Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

PS : J'avais initialement prévu d'écrire un annexe sur Ron avant ce chapitre, mais j'ai quelques difficultés à la rédiger et je manque cruellement de temps avec la préparation de mon concours. Je laisse donc ce projet de coté pour le moment et je l'écrirais peut-être plus tard. En attendant, j'avais mauvaise conscience de vous faire attendre plus longtemps. )

Bonne lecture.

Chapitre 43 : Magies

Le sol trembla. L'indice était sans équivoque : Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom arrivait. Ron resserra sa prise sur sa baguette alors que l'agitation se répandait dans la grande salle. Certains élèves se levèrent, probablement dans l'intention de fuir. Il était déjà trop tard, songea le roux alors que les portes vibraient furieusement. Le Mage noir était là. Un filet de sueur coula le long de sa colonne vertébrale. Même s'il ne l'avouerait jamais – pas même à lui-même – Ron était terrifié. Pour autant, il était décidé à se battre – et à gagner. Il serait un héros. Puisque Harry n'était plus là, il prendrait sa place. Il fallait que quelqu'un le fasse.

Les portes s'ébranlèrent. Les préfets parvinrent à faire rasseoir les élèves qui s'étaient levés – il valait mieux ne pas attirer l'attention désormais. Rogue – ce traite ! – s'était levé et avançait vers les portes. Probablement pour faire des courbettes devant son maître. Ron fut pris de la violente envie de lui cracher au visage. Enfin non, il avait cette envie depuis un an, elle devint simplement plus présente.

Le nouveau directeur ne put pas s'approcher des portes : à peine avait-il fait trois pas qu'elles s'ouvrirent dans un fracas monstre. Une pensée traversa l'esprit de Ron : si Rogue attendait le Mage noir, pourquoi les portes étaient-elles demeurées closes ?

Il n'y songea pas longtemps. Déjà, Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas s'avançait vers le traitre.

- Severus, fit-il aimablement – depuis quant ce sorcier était-il aimable ? – avec un sourire glaçant.

- Maître, que puis-je faire pour vous ?

Quelque chose bougea près de Rogue, dans la périphérie de la vision de Ron. Un élève. Il n'y prêta pas d'attention : les Mangemorts représentaient le problème et devaient être surveillés.

- J'ai entendu des rumeurs curieuses, mon cher Severus. Des rumeurs qui m'ont incité à venir sans délai. Peut-être pourras-tu m'aider…

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, Monseigneur.

- On murmure ça et là que tu serais fidèle à Dumbledore, mais ce n'est qu'une rumeur sans fondement, n'est-ce pas ?

Rogue ne cilla pas. Ron se retint de ricaner. Le directeur était certainement la dernière personne à soutenir feu Dumbledore.

- Evidemment, Maître.

- Mmm… Tu es un brillant occlumens, Severus, cela ne fait pas de doute. C'est ta force… Mais je suis ton Maître et tu ferais n'importe quoi pour moi, n'est-ce pas ?

- Bien sûr, fit le Mangemort, sans hésitation.

Quel idiot. Ron renifla avec mépris. Qu'il se fasse tuer – c'est ce qui lui pendait au nez – et qu'on en finisse.

- Alors ouvre ton esprit que je vérifie, siffla Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom.

Pour la première fois, le directeur de Poudlard sembla inquiet.

- Alors, Rogue, lança un Mangemort, le Maître attend. Ton hésitation est vraiment suspecte.

- J'ai tué Dumbledore, il me semble que cela prouve ma loyauté ! lança l'accusé, manifestement agacé.

- C'est ce que je pensais, accorda le Mage noir, jusqu'à ce que je découvre qu'il était mourant.

Il ricana.

- Il avait touché à une magie qui le dépassait, poursuivit-il. Il aurait bien été capable de te demander de le tuer pour assurer ta couverture, mon cher Severus. Cela expliquerait pourquoi Potter demeure introuvable.

La voix de Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas suintait la colère et la frustration. La disparition de Harry lui avait apparemment fait passé des nuits blanches – au moins cette situation avait un coté positif. La Mage noir leva sa baguette. Sa voix claqua :

- Baisse tes barrières, Severus. Immédiatement !

Rogue sourit. Un sourire satisfait, moqueur et peut-être un brin résigné.

- Certainement pas, lança-t-il, impertinent.

- Traître ! cria quelqu'un.

Ron manqua se lever. C'était impossible ! Rogue était un Mangemort, il ne pouvait pas…

- Avada Kedavra !

Tout se passa si vite que Ron peina à suivre et ne réalisa qu'à la fin ce qui venait de se produire. A un instant, un éclair vert sortait de la baguette du Mage noir. L'instant d'après, Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom et ses sbires étaient projetés en arrière, hors de la pièce, et les portes de la grande salle se refermaient lourdement sur eux.

Secouant la tête pour remettre ses idées en place, le roux tenta de se repasser l'action dans l'ordre. Le Sort de Mort avait été projeté sur Rogue, qui n'avait même pas tenté de l'éviter. A quoi bon ? Il allait être touché lorsqu'un Serpentard s'était interposé – qui eut cru que les membres de cette maison pouvaient être fidèles à leur directeur de maison ?

- Athéna ! avait-il crié.

L'éclair vert de l'Avada Kedavra avait été projeté vers le plafond magique qui avait soudainement pris une apparence de ciel d'orage.

- Ô Éole qui commande aux vents,
Que tornades et cyclones soufflent dès à présent
! avait ajouté le Serpentard, profitant de la stupeur générale.

Une bourrasque de vent d'une force phénoménale avait soudainement soufflé, projetant le mage noir et ses sbires dans le hall et refermant les portes derrière eux.

Le Serpentard ricana, manifestement agacé.

- Et bien, cela répond à ma question, je suppose, observa-t-il.

Il pivota sur ses talons.

- Star ? fit Rogue, incrédule. Mais que faites-vous ?

- Mais je vous en prie, professeur, ricana-t-il en s'avançant vers la table des professeurs, cela a été un plaisir pour moi de vous sauver la vie.

Il contourna la table et s'approcha du mur. La porte vibra alors qu'un cri enragé se faisait entendre dehors. Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas s'était remis de son baptême de l'air et il était furieux. Star – Ron se souvenait vaguement de ce Serpentard asocial – tira d'un coup sec sur la tapisserie qui recouvrait le mur. Elle s'affaissa dans un nuage de poussière dévoilant un immense dragon, tenant dans ses griffes le blason de l'école de sorcellerie. Le vert-et-argent toussa.

- Les Elfes ont manifestement oublié de dépoussiérer cette tapisserie, observa-t-il pour personne en particulier.

Il leva sa main gauche et sa baguette. Ron le décréta officiellement fou lorsqu'il vit un éclair jaillir de sa baguette pour entailler sa propre main. Un filet de sang coula. Star posa sa paume blessée sur le mur, à l'exact endroit où se trouvait le cœur du dragon, ferma les yeux et murmura des mots. Impossible d'entendre ce qu'il disait.

- Draco praeses Poudlard expergeface patronum ! lança-t-il soudainement d'une voix forte.

Une lumière claire l'entoura un instant, et soudain, elle se répandit, comme une onde de choc, faisant s'illuminer soudainement un réseau complexe de runes. Elles semblaient incrustées dans les murs eux-mêmes. Une énorme rune brilla sur les portes de la salle. Elles cessèrent alors de bouger.

- Bon, s'exclama presque joyeusement le Serpentard. Ça, c'est fait.

Il grimaça.

- C'était pas la partie la plus difficile. Mmm

- Je voudrais des explications, Star ! se récria Rogue.

- Moi aussi, répliqua du tac-au-tac le garçon. Où est-ce que Dumbledore a vu jouer une histoire pareille ? On ne se fait pas tuer pour assurer une couverture ! Il a de la chance d'être mort, sinon j'irais lui dire ses quatre vérités !

- Ce que vous dites est absurde, mon garçon, observa le professeur McGonagall.

