Spleen

Amour, amour, quand tu nous tiens,
On peut bien dire : « Adieu prudence ! ».
Jean de la Fontaine, Le Lion amoureux.

Un square.
La nuit.

Quelques gouttes commencent à tomber sur les quelques passants: des hommes en costume pressés de rentrer chez eux retrouver la chaleur de leur cocon familial, des femmes en retard à un rendez-vous qui finissent de se préparer tout courant, des couples de jeunes amoureux à la recherche d'un lieu calme, discret et au sec pour continuer leur découverte mutuelle.

Le temps semble finalement se décider et les gouttes se font plus rapprochées. Il n'y a plus aucun promeneur. Tous ont fui les allées détrempées. Sur un vieux banc un peu branlant où mille promesses d'amour ont déjà été gravées, une femme est assise. Elle n'a pas bougé depuis une heure. Quand la pluie a commencé à tomber quelques instants plus tôt, elle n'a pas cherché à fuir comme tous les autres. Elle a simplement refermé son livre. Un vieux livre à la couverture bleue usée d'avoir été si souvent tripotée par ses mains. En soupirant, elle l'a rangé dans son sac. De toute façon, elle ne lisait pas vraiment. Cela fait 22 ans qu'elle l'a commencé et elle n'a jamais pu dépasser la page quinze. A chaque fois, une sorte de blocage l'empêche de continuer. Quand ce n'est pas la pluie ou l'interruption d'une tierce personne, ce sont ses souvenirs qui remontent à la surface et l'empêchent de lire… elle l'a pris par habitude… et par ironie… Ce soir, elle a officiellement rendez-vous avec les souvenirs qui l'ont toujours empêchée de finir ce livre. La pluie se fait plus insistante. Elle n'en a cure. Il en faudrait beaucoup plus que cela pour la faire bouger ; ce soir, il viendra, elle en est sûre.

Pour tromper l'attente, elle effleure du bout des doigts les promesses d'amour gravées au couteau sur le banc et se demande fugitivement que sont devenus ces couples de bienheureux innocents. Ont-ils connu la trahison, la désillusion, la souffrance ? Ou bien ont-ils été protégés et coulent-ils toujours des jours plus ou moins paisibles l'un auprès de l'autre ?

Du bout de l'ongle, elle joue avec la peinture verte qui s'écaille autour d'un cœur transpercé d'une flèche protégeant des initiales entremêlées. Elle sourit. Décidément cette peinture vert foncé écaillée la poursuit. Mais cette fois, elle se le jure, elle sera un meilleur présage que la dernière fois. La pluie ruisselle sur son visage offert et s'infiltre insidieusement à travers ses vêtements. Elle frissonne un peu, mais ne bouge pas. Il viendra, c'est sûr. Il a dû être retardé à la dernière minute.

Deux couples, protégés par des parapluies, passent près d'elle riant et courant. Ils lui jettent un regard étonné où se mêle un peu de condescendance. Puis la fixant du coin de l'œil, un des hommes dit quelque chose à ses condisciples, ils éclatent tous à nouveau de rire et disparaissent de sa vue. Elle n'en a cure. Elle est au-delà de ça depuis longtemps. Il viendra, c'est sûr.

Le temps passe. La pluie s'interrompt parfois puis reprend de plus belle. La femme est toujours assise sur son banc, bien droite, éclairée par la faible lueur d'un lampadaire. Le reste s'est fondu dans l'obscurité. Elle est seule avec ses souvenirs; même les étoiles ne brillent pas ici ce soir. Mais au fond d'elle l'espoir n'est pas encore tout à fait éteint. Il viendra.

Un pas régulier et calme crisse soudainement sur le gravier déchirant le silence pesant de cette nuit. Son imagination lui joue-t-elle un tour ? Elle plisse les yeux et regarde tout autour d'elle. Elle ne voit rien. Elle soupire et reprend son attente passive. Soudain un homme surgit … et disparaît presque aussitôt. Ce n'était pas lui.

