Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors qu'Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédent : Harry et Drago sont de retour dans leur monde et se retrouvent à nouveau plongés dans la spirale de la guerre. Décidés à déterminer quelle est la situation de cet univers, Harry infiltre Poudlard, sous l'identité de Terry. Grace à son Bracelet, il parvient à influencer les souvenirs des élèves pour leur faire croire qu'il est arrivé au début de l'année scolaire. Pendant ce temps, au Chemin de Traverse, Drago croise un membre de l'Ordre du Phénix qui l'emmène au QG de l'Ordre, dans un cachot. Les deux amis tombent alors d'accord sur un point : leur priorité doit être de retrouver les Horcruxes.

Chapitre 42 : Maison

''Il faut que je trouve les Horcruxes.''

Cette banalité raisonnant dans son esprit ramena Drago à la réalité – c'est-à-dire au fait qu'il s'ennuyait dans un cachot sordide.

''Non, je m'en occupe – sauf pour celui qui est à Poudlard. Toi tu restes là-bas et tu essaies de trouver un moyen de protéger les élèves. Avec les Mangemorts qui trainent partout c'est nécessaire.''

Le blond fut impressionné par son propre optimisme. Pour le moment, tout ce qu'il pouvait à faire c'était attendre. Quoiqu'il aurait peut-être pu s'enfuir mais…

''Rogue est le directeur de Poudlard.''

L'intervention de Harry lui fit momentanément perdre le fil de sa réflexion. Il fallut un moment à l'Anonyme pour réaliser ce qui venait d'être dit et l'intérioriser.

''Que vas-tu faire ?'' demanda-t-il, hésitant. Il ne savait pas bien lui-même la réponse qu'il attendait.

Il sentit son ami soupirer. ''Je ne sais pas. Que dois-je faire ? Je ne sais pas Drago… Est-ce que mon amitié avec Severus brouille mon jugement ? Rogue a tué Dumbledore…''

''J'ai essayé de le faire,'' signala le blond d'une voix mesurée. ''Les apparences peuvent être trompeuses. D'après ce que je sais, ma mère lui a fait faire un Serment Inviolable.''

''Tu penses que Rogue pourrait être de notre côté ?''

C'était une question difficile. L'interrogé n'était même pas sûr d'avoir une réponse.

''Je ne sais pas. Mais tu m'as laissé une seconde chance, Harry. Pourquoi pas pour lui ? Tu es plus puissant que lui. Plus qu'il ne peut l'imaginer. Tu as toutes les cartes en main et c'est à toi de décider de la marche à suivre.''

''Tu as confiance en mon jugement, maintenant ?''

Drago ne sut pas s'il devait se sentit vexer ou amuser du ton manifestement moqueur de son camarade.

''Tu es un Maître des Dimensions,'' lança-t-il en se drapant de dignité. ''Agis en tant que tel !''

C'était un peu grandiloquent, mais le renié eut l'impression que l'idée générale était passée. Il ne restait plus qu'à espérer que Harry ne rumine pas trop ses pensées – ce n'était pas son fort.

''Je commence par le diadème, puis je vais voir Rogue.''

Le blond hocha – inutilement – la tête. ''Sois prudent,'' ajouta-t-il.

Il n'était pas très rassurer de laisser Harry seul – ce qui était un peu irrationnel, il le savait. Le brun était en mesure de gérer seul la situation, il l'avait déjà fait. L'amitié était définitivement un sentiment qui le laissait perplexe.

- Bon, s'encouragea-t-il, décidé à ne pas trop cogiter. Et si je sortais, moi ?

Pas qu'il ne soit pas touché par le sens de l'hospitalité de l'Ordre du Phénix – il était indigné par leur sens de l'hospitalité ! – mais il n'allait pas s'éterniser. Diantre, il était déjà là depuis des heures. D'un bond, il se mit sur ses jambes. Même si on lui avait pris sa baguette, il pouvait toujours utiliser la magie runique. Il avait un certain nombre d'Horcruxes à retrouver le plus vite possible. Une rune apparut sur la serrure de sa cellule.

- Il est là, fit une voix masculine vaguement familière alors que la porte s'ouvrait.

Manifestement, il était à l'étage. Drago se demanda un instant ce qu'il allait faire lorsqu'une nouvelle personne parla – quelqu'un qu'il reconnut cette fois.

- Merci. Nous revenons dans quelques minutes.

Le jeune homme quitta son cachot pour se trouver face à une sorcière qui venait de dévaler les escaliers. Elle l'observa un instant sans mot – il eut vaguement l'impression d'être un article dans un magasin – et sourit.

- Les couleurs de Gryffondor te vont bien.

- C'est sarcastique ?

- Pas vraiment. Désolée pour l'attente, je dormais au moment où Doge est venu faire son rapport. Heureusement que j'avais mentionné ton prénom d'emprunt et qu'il n'est pas courant.

- C'est trop gentil de ta part, Granger.

La sorcière eut un sourire en coin face au sarcasme de son condisciple.

- Je t'en prie, Drago, ça me fait plaisir. Je vois que tu n'avais pas besoin d'aide pour sortir.

- Moui. J'en avais marre. Ma patience a des limites et Harry est occupé.

