Auteur : White Damon.

Disclaimer : Comme le disait Freud, les pulsions d'Eros doivent être sublimées sans pour autant être refoulées, afin de permettre, dans le cadre d'un épanouissement individuel harmonieux, l'équilibre entre le « ça » intérieur et le « sur-moi » contraint pour donner au « moi » réel le sentiment de ce qui est possible et impossible sans hystérie et…

Bon, en substance et pour faire court, les personnages des livres « Harry Potter » ne m'appartiennent pas, même si mon « ça », mon « sur-moi » et même mon « moi » sont complètement d'accord sur le fait que j'en ai très envie.

Parallèlement, je n'ai écrit cette histoire ni par obligation, ni pour un paiement.

Genre : Cette fic sera la première d'un arc sur « les jours d'après », qui parlera de ce qui se passe après la Guerre contre Voldemort, de ce que deviennent les différents protagonistes, surtout Harry et Draco.

Couple : Ah ! Pour ça, il faudra lire cette fiction. Et celle d'après ! Et TOUTES les fics suivantes ! Je suis DIABOLIQUE ! MWAHAHAHAHA kof kof kof (s'étouffe après sa lamentable tentative de rire de méchante diabolique)…

plus sérieusement, je ne sais pas si je ferais de couples, ou de slashs. Ce sera moitié selon l'inspiration, moitié selon l'avis des lecteurs.

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Les jours d'après - 1.

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Ce que possèdait Draco.

Draco Malfoy possédait beaucoup de choses.

D'un point de vue matériel, c'était même une des personnes qui possédaient le plus de choses sur Terre, d'après l'opinion de la majorité des mondes sorciers et moldus.

Oui, moldu aussi.

Les Malfoy, avant d'être des sorciers au sang pur, étaient des sorciers intelligents qui n'avaient jamais rechigné à frayer avec la plèbe, fut-elle moldue, lorsqu'il s'agissait d'élargir le patrimoine familial pour les générations futures.

S'ils avaient été honnêtes, les Malfoy auraient même admis que les moldus étaient amusants, et que c'était …agréable de faire des affaires en sachant qu'ils réussissaient à berner les autres grâce à leur propre intelligence, et pas parce qu'ils étaient les plus forts, magiquement parlant.

Mais comme les Malfoy en général, et Draco en particulier, n'étaient pas honnêtes, ils ne l'admettaient jamais en public, et se contentaient d'évoquer l'infériorité de la race moldue avec une expression de profond mépris sur le visage.

Si les sorciers avaient été un peu curieux, ils auraient découvert que de larges parts de l'immobilier parisien appartenaient, depuis les travaux d'Haussmann, à une mystérieuse firme « M. sa » ;

Ou que de nombreuses galeries d'art dans le monde, depuis plusieurs décennies, étaient dirigés par des « M. Mâleufoooy » qui se présentaient comme d'origine française, ce qui leur permettait d'expliquer leurs excentricités (comme, au hasard, se vêtir de capes multicolores alors que la mode était au cardigan) ;

Ou encore qu'une part non négligeable du capital d'entreprises pharmaceutiques étrangement performantes appartenait à un consortium du nom de « M.A.L.F.O.Y. ».

Le seul à avoir fait un rapprochement avait été Dumbledore qui, pendant une réception mondaine, avait évoqué devant Lucius Malefoy les similitudes étonnantes entre un nouveau médicament moldu contre le cancer et une potion récemment développée par un laboratoire sorcier appartenant à la famille Malfoy.

Devant les yeux bleus pétillants de malice du Directeur de Poudlard, Lucius avala son whiskey pur-feu de travers , et le pauvre aristocrate dut faire appel à toute son éducation pour se rappeler qu'il devait déclarer en vitesse qu'une telle chose était impensable, et que c'était une insulte, et qu'il détestait les moldus et que les sorciers leur étaient naturellement supérieurs et que …Ah ? si efficace que ça, ce médicament ?

Et bien…euh…Quel hasard, n'est ce pas ?

Monsieur le Directeur ?

Puis-je connaître la raison de votre hilarité ?

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Draco avait ainsi reconduit brillamment la glorieuse tradition d'enrichissement insolent des Malfoy.

Ne leur parlez surtout pas de l'interdiction de l'enrichissement sans cause (1), ils en avaient tués pour bien moins que cela !

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Draco possédait des titres.

On avait raison de l'appeler le Prince des Serpentard : il était bien entendu le dernier Malfoy de la branche aînée, mais il possédait également un titre de Duc côté moldu, ce dont sa famille était ravie,

Pas vraiment à cause du titre - après tout, c'était une évidence qu'un Malfoy dans le monde Moldu devait a minima être considéré comme noble et supérieur au reste de la population.

