Une éternité avec toi …

Auteur: junon2/ennostiel/cagallifangirl

Paring Asuran Zala et Cagalli Yulla Attha

Genre: romance/drame

Rating: T

Disclaimer : Tous les personnages et les lieux appartiennent au créateur de Gundam Seed (Fukudama) ou à la firme qui produit l'animé, Sunrise je pense, sauf l'intrigue qui elle est à moi.

Résumé: un père célibataire et une jeune femme marquée par son passé vont se rencontrer, apprendre à se connaître … peut-on construire une relation quand on a appris à douter de l'autre ? En tout cas, ils vont essayer de se reconstruire et de se faire confiance…

Avertissement : aucun sauf si pour vous la stérilité est un problème

Note de l'auteur : 2 choses :

Cagalli : 23 ans, divorcée, est abandonnée par sa famille suite à son divorce. Elle essaie de survivre tant bien que mal et de se reconstruire une image positive. Elle travaille comme serveuse dans un petit bar. Elle a un très lourd passé de femme battue et abusée, sa confiance en la gent masculine est nulle sauf une exception. Elle souffre d'une petite maladie.

Asuran : 28 ans, père célibataire d'une petite fille, Sakura, qui a 4 ans. Il a vécu une relation intense avec une jeune femme qui l'a quitté et a abandonné leur enfant à sa naissance. Il est très épaulé par son entourage mais ne fait plus trop confiance aux femmes.

POV changeants : POV Asuran et POV Cagalli

Bonne lecture

Merci à Tidoo pour la correction et un merci spéciale à Mi-chan pour son aide

Fic dédiée à Tidoo pour sa patiente et ses nombreuses corrections


Chapitre 1 : Parce que nos regards se sont croisés…

POV Asuran

« Je cours dans la ruelle et m'arrête essoufflé dans la rue commerçante. Je cherche du regard la tête blonde mais je n'arrive pas à la retrouver. Mais où a-t-elle bien pu passer ? Mon inquiétude est inexplicable … après tout je ne la connais pas. Je ne l'avais jamais vue avant aujourd'hui. Je recommence à marcher continuant à balader mon regard sur les gens qui m'entourent. Elle a du être freinée elle aussi en arrivant ici, donc elle n'est pas loin de moi. J'avance lentement pour ne pas la dépasser par accident. Elle est en état de choc et donc incapable de réagir normalement… enfin je crois … J'inspire et ferme les yeux quelques secondes.

Comment me suis-je retrouvé dans ce quartier paumé ? Ce fut ma première question quand j'ai remarqué que mes pas m'avaient emmené dans un quartier délabré et plutôt sombre. J'étais perdu dans mes pensées et me promenais sans vraiment réfléchir ni regarder où j'allais. Je me suis arrêté et j'ai observé les alentours en essayant de me repérer. Je venais de trouver quel chemin prendre pour rejoindre le quartier animé et retrouver mon chauffeur James, quand un cri aigu a attiré mon attention. J'aurais du par prudence ne pas en tenir compte, mais ça a été plus fort que moi, il a fallu que je sache. J'ai donc fait demi-tour et me suis dirigé vers la source du cri.

Le spectacle qui s'est offert à mes yeux m'a pétrifié pendant quelques instants. Juste le temps que la colère monte en moi et me pousse à intervenir. Les deux hommes qui maintenaient la jeune femme au sol n'ont pas tout de suite fait attention à moi, trop occupé à batailler avec leur victime qui se débattait. Un des deux la maintenait au sol pendant que l'autre essayer de la déshabiller, je crois. J'ai attrapé celui qui était au dessus d'elle et l'ai attiré vers l'arrière libérant les jambes de la fille. Elle était plus ou moins couverte de coups et une partie de ses habits étaient déchirés, en réalité son chemisier était en piteux état et son pantalon était ouvert. J'ai claqué mon intrus contre le mur et je l'ai fixé droit dans les yeux. Il avait l'air surpris. Je n'ai pas attendu pour lui coller mon poing dans la figure. Il s'est laissé tomber par terre à moitié sonné suite au choc contre le mur. Je me suis retourné en rage vers l'autre qui s'est relevé et a lâché sa victime. Il a reculé un peu, apeuré par ma réaction. Je me suis dirigé vers lui alors que la fille, visiblement choquée et dans un état second se rhabillait tant bien que mal. Sans vraiment prévenir elle s'est relevée et enfuie. Je suis resté quelques secondes sans bouger avant de décider de la poursuivre. Voilà comment je me suis retrouvé dans cette rue à chercher une inconnue … Bizarrement je me suis inquiété pour elle. J'ai peur de ce qu'elle pourrait faire…