Contre toute attente, Granger éclata de rire.

- Harry avait raison, pouffa-t-elle. Tu as bien changé. Je retourne au quartier général de l'Ordre. Tu viens ?

- Ma foi, je suis curieux de voir à quoi cela ressemble !


C'est profondément amusé qu'Harry entra dans la salle de défense contre les forces du mal – matière rebaptisée pour l'occasion étude des arts sombres. Son Bracelet lui drainait pas mal d'énergie, mais en échange, il lui offrait une identité que personne ne semblait mettre en doute. Aux yeux de tous, il était Terry Star, un Serpentard asocial arrivé à Poudlard au début de l'année. Evidemment, son bijou ne pouvait pas faire de miracle et il avait donc dû endosser le rôle d'une personne particulièrement marginale, ne se mêlant pas aux autres et un brin taciturne afin de justifier que personne ne le connaisse vraiment. Ce subterfuge, Harry le savait pertinemment, ne pourrait pas durer longtemps. Une semaine, peut-être deux. Si les Bracelets étaient capables de créer une fausse identité et de la maintenir, abuser les souvenirs de toute l'école demandait beaucoup de force magique. En principe, lorsque les Maîtres des Dimensions revêtaient de nouveaux noms, ils n'avaient pas à abuser les mémoires des autres – soit ils utilisaient des identités inventées, soit ils utilisaient celles de personnes existant réellement. Le sorcier avait pensé à cette possibilité, seulement, elle comportait un risque, notamment à cause de sa cicatrice qui ne disparaissait pas lors des transformations. De plus, se faire passer pour quelqu'un d'autre était un exercice ardu qui lui aurait nécessité beaucoup trop de concentration compte tenu de ce qu'il voulait faire. Non, cette solution était la meilleure et s'il ne poussait pas trop sur sa magie, par exemple pour laisser des sorts complexes, en maintenant les faux souvenirs, il ne serait même pas fatigué.

Bref, la situation n'était pas mauvaise. Il avait un bon moyen de surveiller l'école et, avec un peu – beaucoup ? – de chance, de savoir de quel coté se situait Rogue.

S'asseyant à l'écart des autres verts et argents, Harry se taxa silencieusement d'optimisme. Cependant, il convint avec lui-même que, de temps en temps, cela faisait du bien. Le regard de Maître des Dimensions parcourut la salle. L'atmosphère était lourde, plus qu'elle ne l'avait jamais été, tant dans ce monde que dans l'autre. Ça n'avait, cependant, rien d'étonnant compte tenu de la situation. Cette matière étant obligatoire, les élèves de septième année des quatre maisons s'y trouvaient – l'expulsion de tous les Nés-Moldus, sans parler du fait que beaucoup de parents avaient retiré leurs enfants de Poudlard, avait remarquablement fait diminuer les effectifs de l'école. Le brun en avait été choqué le matin même en entrant dans la Grande Salle.

Ron lança un regard particulièrement mauvais à Zabini et Harry eut un soupir intérieur. Il regrettait de ne pas avoir le temps d'œuvrer comme il l'avait fait dans l'autre monde – ou au moins d'essayer – et peut-être même d'avoir été comme son ami, peu de temps plus tôt. Lui aussi avait détesté les Serpentards sans vraiment savoir pourquoi. Cela s'était avéré tellement ridicule…

Le professeur d'art sombre – un homme charmant répondant au doux nom d'Amycus Carrow – se lança dans une diatribe particulièrement fastidieuse sur les forces du bien avant de commencer à encenser Voldemort. C'était une sorte de rituel de début de cours, d'après ce qu'Harry comprit en effleurant les esprits de ses camarades. Par respect et par prudence – il préférait qu'on ne le remarque pas – il évitait, sauf cas de force majeure, d'entrer complètement dans la tête des personnes présentes à Poudlard. Il se contentait donc de capter des informations ça et là et de les regrouper entre elles. Cela fonctionnait plutôt bien pour le moment – en même temps, l'après-midi venait à peine de commencer et il ne jouait ce rôle que depuis la nuit précédente. Alors que Carrow continuait à vanter les mérites de Voldemort, Harry soupira. La journée promettait d'être longue.


- Heeeein ?

Parfaitement calme, Drago – même si elle avait du mal à réaliser qu'il s'agissait bien de lui – approuva gravement. Hermione cligna des yeux, complètement ahuri.

- C'est sérieux ? S'exclama-t-elle.

- On ne peut plus.

- Mais il a perdu la tête !

Le blond haussa les épaules.

- Je trouve que c'est une bonne idée, signala-t-il.

- Alors vous avez tous les deux perdus la tête, siffla la jeune fille.

S'infiltrer dans Poudlard ! Quelle idée ! Voulait-il se faire tuer ? Hermione était furieuse. Elle qui pensait que Harry aurait appris à être prudent dans l'autre univers. Même pas ! Diable, avait-on idée de nommer un garçon aussi irréfléchi Maître des Dimensions ? La brune lança un regard soupçonneux à Drago. Parfois, elle se disait que Némésis avait été un peu trop optimiste concernant ces deux-là. Se laissant tomber sur le lit, elle poussa un soupir à faire pleurer les pierres.

