Jour 27...

Elle avait l'air si belle dans son lit.

Des cheveux châtains artistiquement arrangés sur un oreiller, son visage pâle à cause de la perte de sang et la peau grasse à cause des larmes séchées. Sa bouche boudeuse ouverte, les lentes respirations régulières tirant fortement sa chemise sur sa poitrine ample et rebondie, révélant un soupçon taquin de décolleté. Son cou magnifiquement formé et élancé avec de douces courbes inclinées menant à ses épaules.

Il bougea lentement sa tête sur la gauche, ses doigts épais traçant ces douces inclinaisons et courbes jusqu'à ce que sa peau sans imperfection ne se soulève en une morsure contusionnée et rougie. Des yeux bruns virèrent au noir, reflétant le sourire suffisant qui se formait sur son visage tandis qu'il se rappelait parfaitement d'avoir enfoncé ses dents directement en elle. Ses oreilles entendaient toujours le bruit des crocs transperçant la chair, entendaient toujours son charmant cri de douleur avant qu'elle n'expire le plaisir, entendaient toujours comme son cœur avait battu la chamade assez fort pour fêler une côte.

Ces bruits allaient rester avec lui très, très longtemps.

Bien sûr, la morsure avait été faite par nécessité, mais il l'avait quand même mordue et c'était tout ce qui importait. La fin justifiant les moyens et toutes ces conneries. Elle lui appartenait maintenant. Après tout, la possession était neuf dixième de la loi. Non pas qu'elle ne lui avait pas appartenu longtemps avant la morsure, évidemment, mais ça ne faisait rien.

Elle lui appartenait depuis le jour où elle était entrée dans son club, quand elle avait bu et rigolé avec lui, dormi dans son lit et tout le reste. Sa petite morsure avait simplement conclu l'affaire.

Angélus passa ses doigts dans ses cheveux et bougea pour placer ses genoux de chaque côté de ses hanches, ses cuisses prenant le plus gros de son poids alors qu'il était à califourchon son elle, son nez capturant toutes les joies de son nouveau parfum. Il avait apprécié son parfum avant. Des lys et des roses et du miel réchauffé par le soleil faisaient une combinaison intoxicante, mais maintenant...

Le miel avait disparu, remplacé par lui, et maintenant elle sentait comme eux. Le Jour et la Nuit. Noir et Blanc. Masculin et Féminin. Tous des côtés différents d'une même pièce et tous parfaitement adaptés.

Merde, elle le portait bien.

Sans ciller, il la fixait avec une obsession de démon dans les yeux, son regard quittant cette jolie, jolie morsure pour se focaliser sur son visage. Il détendit ses cuisses pour se pencher un peu sur elle, juste pour sentir la chaleur de son corps ramper en lui.

Des yeux noisettes en amandes cachés par des paupières tremblantes et crémeuses, et encadrés par des cils sombres. Une charmante petite bouche, un menton rebelle et de hautes pommettes arborant une douce rougeur malgré la perte de sang. De la peau lisse excepté un grain de beauté et des oreilles de lutins qui contenaient deux minuscules boutons parés de bijoux.

Angélus suivit les miettes de pain, ses caresses allant de plus en plus bas jusqu'à ce qu'il atteigne le premier bouton de sa chemise. Il l'ouvrit, exposant davantage de son décolleté pour son plaisir visuel. On ne pouvait pas lui en vouloir d'être un pervers opportuniste.

Pas après avoir passé la plus grande partie de la nuit avec elle enroulée autour de lui.

Il y pensa et grogna, sentant ses testicules se serrer tandis que l'excitation durcissait sa queue. Il était impuissant contre la douceur de sa culotte et de son minou, et incapable d'empêcher ses hanches de remonter de quelques centimètres. Seigneur, ce serait si fichtrement facile de glisser ses doigts en bas et de masser son clitoris succulent jusqu'à ce qu'il soit à vif.

Il lui agrippa les poignets, les déplaçant au-dessus de sa tête, serrant assez pour commencer le processus du réveil. Il observa ces paupières crémeuses s'ouvrirent en clignotant, montrant ses iris noisettes vitreuses et hébétées. Il écouta son cœur prendre de la vitesse et changer de rythme.

C'était une mélodie merveilleuse et une mélodie qu'il pourrait écouter avec contentement tous les matins.

"Angel?" Sa voix était toute endormie et rauque.

Angélus passa un pouce sur sa bouche, souriant intérieurement quand elle ferma les yeux et pressa un petit bisou sur le doigt.

Cordélia lâcha un soupir rempli de soulagement et de culpabilité, et eut un léger vertige quand elle rouvrit ses yeux un tantinet trop vite. Bien qu'elle souffrait du contrecoup d'à la fois l'avoir presque tué et de sa morsure, elle pouvait voir qu'il y avait quelque chose qui clochait. Comme s'il était... Différent.

Elle siffla quand elle sentit une piqûre douloureusement vive dans sa gorge. Sa main se leva pour se poser de manière apaisante sur la morsure. "Ow."

Un sourcil sombre se leva avec un léger amusement. Il éloigna sa main et traça la chair à vif, pressant délibérément sur les points d'entrée de ses deux crocs principaux. "La plupart des gens ne tripotent pas une morsure de vampire dix-sept heures après l'avoir eue."

Elle tressaillit magnifiquement avec la douleur et se cambra plus loin. "En temps normal, la plupart des gens ne survivent pas à une morsure de vampire. Certainement pas à l'une des tiennes... Et ça fait vraiment dix-sept heures?"

Il hocha brièvement la tête, ôtant sa main juste pour pouvoir la fixer ouvertement. C'était une morsure assez bonne à son humble opinion. Chaque croc avait laissé une empreinte si profonde qu'elles allaient laisser une cicatrice, elle était parfaitement située et s'incurvait avec un joli contour pour définir la forme. Aucun doute à ce propos, il était impossible de se méprendre sur le fait que c'était sa morsure, et plus il la regardait, plus il en devenait fier.

Cordélia secoua la tête autant qu'elle le pouvait sans devenir étourdie. C'était vraiment un vampire. Elle essaya de le pousser loin d'elle afin de pouvoir s'asseoir, mais ses bras étaient bizarrement légers et elle n'avait pas assez de force pour faire bouger son doigt, encore moins tout son corps. "Laisse-moi me lever."

Angélus allait le faire mais il fit une pause pour réfléchir. S'il se levait, alors qu'elle ne serait plus vulnérablement à sa merci et, donc, il n'aurait plus l'occasion de jouer un peu avec elle. "Non."

Non? "Allez, Angel. Dix-sept heures est un long moment à rester couchée. Laisse-moi me lever."

Un sourire narquois souleva lentement sa bouche. C'était un moment délicat et s'il n'était pas prudent ou s'il ne la jouait pas fine, elle le prendrait comme un jeu. Pas du tout ce qu'il voulait. "J'ai dit non," il fit semblant d'être perdu dans ses pensées. "Ou peut-être que tu n'as pas bien entendu."