La pluie qui ruisselle sur son visage a maintenant un petit goût salé. Des larmes de frustration s'y sont mêlées. Elle n'aurait pas dû venir. Ca ne sert à rien de vouloir remuer de vieux souvenirs. Elle ne fait que revivre la même sinistre journée qu'il y a 22 ans… à la différence près qu'elle est trempée et qu'elle aurait dû savoir à quoi s'attendre. Elle n'a plus l'excuse de l'inconscience de la jeunesse. Elle se saisit de son sac et puis le repose presque aussitôt. Elle ne peut pas partir maintenant. Cette attente n'a rien avoir avec celle d'il y a 22 ans. A l'époque, elle pensait qu'il ne viendrait pas. Cette fois, elle est sûre qu'il viendra. Même si tous les éléments semblent vouloir lui donner tort ! Même s'ils forment une gigantesque coalition pour empêcher ces retrouvailles ! Il viendra, c'est sûr. Elle y croit farouchement. Et elle se raccroche à cette idée, même si une petite voix lui susurre à l'oreille qu'elle se fourvoie.

La pluie tombe toujours et elle se demande pourquoi elle cherche absolument à le revoir. Le temps a passé, ils ont changé, vieilli, goûté au bonheur et au malheur loin de l'autre et vécu tant d'expériences différentes. Elle s'est mariée, a eu de beaux enfants et elle est heureuse de cette vie. Lui aussi parait heureux de la sienne. Alors pourquoi risquer de tout briser en pourchassant un vieux fantôme ? Elle n'en sait rien. Mais elle doit prendre ce risque. C'est plus fort qu'elle. Il faut qu'elle le revoit… même si ce doit être la dernière fois, même si c'est pour se dire adieu. Elle resserre les pans de son vieux manteau autour d'elle comme pour se réchauffer… bien que, trempé comme il est, cela ne soit guère efficace. Tant pis, elle ne bougera pas d'ici… pas tant qu'il ne sera pas là. Elle souffle dans ses mains pour se réchauffer et avec un peu de culpabilité pense à sa famille qui doit dormir bien au chaud. Elle les trahit un peu en restant sur ce banc à attendre cet homme… Mais elle ne partira pas, elle ne le peut pas… Quand elle ferme les yeux, ce ne sont pas ses enfants, ni même son mari qu'elle voit, c'est cet homme aux cheveux d'or qu'elle a essayé d'oublier en vain depuis 22 ans et que le hasard a remis sur sa route récemment. Cela ne veut pas dire qu'elle ne les aime plus, non… c'est juste qu'il n'y a pas qu'eux dans son cœur… Ils n'ont pas su y tenir toute la place… Elle baisse la tête et serre les poings. Elle chasse ses pensées. Ce soir, elle ne veut plus être Mme Anderson, épouse comblée d'un diplomate et mère de deux merveilleux enfants, mais tout simplement Yllana Ralianov, ancienne étudiante russe… qui avait rêvé d'une autre vie et qui attend un vieil ami.

Un homme tapi dans l'ombre la boit littéralement des yeux, depuis quelques instants déjà. Il s'étonne que malgré la pluie, elle soit toujours là sur ce banc à attendre. Elle est belle. Elle ne devrait pas être seule. L'endroit n'est pas sûr. Il hésite sur la conduite qu'il doit tenir. Mais inexorablement il se sent poussé vers elle. Il sait qu'il ne devrait pas y aller, qu'il ne devrait pas l'approcher. Ca ne peut que lui attirer des ennuis. Ca ne peut que le faire souffrir. Mais son corps ne tient pas compte des ordres de son esprit… et il avance malgré lui… sans faire de bruit. Il est à peine à un mètre derrière elle. Perdue dans sa rêverie, elle n'a pas senti sa présence. Il est encore temps de faire demi-tour. Elle sourit brusquement et lui se demande à quoi elle pense. Il ne reviendra pas sur ses pas, maintenant. C'est bien trop tard et puis à vrai dire, il n'en a pas envie… Il est maintenant debout juste derrière elle. Sans dire un mot, il pose brusquement ses mains sur ses épaules. Elle sursaute et se tend sous cette poigne ferme. Elle ne s'y attendait pas, elle se croyait encore seule. Elle lutte contre la panique qui monte en elle. L'homme n'a toujours rien dit. Elle tourne la tête pour lui faire face… et se détend immédiatement. Elle se dégage et se lève. Elle prend son sac, contourne le banc pour venir à ses côtés. Il n'a pratiquement pas bougé, mais un sourire s'épanouit sur ses lèvres. Rayonnante, elle se plante devant lui en lui adressant un sourire lumineux. Il est quand même venu. Et c'est d'une voix heureuse et dénuée de tout reproche qu'elle déclare :