- Misère, vous êtes deux inconscients !

- Ou peut-être est-ce toi qui nous sous-estime.

Surprise, elle releva la tête et croisa le regard étrangement vert du renié. C'était fou, à cet instant il ressemblait de façon troublante à Harry. Il avait le même air malicieux sur le visage. L'observant sans mot, elle réalisa à quel point l'ancien Malefoy avait pu se rapprocher de son meilleur ami pendant cette année. Le voir coucher sur le papier, dans les lettres de Harry, et en réalité ne faisait définitivement pas le même effet. Elle se redressa lentement.

- J'ai quelque chose sur le visage ?

Hermione sourit. Même si par certain aspect, Drago ressemblait à Harry, il demeurait lui-même. Cet air moqueur vaguement hautain n'était pas quelque chose qu'elle s'attendait à voir sur le visage du Survivant.

- Non. Je réfléchissais. Comment comptes-tu t'y prendre pour les Horcruxes ?

- J'y ai réfléchis. Harry s'est déjà occupé de la tiare et nous savons que le journal et la bague ont été détruits avant notre départ. Il reste la coupe, le médaillon et peut-être un ou deux autres. De toute façon, je connais la signature magique de ces objets, maintenant. J'ai travaillé sur des cercles de runes pour les trouver mais à Poudlard, la magie est telle que cela perturbait la recherche. Peut-être que hors de l'école et avec ce que le professeur Williams nous a appris sur les pouvoirs des Maîtres des Dimensions, je vais enfin pouvoir réussir.

La jeune fille le regarda un instant sans répondre, réalisant quelque chose.

- Je me suis trompée.

Surpris, le renié se tourna vers elle.

- A quel propos ? S'enquit-il.

- A propos de toi. Tu n'es pas aussi inconscient que ce que je pensais.

Drago grinça.

- C'est trop gentil de ta part !

Elle eut un sourire railleur.

- Mais non, ça me fait plaisir. Enfin, je pense que nous devrions aller rejoindre les autres. Ils vont se poser des questions si nous restons tous les deux enfermés ici trop longtemps.

- Quoi, ils craignent que je te viole ? s'exclama le blond avec une ironie mordante et un brin d'humour noir.

- Aucun risque. Ils savent que je sais me défendre, lança-t-elle durement. Allons-y.

Sans attendre la moindre réponse de la part du jeune homme, Hermione quitta la chambre qu'elle lui avait alloué la veille et dans laquelle ils avaient passé un bon moment afin qu'il la mette au courant de la situation. Elle ne savait pas trop sur quel pied danser avec le nouveau Drago. Préférant ne pas y réfléchir, elle s'engouffra dans un couloir du nouveau quartier général de l'Ordre du Phénix.

La mort de Dumbledore avait fait tomber le Secret qui entourait l'emplacement du 12, square Grimmaurd, forçant l'organisation à déménager en catastrophe dans une autre propriété sur une île du Pays de Galles. Il s'agissait d'un vieux manoir délabré. L'aile est s'était avéré complètement irrécupérable, aussi l'avait-il complètement abandonné. La chambre allouée à Drago était dans la partie sud du deuxième étage de la bâtisse, un lieu relativement habitable. Si on exceptait le crissement affreux du parquet et le bruissement du vent qui s'engouffrait dans les fissures des murs et du plafond. L'usage de la magie afin de réparer les lieux avait été réduit au maximum afin d'éviter tout repérage du manoir par les Mangemorts, ce qui expliquait cet inconfort. Le renié avait fait une ou deux remarques sarcastiques – un sang-pur habitué au plus grand confort ne devait pas apprécier ce genre de traitement.

Pour la énième fois, Hermione manqua tomber en marchant sur une marche branlante de l'escalier descendant vers le rez-de-chaussée. Elle étouffa un juron mais refusa de se retourner pour entendre le blond se moquer d'elle.

- Hermione, salua le professeur – ex-professeur – Lupin alors qu'ils entraient dans la cuisine, probablement le lieu le plus habitable de la maison. Et votre ami… Je crois que je ne vous connais pas, jeune homme.

Se tournant vers Drago, la jeune fille vit une vague hésitation passer dans les prunelles du renié. Pensait-il au Remus Lupin de l'autre monde ? Il se reprit cependant bien vite.

- Sylciu Celford. Enchanté, monsieur.

C'était un bon comédien, estima la Gryffondor. Il agissait comme si Lupin était un parfait inconnu.

- Sylciu est américain, expliqua-t-elle. Il est là pour nous aider. Il est arrivé cette nuit.

- Je vois. Soyez le bienvenu. Nous avons désespérément besoin d'aide.

- Je suis navré, monsieur, mais j'ai moi-même une mission qui ne peut attendre. Je ne vous serai malheureusement pas d'une grande aide.

Ça, Hermione en doutait, mais elle se garda bien de le dire. Pour le moment, mieux valait que personne ne sache qui était Sylciu en réalité. Harry mettrait cela au clair en temps et en heure – ils en avaient convenu ainsi. Pourtant, malgré la prestation tout à fait convaincante de Drago, le lycanthrope l'observa d'un air suspicieux. Remus Lupin était loin d'être une personne crédule, songea Hermione, et sa vie lui avait appris à être quelqu'un de méfiant. Cependant, le Maître des Dimensions affichait une mine sereine. Il émanait de lui une assurance que la jeune fille hésitait à qualifier d'impressionnante ou d'irritante.

