Chapitre sept

calvaire

Disclaimer : Je ne me fais pas d'argent avec cette fic, et les persos ne sont pas à moi du tout !!!

Homophobes s'abstenir !!!

Peter était bientôt arrivé au ranch. Il sentait comme un regard peser sur lui depuis déjà une bonne centaine de kilomètres, et cela l'énervait au plus haut point. Il avait eu plusieurs fois envie de lâcher la voiture pour aller au ranch en volant, mais il n'arriverait jamais à faire le retour avec Mohinder dans les bras. Quoi que s'il le fallait, il était prêt à tout pour récupérer le généticien.

Dès qu'il avait eu le mail de Sylar, il avait fait près de la moitié du trajet en volant, puis, épuisé, s'était décidé à louer une voiture dans une ville assez éloignée.

Il avait roulé près de 310 miles, et s'approchait rapidement. Il soupira. Il devait faire très attention. Il avait craint un piège finalement, mais il pensait être assez fort pour se débarrasser de Sylar le moment venu, s'il tentait quoi que ce soit. Ou au moins être assez fort pour le tenir en respect le temps de fuir.

Tout à ses pensées, il arriva finalement dans la cour, se gara, et se rendit devant la porte d'entrée, avec une grande méfiance. Il tapa contre le lourd panneau de bois, et le brun lui répondit avec une tête de déterré.

Disons qu'il avait l'air extrêmement fatigué, et surtout, chose plus étonnante, malheureux à en crever. Peter se frotta les yeux. Il devait être mal réveillé.

Mohinder apparut derrière le tueur, et Peter sentit un intense soulagement le gagner. Il lui sauta au cou, vérifiant au passage si l'indien allait bien.

Puis après quelques mots avec Sylar, ils partirent de là.

Peter sentait l'appréhension grandir chez son camarade de route.

- N'aie pas peur, je ne serais pas venu si tout n'était pas prêt. En réalité, il va falloir attendre un peu, avec mon frère… Mais nous avons des alliés de choix. Dans peu de temps, nous serons arrivés. Nous allons chez Noah Bennett. Lui et Claire ont préparé les anciens locaux de Primatech pour te cacher en attendant.

- Je pensais qu'ils seraient partis loin de tout, pour oublier… et aussi pour se faire oublier.

- Hum, Noah n'a pas trop voulu s'éloigner. Il espère toujours remonter la piste de ses anciens collaborateurs, pour comprendre qui se cachait réellement derrière tout ça. Linderman n'aurait été qu'un pion lui aussi, finalement. Enfin, tout ça m'a l'air d'un sacré beau bordel, tu sais…

- Tu as parlé à Nathan de moi ?

Peter secoua la tête, serrant les dents.

- En fait, Nathan n'a pas voulu m'écouter. Plutôt, il a écouté cet espèce de monstre qui t'a séquestré. Cet homme a réussi je ne sais comment à s'infiltrer près de lui. Et quand j'ai voulu lui parler de toi, il m'a plus ou moins envoyé balader… C'est compliqué.

Le teint de Mohinder était devenu blême.

Peter ne sentait plus la présence autour d'eux. Il sa gara sur le bord de la route, et se tourna vers le professeur.

- Tu n'as plus rien à craindre de lui. De toute façon, ta cachette est bien assez éloignée de New-York, personne ne pourra savoir que tu y es. Moi, je te crois ! Claire et Noah aussi. Il y a peu de personnes qui te jugent coupables, tout le monde était tellement surpris… Même Matt a toujours du mal à s'en remettre. Il n'arrêtait pas de dire que ça ne pouvait pas être toi. Finalement, nous avions raison. Qui peut être assez fort pour utiliser quelqu'un de la sorte ? Et à quoi rime tout ça ?

Le professeur hocha doucement la tête, les yeux dans le vague.