Elle fronça les sourcils et c'était magnifique. "Je t'ai entendu, maintenant laisse-moi me lever avant que j'ai des courbatures."

Ses poignets à nouveau capturés et épinglés, par une grande main froide, au-dessus de sa tête, ses doigts se contractant fortement autour des minces articulations. Elle clignait des yeux vers lui maintenant, sa bouche se mettant en une petite moue et la chemise s'étirant sur ses mamelons durcis. Ouais, c'était définitivement un bel endroit où il se trouvait.

Angélus sourit en secouant la tête. "Nah-ah," il ricana quand ses jolis yeux noisettes brillèrent avec contrariété et non avec peur. Il supposait qu'il devait faire un peu d'effort dans ce petit jeu. Il serra ses poignets un peu plus fort, appréciant son halètement brusque de douleur. "Tu te sens déjà emprisonné dans notre relation, Cor?"

Cordélia examina son visage et ses yeux, à la recherche d'indices qu'il était en train de plaisanter, mais il n'y avait rien d'autre qu'une intention démoniaque. Donc c'était là qu'il se retournait contre elle. Non pas qu'elle s'était attendue à autre chose, évidemment, du moins pas après lui avoir tiré dessus et l'avoir presque tué hier soir. Elle ferma les yeux pour l'empêcher de voir les larmes chaudes qui montaient et, quelque part dans son cerveau, elle entendit la voix de Buffy.

Un vampire mort est un vampire de moins pour qui il faut s'inquiéter.

Ouais, eh bien, ce vampire s'avérait être celui dont elle était folle amoureuse. Le même vampire qui exerçait son droit de la punir pour la stupidité à l'état pur dont elle avait fait preuve en traitant une arme comme un jouet. Dix-sept heures n'étaient manifestement pas assez de temps pour accepter le fait qu'elle l'avait presque tué.

Il observa avec une confusion amusée ses yeux briller de larmes avec une triste résignation tandis que sa tête faisait un petit hochement. Malgré tout, il n'y avait pas de peur, seulement une odeur piquante d'amertume qui venait avec les adieux. Seigneur, le parfum en était tellement fort qu'il pouvait fichtrement le goûter.

Elle parla avant qu'il n'en ait l'occasion. "Je suis désolée, Angel. J'aurais pu venir te voir n'importe quand, j'aurais dû venir te voir à la première occasion que j'avais, mais..." Elle secoua la tête et ignora le liquide salé qui coulait le long de sa joue. "Non, il n'y a pas d'excuse. J'ai craqué et j'avais peur."

La seule pensée Angélus était concentrée sur le mot huh.

Cordélia sourit à travers ses larmes, se préparant à encaisser peu importe ce qu'il allait faire comme une femme. "Tu as été, eh bien, tu as été toi avec moi et j'aime ça, donc je ne vais pas lutter ni résister ni crier... A moins que tu ne veuilles que je crie, alors je peux le faire. J'ai beaucoup d'entraînement."

Ooohkay. Ce n'était vraiment pas comme ça que son jeu était censé se passer et dire qu'il était confus était un euphémisme. La seule chose qu'il pouvait comprendre de son non-sens était le fait qu'elle l'aimait bien et qu'elle n'allait pas lutter pendant qu'il la torturerait, mais ça ne pouvait pas être juste. Juste pour être sûr, "Tu as craqué pour moi donc tu vas te mettre à l'aise et accepter que je te torture?"

Elle acquiesça et expira ce qui pouvait très bien l'un de ses derniers souffles.

Oubliez le premier jeu, celui-ci était beaucoup plus amusant.

Sa prise sur son poignet se serra de manière presque insupportable et il sourit d'un air suffisant devant l'éclair de douleur qui traversa son visage. Il n'y avait toujours pas de peur. Elle était soit absolument cinglée soit une sadique cachée. Si c'était le deuxième, alors wow. Il avait touché le jackpot en ce qui concernait une femme humaine.

S'assurant que son regard ne quittait jamais le sien, il la lâcha et se leva du lit, faisant des pas lents et calculés jusqu'à l'une de ses armoires et l'ouvrit délibérément d'une manière qui la fit grincer. Son rythme cardiaque s'accéléra quand ses mains montrèrent une petite dague létale avec une étrange pointe noir.

Cordélia cessa de respirer et essaya rapidement de cacher son moment de faiblesse, mais cela ne servit à rien. Seigneur, elle n'avait jamais vu personne exprimer autant de malveillance avec aussi peu qu'un sourire. Elle commença à trembler. Elle supposait qu'encaisser comme une femme était bien plus dur que ce qu'elle pensait

Angélus flâna de manière nonchalante jusqu'au lit, tournant la dague d'un côté à l'autre, montrant chaque centimètre de la brillante lame en argent. "Ca a été fabriqué pour moi il y a des années. Presse le bouton, là," il le fit et une partie du manche s'ouvrit avec un déclic. "Parfait pour verser du poison à l'intérieur. Quand on l'utilise, la pointe fait couler ledit poison tout droit dans la circulation sanguine. Un peu comme la queue d'un scorpion. Cool, hein ?"

Elle n'était pas sûre qu'il voulait réellement une réponse, donc elle resta silencieuse.

Il rampa sur le lit, gardant la dague à hauteur de ses yeux et observa le noisette disparaître en deux pupilles de la taille d'une soucoupe. Elle fut à peine capable de s'empêcher de tressaillir quand la lame froide toucha et glissa le long de sa jambe, allant assez haut pour qu'elle la sente piquer l'élastique de sa culotte.

Elle ravala un épais morceau de terreur et se rappela qu'elle méritait ça car elle était une telle garce trompeuse et vindicative qui avait gardé le silence parce qu'elle l'appréciait. Appréciait? Ha. Appréciait ne commençait même plus à le décrire et puisqu'elle vivait ses derniers moments, elle allait fichtrement admettre, au moins pour elle-même, qu'elle l'aimait.

C'est vrai, hurla son cerveau à une Buffy Summers imaginaire, je suis amoureuse d'Angel. Voilà.

En quoi Spike l'avait transformée, bordel? Elle jura de revenir sous la forme d'un fantôme et de le faire souffrir.

Angélus s'amusait comme un fou. Etre à califourchon sur elle, la taquiner, l'effrayer... C'était si foutrement excitant, même s'il n'était pas totalement certain du pourquoi elle le laissait jouer.

Il traîna la lame encore plus haut, éraflant la pointe même partout sur son minou, allant de son petit trou étroit sur ces petites lèvres gonflées et encerclant délibérément son charmant petit clitoris. Elle haleta, ses yeux écarquillés clignotant au contact très froid.

Pour l'amour de Dieu, à quoi pensait-elle? Elle ne pouvait tellement pas trouver ça excitant. C'était mal. Très, très mal. Juste. Elle se faisait punir. Elle devait s'en souvenir. Si seulement ce n'était pas Angel qui faisait la punition, alors elle serait correctement effrayée, mais c'était lui et elle ne pouvait simplement pas s'empêcher de réagir à lui.