- N'avons-nous pas une réunion ? S'enquit la sorcière en regardant autour d'elle, surprise de ne voir personne dans la pièce.

- Dans une heure, précisa l'ancien enseignant. Je ne suis pas certain que ton ami doive y participer.

Drago eut un sourire en coin, manifestement très amusé par la situation. Hermione se demandait bien pourquoi.

- Il nous sera utile, plaida la brune.

- J'ai à faire, corrigea le Maître des Dimensions. Des trucs à détruire… Je voudrais simplement une pièce tranquille. Et inoccupée. Surtout inoccupée. Je ne veux pas d'interférences…

La Gryffondor eut un soupir intérieur alors que Lupin jetait un regard de plus en plus suspicieux sur le nouveau venu. Encore quelque chose qui allait être facile à expliquer…


La journée avait été aussi éprouvante qu'Harry l'avait imaginé. Non seulement maintenir l'illusion lui demandait pas mal de concentration, mais en plus il avait l'impression de ne plus reconnaître Poudlard. Si son Bracelet – ou plus exactement la Magie qui y était reliée – ne lui avait pas assuré qu'il s'agissait de son monde, il ne l'aurait pas cru. A moins qu'il ait mal senti ? Non, il était peu probable qu'il soit tombé par hasard dans un monde où Harry Potter et Drago anciennement Malefoy avaient disparu pendant les vacances scolaire et où Hermione Granger connaissait une dénommée Némésis. La coïncidence serait trop grande – même si avec les dimensions parallèles, tout était possible, la présence de la Maîtresse des Dimensions rendait cette possibilité quasiment inexistante. Les Maîtres des Dimensions obtenaient, comme l'avait expliqué Williams, un statut unique au moment où ils recevaient leur Bracelet et leur monde se séparait irrémédiablement de ses jumeaux. Autrement dit, c'était bien son univers, aussi surprenant que cela soit.

A partir de là, le brun osait à peine se demander ce qui avait bien pu se passer à Poudlard pour que les choses se dégradent à ce point. Quoiqu'il le savait probablement : la mort de Dumbledore, la nomination de Rogue, peut-être même sa propre disparition. Cette dimension était définitivement beaucoup plus sombre que l'autre. Même au pire moment du conflit Serpentard/Gryffondor, Harry n'avait jamais vu cela. C'était terrifiant.

Assis dans un coin de la table des Serpentards, il observa discrètement le reste de la Grande Salle. La plupart des Serdaigles avait la tête baissée sur un livre ou son assiette, mangeant en silence comme pour échapper aux rires mauvais des vert et argent. Ceux-ci étaient privilégiés jusque dans la nourriture qui leur était servie. C'était écœurant. Posant son regard sur Rogue, confortablement assis dans son fauteuil de directeur, qui présidait la table des professeurs, Harry se demanda s'il n'avait pas tort de lui laisser le bénéfice du doute. Après tout, tout ce qu'il voyait ne faisait que le conforter dans son idée que l'ancien maître des potions était bien un mangemort. Peut-être même trop. Il était de notoriété publique que Rogue favorisait sa propre maison, mais à ce point ?

L'image de Drago diagnostiquant son fameux « syndrome Dumbledore » traversa l'esprit du jeune homme. Peut-être était-il en train de prêter à l'espion – qui n'en était pas forcément un – des qualités qu'il n'avait pas. Peut-être Rogue s'était-il simplement retenu pour donner le change devant Dumbledore. C'était possible. Voire même probable. Autrement dit, il perdait son temps…

Mais il y avait autre chose. Quelque chose que Harry n'avait pas réalisé l'année précédente, probablement parce qu'il avait été trop choqué par la mort du directeur. Côtoyer l'autre Dumbledore le lui avait rappelé sans qu'il ne veuille s'appesantir dessus – ce n'était alors pas le moment. Ce soir-là, face à Rogue, Albus Dumbledore avait supplié. Ça ne collait pas au personnage. Le vieux mage ne se serait jamais abaissé à implorer pour sa vie – à tort ou à raison, le Maître des Dimensions ne le savait pas. Le fait était que le vainqueur de Grindelwald était trop fier pour cela – beaucoup trop. Harry avait eu beau fouiller dans son esprit, il s'était avéré incapable de se souvenir si Rogue avait ou non hésité. Il n'avait pas demandé à Drago. Celui-ci avait trop mal en pensant à cette soirée, il faudrait du temps pour qu'il ne se sente plus – ou moins – coupable…

Le brun détourna les yeux afin de ne pas être remarqué par son « suspect ». Son regard tomba sur la table des Gryffondors. La tension y était palpable. La rivalité entre les lions et les serpents avait pris des proportions telles que le terme de guerre était devenu particulièrement pertinent. Cela n'était pas pour plaire à Harry. Même s'il lui avait fallu aller dans un autre monde et un autre temps pour le comprendre, il savait désormais que Poudlard était plus forte avec ses maisons soudées.

