Épilogue


Le jeune garçon aux cheveux blonds comme l'or marchait d'un pas tranquille à travers la prairie verte du cimetière, un bouquet de fleurs sous le bras.

Derrière lui, une jeune fille aux grands yeux noirs, coiffées d'une multitude de tresses, le suivait silencieusement.


Arrivé devant la tombe, il s'arrêta. Avec des gestes lents, il s'assit sur l'herbe tendre, et chassa d'une main le sable fin qui souillait la pierre grise, pour y déposer le bouquet.

Il resta là, sans bouger, simplement à fixer les mots gravés.


La jeune fille attendait, plusieurs mètres plus loin. Elle ne voulait le déranger...

"May ? Il est encore là ?"

Bao arrivait derrière, et attendit à côté d'elle.

"Oui... il est toujours là... Il vient là chaque semaine, depuis trois ans."

"Je ne sais pas ce qu'il y avait entre eux, mais il devait vraiment beaucoup aimé cet homme."

"... oui."


Un petit vent frais se leva, et les mèches d'or dévoilèrent le regard triste du garçon, mais également son sourire. Edward ferma les yeux.


"Edo... écoute-moi, s'il-te-plaît..."

Le petit garçon leva vers lui des yeux humides. Havoc souriait, comme s'il ne s'inquiétait pas de son état.

"Ton don est une chose extraordinaire... et je voudrais que tu n'hésites jamais à t'en servir, quand cela t'est possible. Mais il y a des choses, même si elles paraissent injustes, qu'on ne peut pas changer. Peu importe combien de fois tu reviendras en arrière, ça se produira, tôt ou tard... Parce que c'est comme ça, tout simplement.

J'ai été victime d'un grave accident, il y a quelques années... Depuis, mon coeur est très fragile. Avant de quitter Amestris, j'ai subi une opération, qui était censée m'aider, mais cela n'a jamais vraiment marché... C'est pourquoi je suis parti avec toi et ta mère, parce que, de toute façon, quoi qu'il arrive, mon coeur aurait fini par lâcher... Mais je ne suis pas malheureux pour autant.

Edward, s'il y a une chose dont je suis vraiment heureux, c'est de t'avoir permis de vivre une vie normale, loin de ce laboratoire... C'est la meilleure chose que j'ai faite dans ma vie, et je ne le regretterai jamais. Je suis heureux que tu ailles bien, aujourd'hui...

Alors, ne sois pas triste. Moi, je ne le suis pas. Tu es heureux, et c'est tout ce qui compte pour moi..."


Edward rouvrit les yeux. Les larmes roulaient sur ses joues, comme à chaque fois qu'il se remémorait ces derniers mots... Il avait compris. Il n'avait pas essayé de le ramener. Il avait continué à vivre, comme il l'aurait voulu.

Et au final, sa vie était vraiment heureuse...

Les pas derrière lui, lui firent lever la tête. May et Bao l'attendaient, le visage peiné.

Edward leur sourit.

"J'arrive..."

Il fixa encore un long moment les trois mots gravés sur la pierre, puis poussa un soupir et se leva. Il rejoignit ses amis, et repartit avec eux.

Cet homme lui manquait. Cruellement. Mais ce sentiment de souffrance lui rappelait sans cesse le bonheur qu'il vivait au quotidien, avec sa mère, sa famille, et ses amis. Il l'avait sauvé et permis de vivre une vie heureuse. Il l'en remerciait chaque jour, pour ce qu'il avait fait, et pour l'avoir aimé...

Depuis sa mort, Edward venait chaque semaine entretenir la tombe, et fixer les trois mots, gravés en lettres simples, sur le marbre. Son nom. Jean Havoc. Pas de dates. Juste un mot. Un petit mot, qu'il aurait pu contempler pendant des heures tant il exprimait si bien ce qu'il ressentait.

Merci


Fin.