- Certes. Mais c'est tout de même ce que je pense. Bon, maintenant, il va falloir décider ce que l'on fait.

- Que voulez-vous faire ? s'agaça Rogue. Tôt ou tard le Seigneur des Ténèbres passera ces portes et la suite ne sera pas belle à voir !

- Ce sera tard, alors. Les défenses de Poudlard sont performantes, d'autant plus qu'elles ont été liées à la Magie des Maîtres des Dimensions. Non, le problème, c'est que nous sommes bloqués ici. Nous risquons de mourir de faim et de soif avant qu'ils entrent – si toutefois ils décident de s'en prendre aux Elfes, ce qui n'est pas certain : les Sang-Purs ont une fâcheuse tendance à les oublier.

Ron cilla, observant d'un air ahuri le Serpentard. Ce type était encore plus cinglé qu'il en avait l'air ! Il y avait vraiment de quoi s'inquiéter.

- J'exige des explications ! mugit Rogue, visiblement énervé de voir ce garçon prendre les affaires en main.

- Lesquelles professeur ? fit Star, ouvertement moqueur. Vous…

Il s'arrêta brusquement, et tourna un regard préoccupé vers les fenêtres. Une couche de givre commençait à recouvrir les vitres.

- On dirait que la nourriture est en passe de devenir le cadet de nos soucis.

- Des Détraqueurs ! souffla quelqu'un.

- Merlin, je déteste ces bestioles, siffla le vert et argent, agacé. On dirait que Voldemort – un frisson général et quelques cris parcoururent la grande salle – a été plus rapide que je le pensais.

- Comment ça ? s'enquit McGonagall.

- Il a compris que le siège était la meilleure option pour lui… et la pire pour nous.

Il ne put aller plus loin : un Elfe de maison venait de surgir devant Rogue. Les oreilles basses, il s'agitait.

- Directeur ! Des trolls ! Des Détraqueurs ! Partout ! Ils envahissent l'école ! Danger, danger !

- Nous savons, espèce de… commença Amycus Carrow.

Star s'avança sans tenir compte de lui.

- J'ai besoin de l'assistance des Elfes, fit-il.

La créature se tourna vers lui. Ses yeux s'agrandirent démesurément.

- Oui, Maître. Les Elfes sont à votre service, Maître.

- Merci, approuva le Serpentard sans paraître surpris de cette soudaine déférence. J'ai besoin d'évacuer les élèves de cette école loin des Mangemorts. Une idée ?

Agacé de n'être qu'un spectateur, Ron n'y tint plus.

- Attend un peu ! protesta-t-il. Nous pouvons nous battre !

Star releva les yeux vers lui et le roux fut frappé par ce regard. Il y avait tant de choses dans ces yeux, une puissance contenue qui le dépassait largement, mais également une connaissance aigue… Comme s'il avait déjà vécu cela et y avait survécu…

- Non, vous ne le pouvez pas, répondit simplement le serpent.

Il n'y avait pas de jugement. Il ne faisait qu'énoncer un fait. Cela mit Ron hors de lui.

- Qu'en sais-tu ?! lança-t-il, agressif.

- Regarde autour de toi, Ron. Tu te sens peut-être prêt, avec quelques uns ici, mais la plupart sont terrifiés.

Il désigna la table des Serpentards.

- Certains n'ont qu'une hâte : nous attaquer dans le dos pour nous livrer à Voldemort. Merlin cessez de gémir lorsque je dis ce nom ! s'exclama Star avec humeur.

Il fit quelques pas.

- D'autres, poursuivit-il, se demandent si cela vaut la peine de risquer sa vie ainsi. Ils ne veulent qu'une chose : vivre en paix. Si pour cela il faut courber l'échine, et bien soit.

- Ce sont des pleutres ! lâcha Ron avec mépris.

Seamus, assis à coté de lui, approuva bruyamment.

- Vraiment ? Si tu en es si sûr. Pour ma part, je n'en suis pas si certain. Ce n'est pas si simple. Pour finir, il y a ceux qui sont prêts à combattre. Combien de temps tiendront-ils face à une horde de trolls déchainés, soutenus par des sorciers et des Détraqueurs ? Alors franchement, non, je n'ai aucune envie de combattre. Il faut savoir choisir ses batailles. Celle-ci n'est pas dans notre intérêt, mieux vaut se replier pour mieux attaquer par la suite.

- Je ne me terrerais pas comme un rat ! protesta le lion en bondissant sur ses jambes.

Star lui lança un regard froid.

- Alors tu mourras et tu ne seras plus d'aucune utilité à personne.

Neville, assis non loin de là, s'agita.

- Ce qu'il dit est censé, admit-il presque à contrecœur.

- Quoiqu'il en soit, observa McGonagall, cette discussion est sans intérêt si nous ne trouvons pas un moyen de quitter cette salle.


- Quoiqu'il en soit, cette discussion est sans intérêt si nous ne trouvons pas un moyen de quitter cette salle.

Harry jeta un œil vers la directrice de Gryffondor. Celle-ci tentait tant bien que mal de cacher son inquiétude tout en jetant des coups d'œil inquiets vers les Carrow. Pour le moment, les deux Mangemorts semblaient se tenir tranquilles mais le Survivant n'était pas dupe : ils attendaient simplement le meilleur moment pour agir.

Il se tourna donc vers l'Elfe de maison.

- Quel est ton nom ? s'enquit-il.

- Jumpy, Maître.

- D'accord, alors, Jumpy, tu vas aller prévenir les autres Elfes : nous avons besoin d'une méthode pour sortir tout le monde d'ici avec le minimum de morts. Faites passer le mot aux tableaux et fantômes. Mais attention : vous devez demeurer discret, je ne veux pas que Voldemort vous trouve. Oh ! Et demande à quelqu'un de se rendre dans les toilettes des filles du deuxième étage : vous y trouverez un phénix nommé Hélios. Dites lui de venir aussi vite que possible et d'amener mon épée.

- Bien Maître !

Alors que l'Elfe disparaissait, Harry sentit, aux portes de ses boucliers mentaux, l'effet des Détraqueurs devenir plus fort. Voldemort tentait de les faire sortir… et il fallait dire qu'il était doué. Le jeune homme tenta de se rappeler que ce Mage noir était beaucoup plus puissant que celui de l'autre monde et que malheureusement, tous les Horcruxes n'avaient pas été détruits. Lorsqu'il avait contacté Drago, un peu plus tôt, pour lui dire que Poudlard était attaqué et qu'il allait avoir besoin d'aide, le blond lui avait confirmé n'en avoir détruit qu'un pour le moment. Leurs informations sur l'emplacement des morceaux d'âme de Voldemort datant de vingt ans, certaines n'étaient plus bonne et le médaillon demeurait toujours introuvable…

Il allait falloir passer au plan B.

''Pourquoi les plans B sont toujours aussi pourris ?'' s'enquit-il avec agacement.

Il entendit le rire de Drago résonner dans son esprit. ''Je ne sais pas. Peut-être que c'est que parce que s'ils étaient bons, on les aurait mis en plan A plutôt que de les garder sous le coude…''

''Pas faux. Où êtes-vous ?''

''Pas loin. Nous serons là d'ici moins d'une heure. Et de ton coté ?''

''Toujours bloqués dans la grande salle, je cherche une idée pour évacuer… Les défenses de Poudlard nous protègent pour le moment mais la présence de Détraqueurs en grand nombre autour de nous va rapidement devenir un problème.''

Des exclamations au niveau de la table des Serdaigles attirèrent l'attention de Harry. Il soupira en voyant Hélios apparaître dans une gerbe d'étincelle pour planer majestueusement vers lui.

- Le concept de discrétion ne t'a toujours pas atteint, apparemment, ironisa le sorcier.

L'oiseau de feu, manifestement très fier de son entrée, lui jeta un regard méprisant, signifiant clairement « je sais que tu es jaloux », en se posant en douceur sur la table des professeurs. Harry leva les yeux au ciel et récupéra son épée qu'Hélios tenait toujours entre ses serres.