- « Bonsoir Georgi. »

Sa voix grave le trouble plus qu'elle ne le devrait. Constatant cela, il pense une fois de plus que c'était une mauvaise idée de venir à ce rendez-vous. Mais on ne peut pas toujours lutter et dominer ses envies au nom de la prudence…

- « Bonsoir Yllana. »

Sa voix chaude, son regard qui l'enveloppe, sa proximité la troublent. Tout n'a pas changé. Bien sûr ils ont quelques rides en plus, mais quelle importance ? … L'essentiel est toujours là.

La pluie se met à tomber plus dru. Elle frissonne. Il pose son manteau délicatement sur ses épaules. Il est mouillé aussi et ça ne sert pas à grand chose, mais l'intention est là. Il lui tend la main, lui laissant encore la possibilité de choisir, de fuir. Avec un sourire elle lui confie la sienne. Il l'entraîne en courant loin de ce banc se mettre à l'abri. A les voir ainsi, on ne dirait pas qu'ils ont dépassé la quarantaine depuis quelques temps déjà. Plus de gravité, plus de calme, plus de tempérance, plus de recul… ils se laissent enivrer par leurs émotions… Ils ont rechaussé les chaussons de leur jeunesse pour quelques heures…

Un break noir s'arrête devant une maison de banlieue. Le couple descend. Ils ont beaucoup ri et un peu parlé d'eux… mais un peu seulement. Inutile de rappeler tout ce qui les sépare…
Il ouvre sa porte. Le carillon sonne. Elle sourit. Il a toujours ce truc. Elle pénètre timidement dans sa demeure. Il fait sombre. Elle constate tout de suite que c'est une maison où on ne vit pas beaucoup. Tout est bien rangé, trop sans doute. C'est fonctionnel, mais ça manque de chaleur, de lumière… peut-être de la présence d'une femme tout simplement. Il revient avec des serviettes et lui en tend quelques-unes pour qu'elle puisse se sécher…

Quelques instants plus tard.

Et une serviette de plus qui ne lui est plus d'aucune utilité… tellement elle est mouillée. Avec un éclat de rire, elle la laisse tomber sur le tas humide que forment déjà les autres à l'entrée. Elle n'avait pas conscience qu'il avait autant plu et qu'elle était aussi humide quand elle l'attendait… Elle n'est pas tout à fait sèche, mais ce n'est pas grave. Il est venu et elle est là à ses côtés, chez lui. Elle secoue la tête et de ses cheveux en bataille s'échappent quelques gouttes d'eau qui glissent le long sa nuque, puis de son dos. Elle ne peut s'empêcher de tressaillir sous ce contact froid qu'elle n'attendait pas. Avec un sourire, Georgi passe derrière elle et entreprend obligeamment d'essuyer ces quelques gouttes récalcitrantes avec sa propre serviette, la seule à ne pas avoir encore été complètement imbibée d'eau. Il réunit ensuite tous ses cheveux dans sa main gauche, les tord et se met à les sécher consciencieusement… elle peut sentir son souffle chaud sur sa nuque dégagée… et cela la trouble… beaucoup plus que cela ne devrait être possible. Sa respiration s'accélère, son corps se raidit… Lentement, elle se retourne et d'une voix un peu trop rauque le remercie de ses attentions. Il hausse les épaules comme pour dire que ce n'était rien et se recule un peu pour déposer la serviette avec les autres. Mais pendant un bref instant, elle a eu le temps de lire dans ses yeux son désir pour elle et les efforts qu'il faisait pour le réprimer et garder le contrôle. Elle en est toute retournée. Ca faisait longtemps qu'on ne l'avait pas regardée ainsi. Elle se rapproche de lui et se hausse sur la pointe des pieds. Leurs lèvres s'effleurent puis se rejoignent. Leur baiser se fait plus profond et ils se laissent aller… Tout à coup, l'homme se dérobe :

