- Titre : Les yeux du coeur

- Auteur : Shinigami's Bride

- Genre : Romance, yaoï

- Couple : 2x1, 4x3, 2 5, 5x6

- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas, l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride.

- Petit mot de l'auteur : Voilà ! Ca y est ! J'ai enfin fini cette fic. Voici, après une longue attente, le dernier chapitre tant espéré. En exclusivité, les explications de Duo, la vérité sur sa relation avec Wufei et... mon premier lemon !!! Soyez indulgent, je suis encore novice dans ce domaine. J'espère que cet ultime opus vous plaira et que j'aurais l'honneur de vous compter parmi mes lecteurs pour ma prochaine fic. Sans plus attendre, place à la lecture !


Chapitre 10

Après de nombreuses félicitations, le nouveau couple proposa à ses invités de rejoindre la tente afin de commencer la réception. Celle-ci devait faire dans les 200 m environ, presque aussi grande qu'un chapiteau de cirque. Plusieurs tables rondes pouvant accueillir huit convives étaient réunies autour d'un grande piste de danse qui faisait face à une petite scène où était installé un orchestre. Certains invités allèrent s'asseoir à leur place tandis qu'à l'extérieur de la tente, un grand attroupement encerclait les mariés. Mais comme l'aurait pensé une personne extérieur, ce n'était pas les mariés qui attiraient tout ce monde mais plutôt l'un des témoins. En effet, à peine eût-il fait un pas que Duo fut aussitôt pris d'assaut par une horde sauvage. Tous ses amis, heureux de le revoir en bonne forme, s'étaient précipités sur lui et le harcelaient de questions. Duo ne dut sa survie à cette interrogatoire qu'à l'intervention du couple qui somma les convives de rejoindre leur place. Une fois fait, Duo put enfin respirer de nouveau normalement. Il ne leur en voulait pas pour ce tel débordement, il les comprenait parfaitement. Si l'un de ses amis était réapparu après une très longue absence, lui aussi, il lui aurait sauté au cou et l'aurait harcelé jusqu'à ce qu'il lui dise le pourquoi du comment. C'était tout à fait légitime comme réaction. Maintenant Duo n'était plus entouré que des nouveaux mariés, de Wufei, Heero, Réléna, Zechs et enfin Hilde et son petit ami.

- Hil : Duo ! s'écria l'allemande en se pendant à son cou. Comme je suis heureuse de te revoir.

- D : C'est réciproque, Hilde baby !

- Hil : Ce que tu m'as manqué, dit-elle en le relâchant. J'ai énormément pensé à toi pendant ces trois ans.

- D : Oui, je vois ça. Mais dis-moi ! Qui t'accompagne ? demanda-t-il en ressentant la présence d'une personne qu'il ne connaissait pas.

- Hil : Laisse-moi te présenter mon fiancé : Kyle Sheller.

- D : Ravi de faire votre connaissance Kyle, dit-il en lui tendant la main.

- K : C'est un honneur pour moi de rencontrer le fameux Duo Maxwell dont Hilde me parlait sans arrêt, répondit le jeune homme en lui serrant la main.

- D : J'espère que c'était en bien, s'enquit-il avec un sourire coquin.

- Hil : Idiot ! s'offusqua la jeune fille.

Duo sourit tendrement à son amie. Celle qu'il considérait comme sa petite soeur n'avait vraiment pas changé, toujours aussi dynamique. Et de plus, elle semblait avoir trouver l'amour auprès d'un charmant garçon qu'il devinait être très bel homme connaissant les goûts de l'allemande. Il ne put profiter plus longtemps de cette ambiance bon enfant car la princesse de Sank prit la parole.

- R : Duo, c'est une surprise et un grand soulagement de vous revoir, Wufei et toi. Vous nous faites un immense plaisir.

- D : C'est aussi un grand plaisir pour nous de te revoir, Miss. N'est-ce pas, Wufei ?

- W : Tout à fait, mentit le chinois.

- R : Et en plus, vous êtes d'une grande élégance tous les deux. J'avoue avoir failli ne pas vous reconnaître.

- D : Sans blague... pensa-t-il. Merci, c'est gentil à toi ! Malheureusement, je ne peux pas te retourner le compliment mais je suis sûr que tu es, toi aussi, très élégante. N'ai-je pas raison Wufei ?

- W : Absolument !

A ces mots, Réléna regarda l'américain comme si celui-ci venait de dire une bêtise. Pourquoi disait-il qu'il ne pouvait pas lui retourner le compliment alors qu'elle était devant lui ? Cette phrase interpella aussi les autres, notamment Heero. Le japonais chercha un quelconque sens caché à cette phrase mais il ne trouva rien. Qu'avait-il voulu dire par là ? L'héritière des Peacecrafts se chargea de poser la question.

- R : Comment ça : tu ne peux pas me retourner le compliment ? Je ne comprends pas. Je suis pourtant devant toi et bien visible. Il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer.

A ces mots, les lèvres de Duo s'étirèrent en un sourire qui se voulait ironique.

- D : C'est marrant que tu dises ça car c'est effectivement mon cas.

Après cela, Duo n'entendit plus un mot. Il devinait que sa révélation avait dû être un choc pour eux. Il leur annonçait de but en blanc qu'il était aveugle, sans aucune préparation. Dommage qu'il ne pouvait voir leur réaction, cela l'aurait sûrement fait rire. Hormis Quatre, Trowa, Wufei et lui-même, tous les autres avaient écarquillé les yeux et étaient bouche bée. Heero avait sentit son coeur rater un battement en entendant cela. Son baka natté était aveugle, il ne pouvait le croire. Depuis quand ? Comment ? Pourquoi ? Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête alors qu'il continuait de fixer Duo qui souriait toujours. Pourquoi souriait-il en leur disant ça ? Tout aussi bouleversée que lui, Réléna se remit lentement de sa surprise et demanda aussitôt à l'américain :

- R : C'est ton cas ? Ça veut dire que tu es aveugle ?

Duo sourit plus franchement à cette question et se tourna vers le chinois.

- D : Dis-moi, Wufei. Aurais-je parlé dans une autre langue sans m'en rendre compte ? lui demanda-t-il.

- W : Non, tu as été parfaitement clair, lui répondit-il, stoïque.

- D : C'est bien ce que je pensais. Dans ce cas, Réléna, je ne vois pas ce que tu n'as pas compris dans ce que je viens de dire. Oui, je suis aveugle.

- R : Oh mais... Comment... Comment est-ce possible ? balbutia-t-elle, déstabilisée par le franc parler de l'américain.

- Hil : Qu'est-ce qui t'es arrivé, Duo ? s'écria l'allemande, reprenant soudainement ses esprits.

- D : Ça, c'est une très longue histoire mais je préférerai attendre un peu avant de vous la raconter. Aujourd'hui, nous sommes tous là pour célébrer le mariage de nos amis. Fêtons dignement cet évènement avant de nous pencher sur mon cas, voulez-vous ?

- Hil : Mais... tenta d'intervenir la jeune fille.

- Q : Non, Hilde, la coupa le petit blond. Duo nous a promis de tout nous dire lorsqu'il jugera le moment arrivé. Nous devons respecter sa décision. En attendant, rejoignons les autres invités qui doivent commencer à s'impatienter.

Devant le ton catégorique de l'arabe, plus personne n'osa le contredire. Duo remercia mentalement son ami d'avoir interférer en sa faveur. Il tenait d'abord à ce que ses amis profitent de leur journée avant de tout leur avouer. Le leur dire maintenant aurait plombé l'ambiance à coup sûr. Le petit groupe commença à se diriger vers la tente. Duo amorça un mouvement pour les suivre quand la sonnerie d'un téléphone portable retentit. Il le reconnut comme étant le sien et surtout le son particulier attaché à la personne qui l'appelait. Le chinois se tourna vers l'américain et lui dit :

- W : Laisse-moi deviner ! C'est Mr Je-peux-pas-laisser-les-autres-en-paix-plus-de-cinq-minutes, pas vrai ? demanda-t-il avec un sourire amusé.

- D : On ne peux rien te cacher. Il souhaite me parler de toute urgence, dit-il en se saisissant de l'appareil. Continuez sans moi, je vous rejoins dans deux minutes, s'écria-t-il à l'intention de ses amis qui s'étaient retournés au son du téléphone.

Puis il se retourna et débuta la conversation. Wufei rejoignit le groupe et ensemble ils pénétrèrent sous la tente. Ils se dirigèrent tous vers la table qui leur était attribuée. Wufei prit place à la table des mariés aux côtés de Sally avec Heero, Réléna et Zechs. Hilde et son fiancé rejoignirent la leur qui se trouvait un peu plus loin. Ce dernier tentait tant bien que mal de réconforter sa bien-aimée qui s'efforça de retrouver le sourire pour lui faire plaisir. Une fois installer, les conversations reprirent. Tous questionnèrent le chinois au sujet de ces trois années d'absence.

- W : J'ai passé beaucoup de temps à voyager, leur répondit-il. J'ai vu beaucoup de paysages, visiter bon nombre de monuments puis je me suis établi comme professeur de karaté. Poste que j'occupe depuis maintenant deux ans et dont je ne me lasse jamais.

- S : Combien d'élèves as-tu ? s'enquit la doctoresse, très intéressée.

- W : Exactement 25. Ils ont tous entre 6 et 17 ans et je suis très content d'eux. Dernièrement, mes deux meilleurs élèves ont remporté tous les championnats d'arts martiaux de cette saison.

- Z : Félicitations ! s'écria le blond. Tu dois en être très fier.

- W : Oui, je le suis.

- R : Ce n'est pas trop difficile d'enseigner à autant d'élèves à la fois ? Tu ne te sens jamais dépasser ? demanda la princesse.

- W : Non pas trop et je dispose aussi d'un second professeur très talentueux qui est également mon associé.

- S : Alors tu as parfaitement réussi ta vie, mon cher Wufei. J'en suis heureuse pour toi.

- W : Merci Sally.

Pendant toute la durée de la conversation, Heero n'arrêta pas de jeter des coups d'oeil discrets vers l'entrée de la tente. Il attendait fébrilement que l'américain ait fini sa conversation et vienne les rejoindre. Mais il n'était pas aussi discret qu'il le pensait car ses deux amis fraîchement mariés avaient bien vu son petit jeu. Lorsqu'il porta son regard sur eux, ceux-ci lui adressèrent un petit sourire tendre pour lui montrer leur compréhension.