Mais parce que ce titre leur donnait droit à une pension non négligeable provenant de la couronne britannique, les Malfoy lui étant, semble-t-il, vaguement apparentés depuis la Guerre de cent ans.

Après tout, si les Malfoy devaient subir la honte d'une parentèle moldue, autant qu'elle soit royale, non ?

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Draco possédait des maisons, des propriétés personnelles réparties dans toute l'Europe.

Oui, les Malfoy ne tenaient pas absolument à rester sur le sol de la mère patrie, encore une légende.

Il possédait donc un charmant hôtel particulier à Paris, un superbe duplex à Londres (ses pieds à terre moldus), mais aussi de jolis cottages sur la côte méditerranéenne.

Il possédait surtout le manoir Malfoy, une bâtisse de 75 pièces, remplie d'objets magiques (accumulés au cours des siècles, moitié par avarice, moitié par véritable curiosité), de souterrains cachés (bien utiles pour échapper aux percepteurs d'impôts et aux perquisitions impromptues) et d'enchantements protecteurs (les activités des Malfoy avaient eu, au cours des dernières décennies, une fâcheuse tendance à sortir légèrement du cadre – très étroit, il fallait le reconnaître – de la légalité) que le monde sorcier tout entier lui enviait férocement.

Il va sans dire que l'armada d'elfes de maison qui le servait était naturellement comprise dans le lot, avec la maison.

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Draco possédait de l'argent.

Il avait à son nom plusieurs comptes copieusement remplis, à Gringotts et dans d'autres banques concurrentes – toujours faire jouer la concurrence entre les fournisseurs, c'était un principe aussi sacrée chez les Malfoy que s'habiller avec élégance –, comptes qu'il s'évertuait à remplir encore plus, de galions, de bijoux ou d'actions moldues.

Oui, d'actions. Les Malfoy n'étaient pas idiots et s'étaient découverts, vers le milieu du Dix-neuvième siècle, un talent assez exceptionnel pour la spéculation boursière.

Alors, comme fort regrettablement le monde sorcier n'était pas encore pourvu de cette merveilleuse invention qu'était le marché financier, leur famille devait se contenter de rafler régulièrement celui des moldus, provoquant par exemple.

Comment ça, les Malfoy viennent de reconnaître implicitement qu'une invention moldue est merveilleuse ?

Si vous le répétez…

OUPS !

Non, non, non, j'ai rien entendu du tout, en fait.

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Draco possédait d'innombrables biens matériels, qui faisaient tourner la tête de beaucoup de gens rien qu'à les imaginer.

Ils lui étaient revenus à ses dix sept ans, quand ses parents étaient définitivement allés cirer les pompes de Voldemort du côté de chez Satan.

Ce ne fut ni Harry Potter, ni un auror, qui envoya de profundis les patriarches Malfoy, mais le paisible Neville Longdubat, au cours d'un duel serré où il put montrer toute sa force magique contre deux des derniers partisans de Voldemort.

Tous ses amis et les membres de l'Ordre du Phoenix lui avaient gravement conseillé de partir quelques temps se mettre à l'abri de la fureur vengeresse de Malfoy fils, que tout le monde présumait absolument terrible. On était allé jusqu'à lui adjoindre une escorte permanente e d'aurors surentraînés.

Mais Draco n'était pas allé occire férocement Neville lors d'une nuit de pleine lune, il n'avait même pas payé quelqu'un pour le faire.

Il s'était contenté, après la guerre, d'engager les meilleurs avocats possibles pour conserver les biens de sa famille, dont il était le dernier représentant vivant et sain d'esprit, ses cousins ne pouvant souscrire à ce dernier point depuis leur condamnation au baiser du détraqueur.

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Il avait d'abord du se battre pour récupérer son manoir, mis sous scellés et que le nouveau secrétaire de la justice sorcière, Percy Weasley, se voyait bien remeubler à sa convenance pour fêter sa décoration pour « héroïsme » pendant la seconde guerre noire.

Par ailleurs, de nombreux aurors appuyaient l'idée de faire du manoir un centre d'entraînement, en utilisant les chambres comme foyer d'apprentis aurors.

Mais Draco avait été le plus vicieux – ce qui était normal : il était un Malfoy et avait donc un solide entraînement dans le domaine des plans et stratégies vicieuses.