- « On ne devrait pas. Tu es… »

D'un autre baiser, elle l'empêche de finir et de prononcer le mot fatidique.

- « On en a tous les deux envie, Georgi. Pourquoi tout compliquer ? »

Il baisse les yeux et la scrute comme pour chercher une confirmation à ses propos. Tout ce qu'il peut lire en elle, c'est un désir aussi fort que le sien.
Elle reprend possession de sa bouche et cette fois, il ne résiste pas. Il approfondit même le baiser. Les mains sortent de leur réserve et se mettent à caresser l'autre…. Peu à peu, les vêtements tombent et forment d'autres petits tas humides sur le sol, un peu partout dans l'entrée… Ils n'atteindront jamais la chambre, située au premier étage. Aucune importance, le canapé ou le tapis du salon feront tout aussi bien l'affaire….

Le lendemain matin
Le soleil pénètre difficilement les persiennes et envahit peu à peu la pièce. Il finit par réveiller une Yllana, blottie dans les bras de son amant. Il lui faut quelques secondes pour se rappeler où elle est... Quand tous les détails de la nuit lui reviennent en mémoire, elle rougit… chose qui ne lui était pas arrivé depuis très très longtemps. Dire que certains jeunes blancs-becs imaginaient que passé quarante ans, on était bon pour la casse ou au moins la chaise roulante, s'ils savaient… Un éclat de rire la tire de ses pensées. Georgi est réveillé et la contemple à la fois moqueur et plein de tendresse.

- « Je n'aurais jamais cru te voir rougir à nouveau un jour, Ylla !
- Moi non plus. Mais tout arrive, Georgi. La preuve… »

Elle fait un geste pour englober la pièce.

- « Aurais-tu cru voir ça, il y a seulement deux jours ? »

En souriant, il fait un geste de dénégation.

- « Mais c'est plutôt une bonne surprise. »

Elle dépose un léger baiser sur ses lèvres, puis se lève et entreprend de récupérer ses vêtements éparpillés. Elle constate d'une voix amusée :

- « Tu vas devoir faire un peu de rangement et de nettoyage.
- Pas grave….. Ca en valait largement la peine. »

Elle lui sourit.

Elle se tait quelques instants et triture l'anneau d'or passé à son annulaire. Puis d'une voix grave et d'un ton ferme reprend :

- « Ca ne se reproduira pas. Tu le sais, n'est-ce pas? »

Son sourire est teinté de tristesse quand il lui répond:

- « Je le savais dès hier, Ylla. C'est pour ça que j'ai tant hésité à venir te rejoindre.
- C'est bien ce que je pensais, mais je voulais que les choses soient claires... Je ne regrette pas cette nuit, même si je le devrais sans doute.Elle soupire. La vérité est que si j'avais l'occasion de remonter le temps de 24 heures, je referais exactement la même chose. Et s'il n'y avait pas... »

Il a franchi rapidement l'espace qui les séparait et il pose délicatement son index sur sa bouche pour l'empêcher de finir.

- « Mais il y a. Inutile de spéculer sur ce qui aurait pu être, Yllana... »

Il caresse sa joue, d'un geste très tendre et dépose un rapide baiser sur son front.