- Gabriel va s'en charger. Tout ça me rend fou. J'ai vraiment besoin de me reposer. Je tiens à te remercier, en tout cas, vraiment énormément… Merci d'avoir cru en lui, aussi…

- Hum, ce n'est pas comme si j'avais eu le choix, pour lui je veux dire. Je ne lui fais absolument pas confiance, mais le fait qu'il t'ait aidé… C'est tellement surprenant !

- Il n'est pas si mauvais tu sais… Il y a eu beaucoup de circonstances qui l'ont fait devenir ce qu'il est, je ne cherche pas à l'excuser, continua-t-il rapidement en voyant la tête de Peter, seulement à essayer de comprendre tout ça.

- Pour moi, il est et restera un meurtrier avant tout. Mais comme il t'a protégé et sauvé la vie, je me pose beaucoup de questions.

Mohinder ne répondit pas, se contentant de regarder le paysage défiler. Oui, lui aussi avait l'air de s'en poser… Et pas des moindres…

Ils arrivèrent quatre jours plus tard au domicile des Bennett. Finalement, leur voyage s'était passé plus simplement que prévu, Peter ayant absorbé le nouveau pouvoir de Sylar, ils avaient ainsi pu se camoufler, mais en roulant uniquement de nuit. Il ne voulait faire courir aucun risque à Mohinder. Claire les accueillit avec enthousiasme. La jeune fille et son père les conduisirent sans tarder dans les anciens locaux à l'abandon.

- Ici, plus de danger qu'un d'eux repointe son nez. Ils ne doivent en aucun cas rester liés à d'anciens lieux qui aient pu accueillir leurs équipes. Ça au moins, j'en suis persuadé.

- Noah, je ne sais pas comment faire avec Nathan. Il est buté, enfin… Toutes les circonstances ne se prêtent pas non plus à ce qu'il m'écoute, pour l'instant, mais franchement… murmura Peter d'une voix désappointée.

L'homme se tourna vers lui, posant ses mains sur ses épaules.

- Peter, c'est ton frère. Toi seul le connais assez pour réussir à l'amadouer.

Peter entraîna Noah avec lui, laissant Claire et Mohinder à part.

- Tu sais, ce type dont je t'ai parlé, qui l'a approché, il me fait vraiment peur. Une peur viscérale. Il faut absolument savoir qui il est. Il a réussi à amadouer mon frère je ne sais pas comment.

- J'ai fait des recherches déjà, et il en est ressorti des choses assez bizarres. Ce type est apparemment très très riche. Assez pour être à la tête de son propre pays, et encore, je n'ai eu accès qu'à ce qu'il y a en surface. Pour le reste… Quant à lui, plus particulièrement, il serait l'héritier d'une immense fortune. Il descend d'une famille qui s'est toujours fait extrêmement discrète apparemment. Son père est décédé dans les années quatre-vingt, sa mère à sa naissance. C'est tout ce que j'ai pu avoir pour infos pour l'instant. Matt m'aide à distance. Il a réussi son concours d'inspecteur. Et a pu se réinfiltrer au F.B.I. Grâce à lui, nous en apprendrons plus. Même si nous devons patienter longtemps.

- Longtemps ? Peter soupira, je vais faire tout mon possible, avec mon frère. Mais…

- Que s'est-il passé exactement ? Tu as été si évasif à ce sujet, lui demanda Bennett.

Peter haussa les épaules.

- On s'est… un peu disputé. J'étais hors de moi quand j'ai vu ce type, alors, je n'ai pas réussi à garder mon sang-froid après. Et ma mère s'en est mêlée. Elle a la main mise sur lui, et je me suis plus éloigné d'elle en quelques mois que je l'aurais cru possible un jour.

Surtout en quelques instants, pensa amèrement le jeune homme.

Noah le fixa un moment sans rien dire, puis il se tourna vers Claire et Mohinder.

- Je vais passer un coup de fil, je n'en ai pas pour longtemps, attendez moi ici, ne sortez de là sous aucun prétexte.