- T : Tu l'as bien attendu pendant trois ans, Heero. Tu peux encore attendre quelques minutes.

Heero voulut répliquer mais se ravisa en voyant Duo arriver dans leur direction. Avec une aisance déconcertante, l'américain trouva son chemin au milieu des tables et se dirigea tout naturellement vers leur table. Comment pouvait-il faire cela dans son état ? Duo arriva jusqu'à eux et s'installa entre Quatre et Wufei, face à Heero et Réléna.

- D : Je ne vous ai pas trop fait attendre ?

- Q : Pas du tout ! le rassura l'arabe. On s'apprêtait justement à porter un toast.

- D : Alors j'arrive au bon moment ! s'exclama-t-il avec une mine réjouie.

Sur ces mots, il empoigna son verre et le leva.

- D : Je porte un toast à Quatre et Trowa qui se sont enfin décidé à sauter le pas alors qu'il était évident qu'ils étaient fait l'un pour l'autre. Et je remercie le Ciel de leur avoir souffler l'idée.

- Q : Duo !

- D : Vi, c'est toujours moi ! A Quatre et Trowa, puisse-t-il toujours connaître le bonheur !

- Tous : A Quatre et Trowa !

Et sur ce, les verres s'entrechoquèrent et chacun but son champagne. Quand il eut fini son verre, Wufei tendit un paquet à son voisin. Celui-ci le prit puis le tendit au jeune marié.

- D : Tiens Quatre ! C'est mon cadeau de mariage pour tous les deux.

- Q : Merci Duo ! dit-il en se saisissant du paquet. Mais il ne fallait pas. T'avoir avec nous est déjà un très beau cadeau.

- D : Si, il le fallait. Je vous devais bien ça. Vas-y, ouvre-le !

Obéissant à son ami, Quatre entreprit de déballer le mystérieux présent, impatient de découvrir son contenu. Celui-ci se présenta sous la forme d'un roman avec pour couverture l'image d'un désert sous une nuit étoilée et un bédouin tout de blanc vêtu montant un dromadaire aux côtés d'un jeune homme accompagné d'un lion. Au dessus de l'image était inscrit en lettres dorées : Les amants du désert.

- Q : Duo, il est magnifique, s'extasia l'arabe.

- D : Tu m'en vois ravi après tout le mal que je me suis donné pour l'écrire, ricana son ami.

- Q : Comment ça ? C'est toi qui l'a écrit ? questionna le petit blond, très surpris.

- D : Oui, ce livre est de moi. Dés que j'ai appris vos fiançailles, je me suis tout de suite afféré à son écriture. Ca m'a pris deux mois et je pense que le résultat n'est pas trop mal. C'est un petit hommage à votre couple.

- T : C'est vraiment très gentil à toi de t'être autant impliqué dans ce cadeau, nous sommes très touchés.

- D : Ce n'est rien. Écrire des livres est une véritable promenade de santé pour moi, je le fais tous les jours.

- R : Vraiment ? intervint la princesse, trouvant la discussion très intéressante. Alors, tu es romancier ?

Duo tourna la tête en direction de la voix de la jeune fille et acquiesça.

- R : Voilà un métier fort intéressant ! minauda-t-elle.

- D : Oui et il ne cesse de me ravir chaque jour, répondit-il avec un sourire appréciateur.

- Z : As-tu déjà été édité ? demanda l'ancien commandant d'Oz.

- D : Oui, je suis en contrat avec une grande maison d'édition depuis deux ans et sous le joug tyrannique de mon éditeur, Marc Sanders.

- H : Marc Sanders, le patron de la Sanders Edition ? demanda le japonais, parlant pour la première fois depuis l'arrivée de Duo.

- D : C'est bien lui, affirma l'américain. Cet homme est une véritable sangsue et il ne me lâche pas d'une semelle, pour preuve que c'est lui qui vient de m'appeler. Sa dernière obsession : mon feu vert pour la publication de mon dernier roman dont je viens de vous offrir le premier exemplaire en avant-première car j'avais insisté sur le fait que vous soyez les premiers à l'acquérir.

- R : Ah bon ? Tu dois alors écrire sous un nom d'emprunt car je n'ai jamais entendu parler de toi.

- D : Bien sûr, tu dois même l'avoir déjà entendu. J'écris sous les initiales D.S.

De nouveau, Duo n'entendit plus que le silence. Six paires d'yeux étaient fixées sur lui, complètement ébahis. Retrouvant sa lucidité en premier, Quatre demanda d'une voix peu assurée :

- Q : Tu es sérieux ? Je possède tous les ouvrages de cet auteur !

- T : C'est vraiment toi ?

- D : Vous en doutez ? Vous connaissez pourtant ma devise : I run, I hide but I never lie !

- R : Je n'arrive pas à le croire ! Ce serait toi ce fameux D.S reconnu comme l'un des meilleurs auteurs de ce siècle. J'ai du mal à croire que la coqueluche du monde littéraire puisse être un... un...

- D : Un... Aveugle ? continua-t-il pour elle. Tu peux le dire, j'ai l'habitude maintenant. Sache que mon handicap n'entrave nullement ma capacité à écrire. J'avais déjà ce projet en tête alors que nous étions encore en guerre. J'avais des histoires toutes prêtes qui n'attendaient qu'à sortir de mon esprit. J'ai passé un an à toutes les écrire puis j'en ai envoyé une à plusieurs maisons d'éditions. Beaucoup m'ont répondu favorablement mais ce fut l'offre de Marc Sanders qui m'a séduite. Et sachez qu'il aimait déjà mon livre avant de me rencontrer et de découvrir ma cécité, donc ce n'était pas un acte de pure charité. J'ai d'ailleurs spécifié dans mon contrat que la vérité sur mon identité et ma condition restent secrète jusqu'à nouvel ordre. Je me suis donc fait connaître sous les initiales D.S, mon premier roman, Le petit ange Solitaire, a fait un véritable carton et depuis ma réputation n'a cessé de croître.

- Q : C'est absolument fabuleux ! Je suis fier de toi !

- D : Merci !

Quatre était vraiment heureux que son ami ait réussi malgré son handicap. Cependant, cette révélation apporta son lot de questions. Que pouvaient signifier les initiales D.S ? Il fallait qu'il en ait le coeur net.

- Q : Duo, puis-je te poser une question ?

- D : Bien sûr, si c'est dans mes moyens.

- Q : Que signifie D.S ?

A cette question, Duo sembla réfléchir. Il mit quelques secondes avant de répondre avec un petit sourire gêné.

- D : Vous allez trouver ça stupide mais les initiales D.S sont juste celles de mon défunt gundam : DeathScythe.

- Q : Non, ça n'a rien de stupide, au contraire, le rassura-t-il. J'ai moi-même baptisé un des étalons de mes écuries Sandrock.

- D : Eh bien, moi qui croyait avoir atteint le summum de la sentimentalité, tu arrive bien avant moi, Kitty-Kat ! se moqua l'américain.

- Q : Duo ! gronda l'arabe.

- D : Sorry Quat-chan, je te taquine ! Tiens, je vais tout de suite me faire pardonner ! dit-il en se levant et en s'éloignant.

- Q : Duo ! Où vas-tu ?

Mais l'américain resta sourd à son appel et continua sur sa lancée. Les personnes attablées le virent avancer vers l'orchestre et l'observèrent, curieux de savoir ce qu'il allait faire. Quatre regarda Wufei, espérant qu'il pourrait lui dire ce qu'il complotait mais celui-ci était tout aussi ignorant que lui. Il reporta son attention sur Duo qui était entrain de dire quelques mots au chef d'orchestre. Après quelques secondes, ce dernier acquiesça et lui tendit la main pour le faire monter sur scène. Ensuite il le conduisit jusqu'au piano et, une fois installé, il lui installa un micro. Dés qu'il l'eut remercier, Duo agrippa le micro et s'éclaircit la gorge avant de s'adresser à l'assistance :

- D : Excusez-moi, puis-je avoir toute votre attention, s'il vous plaît ?

Toutes les têtes se tournèrent alors vers la scène, interrompant leurs discussions. Sachant qu'il avait obtenu l'attention de tous, Duo continua :

- D : Merci. Tout d'abord, pour ceux d'entre vous qui ne me connaîtraient pas, je me nomme Duo Maxwell et je suis un ami proche du nouveau couple marié que je vous demande d'applaudir chaleureusement.

A ces mots, il se mit à applaudir et tout le monde le suivit. Quatre et Trowa se levèrent et sourirent à l'assistance pour les remercier. Après quelques secondes, Duo cessa d'applaudir et reprit sur un ton très sérieux :

- D : Quatre, Trowa, votre mariage est pour moi la preuve que tout le monde sur Terre a le droit au bonheur et que chacun possède une personne qui lui ait destinée. Aussi, en hommage à cette preuve d'amour que vous nous avez témoigné en ce jour si particulier, laissez-moi vous offrir ceci.

Sur ces paroles, il fit signe au chef et, après une profonde inspiration, il laissa ses doigts glisser sur les touches de l'instrument. Après quelques notes, sa voix s'éleva dans les airs :

Look into my eyes, you will see - ( Regardes-moi dans les yeux, tu verras )
What you mean to me - ( Ce que tu représentes pour moi )
Search your heart, search your soul - ( Cherche dans ton coeur, cherche dans ton âme )
And when you find me there, you'll search no more - ( Et quand tu m'y trouveras, tu ne chercheras plus )
Don't tell me it's not worth tryin' for - ( Ne me dis pas que ça ne vaut pas la peine qu'on essaie )
You can't tell me it's not worth dyin' for - ( Tu ne peux pas me dire que ça ne vaut pas qu'on meurt )
You know, it's true - ( Tu sais, c'est vrai )
Everything I do, I do it for you - ( Tout ce que je fais, je le fais pour toi )

Sur ces paroles, l'orchestre commença à accompagner le pianiste. Les deux amoureux se serrèrent l'un contre l'autre, main dans la main.