Il augmenta la pression, mais seulement durant une seconde, et bougea la dague de sorte qu'elle soit sous les deux boutons du bas de la chemise. Une autre seconde passa et la lame trancha la chemise comme si c'était de l'air.

Cordélia l'observa lever le couteau et le tenir directement sur son cœur et ferma les yeux, luttant avec tout ce qu'elle avait pour empêcher les chaudes larmes piquantes de tomber. Elle ne voulait pas le voir le faire, mais ensuite il y une sensation de rien insoutenable.

Elle attendit, attendit encore et puis attendit encore un peu, mais ne sentit rien d'autre que la chemise déchirée effleurer sa peau. Ouvrant un œil luisant, elle l'observa et l'écouta planter la dague tout droit dans le mur, faisant tomber des bouts de plâtre autour de sa tête.

Angélus était en train de sourire d'un sourire en coin et de secouer la tête avec incrédulité. "Toi," commença-t-il, sa voix teintée d'autant d'incrédulité. "Tu dois être la dame la plus cinglée que j'ai jamais rencontrée. Qu'est-ce qui t'as pris de penser que j'allais te torturer?"

Huh? "Tu veux dire que tu ne vas pas le faire?"

Ses sourcils touchèrent la naissance de ses cheveux. "Tu as envie que je te fasse mal?" Son ancienne pensée sur le fait qu'elle était une sado masochiste dans le placard lui vint à l'esprit et il n'aurait pas pu empêcher son grand sourire s'il avait essayé.

Pourquoi souriait-il à la pensée qu'elle voul... Oh. Cordélia fut très rapide pour répondre. "Non. Je n'ai pas envie que tu me fasses mal, mais pourquoi est-ce que tu ne vas pas me faire mal?"

"Pourquoi est-ce que tu présumes que je vais te faire mal?"

Allô. "Est-ce que je ne t'ai pas presque tué?"

"Est-ce que ce n'était pas un accident?"

Ses lèvres tremblèrent légèrement et elle fit un haussement d'épaule mini rikiki. "Je ne sais pas," Elle fit une pause et il était prêt à revendiquer la victoire de leur nouveau jeu. "Est-ce que tu sais si c'était un accident?"

La petite garce sournoise l'avait roulé. "Est-ce que tu étais sérieuse quand tu m'as retenu en otage?"

"Et si j'avais été sérieuse?"

"Dois-je faire une démonstration des conséquences?"

"Tu n'as pas déjà donné un avant-goût des dites conséquences?"

"Tu n'as pas aimé le jeu?"

L'incrédulité pure dans sa voix n'était pas feinte. "C'était un jeu, ça?"

Il semblait si fichtrement fier de lui qu'elle lutta pour ne pas glousser. "Ouaip!" s'exclama Angélus avec toute la jubilation d'un gamin de cinq ans et ça dura jusqu'à ce qu'il réalise qu'il avait perdu la partie. Misérablement.

Cordélia lâcha finalement la tête de lit et lui caressa la mâchoire tandis qu'elle rigolait doucement. "Je suis vraiment désolée, Angel." Elle jeta un œil à son torse, ne voyant aucun signe qu'on lui avait tiré dessus dix-sept heures plus tôt. Il n'y avait rien qui disait à quel point elle n'était pas passée loin de le tuer.

Seigneur. Elle avait vraiment presque tué l'homme, le vampire qu'elle aimait.

Angélus remua pour qu'elle puisse s'asseoir et se retrouva avec peu de choix quand ses bras fins s'enroulèrent autour de son cou, ses lèvres lui volant effrontément un baiser espiègle, souriant d'un air narquois quand il se raidit immédiatement. Elle supposait que le résident malveillant de Sunnydale ne faisait pas dans les étalages spontanés d'affection.

Gardant une main sur son épaule, elle utilisa l'autre pour se sécher les yeux avant de se reculer pour le regarder avec plus qu'un léger amusement. Elle ne s'embêta pas à lutter contre l'envie de le tripoter ou à l'envie de lui sourire. Ses mains allèrent de ses épaules à son torse, où ses doigts s'étalèrent sur les pectoraux pâles. "Alors pas de punition pour Cordy?"

"Est-ce que Cordy mérite une punition?"

"Comment tu peux arriver à ce que punition ressemble à une récompense?" C'était un talent sérieusement troublant.

Il lui fit un grand sourire avec toute la malice qu'il avait en lui. "C'est comme ça que je les fais. Tu apprécieras quand je mettrais mes mains sur tes petites fesses rebondies."

N'était-ce juste pas un monde de possibilités? Cordélia se lécha inconsciemment les lèvres quand quelque chose en elle se contracta. "Tu en es certain?"

"Princesse," grogna Angélus devant la légère excitation émanant de son doux endroit. Il semblait qu'il n'était pas le seul à voir le potentiel d'une fessée ferme. Abaissant sa voix jusqu'à un chuchotement, "Je m'en assurerai."

"J'attends ça avec impatience," dit-elle, piégeant sa langue entre ses dents et traçant ses ongles le long de son ventre jusqu'à ce qu'elle sente la ceinture de son pantalon. Elle arqua un sourcil. "Cent pour cent soie dit beaucoup de choses sur un homme."

Ce fut à son tour d'arquer un sourcil. "Et flirter dit beaucoup de choses sur une femme. Une femme, qui plus est, qui était prête et disposée à me laisse faire tout ce que mon cœur maléfique désirait." Un rire pétillant s'échappa de sa gorge. "Soit tu es cinglée, soit tu es coupable. Puisque tu sors avec moi, tu ne peux pas être cinglée, donc mon hypothèse est la culpabilité."

Elle essaya d'en faire une blague. "Ouais, parce que sortir avec un vampire sans âme crie simplement le bon sens."

"C'est le cas quand ce vampire sans âme est moi."

Cordélia soupira en voyant que sa remarque n'avait obtenu aucune autre réaction qu'un simple commentaire égocentrique. "Tu aurais pu être poussière et..."

"Je ne suis pas un novice idiot, Cordélia. Je sais que c'était un accident donc ce n'est pas la peine d'en faire un caca nerveux."

Il était sérieux? "Pas la peine de... Je ne fais pas un caca nerveux. Tu ne comprends pas? Je t'ai presque tué!"

"Bon Dieu, femme. Ressaisis-toi!" Il arracha ses mains loin de lui, craignant que ses ongles s'enfoncent dans ses intestins.

Comment osait-il lui dire de se ressaisir? "J'ai eu peur, Angel. Tu étais en train de saigner et la flèche ne voulait pas sortir et puis elle est sortie et puis tu as encore plus saigné et il y en avait partout!"