Il s'éloigna des locaux où ils se trouvaient, et Claire s'approcha de Peter.

- Alors… Papa m'a expliqué un peu la situation. Tu vas pouvoir faire quelque chose, n'est-ce pas ? Va voir Nathan quand tu es certain que ce type ne sera pas dans les parages.

Peter attendit que Noah se fût bien éloigné, puis se pencha vers la jeune fille.

- Le problème, c'est que je ne suis plus sûr à présent de savoir exactement quand il sera seul.

- Vole chez lui la nuit s'il le faut, de toute façon Heidi est presque toujours chez ses parents, non ?

Peter ne réussit pas à cacher l'agacement qui montait en lui.

- Justement… Ce type, et lui… ils… ils…

- Ils quoi ? demanda Mohinder, les sourcils froncés.

- Ils sont amants… Conclut Claire à sa place.

Peter hocha misérablement la tête. Il serra les poings, luttant pour ne pas s'énerver.

- Oh Peter, continua la jeune fille d'un ton accablé, c'est bien le pire qui pouvait arriver. Il faut faire quelque chose, et toi tu dois être si…

- C'est bon, la coupa vivement le jeune homme, ce n'est rien. Je… je t'expliquerais plus tard, mais j'ai eu un contretemps malheureux. Même pire que ça. Enfin bref, je ne vais pas baisser les bras, j'arriverais à l'atteindre à un moment ou un autre, je suis têtu, plus que lui.

Le généticien se mit à faire les cent pas, les bras serrés contre son torse.

- Ce monstre… Il faut à tout prix vérifier, il doit avoir un lien avec la Compagnie, s'il s'est approché de ton frère de la sorte, ce n'est pas pour rien. Comme Linderman, il s'emploie à tout faire pour qu'il gagne les présidentielles, il y a un lien, c'est obligatoire. Il faut que Matt en découvre le plus possible sur lui. Peter, tu dois faire très attention, il est extrêmement dangereux.

- Tu oublies que je suis très fort. Si je le voulais, je pourrais l'écraser d'une simple pensée.

Mohinder se précipité sur lui, attrapant sa main.

- Surtout pas ! On ne sait pas qui il est, s'il a des pouvoirs ou non. Et s'il en a, que peuvent-ils être ? Pour l'instant, il vaut mieux attendre. Ne pas gâcher le travail de Gabriel.

Claire s'interposa entre eux :

- Gabriel ? C'est quoi cette histoire, de qui parlez-vous ?

Peter plongea un regard qui se voulait rassurant dans le sien.

- C'est celui qui a sauvé Mohinder. Noah ne t'a rien dit pour ne pas te faire peur. Il l'a enlevé de là-bas, soigné, protégé tout ce temps. Et maintenant… Même s'il ne nous a rien dit, nous supposons qu'il est allé de lui-même dans la gueule du loup pour essayer de soutirer le plus de renseignements possible. Et essayer de l'arrêter, accessoirement. Cet homme s'intéressait beaucoup à lui, d'après ce que m'a dit Mohinder.

- Vous ne parlez quand même pas de… de Sylar ?

Elle fixa Peter, ébahie, puis se tourna vers Mohinder :

- Il a voulu me tuer, tuer mon oncle ! C'est un meurtrier, comment est-ce possible ? Je n'arrive pas à y croire ! Il vous a berné, pour mieux nous tirer dans les pattes après !

- Non, la coupa fermement l'indien, j'ai confiance en lui. Même s'il a commis des péchés inavouables, je suis resté près de lui assez longtemps pour savoir qu'il n'a rien orchestré. Je te promets que nous n'avons rien à craindre de lui Claire.

La cheerleader s'éloigna de quelques pas, semblant peser le pour et le contre.

- J'ai confiance en toi, Mohinder, mais là…

- Je pensais comme toi Claire. C'est lui qui m'a contacté le premier, pour me dire qu'il avait Mohinder auprès de lui. Il a tout fait pour que je puisse aller le chercher sans encombres. Il… Il a l'air de tenir à toi, vraiment, finit-il en se tournant vers le généticien.

