Cinq bonnes raisons

par Rekanekho, traduction d'Archea

Disclaimer : Remus, Sirius & Co appartiennent à J. K. Rowling et ne nous rapportent que du fun.

Note de la traductrice : j'ai choisi de conserver les surnoms anglais des deux compères (« Moony » et « Paddy », ça sonne tout de même mieux que « Lunard » et « Patmol »).

Chapitre 1

Remus Lupin et Sirius Black arpentaient un couloir de Poudlard, l'Ecole des Sorciers, pendant un interclasse. On était au printemps et la journée s'annonçait plaisante, chaude et ensoleillée : toute l'école donnait l'impression de se détendre allègrement. Cette atmosphère idyllique fut soudain interrompue lorsque l'adolescent aux cheveux noirs s'arrêta net et poussa une exclamation bruyante en s'administrant une claque sur le front.

— Euuuh... Paddy?

Remus se demandait si son ami avait définitivement perdu la raison.

— Moony ! J'ai complètement oublié qu'on avait un devoir à rendre pour cet après-midi en Soin des Créatures Magiques et je n'ai plus une seule heure de libre ! A la rigueur, si je sèche l'Histoire de la Magie... ou un truc comme ça... il faut absolument que j'aie une bonne note après ce qui s'est passé la semaine dernière avec les botrucs.

Sirius lui jetait un regard pathétique en se tordant les mains.

— Bon, euh... moi, j'ai quelques heures devant moi. Si tu veux, je te le fais, ton devoir, dit Remus d'une voix hésitante. Mais c'est bien parce que c'est une urgence, ajouta-t-il après coup.

— Tu ferais ça pour moi ? Remus ! Tu es un ange !

Sirius adressa un sourire radieux à son camarade, nouant ses deux bras autour du corps plus menu dans une étreinte à lui briser les os. « Je t'adore au-delà de tout, tu sais ça ? »

Remus s'arracha à l'étreinte avec un petit sourire, s'efforçant de ne pas rougir.

— Je dirais bien « à ton service », mais tu serais cap' de me prendre au mot.

Sirius sourit de toutes ses dents et, glissant un bras autour des épaules de son ami, le ramena contre lui. « Tu es toujours si chic avec moi, Moony ! »

Remus sourit mais détourna le regard. D'un geste distrait, il palpa un morceau de papier qui dépassait légèrement de la poche de sa robe.

— Remus, c'est quoi ce parchemin que tu traînes partout avec toi ? Je sais que c'est toujours le même à cause de cette tache que j'ai faite dessus le mois dernier en renversant mon jus de potiron.

— Oh, juste un porte-bonheur, murmura Remus en ralentissant le pas, le regard à terre et l'air gêné.

— Un porte-bonheur, ce bout de papier blanc? (Petite pause, pendant laquelle Sirius afficha son regard le plus méditatif.) Tu es un peu bizarre, Remus, tu sais ?

Décochant un sourire amusé à son ami, Sirius remit la conversation sur le prochain match de quidditch tandis qu'ils continuaient de remonter le couloir.

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Le soir venu, Remus se retrouva seul dans le dortoir des garçons de septième année. Deux de ses camarades étaient à l'entraînement de quidditch, le troisième disputait une partie d'échecs dans la salle commune. Précautionneusement, Remus sortit de sa poche le parchemin qu'il avait gardé sur lui toute la journée et le déplia. Il regarda autour de lui pour s'assurer qu'il était bel et bien seul et murmura : « Mes cinq raisons » en tapotant le parchemin de sa baguette. Puis il commença à relire ce qui s'y trouvait écrit depuis longtemps :

Cinq bonnes raisons de me retenir :

1. Il aime les filles. Et que les filles, apparemment. Il serait sans doute horrifié à l'idée de sortir avec un garçon.

2. Même s'il acceptait, il est surtout attiré par les beaux physiques (comme lui). Ça m'étonnerait qu'il s'intéresse à un maigrichon maladif et couturé de cicatrices.

3. Et même s'il tolérait mon physique, que dire de ma personnalité ? Il ne sort qu'avec les stars de l'école, les gens les plus en vue (comme lui, bis). Moi, on ne me remarque que parce que je suis un Maraudeur et je suis beaucoup trop timide, discret, studieux et conformiste pour lui. C'est à peine s'il me supporte en tant qu'ami certains jours — quand je pense à toutes ces fois où il râle parce que je travaille trop, où il me taquine quand je m'inquiète de nous voir enfreindre toutes ces règles...

4. Suppose qu'il te marque de l'intérêt, malgré tout... combien de temps durent-elles, ses histoires de cœur ? Deux semaines grand maximum ? Tu sais bien que tu es déjà [« amoureux » est raturé attaché à lui, alors tu imagines ce que ce sera au bout de deux semaines ? Et ta peine, quand il te laissera tomber ?

5. Tu tiens vraiment à prendre le risque ? D'accord, mais rappelle-toi l'amitié qu'il y a entre vous. Tu serais sans doute toujours seul et abandonné s'il ne t'avait pas abordé dans le train la première année pour te forcer quasiment à devenir son ami. Il tolère tous tes défauts et stimule toutes tes qualités. Non seulement il accepte que tu sois un loup-garou (combien l'auraient fait ?) mais il est devenu un animagus pour toi, bon sang ! Tu as de la chance de simplement le connaître, son amitié est un don du ciel. Ne fous pas tout en l'air en pariant sur une relation improbable.

Avec les années, le titre avait légèrement changé : le chiffre « 5 » avait été barré et remplacé par « 4 ». Ceci s'expliquait par le trait qui biffait tout le premier paragraphe. Les entrées 2 et 3 étaient précédées de petits points d'interrogation.

Avec un long soupir, Remus prononça la formule « Amis rien qu'amis » en tapotant le papier. Les mots s'évanouirent. Il replia le parchemin redevenu vierge et l'enfouit dans sa poche. Fermant les yeux, Remus se massa le front. Au bout d'un moment, il se secoua un bon coup, ouvrit enfin son manuel de Charmes et entama ses devoirs.