- « La salle de bain est en haut, première porte à droite. »

Il gagne sa chambre pour enfiler une tenue sèche et propre. Yllana finit de ramasser ses propres vêtements. Ils sont encore un peu humides. Mais c'est le contraire qui aurait été étonnant vu la manière dont ils étaient disposés! En soupirant, elle gagne la salle de bain indiquée pour essayer de se composer une apparence à peu près présentable... Il lui faudra moins d'une vingtaine de minutes pour redevenir Mme Anderson...

Quand elle descend, Georgi est confortablement installé dans le canapé du salon devant une cafetière fumante.

- « Tu en veux?
- Non je ne crois pas que ce soit une bonne idée... Il vaut mieux que je parte maintenant. »

Tant que j'en ai encore la force, pense-t-elle.

- « D'accord. »

Il se lève et la rejoint dans l'entrée, au pied de l'escalier.

- « Tu veux que je t'appelle un taxi ?
- Non. Il n'y aurait pas plutôt une ligne de bus dans le coin ? »

Elle finit en pensées : Ce serait un peu plus discret.

- « Au bout de la rue.
- Bien. »

Georgi lui tend son manteau et son sac. Ils ne savent plus trop quoi se dire. Ils s'étaient offert une parenthèse dans leur vie, et elle est en train de se refermer. Ils ne veulent pas gâcher leurs dernières minutes ensemble. Ils sortent. Elle s'arrête brusquement au bas des marches de l'escalier et posant sa main sur son bras dit d'une voix douce, mais ferme :

- « C'est ici qu'on se dit au-revoir, Georgi.
- Je n'ai jamais été très doué pour cela. »

Elle sourit.

- « J'ai déjà eu l'occasion de m'en rendre compte. »

Il a un sourire amer. Il sait qu'elle fait allusion à sa lâcheté, vingt-deux ans auparavant.

- « Ce n'est pourtant pas si difficile. »

Elle se hausse sur la pointe des pieds et lui dépose un léger baiser au coin des lèvres.

- « A un de ces jours, Georgi Kerensky.
- Au-revoir, Yllana Ralianov »

Elle parcourt rapidement les quelques mètres qui la séparent de la rue. Arrivée à la barrière, elle s'arrête brusquement et se retourne vers lui :

- « J'espère très sincèrement que tu trouveras un jour la femme qu'il te faut Georgi… celle qui saura te rendre heureux. »

Elle lui adresse un dernier sourire, se détourne et s'en va.

Georgi murmure alors :

- « Je l'ai peut-être déjà perdue depuis longtemps, Ylla… dans un café russe auprès d'un vieux juke-box abîmé. »

Il s'approche de la barrière pour la voir encore un peu.

D'un pas gracile, elle s'en va vers l'homme qu'elle n'a jamais attendu, mais qu'elle a appris à aimer… toujours un peu plus en vingt ans de mariage. Elle ne jettera plus de regard en arrière… Cette fois-ci, elle a vraiment tourné la page. Elle n'a qu'un remords, celui de ne pas en avoir pour cette nuit. Ca n'est pas juste ni pour son mari ni pour ses enfants… même s'ils n'en sauront jamais rien… Il y a des choses qu'il vaut mieux garder pour soi et qui au fond, ne regardent personne.

Georgi la regarde s'éloigner avec au fond des yeux et du cœur d'indicibles regrets !
Son portable sonne. Il l'a laissé à l'intérieur. Il se résout à détacher son regard de sa silhouette et rentre.

- « Kerensky ? Désolé, mais on a besoin de toi et vite ! »

Kerensky soupire et se contente d'un laconique :

- « J'arrive. »

Il attrape son manteau et ses clés.

En s'installant derrière le volant, il regarde une dernière fois la direction qu'elle a prise. On ne la voit déjà plus. Il soupire. Ca ne change rien. Il sait déjà qu'elle le hantera encore longtemps. Il n'aurait pas dû y aller hier. Il n'aurait pas dû l'emmener chez lui. Et pourtant, il ne parvient pas à regretter vraiment ses actes… même s'il sait qu'il va en souffrir. Il met le contact. On l'attend. Inutile de s'apitoyer sur son sort. Il l'a choisi.

Fin.