore en lui et se déversa, le liquide chaud de son sperme se répandant si loin. L'ancien espion retomba sur le corps en sueur de son vis-à-vis. Il se passa de très longues minutes avant que leur respiration ne s'apaise enfin.

Les mains du Maître des Potions se séparèrent de celles de son amour et caressèrent avec tendresse les cheveux indisciplinés d'Harry, il déposa une série de baisers dans les mèches brunes tandis que le plus petit se câlinait un peu plus contre lui et gémissait avec langueur, visiblement groggy et épuisé.

« Tout va bien, Harry…

- Humm… Oui, oui… Bien sûr…

- Tu as l'air…

- Epuisé… Oui, tu m'as achevé… J'avais déjà peu dormi cette nuit…

- Tu ne veux pas que je te plaigne, en plus… »

Le survivant ricana et se redressa légèrement. Il fixait avec attention le visage détendu de son amant :

« Tu sais que tu es magnifique… Il va falloir patienter quelques instants avant d'aller à la salle sur demande…

- Et pourquoi cela, Monsieur Potter ?

- Quelle question, Sev ! Si jamais quelqu'un te voit après que tu m'ais fait l'amour, si quelqu'un découvre à quel point tu es sublime et attirant lorsque tu ôtes ce stupide masque de serpentard, ils vont tous te courir après… Et je n'y tiens absolument pas !

- Tu es pitoyable…

- Amoureux…

- C'est la même chose dans ton cas… Mon ange, il va falloir que tu utilises un sort de dissimulation pour te rendre présentable pour la cérémonie…

- Hein ? Pardon ?

- Ton cou… Je crois que je me suis laissé très légèrement emporté tout à l'heure… »

Les longs doigts fins du Maître des Potions caressaient doucement la peau meurtrie et abimée. Le survivant se releva du canapé précipitamment et conjura un petit miroir. Il observa avec attention la large marque bleutée qui était apparue sur son cou. L'autre homme se leva à son tour, le rejoignit et enserra gentiment sa taille par derrière :

« Désolé, Harry…

- Hein ?

- Je suis désolé, je ne voulais pas… On va dissimuler ce suçon immédiatement et il n'y paraîtra rien…

- HEIN ! Tu plaisantes… C'est parfait ! »

Le serpentard retourna brusquement le corps plus fin entre ses bras pour lui faire face, Harry rayonnait littéralement et visiblement, quelque chose lui avait échappé :

« Tu voudrais peut-être m'expliquer…

- OH… Euh ! Tu vas encore me dire que je suis stupide de croire à ce genre de sornettes… Mais… Enfin, je ne veux prendre aucun risque, tu comprends, c'est trop important, c'est pour notre mariage…

- POTTER ! On se calme et s'il te plaît, explique-toi clairement… Pour une fois…

- Euh… En fait, Seam…

- SALAZAR ! Qu'est-ce que Finnigan t'a encore mis comme idée dans la tête ? Je croyais pourtant que Drago devait s'occuper de lui, le distraire et surtout le tenir le plus éloigné possible de toi !

- Mais…

- Inutile de tourner autour du pot, Harry. Je me doute qu'il s'agit encore d'un incroyable conseil de Finnigan pour réussir au mieux notre mariage alors vas-y, je t'écoute…

- Bien… En fait, pour que la cérémonie se déroule sous les meilleurs auspices, il y a une coutume moldue qui explique que l'on doit porter sur soi des choses précises…

- Encore une stupide tradition sans intérêt… Bref, quel rapport avec la marque que je t'ai faite ?

- Oh, Sev… Tu vas encore…

- POTTER… Ma patience a des limites… Que dois-tu porter pour réussir notre mariage ?

- Et bien, quelque chose d'ancien, quelque chose d'emprunté… Pour ça, Lucius m'a confié ce magnifique bracelet des Black… »

Harry tendit son poignet où se trouvait toujours le fin bijou.