Look into your heart, you will find - ( Regardes dans ton coeur, tu trouveras )
There's nothin' there to hide - ( Qu'il n'y a rien à cacher )
Take me as I am, take my life - ( Prends-moi comme je suis, prends ma vie )
I would give it all, I would sacrifice - ( Je donnerai tout, je me sacrifierai )

Don't tell me it's not worth fightin' for - ( Ne me dis pas que ça ne vaut pas qu'on se batte )
I can't help it, there's nothin' I want more - ( Je ne peux pas m'en empêcher, il n'y a rien que je veuille plus )
You know, it's true - ( Tu sais, c'est vrai )
Everything I do, I do it for you - ( Tout ce que je fais, je le fais pour toi )

There's no love, like your love - ( Il n'y a pas d'amour, comme ton amour )
And no other could give more love - ( Et aucun autre ne pourrait m'en donner plus )
There's nowhere, unless you're there - ( Il n'existe pas d'endroit, à moins que tu y sois )
All the time, all the way - ( Tout le temps, tout le long )

S'en suit alors une pause musicale. Duo jouait avec passion, un sourire heureux peint sur son visage. Ses paroles transperçaient le coeur de son public, provoquant chez certains cette sensation de bien-être propre aux amoureux. Trowa et Quatre étaient aux anges, Hilde et Kyle étaient dans le même état. Wufei avait un petit sourire satisfait, de même que Zechs. Réléna s'était collée contre Heero avec un sourire niais pendant que ce dernier fixait l'américain inlassablement. La situation était très différente de celle d'il y a trois ans. Duo semblait heureux. Bien que son visage demeurait impassible, le coeur du japonais battait à toute allure. Dieu qu'il l'aimait. Il retint un sursaut quand Duo reprit sa chanson avec beaucoup de ferveur.

Oh you can't tell me it's not worth tryin' for - ( Oh tu ne peux pas me dire que ça ne vaut pas qu'on essaie )
I can't help it, there's nothin' I want more - ( Je ne peux pas m'en empêcher, il n'y a rien que je veuille plus )
I would fight for you, I'd lie for you - ( Je me battrai pour toi, je mentirai pour toi )
Walk the wire for you, ya I'd die for you - ( Je marcherai sur un fil pour toi, oui je mourrai pour toi )

Il tint la note puis fit une pause avant de reprendre sur un ton plus doux :

You know, it's true - ( Tu sais, c'est vrai )
Everything I do, I do it for you - ( Tout ce que je fais, je le fais pour toi )

Il joua encore quelques secondes puis reposa ses mains sur ses genoux, laissant le son de la musique s'évanouir jusqu'au silence. Il attendit un moment avant que le silence pesant ne soit troubler par une grande salve d'applaudissement. Les gens étaient debout et l'acclamaient à tout rompre. Duo sourit et remercia l'assistance :

- D : Merci, merci beaucoup ! Maintenant, si les jeunes mariés veulent bien s'avancer au milieu de la piste et nous faire l'honneur d'ouvrir le bal. Messieurs, à vous ! dit-il à l'intention de l'orchestre.

Duo se leva et descendit de la scène. Sur l'ordre de leur meneur, les musiciens débutèrent un petit slow pour les mariés. Ces derniers s'avançèrent au milieu de la piste et commencèrent à tourner, tendrement enlacés, sous les regards attendris de leurs invités. Duo passa à côté d'eux et entendit Quatre lui adresser un merci à peine murmurer que lui seul pouvait entendre. Il hocha la tête, signe qu'il avait entendu, et se dirigea vers sa table respective. Quand il y arriva, il surprit tout le monde en s'asseyant sur les genoux de Wufei qui ne le repoussa pas. Il l'enlaça tendrement et lui dit :

- D : Que dirais-tu de les imiter ?

- W : Ai-je vraiment le choix de refuser ? lui dit-il en lui saisissant la taille.

Duo leva le nez et se mit à réfléchir. Sa réflexion ne lui prit que quelques secondes.

- D : Non !

Et sans lui laisser le temps de protester, il se leva et le tira par le bras. Wufei, ne pouvant vraiment rien lui refuser, se leva et l'accompagna sur la piste. Sans un mot, ils s'enlaçèrent et se mirent à tourner en harmonie avec le rythme lanscinant de la musique. Duo avait entouré le coup du chinois de ses bras et posé sa tête contre son épaule. Celui-ci lui enserrait la taille tendrement et avait posé sa joue contre la sienne en soupirant d'aise. L'image parfaite du couple amoureux. En les voyant si étroitement liés, Quatre fut très surpris. Il ne pensait pas que leur relation ait évolué dans ce sens. Et à cette constatation, il ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour Heero. Celui-ci ne cessait de fixer le couple, ignorant les demandes de Réléna qui voulait aussi danser. Il sentait dans son coeur un sentiment qu'il n'avait plus connu depuis plus de trois ans refaire surface : la jalousie. Cette même jalousie qui lui avait coûté de perdre l'être que son coeur avait choisi. Mais foi d'Heero Yuy, il ne ferait pas deux fois la même erreur se dit-il. Alors qu'il continuait de réfrainer sa rage, d'autres couples avaient rejoint la piste. Tous arboraient des visages heureux. Quand la première danse arriva à sa fin, l'orchestre enchaîna aussitôt sur une autre, tout aussi douce. Duo chuchota quelques mots à l'oreille de son cavalier puis se dégagea de lui pour aller à la rencontre du couple marié. Quand il fut à leur hauteur, il demanda la permission à Trowa de pouvoir danser avec son ami. Trowa accepta et les laissa pour aller inviter sa soeur à danser. De son côté, Wufei revint à leur table et invita Sally. Celle-ci accepta sans attendre et ils retournèrent ensemble sur la piste, ignorant un regard bleu océan ( avec une chevelure blonde platine ) posé sur eux avec beaucoup d'intensité. Pendant ce temps, Quatre et Duo discutaient tout en entamant une nouvelle pirouette.

- Q : Encore merci, Duo. Cette chanson était vraiment magnifique.

- D : Heureux qu'elle t'ait plu. Je tenais à vous faire ce cadeau afin de vous montrer à quel point vous comptez pour moi et aussi pour vous demander pardon. Je m'en veux terriblement de vous avoir laisser sans nouvelle pendant tout ce temps et je sais que rien ne pourra me racheter à vos yeux.

- Q : Duo... souffla l'arabe. Je ne te contredirai pas en te disant que je ne t'en veux pas, au contraire je t'avouerai que je t'en ai beaucoup voulu d'être parti comme un voleur. J'ai cru pendant longtemps que notre amitié n'avait finalement pas la même valeur pour moi que pour toi.

- D : Ne crois pas ça, Quat-chan, lui assura l'américain. Tu es et tu resteras mon meilleur ami, quoi qu'il arrive.

- Q : Alors dis-moi pourquoi tu es parti. Qu'est-ce qui t'a éloigné de nous sans que tu puisse nous donner la moindre explication ?

- D : Je sais que je vous dois la vérité mais je ne peux m'empêcher de craindre votre réaction. J'ai si peur de te perdre, mon ami, avoua-t-il en raffermissant sa prise sur les hanches du petit blond.

- Q : Tu ne me perdras jamais, le rassura-t-il. Tout ce que je te demande, c'est d'être sincère avec moi et de me promettre de ne plus jamais me laisser.

- D : Je te le promets, répondit son ami en lui souriant tendrement.

Soudain, pris de l'envie de revoir le regard de son meilleur ami, Quatre amorça un mouvement pour lui retirer ses lunettes.

- Q : Je peux ? lui demanda-t-il en agrippant les branches.

- D : Euh... oui, hésita-t-il à repondre, ne s'attendant pas à cette demande. Mais ça met d'ordinaire les gens assez mal à l'aise.

Mais Quatre n'attacha aucune importance à sa dernière phrase et lui retira les lunettes très doucement. Ainsi, il put plonger son regard dans celui de son ami. Il put revoir ces prunelles d'une couleur si extraordinaire, ce parfait mélange de bleu et de violet qui inspirait tant l'admiration. Mais il y manquait cette petite étincelle de vie qui l'habitait autrefois, le rendant incroyablement vide. Il dut se rendre à l'évidence, les yeux de son ami étaient bel et bien éteints. Attristé par cette constatation, il se serra davantage contre l'américain, essayant d'endiguer les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux. Duo sentit que son ami avait été très toucher par ce qu'il avait vu et raffermit son étreinte pour le consoler. Lorsque la musique prit fin, Duo se dégagea de son ami et lui reprit ses lunettes. Sauf que, au lieu de les remettre sur ses yeux, il les rangea soigneusement dans la poche avant de sa veste. Puis il prit le visage du jeune marié entre ses mains et déposa un léger baiser sur son front. Après ce qu'ils s'étaient dit, Duo savait qu'il ne pouvait plus reculer l'heure de sa confession. Le moment était venu de tout leur dire. Même si cela devait gâcher l'ambiance de cette journée, il ne pouvait plus leur refuser la vérité, ne serait-ce que par respect pour leur amitié. C'est donc résolu à tout dévoiler qu'il prit la main de son ami et se dirigea vers leur table. Une fois arrivé, il le fit s'asseoir et se tourna vers Zechs qui n'avait pas bougé de sa chaise.

- D : Excuse-moi Zechs mais pourrais-tu demander à Hilde de venir, s'il te plaît ?

- Z : Bien sûr, Duo. J'y vais tout de suite.

Sur ces mots, l'ancien commandant d'Oz se leva et partit en direction de la table de l'allemande. En attendant, Duo prit place, laissant son regard vide se poser droit devant lui. Face à lui, Réléna fixait ses yeux avec une lueur de dégoût, elle était très mal à l'aise. Par contre, Heero soutenait ce regard qui l'avait toujours fasciné et qui n'avait rien perdu de sa beauté hormis ses pupilles résolument fines et sans éclats, preuve qu'il ne voyait rien. Comment en était-il arrivé là ? Il voulait savoir et surtout quelle était la nature de sa relation avec Wufei ? Leur danse donnait à penser qu'ils étaient ensemble mais rien n'avait été dit en ce sens. Bientôt sa curiosité allait être satisfaite. Quelques instants plus tard, Zechs revint en compagnie de Hilde. Duo l'invita à s'asseoir et elle prit place aux côtés de Réléna.

- Z : Voilà Duo ! Tu peux y aller !

- D : Merci Zechs.

Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Il sentit la main de Wufei se poser sur la sienne sous la table pour lui montrer son soutien. Cela l'encouragea, il savait qu'il n'était pas seul. Sachant cela, il ouvrit les yeux et prit la parole.

- D : Je pense vous avoir suffisamment fait attendre et qu'il est plus que temps de lever le voile sur mon départ intempestif ainsi que mon état actuel. Aussi surprenant que cela puisse être, les deux évènements sont étroitement liés.

- Q : Comment ça ? s'étonna l'arabe, complètement perdu.

- D : La vérité, reprit-il, même si ça me coûte de vous le dire, c'est que je ne suis pas devenu aveugle du jour au lendemain. Mon état est le résultat d'une longue maladie qui a débuté bien avant ma disparition.