Avec la complicité des elfes de maison, il ôta brusquement toutes les protections magiques de son manoir, qui empêchaient tout étranger à la famille Malfoy d'y entrer sans permission.

Dans un premier temps de surprise, tout le monde s'en réjouit, spécialement Percy Weasley qui se précipita dans le manoir se pavaner avec des airs de propriétaire et commença immédiatement à prévoir la re-décoration des salons.

Mais rapidement, on réalisa que cela faisait passer la maison du domaine sorcier à la législation moldue, en vertu du nouvel accord passé à la Fin de la Guerre pour améliorer les relations entre les deux mondes.

Or, un notaire moldu produisit brusquement du fond de ses tiroirs un testament de feu Lucius Malfoy qui indiquait sans ambiguïté que toutes ses possessions terrestres revenaient au denier des Malfoy en vie, qui se trouvait par le plus grand des hasards… son fils.

Dire que le Ministère, les aurors et Percy Weasley étaient furieux est un doux euphémisme, mais le traité était clair : tout revenait à Draco.

On chercha bien à trouver un accord, on proposa une compensation financière ; on glissa même discrètement à l'oreille de Draco que le Secrétaire de la Justice était prêt à renégocier les condamnations de certains mange-morts de ses amis contre la vente de son manoir.

Mais Draco se contenta de hausser un sourcil blond, parfait et méprisant devant toutes ces belles promesses et réaménagea immédiatement au manoir Malfoy, en remettant bien entendu toutes les protections magiques.

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Comme, entre-temps, il ne s'était toujours pas débrouillé pour que Neville soit retrouvé découpé en petits morceaux, le monde sorcier avait conclu que Draco Malfoy, non content d'être un abominable égoïste, se moquait comme d'une guigne de la mort de ses parents et de celles, plus horribles encore, de ses anciens amis d'enfance devenus Mangemorts.

Autant dire que sa réputation n'était pas sortie très reluisante de cette histoire.

Mais Draco ignora les articles furieux de la presse sorcière, dédaigna superbement les insultes publiques et ne donna pas une mornille aux œuvres du ministère pour la Reconstruction du monde magique.

Il se contenta de faire fructifier les gallions qu'il avait pu arracher au Ministère après la condamnation de ses parents, jusqu'à ce que quatre ans plus tard, la fortune des Malfoy atteigne le double de celle d'avant guerre, même si personne n'avait exactement compris quelles activités lui avaient permis de s'enrichir aussi vite – Draco restant d'une remarquable discrétion sur l'origine de sa nouvelle fortune, malgré les interrogatoires répétés du département des Impôts.

Cela lui avait permis de racheter les meubles, les tableaux et les armures enchantées qui avaient « disparus » de son château au fur et à mesure des différentes perquisitions officielles, jusqu'à ce que son foyer retrouve presque exactement son allure passée.

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Draco possédait d'innombrables biens matériels, qui faisaient tourner la tête de beaucoup de monde rien qu'à les imaginer.

Draco possédait l'amitié de Potter, aussi.

En fait, c'était la seule chose qu'il possédait et qu'il n'avait pas cherchée à obtenir.

Pour être sincère (chose qu'il n'était pas, par tradition familiale) il ne comprenait pas comment il était devenu ami avec Potter à la fin de la Guerre.

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Il savait juste qu'il avait trouvé Potter à la porte de son manoir, quelques temps après qu'il l'ait récupéré.

Il pleuvait ce jour-là, et Potter l'attendait apparemment depuis un bon moment que quelqu'un lui ouvre, étant donné que ses vêtements ressemblaient à des serpières trop utilisées et que ses cheveux étaient, pour une fois, plaqués contre son crâne par l'humidité.

Rester sous la pluie pendant aussi longtemps pour attendre un ennemi : les gryffondors étaient décidément stupides.

Etonné de le trouver là, il s'était déplacé lui-même jusqu'au seuil, et avait demandé de son habituelle voix traînante au Survivant ce qu'il faisait là, et lui recommanda de déguerpir avant qu'il n'appelle les aurors et le fasse arrêter pour empiètement sur une propriété privée.

Haary, complètement trempé – soit ce type avait oublié qu'il était un sorcier, soit il ne savait plus exécuter un sortilège repousse-pluie – avait scruté son visage en silence, et avant que Draco ne puisse faire quoi que ce soit, il se glissa à l'intérieur, entre la porte d'entré et Draco.

Complètement éberlué, Draco hésitait entre sortir Harry de chez lui à coups de poing ou à coup de doloris, mais Harry, ce salopard, lui fit ce que ce crétin de héros de gryffondor savait le mieux faire, encore mieux que le ratage de potions et l'extermination de mages noirs surpuissants.