Je repère sa chevelure à quelques mètres de moi et me dirige vers elle. Elle affiche toujours son air absent. Mais son comportement n'est pas logique. Je sens le danger qui la menace. Elle est au bord de la route et semble sur le point de traverser la rue sans faire attention à la circulation. J'accélère un peu le rythme et j'attrape son bras juste à temps pour l'attirer en arrière ! Elle venait de s'élancer sans prendre attention aux voitures pour traverser la route.

Je me retrouve à genoux sur le trottoir, la jeune femme serrée contre moi, avec les passants nous évitant. Elle tremble de peur et de froid, je crois. Instinctivement et encore sous le choc de son agression, elle se débat enfin et cherche à se détacher de moi, attirant quelques regards vers nous. Je la force à se calmer et à me regarder. Mes yeux entrent en contact avec un regard ambre troublé et apeuré. Elle se calme un peu et des larmes coulent de ses magnifiques yeux dorés. Instinctivement elle vient se blottir contre moi et s'accroche à moi. Je reste sous le choc de son magnifique regard. Je finis par l'enserrer de manière protectrice contre moi et j'essaie de calmer ses pleurs. »


POV Cagalli

« Je tremble de froid et de peur. J'essaie de rassembler mes pensées et de reprendre le dessus. Qu'est-ce qui vient de m'arriver ? Comment ai-je pu me faire avoir à ce point-là ? J'inspire lentement et je récupère peu à peu mon souffle. Je sens une main caresser mon dos de manière apaisante. Je suis dans les bras de quelqu'un … Son odeur, sa stature, ses gestes… un homme !?! Je me redresse brusquement et recule de quelques pas, le regard effrayé rivé sur l'inconnu. Il affiche un regard surpris et se relève à son tour lentement. Il reste devant moi à me regarder dans les yeux. Qui est-il ? Pourquoi s'occupe-t-il de moi ? Je ne le connais pas. Je me sens perdue, brisée et vide. Les images de mon … agression me reviennent constamment en tête malgré mes efforts pour les chasser. Et lui, était-t-il avec eux ou pas ?

Mes yeux parcourent la rue commerçante de ce quartier plus ou moins chic. Il y a beaucoup de monde, mais personne ne fait attention à nous. Je me rends compte que mon manteau est ouvert et que mon soutient gorge est visible. Embarrassée et effrayée de ce qu'il peut imaginer, je referme les pans de mon manteau rapidement. Quand je relève la tête, j'aperçois mes deux agresseurs au coin de la rue. Ils sont accompagnés de trois autres hommes et ils discutent. Ils finissent par me remarquer et se dirigent vers moi. Je recule de quelques pas complètement paniquée, je cherche du regard une issue mais je n'en vois aucune. Les larmes recommencent à couler le long de mes joues.

L'homme en face de moi me dévisage avant de lancer un regard par dessus son épaule. Il remarque aussi le groupe qui vient vers nous. Soudainement, je me rappelle que celui qui est en face de moi m'a aidée et non agressée. Il ramène son regard sur moi et semble m'observer. Je vois les autres approcher dangereusement et la panique me fait trembler. Je reste tétanisée sur place face au danger, incapable de réagir, de me défendre.

« Viens avec moi » déclare l'inconnu en me saisissant la main et m'attirant à l'opposé du groupe. Il me tient assez fort sans pour autant me faire mal et me tire à sa suite. Je me retourne et constate que le groupe nous suit toujours. Où m'emmène-t-il ? Que désire-t-il ? Mais je préfère être avec lui que de retomber aux mains des autres … Il sort son téléphone portable de sa poche et compose un numéro, attirant mon attention sur lui.

