Tout appartient à Tite Kubo. Se passe après les tomes 20-21, contient donc des spoilers et un peu de spéculation. Angst sur Kira, avec mention de Gin/Kira (et très vagues mentions de Kira/Momo et Aizen/Momo, parce que je peux.)


Plus que tout, Kira a peur de revoir Gin encore une fois.

Quand des angoisses le prennent à propos du champ de bataille, ce n'est pas qu'il craigne de tuer, de saigner ou de mourir. C'est l'effroi de retrouver une ombre dangereuse, une silhouette mince, un sourire moqueur.

Ses efforts pour se convaincre qu'il le détestait n'ont pas totalement porté leurs fruits, mais au moins, il ne reste de ses sentiments en lambeaux qu'une sorte de rancoeur pour avoir joué avec lui, et un désir confus. Cela pourrait être bien pire, ça ne fait presque plus mal.

(Il ne reste de son amour pour Hinamori-kun que l'envie qu'elle soit heureuse, et cela fait mal en ce moment, mais il ne souhaiterait pas pour autant s'en débarrasser. La partie des sentiments qui reste d'une ancienne histoire quand tout est fini doit signifier quelque chose, probablement.)

Il peut cesser de penser à Gin ; pas encore y penser calmement. Il lui semble que s'il le revoyait, il ne répondrait plus de rien, rien ne pourrait l'empêcher de retomber amoureux de cette assurance, de ce rire méprisant, de cette aura de mystère et d'inhumanité qui fait qu'il semble d'un autre monde, que rien ni personne ne peut le remplacer.

Il lui semble qu'alors tous ses sentiments reviendraient, car il n'a pas réellement pu les tuer, juste les étouffer. Il lui semble qu'il désirerait à nouveau, plus que tout au monde, rester avec lui pour toujours, jouir de son attention, trembler sous ses mains fines, et faire tout ce qui lui plairait, de toutes les façons possibles. Il lui semble qu'il ne pourrait plus alors que trahir ignominieusement ou sentir sa souffrance d'être rejeté et méprisé renaître de ses cendres, plus brûlante que jamais, sans même que le choix lui appartienne.

(Hinamori-kun donnerait le monde entier pour revoir le capitaine Aizen une dernière fois, et lui pas beaucoup moins pour être sûr de ne plus jamais revoir Gin.)

Tant qu'il peut se dire qu'il ne l'aime pas, tout va bien. Tant qu'il peut ne pas tomber, il se moque bien que ce calme dans la tempête soit un mensonge.

Il sait encore, au fond, que Gin l'a remodelé à son goût, est ainsi devenu la blessure indispensable à son âme noircie. Il sait qu'il est trop détruit pour pouvoir encore changer ; mais il peut encore l'oublier et, aussi bien qu'il le peut, fuir à jamais tout ce qui peut le lui rappeler.