- Merci Hélios, fit-il simplement, avec une ironie mordante et amusée. Heureux que tu ais trouvé le temps de te joindre à nous.

- D'où sort cette bête !? s'écria Alecto Carrow en désignant le phénix du doigt avec horreur.

- Je vous déconseille de l'insulter, répondit Harry sur le ton de la conversation, il est très susceptible.

- Le règlement de Poudlard est clair : les phénix sont strictement interdits dans l'enceinte de l'école ! Faites le sortir tout de suite ! ordonna la Mangemorte.

Le Maître des Dimensions ricana.

- Mais je vous en prie : faites le vous-même.

L'oiseau de feu lança un regard ouvertement condescendant au professeur d'étude des moldus. Même si ce n'était certainement pas le moment de se divertir, Harry espéra que la sbire de Voldemort tente quelque chose : ce serait certainement très drôle à voir.

- Star.

Le jeune homme ne sursauta pas en découvrant Rogue à coté de lui : il l'avait senti approcher alors qu'Hélios se donnait en spectacle.

- Oui, professeur ? répondit Harry sur le même ton, c'est-à-dire à voix basse.

- Que comptez-vous faire, exactement ?

- L'Ordre du Phénix – ce qu'il en reste – devrait être là dans peu de temps. Si nous trouvons une échappatoire, nous pourrons emmener les élèves loin de tout cela pendant que l'Ordre fera diversion.

- Vous savez qu'il y a des apprentis Mangemorts mais également des Mangemorts dans ces élèves que vous tentez de sauver.

- Oui. Mais les défenses de Poudlard les empêchent de contacter Voldemort et nous savons tous les deux que si les Mangemorts attaquent, ils ne se poseront pas de questions : ils tireront dans le tas.

La réponse du directeur fut couverte par un son indigné. Alecto Carrow venait d'attaquer Hélios. Le phénix avait sans problème évité le sortilège, mais semblait outré que quelqu'un s'en soit pris à lui. Il jeta un regard furieux à l'enseignante et ouvrit le bec.

- Pas de grillade, Hélios ! prévint Harry, conscient de ce que l'oiseau avait en tête. Pour le moment, nous sommes tous coincés ici, j'aimerais éviter autant que faire se peut d'avoir des cadavres sur le dos.

Le phénix semble mécontent – il avait manifestement très envie de cracher du feu sur Alecto Carrow – mais s'exécuta. Au lieu d'attaquer, il chanta. Alors que les notes s'égrainaient, Harry sentit l'effet de la présence des Détraqueurs se dissiper alors que la Mangemorte et son frère tentaient sans succès de se boucher les oreilles. Ils ouvrirent la bouche pour hurler, mais aucun son ne quitta leurs lèvres. La souffrance sur leur visage était palpable. Alecto, qui s'était levé pour faire face à Hélios, s'écroula sur le sol et se tortillait de douleur dans une imitation assez convaincante d'un poison hors de l'eau.

- Ça suffit maintenant, Hélios, fit doucement le Survivant, réalisant que les deux Mangemorts risquaient bien de mourir de douleur si le phénix poursuivait son chant.

L'oiseau de feu, étrangement, obéit. Il ferma son bec et jeta un regard supérieur sur les Carrow.

- J'avais oublié à quel point les phénix sont des êtres puissants, remarqua le professeur Flitwick de sa voix flutée.

Hélios émit une note approbative qui fit sursauter et se recroqueviller les Carrow.

- Bon, reprit Harry. Maintenant que le quart d'heure de récréation est passé, revenons-en à notre problème : l'évacuation de l'école.

- Minute, s'exclama Ron. Pourquoi serait-ce toi qui t'occuperais de ça ?

L'interrogé soupira. Son ami devenait vraiment ennuyeux à tout contredire… Avant que le brun ne prenne la parole, Neville intervint :

- Pour le moment, Ron, Star a l'air d'être celui qui maîtrise le mieux la situation…

- C'est un Serpentard ! Regarde comment il agit avec l'Elfe de maison ! Il se fait appeler Maître !

Il fallut un moment à Harry pour comprendre à quoi le roux faisait allusion. Il allait répondre – expliquer que l'Elfe l'appelait Maître parce que c'était son titre et non parce qu'il avait des envies de grandeur – lorsque le sol trembla furieusement sous ses pieds.

- Qu'est-ce que… fit Rogue, tentant tant bien que mal de garder son équilibre.

Jumpy apparut brusquement devant Harry, plus agité que jamais.

- Maître ! Maître ! Le Mage noir ! Il attaque les fondations de l'école ! Jumpy l'a vu ! Il veut détruire l'école !

Harry fronça les sourcils.

- C'est du Vous-Savez-Qui tout craché ! pesta Flitwick. Toujours dans la demi-mesure ! ironisa-t-il. Il ne peut pas nous atteindre parce que Poudlard nous protège : qu'à cela ne tienne, il va détruire Poudlard.

Une rumeur terrifiée s'éleva des tables alors que les élèves s'agitaient.

- Silence !

La voix de McGonagall claqua comme un fouet dans la grande salle.

- La situation est difficile, nous en avons tous conscience, annonça-t-elle. C'est pourquoi nous devons à tout prix garder notre calme afin d'avoir un maximum de chance de nous en sortir indemne. Je vous demande de rester aussi calme que possible et d'attendre les instructions que nous n'allons pas tarder à vous donner. N'est-ce pas, Monsieur Star, Monsieur le directeur ?

Harry ricana.

- C'est ce qui s'appelle se faire mettre au pied du mur.

Il se tourna vers Rogue.

- Alors, directeur ?

- Vous êtes impertinent, Star.

- Oh, monsieur ! Si vous saviez ! s'amusa le Survivant. "Drago, tu fais quoi ?"

"Un instant ! C'est pas évident de conduire cette bande de bras cassés vers Poudlard !"

"C'est fou ce que tu es rassurant ! Active parce que Voldemort a décidé de mettre les bouchées doubles : il attaque directement les fondations du château."

"Je vois…"

Harry sentit quelque chose tirer sur sa robe. Baissant les yeux il croisa le regard plein d'espoir de Jumpy.

- Venez, Maître ! Venez-venez !

Surpris, le jeune homme suivit l'Elfe qui l'attira dans l'antichambre attenante à la grande salle. Regardant autour de lui, il tenta de déterminer pourquoi il avait été conduit ici alors que la porte menant à la grande salle se refermait sur lui.

- Regardez, Maître ! s'exclama Jumpy en désignant le tableau de Violette, l'amie de la Grosse Dame, sur le manteau de la cheminée. Regardez !

Fronçant les sourcils pour voir à travers la semi-obscurité de la pièce, Harry sursauta en découvrant la personne qui occupait le tableau.

- Dumbledore… murmura-t-il.

- Bonjour, Maître des Dimensions, sourit l'ancien directeur avec gentillesse.

- C'est moi, professeur, fit Harry d'une voix tremblante en relevant légèrement le bandeau qui cachait sa cicatrice.

- Harry ! Oh, mon garçon, comme je suis heureux de te voir ! Ta disparition nous a causé bien du souci.

- Je suis désolé, professeur.

- Ne le soit pas. Je vois bien que ton année – où qu'elle se soit passé – a été bénéfique. Dommage que nous n'ayons pas plus de temps pour parler. Voilà ce que je voulais te dire : les Elfes nous ont prévenus que tu avais activé les protections de Poudlard, mais en le faisant, qu'as-tu dit au dragon ?

- J'ai dit « Moi, Harry James Potter, en ma qualité de Maître des Dimensions, je t'appelle pour protéger Poudlard. Draco praeses Poudlard expergeface patronum. ».

Dumbledore sourit.

- Parfait, tu as donc réveillé les forces de Poudlard en tant que Maître des Dimensions, autrement dit, tes pouvoirs ont abreuvé l'école qui en est devenue plus forte.