« James, venez me chercher près du restaurant chinois. » déclare-t-il avant de raccrocher et de ralentir le pas. Il s'arrête devant un restaurant chinois assez imposant. Un coup d'œil suffit pour savoir que n'importe qui n'y entre pas.

« Je … je … merci … » je murmure, attirant son regard sur moi. Il me sourit et resserre un peu son étreinte sur ma main. Je le vois jeter un regard au dessus de ma tête. Je me retourne et aperçois le groupe qui se rapproche dangereusement de nous.

« Monsieur à passer d'une bonne soirée ? » la voix masculine me fait sursauter et me retourner vers son propriétaire. Un homme en costume noir qui ouvre la portière d'une voiture de luxe noire.

« Oui, merci » ment-il avec une facilité étonnante. Il me tire par la main vers la voiture et je résiste un peu, paniquée. Il se retourne vers moi et me fixe droit dans les yeux avec un regard gentil et rassurant.

« N'ai pas peur tout ira bien … » me murmure-t-il en me poussant vers l'auto. J'inspire un peu avant de m'asseoir. Il fait le tour et s'assied à mes côtés. Il y a deux hommes à l'avant et nous sommes séparés d'eux par une vitre pour l'instant abaissée.

« On rentre James. » déclare-t-il d'une voix neutre alors que le chauffeur acquiesce et remonte la vitre. Je tourne mon regard vers l'extérieur et observe les rues qui défilent. Et maintenant ? »


POV Asuran

« J'observe la jeune femme assise à côté de moi. Elle a la tête tournée vers la vitre et admire le paysage. J'entrouvre la bouche mais aucun son ne sort. Au fond j'ignore quoi lui dire. Que pourrais-je dire à une jeune femme inconnue qui vient de se faire agressée ? Par respect de notre intimité, James a relevé la vitre. Lui et John ne peuvent donc nous voir ni nous entendre. Je reporte mon regard dehors. Maintenant il faut que je trouve comment expliquer à ma Petite Princesse la situation sans la choquer. La situation devient compliquée … mais je ne pouvais pas l'abandonner à ces brutes comme ça !

Je tourne la tête vers elle quand je me rends compte qu'elle pleure. Ses sanglots sont déchirants et me font mal. Elle a ramené ses mains pour cacher sa figure, le corps penché en avant. J'hésite, comment pourrais-je l'aider ? La consoler ? Si je la touche, je sais qu'elle va paniquée et se débattre sauf si … je m'y prends bien et lentement. J'inspire lentement avant de me rapprocher un peu d'elle.

« Tout va bien maintenant, tu n'as plus rien à craindre… » Je murmure doucement et d'une voix rassurante.

Elle tourne ses beaux yeux troublés vers moi. Elle continue à pleurer et par réflexe je me rapproche et essaie de l'enserrer dans mes bras pour la réconforter comme je le fais pour Sakura. Sa réaction est immédiate et violente. Elle se recule le regard vide et apeuré et cogne contre la paroi. Je comprends instantanément mon erreur et je recule lentement à l'opposé d'elle.

« Excuse moi je ne voulais pas t'effrayer.. » je murmure gardant mon regard rivé au sien. J'espère qu'elle peut lire ma sincérité dans mon regard. Elle se détend un peu.

« Tu n'as pas à avoir peur de moi … au fait, où habites-tu? » je détourne la conversation et essaie de revenir vers un terrain neutre.

Malheureusement seul le silence me répond. Elle se rassit correctement et retourne son regard vers la vitre. Elle semble m'ignorer volontairement et ne pas vouloir entamer une conversation même par pure politesse. Si elle ne m'avait pas remercié tantôt, je la croirais muette. Je la vois jouer avec son sac distraitement. Elle semble nerveuse et je peux le concevoir : se faire agresser et se retrouver seul avec un homme ne doit pas être évident pour elle. Je l'observe du coin de l'œil. Elle est belle malgré sa blancheur et sa maigreur. Une jolie jeune femme avec des cheveux blonds mi long tombant de manière fluide et libre sur ses épaules et des yeux ambre magnifiques. Mais elle est fort mince et ses traits ainsi que ses yeux expriment le vide et la souffrance. Elle a l'apparence d'un être qui souffre, de quelqu'un de briser…

« Je m'appelle Asuran Zala… et j'ai une petite fille, Sakura. Une jolie petite princesse qui est très curieuse et très éveillée, et à qui je vais devoir donner une explication si je vous ramène chez moi… Alors Mademoiselle, soit vous me dites où vous habitez, soit je serais obligé de vous ramener à mon appartement. » Je monologue et fais une pause. J'inspire et m'apprête à continuer.