Harry le prit par surprise.

- Je suis désolé.

Draco crut d'abord qu'il avait mal compris ; mais l'expression de Potter ne laissait aucune ambiguïté.

- Je suis désolé … pour tes parents, pour Azkaban et pour ton manoir.

Je suis désolé que personne ne sache ce que tu as fait pendant la Guerre parce que je pense que tu es bien plus un héros que moi.

Je suis désolé que tu te sentes coupable pour Dumbledore parce que ce n'est pas vraiment ta faute.

Je suis désolé que Théodore Nott soit à St Mangouste et que Blaise Zabini ne… soit dans cet état.

Je suis désolé que les autres Serpentard soient morts.

Je suis désolé que tu aies du te battre tout seul contre tout le monde depuis la fin de la guerre.

Je suis désolé que tu sois triste, et je voudrais t'aider.

Draco resta incapable de bouger, de réfléchir, de dire quoi que ce soit pendant plusieurs secondes.

Puis, la première chose qu'il eut envie de faire, ce fut…

Casser la gueule à ce crétin.

- Désolé pour moi, hein ?

Puis de hurler jusqu'à se casser la voix.

- Désolé pour MOI ?!

De hurler sur Potter, cet abruti qui essayait de le comprendre et qui osait dire que…

- …tu compatis, Potter ?

La voix de Draco charriait des icebergs de fureur contenue, qui ne demandait qu'à exploser.

Et il allait exploser, debout dans le hall d'entrée, face à Potter, autour duquel des flaques d'eau commençaient à se former.

- Oui, c'est vrai que compatir est à peu près la seule chose que tu saches faire, n'est ce pas ? Alors que sauver les gens…

Harry cilla, soudain hésitant, ce qui le fit ricaner.

- Oh ! Désolé, Potter, j'oubliais que tu n'aimais pas qu'on te rappelle certaines choses.

Draco savait très bien blesser les gens.

Si Harry n'avait pas su que Draco considérait que la meilleure défense était l'attaque, il aurait pu lui en vouloir.

D'un pas lent, mais implacable et agressif, Draco se rapprocha de Harry jusqu'à ce que leurs visages se touchent presque et attrapa le col trempé du T-shirt du Survivant, comme s'il voulait le frapper d'un instant à l'autre.

- Tu n'as sauvé personne, Saint Potter, dit-il, et l'ironie haineuse dans sa voix rappelait presque celle de Voldemort. Absolument personne.

Harry pouvait sentir le souffle chaud de Draco sur son visage, deux yeux gris qui brillaient furieusement envahirent son champ de vision, la voix traînante mais enragée se fit plus rauque.

- Ni Diggory – que tu as laissé mourir sous tes yeux. Ni Dumbledore – affaibli par ta faute, mort par ta faute. Il a souffert longtemps à cause de toi, Potter. Ni les deux belettes, ni Hagrid, ni Théodore, ni Hannah, ni…

- Ni tes parents, ni Pansy et les autres. Je sais.

- …

- Tu sais que je me sens coupable pour ça.

- …

- Et je sais que toi aussi.

Draco n'avait pas lâché le T-shirt de Harry et n'avait pas reculé, mais il le regardait maintenant avec un air perdu, comme s'il était surpris que ses paroles ne fonctionnent pas, que Harry n'ait pas déjà essayé de lui casser la tête contre un mur.

- Mais c'est pas ta faute, Draco.

- … Ferme la, Potter.

- T'as pas à te sentir coupable pour eux. Ils seraient morts de toutes façon, et tu le s...

- Je t'ai dit de la fermer.

Mais ce n'était pas le genre de Harry de se taire, surtout quand une horreur rétrospective, que Draco avait vainement tenté de refouler ces derniers mois, envahissait son regard gris orage.

- Je sais que tu as eu peur à Azk…

- Mais tu vas te taire !?

Soudain pris de fureur, le serpentard empoigna les épaules de Harry et le secoua.

- Qu'est ce que tu en sais, de Azkaban, hein ? Qu'est ce que tu en sais, de mes parents, de Théo et de Blaise ?

Une vanne s'était ouverte, et ne pourrait plus jamais être refermée.

- Et le froid, Potter ? Tu es aussi désolé pour le froid ? Et le vent, les interrogatoires, tous ces foutus cauchemars…

Le self contrôle des Malfoy était très loin du dernier des Malfoy, lorsqu'il revivait, les yeux fous, tous les jours d'après la Guerre, toujours agrippé à Harry.