Au grand désarroi de ses oreilles douloureuses, elle ne s'arrêta pas là. Elle continua encore et encore, sa voix devenant de plus en plus paniquée, l'histoire devenant de plus en plus élaborée jusqu'à ce qu'elle donne l'impression qu'elle avait été envoyée par Buffy pour l'assassiner.

Angélus se frotta le front, soupira et écrasa une main sur sa bouche. C'aurait dû être impossible pour une humaine de parler autant, aussi vite, sans s'arrêter pour reprendre son souffle. Il ignora son regard noir. "Je vais bouger ma main et tu vas rester silencieuse, d'accord?"

Cordélia hocha la tête, mais à la seconde où ses actions reflétèrent ses mots, elle rouvrit la bouche, le forçant à replacer sa main.

"Oui, tu m'as tiré dessus et oui, il y avait probablement beaucoup de sang, mais je t'ai mordue. On est quitte."

Elle secoua la tête et se défit de sa prise. "Tu m'as seulement mordue par besoin, pas..." Pas par envie, voulait-elle dire, mais elle se tut.

Il lutta contre l'envie d'embrasser ou de tuer et prit quelques instants pour gérer l'irritation croissante. "Désespoir ou envie. Ca ne m'embête pas." Il la força à rencontrer son regard trompeusement serein. "Et on sait tous les deux que c'est ce qui importe."

Elle vit la menace pour ce qu'elle était et elle s'en foutait. "Ce qui importe c'est que tu n'es pas un tas de poussière sur le sol de la cave. Donc vas-y, lance des regards noirs et menace-moi autant que tu veux. J'en suis contente. Je souhaiterais juste que tu m'ais mordue dans de meilleures circonstances."

Angélus fronça les sourcils Elle ne pouvait certainement pas être aussi bouleversée à cause d'un petit accident. Il était un vampire, mais pas n'importe quel vampire. Le même vampire qui avait terrorisé ses amis l'année dernière avant de s'en lasser. Le vampire qui l'avait clouée au sol et lui avait chuchoté toutes les putains de choses qu'il voulait lui faire. Pour qu'elle soit inquiète au point de pleurer, alors elle devait avoir un fichue bonne raison.

"Quelles circonstances seraient meilleures, Cordélia?" L'instant où il le demanda fut l'instant où elle se figea et qui lui donna toutes les réponses dont il avait besoin.


La question à soixante-quatre milliers de dollars était à quel point une fille pouvait être humiliée?

Cordélia en avait une bonne idée et Seigneur, la sensation n'était pas trop agréable. Elle grogna dans ses mains, s'enfonçant si profondément dans la baignoire que l'eau s'éleva jusqu'à son menton. Ses ongles égratignèrent légèrement sa tête alors qu'elle passait ses doigts dans ses cheveux humides, ses jambes s'étirèrent et elle se coucha contre le côté, savourant sa sensation froide dans son dos.

C'était une baignoire agréable, pensa-t-elle de manière désinvolte et elle passa son gros orteil sur le robinet en argent brillant. Un bain couleur prune foncée qui était assez grand pour qu'un vampire d'un mètre quatre-vingt ou plus puisse flemmarder confortablement pendant des heures. Encore plus important, il était assez grand pour qu'elle puisse flemmarder pendant des heures et pourquoi elle n'avait jamais su qu'il l'avait jusqu'à maintenant, elle ne le comprenait carrément pas.

Bien sûr, elle avait eu une salle de bain privée qui comprenait une douche et un évier avec une excellente pression d'eau, mais ce n'était rien comparé à ça, et la salle de bain privée de ses parents non plus. Les lumières murales donnaient une lueur relaxante similaire à quelques bougies et elle supposait que c'était un variateur, le sol était en marbre et les murs étaient d'une couleur sombre des fruits rouges, qui semblait apaiser.

Elle retirait ce qu'elle avait dit. Ce n'était pas juste agréable, c'était le paradis, et peu importe ce qui arriverait à partir de maintenant, elle risquerait sa vie et l'un de ses membres pour flemmarder confortablement dans la baignoire pendant plus d'heures.

Cordélia soupira et fit rouler son cou, cette fois étirant ses bras sur les deux bords tandis que la petite fille en elle gloussait comme une maniaque. Tout ce dont elle avait besoin était une bonne bouteille de bain moussant, ses soins pour les cheveux Tigi préférés, un roman romantique lamentable et elle serait rangée pour toujours.

Sans mentionner que ça lui changerait les idées de son actuelle situation embarrassante.

Quelques secondes avant de l'envoyer se faire jolie pour lui, il avait utilisé bien dix des surnoms affectueux le plus ringards juste pour la faire réagir. Chérie, mon cœur, sucre d'orge trésor, mamour, mon amour, mon poussin, ma puce, ma douce et poupée. Puis était arrivée sa marque personnelle de surnoms, qui n'étaient nullement ringards, et ceux-là avaient été utilisés pour la faire rougir.

Elle avait essayé de rendre coup pour coup en inventant ses propres surnoms mais malheureusement, son esprit n'avait pas plus de deux cent ans d'expérience, et donc ses noms avaient été moins que pathétiques. Ca n'avait pas aidé quand, à chaque fois qu'elle avait trouvé quelque chose qu'elle pensait être à moitié décent, il avait fait le beau et s'était fièrement exhibé comme le paon précieux d'un fermier.

C'était arrivé à un point où elle avait sérieusement envisagé de lui tirer à nouveau dessus, mais cette idée était partie aussi vite qu'elle était arrivée. Elle ne pensait pas qu'elle allait un jour reprendre une autre arbalète en main, encore moins en utiliser une, et définitivement pas quand il était dans les parages.

Cordélia fit glisser ses fesses le long du fond de la baignoire jusqu'à ce que ses cheveux puissent flotter. Doux Jésus, elle pouvait pratiquement nager dans ce truc et la sensation était glorieuse. Huh. Il y avait un miroir sur le plafond et il était en adéquation parfaite avec l'énorme miroir qui couvrait un mur. Pourquoi diable est-ce qu'un vampire, une créature sans reflet, voudrait avoir des miroirs comme ça dans la salle de bain?

Peut-être qu'il n'y avait pas de réponse, peut-être qu'il aimait juste l'apparence qu'ils avaient, ou peut-être qu'il avait raison et que les vieilles habitudes avaient vraiment la vie dure.

Elle sourit à son propre reflet, en haut, regardant comme ses cheveux répondaient aux ondulations provoquées par les mouvements de ses bras et compris la raison du pourquoi. Angel les avait bien pris pour les reflets, juste pas pour le sien. Ils étaient en place pour qu'il puisse joyeusement zyeuter de manière perverse peu importe qui il était ici avec lui.

Elle se souvint de quand il avait une âme et avait été avec Buffy. Combien de fois avait-elle été ici, à faire et à penser les mêmes choses qu'elle? Combien de fois est-ce qu'Angel avait regardé Buffy sur ces miroirs?