« Une petite fille ? Elle a quel âge ? » Demande ma voisine d'une petite voix à peine audible.

« Hum, elle a eu quatre ans il y a un mois … » je réponds et tourne la tête vers elle, on dirait que seule Sakura l'intéresse dans tout ce que j'ai dit. Nos regards se croissent à nouveau et s 'aimantent, restant prisonnier de l'autre pendant quelques minutes. Elle finit par baiser le regard.

« Cagalli Yula Attha … » murmure-t-elle en baisant la tête, les joues un peu rouges.

« Enchanté … Cagalli c'est très joli… Alors où habitez-vous ? » Je redemande pour la troisième fois, mais toujours patiemment.

« Partout … et nulle part » murmure-t-elle.

« Je vous demande pardon ? » je n'ai pas compris son sous entendu.

« Quand je peux dans un motel, si pas … ça dépend de combien mon patron me paie pour mon travail… » Murmure-t-elle en fixant ses mains maintenant croisées sur ses genoux.

« Oh … je ne peux pas vous laisser dans la rue… pas dans votre état… » Je lui réponds. Il me faudra un mensonge plausible pour Sakura surtout qu'elle n'a pas l'habitude d'avoir de femme à la maison. A moins que ma compagne ne soit partie avant son lever demain…

« Pourquoi vous me vouvoyez… tantôt vous disiez « tu » ? » Questionne-t-elle.

« Oh … tu préfères que je te tutoies ? » je lui réponds par une autre question. Elle hoche positivement de la tête.

« D'accord, si toi aussi tu me tutoies… » Je marchande un peu. Elle hoche de nouveau de la tête.

Nous arrivons enfin à l'appartement et James m'ouvre la porte tandis que John s'occupe de celle de Cagalli. Je les remercie et entraîne gentiment ma compagne vers l'ascenseur. Je la fixe un peu dans la cabine. Quel âge peut-elle avoir ? Est-elle seulement majeure ?

« Sans indiscrétion, quel âge as-tu ? » je demande enfin.

« 23 ans … et toi ? » elle parle toujours à voix base et a toujours les yeux rivés sur le sol.

« 28 ans… » Je réponds avec un léger sourire. A la regarder, j'ai envie de la prendre dans mes bras, de la consoler et de la réconforter ; de lui dire qu'elle est en sécurité et que je veille sur elle. Elle semble si fragile.

« Ton épouse … ne va rien dire ? » questionne-t-elle encore plus bas qu'avant.

« Je ne suis pas marié, je n'ai pas de compagne non plus … En fait je n'ai que Sakura dans ma vie … et ma mère comme femme. » je réponds avec un léger sourire alors que les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Elle me suit dans le couloir et j'ouvre la porte de l'appartement.

Je n'ai pas le temps d'entrer que Sakura se jette dans mes bras en hurlant de joie. Le fait qu'elle soit encore debout ne simplifie pas les choses. Sa gardienne me salue de la tête avant de prendre ses affaires et de sortir discrètement pas sans un regard un peu surpris vers mon invitée. Je prends Sakura à bras et l'embrasse sur la joue. Elle me sert contre elle et enfuit un peu son nez dans mon cou.

« Papa, c'est qui ? » questionne-t-elle me rappelant la présence de la jeune femme dans mon dos. Je me retourne et constate que Cagalli sourit doucement en nous observant.

« Cagalli, une amie qui va passer quelques jours avec nous. » je réponds tranquillement et je dépose Sakura par terre. Comment va-t-elle réagir à cette intrusion féminine ? Ma fille s'approche de la nouvelle venue et la fixe droit dans les yeux. A mon plus grand étonnement, Sakura passe ses petits bras autour de la jeune femme et se sert contre elle.

« Bonjour… tu vas jouer avec moi alors ? » demande-t-elle sans préambule.

