Notes :

Oui oui, l'histoire se passe en 2008, mais j'ai essayé de rendre les dates crédibles : beaucoup de calculs, beaucoup d'embêtements juste pour un semblant de crédibilité. Au final, j'ai réalisé que cette histoire se passant fin saison 2 et début saison 3, l'année juste aurait donc été 2006/2007. Mais franchement, j'avais la flemme de refaire tous mes calculs d'ovulation en rapport à un ancien calendrier et blablabla donc…c'est comme ça et puis c'est tout !

Histoire inspirée de « I'll buy you a garden » de Pokeitlikejello (surtout le début), et de « Heatwave » de Criptictac (surtout le milieu). Ces fics sont disponibles sur si ça intéresse quelqu'un

AH AH, je viens de remarquer que sans le savoir j'ai commencé l'histoire à un jour près de « I'll buy you a garden » et que donc, l'évolution étant à peu près la même, j'aurais pu m'épargner de me casser la tête à faire des maths et...Rhhhhaaaaaaa se tape la tête contre un mur . Je vais me suicider, et je re.

5 mars 2008 :

Allongée sur son canapé, Cuddy fut surprise de constater, d'un coup d'œil vers son magnétoscope, qu'il était plus de vingt-trois heures. Elle avait passé la soirée à regarder encore et encore les dossiers d'éventuels pères de son futur enfant. Si elle était convaincue, il y a encore une semaine, qu'un donneur inconnu était la meilleure solution, House était parvenu à la rendre réticente à cette idée. Elle ne savait pas quelles étaient ses motivations, mais il avait raison. Le donneur 613 que House avait convoqué en personne, était la preuve même qu'un bilan sanguin et de brèves descriptions ne suffisaient pas à déterminer un homme. Encore moins à choisir un père.

A présent, elle ne savait plus quoi faire. Elle voulait un enfant. Elle savait qu'elle aimerait son fils même s'il avait un rire idiot ou un QI qui ne dépassait pas les 10, elle ne comptait pas atteindre la perfection…Mais House était parvenue à la terrifier. Si elle imaginait auparavant son bébé comme une merveille, elle ne pouvait à présent s'empêcher de se le représenter comme un simili Chucky avec un rire de cochon.

House avait raison, il n'y avait pas que les gênes qui comptaient. Elle l'admettait et haïssait le diagnosticien de compliquer ainsi son rêve. Car, si elle ne pouvait se résoudre à choisir un donneur de sperme anonyme, il faudrait qu'elle choisisse un père dans son entourage et c'était là le grand dilemme. Elle était entourée de médecins talentueux qui pourraient être des donneurs parfaits, mais comment demander à un de ses employés de lui faire un enfant ? N'y avait-il pas une loi qui existait contre cela? C'était aussi inenvisageable qu'absurde.

House lui avait dit de choisir quelqu'un en qui elle avait confiance, malheureusement la liste n'était que très limitée. Elle n'avait que peu d'amis et la plupart étaient mariés. Wilson lui avait paru être un bon choix, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Quand elle fermait les yeux, elle rêvait d'un bébé au regard océan. C'était idiot, futile, mais c'était son rêve. Malheureusement, dans son rêve, ce n'étaient pas n'importe quels yeux bleus qu'elle voyait, mais à ça, elle ne pouvait se résoudre. Le nom de Gregory House résonnait dans son esprit à chaque fois qu'elle songeait à un donneur, mais elle ne pouvait se le permettre. Elle avait voulu, elle avait essayé de lui demander, mais elle ne pouvait pas. Parce qu'un refus de House lui serait impossible à supporter. Parce que c'était le bébé de House qui hantait ses rêves et elle ne voulait pas risquer de les perdre.

C'était ridicule et elle se blâmait d'apporter autant d'importance à une illusion, de continuer à rêver d'un homme qui l'avait tant fait souffrir. Depuis vingt ans, elle tentait de lutter contre ces sentiments inacceptables, mais si elle s'en défendait, elle ne l'oubliait pas. Elle ferma les yeux et un nouveau bébé aux yeux clairs et aux boucles brunes lui sourit, une petite fossette se dessinant au creux de sa joue. Elle soupira et se frotta les yeux pour tenter d'y effacer cette image.

Elle caressa la couverture d'un dossier du dos de la main. Le rêve était trop précis, irréalisable et venait de se briser, il fallait se résoudre à l'abandonner. Elle serra la pile de papiers contre elle et se leva. Elle observa la poubelle un moment avant d'y laisser tomber les éventuels pères de son enfant, d'y laisser tomber ses rêves de maternité.

8 mars 2008 :

Pendant deux jours, elle n'eut pas de nouvelles de House. Brenda lui rapporta certaines de ses insanités, mais elle ne pouvait se résoudre à aller le réprimander. Après tout, ce n'était pas comme si ses réprobations changeaient quelque chose au comportement du médecin.

