Un nouveau chapitre, une suite improbable, et pourtant, elle est là! Pas relue, pas corrigée, je la retravaillerai plus tard. J'ai besoin de laisser retomber les émotions avant de la reprendre... Désolée pour les fautes et les imperfections!


- Bonjour professeur !

- Bonjour !

Harry était de retour à Poudlard. La guerre contre Voldemort était finie. Harry avait tué. Il avait mis du temps à se remettre, mais ses amis étaient là. Sa famille. Tout doucement, le monde des sorciers s'était remis à vivre, les blessures à cicatriser. Beaucoup de choses avaient changé. Les mentalités évoluent après une guerre. Mais il y avait eu du travail. Beaucoup de travail. Le jeune héros du monde sorcier n'avait pas pu se reposer. Les gens voulaient le voir. Ils voulaient l'entendre. Ils n'avaient pas compris que la mort de Voldemort, pour les combattants de l'ombre, apportait plus de malheurs que de réjouissance. La culpabilité du survivant. Les familles brisées. Les amis trahis. Difficile de célébrer cette victoire quand elle laisse un tel goût amer derrière elle.

Mais Harry s'en était remis. Il avait dû se battre contre ses détracteurs. Il avait dû se battre pour continuer à vivre. Ou pour commencer à vivre… Les gens ne comprenaient pas qu'il puisse avoir envie, avoir besoin de tranquillité. Alors, après tant de batailles, tant de conflits, il s'était enfui. Il s'était réfugié chez les siens, pour se reconstruire. Et il était revenu. Il s'était de nouveau battu pour une vie normale. Et il avait gagné. Après un parcours brillant en tant qu'Auror, son rêve d'enfant perdit de sa saveur. C'est pourquoi il avait sauté sur l'occasion lorsque le nouveau directeur de Poudlard lui avait proposé un poste de professeur. Le poste maudit de professeur de Défense contre les forces du Mal. Plus si maudit que ça, son prédécesseur venait de prendre sa retraite après 15 ans de bons et loyaux services. Alors il était de retour. A l'endroit qui fût sa maison pendant tant et tant d'années.

Les journées passaient et ne se ressemblaient pas. Mais Harry avait repris son ancienne habitude. Tous les soirs, il se rendait à la Salle sur demande. Et il chantait. Les mots venaient naturellement, moins lourds à entendre que dans sa jeunesse. Ils étaient porteurs de joie, de fierté pour sa famille. Et de nostalgie. La nostalgie est une chose étrange. Malgré tous les mauvais souvenirs, il l'accueillait avec bienveillance, refusant de lui céder mais savourant certains sentiments qu'elle faisait naître en lui. Il en avait passé des soirs à chanter, accompagné du violon. Ils n'avaient jamais parlé dans ces moments-là. Ils s'écoutaient l'un l'autre, joignant leurs mélodies instinctivement. Leurs histoires étaient si différentes mais leurs sentiments si semblables ! Il avait résulté de ces soirées une confiance mutuelle, fragile et secrète. Une admiration l'un pour l'autre, sans jamais l'avouer. La route avait été longue. C'était étrange pour eux de s'avouer, à travers leur musique, la jalousie et l'envie qu'ils pouvaient éprouver devant la vie de l'autre. Leurs peurs et leurs doutes. Ils étaient ennemis après tout. Mais ils avaient continué. Ils s'étaient rendu compte que leurs vies n'étaient pas si enviables que ça. Alors ils avaient continué.

Et puis il avait fallu se battre. Se retrouver dans deux camps opposés. Enfin, c'est ce qu'il croyait. La vie réserve bien des surprises après tout…

Et Harry, après avoir vécu, après avoir enfin réussi à se construire une vie stable, continuait à chanter. Il avait conservé malgré tout ce besoin. Et ce soir, la nostalgie l'envahit. Pour une fois, il la laissa gagner du terrain. Revenir à Poudlard avait ravivé ses souvenirs les plus sombres mais aussi les plus joyeux. C'était un tel paradoxe qu'il la laissa faire, qu'il la laissa le guider dans son chant. Il ferma les yeux, retrouva son langage d'enfant et chanta. Comme autrefois, la lune éclairait la pièce vide à travers les hautes fenêtres. Et comme autrefois, le violon l'accompagna…