« Je vois et…

- Il faut aussi quelque chose de neuf… Alors, avec Seam, on avait pensé que ma robe de cérémonie ferait l'affaire…

- ET…

- Quelque chose de bleu… Ton filleul s'est moqué de moi en disant que si j'avais passé la nuit avec toi, j'aurais eu tous les bleus nécessaires…

- Tu n'es pas vraiment sérieux, n'est-ce pas ? Tu n'as pas pu prendre au pied de la lettre ce que t'a dit Drago !

- Ben… J'ai rien trouvé de mieux…

- SALAZAR ! Lorsque Drago est dans les parages et que Finnigan n'est pas loin également, tu as les capacités intellectuelles de Londubat !

- HE !

- QUOI ! J'ai tort, peut-être. Tu ne pouvais pas prendre un mouchoir bleu, que sais-je encore ? Des chaussettes bleues, un sous-vêtement bleu… »

Le survivant rougissait furieusement à la remarque, somme toute assez pertinente de son cher et tendre. Il releva la tête en signe de défi et reprit :

« Tu sais que tu es vraiment très intelligent amour… »

Le reniflement de dédain du Maître des Potions fit ricaner le petit brun qui reprit aussitôt :

« Et moi, je le suis encore davantage de t'avoir choisi, toi… pour combler toutes mes lacunes. Mais, je tiens tout de même à garder cette magnifique marque de ton emportement, histoire de faire enrager Malefoy… »

Severus s'apprêtait à riposter lorsque les horloges sonnèrent partout dans Poudlard… Onze coups précisément qui firent sursauter les deux enseignants. Il était enfin arrivé le moment qu'ils attendaient, qu'ils avaient espéré depuis leur premier baiser, depuis leur première nuit d'amour, depuis toujours en fait. Le Maître des Potions attira à lui le corps plus fin du jeune brun et tout contre son oreille droite, il chuchota :

« Je crois qu'on va être en retard… Alors, tu es prêt, tu ne changeras pas d'avis.

- Jamais, Sev, jamais… Je t'aime et je t'aimerais toujours.

- Bien… Alors… Si tout est dit…»

En un sortilège informulé, Harry se sentit nettoyé puis retrouva ses habits disparus. Il reprit le petit miroir qu'il avait conjuré quelques minutes avant et il le métamorphosa en une psyché qui lui permettait de s'observer de pied en cape. Sa robe de cérémonie était d'un vert émeraude profond, elle était rehaussée de quelques fines arabesques, des fils d'or cousus avec élégance au poignet. Il était un peu plus ébouriffé qu'à l'accoutumée et ses joues roses, ses lèvres mordues jusqu'au sang ne pouvaient laisser guère de doute sur ses récentes activités, le suçon clairement visible sur la peau fine tranchait avec la blancheur de son teint habituel. Severus dévisageait le jeune homme, ne pouvant croire à la chance extraordinaire, le cadeau incroyable que lui faisait la vie en lui confiant cet être si parfait, il était simplement magnifique. Il ne put retenir un sourire que ne vit malheureusement pas Harry, trop occupé à discipliner sa tignasse rebelle. Lorsque le gamin se retourna vers lui, Severus lissait avec un sang-froid imperturbable sa robe aussi noire que ses cheveux, des liserés d'argent ornaient les boutonnières et le col relevé de sa tenue, il semblait égal à lui-même, majestueux, distant, sérieux et terriblement séduisant.

Devant le trouble évident du regard émeraude, Severus adressa un léger clin d'œil au survivant et attrapa la main gauche du plus jeune. Ensemble, sans échanger la moindre parole inutile, ils quittèrent les appartements du Maître des Potions, ils avancèrent en direction de la salle sur demande. Ils montèrent d'abord les escaliers magiques vers le vaste hall de l'Ecole, ils virent les sabliers emplis des pierres précieuses, symbole de la compétition entre les quatre prestigieuses maisons de Poudlard. Tous les couloirs semblaient désertés, l'agitation qui avait régné dans le château depuis le matin avait laissé place à un silence étrange, un recueillement particulier. Ils arrivèrent enfin à l'étage, près de la tapisserie représentant les trolls dansant en tutu rose lorsque un grand rouquin efflanqué et la plus jeune ministre, Hermione Granger Weasley, se précipitèrent dans leur direction.