- Vous connaissez les Maîtres des Dimensions, professeur ? s'enquit Harry, surpris.

Némésis avait prétendue ne pas le connaitre.

- J'en ai rencontré un dans ma jeunesse, Daniel White. Mais ce n'est pas l'important : comme tu le sais, la plupart des salles de Poudlard bougent dans l'école, et en premier lieu…

- La Salle sur Demande…

- Exactement. Etant donné que tu t'es lié à l'école et que tu as amplifié sa magie, il est désormais dans tes capacités de faire apparaitre la Salle sur Demande où tu veux… Tu comprends ce que je veux dire ?


Severus ne savait plus que penser : cette journée était en train de devenir la plus innexplicable de son étrange existence. D'abord le Seigneur des Ténèbres qui découvrait son double jeu. Comment ? Telle était la question. Il était pourtant certain – et Dumbledore l'était aussi – d'avoir correctement couvert ses traces. Qu'est-ce qui avait bien pu le trahir ?

Et puis Terry Star, cet insolite garçon qui le sauvait brusquement – Severus n'était pas certain de lui être reconnaissant de cela. C'était certainement égoïste de sa part, mais il aurait accueillit la mort avec soulagement. Cela aussi lui avait été refusé.

Quand la journée commençait mal… Et maintenant Star qui disparaissait dans l'antichambre avec un Elfe alors que le Seigneur des Ténèbres détruisait méthodiquement les fondations de l'école ! Le monde ne tournait définitivement plus rond…

Minerva McGonagall s'avança vers lui.

- Ne croyez pas que je vous pardonne ce que vous avez fait : votre gestion de Poudlard cette année est impardonnable tout comme vous n'auriez jamais dû tuer Albus, peu importe qu'il vous l'ait demandé. Mais nous serons plus forts ensemble, alors, étant donné que vous êtes le Directeur, nous vous suivrons.

Surpris, Severus observa l'enseignante. Il avait toujours eu du mal à savoir si elle le respectait ou si elle se tenait uniquement par égard pour Dumbledore. Aussi, il se sentit étrangement flatté par cette affirmation. Qu'elle ne lui pardonne pas, il le comprenait : il ne savait pas s'il parviendrait à se pardonner lui-même.

- Que faisons-nous, alors ? s'enquit Flitwick.

- Nous évacuons ! s'exclama joyeusement Star en sortant de l'antichambre.

- Ravi de vous revoir parmi nous, Star, grinça Severus.

- J'ai toujours su que vous m'appréciez, professeur, répondit le jeune homme, pas impressionné pour deux sous par le ton acide de son enseignant. Bien ! reprit-il. Que tout le monde se mette en rang par année, nous allons évacuer dans l'ordre suivant : les premières années, les deuxièmes et ainsi de suite. Préparez-vous !

Les élèves se levèrent d'un bond, se poussant allègrement les uns les autres.

- En rang et on ne se bouscule pas ! tonna McGonagall.

La cohue se calma un peu.

- Puis-je savoir comment vous comptez faire évacuer toute l'école ? s'enquit Severus, mordant.

- Je viens d'avoir une discussion intéressante avec une personne qui connaît bien cette école, déclara le Serpentard en se mettant à faire des allers-retours devant un mur. Et elle m'a dit que je pouvais faire… ça !

Une porte se dessina soudain sur les pierres du mur pour finir par s'ouvrir sur un immense couloir.

- La Salle sur Demande ! s'exclama Weasley. Mais que fait-elle là ?

- On ne l'appelle pas la Pièce Va-Et-Vient pour rien. Bien, si je ne me suis pas trompé dans ma demande, elle doit aboutir directement dans la Forêt Interdite, en plein dans le domaine des Centaures.

- Génial ! s'exclama Severus. On ne va pas se faire tuer par les Mangemorts mais par les Centaures. Quelle excellente nouvelle !

- Du calme, professeur… Les Centaures ne nous feront rien. Au contraire : Voldemort n'est pas parvenu à les asservir pour le moment, ils nous offriront donc un abri relativement sûr.

- Relativement étant le mot clé ! persiffla le directeur.

- Certes. Mais quel endroit est totalement sûr actuellement ?

L'argument était imparable. Personne ne répondit.

- Parfait, maintenant que nous sommes tous d'accord, que les premières années me suivent, je passe devant pour m'assurer que tout est sécurisé. Je reviendrais ensuite mais ne m'attendez pas : sauf contrordre, poursuivez l'évacuation, compris ?

Il n'attendit pas de réponse et s'engouffra dans le couloir qu'il venait de créer. Les premières années hésitèrent.

- Et bien ? s'exclama Minerva en regardant ses Gryffondors. Qu'attendez-vous ?

Les enfants se mirent en marche sans conviction, suivant prudemment Star.

- Je vais avec eux ! annonça Filius Flitwick en trottinant pour rattraper Star.

- Êtes-vous sûr qu'il s'agisse d'une bonne idée ? souffla la directrice-adjointe à Severus.

- Franchement ? Non. Mais en avez-vous une autre ?

Elle ne répondit pas.


Filius enseignait depuis un certain temps maintenant et pensait pouvoir se venter qu'avoir vu une grande partie de ce que le monde offrait à voir. Cependant, alors qu'il suivait Terry Star dans les méandres de la Salle sur Demande – qui aurait en l'occasion plutôt mérité le nom de Couloir sur Demande – il réalisa que ce garçon ne ressemblait à rien de ce qu'il avait vu dans sa longue vie.

Il marchait d'un pas vif mais pas trop rapide, clairement pour ne pas semer les premières années. Filius, lui-même peu rapide, appréciait cette délicatesse. Le couloir, faiblement éclairé par des torches accrochées au mur, était une splendide œuvre de magie. Même après tant d'années, le château de Poudlard l'émerveillait encore.

Ils marchaient depuis quelques minutes lorsque le sol se mit à trembler furieusement. Les élèves se mirent à crier alors que M. Star stoppait son avancée, manifestement en alerte, attendant de voir ce qui allait arriver. Il ne fallut pas attendre longtemps. Dans un grondement d'enfer, la partie avant du couloir s'effondra. Ce fut la débâcle. Terrifiés à l'idée d'entre ensevelit, les élèves tentèrent de faire demi-tour, mais dans un tel capharnaüm, c'était impossible. Il y avait beaucoup trop de monde et pas assez de concertation. Filius se retrouva entraîné dans le mouvement de foule, sa petite taille le désavantageant gravement. Il allait se résoudre à faire usage de la magie lorsque la voix de Star retentit.

- Du calme !

Une vague de magie accompagnait l'ordre. Peut à peu, la bousculade cessa. Soulagé, l'enseignant s'extirpa tant bien que mal de la foule.

- Tout va bien, professeur ? s'enquit le Serpentard tout en examinant l'éboulement.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, Monsieur Star. Que pensez-vous de cela ?

- Je ne sais qu'en penser. Je ne vois pas comment la Salle sur Demande a pu s'écrouler, elle est intimement liée au château et…

- Et Vous-Savez-Qui est en train de s'en prendre aux fondations du château.

L'étudiant tourna vers Filius un regard tourmenté.

- Je n'y avais pas réfléchi… Mais quel idiot !

- Je ne pense pas, Monsieur Star. En toute honnêteté, si cela ne venait pas d'arriver, je vous aurais dit que c'était, sinon impossible, au moins hautement improbable. Qui plus est, cette salle a fait ce qu'elle devait : je doute que ce soit la chance qui est fait stopper l'éboulement juste devant nous. Je pense que lorsqu'elle a été affaiblie et qu'elle n'a plus pu maintenir un couloir aussi long, elle a fait disparaître la partie vide pour pouvoir assurer la solidité de la partie dans laquelle nous sommes.