Malgré tout, il n'en demeurait pas moins objectif : il n'y pouvait rien dans l'état actuel des choses. Corriger cette situation, si c'était en son pouvoir, prendrait du temps. Beaucoup de temps. Et il n'en avait pas. Il n'était même pas certain d'avoir réellement le temps de se demander de quel bord était Rogue. Il fut tenter un instant de soupirer mais parvint à se contenir : pousser un soupir à faire pleurer les pierres n'était pas le meilleur moyen de demeurer discret.

La Magie s'agita autour de lui. Il ne parvint pas à comprendre ce qu'elle tentait de lui dire, la fatigue ralentissait son esprit. Il ne savait plus qu'une chose : Poudlard, sa maison, n'était vraiment plus le même.


Drago avait presque pitié de Granger. Presque. Il fallait dire qu'il n'allait pas être facile pour la jeune fille d'expliquer qui il était et ce qu'il faisait là. Pour le moment, le blond n'avait aucune intention de s'expliquer… La priorité allait à la recherche des Horcruxes. C'était la raison pour laquelle il se trouvait dans une pièce délabrée dans l'aile est du manoir, balayée de courants d'air tels qu'ils méritaient plus l'appellation de couloir venteux, certainement en raison de l'affaissement d'une partie du toit et l'absence de vitres à certaines des fenêtres.

Si le confort laissait cruellement à désirer, l'endroit avait un intérêt : la solitude. Personne ne venant ici, le jeune homme pouvait sans problème y tisser de nombreux cercles de runes afin de rechercher les divers Horcruxes. De plus, il demeurait dans ces lieux une magie résiduelle puissante. Il y avait fort à penser qu'il s'était passé des choses importantes entre ces murs avant que l'endroit ne tombe en désuétude.

Evidemment, il s'était abstenu d'expliquer aux membres de l'Ordre du Phénix ce qu'il faisait. Ceux-ci auraient été furieux de le voir brasser de telles quantités de magie alors qu'il était interdit de se servir des baguettes dans le QG pour éviter qu'il ne soit repéré. Il aurait alors fallu se lancer dans une fastidieuse explication sur les Maîtres des Dimensions, les Magies Propres et l'impossibilité pour les Mangemorts de les détecter. Chose que Drago n'avait aucune envie de faire.

Le blond sentit la présence d'Harry à la frontière de sa conscience mais n'y prêta pas d'attention. Il était habitué à cette sensation et il savait que le Survivant ne cherchait pas à le contacter, il était certainement simplement en train de se plonger dans la Magie. Drago décida de ne pas s'y attarder: il avait sa propre mission. Si Harry avait besoin de lui, il l'appellerait. Le renié reporta donc son attention sur la magie bourdonnante de ses runes. Elle l'accueillait avec une douceur chaude, chassant le froid de la pièce. Pourtant, il fallait se rendre à l'évidence : il allait être difficile de trouver les Horcruxes. Le médaillon demeurait introuvable. Les runes mises en place pour le trouver ne donnaient rien. Quand à la coupe…

Une lumière rougeoyante émana soudainement d'un des cercles de runes. La coupe ! Satisfait, le blond tendit la main vers la lueur et laissa sa Magie Propre le parcourir. L'emplacement de la coupe lui apparut avec une précision parfaite… et il grimaça.

Pourquoi les choses ne pouvaient-elles jamais être simples ?


Annie Virck était une élève de cinquième année de Serdaigle tout ce qu'il y a de plus classique. Elle aimait travailler et passait donc plus de temps à la bibliothèque que nulle part ailleurs dans le château. Elle n'avait jamais été particulièrement intéressée par Harry Potter et ses amis. Elle ne s'était pas sentie particulièrement concernée par les débats sur le point de savoir si le Survivant était un fou ou un quelconque Élu. S'il tentait d'aider le monde sorcier ou s'il était en mal de reconnaissance.

Puis tout avait changé : Dumbledore était mort. La jeune fille n'avait compris qu'à cet instant ce qui se passait. L'importance du Directeur. Et celle d'Harry Potter…

Cependant, le Gryffondor avait disparu à la surprise générale. Avait-il fui ? La question s'était posée. Sans être une fine psychologue, Annie en doutait. N'importe qui doté d'un minimum de sens commun trouverait l'idée absurde. Où que soit l'Elu, il préparait le combat. La Serdaigle aurait préféré qu'il se dépêche. Demeurer à Poudlard dans ces conditions était difficile. En outre, elle n'était pas une combattante. S'allier avec les Gryffondor, elle y avait pensé, mais elle savait que ce n'était pas sa place : elle était peureuse et elle l'assumait. Elle savait pertinemment que Ron Weasley avait créé ou repris une sirte d'association visant à la défense de l'école. Pour autant, elle ne se faisait pas d'illusions : seuls les combattants y avaient leur place. Peut-être que si Granger avait été là… Et peut-être pas. Annie n'avait vraiment pas une âme de guerrière.