Si Duo avait pu voir, il aurait vu l'expression éberluée peint sur chaque visage le fixant. En entendant ça, Quatre avait serré son poing contre son coeur, Trowa était choqué, Hilde avait mis sa main devant sa bouche pour étouffer un cri de stupéfaction et Réléna était sidérée. Seuls Zechs et Heero semblaient calmes et prendre la nouvelle sans mal mais il n'en était rien dans le coeur du japonais. Apprendre que l'américain était malade depuis si longtemps, sans qu'il ne le remarque, lui paraissait impossible. Il aurait vu quelque chose si c'était vrai. Ne se laissant pas déstabilisé par le silence pesant qui s'était installé, Duo reprit sur un ton plus léger :

- D : A en croire l'absence de réponse que j'obtiens, je devine que cela vous fait un terrible choc.

- Q : Duo... Comment est-ce possible ? Depuis quand sais-tu que tu es malade ?

- D : J'ai ressenti les premiers symptômes le jour où vous avez découvert mon talent caché pour le piano, soit 8 mois avant la fin de la guerre, déclara-t-il.

- H : C'est impossible ! intervint le japonais. J'aurais remarqué un changement dans ton mode de travail.

- D : C'est pourtant la vérité, Hee-chan, répondit-il avec un petit sourire triste. Au départ, je ne ressentais que de petites migraines qui s'estompaient au bout de quelques heures puis j'ai commencé à avoir des pertes de visions de quelques secondes. Je n'y ai pas prêté d'attention jusqu'au jour où j'ai eu une crise violente et où je suis tombé dans les escaliers de notre planque dans les Alpes. Là j'ai su que quelque chose n'allait pas et j'ai demandé à mon mentor de me programmer une mission pour que je puisse aller voir un spécialiste de ses amis.

- T : La fameuse mission solo à durée indéterminée ? demanda le français, commençant à saisir les subtilités du récit de l'américain.

- D : Exactement, acquiesça-t-il. Je suis donc allé sur L2 et j'y ai rencontré le Dr Evrett, un éminent neurologue. Il m'a fait passer toute une batterie de test avant de m'annoncer la nouvelle qui allait à jamais changer ma vie : j'étais atteint d'une maladie rare qui allait me rendre aveugle en l'espace de quelques mois. Je vous laisse imaginer ma réaction en apprenant le diagnostic.

- Q : Duo, Duo, Duo... répéta le petit blond en se saisissant de la main de son ami avec ferveur.

- D : Ne t'en fais pas Quat-chan, le rassura-t-il. J'ai eu un petit moment de désespoir mais, fidèle à moi même, je ne me suis pas laissé démonter et j'ai demandé à suivre un traitement pour ralentir la progression de la maladie, et ce, contre l'avis du médecin et du Professeur G.

- R : Pourquoi l'avoir fait ? demanda la souveraine, intriguée.

- D : Parce que, dans le cas contraire, j'aurais été suspendu et l'équipe aurait perdu un membre alors que la guerre connaissait un tournant décisif. Et ça, je ne le voulais absolument pas. Je tenais à terminer cette guerre même si c'était la dernière chose que je faisais de mon vivant.

- S : Quelle est exactement ta maladie ? interrogea la doctoresse. Peut-être existe-t-il un moyen d'inverser les effets ?

- D : Ma maladie a pour nom : Catharactis évolutive et si tu en as déjà entendu parler, tu dois déjà savoir qu'il n'existe aucun moyen de me soigner.

- S : Oh mon Dieu... souffla la jeune femme en comprenant la gravité de l'état de l'américain.

- Q : Quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi cette maladie ? s'empressa de demander l'arabe, à bout de nerfs.

Sally mit du temps avant de se remettre de sa découverte et de répondre au jeune homme avec tout le professionnalisme qu'elle se savait capable.

- S : Cette maladie touche essentiellement les personnes ayant vécues dans l'espace. De nature bénigne, elle provoque une dégénérescence cellulaire de la cornée et du nerf optique. Les symptômes relevés sont migraines chroniques et troubles de la visibilité. En phase terminale, les nerfs optiques du patient sont complètement détruits entrennant ainsi une cécité totale et irréversible.

Ces mots sonnèrent durs à l'oreille des anciens pilotes. Nullement surpris par le savoir de l'ancien agent de l'Alliance, Duo acquiesça :

- D : Oui Sally, c'est exactement ce que m'a dit le Dr Evrett.

- Q : Il... Il n'y a vraiment aucun espoir que tu retrouves la vue ? questionna son ami en serrant sa main avec angoisse.

- D : Malheureusement non, mon ami. Je suis condamné à ne plus jamais revoir un jour. Mais je m'y suis fait. Le plus dur ne fut pas d'accepter l'idée de perdre la vue mais de devoir vous abandonner tous les quatre alors que vous aviez besoin de moi. Aussi, quand j'ai appris qu'il existait un traitement pour ralentir ma cécité, j'ai tout de suite sauté sur l'occasion. Malheureusement, le traitement était très pénible et il m'a fallu un temps d'adaptation avant que je ne puisse vous rejoindre en pleine possession de mes moyens.

- T : Pourquoi n'avoir rien dit à ton retour ?

- D : Je me doutais que si vous l'aviez appris, vous m'auriez volontairement écarté de l'opération et j'aurais été une source de souci en plus d'une gêne.

- H : J'aurais dû être informé de la situation, gronda le japonais. Ne serait-ce que pour pallier à tout problème.

- D : Tu ne le pouvais pas puisque les seuls au courant étaient mon médecin, mon mentor et moi. Je leur avais expressement demandé de ne rien divulguer sur mon état, de cette façon je pouvais continuer les missions tout en prenant le traitement.

- H : Et pourquoi n'ai-je rien remarqué ?

- D : C'est là qu'intervient la décision des Mads sur le remaniement des tandems. Pour garder mon état secret, j'ai habilement convaincu mon mentor de me faire travailler en solo et, pour que ça ne paraisse pas trop suspect, il a soufflé l'idée au Professeur J que de changer le fonctionnement de l'équipe serait un avantage dans l'accomplissement de l'opération. Il a tout de suite adhéré et s'en est suivi les évènements que vous connaissez.

- Q : Je ne comprends pas, Duo. Pourquoi tu n'es pas venu m'en parler ?

- D : Je sais que j'aurais dû mais comprends-moi. Je ne voulais pas que vous perdiez l'image du Duo blagueur et sûr de lui que vous avez gardé pendant ces trois ans. Je ne voulais pas recevoir de pitié. Tout ce que je souhaitais, c'était rester auprès de mes amis et vivre mes derniers moments de voyant en leur compagnie. Quel mal y a-t-il à cela ?

- H : Je n'arrive toujours pas à croire que je n'ai rien vu, je suis pourtant le plus alerte de nous tous, s'indigna Heero.

- D : Oh mais tu as bien failli ! l'interpella Duo.

- H : Comment ça ? s'étonna le nippon.

- D : Souviens-toi : un jour tu m'as suivi alors que j'allais à un rendez-vous avec un ami. Tu t'en rappelle ?

Heero acquiesça sous les regards surpris des personnes attablées.

- D : En réalité, l'homme que tu as vu en ma compagnie était mon médecin. Il venait pour me donner ma provision de sérum. Si tu avais pu nous suivre davantage, tu aurais su ce qu'il retournait et j'aurais été démasqué. C'est pour cette raison que je t'ai menacé à mon retour, j'avais eu peur que tu ne découvres mon secret.

Duo laissa le temps à ses amis d'assimiler tout ce qu'il venait de leur apprendre. Les avis étaient partagés entre compréhension et indignation. Quatre s'en voulait de ne rien avoir remarquer en tant qu'ami. Il se trouvait bien piètre et se disait que si il n'avait rien vu, c'était qu'il n'était pas un bon ami. Trowa était tout aussi perdu mais respectait les choix de l'américain. Hilde était sous le choc et menaçait de s'effondrer. Réléna était admirative devant l'ingéniosité et l'audace de l'ancien pilote du Deathscythe. Zechs et Sally, étant des personnes extérieures au groupe, gardaient un avis neutre. Et enfin Heero jurait intérieurement contre sa crédulité.

- H : Alors, dit-il amèrement, tu as réussi à garder ton secret intact jusqu'à la signature de la Paix, sans que personne ne se doute de quelque chose.

- D : Pas exactement, répondit l'américain avec réticence.

- T : Que veux-tu dire ?

- D : Certes, entre l'annonce du diagnostic et la filature de Heero, il s'est passé trois mois sans que personne ne découvre ma maladie mais à partir de là, tout a changé.

- Q : Expliques-toi.

- D : Tu te souviens sûrement que Wufei t'as ramené de mission complètement inconscient avec 40 de fièvre. Comme tu étais hors d'état de continuer, les Mads m'avaient assigné à ta mission en compagnie de Wufei. Nous nous sommes rendus sur place et avons accompli la mission. Je venais de disposer les charges et de neutraliser deux gardes quand j'ai été victime d'une nouvelle crise. Je ne voyais plus rien et j'étais complètement incapable de me défendre en cas d'attaque. Heureusement, Wufei est venu me chercher et m'a sorti en vie de la base avant de la faire sauter. Une fois à l'abri, j'étais toujours plongé dans mes ténèbres et je n'ai pas eu d'autre choix que de mettre Wufei dans la confidence. Heureusement, il a réagi mieux que je l'espérais et a accepté de taire mon secret.

Pour tous, ce fut le choc. Tous eurent du mal à croire la dernière révélation de l'américain et fixèrent allègrement le chinois qui ne se départissait pas de son attitude impassible. Avant qu'un seul reproche ne soit proféré à l'encontre de son ami, Duo intervint.

- D : Ne lui en voulez pas ! Il a agi selon sa conscience. Je tiens à vous dire que Wufei a été le meilleur soutien que je pouvais espérer dans ma situation. Il ne m'a jamais fait défaut et je ne regrette aucunement de lui avoir confier ma vie durant les mois qui suivirent. Ensuite, il y a eu les dernières missions et l'attaque finale contre Oz qui s'est terminée par la victoire des rebelles.

- Q : Pourquoi ne nous as-tu rien dis à partir de là ? Tu n'avais plus de raison de nous le cacher.