- Je vois. Comme un système de sauvegarde. Reste à savoir s'il est encore possible d'aboutir quelque part, peut-être moins lors que la clairière des centaures mais hors de l'enceinte du château…

Filius n'eut pas à répondre : un nouveau couloir venait d'apparaitre sur leur gauche. Il croisa le regard vert de Star.

- Où cela mène, d'après vous ? s'enquit l'élève.

Le professeur de sortilège eut un sourire en coin.

- Il n'y a qu'une façon de le savoir ! répondit-il en s'avançant.

- Oh, je le sens pas ! marmonna le Serpentard dans son dos.


Drago pestait tout ce qu'il savait. Tout le plan était en train de partir à vau-l'eau. Et s'il y avait quelque chose qu'il détestait, c'était que les choses ne se passent pas comme prévu. Leur plan était parfait ! Et voilà que Voldemort et Rogue fichaient tout en l'air. C'était agaçant !

Il regarda les membres de l'Ordre du Phénix apparaître en lisière de la Forêt Interdite alors que les trolls et les géants fidèles à Voldemort détruisant méthodiquement les murs porteur du château. Une partie du hall d'entrée s'était écroulé, mais les barrières de Poudlard empêchaient toujours les sbires du Mage noir d'entrer. Sans parler les armures et des gargouilles qui harcelaient sans relâche les assaillants. Pour le moment, la bataille était loin d'être réglée.

- Où en est Harry ? chuchota Granger en arrivant près de lui.

- Ils ont eu un souci sur le chemin qui devait les conduire aux centaures... Ils avancent à l'aveuglette dorénavant.

- Où vont-ils aboutir dans ce cas ?

- C'est la grande question. Nous devons nous tenir prêt à les aider. Combien de personnes as-tu pu rameuter ?

La jeune femme soupira.

- Pas autant que j'espérais, mais suffisamment, je pense.

- Il faudra s'en contenter.

Le regard de Drago erra sur les cagoules noires des Mangemorts. Sa famille – son ancienne famille – se trouvait là… Malgré lui, il sentit son cœur se serrer.

- Quel est le plan ? s'enquit Granger, le tirant de ses sombres pensées.

Il eut un sourire en coin.

- Alors, voilà…


Dire que Harry était inquiet était un euphémisme : il était extrêmement inquiet. Impossible de savoir où la Salle sur Demande allait les faire aboutir. Ce pouvait tout aussi bien être en plein champ de bataille. Avec une volée de premières années sur les bras, pour ne rien gâcher. Drago, Hermione et l'Ordre n'étaient pas loin, certes, mais pendant un combat, quelques mètres pouvaient sembler infranchissables…

Le professeur Flitwick cheminait désormais en tête, la baguette en avant. Par réflexe, Harry resserra sa prise sur sa propre baguette et frôla son épée, accrochée à sa ceinture, pour s'assurer de sa présence. Elle était désormais un élément essentiel du plan – si on pouvait appeler cela un plan – visant à vaincre Voldemort. Le Survivant tenta ne pas penser aux risques et aux chances de survie des personnes présentent autour de lui. A quoi bon ? Les choses étaient lancées. Rien ne pourrait les arrêter, désormais.

Flitwick s'arrêta brusquement. Perdu dans ses pensées, Harry dut rivaliser de souplesse pour ne pas le bousculer.

- Nous y sommes, fit l'enseignant.

Relevant les yeux, le Maître des Dimensions comprit : devant eux se tenait une lourde porte de bois, semblable à celle de la grande salle.

- Et où est-ce que ça mène ? demanda un jeune première année.

Harry se tourna vers lui et se força à lui offrir un sourire qu'il espérait rassurant.

- Nous allons le découvrir.

Sur ces bonnes paroles, il s'avança et ouvrit les portes.

- Oh nooon


Ron venait d'entrer dans la Salle sur Demande lorsqu'un grondement se fit entendre venant de l'intérieur. Le jeune homme sursauta et croisa le regard inquiet de Neville.

- Ils sont attaqués ! s'exclama le roux en s'élançant.

Il comprit rapidement que Neville, Seamus, Ernie McMillan, Ginny, Luna, Anthony Goldstein et Michael Corner le suivaient. Il lui fallut plus de temps pour réaliser que McGonagall et Rogue étaient également là.

Il comprit rapidement ce qui s'était passé en découvrant une partie du couloir effondrée. Ce n'était pas une attaque mais un éboulement. Y avait-il des élèves dans cette partie du couloir quand elle s'était effondrée ? Cette question tordit l'estomac de Ron. Il espérait de tout cœur que non. Décidé à en avoir le cœur net, il poursuivit sa course, écartant les autres élèves pour parvenir au niveau de Flitwick au moment où Star ouvrait les portes du couloir.

- Oh nooon

Le gémissement du Serpentard fit bondir le roux. Arrivé au niveau de son condisciple, il comprit : ils se trouvaient manifestement au niveau des murs d'enceinte de Poudlard. A leur gauche se trouvait la route menant aux portes d'entrée qui trouaient les remparts alors que sur leur droit ils pouvaient voir le terrain de Quidditch. Autrement dit : ils se trouvaient à l'entrée de Poudlard.

- Oh, c'est pas bon, fit Ron.

- Je te le fais pas dire… approuva Star en s'avançant.

Les sbires de Voldemort ne les avaient pas encore remarqués mais ce n'était qu'une question de temps. Impossible de rester cacher dans la Salle sur Demande, le risque qu'elle s'effondre était trop grand. Quand à retourner dans la Grande Salle… C'était reculer pour mieux sauter. Le vert-et-argent semblait l'avoir réalisé. Resserrant sa prise sur sa baguette, Ron s'avança à son tour, suivit par ses amis et les professeurs.

Il ne fallut que quelques minutes pour qu'ils soient remarqués. S'ils étaient sortis plus près de la Forêt Interdite, ils auraient peut-être eu une chance de s'y cacher, mais malheureusement, l'emplacement de leur sortie les laissait complètement à découvert.

- Là ! Ils sont là !

- Tuez les !

Les Mangemorts s'élancèrent vers eux. Ron, par réflexe, jeta un regard vers Star. Il fut pris d'une bouffée de colère en le voyant : ce traitre venait de ranger sa baguette et de tendre les mains en avant. Avait-il l'intention de se rendre ? Le roux ouvrit la bouche pour le couvrir d'insultes, lorsque le vert-et-argent prit la parole.

- Ô Athéna, divine protectrice des vaillants,
Qu'un bouclier défende cette place sur le champ
! cria-t-il.

Une lumière dorée crépita au bout des doigts de Star et s'étendit brusquement autour des élèves de Poudlard. Malgré leurs sorts acharnés, les Mangemorts ne purent le traverser.

- Bon.

Star se tourna vers les autres élèves.

- Tu voulais te battre, Ron ? C'est le moment.

Le Gryffondor cilla, tentant de comprendre ce qui se passait.

- Qu'est-ce que c'est ? s'enquit Neville en désignant le bouclier.

Ron songea qu'il lui enlevait les mots de la bouche.

- Un bouclier de magie antique. Cela protégera les élèves les moins puissants pendant un moment, mais cela ne tiendra pas indéfiniment. Nous allons devoir nous battre.

Comme pour répondre à sa demande, les armures de Poudlard surgirent pour éloigner les Mangemorts qui s'acharnaient sur le bouclier. Elles furent rapidement rejointes par les gargouilles de l'école.

- Qu'est-ce que… ? souffla McGonagall.

Star lui sourit.

- Vous ne pensiez tout de même pas que le château n'était protégé que par des runes ?


Hermione se tenait aux cotés de Drago et de l'ex-professeur Lupin, prête. Elle effleura son médaillon du bout des doigts et espéra de tout cœur que Némésis avait raison. Que Drago et Harry pouvaient mettre fin à cette folie.

- Merde ! jura soudainement Drago.

La jeune fille se tourna vers lui.

- Que se passe-t-il ?

- Ils viennent de sortir… Ils n'ont pas du tout aboutis au bon endroit.