Celui baissa légèrement la tête, et ne répondit pas.

Des bruits de pas se firent entendre. Noah tendit un sac à Claire.

- Prends ça ma chérie, tu as failli l'oublier. Mohinder, ma fille reste avec toi cette nuit, au cas où. J'ai eu Matt, demain il ira consulter l'arbre généalogique de la ville d'origine de Kane Taylor. Il ne devrait pas trop avoir de difficulté, avec son nouveau statut. Je repasserais dans la soirée.

- Merci pour tout, Noah, murmura Mohinder.

- De rien, c'est normal. Tu es innocent. On va trouver qui tire les ficelles, c'est certain. Je veux ma vengeance, moi aussi. Et surtout, je veux que ma fille puisse avoir une vie libre et paisible. Nous ferons tout ce qui est nécessaire.

Peter suivit Noah jusqu'à la voiture, après avoir embrassé sa nièce, et serré une dernière fois le généticien dans ses bras.

- Je vais essayer d'aller voir Nathan, ce soir. Je ne te promets rien, mais j'aurais peut-être la chance de le coincer seul.

- Merci Peter. Tous ensemble, nous formons une bonne équipe, non ?

Il sourit au père de Claire, acquiesçant doucement. Oui, ils formaient une bonne équipe. Vraiment.

Il arriva tard dans la soirée à la demeure familiale. Il voleta furtivement autour, invisible, afin de s'assurer que Nathan était bel et bien seul. Pas de mère, ni femme, ni enfants. Et surtout pas cet homme qu'il avait envie de réduire en cendres. Bien, parfait.

Ne restait plus qu'à faire entendre raison à son frère. Et cela serait certainement très très très long.

Il se glissa à travers les murs de la maison, monta doucement les escaliers. De la lumière filtrait sous la porte de la chambre de son frère. Il s'avança sans un bruit. La porte était légèrement entrouverte. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur. Nathan était allongé sur son lit, et lisait un bouquin.

Peter ouvrit la porte plus grand, faisant sursauter son frère.

- Peter ! Ne me fais plus jamais une peur pareille ! Tu es fou ? Dit-il en se levant d'un bond.

- Je dois te parler, maintenant !

L'aîné soupira, hochant négativement la tête.

- écoute, si c'est pour parler de ce qui s'est passé la dernière fois, tu…

- Non, je viens te parler de Mohinder. Mohinder innocent, qui est obligé de jouer au fugitif parce que Monsieur a peur pour son image de marque !

- Tu peux rentrer chez toi, répondit Nathan, le regard dur.

Peter se sentait à bout de patience.

- Que dois-je faire ? Pour que tu veuilles de nouveau m'écouter ? Pour que tu crois de nouveau en moi ?

- Pars, c'est mieux pour nous deux, répéta son frère d'une voix froide.

- Que t'a fait ce type ? Il a le pouvoir de contrôler les esprits, c'est ça ? Tu n'es pas toi-même ! C'est bien toi, non, qui est venu à moi le jour de l'explosion ? Pour sauver le monde ? Où est mon frère ? Rends-le moi !

- Tu divagues ! Kane n'a pas de pouvoir, il espère juste m'aider ! Il était là, quand tu as disparu, j'étais devenu fou et il m'a aidé à m'en sortir ! Comme il m'aide à me sortir de… de ce que j'éprouve pour toi ! Alors je t'en prie, cesse avec tes conspirations ! Linderman n'est plus là. Lui n'a pas d'arrières pensées. Je crois en lui !

Peter sentait les larmes lui monter aux yeux. Il était complètement aveuglé, il ne laisserait pas ce monstre lui voler son frère. Certainement pas.

- Tu crois en lui… Plus qu'en moi c'est ça ? Balbutia-t-il avec difficulté.

Nathan se mordit les lèvres.