Elle marchait dans le couloir, trois livres sur le bras – en prendre plus aurait été trop lourd – lorsqu'elle remarqua Weasley et Zabini. Elle eut un soupir discret. Il allait falloir qu'elle trouve un autre chemin, elle n'avait aucune envie d'être prise entre deux feux. Elle tourna les talons pour tomber nez-à-nez avec un Serpentard. Elle sursauta alors qu'un étrange regard vert se posait sur elle un instant avant de se reporter vers les deux belligérants. Star regardait la scène avec un air indéchiffrable sur le visage. Mais en toute honnêteté, Annie ne se souvenait pas avoir connu Terry Star autrement qu'indéchiffrable. Cela n'avait donc rien de surprenant quand on y pensait… Le vert-et-argent était à sa manière une des personnes les moins intéressantes de Poudlard et un grand mystère. Si Annie adorait les mystères, elle savait se tenir à l'écart du danger et Star était incontestablement dangereux.

Aussi, la Serdaigle décida d'opérer un rapide repli et de s'éloigner du théâtre des opérations pour aller chercher un endroit tranquille pour bouquiner en paix. Autant en profiter tant qu'elle pouvait encore le faire…


Harry était officiellement partagé entre l'envie de hurler et celle de casser la figure à quelqu'un. D'où lui venait ce soudain accès de violence ? De la situation de Poudlard, évidemment. Il commençait à comprendre qu'il avait peut-être vu trop grand en infiltrant l'école. Il ne pouvait rien faire ici. Il y avait trop de travail et pas assez de temps. La guerre entre les maisons faisant rage à un point jamais vu. D'après les informations que le jeune homme avait pu glaner, l'AD avait changé de fonction pour devenir une sorte de force d'opposition dans l'école. Pour une obscure raison, Rogue, qui ne pouvait ignorer cet embryon de révolte couvant dans Poudlard, ne faisait rien pour empêcher cette sédition. Cela était le point intéressant de l'affaire.

Le Survivant n'était pas naïf : Ron était son ami, certes, et il était également plein de bonne intention, mais il était trop… Gryffondor. Il eut un rire intérieur. Il avait définitivement passé trop de temps chez les verts-et-argents. Toujours était-il que si ce diagnostic avait certainement plus sa place dans la bouche de Drago, il n'en était pas moins véridique. Le roux agissait avec trop d'empressement et il était trop attaché à ses valeurs pour pouvoir se fondre dans la masse. Aussi, il était absolument impossible que Rogue ignore que l'AD avait été reconstitué en vue d'une action contre Voldemort.

Conclusion… Bon d'accord, Harry ne savait quoi en conclure. Cela pouvait vouloir dire – le brun l'espérait fermement – que Rogue était réellement un homme de Dumbledore. Ou juste qu'il savait que l'AD n'était pas un réel danger et que cela l'amusait. Bref…

Il n'était pas plus avancé.

Il regarda Ron lancer un sort offensif à Blaise Zabini qui l'évita de justesse et répliqua sans attendre. Personne ne semblait s'en émouvoir… comme si c'était quelque chose d'habituel. Peut-être est-ce le cas. Harry soupira alors que sa magie picotait le bout de ses doigts. Il lui aurait suffit d'un murmure pour arrêter de combat et ses pouvoirs le sentaient. Il fit un pas en avant. Hésita. Et recula finalement. Il ne servirait à rien d'intervenir cette fois-ci, malheureusement. Il tournait les talons lorsqu'un sort le frôla pour toucher la Serdaigle qu'il avait croisé un peu plus tôt. Elle poussa un cri de douleur et s'écroula brusquement. Harry se retourna vivement, mais impossible de savoir qui avait lancé le maléfice.

- Eole, siffla-t-il à mi-voix entre ses dents, avec colère.

Une bourrasque de vent puissant balaya le couloir, obligeant les belligérants à reculer et faisant furieusement claquer les tableaux sur les murs. Les habitants des cadres poussèrent des cris indignés avant d'opérer un repli rapide vers des lieux moins agités. L'un d'eux avait déjà pris les devants, sembla-t-il, car le professeur McGonagall apparut soudainement au détour d'un virage. Elle se précipita vers la bleu-et-bronze en jetant un regard furieux à Ron, Zabini… et lui. Un comble ! Agacé, Harry s'en fut sans prêter plus d'attention aux personnes l'entourant. Il commençait vraiment à regretter l'autre monde…


Drago – toujours sous l'apparence de Sylciu – regarda le grand bâtiment de marbre blanc qui s'élevait au dessus de tous les toits. Gringotts. Les runes de Drago étaient très claires : c'était ici que se trouvait la Coupe de Poufsouffle. Le jeune homme s'avança et gravit les quelques marches de marbre blanc que le séparaient encore des portes de bronze de la banque des sorciers. Soit, le marbre n'était plus si blanc, une mince couche de suie le tachant ça et là, vestige du feu qui avait fait rage quelques temps plus tôt sur le Chemin de Traverse, mais la banque était toujours aussi impressionnante. Le blond ignorait s'il pourrait s'approcher des coffres – les reniés n'étaient pas apprécié des Gobelins – mais il savait que ces créatures magiques utilisaient encore les runes. Quelques instants dans la banque, même comme simple visiteur, pourraient lui apprendre beaucoup.