- Où sont-ils ? s'exclama Hermione, une pointe d'hystérie dans la voix.

Elle croisa le regard vert de l'apparence d'emprunt du Maître des Dimensions.

- Ils sortent du mur d'enceinte, plus ou moins au niveau de l'entrée…

- Oh, Merlin tout puissant ! souffla la Gryffondor.

- Je ne demanderais pas comment vous le savez, Monsieur Celford, intervint Remus Lupin. Je propose au contraire que nous y allions… Qu'en pensez-vous ?

- Je ne vois pas que faire d'autre, approuva Drago.


Les sorts fusaient dans tous les sens. Les Mangemorts arrivaient par dizaines. Harry n'avait jamais vu ça : tant d'encagoulés réunis au même endroit. Il avait laissé tomber la magie qui créait le souvenir de Terry Star mais pas sa fausse apparence : tant qu'il n'était qu'un Serpentard anonyme, il demeurait dans une relative sécurité et pouvait compter sur un certain effet de surprise contre Voldemort.

Les armures et les gargouilles étaient d'une efficacité redoutable mais malheureusement en nombre limité. Tôt ou tard, les Mangemorts et les autres partisans du Mage noir en viendraient à bout. Les trolls – principalement des trolls des montages – étaient certainement les plus dangereux, mais paradoxalement, ils l'étaient pour les deux camps : une fois blessés, ils devenaient fou furieux et attaquaient tout ce qui ceux trouvaient proches d'eux. Harry en avait largement joué. Il n'avait pas hésité à envoyer des sorts à des trolls éloignés, encore positionnés dans les lignes ennemis, afin de provoquer une confusion parmi les sbires de Voldemort. Ron l'avait également remarqué et agissait de même.

Les sorts fusaient dans tous les sens. Des personnes s'écroulaient, sans que les combattants ne puissent réellement savoir dans quel camp il était. Harry lançait pêle-mêle des sorts conventionnels et des charmes de magie ancienne. Lorsque les Détraqueurs arrivèrent, les choses devinrent réellement difficiles… Des patronus de toutes les tailles et de toutes les formes s'élancèrent, mais les créatures de peur étaient coriaces.

Harry sut exactement à quel moment l'Ordre du Phénix se mêla au combat. Pas besoin de contacter Drago pour cela : le comportement des Mangemorts suffit. Surgissant de la Forêt Interdite, les sorciers blancs créèrent un nouveau front pour les partisans de Voldemort. La pression sur Harry et ses compagnons d'arme se relâcha légèrement. Suffisamment pour que le jeune sorcier bondisse en arrière dans la protection d'Athéna alors que des géants chargeaient, manifestement dans le but de détruire le bouclier.

- Que fais-tu, Star ? rugit Seamus.

Harry ne répondit pas – il n'avait pas le temps.

- Ô Gaïa, mère parmi les mères,
Déclenche la puissance de la terre
, psalmodia-t-il.

Le sol se mit à trembler furieusement. Elle s'ouvrit sous les pieds des Mangemorts et commença à s'écrouler, entraînant un groupe de géants dans l'abîme. L'espace d'un instant, quand le séisme cessa, personne ne bougea. Les partisans de Voldemort ne semblaient pas comprendre ce qui venait de se passer. Harry n'attendit pas qu'ils reprennent leurs esprits et attaqua. Les élèves de Poudlard, ayant déjà assisté à l'invocation d'Athéna, firent de même.

- Superbe sort, Star, fit Flitwick en s'approchant du Maître des Dimensions. Il faudra que vous me montriez comment vous faites cela.

- Promis professeur.

Malheureusement, l'avantage créé par l'arrivée de l'Ordre et l'invocation de Gaïa ne dura pas. Ils se retrouvèrent rapidement submergés par le nombre. Harry n'avait pas le temps de faire d'autres invocations : les formules étaient trop longues. La puissance de ses sorts de magie antique s'en ressentait.

- Avada Kedavra !

Harry bondit et évita le sort de justesse. Malheureusement, ce ne fut pas le cas du professeur Flitwick qui s'écroula. Le jeune homme cria sans même s'en apercevoir et la puissance de Zeus se déchaina, fauchant inexorablement l'assassin de l'enseignant.

"Où est Voldemort ?" lança-t-il.

"Je le cherche," répondit simplement Drago.

Il fallait le trouver. Il fallait mettre fin à ce carnage au plus vite.

- Expelliarmus ! Lashlabask ! Pyro ! Zeus ! Expelliarmus ! criait Harry sans discontinuer.

Un jet de feu le frôla. Il entrevit un instant Hélios qui luttait férocement contre les Détraqueurs et comprit pourquoi ceux-ci étaient devenus moins offensifs : ils avaient largement à faire avec un phénix énervé.

- Avada Kedavra !

- Star attention !

Le cri de Rogue se perdit dans l'éclair vert qui frappa Harry de plein fouet. La douleur fut fulgurante, mais cette fois-ci le jeune homme parvint à demeurer débout. Il lui fallut quelques instants pour retrouver ses esprits. Il ne fut pas surpris de découvrir que les combattants s'étaient figés. Non seulement il venait de survivre sans dommages apparents au Sortilège de Mort, mais en plus il y avait de forte chance que, comme précédemment, il ait repris sa véritable apparence.

Soudain, tel la Mer Rouge devant Moïse, le rempart de Mangemort s'ouvrit et le maître des encagoulés en personne s'avança.

"J'ai trouvé Voldemort." Harry retint un sourire en entendant la voix de son ami résonner dans son esprit.

"Merci Drago. Moi aussi."

- Harry Potter. Tu es difficile à trouver, le sais-tu ?

- Ah ? Je ne sais pas, non. Moi, je me trouve toujours facilement.

- De l'humour ? Ce n'est pas le moment, mais si cela peut t'aider à ignorer l'inexorable.

- L'inexorable ? Tu n'as pas perdu ta propension au mélodramatique, mon cher Voldemort. Cependant, il me semble que même la prophétie n'était pas formelle ce qui allait se passer. Comment cela peut-il être inexorable ?

Le Mage noir ricana.

- Mangemorts, écartez-vous ! Il est pour moi. En garde, Harry.

Le jeune homme ne bougea pas.

- Aurais-tu peur ? persiffla Tom Jedusor.

- Non, répondit simplement le brun, j'attends simplement que tu cesses de papoter pour agir.

- Insolent ! Avada Kedavra !

- Athéna.

Le sort de mort ricocha sans problème sur le charme de magie antique. Provoquant simplement une bourrasque de vent. Un tic parcourut le visage de serpent de Voldemort.

- Tu t'es amélioré, on dirait, mon cher Harry.

- Merci, Tom. Malheureusement je ne peux pas en dire autant pour toi.

- Tu te trouves intéressant ? Mais tu ne m'arrives toujours pas à la cheville. Endoloris !

Le Survivant bondit, évita le sort et répliqua avec un sort de désarmement que son adversaire para. S'en suivit un échange de sorts toujours plus puissants sans qu'aucun des deux ennemis prédestinés ne parviennent à prendre le dessus. Un nouveau sortilège visa Harry qui sauta pour l'éviter, au moment de sa réception, sa jambe entra violemment en contact avec le fourreau de son épée, le déstabilisant. Il se redressa au dernier moment, conservant précairement son équilibre.

Voldemort sourit – enfin, c'est ce qui sembla à Harry, car sur son visage reptilien c'était difficile à dire.

- Une épée ? Intéressant. Sais-tu t'en servir, au moins ? Où est-elle là uniquement pour la galerie ?

- Tu veux voir ? proposa Harry, ne croyant pas sa chance.