« Euh oui si tu veux… » répond Cagalli en passant ses bras autour de Sakura. Ma petite Princesse lui empoigne la main et la tire vers les chambres.

« Viens je vais te montrer ma chambre et mes poupées… » Continue-t-elle.

« Sakura, il est tard et tu devrais dormir… » Je me décide à intervenir alors qu'elles sont déjà dans les escaliers pour monter à l'étage supérieur. Cagalli s'arrête et me lance un regard un peu perdu.

« Alors je peux lui montrer sa chambre ? » Demande ma princesse avec des yeux suppliants. Je souris et acquiesce. Sakura me lance un regard heureux et reprend la main de Cagalli qu'elle entraîne dans la chambre d'amis. Je préfère les laisser un peu à deux avant d'aller raconter son histoire à Sakura et de voir si ma protégée va bien. Leur laisser le temps de faire connaissance n'est peut-être pas plus mal. »


POV Cagalli

« Mes yeux parcourent la vaste chambre, s'arrêtant sur chaque meuble présent dans la pièce. C'est grand et sobre, on y trouve juste un lit de deux personnes, deux tables de nuit et une garde robe. Il y a également une double fenêtre avec des tentures et deux portes, une donnant sur le couloir et l'autre sur une mini salle de bain. C'est beaucoup plus spacieux que les motels où je passe parfois la nuit.

« Elle te plaît ta chambre ? » demande la petite fille à mes côtés. Elle me tient toujours la main et a ses beaux yeux émeraude levés vers moi.

« Oui, elle est très belle. » je lui réponds avec un sourire timide.

« Tu veux voir la mienne ? » questionne-t-elle avec un air joyeux.

« Euh je … » je cherche quoi lui répondre. J'ignore ce que fait son père, et je suis fatiguée. Je ne veux pas la rendre triste mais j'aimerais être un peu seule pour pouvoir me laisser aller, pour peut-être pleurer et ainsi calmer ma douleur. Et puis surtout, j'aimerais me laver car je me sens sale, souillée … je désire me purifier.

« Demain Sakura… » Déclare une voix masculine dans notre dos me faisant involontairement sursauter, « Cagalli est très fatiguée et toi, tu devrais dormir depuis longtemps. Allez au lit, Princesse ! »

Il dépose quelque chose sur le lit, un vêtement je crois, avant de venir vers nous. Il s'agenouille devant sa fille et la soulève délicatement dans ses bras. Je remarque à nouveau combien ses gestes sont tendres et doux. Il se relève et me lance un regard doux et me sourit. Involontairement je recule de quelques pas mal à l'aise par notre rapprochement soudain.

« Je t'ai déposé une chemise, elle sera sûrement trop grande mais … je n'ai rien d'autre comme robe de nuit à te prêter, désolé. La salle de bain est juste là, si tu veux. Je raconte son histoire à Sakura et je repasse voir si ça va. » M'explique-t-il gentiment, toujours avec un sourire rassurant.

« Bonne nuit, Cagalli. » Intervient d'une petite voix la fillette, avant de déposer sa tête sur l'épaule de son père et de cligner des yeux, « On jouera demain dis ? »

« Euh, oui, bien sur… bonne nuit Sakura. » je réponds avec un petit sourire. Ils se dirigent vers le couloir tous les deux.

« Merci … pour tout. » je déclare alors qu'Asuran passe la porte de la pièce. Il s'arrête et se retourne, un peu étonné puis il me sourit et hoche de la tête avant d'emmener sa fille dormir.

Je prends la chemise, qui doit lui appartenir, et je me dirige vers la salle de bain. Je laisse la porte entrouverte pour avoir de l'air, et je fouille dans mon mini sac à main, juste assez grand pour contenir mes médicaments, mes papiers et des sous-vêtements de rechange. Je me déshabille et je constate qu'il me faudra recoudre tous mes boutons. Une fois nue, j'entre dans la douche et je fais couler l'eau. J'empoigne du savon et un gant de toilette et je frotte énergiquement ma peau, toutes les parties qu'ils ont pu toucher ; je frotte jusqu'à avoir mal, jusqu'à ce que ma peau soit rouge. Je me laisse tomber à genoux et je sens des larmes couler de mes yeux auxquels je porte mes mains. Je reste prostrée sans bouger pendant de longues minutes sous l'eau tiède. Je refuse d'imaginer ce qu'ils m'auraient fait s'il n'était pas intervenu … Pourquoi ce genre de chose m'arrive-t-il tout le temps ? J'ai beau essayé de me souvenir, je ne trouve que ce genre de comportement dans mes relations avec les hommes… sauf une exception, mais c'était très différent et cela semble si loin maintenant. Lui était différent des autres et Il me manque… je finis par me relever et par sortir de la douche, m'essuyant et enfilant la chemise qu'il m'a prêtée. Elle est trop grande … beaucoup trop grande pour moi, j'en replie les manches un peu. Je souris faiblement à mon reflet dans le miroir. Je démêle mes cheveux rapidement et je me lave les dents.