A sa grande surprise, ce ne furent pas des gobelins en livrés qui l'accueillirent, mais deux sorciers tenant à la main de longue canne d'or. Drago eut du mal à juguler une brusque envie de rire. Des Sondes de Sincérité ? Vraiment ? Les gobelins – ou plus probablement ce qui restait du ministère – ne manquaient visiblement pas d'idées. Sans se préoccuper de détecteur de magie noire, l'Anonyme pénétra dans la bâtisse.

Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.

Les vers gravés sur les portes menant à la salle principale de la banque tirèrent un sourire désabusé à Drago. Combien de fois les avait-il vus ? Jamais il ne se serait imaginé être un jour concerné par cet avertissement. Car il fallait voir les choses en face : il avait bel et bien prévu de voler la Coupe de Poufsouffle à son propriétaire actuel. Secouant la tête, le renié entra sans plus y penser. A quoi bon de tout façon ?

Il y avait peu de monde dans la salle. Quoi de surprenant compte tenu de la situation et de l'incendie qui avait fait rage il y a peu non loin de là ? Il s'avança en prenant un air aussi naturel que possible tout en laissant sa magie aller à la rencontre de celle de la banque. Au début, comme prévu, rien de significatif ne se passa alors que Drago commençait peu à peu à ressentir les runes qui parcouraient les lieux. Puis, soudain, quelque chose changea. Ce fut subtil et peut-être même le blond ne s'en serait-il pas aperçu s'il n'avait pas été aussi concentré pour bien ressentir ce qui l'entourait.

Il leva les yeux et se figea en réalisant que tous les gobelins le regardaient. Que se passaient-ils ? Avaient-ils sentis qu'il était un Anonyme ? Il songeait à se replier lorsqu'un gobelin s'avança vers lui. Le petit être s'avança et à la grande stupeur de Drago, s'inclina légèrement.

- Veuillez me suivre, fit-il sur un ton déférent.

Jamais, le blond n'avait entendu un gobelin s'adresser à un sorcier avec un tel respect. Il emboîta le pas au petit être, les yeux fixés sur son crane sombre. Quoiqu'il soit sur le point de se passer, le renié était prêt à agir. Les gobelins étaient des êtres intelligents, mais il était plus puissant qu'eux.

Ils pénétrèrent dans une petite pièce où les attendaient deux autres gobelins qui s'inclinèrent également devant l'Anonyme.

- Soyez le bienvenu à Gringotts, Maître des Dimensions.

Drago sursauta brusquement. Quoi ?... Il s'était attendu à beaucoup de choses, mais pas à ça. L'un des êtres avança.

- Je me nomme Ragnok. C'est un honneur de vous recevoir entre ces murs. Louée soit la Magie. Pouvons-nous vous être utiles ou désirez-vous simplement accéder aux coffres de l'Ordre des Maîtres des Dimensions ?

L'information atteint afin le cerveau de Drago. Un Maître des Dimensions. Voilà ce qu'il était. Pas un Anonyme, un sous-sorcier… mais un Maître, un être potentiellement superpuissant. Le seul problème c'était que pour le moment, il ne l'était que potentiellement, justement. Mais ça, lui seul le savait, n'est-ce pas ?

- Je désire votre assistance. Il y a un objet dans les coffres de la banque dont j'ai besoin.

- Un emprunt, Maître des Dimensions ? S'enquit un gobelin.

Drago hésita.

- Non. Je dois détruire cet objet pour qu'une des prophéties de ce monde puisse se réaliser.

- Est-ce la volonté de la Magie ?

- Ça l'est.

En répondant, le jeune homme réalisa que c'était le cas. Il ignorait comment il le savait et même comment cela pouvait être possible, mais c'était la plus stricte vérité.

- Dans ce cas, quel est l'objet en question ?

Drago eut du mal à y croire. Cela pouvait-il réellement être aussi simple ?


Harry parvint sans encombre jusqu'aux toilettes des filles du deuxième étage, encore furieux de l'altercation entre Ron et Zabini. Ou plutôt, encore furieux d'être impuissant à empêcher cette guerre. Son complexe du héros probablement. Drago serait mort de rire.

- Ha—Terry ! s'exclama Mimi, manifestement ravie de le voir.

Le jeune homme ne savait pas s'il devait en être content ou au contraire être déprimé qu'elle fût la seule dans ce cas. Question à écarter… Il en était à ce point de ses réflexions lorsqu'une tornade orangée bondit sur lui. Seuls ses reflexes d'attrapeur, aiguisés avec les cours d'escrime du professeur O'Neill lui permirent d'éviter le boulet de canon. Un son indigné se fit entendre alors qu'Hélios – car c'était lui – évitait de justesse de se fracasser contre le mur le plus proche. Le phénix vira à droite, se stabilisa et jeta un regard furieux en direction de son Ami. Manifestement, il n'appréciait que très moyennement d'être consigné ici.

- Moi aussi, je suis content de te voir, Hélios, ironisa Harry.

Il sembla que la colère de l'oiseau de feu montait d'un cran – si toutefois cela encore était possible. En toute honnêteté, le brun devait admettre qu'il n'aurait pas apprécié être coincé pendant des jours avec pour seule compagnie Mimi… Ouch… Rien que de l'imaginer, il en frissonnait.