ooOOoo

Drago parcourait les couloirs du ministère à grandes enjambées. Il avait du travail. Beaucoup de travail. La guerre l'avait marqué lui aussi. Son adolescence avait été emplie de doutes. Suivre son père ? Suivre son cœur ? Tellement de questions… Mais la musique lui avait ouvert les yeux. Elle avait apaisé ses craintes. Les confidences de Potter, soir après soir lui avait fait comprendre beaucoup de choses. La confiance, lente à venir, si fragile, avait eu raison de ses peurs. Il avait été voir Dumbledore. Il avait choisi son camp. Et il continuait à se confier à la lune. A Potter. Il était resté dans l'ombre de son père, sous la protection secrète de Severus Rogue. Espion malgré lui, parce qu'il avait écouté son cœur. Ce fût difficile. Eprouvant. Dangereux. Mais tous les soirs, nuit après nuit, il avait pu calmer ses craintes. Evacuer tant de pression. Ils n'avaient jamais parlé mais s'étaient dit tellement de choses ! Sans la musique, sans Potter, il n'aurait jamais tenu. Jamais.

Puis il avait fallu se battre. Encore et toujours se battre. Pour sa vie. Pour ses convictions. Tant de batailles… Et la guerre prit fin. Brusquement, sans signe avant-coureur. Un jour les sorciers se terraient chez eux, craignant jusqu'à leurs proches, le lendemain Harry Potter avait vaincu. Mais il avait encore fallu se battre. Pour garder son honneur. Pour se faire une place dans le monde. Pour effacer dans la mesure du possible les crimes de son père. Il n'avait pas pu se reposer. Il avait travaillé dur, encore et encore plus dur. Et il avait gagné. Au prix de grands sacrifices, après avoir été traîné plus bas que terre, il avait gagné. Il occupait désormais un poste important au ministère de la magie. Il avait enfin construit quelque chose de lui-même, une vie qui n'appartenait qu'à lui.

Arrivé à son bureau, sa secrétaire l'interpella. Ils avaient des réunions à préparer, des questions politiques à régler. Il jeta un coup d'œil à l'étui à violon posé dans un coin du bureau. Il avait enfin le temps d'en jouer. Beaucoup d'années avaient passées. Il retrouvait maintenant la musique avec joie. Elle était plus sereine, moins agressive. Elle lui avait manqué.

Sa secrétaire le ramena sur terre. Il devait se rendre à Poudlard pour discuter en personne avec le directeur.

Revenir au château de son enfance avait toujours un petit quelque chose d'étrange. Il refusa de s'attarder dans les couloirs et se rendit directement au bureau du directeur. L'entretien dura longtemps. Il était fatigué, la journée avait été longue. En sortant du bureau, il s'autorisa un moment pour souffler. Il laissa ses pas le porter à travers son ancienne école, perdu dans ses souvenirs, sombres pour la plupart. Un chant le sorti de ses pensées. Il releva la tête brusquement. Cette voix… Devant lui s'ouvrait la Salle sur demande. Et dans la salle, Potter chantait. Comme autrefois. Des mots plus légers, plus joyeux, mais toujours aussi envoûtants. Alors, comme autrefois, Drago entra. Comme autrefois, son violon apparu dans ses mains. Et comme autrefois, il joua. La musique du violon s'éleva, plein d'émotions qu'il avait appris à apprécier. La joie. La reconnaissance. Le plaisir de retrouver quelqu'un qu'il avait fini par respecter.

ooOOoo

C'est étrange comme la vie peut réunir les gens. Ils avaient suivi leurs carrières respectives de loin, s'étaient revus dans les soirées de galas et les célébrations de fin de guerre. Mais ils étaient restés en dehors de la vie de l'autre. Chacun avait ses blessures à panser. Chacun avait sa vie à construire. Ils n'étaient pas amis après tout. Ils s'étaient soutenus dans ces années de guerre, avaient développé ce lien étrange et secret, mais ils n'étaient pas amis. Pas pendant la guerre. Pas dans les années de reconstruction. Mais maintenant qu'ils se retrouvaient, maintenant que la musique s'élevait à nouveau, elle portait une question : pourquoi pas ? La vie les avait réunis une fois autour de la musique. Elle recommençait aujourd'hui. Alors pourquoi pas ? La musique continuait à vibrer autour d'eux, portant non plus des confidences mais le sentiment d'une vie heureuse, pleine de joie malgré les douleurs passées et à venir.

Comme autrefois, ils laissèrent les dernières notes résonner dans la salle. Comme autrefois Harry sorti le premier. Comme autrefois, Drago resta encore un peu, savourant l'ambiance de cette salle.

Ils avaient leurs vies. Ils étaient heureux. Mais dans la musique subsistait cette promesse. Un jour, ils se présenteront leurs familles. Un jour, ils parleront de leurs vies. Un jour, ils seront amis. Cette confiance si fragile dans leurs années d'école et ce respect inattendu qui s'était développé entre eux étaient restés. La musique les réunirait encore. C'était une promesse. Un jour, ils seront amis.