Cordélia se redressa et commença à se frotter, faisant de la tâche quelque chose de plus professionnel qu'un plaisir, puis elle pressa ses cheveux. Plus vite elle serait sortie, mieux elle serait.

Son corps était à moitié hors de l'eau quand la porte s'ouvrir subitement, le vacarme soudain la faisant sauter en l'air.

"Doux Jésus, Angel!" Hurla-t-elle d'une voix aigüe et elle se renfonça dans l'eau, les miroirs et Buffy Summers prenant la deuxième place, derrière faire reprendre son cœur. "Tu pourrais ne pas faire ça, s'il te pait?" Ses deux bras allèrent directement en travers de sa poitrine et une jambe se leva pour cacher le reste. N'avait-il pas honte ?

"Tu m'as manquée aussi, poupée." Une boîte ce qui semblait être des articles de toilettes fut levée. "J'ai pensé que ceci pourrait être utile," et il jeta la boîte dans sa direction, amusé de la voir atterrir dans l'eau et pas dans ses mains.

"Tu permets?" Elle parvint à faire tourner son corps de quelques centimètres pour que le côté de la baignoire couvre les parties les plus importantes.

Angélus fit un sourire mielleux. "Pourquoi prendre la peine de cacher?" demanda-t-il. "J'ai déjà vu."

Cordélia sentit son visage rougir de chaleur. "Pas entièrement."

"Non," dit-il, ses yeux dérivant jusqu'au miroir du dessus, qui donnait une vue ravissante de ses fesses. Il fit un large sourire, "Pas entièrement."

Elle suivit sa ligne de vue et son renfrognement s'approfondit. "Il n'y a pas de limite à ta perversité?"

Son regard n'était toujours pas revenu sur son visage. "Pas vraiment." Là, c'était un petit derrière magnifiquement ferme. Tout mouillé et bien roulé et tellement, tellement mordable.

Cordélia roula les yeux, remuant à nouveau de sorte que ses fesses soient entièrement submergées, et donc ramenant son attention sur elle. "C'est mieux comme ça. Qu'est-ce qu'il y a dans la boîte?"

"Des accessoires de toilette pour femme, offerts par Dru." Angélus s'appuya contre l'embrassure de la porte et croisa les bras. "J'ai pensé que tu aurais peut-être besoin de quelque chose de plus délicieux que mes trucs."

Elle souleva la boîte d'une main tout en utilisant l'autre pour éviter de lui montrer ses seins "Alterna," déclara-t-elle, impressionnée. Manifestement, la vampire avait du goût et bon goût avec ça. "Pas mal du tout."

"C'est mieux que sa phase où elle utilisait le sang de vierge pour prendre son bain."

Elle grimaça, souhaitant ne pas être en possession d'une imagination aussi débordante. Quand ils n'étaient pas sacrifiés pour les Dieux et les démons, ils étaient utilisés comme produits hygiéniques. Pauvres vierges. Elle compatissait certainement. "C'est vraiment réconfortant."

Son visage se fendit de l'un des sourires les plus grands qu'elle avait jamais vu. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre les scénarios que son cerveau avait concoctés. "Ne sois pas si inquiète, ma mielleuse. Elle en est sortie à la fin des années 1900."

"Je ne suis pas inquiète," protesta Cordélia de façon peu enthousiaste tout en se demandant comme elle pourrait se faire passer pour une prostituée, une prostituée expérimentée avec ça. Peut-être si elle se décolorait les cheveux et portait un rouge à lèvre vulgaire...

"Evidemment que tu n'es pas inquiète." C'est pour ça qu'elle était probablement en train d'inventer des manières de perdre sa virginité sans réellement la perdre.

"Je ne le suis pas!"

Angélus eut un petit rire. Elle pouvait être assez adorable quand elle le voulait. "Je vais commander le brunch..."

Avait-il mentionner de la nourriture? Des orbes noisettes étincelèrent assez littéralement et son ventre grogna à la pensée de se sustenter. "Mmm. Qu'est-ce qu'on va manger?"

On emmerde adorable. Adorable ne couvrait pas, pas quand elle était en train de paresser dans son bain et qu'elle le regardait avec ses yeux de bambi. "Quelque chose pour chatouiller les papilles gustatives jusqu'à ce qu'elles deviennent roses."

Ca semblait bien pour elle. "Super, maintenant sors et laisse-moi me laver en paix."

Il était sur le point de quitter la pièce quand sa voix l'arrêta. "Angel?"

Il jeta un œil par-dessus son épaule, interrogeant silencieusement la minuscule touche d'hésitation sur son visage. Elle dessina des motifs sur le bord de la baignoire. "Les miroirs?"

"Mes chambres privées sont exactement ça, Cor. Privées."

"Je sais, mais, et..."

Angélus sourit d'un air suffisant. "J'étais trop coupable pour faire des folies avec les luxes de la vie. Mon ancien appartement était constitué de quelques nécessités. A peine assez de place pour avoir un chat, encore moins quelque chose d'aussi délicieux."

Il donnait l'impression qu'il était si vide, si froid. Sa tête se plissa à la pensée de quelqu'un comme lui, même avec une âme, vivant dans un endroit comme ça. Ne sachant pas quoi dire devant la confession, Cordélia se contenta d'hocher la tête et offrit un autre sourire.

"Profite du reste du bain, chérie. Je viendrai te chercher quand le brunch sera là."


Angélus descendit les escaliers en trottinant, son visage coincé en un grand sourire permanent. Il n'avait jamais su qu'une humaine pouvait autant rougir. La teinte rouge foncé avait été de ses oreilles, partout sur ses joues, et avait disparu dans le plongeon de sa chemise. Comme ç'avait été amusant de l'écouter jacasser de manière défensive sur comment elle ne l'appréciait même pas, encore moins aimer, sur comment Keanu était le seul homme pour elle.

Ouais, et un afflux de Martiens pacifiques allait arriver à JFK dans une demi-heure.

Elle n'était pas capable de mentir pour sauver sa vie et elle ne savait certainement pas lui mentir. Elle l'aimait. A quatre-vingt-treize pourcent en fait.

En récompense au pur divertissement qu'elle lui avait donné, il allait faire chauffer sa carte de crédit pour un brunch copieux pour elle, avec un café au lait demi-écrémé et une goutte de sirop aux noix. Ce n'était pas juste parce qu'elle l'avait diverti avec sa marque particulière d'affection, mais pour la simple raison qu'elle avait besoin de réapprovisionner ce qu'il avait pris hier soir.

Une belle variété de viandes froides et de pain set d'autres bonnes choses devaient être commandées, de même qu'un flacon de comprimés de fer qui ne ferait pas de mal qu'elle prenne, aversion aux cachets ou pas.

Il fit une pause sur la dernière marche et pencha la tête sur le côté. Peut-être que des fleurs seraient une belle touche personnelle. Des roses? Nan. Pas pour Cordélia. Du moins, pas pour Cordélia aujourd'hui. Pas des lys non plus. Des tulipes? Seigneur, non.

