Rating: M / NC-17 / 18+

Disclaimer: les personnages de Supernatural ne m'appartiennent pas... La voiture non plus... Ouiiiiiiiiin !

Coucou !! Me revoilà partie pour une longue fanfic comme j'aime les faire, tordue à souhait, coupée aux moments les plus intenses... Comme d'hab', quoi !

Cette fanfic se déroule durant la saison 2. Certains détails de cette saison y apparaîtront, d'autres non. Méfiance donc pour ceux et celles qui n'aiment pas les spoilers, même légers.

Warning ! Mentions d'inceste, violence, langage familier (pour ne pas dire crû)... Déconseillé aux lecteurs haïssant ces genres d'écriture.

Y'a encore du monde ?

Alors enjoy !


« Avoue-le, Dean.
- Hors de question !
- Dis-le, ou on va mourir.
- Alors, toi d'abord. »

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Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.

Alexis-Félix ARVERS
1806-1850

Une semaine plus tôt

« Des choses intéressantes ?
- Rien. J'ai fais les journaux de trois des cinq comtés: il n'y a rien d'étrange à signaler. Et toi ?
Dean Winchester s'étira sur la banquette du coffee-shop.
- J'ai trouvé un truc louche, à Reno.
- Reno ? C'est pas la porte à côté. Qu'est-ce que c'est ?
- Accroche-toi bien ! Un motel, à la sortie de la ville... Presque tous ses occupants sont soudain devenus fous, durant la même nuit. Et il y a eu deux morts.
Le cadet siffla entre ses dents.
- Rien que ça ? Qu'en disent les policiers ?
Le jeune homme se pencha à nouveau sur l'article.
- Ils se sont empressés de les refiler aux services de santé du comté. Personne n'a dit de quoi ils souffraient, ils parlent juste d'un important dérangement mental.
- Et les morts ?
- Ca manque de détails, ce n'est que la première édition. Le mieux c'est d'aller voir sur place. Tu as déjà joué au Black Jack ?
Sam fusilla son frère du regard.
- Non ? Il va vraiment falloir que je t'apprenne les choses de la vie. »

o0o0o0o0o0o

Le coin était digne des plus grands westerns. Le sable du désert alentour se soulevait parfois en une fine nappe, sous l'effet du vent. Le long de la route, il y avait de ces grosses boulettes d'herbes et de ronces qui roulaient, roulaient, poussées par les courants d'air. Quant au motel, eh bien... Il ressemblait à tous les autres motels de seconde zone des Etats-Unis, à ceci près qu'une jolie guirlande jaune police en faisait largement le tour.
Dean gara sa voiture juste en face des lieux, de l'autre côté de la chaussée. Deux jours qu'ils roulaient; ça avait laissé aux forces de l'ordre le temps de se lasser et de partir. Les deux garçons traversèrent la voie express déserte pour s'approcher de l'endroit complètement vidé.
« Tu penses à quoi ? Demanda Sam à son frère.
- A ce ruban jaune. Je devrais en piquer un rouleau un jour, ça pourrait servir.
- Je parlais du carnage.
Deux morts... On ne va peut-être pas parler de carnage quand même.
- Je ne sais pas ce qu'il te faut...
- Bon, quelles étaient les chambres des suppliciés ?
- La 3 et la 12 ont des scellés.
- Ok, c'est parti ! »
Dean s'approcha de la première porte et dégaina son couteau pour trancher le scotch qui le gênait. Puis il pénétra dans la pièce obscure et alluma sa torche. Un sifflement impressionné suivit presque aussitôt son geste.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je n'avais encore jamais vu ça.
- Quoi ?
L'aîné fit un signe en direction d'un des murs, barbouillé d'un imposant éclat de sang aux formes plutôt circulaires.
- Regarde le corps tracé au sol: il manque le contour de la tête. Ce type a eu le cerveau explosé.
- Explosé... On lui a écrasé la tête contre le mur ?
- Je veux dire ce que je veux dire. On lui a explosé le cerveau. Regarde cette tache: les traces partent d'un point central comme les rayons d'un soleil. Si on était venu deux jours plus tôt, je suis sûr qu'on aurait eu droit à la matière grise sur le papier-peint.
- Dean !
Mais son frère ne l'écoutait déjà plus. Il s'était approché du mur et balayait la pièce du regard.
- Aucun signe kabbalistique d'aucune sorte, aucun symbole... Rien.
- Un esprit ?
- Allons voir dans l'autre chambre. »
La seconde pièce était exactement dans le même état.
« Un esprit, tu crois ? Répéta Sam.
- Un esprit ne détruit pas le corps qu'il veut posséder. Et s'il se venge, il choisit un mode de tuerie rempli de symboles ayant un sens pour lui. Là on a onze personnes qui deviennent folles et deux qui finissent étêtées.
- Un démon ?
- Plus plausible. Mais de quel genre, ça c'est une autre histoire.
- Ton Geiger perso te dit quoi ?
- Que ça sent le surnaturel à cinq miles à la ronde. Il a faillit me griller les fesses en s'allumant dans la voiture.
-Quelle idée de s'asseoir dessus, aussi. »
Dean l'ignora. Il éteignit sa lampe et sortit, suivi de son cadet. Éblouis par le soleil, ils restèrent sous le porche du motel un instant.
« Il faut parler aux victimes, celles qu'on a jugé folles à lier.
- Et aussi à la survivante.
- La survivante ? Laquelle ?
Sam lui tendit l'article qu'il avait découpé dans l'édition du matin.
- Rosanna Lawrence. »