- Ne dis pas ça. Je ne sais plus où j'en suis en ce moment. Il est mon point d'attache. Pars maintenant, s'il te plaît. Tu ne dois plus venir ici.

- Jamais, tu m'entends ? Jamais je ne te laisserais à ce type !

Il s'avança vers son grand frère, une étincelle au fond des yeux. Ce dernier fit quelques pas en arrière.

- Peter !

Il n'eut pas le temps d'en dire plus. D'une poussée, le jeune homme l'avait plaqué au sol. Il s'installa à califourchon sur lui, l'empêchant de bouger d'un millimètre. Il le bloquait complètement.

- Tu vas innocenter Mohinder, et laisser tomber ce cinglé, c'est compris ?

- Arrête…

Son regard reflétait de la peur mais surtout de l'incompréhension. Peter était à bout. Il avait envie de le gifler jusqu'à ce que Kane lui sorte enfin de la tête. Il devait se calmer. Il prit une profonde inspiration, puis plongea à nouveau son regard dans les yeux bruns.

- Pourquoi tout ne peut-il pas être plus simple ? Dis-moi… Dis-moi jusqu'où je dois aller pour que tu me redonnes entièrement ta confiance ? Dis-le moi !

Il laissa son pouvoir le regagner progressivement, libérant son frère de son carcan. Il était épuisé nerveusement. Nathan se redressa, ne le lâchant pas une seconde du regard. Il le repoussa doucement, et le jeune homme s'effondra près du lit, le visage dans les mains. Devrait-il se dresser contre celui qu'il aimait plus que tout ? C'était impossible…

Des bras se refermèrent autour de lui, et il releva un visage tremblant vers son aîné. Ce dernier semblait en proie à de violentes contradictions. Il s'approcha de lui et l'embrassa avec douceur sur la joue.

- J'ai confiance en toi, Peter, murmura-t-il contre son oreille, tu es tout ce que j'ai de plus précieux dans ce monde. Tu l'as toujours été. Maman avait raison de vouloir m'éloigner de toi. Elle avait dû sentir ce vice qui courait dans mes veines depuis toujours. C'est pour cela que nous sommes allés dans des écoles différentes, que je suis toujours resté en internat, loin de vous. Elle le sentait. Ce n'est pas normal qu'un garçon s'occupe exclusivement de son petit frère à tout bout de champ. Tu me suivais tout le temps partout. Si j'avais mal quelque part, ou même juste pour un chagrin, tu venais immédiatement me voir, et tu restais à mes côtés jusqu'à ce que j'aille mieux, en silence. Tu m'as toujours apaisé. Je ne te voulais que pour moi seul. Ils nous ont séparé à cause de ça. Papa ne me l'a jamais dit, mais, confusément, je sentais que je ne réagissais sans doute pas de façon normale. Les frères se battent entre eux, le plus souvent, non ? Et nous, nous ne pouvions passer quelques minutes éloignés l'un de l'autre… Je ne vivais que pour les vacances qui me permettaient de te retrouver enfin. Tu dois me trouver abominable…

Peter n'essaya plus de contenir les larmes qui roulaient sur ses joues. Il enfouit son visage contre le torse de son frère, passant ses bras autour de son cou.

- Alors, moi aussi je le suis. Merde, je n'ai toujours vu que toi, toi et toi… Je croyais qu'avec Simone, j'aurais pu devenir… normal… Elle était si gentille avec moi. Mais rien à faire. Je n'aime que toi, je ne veux pas qu'on soit séparés… Je t'en supplie, je ne supporterais plus d'être éloigné de toi. Je t'aime tellement, Nathan… Je suis déchiré entre ce que je dois faire pour sauver Mohinder, et ce que je dois faire pour te garder auprès de moi…

Le souffle du soupir que poussa son frère lui chatouilla agréablement la nuque.

- Je le ferais. Je ne sais pas encore comment, mais je trouverais un moyen pour… pour Mohinder. Peut-être pas tout de suite, mais j'essaierai.