- D : Je voulais le faire, je te le jure Quat-chan. Je voulais vous l'annoncer le soir de la réception au palais Peacecraft mais au dernier moment, je n'ai pas eu la force de vous l'avouer. Aussi surprenant que cela puisse paraître, moi, le grand Duo Maxwell, combattant redouté par les troupes d'Oz, j'ai eu peur de vous dire la vérité. Je me suis conduit comme le pire des lâches et j'ai choisi la solution de facilité : la fuite. Je suis parti comme un voleur et j'ai tourné le dos aux seules personnes qui comptaient le plus à mes yeux parce que je ne pouvais pas assumer mes responsabilités. Je vous ai trahi et pour ça, je vous demande de bien vouloir me pardonner. Je sais que tous les beaux discours ne rachèteront pas la conduite immature dont j'ai fait preuve à l'époque et je comprendrai que vous m'en vouliez pour vous avoir laisser dans l'ignorance tout ce temps. Mais j'avais tellement honte que revenir vous demander pardon s'est révélé impossible jusqu'à ce que j'apprenne la nouvelle de votre mariage. Là, j'ai vu l'occasion que j'attendais de pouvoir vous retrouver et de m'expliquer face à face. Maintenant que c'est chose faite, je vous laisse décider de la suite, conclut-il en baissant la tête.

Tranquillement, il attendit les réactions à sa confession. Les personnes présentes ne savaient pas comment réagir. Devaient-ils se mettre en colère ou se montrer compréhensif ? L'une d'entre elles ne perdit pas de temps pour choisir. Sans que personne ne s'y attendent, dans un geste de colère, Hilde empoigna le premier verre à sa portée et projeta son contenu sur l'américain. Celui-ci, qui avait senti la manoeuvre, empêcha le chinois d'intervenir d'une simple pression sur son poignet et reçut le liquide en pleine figure, maculant ainsi son costume. La jeune femme reposa rageusement le verre sur la table.

- Hil : DUMMKOPF !!! (1) s'écria-t-elle, excédée.

Et sans attendre, elle quitta la table pour rejoindre la sienne sous les regards ébahis des autres invités qui avaient tournés la tête, interpellés par le bruit. De son côté, Duo s'épongea le visage d'un revers de sa manche. Wufei tenta de l'aider avec sa serviette de table.

- W : Pourquoi n'as-tu pas esquivé ? demanda-t-il, renfrognant son aversion pour la gente féminine qui avait encore brillé par son imprévisibilité.

- D : Je l'avais mérité et, venant d'elle, je m'attendais à cette réaction. Elle avait besoin de ça pour passer sa colère.

- Q : Mon pauvre Duo ! s'exclama l'arabe en aidant le chinois à essuyer le surplus de champagne. Ton costume est dans un piètre état.

- D : Ce n'est rien, Kitty-kat, assura l'arrosé. Un petit coup de chiffon, un passage au pressing et il sera comme neuf !

- Q : En attendant, tu ne peux pas rester avec ces vêtements trempés. Viens avec moi, je vais te trouver des vêtements secs dans ma penderie.

Sachant que résister serait inutile, Duo n'émit aucune objection et suivit docilement son ami à l'extérieur de la tente. Lorsqu'il fut assez loin, Wufei se leva et s'adressa aux personnes restantes.

- W : Duo ne vous a pas tout dit, étant donner que la suite appartient à sa vie privée, mais comme je suis conscerné, je me permets d'apporter quelques précisions. Duo avait décidé de partir, c'est vrai, mais il avait prévu de retourner sur L2 et de se faire interner dans un établissement spécialisé. C'est moi qui l'en ai dissuadé et l'ai convaincu de partir à l'aventure avec moi. Nous avons voyagé pendant un an avant de nous établir en Chine et d'ouvrir ensemble une école de Karaté. Quand sa maladie a atteint le stade terminal, il s'est mis à écrire et a commencé à se faire un nom dans le monde de la littérature. Nous avons vécu paisiblement pendant deux ans mais il lui manquait quelque chose, la présence de ses amis. Je n'ai pas fait d'objection quand il a voulu revenir pour se confesser à vous et je n'ai rien dit durant tout le temps de ses aveux. Mais maintenant qu'il vous a dit ce qu'il avait sur le coeur, laissez-moi en faire autant. Duo est l'homme le plus courageux et le plus admirable qu'il m'ait été donner de connaître et je ne laisserai personne mettre en doute son intégrité. Si vous n'êtes pas capables de comprendre ses raisons et de lui pardonner, alors considérez qu'il n'a plus rien à faire avec vous, je l'emmènerai et nous sortirons à tout jamais de vos vies. Je ne vous laisserai pas le faire souffrir, il a déjà assez donné de sa personne alors que sa vue faiblissait un peu plus chaque jour. Si vous êtes ses amis, montrez-le sinon abstenez-vous de tout commentaire.

Et sur ces dernières paroles, il commença à s'éloigner en faisant le tour de la table. Quand il arriva dans le dos de Heero, celui-ci lui dit :

- H : Vous êtes ensembles ?

Wufei se figea à cette question et serra les poings rageusement.

- W : Nous l'avons été mais nous ne sommes plus que des amis à présent.

Puis il se tourna vers le japonais qui lui n'avait pas bougé et s'approcha. Il se pencha et lui murmura à l'oreille ce que lui seul pourrait entendre :

- W : Si tu ne veux pas le perdre, Yuy, ne le laisses pas dans l'incertitude et vas le voir. Si tu es trop fier pour admettre ce que tu ressens pour lui depuis toutes ces années, alors je l'emmènerai avec moi et jamais plus tu ne le reverras. La balle est dans ton camp.

Et sans autre forme de procès, il sortit de la tente et prit la direction du lac. Heero resta complètement pétrifier sur sa chaise, vide de réaction. Il tentait tant bien que mal d'enregistrer les nouvelles informations que le chinois venait de lui fournir. D'abord que Duo et Wufei avait eu une liaison au cours de leur cohabitation et ensuite qu'ils n'étaient plus amants. Son raisonnement le conduisit à un résultat qui le combla plus que tout au monde : Duo était gay et libre, il avait donc une chance. A cette constatation, un sourire s'épanouit sur son visage. Sourire qui ne passa pas inaperçu pour sa chère voisine qui, surprise de le voir sourire et curieuse de savoir ce que Wufei lui avait dit, lui secoua l'épaule pour le sortir de sa léthargie.

- R : Heero ? Qu'est-ce qu'il t'a dit pour te mettre de si bonne humeur tout à coup ?

Mais au lieu de lui répondre, Heero regarda en direction de Trowa qui, voyant l'éclair de joie dans les yeux de son témoin, sut qu'il venait d'apprendre une bonne nouvelle. Le français comprit sans qu'il ait besoin de le lui dire qu'il voulait l'autorisation de se retirer et ne douta aucunement de l'endroit où il désirait se rendre.

- T : C'est bon, lui dit-il, tu peux y aller. Je vais tâcher de remettre de l'ambiance en attendant le retour de Quatre.

Heero fut reconnaissant de la clairvoyance de son meilleur ami. Il hocha de la tête puis se leva et prit la même direction que celle prise par l'arabe et l'américain. Réléna le regarda partir, incapable de dire quoi que ce soit pour l'en empêcher, puis fixa alternativement son frère et Trowa à la recherche d'une réponse. Ce fut une main rassurante sur son épaule qui lui répondit. Intriguée, elle posa son regard sur cette main puis sur son propriétaire, en l'occurence Zechs, et le questionna du regard. Zechs lui adressa un sourire tendre et lui dit :

- Z : Inutile d'essayer de comprendre, le coeur a ses raison que la raison ignore. Et je crois qu'il est temps que j'écoute ce que le mien me dit. Veuillez m'excuser.

Et sur un hochement de tête, il partit à son tour mais dans la direction prise par le chinois. Réléna était complètement larguée. Elle resta avachi sur sa chaise, fixant le vide en se demandant ce qui avait pu lui échapper. De son côté, Trowa avait regardé partir les deux hommes avec un petit sourire satisfait. Si tout se passait bien, deux nouvelles romances allaient voir le jour. Jouissant de cette perspective, il se leva à son tour et partit en direction de l'orchestre pour continuer la soirée dansante.

Pendant ce temps, au manoir, Quatre avait emmené Duo dans sa chambre et lui avait sorti un autre costume, un noir à chemise blanche, et déposa une à une les pièces sur le lit pendant que l'américain faisait un petit brun de toilette.

- D : Excuse-moi encore d'avoir gâcher votre soirée, Quat-chan ! s'écria-t-il depuis la salle de bain, sa voix à demi-couverte par le bruit de l'eau coulant dans le lavabo.

- Q : Tu n'as rien gâcher du tout, Duo ! le rassura son ami. Nous voulions tous entendre la vérité de ta bouche et je ne regrette en rien ce qui s'est passé. Il en faudra bien plus pour gâcher le jour le plus heureux de ma vie.

- D : Mais à cause de moi, l'ambiance risque d'être beaucoup moins joyeuse.

- Q : Ne t'inquiète pas de ça et dépêches-toi de te préparer !

Sur ces mots, le bruit de l'eau cessa et l'américain reparut dans la chambre, vêtu en tout et pour tout d'un boxer noir. Il s'appuya à la porte et baissa la tête en direction de la moquette.

- D : Quatre, pourras-tu un jour me pardonner ma lâcheté ? murmura-t-il tristement.

Quatre se tourna vers son ami et, le voyant si triste, ne put s'empêcher de venir vers lui et de le prendre dans ses bras. Duo lui rendit son étreinte et posa sa tête sur son épaule en soupirant d'aise.

- Q : Je te pardonne, chuchota-t-il pour ne pas briser la douceur de ce moment, mais promets-moi que plus jamais tu ne me mettras à l'écart de tes problèmes.

- D : Je te le promets...

Alors qu'ils échangeaient cette étreinte fraternelle, des échos de musique venant de l'extérieur leur parvinrent. Quatre cessa l'étreinte et se dirigea vers la fenêtre de sa chambre donnant sur le jardin. Il l'ouvrit et la musique se fit alors plus forte. De son point de vue, il pouvait voir la tente et les invités entrain de danser joyeusement sur la piste sur un air de jazz des plus entrainant.

- Q : Tu vois, tu n'as rien gâché et la fête suit son cours.

- D : En effet, reconnut l'américain, même si techniquement on ne peux pas dire que je le vois.

- Q : Ne joue pas avec les mots, le gronda-t-il, tu as parfaitement compris où je voulais en venir. Donc tu n'as plus d'excuse pour ne pas revenir et profiter de la fête aux frais de ma famille.