Le mage noir recula d'un pas, et entailla le bout de son index avec sa baguette. Le Maître des Dimensions fronça les sourcils, tentant de comprendre ce que son adversaire faisait. Une goutte de sang écarlate perla sur son doigt. De sa voix sifflante, Voldemort se mit à psalmodier des mots incompréhensibles. Un frisson parcourut le jeune homme qui tira aussitôt son épée d'antimagie de son fourreau. La lame brilla dangereusement mais Harry prit garde à ne pas invoquer l'antimagie pour l'instant. Il fallait garder cette carte en réserve. Un flot de sang s'échappa de la blessure du Mage noir – beaucoup trop de sang, au regard de la petitesse de l'entaille. Le liquide écarlate oscilla dans l'air au lieu de tomber au sol et prit peu à peu la forme d'une épée irrégulière, comme taillée dans du silex. Lorsque l'arme fut entièrement formée – c'était manifestement un lame, malgré ses nombreuses irrégularités – elle se stabilisa et prit une teinte noire encre. Un rictus –probablement un sourire – sur le visage, Voldemort saisit la garde et lança un regard condescendant à Harry.

Le jeune homme raffermit sa prise sur sa propre épée et se mit en position. S'il jouait bien ce qui allait suivre, ce serait le dernier acte de cette guerre.


"J'ai trouvé Voldemort," fit Drago ci-tôt après avoir repéré le Mage noir. Il traversait sans problème le flot de Mangemort qui entourait le bouclier de magie antique certainement levé par Harry. Le bond était trop loin pour en voir plus : l'Ordre du Phénix était arrivé par la Forêt Interdite, c'est-à-dire à l'opposé de l'endroit où les élèves de Poudlard avaient émergés. Si le jeune homme, accompagné des frères Weasley, de Lupin et de Granger, faisait tout pour rejoindre Harry, il lui restait encore une bonne distance à parcourir.

"Merci Drago. Moi aussi." Quelque chose dans le ton du brun alerta son ami qui redoubla d'effort pour rejoindre le mur d'enceinte. Il se passait une chose importante là-bas, le Maître des Dimensions en avait la certitude.

- Harry ! cria soudainement Fred Weasley.

Le blond sursauta et suivit le mouvement du roux. En effet, le Survivant se trouvait là, debout au milieu d'un cercle d'élèves de Poudlard comme de Mangemorts. Tous s'étaient arrêtés.

- Aurais-tu peur ?

La voix sifflante du Seigneur des Ténèbres attira l'attention de Drago. Il se tenait face à Harry, la baguette levée.

- Non, répondit le brun, j'attends simplement que tu cesses de papoter pour agir.

- Insolent ! Avada Kedavra !

Le Survivant simplement leva la main.

- Athéna.

Le sortilège de mort n'éteint pas son but. Difficile de percer le bouclier d'Athéna, surtout lorsqu'il était aussi concentré. Pour s'être entraîné avec son ami, Drago le savait bien.

- Tu t'es amélioré, on dirait, mon cher Harry, remarqua le Seigneur des Ténèbres.

- Merci, Tom. Malheureusement je ne peux pas en dire autant pour toi.

- Tu te trouves intéressant ? Mais tu ne m'arrives toujours pas à la cheville. Endoloris !

Harry évita de justesse le sortilège.

- Il faut l'aider ! s'exclama Granger en s'avançant.

Drago la retint par le bras.

- Non ! Nous ne devons pas intervenir. Ce combat est celui de Harry.

- Mais…

- Fais lui confiance, Granger. Il sait ce qu'il fait. Il s'est entraîné toute l'année pour ça. Tu-Sais-Qui n'a aucune idée de ce qui l'attend.

- Je ne comprends pas, intervint Lupin en aidant Terry Boot à se relever. Comment savez-vous cela, Monsieur Celford ? Etiez-vous avec Harry cette année ? Et tu le savais Hermione ?

La jeune fille ouvrit la bouche pour répondre pour répondre, mais Drago ne la laissa pas faire.

- Ce n'est pas le moment de parler de ce genre de chose. Tenez-vous prêt. Je doute que les choses demeurent ainsi dans un statut quo. Et mettons nous à l'abri dans le bouclier.

Tout le monde s'exécuta. Se tournant vers les deux opposants prophétiques, le blond réalisa que l'attention du Seigneur des Ténèbres avait été attirée par l'épée d'antimagie. Lorsqu'il comprit que le Mage noir voulait affronter Harry dans un duel d'escrime, le cœur de Drago manqua un battement. C'était une chance incroyable ! Son soulagement et sa satisfaction furent de courte durée. Son estomac se souleva lorsqu'il vit le Mage noir commencer son invocation.

- Une épée de sang, hoqueta-t-il avec horreur.

- C'est de la haute magie noire, n'est-ce pas ? souffla Granger, les sourcils froncés.

- Oui, approuva le blond. Et de haut niveau.

- Est-ce que Harry …?

Lupin suspendit sa phrase, comme si la terminer était trop difficile. Drago observa son ami un instant.

- Il va y arriver, trancha-t-il brusquement. Quel est l'état des lieux ici ?

Se tournant les vers combattants, il croisa le regard du professeur McGonagall. Même lorsqu'il la détestait – c'était la directrice de Gryffondor et elle avait manifestement de l'affection pour Potter ! – il avait toujours admis en son for intérieur que c'était une bonne enseignante. Désormais, il la respectait simplement.

- Nous avons perdu les professeurs Flitwick et Babbling…

- Qui ? fit Weasley en tordant le nez.

- Le professeur de runes ! répliqua Granger, manifestement excédée.

- … ainsi que Michael Corner, Padma Patil et Dennis Crivey. Nous avons également beaucoup de blessés.

Peu à peu, une grande partie des membres de l'Ordre du Phénix rejoignait les élèves de Poudlard. De ce coté aussi, le tribut serait lourd, Drago le savait. Il vit du coin de l'œil Terry Boot se précipiter sur le corps de Michael Corner et il lui sembla en effet que ces deux garçons étaient amis. Les frères Weasley s'agitèrent soudainement, avant de s'élancer. Les suivant du regard, le blond vit que Ginny Weasley semblait réellement mal en point. Elle était couverte de sang – le sien, selon toute probabilité.

Pendant ce temps, Londubat s'avança vers la barrière de lumière d'or, les yeux rivés sur Harry et le Seigneur des Ténèbres.

- Pourquoi recule-t-il ? demanda-t-il. Il perd ?

Drago observa un instant son ami.

- Non, répondit-il. Il sait très bien ce qu'il fait. Il l'éloigne de nous.

Si le Mage noir avait certainement fait un jour de l'escrime, il n'avait pas dû la pratiquer depuis longtemps. Harry, au contraire, avait été très entraîné par O'Neill dans l'autre monde. Le Survivant maîtrisait donc discrètement le combat, entraînant son ennemi de plus en plus loin des élèves de Poudlard. Drago savait bien ce qu'il tentait de faire : être le plus loin possible de ses amis lorsqu'il activerait l'antimagie. Pour le moment, le Seigneur des Ténèbres ne semblait pas réaliser que c'était le brun qui menait la danse.

- Peut-on l'aider ?

Surpris, l'Anonyme se retourna pour croiser le regard de Ron Weasley. Sa chemise était largement tachée de sang. Sa sœur ne devait pas aller bien et il était clair que le roux avait une envie folle d'aller s'en prendre aux Mangemorts. Étrangement, Drago le comprenait.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Pour le moment, les partisans de Tu-Sais-Qui se tiennent tranquilles. Une attaque de notre part mettrait fin à ce cessez-le-feu provisoire. Mais tiens-toi prêt : tôt ou tard, le duel prendra fin, et quel que soit le vainqueur, certains Mangemorts nous attaquerons.

Du coin de l'œil, le renié regarda Harry. Le combat pouvait sembler équilibrer : même si le niveau d'escrime du Survivant était légèrement plus haut que celui de son adversaire, la technique pure n'offrait pas toujours la victoire. Pourtant, d'une certaine manière, le jeune homme avait déjà gagné. En effet, si Drago était rebuté par la création de l'Épée de Sang par le Seigneur des Ténèbres, ça n'en était pas moins une bonne chose. Face à une arme d'antimagie noire, rien n'était moins efficace qu'une arme de haute magie noire. Il suffirait à Harry d'activer le pouvoir de sa lame pour désarmer son ennemi.