Rosanna Lawrence était mignonne, très mignonne même. Elle devait avoir dix-huit ou dix-ans et vivait dans une autre chambre d'hôtel en attendant que la police de Reno n'ait plus besoin de sa présence de témoin.
Dean la repéra immédiatement. Elle était assise à la terrasse de son hôtel, seule, fumant une cigarette en croisant et décroisant les jambes. Sa tension nerveuse était visible, un contrecoup de l'horrible nuit qu'elle devait avoir passé.
« Comment est-ce qu'on l'aborde ? Demanda Sam en surgissant derrière lui.
- Avec douceur. C'est une gamine... Je me demande même ce qu'elle faisait toute seule dans cette ville de fous. Si tu n'as rien contre, je voudrais y aller seul.
- Et comment tu vas t'y prendre ?
- Admire le maître.
- T'admirer ? Des clous ! » Lui répliqua gentiment le jeune homme tandis qu'il s'éloignait en direction de la table qui l'intéressait.
L'aîné sourit puis recouvra un visage mi-sérieux mi-inquiet: une vraie performance d'acteur. Puis il s'approcha de la jeune fille et ôta ses lunettes de soleil.
« Excusez-moi. Vous êtes Rosanna Lawrence ?
Elle releva les yeux et se crispa aussitôt.
- Non, plus de journalistes, s'il-vous-plaît. Laissez-moi tranquille !
- Je ne suis pas journaliste, l'apaisa-t-il. Je m'appelle Matt, Matthew Erb. Je suis le demi-frère de Patricia Neve. Je... Est-ce que vous auriez une cigarette ?
La jeune fille fut prise au dépourvu, mais acquiesça néanmoins et sortit son paquet pour le lui tendre. Dean se servit en grimaçant intérieurement, car il n'avait pas fumé depuis des années. Mais il avait rempli son objectif; rien de tel en effet, pour approcher un fumeur, que de se prétendre soi-même fumeur. Il alluma la cigarette, lui rendit son briquet tout en lui demandant la permission de s'asseoir, qu'il obtint haut la main.
- Patricia était dans le même motel que vous, il y a deux jours. Ce qu'il s'est passé... C'est incompréhensible. Je suis allé voir ma soeur tout à l'heure... C'est à peine si elle m'a reconnu. Elle ne m'a rien dit, elle avait des propos incohérents.
Il fit une pause et expira la fumée de sa clope avec lenteur, déjà très fier de ne pas s'étouffer avec. Puis il reprit, d'un ton qu'il voulait suppliant:
- Vous qui en êtes sortie indemne, est-ce que vous savez ce qu'il s'est passé ? Vous savez pourquoi ? Je voudrais comprendre.
Elle secoua la tête, l'air franchement effrayée, mais répondit cependant:
- Je ne sais pas. Je ne sais plus ! La nuit avait pourtant bien commencé. C'était calme, très calme. J'étais dans ma chambre, je dormais. Et puis ça s'est mis à crier, partout, très fort ! Que des hurlements ! Et des supplications ! J'ai voulu bouger, aller voir mon ami qui dormait dans la chambre à côté... Mais j'ai pas pu. J'ai pas pu bouger; j'avais trop peur, surtout quand l'ombre est passée devant ma fenêtre.
- L'ombre ?
- Je sais pas ce que c'était. Ca ressemblait à une faucheuse, un très grande faucheuse. Elle a regardé vers ma chambre et elle est repartie. Après on a crié à côté, et je me suis bouchée les oreilles, sous les draps. J'ai pas osé sortir avant le matin.
- C'est vous qui avez prévenu la police ?
Rosanna secoua négativement la tête.
- Je suis allé voir mon copain, Derek. Il était... Il avait... Sa tête, elle...
Dean sut interpréter son geste circulaire.
- Je suis désolé.
Tremblante, la jeune fille ralluma une énième cigarette.
- Je veux partir d'ici. Ils sont tous devenus fous; je ne veux pas le devenir aussi. »


Ca démarre doucement... Mais on me connaît... ;)

Bisous !