- Tous les gens que j'ai tué, Potter ! Tu es sûr que tu es désolé pour moi ?!

- Oui, je suis désolé.

- …

- Ce n'était pas ta faute, Draco.

- …

- Je le sais, moi.

- Ferm…

Draco pencha doucement son visage, jusqu'à ce que son front touche l'épaule de Potter.

- Fer…

- Ce n'était pas ta faute, Draco.

- ...

- je sais que tu as fait de ton mieux, même quand c'était dur.

- ...

- C'est fini, maintenant.

Ce fut à ce moment-là que Draco se mit à pleurer.

Au début, ce ne fut rien de spectaculaire ; Harry était tellement trempé qu'il crut que Draco restait juste immobile appuyé contre son épaule trop maigre.

Il ne se rendit compte que Draco pleurait que lorsqu'un premier sanglot vint secouer le corps tout entier du Serpentard.

Le sanglot sut suivi par d'autres.

Les vannes s'étaient ouvertes, et Draco pleura dans les bras de Harry Potter, dit St Potter, son pire ennemi.

Il pleura tout ce qu'il avait perdu et qu'il ne savait même pas qu'il possédait avant de le perdre.

Il pleura la terreur des deux mois d'Azkaban, les nuits solitaires, le froid de la présence des détraqueurs qu'il lui semblait reconnaître dans le moindre coup de vent, les hallucinations et la folie douce qui jetaient les prisonniers la tête la première contre les murs.

Il pleura les souffrances d'hier, le vide du présent et l'incertitude de demain.

Il pleura ceux qui furent et qui ne sont plus.

Il pleura les illusions perdues, celles qu'il avait oubliées et celles qu'on avait détruites pour toujours.

Il pleura tout ce qui aurait pu être et qui ne sera jamais.

Il pleura la souffrance trop réprimée, les horreurs faites et subites, la culpabilité et le désespoir et la solitude.

Il pleura longtemps, debout dans le hall d'entrée, le front sur l'épaule de Potter, les poings convulsivement agrippés à son T-shirt, pendant que le Sauveur du Monde lui frottait maladroitement le dos.

Lorsqu'il releva enfin la tête, les yeux rougis, et qu'il menaça d'une voix un peu cassée le Gryffondor des pires tortures si il raconatit ... ça à qui que ce soit, et que Harry lui répondit vertement par d'autres menaces, immédiatement suivies de part et d'autre par d'aigres réflexions sur la nuisance humide que représentaient les Gryffondor pour la longévité des tapis des halls d'entrée et l'orgueil mal placé des Serpentard, ...

Et bien, à ce moment-là, aussi étonnant que cela parut à tout le monde, Harry et Draco étaient devenus amis.

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Draco possédait d'innombrables biens matériels, qui faisaient tourner la tête de beaucoup de monde rien qu'à les imaginer.

Draco possédait l'amitié de Potter, aussi.

En fait, c'était la seule chose qu'il possédait et qu'il n'avait pas cherchée à obtenir.

La plupart du temps, il s'en défendait en affirmant haut et fort que compter le Sauveur dans ses relations était un atout qu'un Malfoy ne pouvait décemment ignorer.

Le reste du temps, il était trop occupé à se disputer avec Potter et à le menacer - sans succès - des plus horribles sortilèges de mangemorts pour le faire taire pour penser à ses cauchemars.

Mais pour être sincère (chose qu'il n'était pas, par tradition familiale), c'était une des possessions à laquelle il tenait le plus.

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FIN (de l'épisode)

Voili voilou! Ma première fic Harry Potter est officiellement terminée.

Je continuerais cet arc, quelque soit le nombre de reviews envoyées : je n'aime pas le chantage à la review, je ne vous le ferais donc pas subir.

Mais si vous aimez, hésitez sourtout pas à me le dire !

(1) Souvenir de mes cours de droit, ouf ! Que c'était dur ! Pour ceux que ça intéresse, l'arrêt de la Cour de cassation française dit « enrichissement sans cause » au XIXème siècle introduit l'équité dans le droit des contrats commerciaux. En gros, M. Patureau, un agriculteur, s'était enrichi parce que M. Bourdieu, marchand d'engrais, avait déposé des engrais dans son champ avant qu'il n'en soit le propriétaire. Donc, M. Patureau s'est enrichi « aux frais de M. Boudier ». Or, comme « Nul ne doit s'enrichir aux dépens d'autrui », même dans le cadre d'un contrat de vente, l'enrichi (Patureau) a du dédommagé l'appauvri (Bourdieu).