« On vous cherche partout depuis déjà un quart d'heure.

- Excusez-nous… On n'a pas fait attention à l'heure. On était un peu trop occupé. »

Hermione dévisageait le couple et son regard se porta aussitôt sur la jolie marque bleutée bien peu discrète sur le cou du petit brun. Instinctivement, elle se retourna vers son rouquin de mari dont la teinte verdâtre s'accentua encore un peu plus car les yeux bleus de son époux étaient fixés sur leur meilleur ami avec une étrange expression, mêlant incompréhension et désarroi. Ron semblait à nouveau au bord de l'évanouissement et Harry s'en rendit apparemment compte lui aussi car il reprit aussitôt :

« Ron ! RON ! Respire, ça va aller, je te jure que TOUT VA TRES BIEN ! »

Il n'eut pour toute réponse qu'un bredouillement, un imbroglio de sons sans sens qui fut interrompu quand une jolie frimousse se précipita vers Harry et manqua de le renverser en sautant dans ses bras. La petite Rose serra de ses bras menus et fins le cou du brun qui déposa un gentil baiser sur le bout du nez de sa filleule :

« Tonton Ry, tu es là !

- Oui, mon petit cœur…

- Papa, il est tout vert depuis ce matin et puis, il a dit à tonton Georges que tu viendrais pas… Tonton Lee, il a ri en disant que tu viendrais même malade… T'es pas malade, dis ? Hein, Tonton 'Ry ?

- Non, mon cœur, je vais très bien et je suis bien là, Ron. »

Le survivant tourna son visage vers son meilleur ami qui eut la décence de baisser les yeux.

« Désolé, Harry… J'ai cru… Enfin… Peut-être… Tu comprends…

- Oui, il te faut encore un peu de temps pour t'y faire… Mais, tu sais, il n'y a vraiment aucune chance que je change d'avis, absolument aucune. »

Dans un geste de soutien, le Maître des Potions s'approcha davantage du gryffondor, il resserra son étreinte autour de la taille fine du brun qui se laissa gentiment faire. Harry reprit pour la jolie petite frimousse rouquine :

« Rose, je te présente ton tonton Sevy…

- Le monsieur blond très gentil, il m'a dit tout à l'heure que tu allais te marier comme les Princesses… C'est lui, ton prince charmant, tonton 'Ry…

- Cette espèce de…

- Harry, il y a une enfant et c'est toujours mon filleul... »

Le ton ne souffrait aucune discussion et le survivant soupira, grognant légèrement.

« De toute façon, il ne perd rien pour attendre, filleul ou pas…

- Du moment que vous ne me prenez pas comme arbitre de vos stupides querelles enfantines. Cela me va très bien !

- Tu parles ! Comme si tu étais capable de rester objectif quand il s'agit de ton précieux petit Drago… Tu as toujours pris son parti… Même contre moi…

- HARRY !

- Quoi ? Inutile de prendre cet air outré, Sev, tu sais parfaitement que j'ai raison !»

La discussion quelque peu animée fut interrompue par un jeune garçon qui appelait doucement Harry, visiblement gêné d'intervenir dans une petite dispute entre le directeur de sa maison et le terrifiant Maître des Potions :

« Professeur Potter… Professeur Potter…

- William ?

- Excusez-moi, Monsieur, de vous déranger. Monsieur Lupin vous attend. Il m'a envoyé pour vous quérir de toute urgence, apparemment le vieux Mage de l'Union s'impatiente.