Des marguerites lui vinrent à l'esprit, de même que l'image d'elle, en portant une dans les cheveux, et l'image était si jolie qu'il décida que, oui, les marguerites étaient le bon choix. Maintenant que le menu du brunch et que les fleurs étaient réglés, tout ce qu'il devait faire c'était trouvé son fichu téléphone. Il se souvint que le dernier endroit où il avait été, en bas, était le sous-sol et donc il allait se diriger vers le sous-sol.

Angélus mis une seconde de plus pour bouger quand un léger bruit terne vint de ses appartements. Il grimaça et se sentit assez reconnaissant d'être parti quand il l'avait fait. Il descendit la dernière marche, ne s'embêtant pas avec des politesse quand il passa à côté de Spike, qui jeta un coup d'œil vers le haut avec une grimace identique.

"Par l'enfer, mon vieux." Quand est-ce que son grand-père s'était mis à tuer des chats par hobby?

Des yeux bruns sans expression atterrirent sur le blond. "Par l'enfer quoi, Abruti?" Juste parce qu'il pensait que Cordélia ne savait pas tenir une note ne voulait pas dire que quelqu'un d'autre pouvait aussi le penser.

Spike leva les mains, dont une agrippant le téléphone portable qu'Angélus voulait. "Surpris de te voir, c'est tout. C'est ça que tu cherches?" Le téléphone fut lancé en l'air et attrapé. "Dru l'a trouvé dans ton dojo morne ce matin."

Angélus l'arracha à son petit-fils et le mis en sécurité dans sa poche arrière, se demandant avec désinvolture combien d'appels longue distance avaient été fait avec. "C'est tout ou il y a autre chose avec laquelle tu veux m'embêter?"

Le vampire plus jeune fit tout un cinéma d'inhaler profondément avant de faire un sourire suffisant. "Tu as sorti tes crocs, mon vieux? Je ne peux pas dire que je t'en veux. Pas avec le morceau que tu as."

Le grand sourire d'Angélus devint pointu, nerveux. "J'espère vraiment que tu veux dire ça de manière respectueuse, William."

Ooh. Le nom de l'humaine. Il allait avoir des problèmes s'il n'était pas prudent. "Evidemment. Ne jamais couper l'herbe d'un autre vampire. Ca te dérange de me dire comment la moitié de ton poids corporel en sang s'est retrouvé sur le sol de la cave?"

"Elle m'a tiré dessus."

"N'est-ce pas la signe du véritable amour." Spike sortir ses cigarettes et en alluma une. "Elle te tire dessus, tu la mords. Elle goûtait quoi? Comme des épices, je parie..." Soudainement, il était en train de voir une douzaine de Titi voler tout autour de sa tête étourdie, chacun gazouillant sa propre chanson joyeuse et pourrie.

Les mures étaient étonnamment durs, pensa-t-il de façon hébétée alors que l'arrière de son crâne rencontrait une fois encore la surface solide. Une forte odeur de sang lui fit faire la supposition correcte que la gamine et sa réserve de sang était un sujet de conversation interdit.

Angélus observa avec une satisfaction tordue son petit-fils lutter en vain pour ôter sa prise de sa trachée. Cela fit plus qu'empirer les choses, cela eut pour conséquences que la gorge de Spike devienne la maison de deux grandes paumes qui serrèrent assez fort pour forcer le sang à faire virer le visage anormalement pâle de Spike au rouge. Il n'avait pas fini, n'en aurait pas fini tant qu'il n'aurait pas fait passer le message.

Ses doigts écrabouillèrent presque la trachée de Spike en éclats de cartilage tandis qu'il parlait d'une voix basse. "Pose encore la question," Angélus lâcha à travers ses crocs serrés. "S'il te plait, pose-moi encore la question."

Spike essaya en vain d'ôter la pression croissante sur sa gorge avant que sa tête ne soit arrachée. "Ca va, ça va," Il toussa du sang et leva ses mains avec soumission. "Détends-toi."

Angélus fit claquer la tête de Spike contre le mur une fois de plus par pur principe et relâcha, souriant comme si rien ne s'était passé. Là, ça s'était amusant. Il se frotta les mains. "Content qu'on se comprenne. Fais-en sorte que quelqu'un nettoie le désordre dans la cave, je ne veux pas qu'elle le voit." Qu'est-ce qu'il allait faire avant d'être grossièrement interrompu?

Oh oui. "Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai un brunch à commander." Puisqu'il allait déjà lui prendre de la nourriture, des fleurs et du café, il pouvait tout aussi bien faire les choses à fond en lui prenant quelque chose de joli, mais quoi?

Il se tourna vers Spike qui était toujours recroquevillé à terre à agripper sa gorge. "Qu'est-ce qui rentre dans la catégorie des objets flatteurs pour les femmes ces jours-ci? Je lui donnerais bien un cœur, mais j'ai déjà fait ça bien trop de fois. Ce n'est pas spécial, tu comprends. Des idées?"

Il reçut une toux rêche comme réponse. "Ce n'est pas grave," dit Angélus et il commença à faire les cent pas. "Les bijoux ne sont pas attrayants. J'ai besoin de quelque chose de symbolique, quelque chose qui montre mon estime. Quelque chose qui exprime le respect, tu sais?"

Spike fixait son grand-père comme s'il était cinglé, ce qu'il était manifestement. Qu'est-ce que la gamine lui avait fait?

Angélus s'arrêta subitement quand une ampoule métaphorique s'alluma au-dessus de sa tête. "Evidemment," s'exclama-t-il et il se frappa le front. "Pourquoi je n'y ai pas pensé plutôt?" Il secoua la tête d'un côté à l'autre. "Je me fais vraiment du souci pour moi parfois."

L'expression d'horreur pitoyable du blond passa inaperçue tandis que son grand-père continuait d'être de plus en plus soucieux de faire bonne impression avec des cadeaux et le brunch. Il se demanda si Cordélia savait exactement dans quoi elle s'était embarquée. D'accord, dans quoi il l'avait embarquée. En fait, non. Cordélia s'était embarquée toute seule dans une montagne de problèmes obsessifs. Ce n'était pas de sa faute à lui.

Il avait peut-être mis les deux ensemble, mais ce n'était pas comme si la faute pouvait entièrement être rejetée sur lui, pas vrai? Transformer son grand-père en peluche était entièrement de sa faute à elle, bien qu'il aurait donné son bras droit pour savoir comment elle avait fait. Manifestement il était plus que temps de parler avec la gamine.

Des yeux bruns brillèrent avec autosatisfaction, fierté et tellement d'excitation enfantine, il sautait presque sur place. "J'adorerais rester papoter, mais je n'en ai vraiment pas envie. Mince, elle va être aux anges." Il était vraiment impatient de le lui donner.

Spike observa avec fascination son grand-père se pavaner assez littéralement vers la partie de du manoir qui abritait un caillou absolument affreux. Il avait définitivement besoin de parler avec cette fille.