Ce dernier attaqua. Le Maître des Dimensions évita l'assaut en reculant de nouveau prestement puis répliqua. Il s'agissait d'une chorégraphie précisément exécutée. Pour autant, et Drago le savait bien, le Mage noir réaliserait bientôt ce qui se passait. Impossible de savoir de combien il était nécessaire d'éloigner les combattants des élèves et de Poudlard. Quelles seraient les conséquences de l'activation de l'antimagie de la lame de l'épée des Potter ? Personne n'avait pu répondre – ni Michel Potter, ni Albus Dumbledore ou Robin O'Neill.

Soudain, quelque chose changea.

- Il a compris, souffla Granger.

Drago ne répondit pas. A quoi bon ? Le Seigneur des Ténèbres rugissait déjà, réalisant qu'il avait laissé Harry mener le jeu. Il lança deux sorts sans baguette et abattit violemment son arme sur le jeune homme. Le Survivant évita les sorts et para l'attaque. Lorsque les lames entèrent en contact, l'antimagie se mit à briller puissamment. La lumière noire se rependit sur l'Épée de Sang, l'absorbant sans pitié.

Le sorcier noir glapit et lâcha l'arme pour s'éloigner vivement. Malheureusement pour lui, l'antimagie avait déjà commencé à s'en prendre à ses mains. Il les regarda avec horreur avant de relever les yeux pour voir Harry se précipiter sur lui. Il ne put rien faire : dans un rugissement, le jeune Potter enfonça sa propre épée jusqu'à la garde dans le corps du Mage. La lumière de l'arme s'amplifia, et sa victime hurla. Sa propre magie – exclusivement de la magie noire, Voldemort était trop perverti pour avoir encore d'autres types de magies – tenta de lutter. Le contact entre la magie et l'antimagie fit vibrer l'air. Il fallut quelques instants à Drago pour réaliser que les choses ne se passaient pas comme prévu : les deux forces en présence sembler lutter pour avoir le dessus. Pourtant l'antimagie aurait dû vaincre sans problème…

Un vague de magie noire quitta le corps de son propriétaire pour se répandre sur le champ de bataille. Le bouclier d'Athéna l'absorba, mais les Mangemorts n'étaient pas protégés : plusieurs furent touchés et se consumèrent aussitôt dans un feu noir.

- Oh, Merlin… souffla quelqu'un.

Il y eut un nouvelle vague. La protection de magie antique vacilla. Drago bondit en avant et tissa aussi vite que possible un bouclier de runes pour la renforcer. Très inquiet, il effleura l'esprit de Harry pour tenter de comprendre ce qui se passait de son coté. Une sourde douleur le traversa. L'épéiste avait toutes les difficultés à maintenir son arme dans le corps de Voldemort : le combat entre la magie et l'antimagie projetait sur lui des forces si puissantes qu'il parvenait à peine à s'en protéger, au prix d'une affreuse douleur. Il risquait bien de ne pas s'en sortir…

Au moment où le renié s'élançait, bien décidé à aider son ami, une main sur referma sur son bras, le coupant dans son élan.

- Vous ne pouvez pas l'aider, Monsieur Celford, dit Lupin alors que Drago se tournait vers lui. Vous avez une mission ici : j'ignore comment vous avez fait, mais vous êtes parvenu à consolider le bouclier et à nous protéger. Si vous partez, nos charmes du bouclier ne dureront pas beaucoup plus longtemps que les leurs.

Il désigna du menton les Mangemorts qui tentaient de se protéger alors que d'autres – certainement plus malins – fuyaient ventre à terre. Une nouvelle vague, d'une puissance incroyable, déferla. Drago dut porter toute sa concentration sur les runes pour les maintenir. Le bouclier d'Athéna s'effondra. Il ne restait plus que la Magie Propre de l'Anonyme pour protéger les élèves de Poudlard. Au loin, un fracas monstre se fit entendre. Focalisé sur sa tâche, le blond ne regarda pas, mais crut entendre quelqu'un parler d'une tour effondrée. Un nouveau cri s'ajouta à celui de Voldemort : Harry hurlait à son tour de douleur, sans pour autant lâcher la garde de son épée. La douleur qui traversait le brun était telle, que Drago fut contraint de fermer complètement son esprit. Il lui fallait de l'aide… il fallait… Mais oui !

- HELIOS ! rugit le renié. HELIOS ! OU ES-TU ?!

Quelques notes mélodieuses, étrangement déplacées au milieu de ce déchaînement de magie noire, se firent entendre au loin. Le combat avait manifestement éloigné l'oiseau de feu. Il apparut dans la périphérie de la vision de Drago. Sans attendre, le jeune homme cria :

- Va l'aider Hélios ! Vite ! Il a besoin d'aide !

Le phénix ne se le fit pas dire deux fois. Il fonça à une vitesse que l'Anonyme ne pensait pas qu'il puisse atteindre vers son Ami. Il se posa précairement sur l'épaule du jeune homme et se mit à briller. Drago ne savait pas ce qu'il faisait, mais il lui sembla qu'il devait partager une partie de ses pouvoirs avec Harry.

Le blond ne put pas se pencher plus longtemps sur cette question. La pression sur son bouclier devenait trop forte. Il posa les mains sur la protection, pour lui insuffler directement sa magie, conscient que si ce combat ne cessait pas rapidement, il ne tiendrait pas. La pression sur ses bras devint vite douloureuse, alors que de plus en plus de magie noire traversait le bouclier.

- Reculez ! cria quelqu'un.

Rogue peut-être ? Impossible de savoir. Tout l'esprit et la force de Drago se concentraient sur son charme. Il réalisa au bout d'un moment que ses mains saignaient abondamment. Son Bracelet crépitait dangereusement, comme pour le prévenir que les runes drainaient beaucoup trop d'énergie. Il ne parvenait pas à maintenir la protection. La force d'une vague le fit reculer. Il dut peser de tout son poids sur le bouclier pour le maintenir en place. Le jeune homme tourna la tête en arrière. Une grande partie des regards étaient rivés sur lui – les autres étaient pour Harry. Il y avait des dizaines de personnes ici qui dépendaient de son charme de runes. En le laissant tomber, le renié pourrait peut-être se sauver, mais combien mourraient ? Il serra les dents et lança le peu de magie qui lui restait dans le bouclier. Il songea vaguement qu'un an chez les lions l'avait certainement rendu aussi bête qu'eux.

Son Bracelet laissa échapper quelques étincelles et il remarqua soudain que la couleur de sa peau était en train de s'éclaircir légèrement. Il y eut des exclamations derrière lui, à peine couvertes par le bruit des vagues de puissances se brisant sur le bouclier. La part de l'esprit de Drago qui n'était pas entièrement concentrée sur le bouclier – c'est-à-dire une infime part – comprit : il venait de retrouver sa véritable apparence, son Bracelet n'ayant plus suffisamment de magie pour maintenir l'identité de Sylciu Celford. Il n'y prêta pas attention. Il n'avait pas le temps de le faire. La puissance déployée l'épuisait…

Il n'aurait su dire combien de temps se déroula. Des secondes, des minutes ou des heures ? Il avait l'impression de maintenir la barrière de runes depuis des siècles lorsque soudainement, une dernière vague de magie se déploya. De la magie blanche… Celle de Harry.

Drago vit son ami se tourner maladroitement vers lui, alors que le corps de Voldemort se désintégrait purement et simplement. L'espace d'un battement de cœur, le temps sembla se suspendre. Puis le vainqueur s'écroula sur le sol. Le blond tenta de faire un pas en avant pour le rejoindre, mais ses forces l'abandonnèrent. Ses jambes se dérobèrent et il s'écroula. Il lui sembla vaguement entendre une voix féminine l'appeler par son prénom avant que tout devienne noir.