- OH Harry ! C'est vrai, c'est pour cela qu'on était parti à votre recherche.

- Merci beaucoup, William. Ron, Mione, vous devriez vraiment y aller maintenant. Installez-vous, nous arrivons. »

La jeune Rose passa des bras de son parrain à ceux de sa maman. La famille Weasley au grand complet et le jeune William se dirigèrent vers la porte de la salle sur demande, ils s'engouffrèrent dans le lieu magique où allait se dérouler la cérémonie de mariage. Harry se rapprocha encore davantage du Maître des Potions et murmura :

« Je n'arrive pas à y croire… On y est enfin.

- Tout va bien se passer, Harry, tu me crois, n'est-ce pas ?

- Oui. »

Ils n'avaient pas vraiment besoin de se dire davantage, ils se connaissaient parfaitement, se comprenaient complètement d'un simple regard. Severus embrassa doucement Harry, il l'aimait tellement. Un toussotement discret les fit se détacher. Le loup-garou aux yeux mordorés les regardait avec une évidente tendresse :

« Désolé de vous interrompre. Severus, il faut vraiment que tu rejoignes tes témoins. Ils t'attendent avec impatience. Je me charge de conduire ce jeune homme jusqu'à toi. Tu peux compter sur moi, d'accord ? »

L'ancien espion acquiesça et sans regarder le brun aux yeux d'émeraude, disparut par la porte magique. Remus s'approcha du garçon qu'il avait vu grandir :

« Mus…

- Comment tu vas ?

- Je… Je n'ai jamais été plus heureux, je crois.

- Je sais… Je suis fier de te conduire jusqu'au Mage de l'Union. Tu sais, tout à l'heure, j'ai parlé à Severus et je lui ai dit que si jamais il te faisait souffrir, je le déchiquèterai un soir de pleine lune… Je pense qu'il a compris le message… »

Harry ne put retenir un léger sourire. Il était comblé, il était entouré de ses amis, sa famille et Severus. Rien ne pourrait être plus parfait que ce sentiment qui l'emplissait.

« Merci, Mus, merci d'être toujours là pour moi. »

Le loup garou attrapa gentiment le bras gauche du plus petit et le guida prestement vers la salle sur demande. Lorsque le jeune homme entra avec celui qu'il considérait comme un père, il resta stupéfait, bouche bée. C'était magnifique, tellement différent de la pièce où il était tombé amoureux de son Maître des Potions pendant ses entraînements en septième année. La salle magique qui s'adaptait au besoin des sorciers, était devenue un gigantesque théâtre antique grec, le ciel bleu et un soleil rayonnant illuminait le lieu. La travée principale était décorée d'une multitude de fleurs absolument magnifiques, des roses rouges, des lys blancs dans une parfaite harmonie. Au son d'une douce mélodie, Harry commença à marcher au bras de Remus, ils descendirent lentement les marches vers l'esplanade où attendaient Severus et ses deux témoins, Lucius et Drago. Au bas des escaliers de marbre, Charlie et Blaise rejoignirent le héros de ce monde, ils lui adressèrent un petit clin d'œil de soutien. Remus déposa la main du survivant avec douceur dans celle, fine et longue du Maître des Potions. Le loup garou murmura simplement 'je te le confie…'.

Ensemble, Severus et Harry s'avancèrent vers le Mage d'Union. Quand ils furent devant lui, le barde à la longue barbe blanche commença à psalmodier des vers étranges dans une langue inconnue, la foule compacte et nombreuse qui regardait la scène avec attention ne soufflait mot. Le silence dans le vaste théâtre antique était curieusement bercé par la litanie du sorcier qui fixait les mains unies des deux hommes. Une lumière blanche, pure s'échappait du corps des deux hommes et un fil fin se tissait inexorablement. La scène dura de longues minutes, sans que rien ne vienne la perturber. Au bout de ce qui parut une éternité à Harry, la magie née de leur union se fondit dans leurs mains liées.