"Je peux avoir un indice?"

"Non."

"Pas même un indice mini rikiki?"

"Non."

"Est-ce que ça casse?"

"Non."

"Non ça ne casse pas ou non, tu ne me dis rien?"

"Non je ne te dis rien, alors arrête de demander."

"Est-ce que je peux le porter?"

"Non."

De la déception inonda son visage. "Oh. Est-ce que c'est joli au moins?"

Angélus roula les yeux. "Ca t'arrive de la fermer?"

Elle fit un large sourire. "Non."

"Tu n'as pas marrante, Cor. Tu le sais, ça?"

Cette fois elle gloussa. "Non," puis elle haleta quand il lui mordilla la gorge, se mordant la lèvre avec la sensation de son nez qui se frottait contre la marque. "Calme-toi là, Amuse-Gueule. C'est toujours un peu douloureux."

Il sourit d'un air narquois et se recula. "Je sais, et si tu n'arrêtes pas avec les surnoms, je ferais en sorte que tes implants mammaires soient de notoriété publique."

La mâchoire de Cordélia tomba à terre. "Je n'ai pas eu d'implants mammaires!"

"Tu le sais, je le sais, mais personne d'autre ne le sait."

"Tu n'oserais pas."

Son gloussement fut tout ce qu'il y avait de malfaisant. "Vraiment? Je suis sans âme, tu te souviens? Je suis maléfique."

Elle fit une pause et il sentit sa bouche se courber en un sourire appartenant à une femme fatale de film noir. "C'était quoi déjà ton nom humain? Lianne?"

"Liam."

"Non, non. Je suis certaine que c'était Lianne."

Angélus lança un regard meurtrier à l'arrière de sa tête. "Je suis un homme dans tous les domaines, Cordélia."

"Tu le sais, je le sais, mais les autres ne le savent pas." Elle fit à nouveau une pause. "Est-ce qu'un vampire peut changer de sexe? Je veux dire, si Liam était devenu Lianne, est-ce que le truc de la guérison que vous avez l'aurait fait repousser?"

Son esprit était un endroit incroyablement effrayant à fréquenter. "Ce n'est pas parce qu'on guérit mieux que les humains qu'on a le talent de régénération. Que les choses soient claires, Liam n'a jamais été et ne sera jamais Lianne."

Cordélia fit un haussement d'épaule insouciant. "Si tu en es sûr..."

"Oui. Très sûr. Commence à marcher, Cor. Je commence à m'ennuyer."

En d'autres mots, il avait hâte de lui donner le cadeau. "Les relations sont faites de compromis, donner et prendre, tu sais."

Il voyait la direction que ça prenait. "Laisse-moi deviner. Je donne et tu prends?"

Elle fit un large sourire. "Exactement. Tout le monde gagne."

Angélus ne put empêcher sa bouche de se transformer en un sourire identique au sien. "Je ne te le dis quand même pas."

Elle résista à l'envie de taper du pied par terre et de souffler. "Oh allez, Angel. S'il te plait? Je ferai semblant d'être surprise. Genre, méga surprise."

Il n'y avait qu'une manière de traiter avec une femme quand elle était de cette humeur-là. La faire culpabiliser. Il soupira avec résignation et arrêta de la guider en avant. "Tu n'es pas la personne la plus facile à surprendre, Cordélia. Je veux dire, qu'est-ce qu'on donne à la femme qui a déjà tout? Je me suis creuser la cervelle pendant une éternité pour essayer de trouver ce que j'allais t'offrir. Si tu ne veux pas être surprise, alors je vais te le dire."

Sa moue avait sa place dans le Guinness Book des records. Bon sang, il pouvait sentir l'espoir d'obtenir un indice mini rikiki s'estomper dans les yeux cachés par ses mains. "Très bien," Finit-elle pas souffler. "Tu gagnes. Je vais prendre la surprise. Juste une dernière question puis je me tais. Promis."

"Demande," Angélus la dirigea vers où il avait dressé une vieille petite table sur laquelle était posée la nourriture qu'il avait commandée.

Cordélia sourit timidement. "Qu'est-ce..." Elle était à la moitié de la question quand le parfum de l'ambroisie s'éleva et lui emplit le nez comme un paradis gazeux. Oh Dieu des Dieux. "C'est du café?"

"Ouais! Café au lait demi-écrémé avec..."

"Du sirop aux noix. Angel?"

"Ouais?"

"Je t'aime," et c'était terrifiant à quel point, au juste, cette déclaration était véritable.

Riant tout bas, Angélus la déplaça dans une position qui assurerait qu'elle ait le plein effet de toute sa dure labeur. "Evidemment que tu m'aimes, sucre d'orge. Maintenant je vais bouger ma main, mais garde les yeux fermés jusqu'à ce que je le dise." Il attendit qu'elle hoche la tête avant que ses actions ne reproduisent ses mots. "Reste."

Cordélia se renfrogna. "Je ne suis pas un chien," puis écouta un déclic qui fut rapidement suivi par un doux sifflement. Hum. Un briquet peut-être? Son bras picota avec une vague soudaine et douce de chaleur. De plus en plus curieux. "Je peux regarder maintenant?"

"Pas encore." Il ajusta le foulard en un parfait nœud rouge et se recula pour tout admirer. Un parfait brunch à la lueur des bougies pour deux et le cadeau parfait rendaient tout ce truc parfait. Il s'était vraiment surpassé cette fois.

Elle le sentit venir derrière elle et frissonna avec la sensation douce de sa joue frôlant la sienne alors qu'il se penchait pour murmurer, "Maintenant."

Il fallut une ou deux secondes pour que le brouillard quitte assez ses yeux pour voir ce qui était juste devant elle. Une petite table sombre contenait un festin constitué de croissants, de pains, diverses viandes froides, des fruits, du fromage et des crackers, du café, du jus et d'autres bonnes choses. Tout au centre de la table était posé un bouquet magnifiquement arrangé de grandes marguerites avec des pétales multicolores et à côté se trouvait une bougie rouge foncé qui tremblotait joyeusement. "Oh. Oh wow. Pour moi?"

"Ce n'est certainement pas pour Spike."

"Imbécile." C'était la deuxième fois qu'il lui offrait le petit déjeuner, mais c'était tout aussi agréable que la première fois. Cordélia baissa son regard par crainte qu'il voit et lise et connaisse les émotions qui s'y trouvaient. Elle se l'était peut-être avoué à elle-même, il savait peut-être la forte affection qu'elle avait pour lui, mais elle n'était pas prête pour qu'il sache à quel point, au juste, cette affection était profonde. "C'est magnifique, Angel. Merci."

Elle allait tellement devoir réfléchir à quelque chose pour lui.

Angélus leva les yeux au ciel. Comment une personne aussi perceptive et observatrice pouvait rater le cadeau lui-même? "Ne fais pas la fille avec moi. C'est seulement un petit déjeuner et ce n'est pas le cadeau."