En sortant de la salle de bain, je tombe sur mon Sauveur assis sur le lit à m'attendre. En m'entendant, il tourne la tête vers moi. Je me sens mal à cause de la chemise n'arrivant qu'à mi-cuisse et dévoilant ainsi mes jambes et peut-être aussi parce que ma tenue montre de trop mes formes. Je déglutis et je sens la panique monter en moi. Que va-t-il imaginer vu ma tenue ? Que peut-il exiger contre son aide ? Pourquoi serait-il différent d'Ahmed et des deux autres ? Je recule apeurée et incapable d'avoir une pensée cohérente, jusqu'à ce que mon dos heurte violemment le mur à côté de la porte. J'essaie de rassembler mes pensées, mais je n'y arrive pas ; les larmes coulent à nouveau le long de mes joues … j'ai peur, horriblement peur. Je désire Ses bras réconfortants, Sa tendresse et Sa protection comme avant qu'il ne parte. Je ferme les yeux alors qu'Asuran s'approche de moi. Ma peur me paralyse et m'empêche de bouger.

« Ca va ? » demande-t-il alors qu'il est juste en face de moi. J'ouvre les yeux et j'éclate en sanglots incontrôlables.

Je n'arrive pas à calmer mes pleurs ni à réfléchir malgré tous mes efforts. Je suis perdue. Je relève la tête pour croiser son regard triste, il semble ne pas savoir comment réagir et hésite. Que va-t-il faire ? Il me Le rappelle tellement par ses gestes lents et tendres, par ses regards rassurants et doux. Il Lui ressemble tant … c'est peut-être pour ça que j'ai accepté de le suivre jusqu'ici ; c'est peut-être à cause de cette ressemblance que je me sens en sécurité près de lui et que je lui fais confiance…

« Cagalli, écoute je … euh, je … » sa voix exprime son doute, mais elle reste douce malgré tout. Il cherche comment me calmer je suppose. Et moi, je continue de pleurer de façon incontrôlable, ramenant mes mains jointes sur ma poitrine.

« Je vais te serrer contre moi, si tu acceptes … sinon dis-le moi et je te lâcherais… » Murmure-t-il en me fixant droit dans les yeux. J'acquiesce faiblement, anxieuse à l'idée d'un contact physique entre nous.

Il s'approche lentement de moi et passe doucement ses bras autour de moi. Il m'attire lentement à lui et me serre délicatement contre son torse, sa pression reste légère, me laissant la possibilité de reculer si je le désire. Mes muscles se tendent et la peur m'envahit encore plus fort qu'avant. Pourtant quelque chose m'empêche de reculer ; quelque chose me rassure dans son étreinte et m'apaise ; mes muscles se détendent lentement … Pourquoi suis-je apaisée par son étreinte ? D'où vient cette sensation de sécurité ? Je ferme les yeux malgré mes larmes et j'essaie de calmer ma respiration saccadée. Son odeur et ses gestes me Le rappelle, il est comme Lui … C'est pour cela que j'apprécie cette étreinte, je suppose. Involontairement je me sers contre lui et j'agrippe sa chemise, comme quand j'étais petite avec Lui… celui qui m'a toujours protégée et cajolée avant … Je sens une de ses mains caresser mon dos et je commence à me calmer, en sécurité dans ses bras… »


POV Asuran

« Elle reste contre moi toujours tremblante et en pleurs. Au bout de quelques minutes, elle vient se blottir contre mon torse et serre ma chemise dans une de ses mains. Je resserre un peu mon étreinte et caresse lentement son dos pour la calmer. Peu à peu, elle récupère son souffle et se calme, mais elle reste collée à moi. Je ferme mes bras autour de sa fine taille et je la garde contre moi encore quelques minutes. Elle finit par reprendre sa respiration et se détache lentement de moi. Quand nos regards se croisent, je lui offre un sourire tendre et rassurant.