Etrangement, le petit brun se sentit brusquement épuisé, comme groggy, ses jambes flageolaient et il fut retenu aussitôt par son époux qui le serra délicatement contre son corps musclé.

« Je… Je suis fatigué…

- C'est normal, tu es tellement puissant que les effets de la cérémonie sont encore plus difficiles et durs pour toi.

- Tu veux dire…

- Oui, Monsieur Potter-Snape, tu es enfin mon époux devant la communauté magique. Puis-je ? »

Dans un geste délicat, Severus se pencha vers son mari. Devant Merlin et les hommes, ses lèvres frôlèrent doucement celle de son compagnon. Ils s'embrassèrent doucement, passionnément, comme si c'était la toute première fois. Quand ils se détachèrent à bout de souffle, ils se regardèrent, comme s'ils avaient été seuls au monde, ils réalisèrent que des cris de joie et de félicitations fusaient de toute part. Des pétales de rose d'or tombaient du ciel magique. Harry se surprit à rire et pleurer en même temps. Dans une infinie précaution, Severus effaça les larmes de joie qui roulaient sur les joues roses de son adorable lion.

Pendant ce qui leur parut comme une autre éternité, toutes les personnes vinrent complimenter le couple pour leur union si parfaite. Harry serra des milliers de mains, ils reçurent des vœux de bonheur de personnes qu'ils connaissaient parfois à peine. Le petit brun se sentait encore tellement épuisé, sa magie était bouleversée par cette cérémonie qui avait profondément touché la source de son pouvoir. Severus le comprit probablement car il lança un regard qui dissuada les invités de fatiguer plus que nécessaire le survivant. Lorsque l'interminable défilé s'acheva enfin, Drago Malefoy s'avança au devant des gradins et déclama avec toute la prestance qui le caractérisait :

« Mesdames et Messieurs, Mes amis, Messieurs Potter-Snape et Snape-Potter sont heureux de vous inviter à rejoindre la grande salle de Poudlard. Un repas succulent préparé par les elfes libres vous y attend, amusez-vous, dansez. Profitez-en pour célébrer leur amour et le confier aux divines grâces de Merlin comme le veut la tradition. »

Mains jointes, Harry et Severus remontèrent la large travée du théâtre antique sous les acclamations enthousiastes de l'assistance. Une haie d'honneur fut faite à leur passage avec les centaines de baguettes des sorciers et sorcières présents en ce jour festif. Une pluie d'étincelles de magie jaillissait au fur et à mesure de leur lente progression, comme un grandiose et spectaculaire feu d'artifice. Les témoins et leurs plus proches amis suivirent aussitôt le couple et le reste de l'assemblée ferma la longue escorte. Dans les couloirs de l'école, l'immense cortège se dirigea avec entrain vers le lieu où devait se prolonger les festivités jusqu'à la fin de la nuit. La grande salle avait été décorée de façon exquise, mêlant avec goût et discrétion les couleurs des deux maisons de Poudlard, le rouge des gryffondor et le vert des Serpentards. De très nombreuses tables rondes, pouvant accueillir jusqu'à une vingtaine de convives, avaient été dispersées dans la grande Salle et en son centre, une vaste piste de danse avait été prévue. Il y eut des toasts, des rires, des discussions enflammées, des baisers également.

Il y eut aussi l'ouverture du bal, la toute première danse des jeunes époux. Harry avait choisi lui-même avec soin la chanson, un air moldu, très doux qui convenait parfaitement à leur histoire. Elle était interprétée par un homme, une voix basse et sensuelle qui résonna dans la vaste salle, muette devant le bonheur si parfait qui unissait les deux hommes en cet instant. Durant ce temps suspendu, le survivant posa sa tête contre l'épaule du Maître des Potions et murmura en douceur les paroles, uniquement destinées à son époux :

"Love me tender,
Love me sweet,
Never let me go.
You have made my life complete,
And I love you so…

Love me tender,
love me true,
all my dreams fulfilled.
For my darlin' I love you,
and I always will.