- D : Depuis quand prends-tu tout ce que je dis au pied de la lettre ? se moqua son ami.

- Q : Depuis qu'un baka de mes amis a fait sa réapparition dans ma vie, répondit l'arabe tout sourire. Maintenant habilles-toi et viens nous retrouver au plus vite !

- D : A vos ordres, petit prince du désert ! dit-il en s'inclinant respectueusement.

Quatre éclata de rire devant le spectacle de son ami entrain de s'incliner dans sa tenue légère. Duo sourit en entendant le rire de son meilleur ami et sans attendre, il se saisit du pantalon sur le lit et commença à l'enfiler. Quatre choisit ce moment pour s'éclipser et laissa l'américain continuer de se vêtir. Lorsqu'il passa la porte et qu'il voulut la fermer, sa main fut retenue sur la poignée. Aussitôt il leva la tête et vit Heero devant lui. Celui-ci lui mit un doigt devant les lèvres pour qu'il se taise et lui fit un signe de tête pour lui dire de partir. Se doutant que le japonais souhaitait avoir une entrevue avec l'américain en privé, il obtempéra et partit, laissant l'ex pilote du Wing devant la porte entrouverte. Dés que l'arabe fut hors de sa vue, Heero entra dans la chambre sans bruit et referma doucement la porte derrière lui. Quand il fit face à l'occupant de la chambre, celui-ci était dos à lui. Il venait de mettre la chemise blanche sur ses épaules et dégageait sa chevelure du col. Pensant qu'il n'avait pas senti sa présence, Heero continua de l'observer en silence. Il le détailla de la tête aux pieds, n'omettant aucun détail de la silhouette svelte et finement musclée de son vis à vis. Quand Duo entreprit le boutonnage en règle de sa chemise, il soupira d'exaspération en secouant la tête.

- D : Que me veux-tu, Heero ? dit-il d'une voix blasée.

Heero écarquilla les yeux de surprise. Comment avait-il su que c'était lui et pas un autre dans cette chambre ? Il s'empressa d'exprimer sa pensée.

- H : Comment as-tu su que c'était moi ? demanda-t-il sur un ton qu'il s'efforça de garder impassible.

- D : A l'odeur, mon cher Heero, répondit vivement l'américain. Je reconnaîtrais ton parfum entre mille.

- H : Et moi qui croyait pouvoir te surprendre. Tu es vraiment particulier, avoua-t-il avec un sourire ironique.

- D : Pas tant que ça, tous les aveugles sont capables de reconnaître les membres de leur entourage grâce à l'odorat. Et quand à me surprendre, sache que pas une fois en trois ans, Wufei n'y est parvenu. Alors ne crois pas que tu n'étais pas d'une extrême discretion, dit-il en rentrant la chemise dans le pantalon.

Heero ne répondit rien et continua d'observer les gestes de son ancien partenaire qui ne trahissait nullement son handicap. Ils étaient à la fois assurés et gracieux, ses mains formaient à elles seules un véritable ballet sensuel. Alors qu'il terminait de boutonner ses manchettes, Duo réitéra sa question.

- D : Que me veux-tu, Heero ? Est-ce que c'est pour imiter Hilde et me balancer mes quatre vérités à la figure ? Si c'est pour ça, laisses-moi retirer cette chemise, je ne voudrai pas la tâcher.

- H : Non, je voulais juste te parler.

- D : Vraiment ? demanda-t-il en attrappant la cravate sur le matelas et en la passant autour de son cou. Ta petite amie ne va pas s'inquiéter de ne pas te voir revenir ?

- H : Qui ça ? demanda le japonais, très surpris.

- D : Réléna, bien sûr. Qui d'autre sinon ? répondit-il en nouant le pan de tissu mais sans y parvenir tant le fait de parler de la princesse de Sank le contrariait.

- H : Réléna n'a jamais été ma petite amie, Duo. Elle n'est que mon employeur et rien d'autre.

A ces mots, les mains de Duo cessèrent tout mouvement avant de reprendre, légèrement tremblant. En le voyant en difficulté, Heero s'avança jusqu'à lui et posa ses mains sur les siennes pour l'arrêter. Sentir le japonais si près fit monter la température de Duo et son coeur commença à s'emballer. N'ayant rien remarquer du trouble qui s'emparait de l'américain, Heero reprit sur un ton incroyablement doux.

- H : J'aimerai savoir ce qui a pu te donner l'idée farfelue que Réléna et moi ayons pu être ensemble.

Les joues de Duo se parèrent d'une magnifique nuance de rouge et son coeur rata un battement. Etait-ce prudent de lui avouer qu'il les avait surpris dans la serre ce soir-là ? Après tout, il n'avait pas l'exclusivité sur le japonais et il ignorait tout de ses sentiments. Il pouvait bien le lui dire. Ne supportant plus cette proximité douloureuse, Duo se dégagea et alla se poster devant la fenêtre, dos à son ancien équipier. Il prit appui sur le rebord de la fenêtre et inspira profondement l'air du soir. Une fois les battements de son coeur calmés, il se permit enfin de lui répondre.

- D : Il y a trois ans, ce fameux soir au bal de Sank, je suis parti à ta recherche car j'avais l'intention de tout vous avouer sur mon secret. Zechs m'informa que tu te trouvais dans la serre avec Réléna et je suis donc aller à ta rencontre. Sauf que, lorsque je suis arrivé dans la serre, je vous ai vu elle et toi entrain de vous embrasser et je n'ai pas voulu vous interrompre. Je suis donc revenu sur mes pas et j'ai nié t'avoir vu. Tu avoueras que ce genre de vision ne laisse pas de place au doute et j'ai tiré les conclusions qui s'imposaient.

A cette révélation, Heero fronça les sourcils avant de finalement comprendre de quoi l'ex pilote du Deathscythe parlait. Le souvenir du baiser lui revint en mémoire et il comprit le léger malentendu. Doucement, il posa sa main sur l'épaule de Duo et le retourna. Il le prit par les épaules et fixa son regard dans les prunelles améthystes du jeune homme.

- H : Ce baiser ne représentait rien pour moi, j'étais ivre et Réléna en a profité. Fin de l'histoire. Il ne s'est rien passé entre nous depuis. Nous n'avons que des relations strictement professionelles bien que je sais qu'elle espérait plus. Je n'ai jamais éprouvé d'autres sentiments pour elle que du respect et de l'amitié. Un peu comme toi et Wufei aujourd'hui.

- D : Wufei t'a parlé de nous ? demanda l'aveugle, très surpris que son ami ait évoqué leur vie privée.

- H : Oui, il m'a dit que lui et toi aviez eu une liaison mais que vous étiez désormais amis. Vous avez vraiment l'air très proche.

- D : Wufei m'a beaucoup apporté, répondit-il avec un sourire nostalgique. Du soutien, du réconfort, beaucoup de tendresse mais ça s'arrête là. Ce qu'il y a eu entre nous était une relation purement platonique, nous n'avons jamais franchi le cap. Lorsqu'on s'est rendu compte que ça n'irait jamais plus loin, nous avons tout arrêté et il n'existe plus entre nous qu'un amour fraternel. Je lui serai toujours reconnaissant de tout ce qu'il a fait pour moi. Il m'a montré des choses merveilleuses avant que ma vue ne soit devenue totalement sombre. J'ai vu tout ce que je voulais voir hormis une chose que je ne verrai sans doute jamais.

- H : Quoi ? questionna le nippon, tout à coup très intéressé.

Duo rougit fortement en pensant à la chose qu'il voulait voir. Il baissa la tête pour se cacher et bredouilla maladroitement :

- D : Non, c'est quelque chose de complètement idiot !

- H : Si, dis-moi ! insista le japonais, décidement très curieux. Quoi que ce soit, je suis sûr que ça n'a rien d'idiot.

Duo se mordit la lèvre, hésitant. Ce qu'il allait lui révéler risquait de mettre la puce à l'oreille du japonais quant à ses sentiments pour lui. Mais comment le lui refuser quand il le lui demandait de façon si douce et sincère. Heero avait vraiment changé, il était plus ouvert et semblait exprimer davantage ses émotions. Rien à voir avec le fameux pilote 01 réputé impassible et asocial. De plus, les mains sur ses épaules ne l'aidaient pas vraiment à refuser. Il se résigna finalement à tout lui dire.

- D : En vérité, ça te concerne directement. Je ne sais pas vraiment comment te le dire... En fait, je... Ce que j'ai toujours voulu, depuis que je te connais, c'était de... de te voir sourire ! lâcha-t-il finalement avant de fermer fortement les yeux, attendant les remontrances du nippon.

Surpris, Heero le fut. Choqué, nullement. En fait, il était même flatté de savoir qu'il avait suscité l'intérêt de l'américain. D'ailleurs, cette révélation le fit sourire. Pas un sourire ironique ou amusé, mais véritablement un sourire heureux. Puisque Duo voulait le voir sourire, il allait le lui montrer. Doucement, il fit descendre ses mains le long des bras de l'américain jusqu'à ses poignets. Duo frissonna à ce contact à la fois doux et sensuel. Quand il arriva à ses poignets, Heero les prit et éleva les mains de l'américain à hauteur de son visage. Lentement, il les posa contre ses joues et dit d'une voix douce :

- H : Et bien alors, vois.

Duo tressaillit en sentant toute la douceur que Heero mettait dans ses gestes. N'osant y croire, il effleura à peine la peau satinée du japonais. Il sentit sous ses doigt son souffle chaud et ses pouces entrèrent en contact avec ses lèvres. Sans qu'il puisse s'en empêcher, ses doigt se mirent à en dessiner les contours et après quelques secondes, Duo se rendit compte que Heero souriait. L'image qui lui apparut dans son esprit était la plus belle qu'il ait pu imaginer. Cette vision le fit tendrement sourire et il sentit son coeur reprendre un rythme erratique. Sans savoir pourquoi, ses mains ne lui obéirent plus et se mirent à caresser le visage du japonais. Elles retracèrent les courbes de la mâchoire, le contour des yeux, la forme du nez pour finalement revenir aux lèvres sur lesquelles elles s'attardèrent comme pour en apprendre par coeur les formes. Heero dut se faire violence pour ne pas soupirer de bien-être sous les caresses de Duo. Il se retint à grand peine de happer les doigts aventureux qui ne se détachaient pas de ses lèvres. Il se mit à observer l'homme devant lui et ce qu'il vit acheva de faire tomber toutes ses barrières. Duo avait le regard dans le vide mais on pouvait y lire tellement de sentiments : bonheur, tendresse mais aussi de l'amour et du désir. Ses yeux s'étaient assombris et il avait les lèvres entrouvertes en un petit sourire mutin. Il était si désirable. Terriblement désirable. Tout à coup, Heero entendit une douce mélodie venant de l'extérieur. Doucement, il en distingua les paroles :

J'ai la gorge nouée
Une porte à pousser
Tu ne dois rien savoir
De mon émoi

C'est un jour de soleil
Mais tout est triste en moi
Et je me suis jurée
D'être forte pour toi

Et pourtant
Je crois, vraiment
Qu'il faudrait si peu de chose
Pour que je craque
Et que je me montre vulnérable, enfin

Car, je sais que tu vas nous quitter mon ange
La clarté étrange de ton sourire illumine mon été
Je sais que tu vas nous quitter mon ange
Mais comment oser te toucher
J'ai si peur de voir mes mains trembler

Etrangement, Heero se retrouva dans ces paroles. Il avait devant lui un ange baigné de lumière, un ange dont il était fou amoureux mais à qui il n'osait pas avouer ses sentiments. Sa seule présence lui faisait perdre tous ses repères et il savait que si il ne faisait rien, il allait le perdre.

