Quelques précisions avant de commencer :

- Mon univers découle de la fin du tome 7 (au niveau des personnages en vie, de leur travail, etc...). Seulement il n'y sera pas fait référence avant une demi-douzaine de chapitres, et encore de façon assez vague.

- J'aimerais beaucoup avoir votre avis sur l'histoire, afin de l'améliorer si possible, autrement je n'ai rien contre quelques reviews

Bonne lecture.

Chapitre 1 : Lune rouge

La pleine lune éclairait faiblement Bolton, un quartier tranquille à la périphérie de Liverpool. Ici, toutes les maisons se ressemblaient, et tous les habitants menaient une vie paisible et ordinaire.

Pourtant, au 53, Stimpin Street, une petite famille singulière faisait une partie de bataille explosive. Marc Phillis était un sorcier dirigeant à lui tout seul une dizaine d'entreprises sorcières, et ces affaires étaient une véritable réussite. Mais, en dépit de tout l'argent qu'il avait amassé, il avait préféré s'installer dans un quartier moldu ; une ambiance beaucoup plus sereine que le Chemin de Traverse. Sa femme, Amelia Phillis, auror de profession, avait tout de suite acquiescé, préférant rester au calme après ses longues et épuisantes journées de travail.

Le jeune couple avait un enfant répondant au nom d'Andrew Phillis. Il avait des yeux d'un vert intense et des cheveux sombres. Le petit garçon qui avait fêté ses sept ans une semaine auparavant, se montrait extrêmement précoce : il savait déjà parfaitement lire et écrire, bien qu'il devait encore faire des progrès. Mais ce qui faisait la fierté de ses parents était son apparente facilité avec la magie. Elle s'était manifestée très tôt, à un an, un jour où sa mère le grondait, ses cheveux, d'habitude bruns, devinrent rose fushia ! Elle ne comprit les rires excités de son fils que lorsque son mari arriva et lui expliqua la situation après un long fou rire. Depuis il arrivait que le garçon se serve de la magie, avec plus ou moins de succès, quand il n'arrivait pas à faire les choses "de façon moldu". Il était bien entendu au courant de sa condition de sorcier et était comme tout jeune sorcier anglais, impatient d'entrer à Poudlard.

Lorsque que 22 heures sonnèrent, Amelia demanda à son fils d'aller se coucher. Le garçon allait protester, mais quand il croisa le regard furieux de sa mère, il préféra ne pas faire d'histoire. Il avait en effet appris à ses dépens qu'il valait mieux ne pas contredire sa mère car Amelia Phillis pouvait se révéler pire à elle seule qu'une vingtaine de détraqueurs, même si Andrew n'en avait jamais rencontré.

Le petit garçon se dirigeait donc vers les escaliers pour monter dans sa chambre après avoir souhaité une bonne nuit à ses parents.

Mais alors qu'il était arrivé au pied de l'escalier, un immense éclair blanc éclaira la pièce, si aveuglant qu'Andrew dut en fermer les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il aperçut cinq créatures poilues, aux épaules voutées et à tête de loup. Elles avaient de longue mâchoires et des griffes acérées capable de déchiqueter un humain. Cinq loups-garous étaient apparus, Merlin savait comment, en plein milieu du salon des Phillis.

Marc et Amélia réagirent très vite : Amelia avait sortit sa baguette magique et tentait de stupéfixé les loups-garous qui s'approchait d'elle. Si elle immobilisa un lycan, elle se fit très vite mettre au sol par un deuxième qui ne perdit pas de temps pour la mordre jusqu'au sang. Marc avait sorti un sabre qu'Andrew n'avait jamais vu à la ceinture de son père, et il trancha net le premier loup-garou qui s'était jeté sur lui. La bête s'effondra au sol dans un jappement pitoyable pendant que Marc enfonçait son sabre dans le ventre d'un autre lycan. Mais celui-ci, avant de mourir, décocha un énorme coup de poing à l'homme qui tomba au sol sous le choc, le visage ensanglanté. Avant même qu'il ait pu faire un geste, le dernier loup-garou se jeta sur lui et lui lacéra l'abdomen.

Andrew assista à la scène avec effroi, adossé à un mur près des escaliers, incapable de bouger, tétanisé par ce spectacle horrible. Il se sentit faible, impuissant, apeuré… Etrangement, les loups-garous n'avaient pas encore remarqué sa présence. Mais cela changea quand celui qui avait mordu sa mère se releva de la dépouille ensanglantée et fixa son regard sur le petit garçon de 7 ans. Lorsqu'il croisa le regard de la bête qui avait tuée sa mère, une colère immense, une rage incontrôlable le submergea. Le loup-garou chargea, tout en ouvrant sa gueule pour mordre l'enfant. Soudain la rage qui bouillait dans le corps d'Andrew atteint un seuil critique et, avant que le loup-garou n'atteigne sa cible, elle s'était transformée en deux sortilèges violets qui jaillirent du corps de l'enfant et frappèrent les derniers loups-garous encore en vie. Ces derniers tombèrent au sol dans un même ensemble, morts ; terrassés par le sortilège.