Peter leva la tête, essayant de chercher une étincelle de mensonge dans le regard de son frère. Il n'y avait rien de semblable. Il eut un sourire triste.

- Je suppose que tu veux attendre les présidentielles… ?

- Il reste à peine quatre mois Peter. Cache-le pendant ce temps, ensuite, tout sera plus facile.

- Tu crois ça ? Enfin, s'il suffit d'attendre jusque là, nous attendrons, contre ta promesse de tout arranger.

Nathan posa ses lèvres sur son front, baiser aussi léger qu'une plume…

- Je te le promets…

Peter redressa vivement la tête, capturant ses lèvres des siennes, une lueur de défi dans les yeux. Nathan se recula, surpris.

- Peter… C'est…

- Je t'aime plus que tout. Toi aussi. Alors ? Il n'y a pas de problème…

Le visage de son frère prit une expression étrange, à mi-chemin entre la joie et la douleur. Il se raccrocha à lui.

- Nathan…

- Je… c'est interdit… Nous serons des pécheurs pour l'éternité, tu sais ? Et puis, je…

Le jeune homme rapprocha doucement son visage du plus vieux, posant une main apaisante sur sa joue.

- C'est bien le dernier de mes soucis. Je veux être heureux dans cette vie, avec toi…

Nathan se pencha vers lui, prit possession de ses lèvres, tout en le serrant contre lui si fort qu'il aurait pu le briser. Ils basculèrent sur le sol, se murmurant des mots d'amour fiévreux, partagés entre des sentiments de culpabilité et d'amour si intense qu'il aurait pu en être palpable.

Peter sentait les mains de son frère se glisser doucement, presque avec timidité sous son tee-shirt, tâtonnant à la recherche de sa peau. Il l'enleva rapidement, relâchant les lèvres fines pour les reprendre aussitôt, se serrant contre lui si fort…

- Je ne te laisserai pas… ne t'inquiète pas… murmura-t-il tout contre son oreille.

Peter frissonna. Il se redressa et plongea son regard dans celui de Nathan, le fixant longuement, alors qu'il continuait à le caresser avec une douceur infinie.

- Je t'aime, Nathan…

Le plus vieux lui sourit, le basculant complètement sur le sol. Sa langue se perdit le long de son cou, descendant le long de son torse, tandis que ses mains allaient et venaient, de plus en plus fébrilement, impatientes. Il déboutonna son jean d'une traite, le lui arrachant presque des jambes, et perdit sa main entre ses cuisses, en l'embrassant à nouveau à pleine bouche. Peter eut un gémissement qui se perdit entre les lèvres de son frère.

Son caleçon suivit le pantalon, jeté sans ménagement sur le côté. Nathan quitta à nouveau sa bouche, descendit entre ses jambes, le prenant violemment en bouche. Peter sursauta, puis se cabra, agrippant les épaules de son frère en gémissant. Le plaisir que ressentait le jeune homme était incomparable à tout ce qu'il avait pu expérimenter auparavant. Il ignorait pouvoir ressentir autant de choses en même temps. C'était la première fois que son corps et son cœur s'accordaient à ce point. Il gémit le nom de son frère, lorsqu'il se redressa pour l'embrasser, le faisant pivoter dos à lui, pour le prendre tendrement, très doucement. Nathan savait combiner la douceur et la passion à la perfection.

Ils se libérèrent presque en même temps. Peter se tourna vers son frère, se blottissant au creux de ses bras. Nathan embrassa longuement son front, ses paupières, ses joues, le creux de son cou. Il posa une main sur sa joue, le caressant des doigts.

- Maintenant, on ne peut plus faire marche arrière. Tu… tu ne regrettes pas, s'inquiéta-t-il.

Peter rit tout bas, et posa un baiser aérien sur le nez de son grand frère.

- Idiot… tout ce que je veux, c'est toi. Uniquement toi. Depuis toujours… répondit-il.