- Calme-toi, Hélios, tempéra le Maître des Dimensions.

Un pas sur le coté plus tard, Harry manquait trébucher sur une dalle fendillée en tentant d'échapper à un Hélios positivement furieux. Le jeune homme eut vaguement conscience du regard perplexe que lui lançait Mimi : le fantôme ne semblait manifestement pas en croire ses yeux.

Il fallut au Survivant une bonne demi-heure pour calmer le phénix furieux, et lorsqu'il quitta les toilettes des filles, le sorcier réalisa que ces simagrées avec l'oiseau l'avaient détendu. C'est d'un pas moins trainant qu'il entreprit de rejoindre les cachots.

Il avait parcourut la moitié du chemin lorsque la voix d'un Drago surexcité lui parvint.

"Tu ne vas jamais deviner ce qui vient de se passer !" S'exclama le blond.

"Dans ce cas," ironisa Harry, "pourquoi ne pas me le dire tout de suite ?"

"Tu t'es levé du pied gauche ?"

"La ferme Drago !"

"Définitivement, tu t'es levé du pied gauche ! Mais ta mauvaise humeur ne m'atteint pas : j'ai eu une excellente journée."

"Youpi !" grinça le Survivant.

"Décidément, tu es aimable comme une porte de prison aujourd'hui… Bref, voici la nouvelle : j'ai la Coupe."

Harry s'arrêta net. "Quoi ?"

Il sentit à travers leur lien Drago se rengorger. "La grande classe, n'est-ce pas ? Et je n'ai même pas eu à cambrioler Gringotts. Il a suffit que je dise à un aimable gobelin l'objet que je désirais et il me l'a gentiment remis."

"L'aimable gobelin ? Gentiment remis ? Tu es sûr de ne pas avoir changé de monde sans t'en rendre compte ?"

"Absolument ! Figure-toi que les gobelins ont en très grande estime les Maîtres des Dimensions et se couperaient en quatre pour les satisfaire !"

"C'est totalement improbable !"

"Totalement !" approuva Drago en éclatant de rire. "J'ai eu du mal à rester digne dans la banque : j'avais peur d'être fichu dehors sans ménagement, et me voici accueillit comme un roi…"

"Voilà qui n'est pas très bon pour tes chevilles !"

Seul le rire du blond lui répondit.


Du coin de l'œil, Hermione observait Drago – Sylciu – en grande conversation avec un auror. Le jeune homme était rentré au QG de l'Ordre du Phénix quelques heures plus tôt avec un sourire qui avait laissé la sorcière mitigée.

Désormais, il conversait cordialement avec les membres de l'Ordre comme si cela était la chose la plus naturelle du monde. Si elle n'avait pas su qui il était, elle ne s'en serait pas doutée. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Une bonne ! Se réprimanda-t-elle. Les vieilles habitudes avaient la vie dure, mais Drago n'était plus le Serpentard hautain qu'il avait été. Il avait aidé Harry et avait été choisi par Némésis. Hermione ne pouvait pas croire qu'ils se soient tous les deux trompés. Alors même si ce garçon lui était antipathique, elle ferait avec. D'autant plus que cette antipathie n'avait pas vraiment de sens : depuis son retour, le Maître des Dimensions n'avait rien fait qui puisse justifier ce sentiment – encore qu'il n'est rien fait pour susciter son amitié.


Le lendemain, Harry décida de s'intéresser à un problème qu'il avait laissé de coté jusqu'alors : où diable était Hedwige ? Fatigué par la situation pesante de Poudlard, il avait décidé de se consacrer à la recherche de sa chouette. A son arrivée à l'école, il s'était rendu à la volière mais l'oiseau ne s'y trouvait malheureusement pas. C'était logique, cela dit : dans un château aux mains des partisans de Voldemort, la chouette de Harry Potter ne devait pas vraiment être bien vu.

En se servant un café, assis à la table des Serpentard, le Survivant réfléchissait à un plan de bataille pour retrouver son amie à plumes tout en dégustant son petit-déjeuner lorsque l'atmosphère de la Grande Salle changea brusquement. Il aurait pu se rendre compte que quelque chose n'allait pas rien qu'en écoutant : autour de lui, les élèves s'étaient tu et un grondement menaçant s'amplifiait.

Mais Harry n'eut pas besoin de ces indices : sa cicatrice était devenue brulante.

"Drago ? Je crois que je vais avoir besoin d'aide."


Salut à tous !

Tout d'abord, merci à tous ceux qui prennent le temps de me laisser des reviews, c'est toujours un plaisir de les lire. Merci à La Folle Joyeuse pour ses reviews qui m'ont bien amusée. Et merci à sheltan pour la correction de ce chapitre.

Comme vous avait pu le constater, il s'agit d'un chapitre de transition. Il sera en principe suivi par d'une annexe (en cours d'écriture), puis de deux chapitres (le chapitre 43 est écrit, le suivant en cours) et d'un épilogue (qui reste à écrire). La fin de cette fic est donc proche.

Merci à tous de votre patience et à la prochaine !

Eterna