Andrew ne savait pas comment il avait fait cela et il s'en foutait. Ses pensées étaient occupées par ses parents. Sa mère ne bougeait plus, mais son père tentait de faire un mouvement vers le reste de sa famille. Il parvint péniblement jusqu'à sa femme, mais cette dernière avait succomber à ses blessures : elle était morte. Andrew rejoint son père, s'écroula à ses côté et comprit rapidement que sa mère n'était plus. Quand il regarda son père, il vit son corps maculé de sang et couvert de morsures. Il avait l'air blanc et blafard de ceux qui n'allaient pas bien. Marc Phillis savait que ses blessures étaient trop grave pour qu'il s'en sorte. Mais tout ce qui lui importait, maintenant qu'Amelia était morte, c'était son fils… Son fils, sa joie, sa fierté, qui se tenait devant son père. Le regard du jeune garçon montrait clairement qu'il avait comprenait ce qui se passait, sans pouvoir l'assimiler.

Les mots ne réussissaient pas à sortir de sa bouche de Marc, comme s'il ne restait plus assez d'énergie dans son corps agonisant pour parler…

— ­­Sache… que ta mère et moi… nous t'aimons…

Ses mots moururent dans un dernier souffle interminable, emportant avec lui la vie de Marc Phillis.

Andrew ne put retenir ses larmes. Il n'osait y croire, tout allait si bien il y a quelques instants, comment était-ce possible. Il ne savait pas quoi faire et ne trouva rien de mieux que de continuer à pleurer ses parents. Il n'arrivait pas à accepter la dure réalité…

Trop occupé par les corps encore chauds de ses parents, il n'entendit ni ne vit la forme noire se faufiler dans la maison et venir observer la scène d'un regard gris glacial :

— Quel spectacle touchant ! ironisa la forme, d'une voix profonde et terrifiante

Andrew, surprit et apeuré, se retourna rapidement, aussi vif qu'un éclair. Face à lui se tenait un homme tout de noir vêtu. Sa capuche ne laissait entrevoir qu'un sourire cruel et sadique : il semblait prendre plaisir à la mort des Phillis et à la tristesse d'Andrew….

— Qui êtes-vous ? demanda Andrew d'une voix mal contrôlée

— Tu n'as pas besoin de la savoir. Mon plan n'a pas marché comme prévu mais peu importe, je te tuerai moi-même…

L'homme leva sa main droite qui tenait une longue baguette magique. Sa bouche sembla vouloir former un mot mais n'eut jamais le temps de le finir : un éclair orange venu de l'entrée toucha l'homme et le projeta quelques mètre plus loin.

Quelques secondes plus tard, trois hommes portant de longues capes bleues grises entrèrent dans le salon. Leurs visages étaient aussi cachés sous leurs capuches. L'un d'eux se positionna devant Andrew, baguette brandie, prêt à défendre l'enfant impuissant. Les deux autres se tenaient face à l'homme en noir, prêt à en découdre…

Ce dernier semblait énervé par l'arriver des trois étrangers. Sa voix devint colérique et plus effrayante encore :

— Tu as de la chance cette fois-ci, mais je jure que je te tuerai de ma main Andrew Phillis.

Il fit un signe de baguette, une grande lumière les aveugla, et quand ils retrouvèrent la vue, l'homme avait disparu, laissant derrière lui trois hommes décontenancés et un enfant effrayé et perdu…

D'un même mouvement, les trois inconnus abaissèrent leur capuche, dévoilant des visages d'origine asiatique. L'un d'eux, le plus jeune, la trentaine, les cheveux noirs coupés si courts qu'il en était presque chauve, s'approcha d'Andrew :

— Tu ne risques plus rien pour le moment. Je m'appelle Iram Liang. Je suis un ami de ton père, dit-il d'une voix calme

Andrew était trop fatigué pour se souvenir s'il avait déjà vu l'homme qui se tenait devant lui. Il était encore trop bouleversé par les évènements pour avoir une réflexion sensée.

— Ton père était comme nous, membre d'un ordre de sorciers millénaire, et quand nous avons senti sa mort, nous sommes venus directement…

Andrew était intrigué par ses dires, mais il était trop fatigué, trop assailli par les émotions pour bien comprendre ce qu'il se passait. Il regarda à nouveau le corps de ses parents, sans vie. D'un coup, un malaise monta en lui. Ses forces l'abandonnèrent : il s'évanouit !