Ce n'était pas juste un petit déjeuner, du moins pas pour elle. Attendez. Venait-il juste de dire que ce n'était pas son cadeau? "Quoi?" Des yeux noisettes se levèrent subitement pour rencontrer les siens. "Il y a plus?"

La surprise et l'incrédulité à l'état pur sur son visage étaient absolument éblouissantes. Elle était si fichtrement expressivement, c'était incroyable. "Regarde à droite."

Regarde à droite? Ok.

Cordélia se tourna et son front se plissa en un renfrognement confus. Il y avait une grande statue grise arborant un nœud en soie rouge vif sous sa bouche grande ouverte. Ses sourcils touchèrent la naissance de ses cheveux tandis qu'elle examinait les détails. Deux crocs pointus en pierre, comme des dents, sortaient de ce qui semblait être sa mâchoire inférieure, ses yeux étaient gris et froids dans leur vide, et il y avait un air sérieusement flippant chez elle qui la glaçait jusqu'à l'os. Elle chancela, regardant ces yeux sans vie suivre ses moindres mouvements.

Elle la contourna lentement, traçant les motifs complexes sur ses flancs et son dos, sa tête penchée sur le côté pour ne rien rater. Ca n'avait pas vraiment beaucoup de fesses, remarqua-t-elle de façon désinvolte, ni vraiment beaucoup de quoi que ce soit hormis une présence étrangement puissante et ça en avait en abondance. Elle avait juste une simple question. "Ce n'est pas pour être grossière ni rien, mais c'est quoi?"

Angélus sourit d'un air farouche. "C'est Acathla."

Pardon? Sa tête se tourna rapidement pour le fixer. Acathla? "Acathla comme dans Bouche de l'Enfer Acathla?" Il ne pouvait pas, absolument pas, lui donner Acathla. Il était impossible qu'il lui donne Acathla.

"Celui-là même." Il vint se tenir à côté d'elle, la poitrine gonflée avec une fierté masculine. Son expression était inestimable. "Surprise!"

Il le faisait! Il lui donnait les clés de l'enfer. Elle se racla la gorge pour que ses mots ne sortent pas en un bruit enroué qui exprimeraient ses sentiments exacts. Elle n'était pas sûre de ce que ces sentiments exacts étaient, mais ce n'était pas grave. "Je suis certainement surprise. Très, très surprise."

Il sourit avec joie. "Aucune de mes autres idées ne semblaient bonnes, tu sais? Trop clichées, exagérées, pas spéciales, pas toi ni nous. Donc ensuite j'ai commencé à penser à la nuit où on est allé à Havana et comment ce cerveau malin qu'est le tien a découvert comment faire fonctionner Acathla..."

Cordélia aspira un souffle si mordant que ça lui piqua les poumons. "Pitié, pitié dis-moi qu'on ne part pas pour une folle aventure." Aw merde.

"Et détourner notre petit déjeuner de cent ans? Loin de moi cette idée." Angélus lui lança un sourire en coin. "Qu'est-ce que tu en penses?"

"Je pense que c'est unique." Son expression retomba avec une légère déception et mince, elle avait l'impression d'être une garce ingrate. "Un bon unique," et unique, ça l'était définitivement. Combien d'autres filles pouvaient dire qu'on leur avait donné les clés pour une dimension infernale? Elle fronça les sourcils alors qu'elle y réfléchissait un peu plus. Dimension était un autre mot pour monde, pas vrai? Donc il lui avait donné les clés pour une autre dimension, une dimension démoniaque, oui, mais quand même une autre dimension et ça voulait dire qu'il lui avait donné un monde.

Elle cligna des yeux, son cerveau faisant de son fichu mieux pour absorber le fait qu'il lui avait donné un monde. Et je pensais que du champagne à un millier de dollars était de trop. "Je comprends, Angel," et elle comprenait vraiment. Ses lèvres se courbèrent vers le haut, de plus en plus haut, jusqu'à ce que ses dents soient exposées. "Merci."

Cordélia retourna jusqu'au-devant de la statue, ses yeux fixant le visage flippant. "Alors qu'est-ce qui était censé se passer quand il s'est ouvert? Qu'est-ce qui était censé s'ouvrir?"

"Sa bouche, et quant à ce qui était censé se passer... Eh bien, j'avais espéré un grand trou tourbillonnant et de gros vents forts." Répondit Angélus et il l'observa se lever sur la pointe des pieds pour regarder dans ladite bouche, un petit huh. "Tu ne vas pas le déballer?"

C'était emballé? Oh ouais. Le nœud. "Oh, euh. Bien sûr." Pour une raison ou pour une autre, de la nervosité monta tandis qu'elle touchait le nœud rouge, le sentant se défaire et glisser entre ses doigts comme de la soie liquide, lui chatouillant la peau. Du choc et de l'horreur inondèrent son visage alors qu'elle se voyait le laisser tomber, seuls ses réflexes à lui parvinrent à le sauver du sol froid.

"Laisse-moi," murmura-t-il, appréciant totalement les émotions merveilleuses qui traversaient ses yeux.. Il le plia en deux et garda trois doigts dans la boucle, puis le plaça de façon artistique autour de son cou, et enfila les deux extrémités dans la boucle. "Voilà, ma belle."

Elle le lissa et regarda comme la nuance sophistiquée contrastait avec ses bras bronzés et sa chemise pourpre foncée. C'était magnifique. De la soie toute douce de la couleur rouge la plus vive qu'elle avait jamais vue. Elle allait tellement la porter tous les jours. Elle jura de lui offrir quelque chose de spécial, mais quoi? Elle allait devoir y réfléchir. "Je ne sais vraiment pas quoi dire, Angel. Merci. Surtout pour Acathla et le foulard. J'ai la robe parfaite pour aller avec."

Il rayonna, ravi que son idée de cadeau avait fonctionné. "Je savais simplement que tu aimerais."

Pour leur épargner à tous les deux, principalement à elle-même, un moment émotionnel véritablement embarrassant, Cordélia se débarrasser rapidement de tous les sentiments de fille, certaine qu'il allait en rire ou les repousser d'un geste. "On peut manger, maintenant? Je suis affamée." Dieu savait qu'elle allait avoir besoin de nourriture pour réfléchir.

Où diable allait-elle le mettre?


Voilà, c'est ici que l'auteur s'est arrêté, et que la fic se met en quelque sorte en Hiatus. Cela fait plusieurs années qu'il n'y a pas eu de mise à jour donc je pense qu'on peut dire avec assez de certitude qu'il n'y en aura jamais. Même si c'est rageant de s'arrêter en plein milieu de l'histoire, je pense que les chapitres qu'elle nous a offerts valent quand même la peine d'être traduits et lus.

Merci à toutes les personnes qui ont eu la patience de me suivre tout le long de ce très long processus de traduction. Ca m'a beaucoup aidée et motivée à aller jusqu'au bout.