Il débarqua dans son bureau deux soirs plus tard alors qu'elle se préparait à rentrer. Il s'avança vers elle sans un mot et tendit la main. Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir.

« Quoi ? »

« Même si c'est toujours un plaisir de vous voir vous pencher en avant, ça serait plus efficace si j'avais le produit à vous injecter. »

« Pas la peine », souffla-t-elle rapidement avant de faire volte-face.

Elle attrapa son sac et y rangea toutes les affaires dont elle avait besoin. Il mit quelques secondes avant de répondre.

« Comment ça « pas la peine » ? Vous avez avoué notre petit secret à quelqu'un d'autre ? Je suis sûr qu'il ne protège pas votre postérieur aussi bien que moi contre les microbes ! », s'outragea-t-il faussement.

Elle sourit tristement, mais évita son regard.

« Je n'ai plus besoin d'injections ».

« Les traitements par pilules sont beaucoup moins efficaces et diminuent les… »

« Je ne prends plus de traitement. »

Elle l'entendit avancer vers elle et s'éloigna en direction du porte-manteau, priant pour qu'il parte, qu'il ne lui demande pas de l'avouer à haute voix. Elle sentit son regard scrutateur alors qu'elle enfilait son manteau, restant obstinément dos à lui .

« Vous avez abandonné ? »

Cuddy stoppa son mouvement alors que le mot « abandonné » pénétrait son esprit. Une petite voix lui cria qu'elle n'avait qu'une phrase à prononcer pour que tout recommence. Pour que tout commence. Mais elle n'en avait pas le courage.

« Oui. J'ai abandonné », dit-elle tristement.

Elle sentait ses yeux la brûler et décida qu'il était tant de mettre un terme à cette conversation. Elle récupéra son sac sur son bureau et se dirigea d'un pas assuré vers la porte. Il agrippa son poignet, la forçant à rester. Elle leva un regard fatigué vers lui, le suppliant de la laisser partir, elle n'était plus d'humeur à lutter.

« Pourquoi ? »

Sa voix était ferme et douce à la fois, son regard déterminé. Il ne la laisserait pas tant qu'il ne saurait pas.

« Ça ne vous regarde pas, House », tenta-t-elle avec une fausse détermination.

« Qu'est ce qui vous a fait changer d'avis? », répéta-t-il.

Elle se tut un instant, incapable de soutenir son regard.

« Vous ne pouvez pas comprendre », chuchota-t-elle, si bas qu'elle douta qu'il ait entendu.

« Expliquez-moi. »

« House… », prévint-elle.

Elle essaya de se soustraire à son emprise, mais il resserra sa grippe sur son poignet.

« Lâchez-moi. »

« Dites-moi le où je vais demander leurs avis à tout ceux que je croise et votre secret ne le sera plus pour longtemps ».

« Ce n'est pas en me faisant chanter que vous allez me convaincre. »

Enervée de son audace, elle lui jeta un regard meurtrier et il relâcha légèrement sa prise sous l'intensité de sa rancœur. Elle en profita pour se libérer et quitter le bureau avant qu'il n'ait le temps de la rattraper. Elle était presque arrivée aux portes de l'hôpital quand elle entendit sa canne résonner sur le sol du hall. Ne pouvant se résoudre à profiter de son handicap, elle ralentit jusqu'à ce qu'il arrive près d'elle.

« Laissez-moi », implora-t-elle simplement.

« Si vous vouliez que je vous laisse, il ne fallait pas attiser ma curiosité. Alors quoi, vous vous êtes rendue compte que tous les donneurs anonymes sont des loosers qui ont fait don de leur sperme parce qu'ils savaient que c'était leur seule chance de procréer ? »

« Exactement ! Bonne nuit. »

Elle voulut repartir, mais il s'était mis face à elle et lui barra le passage.

« Pourriez-vous juste pour une fois…laisser tomber ? »

« J'essaie seulement de comprendre. »

« Vous ne pouvez pas ! »

Elle avait presque crié et des têtes s'étaient tournées vers eux. Elle soupira et se passa une main sur le visage.

« Vous voulez comprendre, House ? Essayez de comprendre ce que ça fait de n'avoir pu être capable de garder un seul homme en quarante ans. Essayez de comprendre ce que ça fait d'échouer encore et encore à ce que votre corps est censé être conçu pour. Essayez de comprendre ce que ça fait de savoir que c'est votre dernière chance de ne pas finir votre vie complètement seule et que vous n'êtes même pas capable de la saisir. Une fois que vous aurez compris tout ça, on pourra peut-être en parler. »

Elle n'attendit pas sa réponse et partit, essuyant rageusement ses yeux humides sur le revers de sa veste.

TBC….