L'éclair de joie qui passa dans les yeux de Nathan lui réchauffa le cœur. Il attendait depuis si longtemps un tel regard… Il en avait presque oublié ses sourires, depuis qu'il avait tout fait pour l'éloigner de lui. Peter se redressa, attrapa ses vêtements. Il s'habilla rapidement. Une peur insidieuse remuait à nouveau son cœur.

- Maintenant, c'est toi et moi, c'est tout… N'est-ce pas ? demanda-t-il en se tournant vers Nathan.

Un pli soucieux barra le front de ce dernier. Peter sentit son cœur se serrer.

- ça risque d'être compliqué un petit moment, tu sais, je… je ne peux pas… enfin…

Peter se releva, gardant ses yeux rivés sur son frère. Une sensation de froid intense l'avait envahi.

- J'aurais du m'en douter… Tu as toujours voulu le beurre et l'argent du beurre. Il n'est pas question de business ici, Nathan, c'est de moi que je te parle, lui lança-t-il plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.

- Peter… soupira le plus vieux, ce type n'est pas de ceux qu'on jette comme un mouchoir sale. Je ne peux pas lui téléphoner et lui dire « merci bien au revoir », il investit énormément pour ma campagne. Je te jure que tout sera plus clair après.

Il s'était levé, face à au plus jeune, qui le toisait avec rage.

- Tu te moques de moi, Nathan ! Tu te rends compte à quel point tu es horrible ? Tu… Tu…

Nathan l'attira à lui, voulant le garder dans ses bras, mais Peter s'éloigna de lui d'une secousse. Il fit marche arrière, se rapprochant de la fenêtre.

- Tu me dégoûtes, murmura-t-il du bout des lèvres, fixant le visage de son frère aîné qui se décomposait au fur et à mesure.

Il s'envola par la fenêtre sans lui laisser le temps de répondre. Il vola longtemps cette nuit-là, faisant fi du froid glacial qui le transperçait de part et d'autre. Il en voulait terriblement à Nathan, même s'il savait qu'ila urait du diriger toute sa haine sur Kane. Il dut se faire violence pour ne pas se rendre au domicile de cet enfoiré et le découper en mille morceaux.

Il finit par se décider à rejoindre la maison de Noah. Il arriva là-bas en fin de matinée, transi de froid, les yeux rougis et gonflés d'avoir pleuré. Il devait avoir une bien triste mine, lorsqu'il sonna à la porte, au vu de la tête que fit Sandra en le faisant rentrer. Elle lui ordonna de s'installer devant la cheminée, et revint avec un plaid dont elle l'enveloppa.

- Que s'est-il passé pour que tu arrives ici dans un tel état ? Noah et Claire ne vont pas tarder. Tu devrais aller prendre un bain. Je vais te prêter des vêtements de mon mari, tu es resté toute la nuit dehors ? Tu es trempé et gelé ! Peter, ce n'est pas le moment de faire des folies, tu sais !

- Je suis désolé, murmura-t-il en baissant la tête.

Elle soupira et il l'entendit monter et faire couler de l'eau dans la baignoire. Elle redescendit au bout de quelques minutes.

- Vas-y, Peter. Ça te fera du bien, j'ai déposé les vêtements sur le meuble, tu verras. Pose ceux-là sur le panier à linge, je vais te les laver.

- Merci Sandra.

Elle le fixa sans rien dire, puis passa une main compatissante dans ses cheveux, comme elle l'aurait fait à un enfant.

- Tu es si jeune, toi aussi… Et tout ce poids sur tes épaules… Allons, ne t'en fais pas, tout ira bien, d'accord… ?

Peter sentit monter une envie irrépressible de pleurer. Il hocha la tête et se précipita dans la salle de bain. Il y resta un moment, repensant à ce qui s'était passé… il ne pouvait se confier qu'à Claire là-dessus… Mais comment pourrait-il expliquer sa dispute à Noah ? Il ne faisait que tout épurer à chaque fois… C'était compliqué. Et il avait pourtant bien assez de complications dans sa vie.