Love me tender,
love me long,
take me to your heart.
For it's there that I belong,
and we'll never part.

Love me tender,
love me true,
all my dreams fulfilled.
For my darlin' I love you,
and I always will.

Love me tender,
Love me dear,
Tell me you are mine.
I'll be yours through all the years,
Till the end of time.

Love me tender,
love me true,
all my dreams fulfilled.
For my darlin' I love you,
and I always will."

Lorsque les dernières notes moururent, Harry avait toujours son front posé contre l'épaule de son époux. Il sentit juste la main droite de ce dernier quitter le bas de ses reins et passer avec délicatesse sous son menton, les yeux d'émeraude se troublèrent dans le regard sombre, le petit brun était ému comme il l'avait rarement été. Severus se pencha doucement vers lui et captura passionnément ses douces lèvres qui avaient chuchoté ses paroles si parfaites. Non, Merlin, jamais plus il ne le laisserait partir, Harry était sien depuis tant d'années et pour toujours. Le reste de l'après-midi et la soirée se passèrent comme un rêve merveilleux, un moment irréel et trop bref et lorsque sonnèrent quatre heures du matin aux horloges de Poudlard, il ne restait que les plus proches amis des deux hommes dans la grande salle. Ils s'installèrent tous autour d'une table, le survivant se câlina tout contre son époux. Ils semblaient comme seuls au monde :

« Au fait, Harry... »

Le brun se redressa légèrement, il fut surpris de voir un sourire un brin moqueur sur le visage de sa meilleure amie :

« Qu'est-ce qui se passe, Mione ?

- J'ai oublié de te dire tout à l'heure. Il devait être presque minuit et Rose était épuisée, je l'ai donc installée dans tes appartements. Dobby veille sur elle maintenant mais avant qu'elle ne s'endorme, ta petite filleule m'a bien rappelé de te dire que tu étais la plus belle princesse qu'elle ait jamais vue, plus belle encore que celles que l'on trouve dans les contes de fées.

- MALEFOY !

- Un problème, Potty ?

- Je te jure que tu me paieras ça et plus vite que tu ne le crois… »

Severus se dégagea légèrement de son gentil gryffondor et soupira bruyamment :

« Bien, voulant rester parfaitement neutre dans votre petite guerre ridicule, je vais, de ce pas, retrouver Minerva, elle souhaitait me voir pour discuter de nos cours en notre absence, pendant la durée de notre voyage de noce…

- Et tu y vas tout de suite, bien évidemment !

- Demain matin, Harry, je crains que nous n'ayons guère le temps de la croiser. Je sais qu'elle doit se rendre au ministère et le portoloin qui doit nous transporter vers cette sublime destination inconnue, doit s'enclencher à midi très précisément. De toute façon, je vais juste l'informer des nouvelles dispositions pour le mois à venir, Remus s'est gentiment proposé d'assurer tes cours et Drago s'occupera des Potions. Tout est donc réglé, n'est-ce pas ?

- Espèce de lâche. Quelle excuse pitoyable, amour ! Tout ça pour ne pas prendre la défense de ton si parfait et adorable mari !

- Je t'ai prévenu que je ne me mêlerai pas de votre petite rivalité…

- Oh mais c'est ce qu'on verra, mon chéri… »

Severus foudroya du regard son cher et tendre gryffondor qui jubilait littéralement. Le Maître des Potions s'éloigna, laissant Drago, Seamus, Blaise, Lee, la famille Weasley au grand complet et son si adorable époux qui visiblement, s'apprêtait à contre-attaquer et à faire payer chèrement son filleul :

« Dis-moi, Drago… Ton père est toujours introuvable…

- Humm…

- Pansy également, il me semble.