Et si j'étais trop lâche
Pour voir la vérité
Et l'accepter avec courage
Comme toi tu le fais

Car, je sais que tu vas nous quitter mon ange
La clarté étrange de ton sourire illumine mon été
Je sais que tu vas tout quitter mon ange
Et si loin de moi t' envoler...

Oui, il devait enfin prendre son courage en main et tenter de conquérir son ange. Non, il ne le laisserait pas s'envoler loin de lui. Pas cette fois. Alors que Duo semblait encore perdu dans sa contemplation tactile, Heero en profita pour poser sa main au creux de ses reins et de le coller davantage à lui. Duo eut un petit sursaut et posa ses mains contre le torse du japonais. Heero ne s'arrêta pas là et posa à son tour sa main sur la joue de l'américain. Quand il la sentit, Duo voulut détourner la tête mais en la sentant lui caresser la joue, il ne put le faire et pressa davantage sa joue contre la main du japonais en fermant les yeux. Voyant que Duo ne le repoussait pas, Heero décida de continuer sur sa lancée. Tout doucement, sans brusquerie, il approcha son visage de celui de son ange et sentit le souffle chaud de son amour sur ses lèvres. D'abord, il ne fit que les effleurer ce qui lui valut le réveil de l'américain qui ouvrit de nouveau les yeux et les fixa dans ceux du japonais. Ne voulant plus reculer, Heero passa sa main dans la nuque de son ange et pressa doucement ses lèvres contre celles de Duo. Celui-ci cessa tout à coup de respirer, n'osant croire ce qui lui arrivait. Il sentait bien les lèvres de son amour contre les siennes, douces et chaudes comme dans ses souvenirs. Il se sentit comme fondre à travers ce baiser. Lentement, il referma les yeux et répondit timidement au baiser. Enhardi par la réaction de l'américain, Heero se permit de passer sa langue contre les lèvres offertes pour en quémander l'entrée. Duo le lui accorda aussitôt et la langue du japonais vint faire la connaissance de sa jumelle. S'engagea alors un ballet sensuel dans lequel chacun se donnait sans compter. Leurs langues se caressaient, se liaient puis se séparaient pour mieux se retrouver. Duo était tellement heureux qu'il ne put réprimer les larmes de bonheur qui dévalaient ses joues pour mourir au creux de ses lèvres, se mêlant ainsi au baiser. Quand ils durent se séparer à contre coeur, pour reprendre leur souffle, Heero en profita pour lécher les larmes au coin de ses yeux. Euphorique, Duo murmura contre ses lèvres ce qu'il cachait au plus profond de son coeur :

- D : I love you Heero... Forever and ever...

Ces paroles furent étrangement familières au japonais qui tenta de se rappeler où il les avait entendu. Il se souvint les avoir entendu plusieurs fois en rêve et pensaient qu'elles n'étaient dû qu'à son imagination trop fertile. Pourtant la sensation des lèvres de Duo et la tonalité de ses mots ne lui étaient pas inconnues.

- H : Ce n'est pas la première fois que tu me dis ça, remarqua-t-il en reprenant sa caresse sur sa joue.

Duo écarquilla les yeux puis lui adressa un sourire gêné. Finalement, Heero l'avait entendu ce soir-là. Allait-il lui en vouloir d'avoir profiter de son sommeil pour assouvir son fantasme ? Pour le savoir, il suffisait de demander.

- D : En effet, répondit-il, rêveur. J'avais profité de ton sommeil pour t'avouer ce que je brûlais de te dire depuis notre première rencontre. Je ne te mentirai pas Heero, je t'aime depuis toujours. Lorsque je vous ai vu, Réléna et toi, vous embrasser, j'ai cru que mon coeur était à jamais brisé. J'étais résolu à partir pour échapper à la souffrance de te voir heureux avec une autre personne que moi mais je voulais connaître la sensation d'embrasser les lèvres de l'être aimé au moins une fois. Je n'avais jamais été aussi heureux qu'au moment où mes lèvres ont rencontré les tiennes pour la première fois et je n'ai pu m'empêcher de te souffler à l'oreille mes sentiments avec la certitude que je ne pourrais jamais te les dire dans la réalité. Est-ce que tu m'en veux ?

Heero considéra ce que venait de lui dire Duo et comprit qu'il était la cause de son départ. Sans le savoir, il avait blessé la personne qu'il aimait et celle-ci attendait de lui qu'il recolle les morceaux de son coeur brisé.

- H : Non, je ne t'en veux pas, murmura-t-il en posant son front contre le sien. Si j'en veux à quelqu'un, c'est à moi et à mon stupide aveuglement. Je n'ai pas su voir que tu souffrais par ma faute et à cause de ça, j'ai failli perdre le seul être qui a su me faire connaître l'amour. Je ne peux pas effacer ce qui s'est passé mais je ne laisserai plus de côté mes sentiments désormais.

- D : Est-ce que ça veut dire que tu...

- H : Oui, le coupa-t-il. Je t'aime aussi Duo et depuis longtemps. Aishiteru Tenshi...

Et sans plus attendre, il reprit possession des lèvres de son ange. Leur échange devint vite passionné, les mains commencèrent à se faire baladeuse et c'est presque dans un état second qu'ils se retrouvèrent allongé l'un sur l'autre sur le lit, torse nu, leurs premiers vêtements éparpillés sur le sol. D'un geste vif, le japonais balaya la veste présente sur la couverture et les hissa jusqu'au milieu du lit sans jamais quitter les lèvres de son futur amant. Il dominait l'américain, un genoux de chaque côté de ses cuisses, collant leurs corps au maximum. Heero abandonna les lèvres de son ange et se fondit dans son cou opalin, le parsemant de baisers aussi légers que des papillons avant de le sucer avidement et d'y apposer sa marque. Duo n'était plus que gémissements et ressentait avec délice les flammes de son désir qu'il pensait oublier refaire doucement surface. Ne restant pas inactif pour autant, il passa ses bras autour du corps de son amant et redessina les muscles de son dos avec ses mains, caressant sensuellement la chair satinée sous ses doigts hypersensibles. Tout doucement, Heero descendit ses baisers jusqu'au torse du châtain et s'amusa à embrasser, à lècher et à mordiller les boutons de chair roses durcis par le plaisir. Duo avait de plus en plus de mal à réprimer ses gémissements, jamais il n'avait eu autant conscience de son corps auparavant et se perdait totalement dans les nouvelles sensations que le japonais s'employait à lui faire connaître. Quand il eut fini de martyriser les tétons de son amant, Heero reprit sa descente jusqu'au nombril, traçant un sillon brûlant avec sa langue sur les abdos finement musclés de l'américain. Il lècha le contour avant d'y faire pénétrer sa langue, arrachant ainsi un nouveau frisson et un gémissement encore plus audible à son amant.

" Heero..."

Heero comprit la supplique de son amant et s'employa à le débarasser de son pantalon et de son boxer, les faisant glisser lentement le long de ses jambes. Une fois les deux vêtements partis rejoindre leurs confrères au sol, Heero donna quelques baisers vers son entrecuisse, évitant délibérement le membre tendu de plaisir de son amant. Puis, répondant enfin aux désirs de son ange, il le lècha sur toute sa longueur. Duo se cambra sous le plaisir intense, la bouche grande ouverte en un cri muet avant de retomber sur le matelas, haletant. Il se saisit des draps et les serra fortement entre ses doigts, recherchant un point d'encrage dans son extase. Il crut mourir quand le japonais prit son désir en bouche et se mit à faire de lents mouvements de va et vient, lui faisant perdre le peu de contrôle qu'il avait conservé jusque là, et ne retint plus ses cris de plaisirs. Lorsque Heero accéléra la cadence de sa torture, la respiration de Duo se fit de plus en plus chaotique et il se sentit sombrer dans la vague déferlante de l'orgasme. Il ne tint plus et se libéra dans la gorge de son amant. Heero lécha une dernière fois le membre de son amour avant de remonter vers ses lèvres et de l'embrasser passionnément, lui faisant partager le goût de son fluide de vie. Duo se colla contre le corps de son amant, brûlant de désir. Jugeant qu'il était prêt à passer à l'étape supérieure, Heero lui présenta ses doigts que le châtain se fit un plaisir d'humidifier. Pendant que Duo suçait avidement les doigts de son amour comme si c'était de simples sucreries, Heero en profita pour retirer son propre pantalon et son boxer. Quand il trouva ses doigts suffisamment humides, il les retira, s'attirant un grognement de frustration de la part de son ange qu'il baillonna de ses lèvres. Il fit lentement descendre ses doigts le long du corps de son amant et fit prudemment pénétrer un doigt dans l'intimité encore inviolée de l'américain. Duo se crispa et Heero se mit à lui embrasser le visage et le cou pour le détourner de la douleur. Il fit bouger son doigt à l'intérieur de l'antre de son amant avant d'en faire pénétrer un deuxième puis un troisième et de faire un mouvement de ciseaux pour le préparer. Bientôt, Duo se remit à gémir de plaisir et s'empala de lui-même sur les doigts de son amour. Il eut un sursaut quand les doigts touchèrent un point précis en lui, lui procurant une agréable sensation de bien-être. Heero embrassa son ange. Dans le même mouvement, il retira ses doigts et le pénétra doucement. Duo noua ses jambes sur les hanches de son amour afin de le recevoir davantage. Quand il fut entièrement en lui, Heero se stoppa, laissant le temps à son amant de s'habituer. Ce fut lui qui lui donna le feu vert en ondulant du bassin, réclamant plus de contact. Tout doucement, Heero commenca à entrer et sortir de l'intimité du châtain, faisant de amples mouvements pour ne pas le blesser. Après quelques minutes, il lâcha la bride de son plaisir et débuta des mouvements de plus en plus rapides, de plus en plus profonds et retrouva le point qui allait emmener son ange au septième ciel. Duo rejeta sa tête en arrière, ses doigts crispés dans le dos de son amour. Leurs gémissements se muèrent en cris, chacun se laissant consumer par les flammes du plaisir pur, le nom de leur amour sur le bout des lèvres. Enfin, ils s'appartenaient l'un à l'autre, leurs corps et leurs âmes en union parfaite. Après plusieurs minutes de communion charnelle, Duo se libéra une deuxième fois entre eux en hurlant le nom de son amant. Heero fit un dernier mouvement avant de se libérer à son tour dans l'intimité brûlante de son ange. Il reprit peu à peu sa respiration, ne quittant pas des yeux le visage de Duo, transcandé par la jouissance. Duo porta ses mains jusqu'au visage de son amour et l'amena jusqu'à ses lèvres. Heero en profita pour se retirer et le prit dans ses bras sans interrompre le baiser. Duo mit fin au baiser et allongea le japonais. Il se laissa faire et se retrouva avec l'américain à moitié allonger sur lui, lover contre son torse. Alors qu'il allait se laisser emporter par les limbes du sommeil, il entendit Duo lui murmurer :