Il sortit de la baignoire, s'habilla et descendit les escaliers. De longs cheveux blonds apparurent dans son champ de vision.

- Peter !

Une inquiétude visible se lisait sur ses traits. Noah arriva derrière elle, son portable à la main.

- Tu as vu Nathan ?

Il hocha la tête doucement.

- Il s'occupera de Mohinder après les élections…

Le visage de Noah se durcit.

- Bon sang, cet homme est vraiment un sacré…

- Papa, s'il te plaît ! Le coupa Claire.

Elle monta les escaliers, s'approchant de Peter. Elle se tourna vers son père.

- Il faut que je parle à Peter, d'accord, on redescend après.

Noah acquiesça et rejoignit sa femme dans le salon. Claire attrapa sa main et l'entraîna dans sa chambre.

- Que s'est-il passé ? Tu as une tête de déterré…

Peter se laissa choir sur le lit, les lèvres serrées. Il poussa un gros soupir, puis regarda sa nièce.

- Au moment où je croyais que tout irait pour le mieux, il a fallu que Nathan gâche tout encore une fois à cause de cet homme… il ne le quittera qu'après les élections aussi, apparemment.

Claire semblait furieuse.

- Mohinder m'a raconté beaucoup de choses, à propos de ce qui lui est arrivé là-bas. Ce type est pire que tout. Il faut à tout prix l'arrêter. Et si Nathan se met en travers de notre chemin, je serais prête à… à…

- Ne dis pas de bêtises. On ne doit pas se tromper d'ennemis non plus. Nathan est ce qu'il est. Il fait toujours souffrir les autres pour son profit, sans même s'en rendre compte. Et notre mère tient les rênes.

- Comment peux-tu l'excuser sans relâche ? Peter… je…

Elle se tut, scrutant son visage, puis s'installa à ses côtés, prenant ses mains dans les siennes. Elle sembla se calmer peu à peu.

- Je suis désolée, je sais à quel point tu l'aimes, et combien ça doit être dur…

- Je me sens complètement déboussolé. Mais il n'est pas mauvais, je n'arrive pas à lui en vouloir, même si tout ça me fait énormément de mal. Dans tous les cas, conclut-il, protégeons Mohinder de notre mieux avant ces fichues élections.

Claire posa sa tête sur son épaule, lui caressant doucement la main.

- On se débrouillera…

Des coups à la porte les firent sursauter. Claire ouvrit la porte laissant entrer son père.

- Matt arrive ce soir, par avion. Il a trouvé plus qu'il n'aurait osé espérer sur ce type. C'est incroyable. Des photos, des articles… Il n'a pas mis longtemps à trouver, il a photocopié tout ce qu'il a pu, et est encore aux archives de l'hôtel de ville. Il prend un vol à 19h30, j'irais le chercher à la gare de Huston. Il m'a dit que ce gars avait bien un pouvoir. Il n'a pas osé en dire plus par téléphone. Ce soir, on sera fixé… Tous les deux, vous n'aurez qu'à rejoindre Mohinder le temps que j'aille chercher Matt. On se retrouvera là-bas, ok ?

- Nathan est en danger… il faut que je le sauve !

- Calme-toi, lui dit Noah, ce gars ne lui fera rien, du moins pour l'instant. Attendons ce soir, ensuite, nous aviserons.

Le père de Claire avait raison, mais Peter ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir de ne pas être auprès de son frère. Il avait tellement peur pour lui. Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours aussi stupide ?

Le jeune homme devait prendre sur lui. Ne penser qu'à Nathan allait être un gros frein, il devait faire un choix. Le plus important pour l'instant était Mohinder. Il devait absolument en faire sa priorité. Puis ensuite venait ce monstre. Qu'il se ferait une joie de mettre en pièces…

Une joie immense…

A suivre………………………………………