- Que veux-tu, Princesse Potty ? Mon parrain et mon ennemi de toujours et maintenant mon père et ma meilleure amie. Je me demande pourquoi Merlin s'acharne contre moi à ce point… »

L'air mélodramatique qu'afficha le blond fit rire toute la tablée. En cet instant, Harry se sentait juste parfaitement heureux, il était comblé de pouvoir ainsi plaisanter gentiment au milieu des siens. Au bout de quelques minutes de discussions à bâtons rompus, revenant sur tous les événements marquants de cette magnifique journée, les derniers convives réunis autour de la table, se laissèrent bercer par les notes lointaines et mélodieuses que jouaient encore l'orchestre. Tous pouvaient enfin profiter du calme de la grande salle presque entièrement désertée pour se détendre véritablement. Seamus s'endormait paisiblement sur l'épaule de Drago qui avait passé de façon un peu protectrice sa main sur l'épaule du joli Maître aux Etudes des Modlus. Lee et Georges semblaient décidés à découvrir très précisément les amygdales de l'autre. Au bout de quelques minutes d'un silence agréable et détendu, le dresseur de dragon soupira et reprit à destination de celui qu'il considérait comme son petit frère :

« Je n'arrive pas à croire que c'est enfin terminé ! Enfin, je veux dire… Après toutes ses manigances, tu es enfin marié… ET heureux ! »

Apparemment à bout de souffle après sa longue expédition en apnée, Georges acquiesça et son jumeau surenchérit allègrement :

« Je suis bien d'accord avec toi, Charlie. La brillante opération, au nom de code si romanesque, trouvé par notre jeune et talentueuse ministre et belle-sœur, s'achève finalement… Permettez-moi de m'en réjouir car j'en avais assez des conseils de guerre dans notre arrière boutique. Nos deux charmants tourtereaux, quoi que quelque peu inattendus, j'en conviens, vont pouvoir vivre d'amour et d'eau fraîche jusqu'à la fin des temps et convoler en juste noce !

- Au fait, vous partez où ?

- C'est terrible, Charlie… Il refuse toujours de me dire quoi que ce soit ! Je n'ai absolument aucune idée de la destination du portoloin… J'ai bien essayé de tirer les informations de Scrim pendant la soirée mais cet abruti n'a strictement rien voulu dire. Je suppose que Sev a dû le menacer de terribles représailles si j'apprenais quoi que ce soit avant notre départ…

- Ah les doux aléas du mariage, Princesse ! Bienvenue dans le monde effrayant des adultes ! Dire que vous êtes officiellement ensemble depuis quelques heures et mon cher parrain te fait déjà de vilaines cachotteries. Que c'est déplaisant… Jusqu'à présent, c'était assez simple pour toi, l'enfant chéri a joué aux apprentis serpentards, a manipulé tout son petit monde pour parvenir à ses fins, mais maintenant, il faut passer aux choses sérieuses… Le mariage, faire des concessions… C'est très différent, c'est largement plus difficile et ardu, n'est ce pas ? »

Le blond adressa un clin d'œil au survivant qui aurait volontiers voulu étrangler le gentil filleul à son amour.

« DRAGO ! LAISSE HARRY UN PEU TRANQUILLE !

- Je… Je croyais que tu t'étais endormi…»

Harry ricana. Finalement, Seamus ne se laissait pas complètement embobiné et dominé par le blondinet. Peut-être que Sev et Lucius avaient raison, leur couple était parti pour durer apparemment. Tous riaient à la mine dépitée du Serpentard et ce fut curieusement Ron qui reprit en direction d'Harry :

« Tu sais, 'Ry, la fouine n'a pas complètement tort. Le mariage est quelque chose de difficile et rien n'est jamais acquis.

- RONALD !