- D : Je t'aime Heero. Ne me laisse plus jamais partir loin de toi.

- H : Taete watashi no tenshi (2), répondit-il.

Duo sourit à cette réponse et s'endormit paisiblement entre les bras de son amant.

Pendant que le couple se remettait lentement de leur union, Wufei fixait inlassablement le lac devant lui, les bras croisés sur son torse. Il savait qu'il allait repartir seul, il savait que le japonais avait dû se déclarer et que Duo choisirait de rester avec lui. Il devait se faire une raison : il devrait repartir seul. Cette perspective ne lui plaisait pas beaucoup mais il ne pouvait pas s'opposer au bonheur de son ami. Ce serait égoïste de sa part. Il ferma les yeux et sourit. Une fois de plus, il allait se retrouver seul. La vie était vraiment étrange. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'entendit pas la personne derrière lui s'approcher. Ce n'est que lorsque cette personne posa sa main sur son épaule qu'il sortit de sa réflexion et se retourna vivement, prêt à se défendre. Il abaissa les poings en reconnaissant Zechs qui avait levé les mains en signe de paix.

- Z : Doucement, dit-il, je ne suis pas là pour me battre.

- W : Veuillez m'excuser ! répondit le chinois. La force de l'habitude.

- Z : Ce n'est rien. Je voulais juste vous dire que je comprenais les motivations de votre ami et que j'admirais la dévotion dont vous avez fait preuve envers lui pendant toutes ces années.

- W : Sur le moment, ça m'a paru normal. Duo m'a énormément apporté et je me dis que la moindre des choses aura été de lui épargner certaines souffrances. Je tiens beaucoup à lui.

- Z : Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre avec ce que vous avez dit à Heero tout à l'heure.

- W : Cela vous choque ? demanda-t-il en encrant son regard onyx dans celui océan.

- Z : Pas du tout ! dit-il en soutenant son regard.

Un silence s'installa entre les deux hommes avant que Wufei ne détourne les yeux, troublé par le regard de l'homme à côté de lui. Il sentit ses anciens sentiments refaire surface et renoua avec le désespoir qui l'habitait le soir du bal de Sank. Ne voulant pas paraître suspect, il s'empressa de changer de conversation :

- W : J'ai remarqué que le lieutenant Noin n'était pas avec vous. Elle n'a pas pu venir ?

Zechs, pas stupide pour deux sous, comprit la manoeuvre du chinois et sourit, amusé. Ne voulant pas laisser un malentendu l'éloigner de lui, il s'empressa de lui répondre :

- Z : Aux dernières nouvelles, elle coûle des jours heureux en compagnie de son mari et de leur petite fille dans un petit village au sud de l'Allemagne.

Le chinois ne cacha en rien sa surprise et se tourna de nouveau vers l'ancien commandant d'Oz.

- W : Mais je croyais qu'entre elle et vous...

- Z : Vous pensiez que nous étions ensemble, le coupa le blond. Non, il n'y a jamais rien eu entre nous. Nous ne sommes que de simples amis d'enfance, rien d'autre.

- W : Oh... Il n'y a donc personne qui partage votre vie ? questionna le chinois, faisant mine d'être désintéressé.

- Z : A vrai dire, il existe une personne avec laquelle j'aurais aimé faire ma vie mais maheureusement je n'ai jamais pu lui dire mes sentiments.

- W : Pourquoi ?

- Z : Tout simplement parce qu'elle a disparu avant que je n'ai eu le temps de lui dire. J'ai tenté de l'oublier mais je n'ai jamais réussi à l'occulter de mon esprit.

- W : Vous l'aimiez ?

- Z : Je crois que je n'ai jamais cessé de l'aimer, avoua-t-il avec un petit sourire tendre.

Les mots de l'homme transperçèrent le coeur de Wufei. Il enviait la femme qui avait su conquérir le coeur et les pensées de cet homme qui hantait ses nuits. C'est donc avec beaucoup de dépit qu'il laissa s'échapper sa dernière pensée.

- W : Cette femme a vraiment beaucoup de chance d'être aimé par un homme aussi honorable et sincère que vous. J'espère que vous la retrouverez et qu'elle répondra à votre amour, vous le méritez.

- Z : Oh mais je n'ai jamais dit qu'il s'agissait d'une femme, remarqua le grand blond.

- W : Quoi ?! s'écria le chinois, abasourdi par cette révélation.

- Z : La personne dont je vous parle est en réalité un homme. L'homme le plus fier et le plus passionné qu'il m'ait été donner de rencontrer. Je suis tombé sous son charme à la première seconde où nos regards se sont croisés. Bien que ce soit un homme, je n'avais jamais vu un être aussi beau de toute ma vie. Et malgré le fait que nous avons été ennemi par le passé, je n'ai jamais douté qu'un jour nous aurions pu être ensemble, lui et moi, une fois que la guerre aurait cessé.

- W : Vous étiez des ennemis ?

- Z : Oui, lui était dans la résistance alors que moi, je servais fidèlement les intérêts d'Oz. C'est grâce à lui que j'ai décidé de trahir mes supérieurs et de me battre selon mes propres convictions, comme lui.

- W : Ah... Et où est-il aujourd'hui ?

Zechs sourit davantage à cette question, somme toute innocente, mais lourde de conséquence. Il allait jouer le tout pour le tout et tant pis si il s'était trompé.

- Z : Il a disparu de la circulation il y a quelques années mais j'ai eu l'agréable surprise de le voir réapparaître dans ma vie alors que j'avais perdu tout espoir.

- W : Et qui est-ce ? Je le connais ?

- Z : Oh oui, vous le connaissez même très bien. D'ailleurs, il se trouve juste à côté de moi.

A ces mots, Wufei se figea et son coeur rata plusieurs battements. Avait-il bien entendu ? L'homme qu'aimait Zechs depuis plusieurs années et qu'il n'avait jamais cessé d'aimer c'était... Lui. Il n'arrivait pas à y croire. Voyant que le chinois semblait perdu dans ses réflexions, Zechs décida de le mettre devant le fait accompli. A présent, ça passe ou ça casse se dit-il. Doucement, il s'approcha de lui et, sans prévenir, il le renversa et l'embrassa. Surpris, Wufei ne réagit pas un premier temps puis, prenant conscience des lèvres douces contre les siennes, il envoya pètre sa fierté. Il passa ses bras autour du cou du blond et répondit ardemment au baiser.

Sous la tente, Quatre et Trowa dansaient au milieu des autres couples. Alors qu'ils terminaient leur danse, ils eurent l'agréable surprise de voir apparaître deux couples pratiquement en même temps. Zechs et Wufei arrivèrent les premiers, main dans la main, se regardant amoureusement. Peu de temps après, ce fut le tour de Duo et Heero de faire leur apparition. Duo, vêtu du costume prêté par Quatre, se tenait au bras du japonais qui posait sur lui un regard tendre. Quand ils arrivèrent au milieu de la piste, Hilde se jeta sur l'américain et le serra très fort dans ses bras en le suppliant de lui pardonner. Duo lui rendit son étreinte et lui caressa les cheveux en lui murmurant doucement qu'il lui pardonnait. Après ça, l'allemande retourna auprès de son fiancé et laissa le nouveau couple avec un sourire bienveillant. Quand elle fut partie, Heero tourna Duo face à lui et lui saisit les hanches. Duo comprit ce qu'il voulait et passa ses mains sur la nuque de son amant. Tout doucement, ils se mirent à tourner sur le rythme douceureux de la musique. Wufei et Zechs se joignirent à eux, sous le regard stupéfait de Réléna qui se crut dans la quatrième dimension. Heero en informa son amaant qui fut heureux de savoir que son ami ne serait plus jamais seul. Il se colla contre le torse de son amour et posa sa tête sur son épaule. Heero posa son menton sur le haut de la tête de son ange et ferma les yeux, profitant de la douceur de ce moment.

La fête ne prit fin qu'aux premières lueurs de l'aube. Quatre et Trowa partirent en lune de miel, Wufei repartit en Chine avec un nouvel associé tandis que Heero informa son employeur qu'il prenait ses congés pour pouvoir profiter au mieux de sa nouvelle vie de couple.

Finalement, ce ne sont pas toujours les non-voyants, les vrais aveugles. Une image peut mentir, mais pas le coeur. Ces deux âmes solitaires ont finalement compris que le plus important n'était pas de lire l'amour avec leurs yeux, mais avec ceux de leur coeur.

Owari.

(1) signifie idiot, crétin ou imbécile en allemand ( choisissez en un, de toute façon c'est du pareil au même )

(2) Jamais, mon ange en japonais.


Merci encore de votre fidélité. Les mots me manquent pour vous exprimer toute ma gratitude alors que j'écris ces dernières lignes. J'espère vous retrouver très bientôt avec ma toute nouvelle fic que je compte publier d'ici peu. En attendant, je vous dis au revoir et à bientôt !