« Merci et … désolée pour le dérangement » murmure-t-elle en baissant timidement les yeux.

« Ce n'est rien … te sens-tu mieux ? » Je demande gentiment.

« Un peu, merci pour tout… » Me déclare-t-elle avec un faible sourire.

Je la vois blanchir dangereusement et porter sa main à son front. Elle semble mal et elle recule pour prendre appui contre le mur dans son dos. Je n'ai pas le temps de lui demander ce qui ne va pas, qu'elle ferme les yeux et perd l'équilibre. Je la rattrape et la soulève dans mes bras. Elle a tenu plus longtemps que je ne le pensais avant de se sentir mal. Je la dépose doucement sur le lit et je vais chercher un gant de toilette humide et un verre d'eau à la salle de bain. Quand je reviens dans sa chambre, elle commence à revenir à elle. Je m'assieds à ses côtés sur le lit et je dépose le gant de toilette humide sur son front. Elle me sourit faiblement et essaie de s'asseoir. Je l'aide du mieux que je peux avant de lui tendre le verre pour qu'elle puisse se désaltérer. Elle le prend et boit un peu avant de le reposer et de tourner ses beaux yeux tristes vers moi

« Merci de t'occuper de moi … » déclare-t-elle d'une voix un peu basse.

« C'est normal … si tu te sens mieux, je vais te laisser te reposer.. » Je lui réponds en me levant et me dirigeant vers la porte.

« Asuran … » elle m'appelle doucement et je me tourne vers elle. Elle baisse la tête instantanément et rougit légèrement.

« Tu accepterais de rester un peu, …je n'arriverai pas à dormir de toute manière… » Demande-t-elle d'une petite voix.

J'hésite avant de revenir m'asseoir sur le lit près d'elle. Elle me sourit et se recouche sur le côté. Elle tend la main vers moi, hésitante. Je prends sa main entre les miennes et écarte quelques cheveux de sa figure. Nous restons un long moment sans parler jusqu'à ce que je remarque que ses yeux commencent à se fermer et qu'elle a de plus en plus de mal à lutter pour rester éveillée. Depuis combien de jours lutte-t-elle pour ne pas dormir ? Je suppose que le manque de sommeil et la vie dans la rue expliquent sa maigreur et sa fragilité.

« Tu peux dormir, je vais rester près de toi … » J'essaie de la rassurer.

Elle acquiesce et je la vois fermer les yeux. Je remarque que sa respiration se fait lente et régulière, ses beaux yeux sont fermés. Elle s'est enfin endormie. Je reste là à l'admirer, ses traits fins et paisibles, sa main dans la mienne. Elle dégage une beauté fragile et naturelle qui me charme et que je n'avais jamais rencontré avant ; malgré ce qu'elle a vécu elle semble douce et gentille. Je ne désire rien de moins que de la garder près de moi pour la protéger. J'imagine aisément que je pourrais l'aimer… surtout si Sakura l'aime aussi. En tout cas, je ferais ce que je peux pour l'aider maintenant que je l'ai rencontrée. Quelque chose en moi me dit qu'elle peut m'apporter autant que je lui donnerais. Je souris et me penche vers elle pour déposer un tendre baiser sur son front. Elle gémit un peu et serre un peu plus ma main, mais ne se réveille pas. Je sais que je vais passer une partie de la nuit ici, à veiller sur ses rêves. »


Fin du chapitre 1

Voilà, j'attends vos commentaires ou questions … et promis les explications viendront au fur et à mesure de l'histoire, notamment pour le mystérieux « Il » mais vous pouvez toujours essayer de deviner ;) Je suis ouverte aussi aux propositions et idées si vous en avez, mais je ne promets pas de les suivre '. En espérant que le chapitre 1 vous a plu…

Bien à vous

Junon2/Ennostiel