- Quoi, Mione ? J'ai rien dit de mal, je pensais juste qu'après le temps des serments, il faut vraiment construire son mariage, apprendre à se connaître et puis, il y a la famille, les enfants…

- Justement… »

Tous les regards se tournèrent vers Harry qui avait baissé aussitôt ses yeux, comme pris en faute.

« Justement, QUOI ? PRINCESSE ?

- Je…

- Pitié, Harry, pense à ton vieux frère, j'ai assisté à ton mariage avec Snape aujourd'hui… Epargne-moi l'annonce de ta future paternité ! Je n'y survivrais pas, tu le sais, hein ?

- Ben… Non, en fait, Ron. C'est plutôt…

- Vas-y ! Crache le morceau, Princesse !

- J'ai voulu aborder le sujet avec lui… Et… Disons que je n'ai pas obtenu un franc succès.

- Mon parrain, un bébé… Et tu n'as pas obtenu son entière adhésion ! Surprenant, vraiment !

- Très drôle, Malefoy… En fait, je pensais…

- QUOI ? »

Le hurlement de toutes les personnes autour de la table firent sursauter le joli brun aux yeux d'émeraude.

« En fait, j'avais pensé… Peut-être que… Enfin… Vous croyez que vous pourriez peut-être m'aider à le convaincre… »

Aux regards médusés, apeurés, terrifiés, tous avaient compris où voulait en venir l'enfant chéri.

« Ne le dis surtout pas, Princesse ! On va tous faire comme si on était un peu trop saouls… On n'a absolument rien entendu, il ne s'est rien passé, aucune discussion autour des mots 'bébé', 'parrain'… Tout le monde est d'accord ?

- HE MALEFOY ! Je suis une princesse de conte de fées ou pas ? Parce que dans les vrais histoires, la phrase de conclusion, c'est toujours la même. 'Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants…'. Ne me dis pas qu'un si brillant conteur l'ignore…

- La flatterie maintenant ! Quelle mesquinerie, Potty…

- Je sais… Mais, tu n'as encore rien vu ! Allez… Soyez sympas ! Vous m'avez aidé pour la première partie de l'histoire, il est temps de lancer la seconde offensive, d'accord ? »

Un silence étrange régnait autour de la table et le survivant reprit encore plus joyeux :

« Alors, j'annonce le lancement officiel de l'opération : et si on fondait une famille, Sev…

- ON N'EST MORT ! MORT, JE VOUS DIS…

- DRAGO… »

Fin (ou presque…)

ET VOILA ! C'est fini (ou presque) ! Je vous ai eus ! La première partie 'opération : marions-le' s'achève…

Et il y aura une suite… Mais pas immédiatement, je vais d'abord finir quelques histoires en cours… En tout cas, merci pour vos reviews, votre soutien… J'espère que cette fin vous a plu ! N'hésitez surtout pas à laisser un commentaire en tout cas, bisous lilywen…

Traduction de 'Love me tender' qui collait, il faut le reconnaître parfaitement à cette histoire :

Aime-moi tendrement

Aime-moi avec douceur

Ne me laisse jamais partir

Tu as fait en sorte que rien ne manque dans ma vie

Et je t'aime tant.

Refrain :

Aime-moi tendrement

Aime-moi vraiment

Tous mes rêves sont réalisés

Car ma chérie je t'aime

Et je t'aimerai toujours

Aime-moi tendrement

Aime-moi longtemps

Prends-moi dans ton cœur

Car c'est là qu'est ma place

Et nous ne nous séparerons jamais.

Refrain :

Aime-moi tendrement

Aime-moi vraiment

Tous mes rêves sont réalisés

Car ma chérie je t'aime

Et je t'aimerai toujours.

Aime-moi tendrement

Aime-moi précieusement

Dis-moi que tu es à moi

Je serai à toi à travers toutes les années

Jusqu'à la fin des temps.

Refrain :

Aime-moi tendrement

Aime-moi vraiment

Tous mes rêves sont réalisés

Car ma chérie je t'aime

Et je t'aimerai toujours